Titre : Les Choses Qui Changent [17/26
Rating : NC17
Disclaimer : Rien ne m'appartient. Persos à JKR et histoire à eutychides (voir profil pour le lien vers le site de l'auteur).
Résumé : Après Poudlard, tout change.
Avertissements : Slash HP/DM, Mpreg, langage.
1.
Il demande à Potter quel jour on est et il ne sait pas quoi dire lorsque le brun lui répond qu'on est le 16 Août. Il a été malade si longtemps – pendant presque deux ans – que le passage du temps ne semble pas réel, jusqu'à ce qu'il sorte du lit, deux jours plus tard, et entre dans la douche, sans aide.
Ses jambes tremblent. Draco baisse les yeux pour les regarder. Elles sont maigres, pales, atrophiées et il peut à peine les reconnaître, si ce n'est grâce au grain de beauté sur son genou droit. L'eau coule à ses pieds, grise et fraîche alors qu'elle disparaît dans le siphon.
Certaines choses ne s'oublient pas, comme le sort de rasage que lui a appris son père, des années auparavant. Mais son visage est tiré et décharné, et il a plus de rides au coin de l'œil que nécessaire. Dans le miroir, son visage est fade, et son reflet grimace et lui dit d'une voix traînante, « Va manger quelque chose, veux-tu ? »
L'odeur de nourriture envahit les couloirs, arrivant jusqu'à l'étage. « Depuis quand est-ce que Potter cuisine ? » marmonne-t-il. La moquette semble bizarre sous ses pieds nus, et les robes flottent autour de ses jambes, trop – tellement différentes des draps et pyjamas auquel il s'est habitué.
Sous ses pas, les escaliers craquent. Dans le séjour, un visage se relève pour le regarder, derrière la télé, et dit, « Papa ? »
Il faut un moment à Draco pour reconnaître Viola. Oui, il l'a vue régulièrement durant son alitement, mais jamais entièrement conscient ou alerte. Ses yeux étaient embrumés à cause des crampes et de la douleur dans son ventre, de fièvre ou de sommeil. Il faillit ne pas la reconnaître, cette préado dégingandée, habillée d'un tee-shirt vert qui est un peu trop serré sur une poitrine naissante.
Il s'arrête de marcher brusquement lorsqu'il voit deux grands yeux le fixer à côté de Viola.
« James, » murmure-t-il, alors que le petit le fixe avec ses grands yeux, sombres et aussi profonds que le lac de Poudlard. Il ne ressemble pas à Potter. Il ne ressemble pas non plus à Draco, avec ses cheveux châtains et ses traits ronds et doux qui lui font ressembler plus à un Londubat qu'à un Malfoy.
Viola se retourne vers lui et dit, « Tout va bien. C'est Papa, » mais James ne s'approche pas, se reculant légèrement lorsque Draco avance. Sa poitrine se serre, il lui est de plus en plus difficile de respirer car ce n'est pas comme cela que ça aurait du se passer. Ses enfants sont supposés courir vers lui les bras ouverts, heureux qu'il aille mieux, qu'il se déplace à nouveau, qu'il veuille retrouver une vie normale.
Une casserole résonne dans la cuisine, et la porte du four claque.
« Mais qu'est-ce que tu fous ? » crie une voix, avant qu'une porte reclaque, provoquant un cri de douleur.
Draco se précipite dans la cuisine pour y trouver Abraxas, aussi grand que lui, grimaçant à un elfe de maison. L'elfe de maison tient dans ses mains un plat à cake et ce qui ressemble à un couvre théière.
« Père ? » murmure Abraxas. « Je ne pensais pas – »
« Pas grave, » dit Draco, sa voix se cassant, « ce que m'a donné Potter a marché. »
« La potion de Rogue, » dit Abraxas. Ses yeux quittent Draco et s'assombrissent pour aller se fixer sur l'elfe de maison qui dépose le plat à cake pour qu'il refroidisse. Il tire une chaise et s'y assis à l'envers, ses longs bras entourant le dossier et secouant la tête. « Ça a marché. »
« Alors comme ça Potter a fait faire une potion à Rogue ? »
« Ouais, » dit Abraxas, mais sa voix est vide et encore plus distante que son visage.
Draco ouvre la bouche pour ajouter quelque chose, mais il est mal à l'aise. Il soupire et s'assit près d'Abraxas, ses genoux craquants de n'avoir pas été utilisé depuis longtemps. « C'est nouveau ça, » dit-il, ses lèvres formant un sourire vers l'elfe de maison, qui semble ignorer complètement Draco alors qu'il fait couler l'eau du robinet et frotte furieusement un bol sale dans l'évier.
« Pas vraiment, » dit Abraxas, « ça fait longtemps que Dobby est là maintenant. » Il n'en dit pas plus, mais fronce les sourcils, jetant un coup d'œil à Draco avant de se lever et de partir.
Décidément, Draco se sent mal à l'aise. Il grimace, ne sachant pas s'il doit suivre Abraxas et dire quelque chose ou pas. Il a l'impression de ne plus connaître ce garçon étrange – pratiquement adulte maintenant. Cela fait si longtemps.
Il sort dans le jardin par la porte de derrière. Ça fait longtemps aussi qu'il n'est pas venu ici, même s'il a de vagues souvenirs de Potter l'aidant à sortir pour s'asseoir, enroulé dans une couverture. Il se rappelle des tournesols, lumineux et jaunes, un champ de soleil touchant les barrières.
Cela devait être l'été dernier, mais pour Draco, cela aurait bien pu être hier.
A moins que Potter ai commencé à jardiner, l'elfe de maison a planté des parterres de pétunias, de gentianes, de tournesols et de marguerites, qui recouvrent l'herbe. Au milieu du jardin, il y a un petit arbre chargé de crabapples, et pas très loin un buisson des douces roses de couleur rose.
Ce jardin n'est rien en comparaison aux jardins du Manoir Malfoy, mais à sa façon, simple et plébéienne, il est approprié pour la maison de Potter.
Draco surprend un mouvement sous l'arbre alors qu'il descend les marches du porche. La chevelure blonde lui dit que c'est sa fille aînée, mais lorsqu'elle tourne la tête pour voir qui est là, il dit « Maman ? » à la place.
Car à ce moment elle est sa mère, entourée de magnifiques bourgeons sur le point d'éclore, sentant l'herbe fraîche, la lavande, et la maison. Et son petit sourire est celui de sa mère, celui qu'elle réservait juste pour lui et son père. Pour sa famille.
« Papa ? » demande-t-elle, ses traits souriants.
L'image part aussi vite qu'elle est venue, et elle est remplacée par Pyrrha, qui ressemble à sa mère, mais qui a les yeux et le menton de Potter, et un air plus rond, plus doux. Elle n'est pas une aristocrate Black.
« Papa a dit que tu allais mieux, mais… » elle sourit à nouveau, « Je suis contente que tu ailles mieux. Tu vas mieux, n'est-ce pas ? »
« Vaudrait mieux pour moi, » dit Draco malgré la boule qui se forme dans sa gorge. Il déglutit, restant debout car il ne veut pas s'asseoir près d'elle. Il n'a jamais vraiment aimé la saleté, ou s'asseoir par terre, ou se promener dehors. Il remarque quelque chose dans ses mains et demande ce que c'est.
« Oh, ça ? » elle rit, et le cache derrière son dos, les pages du magasine volant. « C'est rien – il y a une rumeur comme quoi il y aurait un bal de Fin d'Année cette année, et – »
« Ce n'est pas vrai. »
Ils se retournent tous les deux pour voir Potter marcher vers eux. « Ce n'est pas vrai, » répète-t-il. « Un des Aurors de ma division est conseiller scolaire. Pas cette année, mais peut-être l'année prochaine. »
Pyrrha soupire et s'allonge dans l'herbe, sur le dos. « Donc pas de robes de soirée cette année. »
« Elle n'a pas de robe de soirée ? » demande Draco à Potter. « Je pensais qu'elle avait la verte… »
Potter hausse les épaules. « Elle est trop petite depuis l'année dernière. »
Draco reste silencieux alors qu'il retourne dans la maison. A la porte, Potter saisit son bras, serrant doucement ses doigts autour de son peau de son avant-bras. « Draco – tu sais que tu m'as beaucoup manqué – »
« Beaucoup ? » il se moque. « Mon Dieu, j'ai l'impression – » de ne plus connaître ces enfants « peu importe, Potter, » dit-il, retroussant les lèvres et bougeant son bras, mais les doigts de Potter se resserrent et le tire un peu plus vers lui.
« Les choses vont redevenir normales, » dit Potter. « Si tu peux aller mieux, les choses iront mieux. »
Draco ne dit pas à Potter que c'est sa façon de penser Gryffondorienne. Au lieu de ça, il grogne et marmonne quelque chose comme quoi il est fatigué et laisse sa famille faire ce qu'ils font normalement, sans sa présence pour les embêter.
2.
Même Potter est distant.
Draco lui en veut d'être aussi à l'aise avec leurs enfants, il en veut aux enfants de ne pas savoir comment se comporter avec lui, même lorsqu'il ne passe plus de temps alité mais principalement en bas. Il ne sait pas quoi faire. L'elfe de maison s'occupe de la cuisine et garde la maison propre, et Draco ne sort jamais.
« Ne peux-tu pas te débarrasser de cet elfe de maison ? » se plaint-il à Potter.
Potter ne semble pas l'écouter. Il grogne et tourne une nouvelle page du magasine de Quidditch qu'il est en train de lire. « Dobby ne veut pas partir. »
« Dobby ? » demande sèchement Draco. Le nom lui semble familier, mais il ne peut se souvenir de l'elfe. Pas qu'il s'en soucie.
Il devient dingue, encore plus lorsque Pyrrha, Abraxas et Viola partent pour Poudlard. James a à peine deux ans – pas assez vieux pour aller à l'école. Il observe Draco avec une sorte de peur émerveillée, et s'éloigne timidement dès que Draco s'approche.
Potter travaillant, James et Draco sont seuls à la maison, avec l'elfe de maison, invisible, faisant la lessive habillé d'un cache-théière et de chaussettes sur ses grandes oreilles. Draco aimerait savoir où est la réserve de cache-théière de l'elfe est, car il veut Incendier le tout. Ils lui font mal aux yeux, les motifs et les couleurs horribles.
« Alors, qu'est-ce que vous avez fait aujourd'hui, toi et James ? » demande Potter, chaque foutu soir lors du dîner.
Draco lance un regard noir à l'elfe de maison alors qu'il sert du ragoût de poulet aux quenelles. « Attention à mes genoux ! » dit-il sèchement, alors que le plat tremble dans les mains de la créature.
« Malfoy ! » réplique sèchement Potter. « Il est vieux ! »
L'elfe de maison émet un drôle de sanglot alors qu'il s'incline. Potter dit, « Ne t'inquiète pas, Dobby, » alors qu'il prend le plat et cuillère des mains de l'elfe, qui se précipite dans une autre pièce de la maison.
« Je n'aime pas cette chose, » dit Draco.
« Et bien je l'ai embauché lorsque tu étais malade, » dit Potter.
James les fixe tous les deux, de ses yeux bleus silencieux. Draco veut savoir d'où viennent ses yeux car ni les siens ni ceux de Potter ne sont bleus, et il se demande des fois si ce garçon qui ne lui dit jamais un mot est vraiment son fils, ou un Veela des contes de fées de son enfance qui aurait pris sa place.
A moins que ce ne soit vraiment pas un conte de fées.
« On n'embauche pas des elfes de maison ! » réplique Draco d'une voix traînante. Il joue avec la nourriture de son assiette et sourit méchamment en direction de la porte.
Potter l'ignore et ils passent le reste de la soirée en silence, regardant cette rude boîte parlante qui est affreuse mais qui rend horriblement dépendant. Lorsque le match moldu que Potter appelle « football » finit (avec l'équipe que ne supportait pas Potter gagnant, au plus grand amusement de Draco) il presse un bouton sur la boîte magique et la télé s'éteint.
« Je vais me coucher, » annonce Potter.
Draco plisse les yeux, mais le suit.
Il ne se rappelle pas de la dernière fois où ils se sont touchés. Il se rappelle avoir des fois senti, quand il était malade des mains, dans ses cheveux, des lèvres sur son sourcil, il se rappelle Potter murmurant des choses à son oreille et le son de soupirs tristes, mais il ne se rappelle pas la façon dont Potter l'a embrassé la dernière fois.
Il veut que Potter le touche à nouveau, mais il est en colère et en veut au passage du temps qui fait que les cheveux de Potter, des fois, semblent contenir quelques cheveux gris. Il ressent la façon qu'à Potter de fixer les photos sur la commode, non seulement les photos moldues immobiles de leurs enfants, mais aussi celles mobiles de ses amis, vieilles et fades, jaunies sur les bords, de Granger et de Weasley, et de cette Luna aux yeux globuleux, mais principalement de la fille Weasley.
« As-tu couché avec elle ? » demande-t-il, une fois que la porte est close.
« Quoi ? » Potter tourna rapidement la tête vers lui. « De quoi tu parles ? »
« Lorsque j'étais malade – l'as-tu fais ? »
Potter secoue la tête et fixe le plafond. « « Bon Dieu, où veux-tu en venir ? »
« Et bien, tu n'as pas pu passer presque deux putain d'année sans remuer ton propre chaudron, » répond Draco, d'une voix traînante. Il veut avoir l'air nonchalant, mais il peut entendre sa voix monter sous la colère, la suspicion et l'inquiétude aussi. Il serre la mâchoire et s'assoit au bord du lit, le matelas s'affaissant sous son poids.
« N'as-tu donc vraiment aucune confiance en moi ? » dit Potter, la voix basse. Il enlève ses chaussettes et déboutonne ses robes, les envoyant valser dans la pièce où elles atterrissent sur le sol.
« Tu as dit que ça faisait deux ans, » dit Draco, à travers ses dents serrées.
« Ca a fait deux ans, » répond Potter également à travers ses dents serrées. Il avance sur le lit à quatre pattes et attrape les mains de Draco, le poussant sur le dos et maintenant ses mains au dessus de sa tête. « Deux putain d'années à penser que j'allais me réveiller à côté de ton corps froid et mort chaque matin, Malfoy. Crois-moi, je m'en foutais pas mal de savoir si je couchais avec quelqu'un d'autre que ma main droite. »
Draco cligne des yeux.
Oh.
Les yeux de Potter jettent des éclairs tels un Avada Kedavra dans la lumière tamisée, avant qu'il ne se détourne et relâche les mains de Draco. Ce dernier se frotte les poignets et se redresse assis contre les oreillers, fronçant les sourcils devant les marques rouges, sombres comme des coups et aussi douloureuses.
Hésitant, il tend la main pour toucher l'épaule de Potter, essayant de dire quelque chose, mais ses mots se perdent et il les ravale. Potter se dégage de sa main.
« Lorsque tu auras fini d'être un connard fini, alors peut-être qu'on baisera, » marmonne Potter. « En attendant… »
Draco attend qu'il finisse, mais Potter ne dit rien de plus alors qu'il roule sur le côté, dos au blond.
3.
Premièrement, il admet que Potter lui manque.
Il se réveille le matin et écoute Potter se doucher tous les jours avant qu'il ne parte pour le Ministère. Draco se demande à quel moment le brun à commencer à y aller par cheminette, autant qu'il y va en voiture ou en métro. Il regarde les lumières dansantes sous la porte de la porte de salle de bain alors que Potter s'active, se rasant, se douchant et se brossant les dents.
Il ferme les yeux dès que la poignée se tourne et que Potter revient dans la chambre pour mettre ses robes, ou des fois un pantalon et une chemise. Il attend que Potter dise au revoir, chaque jour il attend, mais le brun ferme simplement la porte derrière lui et à la place déjeune au rez-de-chaussée.
Draco voudrait avoir le courage de lui dire à Potter qu'il lui manque, mais n'y arrive pas. Ils vivent dans la même maison et dorment dans le même lit, mais il ressent plus que jamais la distance.
Deuxièmement, il admet qu'il veut Potter.
Ce n'est pas aussi dur et cela vient naturellement, surtout lorsque Draco s'enferme dans la salle de bain au beau milieu de l'après-midi, donnant des coups de hanche dans son poing, reposant le front contre le mur alors qu'il jouit dans un grognement.
Cela peut se déclencher facilement, il peut se réveiller et rouler sur l'oreiller de Potter, sentant la vague odeur de son eau de Cologne, de savon et de sueur, la senteur du brun réveillant son sexe.
Il peut être en train de jeter un regard noir à l'elfe de maison, qui partirait marmonner dans une autre pièce quelque chose sur Potter, son « Maître Harry Potter » et Draco fermerait les yeux, imaginant le visage de Potter aussi clairement et nettement dans son esprit qu'en réalité, mais des fois brouillé et comme dans un rêve. Le Potter qui avait l'habitude de le toucher, qui avait l'habitude de le baiser, de lécher son ventre et des fois de le sucer, celui-là vacille et se brouille sur les bords, et Draco est de plus en plus désespéré d'essayer de se le rappeler un peu plus chaque jour.
Troisièmement, il admet que Potter ne sait pas comment agir avec lui.
Ca c'est difficile. Draco veut que les choses redeviennent comme avant James, avant qu'il ne soit malade, mais c'est impossible. Il n'a pas de Retourneur-de-Temps et lorsqu'il envoie un hibou pour en commander un dans une boutique du Chemin de Traverse, une courte réponse lui revient expliquant que le Ministère ne fournit plus de Retourneur-de-Temps.
Draco tourne en rond dans la maison et ne donne pas à la chouette la récompense qu'il a dans sa poche. La chouette le pince sèchement au doigt, avant de s'envoler immédiatement, et James le regarde avec de grands yeux solennels et stoïques, s'arrêtant de colorier l'image sur laquelle il était penché.
« Pourquoi est-ce que tu me hais ? » demande-t-il, s'affalant dans le canapé, pas très loin de son fils.
James ne répond et part se réfugier dans la cuisine. Au déjeuner, Draco le trouve sous la table, l'elfe de maison assit à côté de lui avec un plateau de sandwiches et du jus de citrouille.
Il déteste la façon qu'à Potter de l'ignorer quand il est à la maison. Des fois le soir, Draco essaye de lui bloquer le passage devant une porte, de s'attarder à un endroit où Potter devra passer. Ils dansent l'un autour de l'autre, jusqu'à ce que Potter passe rapidement prenant Draco de vitesse. Potter marmonne, « Désolé, » une excuse plate qu'il donnerait à n'importe qui, n'importe quand.
La frustration créée par cette situation rend Draco complètement dingue. Il donne à ses cheveux cent coups de peigne. Il s'asperge d'une demi-bouteille de sérum suave de l'apothicaire d'Adler, dans le cou, sur ses poignets, et également son nombril. Il arrête d'insulter l'elfe de maison lorsque Potter est présent, mais le brun ne lui offre rien de plus qu'un rapide regarde vitreux.
Draco est un fantôme dans sa propre maison.
Et ça commence vraiment à le fatiguer.
4.
Les arbres sont nus et tremblotants, glacés et frigides par la pluie froide de la fin de l'automne lorsque, un matin, Draco demande à James où Potter range les plumes et parchemins.
Draco s'attend à ce que son fils le fixe d'un regard vide, mais il est agréablement surpris lorsque le garçon fronce les sourcils et réfléchit un instant, avant de fixer Draco de ce regard vide attendu.
Finalement, le blond arrache un morceau de papier d'un vieil album de coloriage de James et écrit au crayon, Tu me manques.
Il l'enfouit dans la poche de l'épaisse cape de laine de Potter, celle qu'il a oublié de mettre ce matin avant de partir au Ministère, mais une qu'il met de temps en temps en ce moment. Plus tard, il se sent bête et ses joues rougissent lorsqu'il repense à la stupidité du message et lorsque Potter rentre ce soir-là, il contemple un moment la possibilité de retourner dans l'entrée en cachette et de reprendre le mot, de le déchirer en petits morceaux avant d'y mettre le feu, mais il se retient.
Le lendemain, Potter met son épaisse cape de laine. Et lorsqu'ils dînent ce soir là, il fronce les sourcils comme James alors que Draco lui passe les carottes, réprimant le tremblement de ses mains sur le plat de verre.
« Est-ce que tu… ? » commence à dire Potter ce soir là alors qu'il se déshabille. Draco se fige, son ventre se nouant, mais le brun se contente de secouer la tête et ne dit rien de plus.
Draco se lève tôt, avant l'aube, bien avant James ou Potter et arrache une autre page de l'album de coloriage de James, écrivant sur une tête de lion Je te veux au crayon violet. Il le plie précautionneusement en quatre et le glisse dans la poche intérieure de la cape de Potter, s'assurant que le mot ne soit pas visible.
Toute la journée, son estomac est noué à la pensée de ses mots. Il veut le reprendre. Il ne supplie pas, sa famille n'a jamais supplié, il déteste ce sentiment d'anxiété qui grandit à l'intérieur de lui, car il veut savoir ce que pense Potter et il veut savoir, savoir parce qu'il y aussi de l'espoir, l'espoir que des papillons assiègent l'estomac de Potter, comme ils le font avec celui de Draco, et peut-être rougira-t-il et souhaitera rentrer à la maison et baiser Draco jusqu'à ce que les voisins l'entendent.
Au lieu de ça, Potter lui lance de longs regards perplexes durant le dîner, et après avoir mit James au lit et lui avoir lu une histoire, il demande, « Est-ce que tu… me laisses des mots ? » Il se gratte le crâne et attend que Draco réponde.
Le blond déglutit et essaye de réprimer le rougissement qui menace d'apparaître sur son visage, « Pourquoi est-ce que je ferais ça ? » répond-il d'une voix traînante alors qu'intérieurement il crie Oui, espèce d'idiot ! Qui d'autre à ton avis ?
Potter ne le jette pas sur le lit. Il roule de son côté comme il le fait chaque soir et laisse Draco allongé là, fixant le plafond, les épaules de Potter, ses cheveux noirs, excité et ne demandant qu'à jouir, jusqu'à qu'il n'y tienne plus.
Il va dans la salle de bains, verrouille la porte à l'aide d'un enchantement et se masturbe au dessus des toilettes, gémissement suffisamment fort pour que Potter l'entende. Lorsqu'il entend le matelas grincer sous le poids de Potter, il éteint la lumière et rampe sous les couvertures, de côté froid et solitaire.
Draco ne sait pas si Potter ne comprend pas, ou s'il s'en fiche.
Le lendemain matin, après que l'elfe de maison ait nettoyé la table du bol de James rempli de Cherry-Os détrempés, le blond grimpe au grenier. L'endroit est un amoncellement de boîtes et de piles de papier, et là, dans un coin, parmi un tas de chiures d'oiseaux, se tient sur sa perche la chouette blanche de Potter, endormie.
Il attache le parchemin à sa patte, et la gratouille derrière l'oreille. « Sois un gentil oiseau et va porter ça à Potter, » dit-il, avant d'ouvrir la fenêtre et de jeter l'oiseau. Pendant un moment, le blond se demande si le volatile est suffisamment bête ou vieux pour s'éclater par terre, mais ses ailes se déplient juste avant et elle s'envole au dessus des rangées de maisons.
Draco refuse d'y penser, sauf lorsqu'ils dînent, et Potter joue avec ses flageolets au lieu de les manger, comme James, donnant au blond envie de vomir.
Il est allongé sur le lit, se concentrant sur sa respiration. La porte s'ouvre puis se referme, et Potter marmonne, « Nox ! » les lumières s'éteignent, laissant place à l'obscurité. Draco ferme les yeux.
Potter s'installe dans le lit, le matelas s'affaissant sous son poids et faisant rouler Draco vers lui. Son souffle est chaud à l'oreille du blond lorsqu'il dit, « J'ai bandé toute la journée depuis que j'ai reçu ta Murmurante. »
Draco ouvre les yeux pour dire quelque chose, mais la bouche de Potter se pose sur la sienne et l'embrasse sauvagement, suffisamment brutal et profond pour que Draco ouvre de la bouche de surprise, et que la langue de Potter s'y introduise, le clamant de caresses, allusions de ce qu'il veut qu'il arrive, et très vite.
Il gémit de façon pathétique lorsque Potter immobilise ses poignets de chaque côté de sa tête et lui grimpe dessus. Le sexe du brun est dur contre son ventre, et même les épaisseurs de tissu entre eux ne peuvent le cacher. Il se frotte contre la cuisse de Draco, alors que le blond fait de même, le souffle rendu court par cette douce souffrance.
« Je – Bon Dieu, Potter, » il gémit lorsque la langue de Potter lèche son cou, tourbillonnant sur sa peau alors que ses mains bataillent avec la robe du blond, les relevant, les déboutonnant, secouant et déchirant le tissu de son corps.
« Est-ce que tu es nu comme tu l'as dit ? » dit Potter, serrant les dents et gémissant lorsque les mains de Draco cherchent fébrilement dans les robes du brun son sexe, agrippant et tirant, essayant de tirer Potter vers lui, toujours plus près, alors qu'il entoure de ses jambes la taille du brun, et arche son dos, désespérant d'être possédé.
« Oui, » insiste-t-il entre deux baisers, le souffle coupé lorsque les doigts de Potter se faufilent entre leurs torses, entre ses jambes, saisissant son sexe, ses testicules, les doigts descendant encore plus bas.
« Tu es mouillé, Draco, » dit-il. Les cheveux de Potter tombent sur son visage alors qu'il embrasse Draco, leurs corps collés l'un à l'autre, comme si rien n'a été oublié durant tout ce temps. Excitation, désir, besoin montent à l'intérieur de Draco, le faisant trembler, engourdissant son sexe, son tout. Il lève les hanches, et hoquète, repoussant les oreilles et les draps, s'accrochant au dos de Potter alors que le brun le pénètre, hoquetant, soupirant et gémissant son nom, un brouillard blanc entre deux baisers profonds, des poussées, des griffures, des cuisses tremblantes, des noms gémis, et soudain Draco serre, frissonne, tombant vers Potter alors Potter tombe en lui, dur et chaud et le prenant suffisamment fort pour le matelas tremble sous leurs poids et que Draco se laisse
simplement
aller.
« Je t'aime, » dit-il, lorsque tout est fini.
Au dessus de lui, Potter le fixe avec de grands yeux myopes, brillants dans l'obscurité. « Si tu étais mort, » répond-il, déposant sur les joues de Draco, ses sourcils, son menton, ses paupières papillonnantes, des baisers aussi doux et légers qu'une plume caressant sa peau. « Si tu étais mort, je t'aurais suivi. »
Draco enfonce encore plus profondément ses doigts dans la peau de Potter, s'accrochant et refusant de lâcher prise.
