Kame, dans le corps de Yamapi, ignorait alors que la même scène venait de se dérouler en miroir, dans son propre appartement, lorsque le leader de News s'était réveillé dans son corps au lieu du sien.

Inutile de dire que leur premier réflexe fut de se précipiter pour appeler l'autre, en possession de leur propre portable.

- Yamashita ?! Kamenashi ?! s'exclamèrent-ils en même temps.

- Oh putain, c'est pas un cauchemar… constata le leader de KAT-TUN en entendant sa voix prononcer le nom de son ennemi.

- Non, apparemment pas, fit l'autre.

- Mais comment c'est possible ?! fit le plus jeune, au bord de l'hystérie.

- J'en sais rien. Et t'exciter comme ça changera rien au problème.

- Comment tu peux rester si calme ?!

- Parce que pour le moment on y peut rien. Il faut réfléchir. Ecoute, il faut qu'on se voit pour parler. Je viens chez toi. Enfin chez moi. Enfin j'arrive. Ne bouge pas d'où tu es avec mon corps, tu ferais des conneries et j'y tiens pas.

- Nan mais tu cr… (bip… bip… bip…) Oh le con, il a coupé !

Une demi heure de supplice plus tard, le corps de Kame occupé par Yamapi fit son entrée dans le salon.

- Ah ouais tu rentre comme ça chez les gens toi ?

- C'est chez moi je te signale, encore heureux que je rentre comme je veux.

- Ah. Ouais.

- Bon, si t'as fini de raconter n'importe quoi, on va pouvoir réfléchir. J'ai appelé l'agence pour prévenir que tu pouvais pas venir parce que t'étais malade.

- T'as quoi ?!

Le visage de Kame fit une grimace et il porta les mains à ses oreilles.

- Arrête de gueuler. Avec ma voix, ça porte même sans micro. Pas besoin que mes voisins t'entendent. Et tu devrais appeler toi aussi pour dire que je peux pas venir.

- Mais t'es dingue, on a du boulot nous, on se tourne pas les pouces !

- Sois pas con, aucun de nous peut y aller dans cet état. Il faut récupérer chacun notre corps d'abord.

- Tu propose quoi alors ?

- Refaisons toute la journée d'hier, fit l'aîné en s'asseyant.

- Ok. Donc je suis arrivé à huit heures, j'ai checké le planning comme tous les matins, j'ai attendu en pestant que les gars arrivent, engueulé Koki parce qu'il était à la bourre et vers huit heures quarante-cinq, notre manager s'est pointé et m'a parlé de la réunion.

- Pareil de mon côté sauf qu'il a fallu que je me débarrasse de Tesshi qui jouait les crampons. Ensuite on a eu cette réunion et je suis remonté pour commencer la répète même si je puais la mort. On a tout stoppé à dix-neuf heures parce que les gars se plaignaient de mon odeur. Du coup je suis rentré, je me suis douché, changé, j'ai mangé et je me suis couché à vingt-deux heures.

- Pareil. Et ce matin, voilà le résultat, conclut Kame.

- Ouais.

- Ca nous dit pas ce qui s'est passé et pourquoi je me retrouve dans TON corps.

- Non effectivement. A moins que…

Il y eut un blanc, que Kame/Yamapi, impatient, troubla.

- Que quoi ?

- Taits-toi une minute, je réfléchis.

- Ca va prendre plus d'une minute alors, ricana le KAT-TUN, fier de son trait d'humour.

- Ah ah. Super marrant, Kamenashi, je suis mort de rire. T'as pris des cours de blague avec Taguchi ?

- M'insulte pas. Bon et donc ça donne quoi tes réflexions, Einstein ?

L'aîné réprima un claquement de langue agacé et répondit par une autre question.

- Nos journées se sont déroulées de façon normale, tu es d'accord ?

- Ouais. Enfin à part cette saloperie de parfum quoi. J'ai eu un de ces mal à me débarrasser de l'odeur…

- Voilà, tu as mis le doigt dessus.

- He ?

- Réfléchis deux secondes : quelle est la seule chose "anormale" qui ne soit arrivée qu'à nous deux ?

Il y eut un nouveau silence, plus court encore.

- Ah ! La saloperie de parfum !

- Voilà. Donc il faut qu'on retrouve cette Yuriko. Je sais pas comment c'est possible, mais je suis sûr qu'elle est derrière tout ça. J'ai…

Un coup frappé à la porte l'empêcha de poursuivre, ainsi qu'une voix inquiète, identifiable même à travers le battant.

- Pi? Est-ce que ça va ? Ca te ressemble pas de sécher une répète et tu réponds pas à ton portable, ça m'inquiète. T'es malade ?

Keii-chan… Merde, il aurait du s'en douter. Il ne manquait plus que ça…

- Bon, Kamenashi, tu vas lui ouvrir et tu trouve un bon prétexte pour qu'il s'en aille. Moi je vais me planquer, il faut pas qu'il te voit ici.

Sur ces mots, sans laisser au cadet le temps de répliquer, il fila à sa chambre, dont il laissa la porte entrouverte pour entendre la conversation.

- Qu'est ce que tu veux, Koyama ?! aboya par la bouche de Yamapi, Kame agacé d'être interrompu dans sa recherche de solution, tandis que Yamapi dans le corps du plus jeune se frappait le front du plat de la main.

Pas habitué à entendre son ami et leader lui parler sur ce ton ni l'appeler par son nom, Keiichiro perdit un instant contenance, avant de la retrouver.

- Bah comme je te l'ai dis, vu que tu sèche jamais mes répètes et que t'es toujours en avance, je m'inquiétais alors je suis venu voir si ça allait.

- Tu vois bien que oui, répondit sèchement Kame/Yamapi pour tenter d'écourter la conversation.

- Heu oui, mais alors pourquoi tu…

- Si on te demande, tu diras que tu sais pas. Ciao, conclut le KAT-TUN en claquant la porte au nez de son collègue, à la stupeur de celui-ci.

Yamapi/Kame sortit alors de sa cachette et fondit sur le plus jeune comme un ouragan.

- Nan mais t'es con ou tu le fais exprès ?! apostropha-t-il son cadet. Je t'ai dis quoi avant que t'aille ouvrir ?! De trouver une bonne excuse ! Et putain, mais jamais je leur parle comme ça à mes gars ! C'est pas des chiens ! Si tu traite les tiens comme ça, je m'étonne plus que Jin dise parfois que t'es un connard !

- Il dit QUOI cet abruti ?!

- C'est pas la question, change pas de sujet ! Ca te coûtait quoi d'être aimable envers un type qui s'en faisait pour toi ?!

- Il s'en faisait pour toi, pas pour moi je te signale, Yamashita.

- Mais justement, pour le moment, tu ES moi ! (il inspira pour reprendre son self-contrôle, puis reprit) Ecoute, Kamenashi, jusqu'à ce qu'on trouve une solution, il va falloir qu'on y mette du notre tous les deux. Alors tant que tu es moi, tu agis comme moi et tant que je suis toi, j'agis comme toi. Sinon les gars vont tous se poser des questions.

- Hum… Ouais ok.

- Bon. Alors prend mon portable et appelle Keii-chan. Dis-lui que tu es désolé de lui avoir parlé comme ça et qu'il te pardonne, mais que tu te sens effectivement pas bien et qu'il prévienne les autres. Et sois gentil et aimable, ne. Mes gars ont l'habitude d'un leader aimable et compréhensif.

- Je me demande comment je dois prendre ça…

Yamapi/Kame haussa les épaules.

- Par contre, si on joue à être l'autre, va falloir que t'aille bosser.

- He ? Mais pourquoi ? J'ai prévenu que…

- Justement, Yamashita, t'as fais une connerie. Même malade avec de la fièvre, je vais bosser quand même. J'aurais jamais séché une répète pour ça.

- Alors t'es inconscient. Mais soit.

- Et dis-toi que t'as du bol, aujourd'hui on a juste deux shoots, pas de répète. Tu devrais réussir à gérer deux shoots, ne ?

Le News acquiesça , intérieurement soulagé car il ne connaissait aucun chorégraphie de KAT-TUN et il n'aurait pas eu l'air malin.

Le coup de fil de Kame/Yamapi rassura Koyama, qui avait craint un instant qu'on lui ait changé son leader et il promit de prévenir les autres membres même s'il précisa que "Ryo allait râler, tu sais qu'il aime pas quand il doit te seconder".

Lorsqu'il eut raccroché, observa les vêtements qui couvraient son corps.

- C'est quoi cet assemblage de fringues que tu m'as fais porter ? T'es sérieux ? Je croyais que t'avais du goût, Yamashita.

- Ces fringues étaient dans ton armoire je te signale. Si t'as un goût de chiottes, tu peux t'en prendre qu'à toi.

Le cadet soupira, puis inspira profondément et reprit :

- Tu vas retourner chez moi et mettre les fringues que je vais te noter. Histoire de pas avoir l'air de… bah de rien, comme maintenant. Je peux pas me permettre d'arriver aux shoots fringués comme un pouilleux. J'ai une réputation à maintenir quand même.

Pas très heureux d'entendre insinuer que ses goûts vestimentaires étaient mauvais, Yamapi/Kame s'abstint cependant de tout commentaire, car après tout, il s'agissait du corps de son cadet, non du sien.

- Et en ce qui concerne l'attitude ?

- Sois pas trop aimable, sinon ils vont trouver ça louche, mais les rembarre pas non plus. Sois neutre quoi. Sauf si Taguchi fait chier avec ses blagues pouraves. En général on le pourrit tous et il s'en prend même une de Koki.

- Le pauvre…

- Dis surtout pas ce genre de truc, ne, ou ils se demanderaient ce qui m'arrive. Je plains jamais Taguchi.

Et ben c'est agréable chez toi…

Le leader de KAT-TUN foudroya son homologue de News du regard avec ses propres yeux.

- Ah la vache ! Je comprends mieux pourquoi les gars disent que je fous la trouille quand je suis en colère…

- Change pas de sujet, Yamashita. Et garde pour toi tes remarques sur ma façon de me comporter.

- Et toi reste dans cet appartement et n'ouvre à personne.

- Et si Koyama revient ?

- Appelle Jin. Il les préviendra de pas passer me voir.

- Ok. Et toi essaye de parler le moins possible. Comme on a pas la même manière de réagir, ils trouveraient ça louche.

- Ok. Et je dis quoi pour le retard que je vais avoir ? Je suppose que Jin va me ch… Merde ! Jin !

- Bah quoi Jin ?

- C'est à la fois ton ami et mon meilleur ami ! Il va tout griller, c'est obligé !

- Mais nan. Bakanishi est Bakanishi. Aucun risque qu'il capte quoi que ce soit si tu fais bien gaffe comme on a dit.

- Si tu le dis. Bon ben j'y vais alors.

- Bonne chance. Tu vas en avoir besoin.

Yamapi/Kame s'éloigna et la porte claqua derrière lui.