Titre : Les Choses Qui Changent [15/26
Rating : NC17
Disclaimer : Rien ne m'appartient. Persos à JKR et histoire à eutychides (voir profil pour le lien vers le site de l'auteur).

Résumé : Après Poudlard, tout change.

Avertissements : Slash HP/DM, Mpreg, langage.


1.

Les mots d'Abraxas lui font toujours mal.

Draco y pense après qu'ils soient rentrés à la maison. Il y pense lorsque Potter, Viola et lui dînent chaque soir. Il y pense au début des vacances de Noël, lorsque Potter prend le train pour Londres pour aller chercher Pyrrha et Abraxas à la gare de King's Cross.

Et lorsqu'il voit son fils, il y pense encore plus.

Il prononce silencieusement ces mots. Pédés. Cela le rend triste, car il n'est pas un pédé. Il n'aime pas les choses que les pédés aiment : être efféminés, sucer des bites et se faire enculer. Lorsque la main de Potter s'attarde sur la fente de son cul, Draco arrête de respirer.

« Je suis pas un pédé, » dit-il à Potter.

Potter hoche la tête une fois.

« Je ne le suis pas ! » siffle-t-il.

Dans la douche, il réfléchit à certaines choses. Il a verrouillé la porte pour empêcher Potter de rentrer, de faire glisser la porte de verre et d'entrer derrière lui, embrassant son cou et le faisant frissonner comme il le fait parfois. Il a besoin d'être seul pour réfléchir.

L'eau coule le long de son corps ; ses cheveux sont collés à son visage. Ses muscles se détendent sous la chaleur, la vapeur rendant son corps léthargique, mais son esprit clair. Il passe le savon sur son torse, vers ses hanches et ses entrecuisses, sur son sexe. Il entoure son membre de sa main, tirant et soupirant alors qu'il se gonfle. Il essaye de ne pas penser à Potter, des mains de Potter sur son corps, de la langue de Potter entre ses jambes, le faisant trembler et gémir. Ses doigts vont plus loin, derrière ses testicules et il se demande quand sera la prochaine fois où il saignera comme une fille.

Draco sort de la douche, sentant le propre et le savon aux plantes. Il prend une serviette sur l'étagère. Elle est un peu décolorée et s'effiloche aux bouts. Il la renifle et essaye de se rappeler la dernière fois où il a changé les serviettes. Il fronce les sourcils et réfléchit, Potter n'arrive jamais à se rappeler de faire une foutue lessive.

Potter est allongé sur le lit, en pyjama au-dessus des couvertures. Il lève les yeux lorsque Draco entre, s'essuyant les cheveux. Il se redresse et tend la main pour tirer Draco et le faire asseoir sur le lit à côté de lui.

Draco tombe. Les lèvres de Potter sont une faiblesse, un poison l'infectant avec le désir d'y rester un long moment, aussi longtemps que possible. La langue de Potter se faufile dans sa bouche alors que ses mains se glissent dans les cheveux mouillés de Draco ?

« Je suis pas un pédé, » insiste le blond, s'écartant un moment.

Potter l'observe, se grattant un sourcil. « Je le sais. Est-ce que tu ne pourrais pas parler d'autre chose pour une fois ? Comme par exemple, Noël, qui est dans deux jours ? »

Draco renifle, mais il ne résiste pas lorsque Potter enlève la serviette de ses hanches et s'agenouille devant Draco, sa bouche embrassant tout en descendant jusqu'à ce que Draco ait le souffle coupé, les jambes tremblantes, et n'hésiterai pas à dire à Potter qu'il est pédé rien que pour que l'agonie continue.

2.

Noël arrive.

Père Noël passe. Des cookies sont laissés à sa disposition mais plus un seul des enfants ne croit encore au Père Noël, donc c'est Draco qui se charge de les manger joyeusement tandis que Potter emballe les derniers cadeaux. Lui et Potter vont se coucher, baisent en silence à travers les murs trop fins de la veille de Noël, puis s'endorment, se réveillent bien trop tôt le lendemain pour pouvoir réellement apprécier la journée, pas lorsqu'ils ont des enfants qui les réveillent en les secouant bien avant sept heures pour savoir s'ils peuvent descendre et ouvrir les cadeaux.

Draco va dans la cuisine pour faire du thé et met les crêpes dans le four pour les réchauffer. Il peut entendre Potter s'activer à côté, enchantant les confettis, des boules de papier en dragons. Il peut entendre Pyrrha et Abraxas murmurer frénétiquement à propos de quelque chose, et Viola qui tire la chasse d'eau.

Potter lui lance un regard étrange lorsqu'il entre dans la cuisine, s'arrêtant à l'embrasure de la porte.

« Quoi ? » dit Draco, relevant la tête.

Les yeux de Potter s'assombrissent et il dit, « C'était rien. »

Draco hausse les épaules et le four sonne. Il utilise sa baguette pour éteindre le minuteur, puis sort les gâteaux et appelle les enfants. Viola arrive la première, suivie de Pyrrha puis finalement d'Abraxas, dont le léger froncement de sourcils fait souhaiter à Draco qu'il ne soit jamais allé à Poudlard, qu'il n'ait jamais entendu ces choses, ou murmuré d'autres à Draco lui-même. Il veut prendre Abraxas dans ses bras et lui dire qu'il a tord, qu'il a raison, et le blond veut jeter des sorts à ces bâtards de l'école qu'écoute son fils.

Au lieu de ça, il s'assoit à table et dit, « Passe-moi les tartelettes, » à Potter. Ils mangent des scones, des crêpes et de la confiture, du bacon et des tartelettes froides, du jus de citrouille et des eggnogs sucrés et épais, qui tournent lentement dans la bouche de Draco comme le fait la langue de Potter. Il boit son verre lentement, savourant son goût, jouant dans sa bouche grâce à sa langue tandis qu'il regarde Potter, sans cligner les yeux, et caressant la jambe du brun avec son pied sous la table.

Les joues de Potter s'empourprent. « Passe-moi le beurre, » dit-il à Pyrrha. Draco peut pratiquement sentir le sexe de Potter se gonfler dans son bas de pyjama et ses mains le démangent de le saisir, de le malaxer et de faire que Potter le supplie, le souffle court.

Il porte les robes que Potter lui offre. Son goût s'améliore, et la coupe est jolie, surtout les manches, que Potter a du demander au tailleur de faire un peu plus longues, juste comme il les aime. Bien sûr, il ne dit pas tout cela au brun parce qu'il ne peut pas, il ne dira pas à Potter combien il les aime, la couleur bleue, la façon dont elles volent autour de ses pieds. Il ne comprend pas comment fait Potter pour porter ses pantalons à longueur de journée.

Ils jouent aux jeux de société, jusqu'en milieu d'après-midi, lorsque Granger, Weasley et leurs deux rouquins viennent leur rendre visite et apportent encore plus de cadeaux, puis Draco boude dans la cuisine parce que si un Weasley est de trop, alors trois c'est encore pire. Granger lui parle de façon civilisée, lui demandant comment ils vont, lui et ses enfants, comme si elle ne pouvait pas deviner toute seule.

Draco lui jette un regard noir, mais dit qu'il va bien et que les enfants aussi. « Et il fait beau, pour répondre à ta prochaine question débile, Granger, » dit-il d'une voix traînante.

« Es-tu obligé de toujours te comporter de cette façon ? » dit Granger, soupirant bruyamment.

« Je suis poli, » lui dit-il alors qu'il coupe le gâteau aux fruits qu'elle a apporté. Et il est poli, parce que c'est Noël, donc il boit même la Bierreaubeurre que Weasley a amené et ne parle pas de ce que ça a du lui coûter.

Lorsque tout le monde est parti, et que tous les enfants sont couchés, lui et Potter montent en silence. Potter s'est comporté bizarrement toute la soirée. Envoyant à Draco de longs regards qui ne sont pas du tout sexuels, parce que Potter a les yeux dans le vide et cligne des yeux comme un idiot. Draco se rappelle que Crabbe et Goyle avaient des fois la même expression.

Il ferme la porte et commence à déboutonner sa robe. Potter murmure « Laisse-moi faire » et ses doigts prennent la relève, bataillant avec les boutons comme un écolier.

« Quoi ? » dit brusquement Draco. « Qu'est-ce que tu as bu aujourd'hui pour te comporter comme ça ? »

Potter lève la tête, et recule. Le cœur de Draco se serre devant le regard que lui lance Potter, et le sourire tout aussi triste qui orne sa bouche. « Ça fait quatorze ans, presque, » dit Potter.

« Ok, » répond Draco. « Je sais compter. »

Potter secoue la tête. « C'est pas ça, c'est – » Il déglutit, sa pomme d'Adam montant et descendant alors qu'il s'avance et passe sa main sur l'omoplate de Draco. Ce dernier frissonne et ses paupières papillonnent. « C'est – je – je n'ai jamais dit que, que je t'aime. »

« Que tu quoi ? » siffle Draco, se reculant et levant une main entre eux.

Potter attrape cette main et l'attire sur sa taille, disant, « Que je t'aime, Draco. »

« Je – »

Potter le réduit au silence d'un baiser. Mais ce n'est pas ce que Draco veut, ce n'est pas ce qu'il veut dire. Il a envie de dire qu'il ne comprend pas, qu'il ne comprend pas pourquoi ou comment ou pourquoi maintenant, ou pourquoi Potter a l'air si sincère alors qu'il murmure le nom de Draco, embrassant sa mâchoire, son cou, ses oreilles, sa peau. Potter l'allonge sur le lit et lui enlève ses vêtements, l'embrassant encore et encore, chaque morceau, chaque cicatrice, chaque centimètre de sa peau.

Et Draco le laisse faire parce qu'il veut savoir pourquoi, pourquoi Potter a dit ces choses, mais il ne répond pas avec des mots, il répond avec ses baisers, qui s'attardent plus longtemps qu'aucun regard, sur les lèvres et le sexe de Draco, avec des baisers qui résonnent plus longtemps qu'aucun mot, aucun gémissement, avec des baisers qui le font trembler et jouir alors que Potter s'enfonce en lui, gentiment et avec précaution, ohsilentement.

« Ne t'arrête pas ! » gémit Draco, ses mains laissant des traces le long du dos de Potter, s'accrochant à la peau moite, goûtant la sueur salée sur sa langue.

« Je t'aime, » marmonne Potter, délivrant ses mots sur le côté de la bouche du blond tandis qu'il gémit, se tend et que son visage se fige pour le plus court des instants avant qu'il ne jouisse, bouillant et haletant.

« Je t'aime, » murmure Potter, alors qu'ils sont allongés, entremêles avec les draps.

« Je sais, » murmure Draco, encore plus bas, mais inexplicablement il sait que Potter l'a déjà entendu.

3.

« Je suis enceint, » dit Draco.

Potter cligne des yeux, et regarde dans le petit chaudron en laiton. « Tu – tu en es sûr ? On a pourtant fait attention, j'ai mis des capotes et les potions et – »

« Sauf cette fois-là, » dit Draco. « A Noël. Je – tu – on en a pas utilisé. Je m'en souviens. Lorsque tu as dit que… »

Potter rougit, mais garde le regard fixé sur la potion citron vert, la couleur bien reconnaissable d'un test de grossesse sorcier. « Donc… tu l'es. »

Draco ferme les yeux, silencieux.

L'une des mains de Potter vient se glisser sur la taille, passe sur son estomac, cherchant sans aucun doute un petit signe de vie. Draco peut sentir son ventre grossir, mais Potter ne semble pas pour le moment remarquer la moindre forme concave en formation.

Potter change.

Il devient plus hésitant, plus tendre. Il ne réclame pas de sexe à moins que Draco ne mette sa jambe sur ses cuisses et se frotte, chevauchant Potter et embrassant son visage, son cou. Ce n'est pas tant le sexe que la brutalité qui lui manque, la façon dont Potter le surprendrait des fois et lui murmurerait « Laisse-moi te baiser » à l'oreille, tout en faisant la cuisine, regardant la télé, et même une fois alors que Viola était à quelques mètres, faisant ses devoirs.

Potter rentre plus tôt dans l'après-midi et va chercher Viola à l'école. Il fait à manger le soir et laisse Draco se reposer dans le canapé, mangeant des chips ou des cookies, ou des fois un bol de beurre de cacahuète et des cornichons. Draco ne dit rien à cela. Il se sent bien – ce bébé n'est pas pire que Viola. Il passe certains matins la tête dans le toilette, mais c'est assez rare. Il ne se sent pas aussi ballonné ou gros, et ses chevilles ne lui font pas aussi mal, mais il fait semblant pour Potter quand même parce qu'il aime les massages des pieds que lui fait le brun.

Mi Avril, Abraxas et Pyrrha sont à la maison pour les vacances de Pâques. Draco porte toujours ses lourdes robes d'hiver, car elles sont plus larges au niveau de son ventre. Ni lui ni Potter n'ont prévenu Viola, mais Draco pense qu'elle suspecte quelque chose, surtout lorsqu'elle fronce ses sourcils et le regarde manger un bol de gelée et d'oignions avec du jus de citrouille au petit déjeuner.

« Tu trouves pas ça dégueulasse, Papa ? » demande-t-elle, laissant retomber ses Cherry-Os dans son bol de lait, éclaboussant au passage son chemisier d'uniforme.

« Pas vraiment, » dit-il.

Draco se demande à quoi ressemblera ce bébé, si il aura des cheveux noirs comme Potter et Abraxas, blonds comme lui et Pyrrha, ou roux vifs comme ceux de Viola. Il se demande si c'est un garçon ou une fille, et de quelle couleur seront ses yeux. Il a peur de ce qui arrivera si c'est un Cracmol ; ils sont trois sur quatre maintenant, mais …

On est lundi soir et ils sont en train de souper. Potter a préparé un poulet rôti avec une sauce curry, des pommes de terre et de la salade, et il a acheté un pudding comme le lui avait demandé Draco. Potter boit du vin, mais le blond est au jus de citrouille comme les enfants. Un silence est tombé sur la table, et même Viola le remarque, son regard passant de Potter à Draco alternativement, attendant.

« Votre père et moi avons quelque chose à vous dire, » annonce Draco, haussant un sourcil vers Potter pour le laisser leur dire.

« Euh… En effet, » dit Potter. Il pose sa fourchette et s'éclaircit la voix. « Nous… vous allez avoir un petit frère ou une petite sœur. »

La bouche de Pyrrha est grande ouverte, c'est alors qu'elle sourit et qu'elle dit, « Papa va avoir un bébé ? »

Draco hoche la tête. Il rougit alors que ses enfants le fixent, cherchant des yeux le bébé sous son épaisse robe. « C'est exact, » dit-il.

« Tu n'es pas trop vieux ? » demande Viola.

Abraxas ne dit rien, il se contente de cligner des yeux très lentement.

Ils mangent le pudding avec de la sauce marron au beurre tandis que Pyrrha pose des questions : pour quand est prévue la naissance, comment le bébé va s'appeler, si c'est un garçon ou une fille, si c'est pas génial d'avoir un nouveau petit frère ou petite sœur ? Viola boude un peu, jusqu'à ce que Potter lui dise que juste parce qu'elle ne sera plus la plus jeune, cela ne signifie pas qu'ils vont l'envoyer dormir dans le grenier.

« On va nettoyer la chambre restante, » dit Potter. « De toute façon, il n'y a rien d'important dedans. »

« Et tes affaires de Quidditch de l'école, » dit Draco.

Potter sourit tendrement, le regard perdu dans le vide. « Oui, ça aussi. »

Lorsque les enfants sont couchés, Potter s'assoit près de Draco dans le fauteuil et dit, « ça ne s'est pas si mal passé. »

« Non, » dit Draco, « par contre Abraxas n'a pas dit grand chose. »

« Je pense qu'il était… choqué, » dit Potter. Il mâchonne sa lèvre inférieure et passe le bras autour des épaules de Draco. « Il – à Noël je l'ai entendu dire à Pyrrha qu'il ne pensait pas que… il ne pensait pas que nous nous aimions. »

Draco se tend. « C'est pour ça que tu – »

« Je le pensais ! » insiste Potter. Il place ses mains de chaque côté de la tête de Draco, embrassant sa bouche lentement mais sûrement, jusqu'à ce que le blond ouvre la bouche et laisse Potter y glisser sa langue, goûtant, clamant, le poussant dans le fond du fauteuil. Au dessus de lui, Potter se recule. « Je t'aime, » dit le brun, « et je pense qu'il vient de réaliser que nous nous aimions. »

« Je n'ai jamais dit que je t'aimais, » dit Draco d'une voix traînante, souriant narquoisement vers Potter.

« Tu n'as pas à le dire, » dit le brun, rendant au blond son sourire lorsque celui-ci ne le contredit pas.

4.

L'été arrive, et Draco a l'impression d'être une baleine. Ou comme ce garde-chasse lourdaud de l'école, se déplaçant lentement, trouvant l'idée de boire assez intéressante pour pouvoir enfin oublier combien ridicule et hideux il se sent.

Pyrrha est excitée, plus que Draco. Elle le regarde, et son ventre, vérifiant sans arrêt si le bébé donne des coups, pour pouvoir le sentir aussi. Abraxas et Viola aiment mettre leurs mains sur son ventre, et si on y ajoute les mains de Potter se baladant partout sur lui, Draco se demande si tout ceci ne serait que son unique raison d'être, de rester assis là et de les laisser toucher son ventre. Il veut grimacer, leur dire d'aller se faire voir, mais il ne le fait pas, parce que c'est agréable de pouvoir toucher ses enfants de cette façon. Cela lui manque presque de les tenir dans les bras lorsqu'ils étaient nouveaux-nés, de les câliner lorsqu'ils étaient tout-petits, et les embrassades lorsqu'ils étaient enfant.

Son aînée, n'est maintenant plus une enfant. L'été dernier, elle lui demandait timidement s'il saignait tous les mois, et malgré les rougissements et les bégayements il a réussi à comprendre que Potter devrai aller à la pharmacie et lui acheter ses propres produits. Et maintenant, elle se balade dans la maison, grande et régale comme sa mère, blonde et magnifique, mais avec les traits plus doux, et un menton comme celui de Potter, légèrement chevalin, peut-être un peu moldu.

Il se rappelle la nourrissant, la tenant sur son épaule. Elle a maintenant des formes de femme, un cul et des seins qui sont soulignés par ses robes sur mesure. Elle porte principalement des shorts dans la maison. Cela ne dérange pas trop Draco, car ils n'y a pas de garçons – moldus ou non – venant la chercher.

Et Abraxas, sa voix a commencé à muer, il est renfermé, lunatique et traîne des pieds dans la maison, mangeant et râlant comme un dragon, et très gauche aussi, parce que ses pieds sont trop grands et ses mains trop petites et il est grand, mais dégingandé comme Potter lorsqu'il était à l'école. Abraxas ressemble tellement à Potter, avec ses lunettes, ses cheveux noirs et ses traits plus doux que ceux de Draco, mais son menton et ses yeux sont entièrement Malfoy. Et ses regards noirs aussi.

Viola est encore une enfant. Ce dont est reconnaissant Draco, mais elle ne s'intéresse pas vraiment à lui, elle préfère faire du vélo et jouer dans le parc avec ses amis moldus jusqu'à la tombée de la nuit.

Le bébé est prévu pour Septembre. Draco n'a jamais eu aussi chaud qu'en ce moment – les trois autres sont nés en hiver, lorsqu'il n'était pas déplacé de porter d'épaisses robes de fourrure. Maintenant, il sue, son dos lui fait mal, ses chevilles et doigts sont gonflés et il n'arrive pas à dormir la nuit parce que, premièrement il n'arrive jamais à trouver une position confortable, et deuxièmement, il s'essouffle à se tourner et à se retourner alors que les draps collent et qu'il a l'impression de cuir.

« C'est entièrement de ta faute ! » dit-il sèchement à Potter.

Potter lui amène sa limonade et jus de citrouille glacé, mélangés comme en a parfois envie Draco. Il fronce les sourcils et masse la nuque de Draco. « Ah bon ? » murmure-t-il.

Draco ferme les yeux et soupire, gémissant doucement à la façon dont les doigts de Potter peuvent détendre les muscles les plus tendus. « Oui, » marmonne-t-il.

Un matin de début Août, Potter part travailler. Il secoue Draco avant de partir et dire « Au revoir. »

Draco grogne et se retourne. Il reste dans cet état de semi conscience, rêvant qu'il nage dans le Lac Noir de Poudlard, que Potter l'observe de la rive alors qu'il s'éloigne en nageant, l'eau coulant entre ses orteils, et le poulpe lui chatouillant le derrière et les cuisses.

C'est à ce moment-là qu'il sent le sang.

Et qu'il se réveille.

Il s'assoit, mais une violente douleur à la base de sa colonne vertébrale le fait crier. L'odeur du sang est partout, comme si un loup-garou était entré dans la maison et –

Les yeux de Draco s'écarquillent. Ses mains tâtent frénétiquement son ventre arrondi. Toujours là, pense-t-il, lorsqu'il réalise qu'il y a du sang entre ses jambes. C'est le sang qu'il sentait. Il attrape sa baguette sur sa table de chevet et la pièce assombrie par les rideaux fermés s'illumine d'un Lumos.

Il est étendu dans une mare de sang. Assez frais pour être encore liquide, mais assez vieux pour coller.

« Oh mon Dieu, » marmonne-t-il, essayant de sortir du lit. « Oh mon Dieu. Oh mon Dieu. »

Il trébuche dans le couloir, sachant qu'il laisse derrière lui des traces de pas ensanglantées car il peut sentir le sang couler le long de ses jambes, à travers son fin pyjama. Il appelle Pyrrha, Abraxas, Viola, mais aucun d'eux ne répond, aucun d'eux ne vient. « Merde, » gémit-il, « le parc – ce putain de parc ! »

Car il sait qu'ils sont partis au parc. Ils font ça souvent le matin, lorsque Draco est habituellement éveillé, prenant son petit-déjeuner. Mais maintenant, alors qu'il a besoin d'eux, ils ne sont pas là et il ne sait même pas s'ils vont rentrer déjeuner. Il ne sait pas quelle heure il est et il s'en fout car une nouvelle contraction envahit son corps.

Draco griffe la porte si fort, qu'il en laisse des traces. Il peut sentir la magie pulser autour de son corps, les décharges d'énergie, les siennes et d'autres.

Il descend les escaliers en dandinant, son souffle court et rapide alors qu'il réalise que quelque chose cloche vraiment, mais alors vraiment et qu'il est seul, vraiment seul. Le bébé ne devrait pas arriver avant au moins un mois.

« Ce n'est pas possible, » murmure-t-il.

Draco réussit à rassembler assez de force pour jeter une poignée de poudre de Cheminette dans la cheminée, à mettre sa tête dans la file du Ministère et à crier pour Harry Potter.

« Est-ce que c'est important ? » demande une voix de l'autre côté de la ligne.

Mais Draco ne peut répondre. Il tombe hors de la cheminée, où il se roule en boule autour de la douleur. Il ferme les yeux et se demande si cela le tuera. Ou le bébé.

« Malfoy ? »

Il peut entendre la voix de Potter dans son esprit. Il peut voir Potter devant lui si il se concentre suffisamment. La magie fait de telles choses. Mais ce que la magie ne peut pas faire c'est l'aider à se remettre sur ses pieds et le relever suffisamment pour remonter les escaliers menant à sa chambre.

« Potter ? »

Potter sourit, mais ses sourcils sont froncés. « Je suis venu – je – dès que la sorcière du secrétariat a signalé qu'un sorcier bizarre m'avait passé un coup de cheminette, je savais - oh, mon Dieu, Draco que s'est-il passé ? »

« Je ne sais pas, » marmonne-t-il.

La douleur envahit à nouveau son corps, et Draco manque de perdre connaissance. Il se rappelle Potter l'allongeant sur le lit et disparaître, et cette Brown avec sa sacoche de médicomage arriver peu après. Il se rappelle de l'odeur métallique du sang, et des cris, forts, perçants et semblants pas familiers, pourtant sa gorge est sèche et écorchée, et il se demande si ce n'était pas les siens.

Il se souvient d'avoir flotter au dessus de son corps, regardant le pourpre tachant les draps et le visage blanc de Potter, contrastant visiblement avec ses cheveux noirs.

Tout est très confus, le temps qui passe, brouillé et lent. Il se rappelle un jaillissement et une exclamation, puis voir quelque chose être placé dans ses bras, vivant, rouge, gigotant et criant encore plus fort que lui.

« Tu peux choisir le nom, » dit-il. Draco se rappelle de ça, car il a du forcé les mots hors de sa bouche, la langue pâteuse et collée à son palais.

« James, » dit Potter.

Et il ne se rappelle de rien d'autre.