Une fois arrivés à l'appartement du plus âgé, celui-ci se dirigea immédiatement vers la cuisine, à la stupeur de son cadet.

- Mais qu'est ce que tu fous ? Je croyais que t'allais appeler l'autre folle.

- Chaque chose en son temps. Et pour le moment, la priorité c'est que tu mange. Ca me stupéfie vraiment, fit Yamapi/Kame en sortant du matériel des placards. T'as jamais faim ?

- Bah non. Je suis habitué.

- T'es inconscient. Surtout que je sais par Jin que tu t'arrête jamais.

- De quoi il se mêle celui-là ?

- Je pense qu'il a remarqué plus de choses que tu crois et qu'il est inquiet pour toi-même s'il le dit pas. Tu veux que tes amis se fassent du souci pour ta santé ?

- Bah nan.

- Alors fais un effort et mange. Peut-être pas le matin si ça t'écœure vraiment, mais au moins le midi et le soir. Et puis pense à tes fans.

- Qu'est ce qu'elles viennent foutre dans l'histoire ?

- Je crois pas qu'adorer un sac d'os leur fasse plaisir. Si tu étais un peu plus comme Jin, je pense qu'elles ne t'en aimeraient que plus.

Un grognement lui répondit, mais le plus jeune ne le contredit pas, ce qui fit sourire le News, qui se mit à préparer ce qui prendrait le moins de temps, à savoir des nouilles instantanées avec un peu de viande et de légumes pour faire des simili ramen.

- Tu peux sortir des baguettes ?

- C'est où ?

Le leader de News lui désigna l'endroit et Kame/Yamapi alla les déposer sur la table.

- J'peux faire autre chose ?

- Non, c'est presque prêt. Je me suis pas cassé la tête tu sais. Va t'assoir en attendant si tu veux.

- Hum.

Le plus jeune alla donc prendre place sur le canapé du salon, mais il resta tourné vers la cuisine et celui qui s'y déplaçait. Car ce n'était pas lui-même qu'il y voyait soudain, mais bien Yamapi en personne. Et en l'observant, il se rendit compte qu'à cet instant, un observateur extérieur les aurait, tout comme Tegoshi, prit pour un couple. L'espace d'une minute, il se demanda ce que ça lui ferait si c'était vraiment le cas. Fermant les yeux, il revécut l'unique baiser qu'il avait échangé avec lui et il devait bien avouer que ça avait été loin d'être désagréable car Yamapi embrassait très bien.

- Bah alors Kame, tu t'endors ?

La voix du sujet de réflexion du plus jeune força celui-ci à revenir à la réalité et l'illusion du vrai Yamapi s'effaça, remplacée par sa propre image déposant deux bols remplis sur la table.

- Nan nan, marmonna-t-il, gêné après le tour étrange prit par ses pensées.

- Ah bon. Je me disais aussi, dit l'aîné en posant brièvement une main sur son épaule.

Pour bref qu'il ait été, le contact, auquel il ne s'attendait pas, fit tressaillir Kame/Yamapi, qui remercia intérieurement les dieux que son collègue se soit immédiatement éloigné et n'ai donc rien pu sentir.

Se donnant une claque mentale, il se leva et alla s'assoir, troublé malgré lui.

- Itadakimasu !

- Itadakimasu…

- Et tu mange tout, ne. Laisse pas dépérir mon corps.

- Dépérir ce tas de muscles ? Pour un seul repas ? Tu exagèrerais pas un peu nan ? Ca risque pas, le taquina le cadet pour cacher son agitation intérieure.

- Oi. Mange au lieu de raconter des conneries, rigola Yamapi/Kame en donnant une tape à l'arrière du crâne de son vis-à-vis.

- Haaaaaai, répondit ce dernier avec un entrain réel.

Etrangement, malgré l'échange de corps et leur situation abracadabrante, il se sentait plus léger en cette minute qu'il ne l'avait jamais été et ça jouait positivement sur son humeur.

- Goshisosama deshita, fit-il en joignant les mains lorsque le contenu de son bol eut disparu.

Cette constatation fit sourire l'aîné.

- Tu vois que c'est pas la mort de manger le soir.

- Ouais mais faire la cuisine tout seul, même si j'aime ça, c'est pas cool.

- Bah qu'est ce qui te force à rester seul si t'aime pas ça ? Fais une coloc avec Jin ou un des autres KAT-TUN.

- Nan. Avec Jin on a des caractères trop semblables, on se foutrait sans arrêt sur la gueule. Taguchi, je tiendrais pas une semaine entre ses jeux vidéo, ses blagues pouraves et sa constante bonne humeur, il est épuisant. Tat-chan me déprimerait, c'est pas un marrant et il est pas bavard en prime. Koki, ça me ferait trop bizarre, je saurais pas t'expliquer pourquoi.

- Et bah il reste Nakamaru. Ca irait pas avec lui ?

- Peut-être, je sais pas.

- Tu devrais en parler avec lui.

- Hum…

Le News se leva et empila les deux bols, puis les ramena à la cuisine.

- Et toi ?

- Quoi moi ? demanda Yamapi/Kame en faisant couler de l'eau dans l'évier pour faire la vaisselle.

Se rendant compte qu'il avait été sur le point de lui demander si lui ne voudrait pas devenir son coloc, le plus jeune fut si surpris, qu'il en resta tout d'abord muet.

- Tu… Enfin ça te pèse pas la solitude ? demanda-t-il à la place.

Que lui prenait-il de penser ce genre de chose alors que, si peu de temps auparavant, ils ne se supportaient pas ? Et ce Yamashita qui agissait avec lui comme s'ils avaient toujours été potes, qu'est ce qui lui prenait à lui aussi ?

- Hum… Parfois un peu c'est vrai, répondit ce dernier. Mais en général ça va. Et puis je suis jamais vraiment tout seul, il y a souvent un des gars qui débarque à l'improviste.

- Comme Koyama et Tegoshi ?

- Ou comme Ryo. Shige et Massu viennent rarement.

- J'ai pas eu de bol alors.

- Ben je suis jamais malade alors faut avouer…

Il y eut un blanc, puis :

- Bon, sinon t'appelle la nana ? Je voudrais récupérer mon corps au plus tôt. Je suis pas à l'aise dans ta peau.

Le leader de News opina, puis sortit de sa poche le papier où était inscrit le numéro de téléphone et le composa sur le portable de son collègue. Il y eut quatre sonneries, puis le répondeur se déclencha et Yamapi/Kame soupira.

- Amaguchi-san, c'est Yamashita Tomohisa. Je sais que vous ne serez pas surprise que je vous parle avec la voix de Kamenashi Kazuya car nous sommes certains que vous n'êtes pas pour rien dans ce qui nous arrive. Je ne sais pas quel but vous poursuivez, mais il faut que ce sort ou je ne sais quoi cesse au plus tôt. Je ne pense pas que vous vous soyez rendue compte des problèmes que cet échange provoque. Recontactez-moi dès que vous avez ce message, peu importe l'heure.

Sur ces mots, il raccrocha et Kame/Yamapi le dévisagea avec stupeur.

- Comment t'as pu rester si calme ? Moi je l'aurais pourrie cette…

- C'est justement pour ça qu'il valait mieux que ce soit moi qui parle, le coupa son aîné. Je ne pense pas qu'on ait intérêt à braquer celle qui tire les ficelles. On a besoin d'elle.

- Et maintenant ?

- Maintenant on attend qu'elle rappelle. Je vais dormir ici ce soir, comme ça si quelque chose se produit pendant la nuit…

Le cadet ne protesta pas et suivit son collègue qui retournait à la vaisselle abandonnée.

Tandis qu'il plongeait les mains dans l'eau savonneuse, quelque chose revint à l'esprit du plus jeune.

- Attends, tu vas pioncer ici ?! Mais t'as qu'une seule chambre !

- Je sais.

- Ah nan nan, faut pas déconner. Je dors sur le canap' alors.

- Dis pas n'importe quoi. Mon canapé est pas prévu pour que qui que ce soit dorme dessus. Il est dur et je veux pas que mon corps soit cassé et courbaturé.

- Bah dors dessus alors.

- Qu'est ce que je viens de te dire ? Ce qui est valable pour mon corps l'est aussi pour le tien, bakame. Sois pas con, ça te tuera pas de dormir dans mon lit, surtout qu'il est grand.

- Nan mais…

- Je te ferais rien, va. T'es pas mon genre.

Il y eut un nouveau silence et, sans comprendre pourquoi, Kame se sentit à la fois vexé et blessé de l'affirmation de son collègue.

- Ca tombe bien, t'es pas le mien non plus, grogna-t-il en réponse.

- Alors tout va bien, de quoi t'as peur ?

- J'ai peur ?

- Tu tremble.

- Mais nan je tremble pas. T'as fumé ou quoi ? prétendit le KAT-TUN qui tremblait bel et bien.

Un sourire en coin naquit sur les lèvres de Yamapi/Kame, qui se dirigea vers la chambre sans rien ajouter, laissant le cadet seul avec ses réactions. C'était quoi ce délire ? Il faisait quoi lui ? Et lui-même ?

Sa fierté piquée au vif, il commença par s'allonger sur le canapé, mais après une demie heure à se tourner et retourner sur l'assise rigide, il se résolut à rejoindre la chambre.

Sentant le matelas s'alourdir d'une présence, Yamapi/Kame sourit de son côté et referma les yeux, ne tardant pas à s'endormir. De son côté, bien trop conscient de la présence immobile de son collègue qui lui faisait dos, Kame/Yamapi, une nouvelle fois troublé, eut le plus grand mal à trouver le sommeil et ne parvint à s'endormir qu'au petit matin, une heure à peine avant que le réveil du News sonne. Un grondement d'ours des cavernes monta alors de sa gorge et il se retourna en fronçant les sourcils, agacé du bruit.

- Kame… l'appela Yamapi/Kame; Faut te lever sinon on va être à la bourre.

- Va te faire foutre, je viens de m'endormir…

- Je comprends, mais le boulot en décide autrement. Il va falloir que tu prenne sur toi.

- Ah putain, mais qu'est ce que tu… commença-t-il avant de s'interrompre.

En ouvrant les yeux, son regard venait de tomber sur celui de son vis-à-vis, lui coupant la parole.

- Qu'est ce que tu fous si près de moi ? marmonna-t-il, gêné, sans pour autant rompre le contact visuel.

- C'est toi qui t'es rapproché quand tu t'es retourné.

- Bah tu t'es pas reculé.

- Bien vu.

- Pourquoi ?

- Aucune idée. J'avais pas envie.

Le naturel de cette réponse cloua le bec au cadet, qui se hâta de se lever.

- Qu'est ce que t'as ? T'es gêné ? demanda l'aîné qui connaissait très bien la réponse.

- B… Bien sûr que non, tu me prends pour qui ?! balbutia-t-il en prenant sur lui pour se tourner vers son compagnon de lit.

- So ka. Va à la salle de bain en premier si tu veux. Je vais déjeuner pendant ce temps.

- Hum…

C'est au moment où son aîné se leva, que Kame/Yamapi prit soudain conscience que tous deux n'étaient vêtus que d'un boxer et, bien que se déshabiller devant les autres KAT-TUN ne lui ait jamais posé le moindre problème, il se sentit soudain embarrassé. Et il détestait cette sensation car il ne la comprenait pas.