Jingle : Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "clavier" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
Disclaimer : Jonathan Stroud est l'auteur de ce fabuleux livre que j'ai découvert récemment, Lockwood et Co (T.1). Je lui emprunte ses personnages pour un temps.
Chapitre 4 : Sonate au clair de lune
« Venez m'aider ! »
En moins d'une seconde, Lucy et Lockwood se retrouvèrent rapière au point à caracoler dans les escaliers pour rejoindre George. En rentrant dans le manoir, Lucy avait appelé leur associé qui leur avait répondu par ce SOS. Le Spectre avait pour sûr eu le temps de se reformer. Ils arrivèrent sur le palier du deuxième étage où ils trouvèrent George de dos, sans aucun Visiteur autour.
« Où est-elle ?, lui demanda avec empressement Lockwood en se rapprochant.
- Où est qui ? Lauren ?
- Pas nécessairement elle, mais le Spectre, reprit Lucy avec un ton d'urgence.
- Je ne sais pas, je ne l'ai pas revue. En même temps je suis resté dans les étages. Elle doit être quelque part en bas. Et pour sûr, c'est Lauren Gilligan. »
Lucy et Lockwood abaissèrent leurs rapières, stupéfaits.
« Mais tu ne viens pas de nous appeler à l'aide ?
- Si, Lucy, pour que vous m'aidiez à transporter ce clavecin jusqu'en bas. Il n'est pas très encombrant, mais il pèse son poids. »
L'adolescente ne remarqua qu'à ce moment-là l'instrument posé près de George. Il s'agissait d'un petit clavecin, à taille d'enfant, et très décoré. Il devait s'agir plus d'une pièce de collection que d'un instrument de musique, du moins pour des adultes. Lucy le trouvait à peine à sa taille.
« Pourquoi, tu veux le descendre ?, demanda Lockwood en allant cependant prêter main forte à son colocataire.
- Je vais vous expliquer, mais il faut d'abord que je vous parle de Lauren et de Mary-Rose Gilligan. »
Ils reprirent leur chemin, Lucy ouvrant la voie pour vérifier que le Spectre ne les dérangerait pas.
« Mary-Rose, c'était son bébé ?, demanda-t-elle. Tu avais trouvé son nom aux Archives ?
- C'est bien elle, mais je ne le sais que depuis une demi-heure. Elle n'avait pas été baptisée, du coup son nom n'est pas officiel.
- C'est bien ce qu'on pensait, expliqua Lockwood. Son nom n'était pas gravé sur l'épitaphe de Lauren.
- A ce propos, content de vous voir en vie et je ne demanderai pas ce qu'est ce truc argenté sur vos visages. Mais je crains que vous n'ayez fait tout ça pour rien, j'ai trouvé toutes les infos dont nous avions besoin ici. »
Lockwood manqua de louper une marche et de faire basculer le clavecin et George avec.
« Tu veux dire que Lucy et moi avons risqué nos vies pour rien ?
- Fais attention, ça coûte une blinde ce machin-là ! Mrs Arlett ne nous pardonnerait jamais de l'avoir abîmé.
- Qu'est-ce que tu as découvert ?, le relança Lucy.
- Un journal. Celui du mari de Lauren, celui qui a vendu le manoir. Dedans il raconte comment se sont passé les évènements, pour se confier quelque part.
- Et il a laissé le journal ici ?, demanda dubitatif Lockwood. Il s'agit plutôt du genre de souvenir que tu te trimballes à vie, non ?
- Il voulait tourner la page. Et puis le manoir appartenait à sa femme, alors il voulait garder son souvenir vivant ici. Attends, je vais te lire le passage qui en parle. »
George lâcha d'une main le clavecin pour prendre un petit journal relié de cuir dans sa poche. L'instrument manqua de tomber et Lucy dû accourir à la rescousse.
« Je ne peux pas emporter ce journal avec moi, lut George. Il doit rester aux côtés de Mary-Rose, il est la seule preuve de son existence. Lauren ne me le pardonnerait jamais et je veux qu'elle repose en paix après tant de souffrances. Je vais le cacher dans le clavecin de Lauren, ainsi il restera aussi aux côtés de mon aimée.
- Tu l'as trouvé dans le clavecin ?, interrogea Lucy. Comment as-tu eu l'idée d'aller chercher dedans ?
- J'ai trouvé une photo de Lauren. Tiens, regarde. »
George lâcha définitivement l'instrument et son associée commença vraiment à en sentir tout le poids. Elle avait toujours trouvé George fainéant, mais elle restait assez admirative du fait qu'il soit parvenu à l'emmener seul jusque sur le palier. Il ouvrit le journal à la première page et en sorti la photo qu'il avait glissé là. Elle montrait une jeune femme magnifique agenouillée près du clavecin pour en jouer. Elle était magnifique. Lucy trouvait son visage parfait en tout point et la tenue et coiffure de l'époque la sublimait. Elle-même était bien loin d'être aussi jolie.
« Je comprends pourquoi on la qualifiait de gracieuse, nota-t-elle.
- Et qu'est-ce qui te fais penser que notre Spectre est bien Lauren ?, demanda Lockwood.
- Le journal, toujours. Son mari a pris soin de détailler les évènements à l'intérieur mais il n'a jamais dû expliquer la véritable version à quiconque d'autre. Lauren n'est pas morte en couche. Son bébé y est bien passé. Mais comme il n'était pas baptisé, le curé a refusé qu'il soit enterré au cimetière. Ca l'a rendu folle. C'est elle-même qui s'est fait ces marques au visage, ne supportant plus de se regarder en face pour avoir laisser cela se produire. Son mari n'a rien pu faire et elle a fini par se pendre. Comme il craignait qu'on lui refuse à elle aussi, une suicidée, une sépulture décente, il a caché la vérité et raconté à tout le monde qu'elle était morte des suites de l'accouchement.
- Et bien, quel esprit tourmenté, commenta Lockwood. Ca lui donnait plein de raison de revenir parmi nous. Folie, vengeance, désespoir…
- Et attachement sans doute. Ils avaient décidé d'enterrer eux-mêmes Mary-Rose, dans un sanctuaire sous la maison.
- Si elle est folle de chagrin et de rage, ce doit être parce qu'on lui en a coupé l'accès. Le Manuel Fittes fait mention de certains Types Deux mélancoliques et inoffensifs tant qu'on les laisse tranquille mais qui deviennent de vraies furies si on leur coupe l'accès à leur Source. »
Lockwood et George acquiescèrent.
« La Source n'a pas dû être neutralisée comme il faut, poursuivit Lockwood, mais Lauren ne peut juste plus la rejoindre. C'est compréhensible, cela poserait un problème moral à pas mal de gens de détruire les restes de Mary-Rose. »
Ils arrivèrent enfin dehors, où George les guida jusqu'à l'une des grilles en argent. Une énorme pince se trouvait dans l'herbe à côté.
« Pourquoi on a descendu le clavecin, déjà ?, demanda Lucy en reprenant son souffle.
- Pour attirer Lauren jusqu'ici.
- Tu veux encourager la confrontation avec elle, s'étonna Lucy. On ne se contente pas de passer sous la maison et de sceller la Source en croisant des doigts pour qu'elle nous laisse faire ?
- Je pense que George a raison, intervint Lockwood ce qui surprit l'adolescente car elle avait son soutien en général. Tu l'as dit toi-même, Lauren devait être un Type Deux mélancolique, il suffit de faire en sorte qu'elle le redevienne puis la convaincre de partir.
- Comme pour Annie Ward ? Je suppose que c'est le mieux à faire, oui. Mais on le fait avec des mesures de sécurité cette fois. »
Pour illustrer ses propos elle ôta une chaîne en argent qu'elle portait en bandouillère et la fit lourdement tomber au sol. George sectionna la grille en métal et la déplaça sur le côté. Lockwood, qui était bien plus fin, se faufila par le passage. Lucy l'entendit atterrir dans une grosse flaque d'eau, vestige de la tempête de la veille certainement.
« Il n'y a même pas de fenêtre, leur lança-t-il du fond de son trou. Il faut escalader le rebord et on arrive dans une sorte de salle. On ne pourra jamais faire passer le clavecin.
- Alors on doit en jouer ici, raisonna George.
- Il faudrait trouver rapidement la Source aussi. Elle ne doit pas être loin, l'air a dû perdre deux degrés ici.
- D'accord, conclu Lucy. Lockwood, tu cherches la Source en bas, je reste avec George pour accueillir Lauren Gilligan.
- Tu es sûre, ça va être dangereux. Tu ne veux pas échanger ?
- On est des agents, oui ou non ? Et je pense que de nous trois, c'est toi qui es en pire posture. Si Lauren nous ignore et te rejoint directement, on va mettre un petit temps pour venir te prêter main forte. »
Son associé fini par accepter le plan et escalada le rebord du conteneur pour passer sous la maison. Quant à George, il s'installa près de l'instrument et posa ses doigts sur le clavier.
« Tu sais en jouer ?, s'étonna Lucy.
- J'ai déjà fait du piano, ça ne doit pas être trop différent. »
Une petite mélodie assez simple et enfantine commença à se jouer sous les doigts du garçon. Presque aussitôt, Lucy ressenti une vague de froid et un désespoir qui manquèrent de la paralyser. Elle se reprit juste à temps pour tirer sa rapière de sa ceinture et traverser le ventre du Spectre qui avait fondu sur elle.
Si toi aussi tu veux voir George en concert, laisse une review :)
