Titre : Les Choses Qui Changent 09/26
Rating : NC17
Disclaimer : Rien ne m'appartient. Persos à JKR et histoire à Eutychides (voir profile pour le lien vers le site de l'auteur).

Résumé : Après Poudlard, tout change.

Avertissements : Slash HP/DM, Mpreg, langage.

NDA: Merci pour vos reviews !!! Attention, chapitre non corrigé :)


1.

Un jour à midi, Harry trouve Hermione appuyée contre un coin de son bureau, mâchonnant une plume. Il lève les yeux vers elle et elle fourre la plume dans ses cheveux. « Harry, il faut que je te parle. »

« D'accord, » dit-il.

« En privé. »

« D'accord, » répète-t-il.

« Pas ici. » Elle donne le nom d'un restaurant de Londres pas loin du Ministère, un de celui dont Harry aura oublié le nom d'ici deux semaines, mais se rappellera toujours de l'odeur de poulet frit et de curry alors qu'il passe devant tous les matins.

« D'accord, » dit-il. « J'ai ma pause déjeuner dans dix minutes. »

Ils se retrouvent au restaurant. Harry commande le menu spécial, mais Hermione mange le contenu d'un sachet qu'elle a apporté avec elle. Le restaurant est petit et bourré de monde, mais Harry est assis assez près de Hermione pour pouvoir l'entendre malgré le bruit des autres clients.

« Tout va bien ? » demande-t-il.

Hermione fronce les sourcils, mordillant sa lèvre inférieure. Elle sourit à Harry et soupire. « J'ai eu un coup de cheminette de Malfoy l'autre jour alors que j'étais en congés. »

« De Malfoy ? » demande Harry. Il pose sa fourchette. « Pourquoi est-ce que Malfoy te contacterai ? »

« Harry- » Hermione tend la main au-dessus de la table et attrape celle de Harry, la serrant fort. « Promets-moi que tu ne lui diras pas que c'est moi qui te l'ai dit. »

« D'accord, » dit-il.

« Il m'a fait promettre de ne pas te le dire, » ajoute-t-elle.

Harry hoche la tête. « Ok. » Son plat fume, refroidissant à chaque minute.

« Il m'a demandé de – de faire quelque chose pour lui. D'aller lui chercher une potion. La Chasse Artemisia, » dit-elle.

Harry fronce ses sourcils. « Euh… d'accord. Il avait peut-être besoin d'une potion… Je travaillais peut-être tard ce soir-là. »

« Harry, la Chasse Artemisia contient de l'absinthe, de la menthe pouillot et l'hydraste du Canada. Cela ne te rappelle rien des cours de Potions pour les ASPICS ? »

Il commençait à avoir l'impression d'être de retour à l'école. « Euh… non pas vraiment, » dit-il. Il prend une bouchée de son curry et Hermione recommence à parler.

« Ce sont tous des abortifs, Harry. » Elle lui sourit faiblement. « Je suis désolée. Je pensais que tu devais savoir. Je n'ai pas – je n'ai pas encore donné les potions à Malfoy, mais, » elle cherche dans son sac et en sort un petit sac en papier, et lui tend. « Si tu en as besoin. Si Malfoy en a besoin. Je pensais juste que tu devais être au courant. »

2.

Les cheveux de Harry volent dans le vent sec et frais de septembre alors qu'il monte les marches le menant à la maison. Il ouvre la porte et voit un flash de cheveux blonds se précipitant vers lui et une petite fille souriant de toutes ses dents agrippée à sa jambe, suivie par un petit garçon aux cheveux noirs.

« Où est Papa ? » demande-t-il.

Pyrrha répond qu'elle ne sait pas au moment où Harry entend des bruits à l'étage. Il lui dit d'aller jouer avec son frère alors qu'il monte lentement les escaliers, levant difficilement les pieds. Il voit Malfoy sortir de la salle de bains, s'essuyant la bouche du revers de la main. Les entrailles de Harry se rebellent lorsque la légère odeur de vomit atteint ses narines.

Il jette le sachet de papier sur le lit. « Comptais-tu me le dire ? » dit-il d'une voix basse.

« Te dire quoi ? » demande Malfoy, la voix tout aussi basse. Ses yeux se refusent de croiser ceux de Harry, se concentrant à la place sur un point derrière son oreille, à travers la fenêtre où le vent secoue les feuilles sur les arbres, jaunies à la lumière du soleil couchant.

« Tu sais très bien de quoi je veux parler, » dit Harry, se levant. Il s'avance vers Malfoy, qui recule contre le mur. Harry le pousse, ses mains sur les avant-bras du blond. « Hermione me l'a dit. »

Tout est immobile à part la poitrine de Malfoy, respirant, respirant. « La salope, » murmure-t-il finalement.

« Tout comme toi, » dit Harry.

Malfoy grimace, silencieux.

Harry secoue la tête, les mots coincés dans la gorge. Il tend la main pour saisir le menton de Malfoy et le relève du pouce et de l'index, mais Malfoy refuse toujours de le regarder dans les yeux. « Pourquoi n'as-tu rien dit ? »

Malfoy se dégage de l'emprise de Harry et s'assoit sur le lit. Lorsqu'il attrape le sachet et en ressort la petite bouteille, le sang de Harry ne fait qu'un tour. Et refait un tour lorsqu'il la lève pour l'examiner à la lumière. « Ce n'est pas ton problème, » dit-il d'une voix traînante, mais sa voix tremble et craque sur la dernière syllabe.

Harry veut attraper la bouteille de potion et la briser, s'en débarrasser parce que… parce qu'il n'aime pas la façon dont Malfoy la regarde, comme si toutes les réponses du monde reposaient sur quelques herbes et ingrédients bouillis.

« C'est à moitié mon problème, » dit sèchement Harry. Il soupire et dit, « Vas-tu le faire ? »

« Je ne veux pas – je n'en veux pas d'autre, » dit Malfoy. Il s'allonge sur le lit, la tête sur l'oreiller et les mains sur son estomac. Il est toujours plat, mais Harry se rappelle bien la sensation de la bosse sous sa main pour Abraxas, le fait qu'il voulait toujours lui toucher le ventre parce que c'était presque impossible de croire qu'il y avait une vie à l'intérieur, naissante et vivante et à lui. A eux.

Il fixe Malfoy pendant un très long moment, jusqu'à ce que Malfoy le regarde et ferme les yeux avec un soupir défaitiste. « Dis-moi ce que je dois faire, Potter, » marmonne-t-il.

« Je ne sais pas, » répond honnêtement Harry. « Je suppose que c'est toi qui… » Il ne peut pas finir sa phrase. A la place, il s'assit au bord du lit et pose sa main à plat sur le ventre de Malfoy, imaginant ressentir à nouveau ce mouvement, qu'il souhaite qu'il soit là. « Qu'est-ce que tu veux ? »

Il fait presque nuit lorsque Malfoy répond, « Je ne sais pas. »

3.

Deux mois ont passé avant que Harry n'annonce à Pyrrha et Abraxas que Malfoy va avoir un autre bébé. Ses robes le cachent bien, mais les mains de Harry s'arrondissent sous cette bosse convexe lorsqu'ils sont allongés dans le lit, en sueur et le souffle court, haletant après les réminiscences de sexe.

Il se sent plutôt virile par le fait que Malfoy est enceint pour la troisième fois. Ron et Hermione n'en ont même pas un, et c'est vrai qu'ils ne sont pas encore mariés, mais Harry est étonné que Ron n'est pas encore cédé aux demandes de sa mère pour plus de petits-enfants.

Il sourit, regardant Pyrrha placer ses petites mains potelées sur le ventre de Malfoy et demander où est le bébé. Abraxas ne comprend pas, mais Harry le soulève pour qu'il puisse aussi sentir le ventre de Malfoy.

« Ca pousse à l'intérieur, Papa ? » demande Pyrrha.

Harry hoche la tête. « Comme toi et Abraxas. Tu ne te rappelles pas ? »

Elle lui sourit, mais c'est le sourire innocent d'un enfant qui ne se rappelle pas vraiment. Il lève les yeux vers Malfoy, qui est assis dans le canapé, l'air plus inquiet que reposé alors que des mains enfantines touchent son ventre.

« Tu vas bien ? » demande Harry.

« Je vais bien, » dit Malfoy.

Mais il ne va pas bien.

A six, sept, huit mois, il vomit toujours chaque matin. Harry rentre le soir pour le trouver la plupart du temps allongé sur le canapé, se tenant le ventre en gémissant. Harry ne croit pas qu'il ait vraiment mal, sauf lorsque Malfoy ne s'arrête pas et qu'il va se coucher, grimaçant et dandinant.

Il maigrit, sa peau est tendue sur ses joues alors qu'elles devraient être rondes. Ses mains sont toujours froides lorsque Harry les saisit et il ne dort pas beaucoup la nuit ; à la place il fait les cent pas dans le couloir, quelques fois dans la salle de bains. Harry se réveille aux sons de vomissements et de la chasse d'eau et le matin il se traîne au Ministère.

Il en a marre des mensonges de Malfoy comme quoi il va bien et un jour, après le travail, il se retrouve dans la salle d'attente de Ste Mangouste, attendant de voir un médicomage. Il ne tient pas en place, bat le rythme de sa main sur son genou, fixe les portraits sur les murs qui le fixent en retour, jusqu'à ce qu'une vieille infirmière appelle son nom et le fait rentrer dans une petite salle.

A l'intérieur, Lavande Brown est assise sur une chaise de bureau, mâchonnant une plume de paon. « Tu voulais me voir, » dit-elle.

« Oui, » répond-il. « Hermione m'a dit que tu étais médicomage et… j'ai un problème. Ca – Ca restera confidentiel ? »

« Oui, » dit-elle. Elle n'avait rien perdu de cet air qui flottait autour de sa tête, mais l'enchantement de fausse blonde a été quelque peu baissé. Son uniforme blanc impeccable trahissait plus la Lavande Brown dont Harry se souvenait lorsqu'il aperçu les chaussettes rose vif qui sortaient de ses chaussures.

Il lui raconte pour Malfoy, se sentant gêné et inconfortable tandis qu'il disait son nom et enceint dans la même phrase, mais elle ne rie pas. Lorsque Harry la quitte, il peut jurer l'avoir entendue glousser « Oh mon DIEU ! » derrière la porte.

Lavande vient un soir portant une sacoche de cuir noir. Malfoy lui crie dessus du canapé et s'enfuit à l'étage, mais Harry le suit et fait signe de la tête à Lavande de venir.

« Tu vas payer, » siffle Malfoy, alors qu'il est allongé sur le dos dans le lit, les jambes écartés et ses robes relevées alors que Lavande le tâte avec une baguette médicale.

« Ow ! » crie-t-il, essayant à la fois de baisser ses robes et de s'éloigner de Lavande, mais elle est plus forte que Harry ne l'aurait pensé et ses mains maintiennent les pieds du blond. Malfoy grogne dans sa direction, deux fentes minuscules à la place des yeux alors qu'il dit, « Tu vas payer très cher pour ça, Potter. »

Plus tard, Harry propose à Lavande un thé tandis que Malfoy s'enferme dans la salle de bains et refuse d'en sortir, le visage rouge et les lèvres pressées l'une contre l'autre.

« Je n'aurai jamais penser que tu cacherais Malfoy ici, toutes ses années, » dit Lavande. « Oh mon Dieu, si la Gazette le savait- »

« Ils ne savent pas et ils ne le sauront pas, » répond fermement Harry.

Lavande hausse les épaules. « Je n'ai jamais dit que j'allais leur dire. »

« Et Malfoy- il va bien ? »

Lavande hausse de nouveau les épaules. Elle ouvre un calepin et lit ses notes. « Et bien, je ne peux pas dire avoir déjà vu quelqu'un comme lui auparavant, mais je dirai que le stress de son organisme du à de multiples grossesses rend chaque grossesse plus difficile, il doit donc être très prudent car il y a des chances de fausse-couche ou d'hémorragie interne. »

Harry se gratte une tempe. « Okay, » dit-il.

« Et garde-le à l'écart des lessives moldues. »

« Quoi ? »

« Elles peuvent causer des irritations de la peau chez les sorcières enceintes, » lui expliqua Lavande. Elle se lève, finissant sa tasse de thé et ramasse sa sacoche. « Je repasserai dans quelques jours. » Harry la raccompagne à l'entrée et ouvre la porte. Un courant d'air froid entre dans la maison et il frissonne.

« Et, Harry ? » dit Lavande alors qu'elle se tourne pour dire au revoir, « Tu as de beaux enfants. »

4.

Lavande vient tous les trois jours, prenant le bus avec Harry. La Gazette du Sorcier les aperçoit ensemble et quelques photos clandestines pas très nettes font la première page. Harry est proclamé le mari infidèle et Lavande comme la maîtresse. Ca a l'air de lui plaire, mais ça fait rire Malfoy quand il lit le journal, avant qu'il ne le range dans une boîte.

Harry redoute de rentrer à la maison pour trouver Malfoy baigner dans une marre de sang. La lessive est jetée à la poubelle et il achète sur le chemin de Traverse des potions de lessive qui donnent une odeur de plante.

Début février, il rentre à la maison pour trouver Pyrrha l'attendant sur le pas de la porte, pleurant.

« Oh mon Dieu, » murmure-t-il, et court à l'étage.

Lavande arrive et passe la nuit là, puis le jour suivant. Hermione vient dans la matinée au réveil de Pyrrha et d'Abraxas et Harry ne peut pas s'occuper d'eux car Malfoy est trop occupé à crier, gémir et haleter et Harry ne peut pas le quitter.

Lavande et lui préparent le lit, mais Malfoy veut marcher. Il marche avec Malfoy, lui offrant sa main, son bras, n'importe quoi, mais Malfoy veut s'allonger. « Ca fait mal, » gémit-il.

Harry hoche la tête.

« Dis-lui de respirer ! » crie Lavande d'entre les jambes de Malfoy, à peine plus fort que les cris.

« Il respire ! » lui répond Harry, criant à son tour. Malfoy grogne et souffle, le visage rouge, haletant rapidement et profondément.

« Est-ce qu'il connaît la bonne méthode pour respirer au moins ? » crie Lavande.

Harry n'a aucune idée de quoi veut parler Lavande. Malfoy respire, quand il ne crie pas ou attaque les bras de Harry.

Il y a tellement de sang, beaucoup plus que la dernière fois. Lavande est professionnelle et alors qu'elle n'est pas vraiment apaisante, elle semble savoir ce qu'elle fait, et plus tard dans l'après-midi, Harry tient dans ses bras sa deuxième fille. Elle crie et agite ses poings, tout comme Malfoy, dont la tête blanche et épuisée repose sur l'oreiller.

Harry prend une semaine de congés. Hermione vient les après-midi, quelques fois avec Ginny, quelques fois avec un plat de Mme Weasley. Hermione prend des photos de Harry avec le bébé, de Pyrrha et Abraxas la tenant, la tâtant, déposant un bisou sur sa tempe, et aussi de Malfoy. Ce dernier ne les en empêche pas, mais reste allongé dans le lit.

« Tu n'as plus assez de place, ici, Harry, » lui dit Ginny. « A moins que tu ne fasses une démarche auprès du Ministère pour un sort de construction qui te permettra d'agrandir la maison. »

« Peut-être, » dit-il. Il n'a dormi que deux heures ces derniers jours et se fiche de ce que dit Ginny. S'il comprend ce qu'elle dit.

Une semaine après sa naissance, le bébé est toujours sans nom Deux. Pyrrha la tient, comme Harry lui a montré, et dit, « On devrait l'appeler Anne. »

Malfoy retrousse sa lèvre. « Non, » marmonne-t-il. Sa voix est encore faible et cassée à cause des cris. Il prend le bébé des bras de Pyrrha et tapote son dos lorsqu'il commence à gigoter.

Harry zappe rapidement à la télé. C'est une scène très familiale, assis dans le salon, avec Pyrrha et Abraxas jouant par terre, et lui, Malfoy et le nouveau bébé sur le canapé. Il n'a jamais eu ça avec ses parents, ni avec les Dursley, qui s'asseyaient sur les fauteuils alors que Harry était dans la cuisine en train de leur préparer à boire.

Il y a un film sur la BBC et il le regarde d'un œil, préférant regarder Malfoy déboutonner ses robes pour l'allaiter, la petite créature qui se tortille et qu'ils ont engendré. Il entend des gens parler dans le fond, des noms et phrases flottants dans son esprit brumeux, et pense que Viola est joli.