La maison dans laquelle vivait les quatre enfants Célestinia était d'allure modeste mais spacieuse. Après tout, il fallait de la place pour élever quatre enfants qui ne tiennent pas en place. La maison se trouvait dans la banlieue de Coldwater, c'était un quartier habituellement calme mais qui était un peu plus animé depuis que Uriel s'était offerte une Camaro au moteur bruyant. « C'est le secret pour attirer les nana. » avait-elle expliqué à Michael après avoir acheté la bagnole. Enfant, Uriel avait toujours été plus calme que ses frères, après tout elle était la seule fille dans la famille, mais c'est à l'adolescence qu'elle s'est révélé un peu plus.. Rebelle ? La jeune fille avait arrêté ses études à 16 ans pour partir sur les routes. Ses frères n'avaient plus entendu parler d'elle pendant environ 6 mois et puis un beau jour, elle était revenu. Son sac sur l'épaule, des mèches bleus dans sa jolie chevelure blonde et elle avait même encore quelques dollars en poche avec lesquels avec invités toute sa petite famille au fast food de la ville. Uriel était ce qu'elle était mais elle avait un bon fond. C'est ainsi que Mme. S, leur mère adoptive, surnomma Uriel : La Douce.

Raphaël fut le premier a entrer dans le pavillon. Il était fatigué du brouhaha continuel qui avait régné dans la voiture durant le trajet entre le lycée et la maison. Mais comment Uriel et Michael faisaient-ils pour discuter sans jamais s'arrêter ? Le garçon préférait parfois la compagnie de son plus jeune frère qui savait se montrer plus discret parfois. A croire que Michael et Uriel avait pris toute l'extravagance de la famille pour eux. Le blond enleva sa veste et la posa sur le porte-manteau de l'entrée laissant la porte d'entrée ouverte afin que ses frères et sœur entre dans la maison. Avant que le salon ne soit pris d'assaut, Raphaël s'accorda 2min dans un des sofa. Il soupira longuement et ferma les yeux.

- Hé bien.. Dur journée mon petit ?

Mme. S, âge inconnu. La gardienne.

Mme. S avait l'allure d'un femme d'âge mûr, d'environ 55 ans mais aucun des gamins n'avaient osés lui demander son âge, ce qu'elle avait fait avant de les élever. Enfin bref, ils ne savaient rien d'elle et aucun n'était assez téméraire pour lui poser une seule question sur son passé. La bonne femme avait la réputation d'être un dragon dans le quartier et les enfants changeaient de trottoir quand il fallait passer à proximité de la maison. La dame s'avança vers la bibliothèque bien fournis du salon et sortis d'un placard une bouteille de bourbon ainsi que 2 verres. Elle versa deux bonnes doses dans chacun des verres et alla s'installer dans le divan aux côtés de Raphaël. Elle poussa un soupire de soulagement et prit une gorgée du breuvage ambré de son verre.

- Je ne sais plus quoi faire de Michael. Ce gamin est ingérable.. J'étais comme ça à son âge ?

Raphaël semblait réellement concerné par le comportement de son jeune frère. Ses traits étaient tiré par l'inquiétude et malgré ses 21 ans, on lui en aurait donné 30. Le garçon but à son tour une bonne gorgée de bourbon. Mme S prit une main du jeune homme dans la sienne et la serra pour le rassurer.

- Tu as toujours été le plus sage Raphaël et tu le sais bien. Tu étais toujours caché ici, à parcourir les livres de la bibliothèque. Ton frère est un téméraire, c'est dans sa nature. L'âge le calmera. Ne soit pas si concerné par Michael, s'il te plait.

Le regard bleu glacé de Raphaël se posa sur Mme. S, cette femme qui l'avait élevé. Il lui serait pour toujours reconnaissant. Avant même que l'aîné ait le temps de répondre à la bonne femme, ses frères et sœur pénétrèrent dans la pièce y installant un brouhaha. Uriel et Michael s'affalèrent sur un divan un soda à la main alors que Gabriel allait s'installer dans un fauteuil sa console de jeux portable à la main. Raphaël se racla la gorge une première fois en observant Michael. Il n'allait pas le laisser échapper au courroux de Mme. S. Son cadet fit signe de ne rien entendre, Raphaël fut alors plus direct.

- Dis Michael, tu as pas quelque chose à raconter à Mme. S ?

Le premier concerné par la phrase manqua de s'étouffer et de recracher son soda à la figure de sa sœur. L'adolescent rentra la tête dans les épaules et tourna la tête vers Mme. S, elle lui faisait une peur bleu. Le blond déglutit et pris une grande inspiration. « Un peu de courage bon sang.. » S'encouragea t-il mentalement.

- Hé bien voilà.. Vous allez pas me croire Mme. S mais.. Hé bien.. Je.. Jemesuisfaisexpulserdulycéependantunesemaine.

Michael avait parlé tellement vite que même lui n'était pas sûr de ce qu'il avait dit. Cependant Mme. S, engloutit le reste de son verre d'un seul trait ce qui ne présageait rien de bon pour le garçon. Ce dernier passa une main dans sa chevelure blonde d'un air nerveux.

- Je suis vraiment désolé, pardon, pardon ! Je ferais tout ce que vous voudrez !

Ces mots avaient franchis ses lèvres sans qu'il ne le veuille vraiment. Michael était même le premier surpris et il le regretta aussitôt. Le message n'était pas tombé dans l'oreille d'une sourde.

- Commences par aller mettre la table.

L'adolescent se leva d'un bond et alla directement dans la cuisine, tête baissé. Dès qu'il eut disparut dans la cuisine, Uriel éclata de rire.

- Vous êtes vraiment trop forte Mme. S, vous arrivez à ce qu'il se punisse lui même juste en buvant votre bourbon d'un trait ! Chapeau !

- C'est tout un art ma chère Uriel, des années de travail ! Se vanta la femme en affichant un sourire malicieux.

Raphaël afficha un léger sourire. Gabriel, lui, dans son coin ne broncha pas. Il était absorbé par sa console. Le monde qui l'entourait l'importait peu.

- Aller. Venez, on va passer à table. Leur annonça Mme. S en se dirigeant vers la cuisine.

Quelques heures plus tard, Raphaël était enfin dans sa chambre. Seul, au calme et sans ses frères et sœur à gérer. De vrai vacances ! Le jeune homme ouvrit la fenêtre de sa chambre pour faire entrer un peu d'air frais. Il ferma les yeux en sentant le vent frais passer sur son visage et dans ses cheveux. Le calme lui faisait du bien, le blond n'avait jamais apprécié être entouré de gens et les espaces bruyant. Il rouvrit les yeux et observa les étoiles durant quelques instants. Tous les soirs, sans exception, il prenait quelques instants pour les regarder en pensant à son père, à sa mère. Il ne les avait jamais connu, il n'avait aucun souvenirs d'eux. Il avait d'ailleurs très peu de souvenirs de son enfance et aussi loin qu'il s'en rappelait, Mme. S avait toujours été là pour lui et le reste de sa fratrie. Parfois, le jeune homme se disait que connaître ses parents leur aurait apporté un meilleur équilibre à ses frères et sœur. Le blond lança un regard à son réveille. 00H12. Il était temps pour lui de plonger dans les bras de Morphée, demain une nouvelle journée pleines de surprises l'attendait. Le blond déboutonna sa chemise et la déposa sur sa chaise du bureau. Il laissa la fenêtre ouverte pour laisser passer l'air et il s'allongea dans son lit. Le sommeil ne se fit pas attendre et Raphaël s'endormit presque aussitôt.

L'intensité du soleil aveugla Raphaël, il tendit la main pour se cacher un peu du soleil. Le jeune homme se trouvait au milieu de nul part. Il semblait que le sol qui se trouvait sous ses pieds était constitué de sable. Le blond porta sa main à sa ceinture et il rencontra le pommeau d'une épée qu'il empoigna et sortit de son fourreau. La lame scintilla sous les rayons du soleil, l'homme se mit en garde. Quelques secondes plus tard, un homme à la chevelure brune arriva. Il arriva par les airs, une paire d'ailes lui permettant de voler.

- Cette querelle doit finir Raphaël, laisse moi en finir avec les humains.

- Jamais Gabriel.

Les deux frères se jetèrent l'un contre l'autre, le combat était d'une violence sans égale. C'était un combat inhumain qui se livraient les deux frères. Les épées des deux combattants s'entre-choquant tintèrent aux oreilles de Raphaël puis, tout devint noir.

Le jeune homme se redressa vivement dans son lit, en sueur. Il étouffait même sous la chaleur de la chambre. Le blond se passa une main sur le visage en soupirant.

- Ce n'était qu'un rêve.

Il regarda son réveil : 01H23. Il lui restait 6 heures de sommeil avant que son réveil ne le tire du lit. Le jeune homme n'avait pas une minute à perdre, il se tourna alors sur le côté afin d'essayer d'oublier ce rêve stupide et de se rendormir. Dans son mouvement, il tira la couette vers lui et fit tomber quelque chose sur le sol. Une plume, une plume blanche qui se déposa sur le sol. Son rêe n'était peut-être pas si stupide que ça après tout.