Titre : Les Choses Qui Changent 7/26
Rating : NC17
Disclaimer : Rien ne m'appartient. Persos à JKR et histoire à eutychides (voir profil pour le lien vers le site de l'auteur).
Résumé : Après Poudlard, tout change.
Avertissements : Slash HP/DM, Mpreg, langage.
Béta : Elentári.
NdT : Désolée pour le retard :) et merci pour les reviews.
Bonne Lecture !
1.
Harry a à peine fini de remplir le dernier formulaire et de l'envoyer par hibou que les premières lettres commencent à arriver à son bureau au Ministère. Il est resté tard au travail, pour pouvoir avoir un moment de calme et finir de compléter les formulaires d'enregistrement et alors qu'il met son manteau, une chouette passe la porte.
« Zut, » dit-il.
Il fait sombre au Ministère, les couloirs sont vides, et il est le dernier des stagiaires à partir. Il ne lui reste que six mois avant de terminer sa formation d'Auror. Ce sera bien de ne plus avoir d'examens pratiques le vendredi et une quantité ridicule de paperasse à faire donnée par les Aurors déjà diplômés. Ce sera bien aussi d'avoir des congés payés pour les grandes vacances.
La chouette atterrit sur son bureau faisant voler les papiers posés dessus. Elle le fixe de ses grands yeux jaunes et soupire, du moins aurait soupirer si elle le pouvait.
« Comment ont-ils su aussi rapidement ? » marmonne-t-il, détachant la lettre de la chouette. Il a à peine ouvert le sceau qu'elle se met à hurler.
« QUI EST-ELLE ? QUI EST CETTE SALOPE QUI - »
Il la referme rapidement et la tapote du bout de sa baguette, la faisant taire.
Le chemin du retour par le métro est long, suivi par deux changements de bus. Harry regarde par la fenêtre les lumières de la ville, les sapins de Noël illuminés, les couronnes ornant les pas de porte, les passants et ceux qui font leurs courses se hâter sur les trottoirs. Ses yeux se ferment sans qu'il le veuille. Il est fatigué ; il ne peut plus dormir. Le bébé pleure beaucoup, plus que Pyrrha. Il est irritable et agité, et Harry envie Ron et Hermione et leur appartement silencieux dans le Devonshire.
Lorsqu'il arrive à la maison, il se sent coupable de son propre apitoiement. Malfoy le fixe d'un regard vide depuis le fauteuil, ses yeux vitreux, avec d'énormes cernes violettes. Sa peau est grisâtre et ses cheveux pendent misérablement. Harry le voit soupirer et tapoter le dos du bébé, qui est contre son épaule, pleurnichant.
« Comment était-il aujourd'hui ? » demande Harry. Il accroche son manteau dans le placard et s'avance vers Malfoy, lui prenant le bébé. Le bébé commence à pleurer, Harry fait bouger ses épaules pour le bercer et va dans la cuisine, le pas légèrement bondissant.
Malfoy le suit. « Comment est-il tous les jours ? Il ne s'arrête jamais pour me laisser dormir. » Sa voix est vide et tendue.
« Où est Pyrrha ? »
« Au lit. » Malfoy s'assoit à la table, où Harry peut voir des plats de nourriture, froids et congelés. Des patates, des steaks et quelque chose de vert en bouillie dans une casserole sur la gazinière, tous aussi froids les uns que les autres.
« Tu as fait à dîner ? » demande Harry.
Malfoy hausse les épaules et continue, comme s'il ne s'était pas arrêté, « Je ne savais pas à quelle heure tu rentrerais. Je n'avais pas faim et je ne savais pas si tu ramènerais à manger ou pas. »
« Désolé, dure soirée. »
Malfoy hausse de nouveau les épaules.
Harry réchauffe son repas manuellement, dans le micro-onde, ce qui fait ricaner Malfoy, même si le cœur n'y est pas vraiment car le bébé n'arrête pas de pleurer. Malfoy prend le bébé des bras de Harry, marmonne quelque chose comme quoi il aurait faim et quitte la pièce.
Harry n'a besoin de chercher pour savoir où est parti Malfoy. Deux enfants et il n'a jamais vu Malfoy les nourrir. Il sait que Malfoy le fait, quelquefois Malfoy est dans une autre pièce, et Harry entend des sons étouffés, mais il n'a jamais rien vu. Il est curieux, il est jaloux du bébé, qui a le droit de toucher Malfoy. Harry ne l'a pas touché depuis avant la naissance.
Complètement ridicule d'être jaloux d'un bébé – de mon propre fils ! Et pourtant, il l'est.
Le bébé est toujours proche de Malfoy. Malfoy lui a même donné son nom. Un autre prénom de la famille Malfoy – Harry ne comprend pas comment certains fans n'ont pas encore compris, d'abord Pyrrha, puis Abraxas. Il voulait James, mais Malfoy avait ri quand il l'avait proposé – la seule fois qu'il l'ait entendu rire depuis deux semaines.
Il n'a pas l'air d'un James de toute façon. Il a peut-être les cheveux noirs et ébouriffés de Harry, mais son visage est fin et rouge, il hurle constamment, fermant ses poings et il tape vraiment sur les nerfs de Harry.
C'est le dernier. Il ne veut plus avoir affaire à des bébés. La maison sent la merde de bébé, le talc, et le lait tourné. Les sols n'ont pas été balayés ou nettoyés et les meubles n'ont pas été époussetés. Il est trop fatigué à la fin de la journée pour faire ne serait-ce qu'un sort de nettoyage. Il veut surtout dormir, mais il est inévitablement réveillé toutes les deux heures lorsque le bébé pleure et que Malfoy roule hors du lit pour l'allaiter.
C'est bientôt Noël. Harry a quelques cadeaux cachés dans sa vieille malle d'école, enterrés sous des piles d'habits sales dans la buanderie. Il est trop fatigué pour laver ses habits depuis la naissance du bébé et Hermione ne s'est pas proposée. Harry aimerait bien que Dobby soit là dans des moments pareils. Son aide ne serait pas de trop. Il est surtout très fatigué. Le département est tendu à ce moment de l'année, ses stages pratiques sont de moins en moins pratiques et de plus en plus théoriques, le nouveau bébé…
Sa tête lui fait mal rien que d'y penser.
2.
Harry a une semaine de vacances pour Noël.
« Viens passer le dîner de Noël demain en famille, » dit Ron, alors qu'ils récupèrent leurs tasses sales et leurs manteaux dans leurs bureaux.
Il soupire, pensant à l'oie farcie et au jus de citrouille que Ron mangera. La meilleure nourriture qu'il ait mangée récemment est le curry à emporter qu'il a mangé mercredi dernier. « Je voudrais bien, mais… »
Ron hoche la tête lentement, mais le sourire a quitté son visage. « Exact. Et bien, on passera la veille ou le jour de Noël. Hermione veut aller voir ses parents, mais je ne me rappelle pas quel jour elle a dit qu'on y allait. »
« Désolé, » marmonne Harry.
Ron fait un sourire désabusé. « Au moins tu n'as pas eu de Beuglantes aujourd'hui. » Une chouette arrive dans le département vide, se posant sur le bureau de Harry et le fixant, plaintivement, pour qu'il détache la lettre de sa patte. « J'ai rien dit, » dit Ron.
Harry dit au revoir à la sorcière secrétaire et à M. Weasley, qui prend la cheminette à la même heure que Ron. Il prend le bus et le métro pour rentrer chez lui, comme d'habitude, prenant la peine de faire un crochet pour acheter deux fish&chips. Ils refroidissent dans le bus, laissant une odeur de poisson sur les genoux de Harry.
Il n'a rien mangé de la journée. Il a passé sa pause repas à finir ses courses de Noël dans un centre commercial de Londres. Tout est brillant, lumineux et pressé, mais il ne ressent pas grand-chose lorsqu'il met un billet de cinq livres dans la boîte de l'Armée du Salut, il se sent juste cinq livres plus léger.
Sa poche de manteau pèse lourd. Il la tapote, à travers les couches constituées par la poche et ses gants, pour vérifier. Sa baguette s'enfonce un peu dans sa jambe alors qu'il se tortille dans son siège. L'homme à côté de lui s'écarte pour se rapprocher de la fenêtre. « Désolé, » marmonne-t-il.
A son arrêt, il est le seul à sortir du bus. Harry commence à marcher, soupirant lourdement, un nuage de buée blanche se formant dans l'air cristallin d'hiver. La semaine dernière un journaliste de la Gazette du Sorcier avait essayé de le suivre. Il ne veut pas avoir à gérer les conséquences qu'une telle chose pourrait –
Jamais.
Le Fidelius est toujours en place. Harry ne comprend pas exactement la théorie derrière ce sort, mais ça marche. Merci Hermione, pense-t-il.
Lorsqu'il passe la porte de chez lui, Harry ferme brièvement ses yeux. L'odeur est toujours là, et il peut entendre le bébé pleurer à l'étage. Pyrrha s'avance vers lui de sa démarche peu assurée, lui montrant quelque chose et disant « Regarde ! Regarde ! » Son sourire est contagieux. Il la prend dans ses bras et regarde le papier, où elle a dessiné des bonhommes en bâton avec des drôles de sourire.
« C'est notre famille ? » demande-t-il.
Elle hoche vivement la tête, et montre du doigt chaque bonhomme-bâton.
C'est étrange, pense Harry. Il regrette presque ses mots : notre famille, parce qu'ils ne sont pas une famille, ils ne sont qu'un horrible accident causé lorsque Malfoy a pris cette potion et abordé Harry dans le bar. Mais, lorsqu'il voit le visage de sa fille, sa bouche souriante, ses joues rondes, ses yeux brillants et ses cheveux blonds, qui épousent la courbe de son visage, fins et clairs, et qu'il pense au bébé, même lorsqu'il pleure tel un ouragan comme c'est le cas en ce moment, cela ne semble pas bizarre du tout de le dire.
Il bouge les lèvres, testant silencieusement le goût de ces mots. « Est-ce que Papa t'as donné à manger ? » demande-t-il.
Elle acquiesce de la tête et court vers la cuisine. Harry accroche son manteau, pariant sur le fait que Malfoy ne s'en approcherait pas. Il n'avait jamais eu de raison de le faire avant.
Il mange son repas en écoutant Pyrrha babiller sur le Père Noël. Elle est assez grande pour en comprendre maintenant le concept. Elle croit vraiment qu'un gros homme habillé de rouge va sortir de la cheminée électrique et lui apporter des cadeaux. Harry ne se rappelle pas la dernière fois où il a cru au Père Noël. Les Dursley… et bien, Papa Noël ne venait pas souvent pour lui là-bas, même si Dudley finissait souvent par se débarrasser des jouets qu'il n'aimait pas.
Il allume la télé et regarde un bout d'un match de football tandis que Pyrrha joue à ses pieds. En haut, il peut entendre Malfoy bouger, et Abraxas pleurer par intermittence. Malfoy ne descend pas pour manger, donc Harry met le deuxième repas dans le frigo pour lui. Quand Pyrrha commence à bâiller, il monte la coucher et lui lit une histoire qu'il prend dans la bibliothèque qu'il a installé pour elle quelques mois auparavant. Hermione et Ron lui avaient acheté des livres, tous avec des images colorées et des sorciers qui bougent et qui la font rigoler. A la fin de l'histoire, sa voix est sèche et tendue, mais les yeux de Pyrrha se ferment.
« Bonne nuit, » dit-il, embrassant son front.
Il ferme la porte et éteint les lumières d'un coup de baguette. La maison est silencieuse, il va donc jeter un coup d'œil dans sa chambre. Le bébé dort dans le panier au pied du lit, mais Malfoy n'est nulle part. Au rez-de-chaussée, le micro-onde bourdonne et Harry peut entendre Malfoy jurer à propos de quelque chose, avant qu'une flopée d'étincelles ne jaillissent dans le couloir.
« Tu ne devrais pas utiliser de magie sur le micro-onde, » lui dit Harry, passant la porte de la cuisine. « Ca fait toujours des étincelles comme ça, tu sais. »
Malfoy lui tourne le dos. Il hausse les épaules et s'assoit à la table. Harry ouvre la bouche pour ajouter quelque chose, mais il est récompensé par un œil gris qui le fusille sur place à travers la frange de Malfoy.
« Tais-toi, Potter, » grogne Malfoy.
« J'en déduit que le bébé n'a pas été plus facile aujourd'hui ? » demande Harry, écartant une chaise pour s'asseoir. Il s'appuie sur la table et regarde Malfoy manger, d'un mouvement lent et méthodique.
Malfoy pose sa fourchette. « Qu'est-ce que tu crois ? « dit-il d'une voix vide. « Comme tous les jours. »
« A t'entendre, t'es pas en forme, » dit Harry. « A te voir non plus ».
Malfoy ne prend même pas la peine de lui lancer un deuxième regard noir. Au lieu de ça, il se lève, son assiette à peine entamée, et commence à sortir de la cuisine. Harry le suit et attrape le bras de Malfoy, essayant de le faire pivoter, essayant de le faire se retourner pour pouvoir le regarder dans les yeux. Mais Malfoy ne se laisse pas faire et ses cheveux pendent devant ses yeux, les cachant.
« Quoi ? » dit Harry.
« Va te faire foutre ! » pleurniche Malfoy. Ses épaules commencent à trembler. Harry lâche son bras, choqué de voir Malfoy debout là, se mettant à pleurer. Sa respiration est saccadée et il s'essuie le nez. Malfoy s'assoit sur le canapé et appuie ses bras sur ses genoux, se cachant à nouveau.
Harry veut s'excuser, mais les mots restent bloqués. Il s'assoit à côté de Malfoy, voulant… mettre son bras autour de sa taille, dire quelque chose de gentil ou juste être là pour lui, mais il ne sait pas vraiment quoi faire, alors il ne fait rien, ne dit rien. Les sons de sanglots et de reniflements lui nouent les entrailles. Il n'aime pas ces sons. Les sentiments de pitié envers Malfoy refont surface.
Dehors il bruine. Les gouttes d'eau coulent le long de la fenêtre, lentes et comme du brouillard, à peine présentes, mais suffisantes pour distorde les lumières des réverbères.
Et pendant tout ce temps, assis là, regardant le temps pourri à l'extérieur, observant le froid dehors, la misère de tout ça, il ne peut s'empêcher de penser à combien il veut toucher Malfoy. Son sexe se contracte dans son pantalon. Il ferme les yeux, se rappelant comment était la peau de Malfoy contre la sienne, la façon dont Malfoy gémissait lorsque Harry léchait son ventre. Son visage est rouge et ses mains serrent ses genoux. Il a l'impression qu'il y a une éternité depuis la dernière fois où il a fait autre chose que de se branler sous la douche, et pourtant, ça ne doit pas faire plus d'un mois, ou de six semaines. Et Malfoy ne voudra pas coucher avec lui pour au moins aussi longtemps.
Harry tend le bras et touche du bout des doigts la mâchoire de Malfoy, la relevant pour voir son visage. La tête de Malfoy est affreuse : sa peau grisâtre se mélange horriblement avec les plaques rouges et les traces de larmes. Harry sourit, se penche, et l'embrasse lentement. Malfoy ne réagit pas et sa bouche a le goût de sel. Harry lèche la commissure de ses lèvres, les goûtant, mais ne forçant pas, même s'il désire plus que tout enfoncer sa langue à l'intérieur et sentir la langue fluide et mouillée de Malfoy glisser contre la sienne.
« Ca va s'arranger, » dit-il, se reculant.
Le bébé dort toute la nuit.
3.
Harry se réveille aux sons de pieds nus sur le sol. Il commence à cligner des yeux, mais la lumière est trop forte, donc il garde les yeux fermés et tâtonne le lit de la main pour chercher Malfoy, qui est roulé en boule. Harry passe un bras autour de la taille de Malfoy, sentant sa chaleur à travers le pyjama qu'il porte. Il soupire et pose son menton sur l'épaule du blond, les cheveux lui chatouillant le nez.
Quelque chose bondit sur le lit. Il grogne. Malfoy grommelle et s'enfonce un peu plus sous les couvertures.
Les jambes de Harry tressautent. Et il commence à entendre Pyrrha leur dire de se lever, parce que c'est Noël.
Il n'a pas vraiment envie de sortir du lit. Il n'a qu'une semaine de vacances et elle est déjà à moitié entamée, mais le matelas ne cesse de bouger, ce qui ne l'aide pas à se rendormir, et Pyrrha leur dit, encore plus fort, de se lever.
Harry sort du lit en titubant et met un peignoir. Pyrrha sourit et commence à descendre les escaliers de sa démarche enfantine, une marche à la fois, mais aussi vite que ses petites jambes lui permettent. Malfoy reste roulé en boule, les draps formant un cocon autour de son corps.
« Tu dois te lever aussi, » lui dit Harry tandis qu'il se penche pour prendre le bébé. Ce dernier est réveillé et le regarde de ses yeux ardoise qui le connaissent et semblent se rendre compte que quelque chose est en train de se passer. Abraxas ne se met pas à pleurer. Il semble mieux se comporter maintenant, et la teinte grisâtre de la peau de Malfoy semble disparaître en même temps que les cris du bébé.
Harry tient le bébé contre son épaule et descend l'escalier, où Pyrrha a atteint les dernières marches. « Viens Papa, » crie-t-elle à Malfoy.
Harry sourit, et crie à son tour, « Viens Papa ! »
Malfoy jette un regard noir à travers ses yeux plissés. Il se traîne jusqu'au rez-de-chaussée, ses yeux tressautant et les épaules baissées. « Vraiment trop tôt, » marmonne-t-il.
Le sapin est petit, court et s'appuie contre le mur. Les décorations sont rares et peu soignées – une guirlande ici, quelques boules là. Il ne ressemble en rien à ceux de Poudlard, parfaits et symétriques, grands, parsemés de chandelles et sentant bon la cannelle, pas comme cette chose hagarde rapportée à la maison trois jours plus tôt.
Harry agite sa baguette et le sapin commence à briller. Le papier brillant des cadeaux scintille aussi. Son estomac se serre un peu à la pensée des cadeaux, du petit derrière, sous une boîte d'habits pour Pyrrha. Il y a aussi des cadeaux qu'il ne reconnaît pas.
Il tourne son regard vers Malfoy, haussant un sourcil. « Comment as-tu… ? »
Malfoy haussa ses deux sourcils, une étrange combinaison de somnolence et de malice. « Je ne vois pas de quoi tu parles, » dit-il d'une voix traînante.
Pyrrha arrache le papier de ses cadeaux, et mange la moitié des bonbons que Papa Noël lui a apporté en à peine une demie heure. La pièce est remplie de boîte et de papier et elle part dans la cuisine, laissant Harry et Malfoy seuls. Le bébé se balance dans le rocking-chair automatique que Papa Noël a apporté. Harry l'avait vu dans une vitrine quelques semaines auparavant et pensé que Malfoy apprécierait d'avoir les mains libres de temps en temps.
Harry fait du thé et met à réchauffer un gâteau au café qu'il a acheté hier. Il retourne dans le salon et donne à Malfoy une des petites oranges qui se trouvent dans le panier sur la table. Malfoy la prend et commence à l'éplucher. Les senteurs d'agrume se mélangent avec celle du gâteau dans le four et l'odeur d'épines du sapin. Lui-même n'a encore rien ouvert. C'est amusant de regarder Pyrrha jouer avec ses nouveaux jouets, et ne pas toucher du tout à ses nouvelles robes qu'il lui a offert. Elle feuillète les livres et fait tourner le chapeau Tourne-sans-fin de Farces pour Sorciers Facétieux. Fred et George lui ont assuré qu'il ne crachait pas d'encre. Pour l'instant il semble qu'ils n'ont pas menti.
Le bébé commence à faire des bruits de mécontentements, Malfoy le prend donc et commence à quitter la pièce lorsque Harry l'attrape pour le stopper. « Pourquoi est-ce que tu pars toujours pour le nourrir ? » demande-t-il.
Malfoy cligne des yeux, et sa lèvre se retrousse. Cela va de pair avec ses cheveux, vu la mèche de derrière qui se dresse, défiant la gravité. Son regard se dirige vers la fenêtre, « quelqu'un pourrait me voir, » dit-il lentement.
« Personne ne te verra, » dit Harry.
« Toi, tu me verras, » répond sèchement Malfoy.
Harry sent sa gorge qui se serre. « Peut-être que je le veux, » dit-il, essayant d'avaler ce sentiment d'embrassement devant cette admission.
Pyrrha revient dans la pièce avant que Malfoy ne réponde. Harry croise son regard, mais Malfoy détourne les yeux rapidement, les lèvres serrées. Harry le regarde pendant un moment, prudemment, car Malfoy est tombé dans un silence renfrogné.
Son cœur manque un battement lorsque les doigts de Malfoy commencent à déboutonner sa chemise, commençant par le col. « Ne me le fais pas regretter, » murmure Malfoy. Le bébé s'agite et agrippe le torse de Malfoy de ses doigts serrés. Malfoy exhale, puis défait deux boutons de plus et dégage son téton de sa chemise.
Harry aussi s'est arrêté de respirer. Il n'a pu qu'à peine jeter un coup d'œil, mais c'est suffisant. Et maintenant, de voir son fils, dans les bras de Malfoy, qui tête, il ne sait pas s'il doit trouver ça complètement bizarre qu'il assiste enfin à ça, ou vraiment, vraiment étrangement excité. Parce qu'il l'est. Il presse une main contre le mur car ses jambes flageolent et son sexe se gonfle dans son pantalon.
Pyrrha a de nouveau disparu, avec un nouveau jouet. Dans un coin de son esprit, Harry peut l'entendre jouer dans la pièce d'à côté, sous la table, ou un autre endroit du même style.
Abraxas est bruyant lorsqu'il tète. Malfoy est silencieux, sauf pour l'occasionnel mouvement de son corps dans le fauteuil. Malfoy a toujours le torse aussi plat, Harry peut s'en rendre compte, mais malgré ça, le bébé semble téter quelque chose, ses mains pressées sur le torse de Malfoy, proche et familier.
« Mon Dieu, » murmure Harry.
Malfoy relève la tête, ses yeux se plissant et sa bouche commençant à grimacer, jusqu'à ce que Harry ajoute, « Je te veux tellement. » Ses oreilles ne reconnaissent pas sa voix. Elle est rauque et basse et il semble si… Harry n'a jamais ressenti ça avant, mais si ce n'était pour le fait que Malfoy ne peut pas avoir de relations sexuelles là maintenant, il enfoncerait son sexe dans Malfoy juste là, devant leurs enfants.
Les lèvres de Malfoy bougent, s'ouvrant suffisamment pour que Harry pense qu'il va dire quelque chose, mais à la place il change le bébé de côté. Il ferme les yeux tandis qu'Abraxas boit. Harry marche vers eux, lentement, un pas après l'autre, et s'assit à côté d'eux sur le canapé. Il peut sentir le lait, le bébé et le sapin de Noël, aussi, de loin. Baissant la tête, il regarde Malfoy par-dessus ses lunettes.
La poitrine de Malfoy se soulève et s'abaisse, et il gémit lorsque Harry lèche son torse, goûtant le sel, le lait tourné et il ne sait pas quoi dire d'autre, mais le téton de Malfoy dans sa bouche est tout ce qu'il aura. Il fait attention à ne pas utiliser ses dents, surtout lorsque Malfoy siffle et dégage sa poitrine, et Harry comprend qu'il ne doit pas être très confortable ici, mais s'il pouvait, il lècherait Malfoy des tétons jusqu'au cul et le goûterait de l'intérieur, et son sexe et partout, partout.
Il embrasse le cou de Malfoy, souriant contre la peau, et pense Ce soir.
4.
Harry ne sait pas s'il est dit que l'alcool donne du courage, mais il pense que ça ne peut pas faire de mal. Sa bouche et sa gorge brûlent un peu à cause du rhum dans son eggnog, le doux arrière-goût s'attardant dans sa bouche et son esprit.
Un peu plus tôt, Hermione et Ron ont passé un coup de cheminette. Pyrrha était folle de joie de les voir et a insisté que Harry la porte pour qu'elle puisse leurs parler à travers les flammes, mais elle ne resta pas longtemps, et repartit jouer et chercher Malfoy, qui avait vite changé de pièce dès que les flammes vertes avaient commencé à illuminer la cheminée.
Ce qu'il n'a pas dit à Malfoy, c'est que Ron les a invité à dîner le jour de Noël. Ce qu'il n'a pas dit à Malfoy, c'est qu'il a accepté l'invitation. Pour tous les quatre.
Mais Harry est moins inquiété par ça, que par le petit poids qui se trouve dans sa poche.
Malfoy a disparu après le souper – un poulet que Harry a fait griller, un peu sec, mais pas mauvais. Et il n'arriverait pas à farcir un oiseau même si sa vie en dépendait, mais Pyrrha ne râle pas pour les légumes, donc ils font tous des progrès. La tarte réchauffée de chez l'épicier a une croûte trop épaisse, mais cela importe peu. Harry regarde Malfoy manger sa part avec plein de crème, qui a coulé légèrement sur un côté de sa bouche.
Combien il aurait aimé lécher cette crème, embrasser Malfoy. Mais celui-ci se lève pour coucher le bébé, lire une histoire à Pyrrha, et lui-même essayer de dormir.
Il monte les escaliers et sourit lorsqu'il voit la porte de sa chambre entrebaîllée et à l'intérieur, les lumières éteintes. D'un coup de baguette, il éteint toutes les lumières de la maison encore allumées et se lave les dents, fait pipi, puis rentre dans la chambre.
« Autant pour ce soir, » se murmure-t-il.
Les draps bougent sur le lit et Malfoy se met sur un coude alors que Harry enlève son pantalon et déboutonne sa chemise. « Tu ne dors pas ? » demande-t-il.
Malfoy grogne et marmonne quelque chose que Harry ne saisit pas. Sa poitrine se serre et son cœur manque un battement alors qu'il attrape la boîte qui se trouve dans sa poche. Il s'avance vers le lit, après avoir enlevé son boxer, puis se glisse sous les draps. Malfoy se décale un peu, laissant un endroit chaud où Harry s'étend joyeusement.
« J'ai quelque chose pour toi, » murmure-t-il.
Malfoy dit, « Autre chose que les robes ? Et le chocolat ? »
« Ouais, » dit Harry. « Je- » il déglutit. Il a l'impression que quelqu'un chose s'est coincé dans sa gorge et c'est difficile de parler. « Je – je l'ai achetée pour toi et j'aimerais que tu la portes, si tu veux, bien sûr. » Il s'éclaircit la gorge, mais il ne peut plus parler alors que Malfoy tend le cou et fixe d'un œil morne la petite boîte qui se trouve dans ses mains.
Malfoy l'ouvre sans un mot et son regard ne quitte pas l'intérieur. Le cœur de Harry s'est arrêté et un énorme nœud s'est formé dans son estomac. Nœud qui grandit encore alors que Malfoy ne semble pas bouger, regardant fixement la bague à l'intérieur.
Puis un énorme sourire narquois se forme sur son visage. « Est-ce pour faire taire tous ces lettres qui réclament que tu fasses de la mère de tes enfants une honnête femme, Potter ? »
« Je – Non ! » insiste Harry. « Je- » Il sort la bague de son écrin et Malfoy tend sa main, mais il ne peut la mettre. Il se sent complètement ridicule parce que ce n'est pas du tout à quoi sert la bague. Il rougit. « C'est une bague de protection, » dit-il lentement, « parce que – parce que je veux que tu sois sauf. Et – la vendeuse sorcière m'a dit que la bague s'ajuste pour aller à n'importe quel doigt, ce n'est – c'est pas ça. »
« Je sais, » dit Malfoy.
Il met la bague à sa main gauche et prend celle de Harry, la plaçant sur sa hanche alors qu'il roule sur le côté. L'argent est chaud entre leurs mains enlacées. Harry se cale contre la courbe du dos de Malfoy et sourit.
