Titre : Les Choses Qui Changent 12/26
Rating : NC17
Disclaimer : Rien ne m'appartient. Persos à JKR et histoire à eutychides (voir profil pour le lien vers le site de l'auteur).

Résumé : Après Poudlard, tout change.

Avertissements : Slash HP/DM, Mpreg, langage.

Merci pour toutes vos reviews, j'en ai jamais eu autant pour un chapitre !!!

En cadeau, le chapitre suivant, parce que je pars en vacances deux semaines, et que moi-même je ne supporte pas le suspens

Bonne lecture !


1.

Quatre jours s'étaient écoulés et Malfoy n'était toujours pas revenu. Le troisième jour, Harry lit dans un article de la Gazette du Sorcier que Romilda Vane a été retrouvée errante sur le Chemin de Traverse la nuit précédente, confuse et ayant reçu un sort d'Oubliettes.

Harry fourre le journal dans sa poche, sachant que seul Malfoy ait pu faire une chose pareille. Il devrait se sentir coupable envers Romilda Vane, mais il s'en fiche. Le plus important, c'est que Malfoy doit toujours être dehors, quelque part.

Il ne va pas travailler. Il n'a pas le courage de mettre un pied au Ministère et il ne va pas déposer ses enfants chez Hermione ou Mme Weasley ou même une baby-sitter moldue, pas quand ils sont encore bouleversés par le fait que Malfoy ne soit pas revenu.

Sa poitrine se serre chaque fois que Abraxas lui demande quand Papa revient et qu'il regarde Harry de ses grands yeux gris semblables à ceux de Malfoy. La boule dans sa gorge grossit à chaque fois que Pyrrha passe à côté de lui, avec ses cheveux clairs et fins comme ceux de Malfoy. Et Viola – elle ne ressemble pas à Malfoy, ou à lui, mais elle est une partie de Malfoy et ça lui fait mal.

« Où es-tu ? » marmonne Harry. Il ferme les rideaux du salon parce qu'il n'y a personne dans la rue. Personne n'est rentré à la maison en transplanant sous la lumière orangée des réverbères. Il n'y a pas de soudaines flammes vertes dans la cheminée, même si Harry a démantelé les barrières privatives, juste au cas où.

Il est désespéré au point de passer un coup de cheminette à Tonks et Lupin. Tonks lui sourit à travers les flammes, le vert donnant à ses cheveux roses une teinte grisâtre. Derrière le feu, Harry peut entendre leurs enfants courir et crier. Ces bruits lui manquent chez lui. C'est devenu calme et misérable ici.

« As-tu vu quelque chose de bizarre ces derniers temps ? » demande-t-il.

« Tu vas bien, Harry ? » le questionne Lupin.

Harry hoche la tête. Son visage est rouge et il est sûr que Lupin et Tonks ont lu les journaux, mais il ne veut pas s'en préoccuper.

« Est-ce que quelqu'un… aurait essayé de vous contacter ? »

Tonks répond que non.

De toute façon, Harry ne pense pas que Malfoy aurait cherché à contacter les sang-mêlés de sa famille.

Il est désespéré au point de faire venir une baby-sitter le cinquième jour et il transplane à Poudlard. La Carte des Maraudeurs montre une multitude d'élèves, ces petits points mouvants lui rappelant ses années d'école. Mais aucun de ces points ne porte le nom de Draco Malfoy.

Les élèves le dévisagent alors qu'il traverse l'école, en direction des cachots. Ils le montrent du doigt et murmurent son nom, d'admiration et intérêt. Ils paraissent tellement plus jeunes que lui au même age, mais en même temps cela fait des années et des années.

Rogue est surpris de le voir. Il n'a pas changé d'un poil depuis qu'il a quitté l'école, mis à part le gris dans ses cheveux. « Que voulez-vous Potter ? » demande-t-il, arborant un léger sourire sarcastique.

« Avez-vous vu – je suis – savez-vous où pourrait se trouver Draco Malfoy ? »

Une lueur apparaît dans les yeux de Rogue et l'estomac de Harry se noue d'espoir, mais à ce moment là Rogue s'assoit et prend une gorgée de thé. Il n'en offre pas à Harry.

« Pourquoi posez-vous des questions sur Draco Malfoy ? » les yeux de Rogue se plissent alors qu'il le regarde d'un air hautain. Le regard noir de Rogue ne perturbe pas autant Harry que par le passé.

Il exhale profondément par le nez et se répète. « Savez-vous quelque chose ? »

« Qu'est-ce qui vous fait penser ce que je sais quelque chose ? » rétorque Rogue. « Ou que je vous dirais quoique ce soit, Potter ? »

« Je ne suis pas envoyé par le Ministère, » dit Harry. « Je – je dois le trouver. S'il vous plaît. »

« Ne savez-vous donc rien sur les Malfoy après toutes ses années, Potter ? » dit Rogue d'une voix traînante. « Ils paraissent toujours retourner en rampant de l'endroit d'où ils viennent. » Un mauvais sourire se peint sur son visage et il s'assoit bien droit, posant sa tasse de thé sur une pile de papiers, où Harry peut voir un gros F rouge sur celui du dessus.

Il se demande ce que sait Rogue, et comment, mais pour le moment, il s'en fiche aussi.

2.

Cela fait une semaine. Une fois le petit-déjeuner fini, Harry se force à sourire et dit, « Mettez vos manteaux. On va se balader. »

Pyrrha et Abraxas font ce qu'on leur dit. Harry aide Viola à mettre son manteau et la prend à bras.

« Où on va ? » demande Pyrrha.

« Est-ce que Papa sait où on va ? » demande Abraxas.

« Papa le saura, » répond Harry.

Ils marchent dans le petit jardin de derrière. La fine couche de neige révèle des traces de pas, menant à l'endroit où Harry se trouve et il dit à Pyrrha et Abraxas de bien se tenir à ses jambes et de fermer leurs yeux.

Il ne l'a jamais fait auparavant, jamais transplané autant de personnes d'un coup. Il respire un grand coup et ferme ses yeux, se concentrant, déterminant et demandant que son corps les y conduise, et que ça marche.

Une vague de vertige le prend et il trébuche. Il ouvre les yeux pour voir un paysage blanc immaculé couvert de neige épaisse, menant à une maison brillante en haut d'une petite colline.

« Où sommes-nous ? » demande Pyrrha.

Harry espère que c'est le bon endroit. Ils s'approchent – cela prend plus de temps avec trois enfants, tous ayant moins de sept ans, mais lorsqu'ils atteignent la porte d'entrée et attendent un moment sous un portique de colonnes d'époque, Harry peut sentir la magie pulser au Manoir Malfoy.

La porte s'entrouvre avant que Harry ne la touche. Un courant d'air souflle dans le hall d'entrée. Il est plus grand et plus beau que ce qu'avait imaginé Harry, et plus coloré, avec du marbre étincelant de rouge, de vert et d'ambre sur le sol, décoré d'épais tapis et de tapisseries qui montent jusqu'au plafond, qui selon Harry doit au moins être à six mètres de hauteur.

C'est étrangement calme, pourtant, leurs pas étant les seuls bruits. Les tapisseries se soulèvent lorsque le courant d'air les traverse, et les portraits accrochés murmurent de plus en plus au fur et à mesure que Harry s'enfonce dans la maison, suivant les couloirs. Le silence est remplacé par un sentiment de mouvement et de vie, un peu comme dans un cimetière, de choses depuis longtemps disparues mais pas oubliées. Les portraits, également, ne sont pas ce à quoi s'attendait Harry. Il pensait qu'ils seraient des rangées et des rangées de cheveux blonds presque blancs encadrant un visage pointu. Au lieu de cela, il y a des gros et des minces, des cheveux foncés et des cheveux clairs, des souriants et des grimaçants. Des armures grincent et craquent, le métal en grand besoin d'être huilé.

Puis il entend un son différant des autres, mais un écho d'un autre bruit de pas.

Il jette un coup d'œil à ses enfants, qui lèvent la tête sur le point de parler. Il dit « Chuuut » et ils s'avancent sur la pointe des pieds dans le couloir. Le cœur bat fort dans la poitrine de Harry et il peut entendre le sang monter dans ses oreilles, le son des vagues, pulsantes tels des courants d'air hivernaux.

Il y a une porte au bout du couloir qui est fermée comme les autres, mais dont la poignée où se reflète la lumière venant d'une fenêtre poussiéreuse montre à Harry qu'elle a été utilisée récemment, elle n'est pas recouverte de poussière.

Il murmure aux enfants d'attendre ici. Il sort sa baguette et avec un rapide coup d'œil en arrière, il tourne la poignée le plus lentement possible et entrouvre la porte suffisamment pour se faufiler dans la pièce.

Il y a un bon feu dans la cheminée, avec des flammes dansantes orange et or. Sur les murs s'alignent des étagères remplies de livres et d'objets en tout genre, des crânes à moitié cachés par l'ombre en passant par les boîtes et les bibelots en verre. Ça sent le cèdre et la fumée, et quelque chose de doux aussi, et Harry espère que ce n'est pas de l'alcool. Lorsqu'il voit les bouteilles vides sur la table, il veut froncer les sourcils, mais son visage ne lui en laisse pas le temps car il est trop occupé à chercher, chercher des yeux chaque coin et recoin, explorant chaque chaise à la recherche d'une tête blonde familière et désirée.

D'une chaise située près du feu, le cuir noir reflétant la lumière, Malfoy dit, « Tu m'as donc trouvé. »

3.

Il se force à respirer, mais il ne peut pas. Pas vraiment. Il veut attraper Mafloy, l'attirer contre lui et tout lui dire, rien lui dire.

« Ne me touche pas, » siffle Malfoy dès que Harry lève le bras.

Il ouvre la bouche et fixe Malfoy, l'implorant de son regard. Mais Mafloy se contente de plisser les yeux avant de se détourner et de se lever, traversant la pièce pour se placer devant une grande fenêtre étroite.

« Je suis tellement désolé, » dit Harry.

« Je suis désolé, je ne t'ai pas entendu, » dit Malfoy.

« Draco, je suis- »

« Tais-toi ! » le coupe sèchement Malfoy. « Ne – ne me parles pas ! » Il brandit soudainement sa baguette et la pointe vers Harry. C'est une parodie de leur sixième année, et la main de Malfoy tremble plus que jamais, suffisamment pour qu'il le remarque et s'effondre à genoux au sol, cachant son visage derrière sa frange avec un sanglot étranglé.

Il a l'air terrible – Harry ne pense pas que Malfoy se soit douché de la semaine, ou ai mangé, ou même dormi. Même sa voix sonne faux. Trop calme, suivie d'une respiration irrégulière.

« Je suis tellement désolé, » dit Harry alors qu'il s'accroupit à côté de Malfoy. Il touche l'épaule du blond, mais retire sa main lorsque Malfoy sursaute. « Je suis tellement désolé – je – elle a découvert le Damnatio Memoriae et – »

Le souffle de Malfoy se coupe. Il lève la tête vers Harry, les yeux rouges soulignés de cernes violettes, brillants de larmes. « Le quoi ? »

« Damnatio Memoriae, ça – »

« Je sais très bien ce que ce putain de sort fait ! » crie-t-il. « Pourquoi as-tu fait ça ? Penses-tu vraiment que je veuille être effacer de l'Histoire ? De tout ? Putain d'idiot ! »

« Je voulais te pro – »

« Potter le Héros, faisant toujours ce qu'il pense être le mieux pour les AUTRES ! » Malfoy fait les cent pas dans la pièce et une lampe de glace se brise dans un coin, les morceaux frappants Harry au visage tel de la fine neige. Malfoy reste debout, fulminant et montrant les dents, ses narines se dilatant.

« Papa ? »

Ils se tournent tous les deux pour voir Pyrrha qui se tient dans l'embrasure, Abraxas et Viola derrière elle. Ses yeux sont écarquillés et pleins d'espoir, mais elle ne bouge pas.

Le monde autour de Harry s'arrête de tourner, il arrête de pirouetter hors de contrôle lorsque Malfoy se met en mouvement le premier et s'étrangle, tousse, sanglote : peu importe ce qu'il fait, il fait quelque chose et s'affale dans une chaise en cuir, disant entre deux sanglots qu'il n'est pas une épouse, qu'il n'est pas une femme, et qu'il sait qu'ils ne font que vivre ensemble mais que Harry peut continuer à souffrir parce que les Malfoy ne se font pas avoir.

« S'il te plaît, reviens à la maison, » dit Harry. « Tu nous manques. Je – » Les morts sont épais dans sa gorge, mais Malfoy secoue la tête.

« Ne t'avise pas de dire quelque chose que tu ne penses pas, » dit-il.

« S'il te plaît, reviens à la maison, » dit Harry. Malfoy ne répond pas, mais il frôle suffisamment le bras de Harry pour transplaner à la maison avec leurs enfants.

4.

Sa maison est de nouveau complète. Son lit aussi.

Mais lorsque Harry touche son bras, Malfoy se dégage.

« Ne me touche pas, » siffle-t-il.

« Dis-moi ce que je peux faire, » dit Harry.

Malfoy s'assoit au bord du lit et le matelas grince. Il retrousse une lèvre alors qu'il dit, « Tu peux te mettre à genoux, Potter. »

Harry s'agenouille à côté du lit devant Malfoy et lève la tête. Malfoy le regarde, ses lèvres grimaçantes.

« Dis-moi ce que tu veux, » dit Harry.

« Qu'est-ce que tu veux ? » rétorque Malfoy. Il renifle, puis se glisse à nouveau sous les couvertures, et roule sur le côté.

Harry écoute la respiration de Malfoy, mais aucun d'eux ne dort pendant un très, très long moment.