Titre : Les Choses Qui Changent 11/26
Rating : NC17
Disclaimer : Rien ne m'appartient. Persos à JKR et histoire à eutychides (voir profil pour le lien vers le site de l'auteur).
Résumé : Après Poudlard, tout change.
Avertissements : Slash HP/DM, Mpreg, langage.
1.
« Hermione travaille toujours, » dit Ron à Harry.
« Elle est énorme pourtant, » répond Harry. Il coche une nouvelle case sur un rapport et lit rapidement les détails avant de regarder Ron par-dessus son bureau. « Elle en est à combien maintenant, huit mois ? »
« Ouais, » dit Ron, jouant avec le bout de sa cravate orange vif. « Elle insiste pour continuer à travailler, mais elle peut à peine se déplacer. Je pensais qu'elle serait un peu plus comme, » Ron jette un coup d'œil sur les côtés, puis se penche et dit, « Tu-Sais-Qui – ne s'est-il pas contenté de rester allongé sur le canapé et de se plaindre de ses pieds gonflés à longueur de journée? »
Harry renifle et sourit légèrement. « Des fois, oui. » Il fait une pile avec ses papiers et les range dans une pochette. « Je suis fatigué de toute cette paperasse. Je veux aller sur le terrain. »
Ron hausse les épaules. « On va bientôt y aller, j'imagine. Surtout avec Newberry et Wilkinson qui partent en retraite après Noël. » Derrière lui, l'horloge du bureau sonne deux fois et Ron se lève. « Mieux vaut se remettre à la paperasse, » dit-il alors qu'il se rassoit avec un long soupir au bureau qui est en vis-à-vis de celui de Harry.
Il passe l'après-midi à cocher des cases et à les envoyer dans le chariot d'attente pour qu'ils soient rangés par les archimages, qui se plaignent tellement de leur travail que Harry se demande parfois s'ils ne le font pas exprès. Lorsque l'horloge sonne et que le Département se vide, Harry se retrouve seul après qu'il ai fait signe au revoir à Ron et souhaité bonne soirée à quelques Aurors.
Regardant à droite puis à gauche, il prend son manteau et attrape son portefeuille et sa baguette. Il s'éloigne de son bureau, non pas en direction du couloir pour rejoindre l'ascenseur, mais vers la salle des Archives dans laquelle il entre.
Elle est vaste et remplie de rangée d'étagères, toutes remplies de boîtes. C'est plus qu'une pièce, et c'est plus grand qu'une maison. Et à cette heure-ci, elle est vide.
Harry enchante une boîte quatre allées vers la gauche et peut-être deux mètres cinquante à l'intérieur de cette rangée et jette un coup d'œil à l'intérieur. Elle est remplie de documents. C'est la boîte. Il parcourt son contenu, lisant tous les documents où se trouve le nom « Draco L. Malfoy » quelque part – dans la marge, dans les paragraphes, dans les blancs.
Ce n'est pas la seule boîte où le nom de Malfoy est cité. Harry a trouvé la plupart, mais celle-ci est la suivante sur sa liste. Il jette un coup d'œil par-dessus son épaule, puis remet le couvercle. Il sort sa baguette, tapotant la boîte et murmurant, « Damnatio Memoriae ! »
La boîte est entourée d'une lumière jaune, puis elle disparaît. Harry soulève le couvercle et vérifie les documents à l'intérieur.
Toutes traces du nom de Malfoy ont disparu, laissant à leur place des blancs. Harry sourit et enchante la boîte pour qu'elle reprenne sa place sur l'étagère.
Il descend de cinq allées sur sa droite et de quinze rangées avant de trouver la boîte suivante. Il l'enchante pour qu'elle descende de l'étagère, et tandis qu'elle flotte dans les airs au-dessus de sa tête, il murmure le sort, la replaçant sur l'étagère avec un simple bruit sourd d'un objet glissant sur l'étagère de métal.
C'est à ce moment-là qu'il entend un bruit derrière lui.
Harry tourne vivement la tête sur le côté.
« Qu'est-ce que tu fais ? » demande une femme. Elle sort de derrière une rangée d'étagères. Elle est jeune, plus jeune que Harry et porte un grand sourire. Ses talons claquent sur le sol et ses robes virevoltent.
« Je travaille ici, » répond Harry.
« Un Auror ne jette pas de Damnatio Memoriae sans bonne raison, » dit-elle. « Surtout sur des boîtes contenant des archives de Draco Malfoy. »
Les entrailles de Harry se nouent, froides et glacées alors que la femme s'approche d'un pas, son sourire s'agrandissant.
« Tu ne te rappelles pas de moi, n'est-ce pas ? » demande-t-elle. Lorsque Harry ne bouge pas, elle ajoute, « Je suis Romilda Vane. » Elle tend une main, mais Harry ne la touche pas.
Il déglutit, la boule dans sa gorge large et sèche. Son estomac s'est retourné et ses entrailles se serrent encore et encore et il se sent mal. Il ne dit pas qu'il ne se rappelle pas vraiment, au lieu de ça il dit d'une voix nouée, « Qu-que sais-tu ? »
Romilda s'appuie sur une étagère et soupire bruyamment. « Je sais que Draco Malfoy est toujours sur la liste du Ministère et qu'apparemment tu veux effacer son nom de toute la documentation qui existe ici. D'effacer les souvenirs de lui. Et je t'ai vu venir ici au moins une douzaine de fois, peut-être plus. »
Harry essaie de se rappeler comment respiration malgré le poids sur sa poitrine.
« Donc ce que je me suis demandée c'est pourquoi diable un héro comme toi essayerai de faire quelque chose comme ça, » dit-elle d'une voix mielleuse, « à moins qu'il essayerai de cacher au public quelque chose de très très important. » Elle lui fait un clin d'œil.
Un tic agite l'œil de Harry.
« Qu'est-ce que tu veux ? » demande-t-il.
2.
« C'est du chantage, » dit Harry.
Romilda chantonne tandis qu'elle le pousse contre une étagère et l'embrasse. Harry soupire. Ses bras retombent mollement à ses côtés et ses lèvres sont tout aussi indifférentes, mais Romilda introduit quand même sa langue à l'intérieur.
Il déteste ça. Il déteste le fait qu'ils se cachent. Il déteste la senteur florale musquée du parfum que porte Romilda. Il déteste le fait qu'elle l'utilise parce qu'elle a découvert qu'il lançait le Damnatio Memoriae sur les rapports de jugement de Malfoy, ses actes de naissance, et tout le reste.
Elle presse une main sous la ceinture de son pantalon. Il bande et son sexe frémit tandis qu'elle rie de lui. « Je savais que tu voudrais, » murmure-t-elle contre son cou. Son souffle chaud est une marque collante dont Harry veut désespérément se débarrasser. Malheureusement, il est trop occupé à gémir et passer ses mains dans ses cheveux tandis qu'elle le suce après le travail dans la salle des Archives du Ministère.
Après Romilda s'essuie la bouche et dit, « Est-ce que je t'ai déjà que quand j'étais petite je rêvais de te faire ça ? »
« A chaque fois, » dit Harry. Il grimace au son que son pantalon fait lorsqu'il referme sa braguette et remet convenablement le bord de sa robe. « Je dois y aller. »
Elle attrape son bras et le tire vers elle, l'embrassant violemment et longtemps une fois de plus. « Elle a de la chance de t'avoir. »
« Je dois y aller, » redit Harry, mais son visage brûle et sa peau le démange. Ça fait des mois qu'il ne se sent pas propre. Ce soir, il doit aller rendre visite à Ron et Hermione et leur nouveau-né, mais au lieu de ça il prend le métro pour rentrer le plus vite possible.
Lorsqu'il arrive devant chez lui, il prend une grande inspiration avant de tourner la poignée et d'ouvrir la porte. Il a à peine fait quelques pas à l'intérieur qu'il y a quelqu'un collé à sa jambe et quelqu'un assaillant ses oreilles. Il leur sourit, levant les yeux pour voir Malfoy debout les bras croisés en haut de l'escalier.
Il rentre en trébuchant, mais son sourire lui reste figé au visage.
La nuit, il prie pour que Malfoy ne trouve pas les marques dans son cou – Harry ne sait plus de qui elles sont. Il prie que Malfoy ne sente pas le parfum incrusté dans le col de sa robe, prie que Malfoy ne goûte pas les traces de café sur ses lèvres. Harry n'aime pas le café et Malfoy n'en boit pas, mais Romilda doit en boire à longueur de journée car le goût ne quitte jamais sa bouche.
Je le fais pour Malfoy, pense Harry, pour le protéger.
Les débuts de soirée, il grimace alors que Romilda le suce. Il baisse la tête lorsqu'elle le guide en elle avant qu'il ne crache une jouissance non voulue. Ses seins sont bondissants et présents, si différents des angles plats du torse de Malfoy. Il n'y a pas de verge familière pressée contre son ventre, pas de joue mal rasée contre la sienne. A l'intérieur, Harry est rongé un peu plus chaque jour, à chaque fois que Romilda le croise dans les couloirs du Ministère et qu'elle lui fait un clin d'œil, à chaque fois qu'elle lui murmure, « Veux-tu que j'aille voir le chef du Département avec ce que je sais ? »
Des fois, il reste éveillé la nuit et, allongé dans le lit, il fixe le plafond, où les ombres forment le visage de Romilda. Elle se moque de lui, l'attire et quand Malfoy le cherche d'une main endormie, il grimace des fois à ce contact. Il veut que les choses redeviennent comme avant.
Il pourrait le faire ; il pourrait utiliser un sort d'Oubliette, sauf qu'il se souvient ce qui est arrivé à Lockhart. Chaque jour, il se lève avec l'espoir que Romilda laisse tomber et qu'elle le laisse tranquille, mais des mois ont passé. Il a presque fini de jeter le sort de Damnatio Memoriae. Malfoy a presque disparu de tout. Bientôt, pense-t-il, bientôt…
3.
« Alors, » dit Harry, « comment va Peter ? »
Ron ouvre un œil et relève la tête de son bureau. « Pas aussi malade qu'hier. » Il baille et se redresse sur sa chaise. « La mère de Hermione vient aujourd'hui pour donner un coup de main. Ça fait une semaine qu'on ne dort pas. »
« Avec le temps ça devient plus facile, » dit Harry. Il sort un dossier de son tiroir et soupire. « On a un nouvel arrivage ce matin. Ça devient plus facile lorsqu'ils grandissent et font leurs nuits. »
« C'est ce que tout le monde me dit, mais je ne les croie pas, » dit Ron d'une voix fatiguée. Il cligne à peine des yeux lorsque Harry lui jette un dossier et que les papiers volent.
Les papiers sur le bureau de Harry volent aussi lorsqu'une chouette se pose au milieu du bureau et hulule bruyamment. Il prend la lettre et la met dans sa poche pour plus tard. La chouette reprend son envol et repart.
Puis, à peine a-t-elle disparu, qu'une autre se pose sur son bureau. Puis une chouette fauve. Puis deux chouettes des neiges et une chouette hulotte.
Il se gratte la tête. Son anniversaire est dans plusieurs mois.
A ce moment-là, une chouette vole tel un boulet de canon au-dessus de sa tête et largue quelque chose sur ses genoux. Il fixe l'image, là en première page e la Gazette du Sorcier, se trouve son visage brouillée et –
« Putain de merde ! » s'écrie Ron par-dessus l'épaule Harry. « Est-ce que c'est toi et Romilda Vane ? »
Harry ouvre rapidement le journal. Sous la photo, en travers de la page se trouve le gros titre : HARRY POTTER TROUVE DANS LES BRAS D'UNE AUTRE FEMME.
Il ne peut plus respirer. De la bile monte dans sa gorge, sèche et amère. Des Aurors jettent des coups d'œil de leur box pour voir ce qui fait crier Ron, puis quelqu'un crie, « Qu'est-ce que c'est que ça, Potter ? » et tout ce qui est autour de Harry se met à s'effondrer.
Sa seule consolation est que Malfoy ne le saura pas. Aucune Gazette du Sorcier n'est envoyé à la maison. Malfoy n'a pas d'amis, et personne à part Ron et Hermione ne vient jamais rendre visite.
Il passe sa journée à grimacer à son bureau, jusqu'à ce que les regards, les clins d'œil et les « Oh mon Dieu ! » s'empilent de plus en plus haut, accompagnés par les chouettes d'outrage sur son bureau et il crie, « Est-ce que vous allez vous la fermer ? » et que tous les journaux dans un rayon de quinze s'enflamment spontanément.
Le Chef du Département embarque Harry dans son bureau.
Il reste assis là, stoïque, alors que Stebbings roule dans sa chaise à roulette, agitant un journal. « D'habitude, Potter, nous nous fichons de ce que peut faire un sorcier de sa vie privée- »
« Monsieur, je- »
Stebbins agite un doigt. « Nous nous fichons d'habitude de ce que peut faire un sorcier de sa vie privée, mais nous vous demanderons de prendre un congé si vous faites le coup de jeter des Incendio sur les journaux de votre lieu de travail- »
« Monsieur, je n'ai pas- »
Stebbins agite de nouveau son doigt. « Vous l'avez fait quand même. Considérez ceci comme un avertissement. » Un signe de la tête indique à Harry qu'il doit partir, mais à peine a-t-il tourné la poignet, qu'il ajoute, « Et Potter – le Ministère voit d'un très mauvais œil les relations amoureuses sur le lieu de travail, surtout lorsqu'elles sont extra-conjugales. »
Ron se penche au-dessus de son bureau. « Tu as vraiment ? » mais avant que Harry n'ait pu le contredire, Ron murmure, « Tu n'as rien promis à tu sais qui. Tu ne lui as pas promis la monogamie. Tu n'as eu que le mauvais côté des choses avec lui, mon pote. »
Harry n'a pas le courage de le dénier. Il a promis à Malfoy – il lui a promis sa protection, il a sous-entendu que… il ne sait plus ce qu'il avait sous-entendu, mais il espère que c'est plus que vivre et coucher ensemble.
Sa tête cogne. Il se sent plus mal que la merde sous ses chaussures. Il se lève et court aux toilettes, ouvrant tous les robinets et se penchant au-dessus du lavabo, incapable de ne serait-ce que nettoyer la sueur qui perle sur son visage. « Mon Dieu, qu'est-ce que j'ai fait ? » marmonne-t-il.
Et lorsqu'il entend le son des pas claquants derrière lui, il ferme les yeux. En lui-même, il s'y attendait presque. « Je ne peux pas – Ron, je – c'est pas ce que tu pens- »
« Je ne suis pas Ron, » dit Romilda.
Il fait volte-face. Romilda se tient devant lui, souriant d'un air désabusé et se tordant les mains sur les bords de son chemisier. « Je n'avais pas l'intention de- »
« Tu n'avais pas la putain d'intention de QUOI ? » crie Harry. « Que tout le monde sur cette putain de TERRE SOIT AU COURANT ? » Il secoue la tête. « Mon Dieu, qu'est-ce que j'ai fait ? »
« Ce n'était vraiment pas mon intention, » insiste-t-elle. Elle avance d'un pas et Harry brandit sa baguette, la pointant sur elle. « Mes amies se devenues suspicieuses et m'ont implanté un sort de photocamera. Je n'ai pas vendu les photos à la Gazette, Harry- »
« Ne m'appelles PAS comme ça, » la prévint Harry.
« Je n'avais pas l'intention d'être la maîtresse, » dit-elle. « C'est juste que – je t'ai toujours apprécié. Je ne l'aurai pas dit, je le jure. »
Pendant un instant, Harry la croit presque.
Pour rentrer, il ne prend ni le métro, ni le bus. Au lieu de ça, il transplane avant qu'autre chose puisse mal tourner.
4.
Il inhale lentement avant d'ouvrir la porte.
La maison est calme. « Coucou ? » appelle-t-il.
« Ici, » dit la voix de Ron.
La pression sur la poitrine de Harry augmente. Il peut entendre sa respiration, courte et rapide, alors qu'il s'avance dans le salon. Ron se tient là, et Hermione aussi, avec leur fils dans ses bras.
« Oh, Harry, » murmure-t-elle.
« Oh mon Dieu, » dit-il d'une voix rauque.
Pyrrha est assise dans le canapé, en pleurs. Harry peut l'entendre pleurer, saccadé et sec, et son cœur se fend un peu plus lorsqu'elle lève des yeux rouges vers lui. A côté d'elle, même Abraxas renifle, sa poitrine se soulevant.
Viola joue par terre avec des cubes, inconsciente de ce qu'il se passe autour d'elle.
« Où est – où est Papa ? » demande prudemment Harry, incapable de former le nom de Malfoy sur sa langue.
Pyrrha marmonne quelque chose, mais ses pleurs l'étouffent. Harry s'assoit près d'elle et la rapproche de lui d'un côté, et Abraxas de l'autre. « Je ne sais pas, » répète-t-elle.
« Harry, je suis arrivée dès que Pyrrha a passé un coup de cheminette, » dit Hermione.
Si ça avait été à un autre moment, Harry aurait été fier qu'elle ait passé un coup de cheminette toute seule.
« C'était à quelle heure ? » demande-t-il.
« A peine cinq minutes avant que je ne rentre, » dit Ron.
« Est-ce que ça faisait longtemps que Papa était parti ? » demande Harry.
Pyrrha dit qu'elle ne sait pas.
« Harry, nous- »
« Je suis tellement désolée, Harry, » dit Hermione. « Je suis sûre que nous retrouverons Malfoy et que tout s'arrangera. Je suis sûre que tout ceci est- »
« Tout va bien, » dit Harry d'un ton raide. « On va bien – on – je retrouverai Malfoy. »
« Tu es sûr ? »
« Tout va bien, » répète-t-il.
A contre cœur, Ron et Hermione rentrent chez eux par cheminette. Harry ne veut pas avoir à s'occuper d'eux et de ses enfants en pleurs en même temps. Il ne peut pas – il ne peut pas faire face à deux personnes différentes comme ça. Ron et Hermione ne savent pas exactement ce qu'il se passe entre lui et Malfoy, pas réellement. Son mal de tête empire. Ses entrailles se nouent et il aimerait se réveiller de cet horrible rêve.
« D'abord, faisons à dîner, » dit Harry, essayant d'être joyeux. Il est récompensé par un reniflement d'acquiescement et il commande des pizzas par téléphone. Il monte à l'étage. Tout va mal. Tout est vide sans Malfoy.
Et tout est de sa faute.
Il attrape son portefeuille qui se trouve sur la commode et quelque chose sur le lit attire son regard. C'est un exemplaire du jour de la Gazette du Sorcier.
