Mal réveillé, James faillit tomber dans les escaliers de la tour. Heureusement, personne n'aurait pu le voir, il avait mis tellement de temps à émerger que les autres garçons de son dortoir étaient déjà descendus depuis longtemps lorsqu'il fut enfin prêt.
Il arriva dans la salle commune, et vit le portrait de la Grosse Dame prêt à se refermer après le passage de quelqu'un.
- Emma ! Attends !
Il courut jusqu'au portrait et se rendit compte que Marguerite était également là. Il aurait du se douter qu'elle serait avec Emma. Pourtant, après ce qu'il s'était passé la veille, il aurait préféré se passer de sa présence.
Ils descendirent silencieusement les étages et allèrent prendre leur premier petit-déjeuner dans la Grande Salle. Ils remarquèrent que tous les professeurs ne se trouvaient pas à leur table, mais semblaient se promener dans la salle. En réalité, ils distribuaient les emplois du temps.
Le père de Marguerite s'occupait de la table des Poufsouffle, un petit homme chauve de celle des Serdaigle, et une femme à la mine sinistre, entièrement vêtue de noir, de celle des Serpentards. Teddy Lupin s'approcha de James et de ses amis en les voyant s'installer et leur tendit un emploi du temps.
- Salut James. Comment ça va ?
- Teddy ! Tu ne m'avais jamais dit que tu étais professeur à Poudlard.
- J'ai décroché le poste cette année. Tes parents vont bien ?
- Oui très bien. Ils regrettent que tu ne viennes plus dîner aussi souvent.
- Ah ! Je dois beaucoup à tes parents James. Dès que je pourrai, je leur rendrai visite. Mais ça devient difficile depuis un moment.
- Difficile ?
Teddy ne releva pas et continua à distribuer ses emplois du temps aux Gryffondors.
- Qu'est-ce qu'il a voulu dire par difficile, vous croyez ?
Emma haussa les épaules, mais Marguerite n'écoutait pas, elle avait le regard fixé sur son emploi du temps. James le regarda à son tour et fut horrifié en constatant que son premier cours de la journée était botanique. Il jeta un regard en coin à Marguerite. Après tout, elle n'avait sûrement pas parlé à son père depuis la veille. Il n'y avait donc rien à craindre pour l'instant.
En effet, Neville Londubat ne sembla être au courant de rien, et se révéla être un excellent professeur de botanique. Il parlait des plantes les plus laides et dangereuses avec une passion que les élèves avaient du mal à comprendre. Plus il y avait de distance entre eux et les tentaculas vénéneuses, mieux ils se portaient.
Le professeur Caran, le petit homme chauve que James avait déjà aperçu, et qui était directeur de la maison Serdaigle, était leur professeur de sortilèges et enchantements. Contrairement aux attentes de James, non seulement ils ne firent aucune pratique, mais en plus il songea que le cours n'aurait pu être plus ennuyeux
Il avait tort et s'en rendit rapidement compte lorsqu'il assista au cours du professeur Binns, le fantôme, qui parlait d'une voix lente et monocorde, ne remarquant même pas que les élèves ne prenaient pas de notes et dormaient sur leur table. D'après ce qu'il avait entendu dire, le professeur Binns enseignait déjà de son vivant, et n'avait jamais remarqué qu'il était mort. Il se demanda vaguement si le professeur avait rendu ses cours plus intéressants de son vivant, si sa présence matérielle avait fait que les élèves s'intéressaient un tout petit peu plus à lui.
Quoi qu'il en soit, James avait été déçu de sa première journée de cours à Poudlard. Il s'était attendu à découvrir la magie dans toute sa splendeur, et tout ce qu'il avait appris aujourd'hui c'était qu'il fallait se tenir à distance des tentaculas vénéneuses, et que les autres cours se révélaient aussi ennuyeux les uns que les autres. Pourtant, dès le premier soir, ils n'avaient pas été épargnés par les devoirs. Aussi, ils remontèrent en fin d'après-midi dans la salle commune. James fut soulagé de constater qu'Emma comprenait mieux que lui les exercices que le professeur Caran avait donné à faire pour le lendemain. Il put alors copier les réponses sur elle. Quant au devoir de botanique, ce fut bien entendu Marguerite qui leur sauva la vie, mais elle parut un peu réticente à donner ses réponses à James. L'ambiance restait tendue entre eux.
Ils descendirent pourtant tous les trois pour aller prendre le dîner dans la Grande Salle. Ils descendaient les grands escaliers de marbre, quand une voix s'écria :
- James !
Il se retourna et vit une fille aux longs cheveux blonds qui avançait vers eux.
- Victoire ! Comment ça va ?
- Ca va bien, et toi ? Je te cherche partout depuis hier soir, je savais que tu entrais à Poudlard cette année, mais je me doutais que tu serais à Gryffondor.
- Toi tu n'es pas à…
- Non, je suis à Serdaigle. C'est ma cinquième année, je dois passer mes BUSEs à la fin de l'année… enfin bon…
Elle les accompagna jusque dans la Grande Salle, puis alla rejoindre la table des Serdaigles. Emma lança à James un regard interrogateur.
- C'est ma cousine, expliqua-t-il. J'avais oublié qu'elle avait encore l'âge d'être à Poudlard. Elle est super sympa, c'est cool de retrouver quelqu'un de sa famille dans le château.
La réponse sembla convenir à Emma et elle n'ajouta rien. James lança un regard à la table des Serdaigles et il aperçut sa cousine qui fixait avec insistance la table des professeurs.
James fut rassuré en constatant que le programme du lendemain paraissait beaucoup plus passionnant que celui de leur premier jour de cours. Ils commençaient par leçon de vol, attendue avec impatience par la majorité des élèves, sauf peut-être ceux qui souffraient du vertige.
Par chance, il faisait un temps radieux ce matin-là, et c'est sous le soleil qu'ils se dirigèrent dans le parc, là où devait avoir lieu le cours. James ne fut pas enchanté lorsqu'il constata que les cours de vol étaient communs avec les Serpentards, dont la plupart se vantaient d'en connaître un rayon en matière de Quidditch. Aussi, James esquissa un sourire satisfait lorsque son balai lui sauta dans les mains, tandis que tous les autres étaient restés au sol.
Mais James n'eut pas la possibilité de montrer l'étendue de ses talents car la leçon du jour consistait seulement à s'élever de quelques mètres au dessus du sol et à revenir se poser en douceur. La plupart y arrivèrent, même Marguerite dont l'atterrissage ne fut par contre par très « en douceur ». Malgré tout, James était satisfait de lui-même et était pressé d'assister au prochain cours.
- Au moins on ne sera pas obligés de supporter les Serpentards encore une heure. N'empêche qu'ils ont beau faire leurs malins, ils font moins les fiers sur leur balai. Qu'est-ce qu'on a comme cours maintenant ?
- Potions, répondit Emma.
Ils suivirent les autres élèves car ils ne savaient pas où étaient les cachots. Traversant un nombre incalculable de couloirs, marchant encore et encore dans ce labyrinthe sans fin, ils descendirent enfin une série d'escaliers, et empruntèrent une petite porte miteuse sur la gauche, qui donnait accès à de vieux escaliers en colimaçon. . James en avait marre de ce tourbillon et commença à avoir le vertige d'autant plus qu'il faisait de plus en plus froid. Enfin, ils arrivèrent dans les cachots. Emma grelottait. Ici, le moindre de leur pas résonnait.
Il y avait une drôle d'odeur lorsqu'ils entrèrent dans la salle de potions, et James vit la sorcière qu'il avait déjà vue au festin et qu'il ne connaissait pas. Elle correspondait parfaitement à l'idée que les moldus se font des sorcières : les cheveux noirs et emmêlés, un vieux visage ridé… il ne lui manquait plus que son chapeau pointu et une grosse verrue sur le nez. James remarqua avec déception que les Serpentards étaient également présents dans le cachots.
- Je m'appelle Odile Gatelov, et je serai votre professeur de potions. Je préfère vous prévenir tout de suite, ma vocation n'est pas d'apprendre l'art rigoureux de la préparation des potions à une bande d'incapables, j'attends donc de vous que vous soyez à la hauteur, sinon les choses risquent de mal se passer entre nous, est- bien clair ?
Il y eut un silence de mort dans le cachot, mais Gatelov parut satisfaite de cette réponse muette, et continua :
- Pour commencer vous allez me préparer une potion d'amnésie, tout est détaillé dans votre manuel page vingt-quatre. Soyez très attentifs car cette potion est demandée durant les examens de fin d'année.
Tout le monde se hâta d'obéir, prit son chaudron et son manuel de potions sans oser dire un seul mot après cette présentation brève et stricte, mais franche. Bien entendu, sans aucun conseil ou aide extérieure, personne ne semblait vraiment réussir à obtenir quelque chose de correct. La potion était extrêmement compliquée, surtout pour des élèves qui assistaient à un cours de potions pour la première fois de leur vie.
A la fin du cours, Gatelov passa vers chacun des élèves et faisait des remarques du genre " si vous ne pouvez pas faire mieux, vous devriez vous faire greffer un neurone " ou " cette chose est censé être une potion d'amnésie ? ". Lorsqu'elle examina la potion de Marguerite, celle-ci lui renversa son chaudron dessus, ce qui lui valut une retenue. Ensuite elle s'approcha de James et dit d'une voix traînante :
- Ah, Mr Potter, le fils du célèbre Harry Potter, voyons voir. Ce n'est pas très brillant, à un examen vous auriez obtenu un T comme Troll. Votre père serait déçu que son fils ne soit pas à la hauteur, n'est-ce pas ?
James baissa la tête et émit un grognement. Il commençait à peine à passer inaperçu, il fallait que cette vieille pie rappelle à tout le monde qui il était. Gatelov s'approcha ensuite d'Emma.
- Je ne connais pas vos parents. Ce ne serait pas des ...moldus par hasard ? Oh que c'est déshonorant... Votre potion en montre les conséquences...
Elle s'adressa à tous les élèves, sa voix camouflée par la sonnerie.
- Vous me ferez vingt centimètres de parchemin sur la potion d'amnésie pour la prochaine fois, peut-être que ça finira pas rentrer, mais pour certains, il n'y a pas beaucoup d'espoir je crois...
Et elle jeta un regard perçant en direction de James, Emma et Marguerite.
- Mais quelle vieille morue ! s'indigna James en remontant à l'air libre, loin de l'obscurité étouffante des cachots. Elle se plaint qu'on ne réussisse pas la potion, mais c'est la première fois que nous préparions une potion et en plus elle ne nous a donné aucune indication ! Et puis, c'est honteux ce qu'elle t'a dit, Emma.
- C'est vrai. Tu m'avais pourtant bien dit qu'il y avait des lois qui interdisaient toute discrimination envers les nés-moldus, non ?
- Mais oui il y en a ! C'est bien ça le problème… Comment peuvent-ils la laisser enseigner alors qu'elle est si atroce avec les élèves. Il y a forcément eu des plaintes, si elle se comporte ainsi avec tout le monde !
- Même si c'est le cas, ajouta Emma, le fait est qu'elle n'a pas été renvoyée pour autant. Donc ce n'est sûrement pas nous qui arriverons à la faire renvoyer.
James dut avouer qu'Emma avait raison. Il fut heureux d'aller en défense contre les forces du mal, après le déjeuner, car au moins il n'aurait pas de mauvaises surprises en ce qui concernait le professeur.
Teddy Lupin, en effet, était particulièrement calme et doux avec les élèves, et en plus rendait ses cours intéressants. Dès le premier cours, il aborda la pratique des sortilèges. C'était plus que ce que les élèves attendaient, après avoir été déçu de n'étudier quasiment que de la théorie dans les autres matières.
- Bonjour à tous et à toutes, je suis Teddy Lupin, votre professeur de Défense contre les forces du mal. Aujourd'hui nous allons apprendre un sortilège de protection. Répétez après moi : Protego !
-Protego ! répétèrent les élèves en chœur.
- Bien ! C'est parfait. Maintenant vous allez passer un par un devant moi et je vais vous jeter un sortilège de désarmement, rien de bien dangereux je vous rassure ! assura-t-il en voyant l'air horrifié des élèves. Cela consiste simplement à vous faire lâcher votre baguette. Au moment où je lance le sort vous lancerez le charme du bouclier qui vous protégera. Allez-y !
Tous les élèves se regardèrent les uns les autres, en essayant de se faire le plus petit et le plus discret possible, effrayés à l'idée d'être le premier à passer l'épreuve.
- James, tu veux essayer ? demanda alors Lupin devant le manque d'enthousiasme.
- Euh… d'accord.
Il s'approcha de Lupin d'un pas lent et se mit face à lui.
Très bien, tiens ta baguette prête. Au moment où je prononcerai la formule de désarmement, tu lanceras le charme du bouclier. Tu es prêt ?
James acquiesa d'un mouvement de tête, mais il avait le visage pâle.
- Un, deux, trois… Expelliarmus !
- Proteg…
Mais c'était trop tard. Sa baguette lui avait déjà sauté des mains.
- Pas mal, mais sois plus rapide. Tu dois anticiper l'attaque de ton adversaire. Il faut travailler un peu tes réflexes, mais c'est un bon début. Suivant !
Ce fut le tour de Marguerite. Elle n'avait pas l'air aussi anxieuse que James. Elle paraissait avoir la tête dans les nuages, comme toujours.
- Un, deux, trois…Expelliarm…
- Prôtaigau !
Il se produit alors une détonation semblable à l'explosion d'un petite bombe, et pendant un instant, Marguerite et Lupin disparurent dans un nuage de cendres. Le professeur sembla sous le coup pendant quelques secondes, puis annonça :
- Euh… oui… ça peut arriver quand la formule est mal prononcée. Il faut plus articuler. Sinon, les réflexes étaient bons. Suivante !
Du coup, plus personne n'osait s'avancer pour tenter sa chance.
- Eh bien quoi ? Venez essayer, n'ayez pas peur. Il n'y a aucun risque.
- A part une nouvelle explosion, fit remarquer un garçon.
- Ne l'écoutez pas, approchez, Emma...
On lisait une extrême concentration sur son visage tandis qu'elle s'avançait.
- Vous êtes prête ? Expelliar...
- Protego !
La baguette d'Emma vibra dans sa main mais elle renforça sa poigne et réussit à la maintenir en place.
- Très bien ! Bravo ! Votre bouclier n'était peut-être pas très puissant puisqu'il a laissé passer une partie du sortilège, mais il a tout de même diminué son intensité, ce qui est déjà un bon résultat. Je donne vingt points à Gryffondor pour votre réussite. Vous pouvez partir, ce cours est terminé. N'oubliez pas de vous entraîner à lancer ce sortilège pour la prochaine fois.
Tous les élèves de Gryffondor parlèrent du cours de défense contre les forces du mal en remontant dans leur salle commune. Il était encore tôt dans l'après-midi et ils profitèrent de ce temps libre pour s'avancer dans leur devoirs. Mais James réussit rapidement à maîtriser le charme du bouclier –même s'il savait que c'était toujours plus facile quand on avait personne en face pour te jeter un sort. Il s'apprêtait à demander à Emma si elle avait une idée de ce qu'ils pourraient faire pour occuper leur fin d'après-midi. Mais lorsqu'il leva la tête et regarda autour de lui la salle commune, il vit Emma et Marguerite chacune dans un fauteuil, l'une à côté de l'autre, en pleine conversation. Voyant qu'Emma ne lui accordait pas un regard, et que Marguerite, au contraire, le fusillait du regard, il se sentit soudain pris d'un incroyable sentiment de solitude.
Emma était bien gentille, mais le fait qu'elle soit toujours en compagnie de Marguerite ne l'arrangeait pas beaucoup. Après tout, les filles préféraient généralement rester entre elles. En quoi Emma avait-elle besoin de lui ?
Déprimé par sa solitude, il sortit d'un pas traînant de la salle commune et monta à la volière. Depuis qu'il était arrivé ici, c'était la première fois qu'il pensait à sa famille. Elle lui manquait. Même Harry. Même sa peste de sœur…
Il trouva facilement Snowy au milieu des autres hiboux grâce à son pelage couleur neige. Il sortit un bout de parchemin, s'installa à un endroit où il n'y avait pas trop de fientes et écrivit.
« Chère maman,
Comme tu me l'as demandé, je t'envoie des nouvelles. Je vais bien, la rentrée s'est bien passée. Poudlard est encore plus magnifique que je ne le pensais. Je suis content d'avoir Teddy Lupin comme professeur. C'est le seul qui fasse des cours intéressants, les autres sont ennuyeux à mourir. Sauf peut-être les cours de vol.
J'espère que tout le monde va bien à la maison et que vous survivrez sans moi jusqu'à Noël.
James
Ps : je suis à Gryffondor »
James aurait voulu dire à sa mère qu'elle lui manquait, qu'il se sentait seul et abandonné à Poudlard, mais il ne put se résoudre à l'inquiéter inutilement alors qu'elle ne pouvait rien faire pour l'aider. Pourtant, en rejoignant la Grande Salle pour aller dîner, il ne se sentit pas déchargé de son fardeau, qu'il était censé alléger en écrivant cette lettre. Il ne pouvait parler à personne de ce qu'il ressentait, et pour James, c'était le pire.
Ce soir-là, James comptait essayer de faire connaissance avec ses camarades de dortoirs, mais ils avaient déjà noués des liens pendant les derniers jours. Il y avait quatre garçons, ils s'étaient mis part deux. James était le cinquième. Il maudit les nombres impairs et alla se coucher avec le cafard.
Ce fut deux jours plus tard que Snowy revint avec une réponse de ses parents, au petit déjeuner. Il déchira l'enveloppe et lut :
« Cher James,
Je suis contente que ta rentrée se soit bien passée. Je suis si fière que tu aies été envoyé à Gryffondor ! A la maison tout le monde va bien. Ton père n'est pas souvent là. Lily a déjà perdu son boursouflet trois fois, il ne cesse de s'échapper dans la maison. Albus a eu une peur bleue le jour où il l'a retrouvé dans son lit.
Si tu as le moindre problème n'hésite pas à nous envoyer une lettre ou bien en parler à Teddy. Il a toujours été de bons conseils et il t'aime bien. Il y a un autre vieil ami à nous à Poudlard –le cœur de James fit un bond en pensant au professeur Londubat, le père de Marguerite- qui aimerait sûrement te rencontrer. C'est le garde-chasse, Hagrid, et il habite dans une petite cabane, dans le parc du château. Si tu as le temps passe lui dire bonjour, ça lui fera très plaisir.
Gros bisous de toute la famille, tu nous manques énormément
Lily »
James relut la lettre plusieurs fois. Il se sentit un peu mieux, mais il avait un peu peur d'aller voir ce Hagrid qu'il ne connaissait pas. Ce n'était pas trop son truc d'aller frapper à la porte d'un inconnu, mais il n'avait pas envie de décevoir ses parents, et se décida d'y aller dès qu'il en aurait le temps. Mais avec les cours, il dut attendre jusqu'au samedi après-midi pour pouvoir y aller.
Il traversa le parc ensoleillé, et remarqua un peu plus bas que la volière, une petite cabane en bois dont la cheminée crachait un panache de fumée, et entourée d'un potager où se trouvaient les plus grosses citrouilles qu'il ait jamais vues. Il s'approcha et toqua à la porte.
Immédiatement, un aboiement sonore retentit à l'intérieur. James entendit ensuite des bruits de pas particulièrement lourds qui approchaient et la porte s'ouvrit.
James eut un mouvement de recul, puis se retrouva pétrifié devant l'ancien ami de ses parents. C'était le géant qui leur avait fait traverser le lac. Il paraissait effrayant sous sa barbe grisonnante. James dut se retenir de partir en courant, ou tout simplement de bafouiller des excuses en racontant qu'il s'était trompé en frappant à sa porte, mais quelque chose retint son attention. Le géant paraissait complètement abasourdi, et regardait James comme si c'était la première fois qu'il voyait un élève. James décida alors, après plusieurs secondes, de prendre son courage à deux mains et de parler à ce Hagrid.
-Bonjour, Monsieur. Je suis James Potter. Je suis désolé de vous déranger, mais je crois que vous connaissiez mes parents et ils ont voulu que je vienne vous rendre visite.
- James … Oh ! Oui… oui bien sur… entre !
James fut un peu gêné et intimidé mais il obéit et entra.
La maison semblait encore plus minuscule vue de l'intérieur. Elle n'était composée que d'une unique pièce, et un feu ronflait dans la cheminée. Aussitôt, un énorme molosse sauta à la figure de James et se mit à le lécher copieusement.
- Crockdur ! Arrête ça tout de suite !
-Crockdur ? demanda James en s'essuyant le visage d'un revers de manche.
- Junior. Crockdur Junior. C'était mon ancien chien, mais il était vieux et… enfin bref. Je suis vraiment ravi que tu sois venu me rendre visite. Nom de nom c'est dingue ce que tu ressemble à ton père ! Quand j'ai ouvert la porte, j'ai cru le revoir à ton âge, le jour où je suis allé le chercher. Ca m'a fait un choc !
L'énervement qu'avait éprouvé James lorsque Hagrid avait évoqué la ressemblance avec son père disparut instantanément, remplacée par la curiosité.
- Vous êtes allés chercher mon père ? Pourquoi ? Il ne pouvait pas venir tout seul à Poudlard ? Il avait bien de la famille ou…
- Tu le sais, James, ton père est quelqu'un de très spécial.
Non, sérieusement ?
- Oui, je sais qu'il a débarrassé notre monde de je ne sais quelle menace, mais lorsqu'il avait onze ans, il n'avait encore rien fait non ?
- Pas vraiment. Du moins pas consciemment.
James se demanda ce que cela signifiait, mais il ne posa pas de question. Ses parents n'avaient jamais voulu aborder ce sujet avec lui, et ce Hagrid n'avait pas l'air de souhaiter révéler lui-même tout cela à James. Dans un sens, il est vrai que ce n'était pas son rôle.
Après avoir discuté de ses parents avec Hagrid, lui avoir donné de leurs nouvelles, accepté poliment des biscuits secs durs comme du bois et failli se casser les dents dessus, il décida de partir. Déjà une heure s'était écoulée depuis son arrivée, et finalement il n'avait pas vu le temps passer en compagnie du géant. Malgré les apparences, il était en réalité très sympathique, même s'il était un peu bizarre parfois.
Hagrid raccompagna James jusqu'à la porte, et au moment où James sortit, il vit dans le potager quelque chose qui lui fit une peur bleue. Il ne s'attendait pas du tout à se retrouver nez-à-nez –ou plutôt dans ce cas-là nez-à-bec- avec une créature mi-cheval mi-aigle d'une couleur gris-bleu. Il poussa un hurlement horrifié, et recula d'un pas en marchant sur le pied de Hagrid qui ne remarqua même pas.
- N'aie pas peur ! Je te présente, Buck. Ou plutôt Ventdebout. C'est un vieil ami de ton père, lui aussi. C'est un hippogriffe, il est très gentil, il faut juste se montrer très respectueux envers lui et il t'adorera. Viens essayer.
James avait bien reconnu que c'était un hippogriffe, il en avait déjà vus dans des livres, sur des illustrations, mais jamais il n'en avait rencontré de vrais auparavant, et il se rendit compte que c'était bien différent. L'animal était d'une taille impressionnante, il aurait pu le réduire en bouillie avec ses énormes serres, mais il faisait confiance à Hagrid et s'approcha doucement.
- Bien, maintenant incline-toi.
James s'exécuta et attendit, puis, ne pouvant s'en empêcher, releva lentement la tête pour voir ce que faisait l'animal. Il fut alors abasourdi. La créature lui rendait son salut.
- Super ! Il doit savoir que tu es le fils d'Harry, il n'a jamais réagi aussi bien avec un inconnu. Je pense que tu peux lui caresser la tête, maintenant.
James approcha alors lentement et prudemment sa main de la tête de Buck. A l'instant où il toucha le plumage soyeux, il se passa plusieurs évènements simultanément.
Un cri d'effroi, désespéré, retentit avec force dans la forêt. L'hippogriffe, effrayé, s'envola et James eut une peur bleue en croyant que la créature l'attaquait. Il tomba à la renverse dans l'herbe fraîche et Hagrid l'aida à se relever.
- Bon sang ! Il y a des élèves dans la forêt ! Ne bouge pas James ! s'écria-t-il en s'enfonçant dans la forêt interdite.
James aurait voulu le suivre, curieux. Qui avait donc eu l'audace d'aller dans la forêt ? Que s'était-il passé ?
Il longea la lisière de la forêt, en espérant voir quelque chose sans pour autant y pénétrer. Puis il entendit à nouveau, beaucoup plus proche.
- Au secours !
C'était une voix de fille. Elle semblait vraiment tout près. Hagrid n'était pas parti dans la bonne direction.
James se faufila entre les arbres et l'obscurité l'envahit rapidement. Enfin, il vit un mouvement, il y avait quelqu'un, au pied d'un arbre, la tête levée. C'était Marguerite.
- Emma ! Attends-moi ici, je vais chercher de l'aide au château…
- Non, ne me laisse pas seule ! s'exclama une voix en haut de l'arbre.
- Marguerite ! Qu'est-ce qu'il se passe ? Emma est là-haut ?
- Oui… je… je ne sais pas ce qu'il s'est passé, elle s'est envolée toute seule et elle ne peut plus redescendre.
- Aïe ! s'écria Emma. Il y a quelque chose qui m'a mordu !
- James ! Va chercher de l'aide au château, moi je reste près d'elle.
- Non, j'ai une bien meilleure idée.
James fit alors demi-tour avant que Marguerite n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit. Il savait qu'Emma était en danger, bien qu'il ne sache pas quelle était la nature de ce danger. Il lui faudrait plus de dix minutes, pour aller jusqu'au château, trouver un professeur, et revenir. Or, il pouvait arriver n'importe quoi à Emma pendant ce temps-là. Il fallait agir vite.
James se dirigea vers le terrain de Quidditch. Il sortit sa baguette en arrivant devant la porte des vestaires et s'exclama :
- Alohomora !
La serrure produit un déclic et s'ouvrit. James entra et se dirigea vers la réserve du matériel. Il prit le premier balai qu'il trouva et se rua dehors, sans même penser à refermer la porte.
Dès qu'il fut dans le parc, il enfourcha son balai et décolla sans réfléchir, pensant seulement à son but.
Il passa au dessus de la cabane de Hagrid. Jamais, lorsqu'il faisait des parties de Quidditch avec son père, il n'avait volé aussi haut. Il n'avait pas droit à l'erreur, une chute pouvait être mortelle. Il survola la forêt interdite, et la vit enfin.
Emma était assise à califourchon sur une grosse branche, à côté d'un énorme nid qui semblait vide. On aurait dit qu'elle se débattait avec une créature invisible.
James fonça en piquée. Emma leva la tête, l'air hébété. James lui tendit la main qu'elle attrapa et il la hissa sur son balai. Elle s'accrocha de toutes ses forces à lui, visiblement prise de vertige, et James alla se poser en douceur dans le parc.
- Emma ? Tout va bien ?
Elle se contenta d'un bref mouvement de tête. Elle paraissait sous le choc. Marguerite surgit d'entre les arbres et se précipita vers eux.
- Que s'est-il passé Marguerite ? demanda James. Que faisiez-vous dans la forêt ?
- Je… je suis désolée, murmura Marguerite, sur le point de fondre en larmes. C'est moi qui ai voulu y aller. J'avais entendu dire qu'il y avait des Ronflaks Cornus et je voulais en trouver un. J'ai entraîné Emma, mais elle ne voulait pas qu'on y aille.
- Mais comment est-elle arrivée là-haut ? questionna James.
- Je n'en ai pas la moindre idée !
- Bon dieu ! C'est vous qui avez crié comme ça ? grogna une voix bourrue qui fit sursauter Marguerite.
Hagrid revenait bien entendu bredouille de la forêt.
- Les Sombrals ! Ils étaient fins énervés, je ne sais pas ce qui leur prend. Comme s'il y avait eu un intrus sur leur territoire. Vous n'êtes pas allées dans la forêt ?
Marguerite avoua ce qui s'était passé à Hagrid. Il ne parut cependant pas surpris quand elle parla d'Emma qui s'était envolée.
- Mais quel est le rapport avec les Sombrals ? demanda James. Vous ne les avez pas vus ?
- Bien entendu qu'elles ne les ont pas vus. La plupart des gens ne peuvent pas. Emma ne s'est pas envolée toute seule, c'est un sombral qui l'a emmenée dans son nid.
Emma ne disait toujours pas un mot, et tremblait de tous ses membres. Hagrid décida qu'il fallait l'emmener à l'infirmerie, d'autant plus qu'elle avait quelques blessures superficielles, sûrement infligées par le Sombral.
Après qu'ils eurent demandé une bonne dizaine de fois à Mme Pompresh comment Emma allait et si elle s'en remettrait, et que l'infirmière les eut rassurés, ils furent contraints de sortir de l'infirmerie et de rejoindre la Grande Salle pour le dîner. Mais ils ne purent franchir le seuil de la porte car quelqu'un leur barra le passage.
- J'ai appris ce qui est arrivé cet après-midi, annonça Teddy Lupin, l'air grave et le visage pâle.
- Emma va bien, assura James.
- Oui, je sais. Je viens d'aller la voir. Mais en tant que directeur de la maison Gryffondor, je dois vous dire qu'il était totalement imprudent de se promener dans la forêt. Je n'ai d'autre choix que de vous mettre une retenue, Marguerite. Quant à vous, James, forcer la porte de la réserve de matériel de Quidditch, et voler sur un balai de l'école sans permission, ce n'est pas vraiment en accord avec le règlement de cet école.
Il marqua une pause, puis ajouta :
- Cependant, avoir sauvé la vie de cette jeune fille est un acte de bravoure, et je pense qu'il serait logique que tu recoives une récompense, James.
Le visage de ce dernier s'illumina.
- Par ailleurs, Hagrid m'a raconté avec quelle grâce vous avez exécuté ce sauvetage aérien. Aussi, je pense qu'une dérogation pourrait être faite, afin que vous puissiez rejoindre l'équipe de Quiddtich de Gryffondor. Il leur manque un attrapeur, or je suppose que vous êtes prédisposé pour ce rôle puisque…
- … mon père était un attrapeur, s'exclama James, surexcité.
Pour une fois, la ressemblance avec son père ne le gêna pas. Tout comme lui lorsqu'il était à Poudlard, il allait se retrouver dans l'équipe de Quidditch, le plus jeune de l'équipe, dans le rôle le plus important : attrapeur.
- Je n'arrive pas à y croire !
- Tu aurais préféré que je sois puni aussi ?
- Non… non bien sur, se rattrapa Marguerite. Tu as sauvé Emma, tu mérites une récompense. Mais quand même ! Voler un balai, j'étais sure que les professeurs te puniraient pour ça.
- Je ne l'ai pas volé, je l'ai emprunté. Nom de nom, je n'arrive pas à croire… Attrapeur ! Je suis attrapeur !
- Ca non plus ce n'est pas normal, les premières années ne peuvent jamais jouer au Quidditch, d'habitude.
- Ils font des exceptions, des fois. Pour mon père, par exemple.
- Et j'imagine que c'est parce que tu es son fils qu'ils t'ont accordé ce privilège.
- Tu es jalouse, c'est tout ! Toi aussi tu aurais aimé intégrer l'équipe.
Mais vu la maladresse dont elle faisait preuve, ça n'aurait pas été une bonne idée, songea James. Cependant, il ne le dit pas. Il ne voulait pas se disputer de nouveau avec Marguerite. Elle aussi semblait soulagée de leur réconciliation, car elle ne répondit pas à James quand il évoqua sa jalousie. Même s'ils se chamaillaient, l'un comme l'autre ne voulait pas déclarer la guerre. Ils étaient unis –momentanément en tout cas- par rapport à Emma, chacun attendant de voir l'évolution de son état.
Elle se remit très bien, et sortit de l'infirmerie deux jours plus tard. Elle fut heureuse de reprendre les cours qui lui avaient manqués – James éclata de rire et la traita de folle. James riait beaucoup plus. Il n'était plus seul. Même la compagnie de Marguerite devait supportable –enfin presque.
Après le déjeuner dans la Grande Salle, ils partirent en direction de la salle de défense contre les forces du mal, impatients d'assister à un nouveau cours tout aussi passionnant que le dernier, mais ils furent déçus. Lorsqu'ils arrivèrent, il y avait un mot sur la porte.
"Le professeur Lupin sera absent jusqu'à jeudi, les cours ne seront pas remplacés et les élèves sont priés d'utiliser ces heures libres pour s'avancer dans leurs devoirs"
James fut déçu. Qu'avait donc Teddy ? Il avait l'air d'aller très bien, la dernière fois qu'il l'avait vu, samedi. Un petit peu plus pâle que d'habitude, peut-être. En tout cas, il espérait que ce n'était pas trop grave.
Le soir, il se rendit avec enthousiasme à son premier entraînement de Quidditch. Emma lui avait souhaité bonne chance lorsqu'il était sorti de la salle commune par le portrait de la grosse dame. Marguerite s'était contentée d'un vague signe de tête.
Lorsqu'il arriva sur le terrain, tous les autres joueurs étaient déjà présents, et un garçon qui devait être en septième année annonça :
- Bonjour à tous. Pour ceux qui viennent d'arriver dans l'équipe, je m'appelle Frank et je suis le capitaine et un des batteurs de l'équipe. On ne va pas parler stratégie aujourd'hui, mais nous allons juste jouer et je vous observerai pour voir votre niveau et votre façon de jouer.
Il se baissa et James remarqua à ses pieds une petite mallette. Lorsqu'il l'ouvrit, il se rendit compte qu'elle contenait quatre balles, dont deux essayaient vainement de se libérer des sangles qui les retenaient prisonnières.
James connaissait bien les régles du Quidditch. Il savait que les cognards étaient dangereux mais en voyant ces énormes balles noires, aussi lourdes et puissantes qu'un boulet de canon, il eut un peu peur. Il savait que la grosse balle rouge était un souaffle, et qu'il n'avait pas à s'en occuper. La dernière balle, c'était le vif d'or.
Lorsqu'il jouait avec son père, ils se contentaient de simples balles de tennis, mais James était assez doué pour les attraper. Il avait entendu dire que le vif d'or était extrêmement rapide, mais il était assez confiant. Il regarda avec émerveillement la petite balle dorée battre des ailes, puis s'éloigner jusqu'à en devenir invisible.
Tandis que les autres joueurs se mettaient en position pour le coup d'envoi du Souaffle, James partit à la recherche du vif d'or. Il avait laissé assez d'avance à la petite balle dorée. Maintenant, il fallait qu'il fasse ses preuves. Il fit un rapide tour de terrain, puis l'aperçut enfin. Il fonça dessus, mais le vif d'or était plus rapide qu'il ne l'imaginait et ne tarda pas à le semer. Il le retrouva un peu plus loin et donna toute la puissance de son balai, mais le vif d'or fit un demi-tour qui surprit James, et, le temps qu'il réalise et qu'il se retourne, il avait de nouveau disparut.
- L'entraînement est terminé ! annonça Frank. Ramenez les balles, je vais les ranger.
James voulut accélérer encore un peu mais son balai ne semblait pas de cet avis.
- James, que fais-tu ? Tu n'as pas encore attrapé le vif d'or ?
- Non, mais je…
- Dépêche-toi, il faut ranger le matériel et rentrer au château, il va bientôt faire nuit.
Dix minutes plus tard, James n'avait toujours pas attrapé le vif d'or et il n'en pouvait plus de sentir le regard de tous les autres membres de l'équipe, posés sur lui. Cela le déconcentrait encore plus. Les joueurs commencèrent à partir, lassés d'attendre, et il ne resta bientôt plus que Frank sur le terrain.
Enfin, cinq minutes plus tard, James attrapa enfin la balle dorée.
- Ca y est, je l'ai ! s'exclama-t-il en redescendant en piquée.
Mais Frank ne le félicita pas, et ne sembla pas aussi ravi que James. Lui non plus, après, n'était pas très fier de lui. Il avait mis un temps fou à attraper le vif d'or, et ça ne lui serait pas permis lors d'un match, s'il comptait assurer la victoire à son équipe.
Il se dirigea en compagnie de Frank vers les vestiaires et ils enlevèrent leurs robes de quidditch pour revêtir celles de l'école. Frank ne disait pas un mot. James n'en pouvait plus.
- Ecoute, je suis désolé. Je sais que j'ai été pitoyable, mais…
- Non, tu n'as pas été pitoyable. C'est normal, c'était ton premier entraînement. Tu feras mieux la prochaine fois. Et puis, tu n'as que onze ans après tout.
Frank sortit du vestiaire sans un regard en arrière.
Mais James savait que Frank disait cela pour lui faire plaisir. S'il avait été accepté dans l'équipe, c'est qu'il était censé être meilleur que les autres élèves de première année. Parce qu'il était le fils de Harry Potter et qu'il avait certainement hérité de son talent.
Il n'avait rien hérité du tout, même s'il en avait eu l'espoir. Il savait assez bien volé sur un balai, seulement grâce à ce que son père lui avait appris. En aucun cas ce n'était un don naturel, transmis par son père. Tous ceux qui avaient misé sur l'équipe de Gryffondor et son attrapeur surdoué le fils de Harry Potter allaient être déçus. James se sentit ridicule.
Lorsqu'il arriva dans la salle commune, il fut surpris de deux choses. Premièrement, Emma et Marguerite n'étaient pas là, et deuxièmement tout le monde se retourna à son arrivée. Il est vrai que c'était une scène assez habituelle pour James, mais jamais les autres ne l'avaient regardé autrement qu'avec admiration ou curiosité.
Là, il voyait des mines déçues, des sourires moqueurs, des regards foudroyants, comme s'il venait de commettre un crime et que tout le monde le savait coupable. Il aperçut alors les membres de l'équipe de Gryffondors, qui étaient revenus –tous sauf Frank - dans la salle commune bien avant lui.
Il comprit. Ses désastres à l'entraînement avaient l'air d'être désormais connus par tous les Gryffondors. Dégoûté, il ressortit par le trou du portrait et avança au hasard, ayant pour seul but de s'éloigner de plus possible de cet endroit.
Avec tous ces événements, il n'avait toujours pas fait ses devoirs, et décida d'aller à la bibliothèque. C'était le seul endroit en dehors de la salle commune où il pourrait travailler. Son cœur devint plus léger lorsqu'il aperçut Emma et Marguerite, assises à une table entre les étagères débordantes de vieux livres.
- James ! Comment s'est passé ton… James ? Ca ne va pas ?
Il leur raconta tout, de sa désastreuse performance à son arrivée dans la salle commune.
- Frank a raison, assura Emma. C'était seulement ta première séance. Tu auras le temps de progresser d'ici le prochain match. Ne t'en fais pas pour ça. Si les autres se moquent c'est qu'ils sont jaloux, voilà tout !
James regarda ce que les deux filles écrivaient sur leur parchemin et il se rappela soudain qu'il avait un devoir de potion à rendre pour le lendemain.
- C'est pour ça que nous sommes venues à la bibliothèque, expliqua Marguerite. Pour faire des recherches.
- Mais la bibliothèque ferme dans dix minutes, s'inquiéta James. Je n'aurais jamais le temps de trouver quoi que ce soit pour mon devoir.
Emma soupira.
- Ce n'est pas vraiment dans mes principes, mais vu ce qu'il t'est arrivé ce soir, je vais être indulgente.
Elle griffonna la dernière ligne de son devoir et le tendit à James.
- Tiens, je pense que ça pourra t'aider non ?
- Merci beaucoup Emma ! Tu me sauves la vie.
Marguerite sembla se renfrogner davantage et ratura avec violence une phrase de son devoir.
