- Alors voilà le nouvel espoir de l'équipe de Gryffondor ?
- Lui ? Le fils de Harry Potter ? Il doit y avoir une erreur.
- …même pas capable d'attraper un vif d'or…
- Les Gryffondors peuvent dire adieu à la coupe de Quidditch, je crois…
En descendant dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner, James fut assailli par les railleries de la part des élèves de Serpentard, heureux de savoir que celui qui aurait pu être un obstacle les empêchant de remporter la coupe de Quidditch était en réalité incapable de faire gagner son équipe.
Les Gryffondors, eux, paraissaient déçus que leur noble maison soit ridiculisée ainsi à cause d'un seul élève, et ils ignorèrent royalement James. Quant aux Serdaigles et Poufsouffle, ils paraissaient aussi enjoués que les Serpentards, mais eux au moins ne lançaient pas de sarcasmes à James.
La matinée de cours lui parut interminable, il n'arrivait pas à se concentrer et au lieu de transformer son allumette en aiguille, il la fit s'enflammer, ce qui lui valut un regard perçant et accusateur de la part de McGonagall.
Le déjeuner ne fut pas tellement plus agréable, et lorsque Emma proposa de remonter dans la salle commune, James refusa :
- Je suis navré, mais je ne peux plus supporter ça. Je crois que je vais aller rendre visite à Hagrid cet après-midi.
- Alors nous venons avec toi ! répondit Emma. N'est-ce pas, Marguerite ?
- Euh… oui, oui bien sur. Si vous voulez.
Hagrid fut ravi de voir qu'Emma allait mieux après son petit accident. Il leur servit à tous les trois une tasse de thé accompagnée des mêmes biscuits durs qu'il avait offerts à James la dernière fois.
- J'ai appris que tu avais été accepté dans l'équipe de Quidditch de Gryffondor, James. C'est génial ! Je savais que tu serais aussi doué que ton père.
James croisa le regard d'Emma, un peu gêné.
- Est-ce pour son talent au Quidditch que mon père était aussi célèbre ? demanda James, bien qu'il connaisse déjà la réponse. Mais il voulait en apprendre plus sur un sujet qui le tracassait depuis sa dernière visite chez Hagrid.
- Non, même si cela lui a valu des admirateurs supplémentaires. Comme je te l'ai dit la dernière fois, ton père était déjà célèbre avant d'entrer à Poudlard. Depuis qu'il a un an, son nom est connu dans le monde des sorciers.
- Un an ? Ce n'est pas l'âge qu'il avait quand mes grands-parents sont morts ?
- Si, et c'est depuis ce jour qu'on l'appelle le Survivant.
- Le Survivant ? Vous voulez dire que mon père aurait du mourir, lui aussi ?
- Oui, mais il est vivant, et c'est le principal, non ?
- Oui. C'est le principal, murmura James qui comprit qu'Hagrid ne voudrait rien lui révéler de plus.
Il alla se coucher ce soir-là, avec une certaine appréhension en pensant à la journée du lendemain, où il serait de nouveau confronté aux Serpentards.
Et il ne fut pas déçu. Le cours de potions avec les Serpentards fut une horreur. Ils ne cessaient de lancer sur James toutes sortes d'ingrédients en le huant, et à un moment, un garçon lui envoya même en pleine tête une fiole remplie d'une substance visqueuse.
- Mr Potter ! hurla Gatelov tandis que James tentait d'essuyer la substance qui lui dégoulinait sur le visage. Voulez-vous bien cesser de faire votre intéressant ?
- Mais professeur ! C'est eux qui me lancent des…
- La ferme Potter, où je retire des points à votre maison !
Mais James n'écoutait pas. Il sentait sa peau le brûler atrocement, de plus en plus intensément, et posa les mains sur son visage, se retenant de crier.
- Tergeo ! s'exclama Emma, faisant disparaître le liquide gluant.
Elle eut un mouvement de recul. James avait moins mal mais il se demandait pourquoi Emma et les autres le regardaient ainsi.
-James ! Ton visage ! s'affola Emma.
James passa lentement sa paume sur son visage et sentit de grosses pustules qui lui recouvraient la peau.
-Professeur ! Il faut l'emmener à l'infirmerie, s'indigna Emma.
- Je ne vois pas en quoi des boutons le dispenseraient de cours.
- Mais…
- La ferme ! Vous viendrez tous les deux en retenue vendredi soir, ça vous apprendra le respect.
Ils furent abasourdis par cette injustice, mais ils furent obligés de se taire. Les pustules de James le démangeaient affreusement, et il crut qu'il allait devenir fou. Les Serpentards le regardaient en hurlant de rire, et dès que la sonnerie retentit, James se rua en dehors de la salle de cours, Emma et Marguerite sur ses talons.
- C'est vraiment totalement et indéniablement injuste ! s'indigna Marguerite. Vous n'avez rien fait ni l'un ni l'autre alors que…
- On sait, Marguerite, coupa Emma. Mais pour l'instant, le plus urgent est d'emmener James à l'infirmerie.
- Je suis assez grand pour y aller tout seul. Vous feriez mieux d'aller en cours, vous risquez de vous attirer encore plus d'ennuis.
- Ne t'en fais pas, le professeur McGonagall comprendra qu'on t'aie accompagné à l'infirmerie.
Mme Pompresh, l'infirmière, étala une pommade à base de pus de Bubobulb, et ses boutons disparurent quasiment instantanément. Il se sentait cependant un peu fiévreux et l'infirmière insista pour qu'il reste jusqu'au dîner pour se reposer.
Il rejoignit ses deux amies dans la Grande Salle, sous les rires des Serpentards, mais il n'y prêta pas attention. Il se sentait beaucoup mieux après sa petite sieste à l'infirmerie.
- Ah ! James ! Comment te sens-tu ?
- Mieux, beaucoup mieux.
- C'est super alors. On s'en sort pas si mal finalement. Il nous reste la retenue à faire avec la vieille pie, mais bon… Qu'est-ce qu'elle t'a fait faire, Marguerite, quand tu étais en retenue la semaine dernière ?
- J'ai du nettoyer des bocaux et de vieux chaudron sales. Certains étaient répugnants, je me demande ce qu'il y avait bien pu y avoir dedans.
- Tant que ça ne me donne pas d'autres boutons… ajouta James.
La semaine passa et ce fut le vendredi soir après le dîner qu'ils se dirigèrent sans enthousiasme en direction des cachots sombres et glacés, laissant Marguerite remonter seule dans la salle commune, en leur jetant un regard encourageant et à la fois triste de rester seule pendant toute la soirée. Pourtant, James songea que sa situation était préférable à la leur. Il fut heureux de ne pas être seul à aller en retenue, d'avoir Emma à ses côtés.
Comme ils s'y étaient attendu, Gatelov leur fit nettoyer des bocaux et des vieux chaudrons répugnants. Mais après tout, pensa James, ça aurait pu être pire avec elle. C'est à ce moment qu'un énorme brouhaha résonna au dessus d'eux.
- Nom de… Encore cet esprit frappeur ! s'exclama Gatelov, furieuse. Restez-là vous deux !
Puis elle sortit du cachot et ils l'entendirent monter dans les étages. James arrêta un instant sa besogne, épuisé.
- Ouf ! On peut dire merci à cet esprit frappeur. Espérons qu'il la retienne un moment.
- Si c'est le cas, elle sera sûrement furieuse quand elle reviendra si elle voit qu'on n'a pas travaillé.
Mais James n'écoutait pas. Il s'était approché du bureau de Gatelov et regardait avec curiosité les papiers entassés dessus.
- James ! Ne touche à rien. Si jamais elle revient…
Il remarqua une lettre écrite à la main sur un vieux morceau de parchemin et s'approcha pour la lire.
« Chère Odile,
Si tu lis cette lettre, c'est que tu n'es plus une enfant et que tu n'es plus sous l'autorité de l'orphelinat.
Je voulais que tu saches la vérité, la raison pour laquelle ton père et moi avons du te confier à d'autres personnes, plutôt que de t'élever nous-mêmes. Ainsi, j'ai confié cette lettre à la directrice de l'orphelinat et lui ai demandé de te la donner lorsque tu serais majeure et prête à connaître la vérité. La lettre ne pouvait se révéler qu'à ce moment et pas avant, et seulement quand tu la prendrais entre tes mains.
Ton père et moi avons de lourdes responsabilités. A l'heure qu'il est, tu auras sûrement déjà eu l'occasion de faire tes preuves à Poudlard, et je le pense, devenir une grande sorcière. Tu n'es pas sans savoir que dans notre communauté, des sorciers n'ont pas acquis leur pouvoir de leurs ancêtre, mais d'une autre manière qui reste sombre et mystérieuse. Nous avons décidé d'éliminer tous les sorciers qui n'en sont pas réellement, qui ont usurpé leur pouvoirs à d'honnêtes gens comme nous. Ce ne sont que des moldus, et si aujourd'hui ils sont peu nombreux à s'introduire dans notre monde, nous ne pouvons les laisser continuer, sinon ils finiront par prendre le dessus, et éliminer ainsi tous les vrais sorciers. Notre mission est extrêmement dangereuse et notre vie est des plus instables. Ce n'était vraiment pas le cadre idéal pour élever une petite fille comme toi. De plus, tu serais une cible facile pour ceux qui tentent de nous empêcher d'atteindre notre but. Si nous t'avons abandonné, c'était pour ton bien, ta sécurité. Mais sache que quoi qu'il arrive je ne t'oublie pas, et je suis sure qu'à l'heure où tu liras cette lettre, je penserai encore à toi.
Aujourd'hui, alors que tu es enfin libre, tu peux choisir de nous rejoindre, nous t'attendons à bras ouverts. Je me doute que ces longues années sans te connaître seront éprouvantes et le moment venu, quand je te reverrai enfin, sera le plus heureux de ma vie. Tu nous seras une alliée précieuse, tu pourras nous aider dans notre mission. Au moment où j'écris cette lettre, ton père et moi avons un pouvoir extrêmement important sur le monde des sorciers, mais il reste encore beaucoup de résistants, d'opposants à notre régime. Aujourd'hui, peut-être qu'il n'y en a plus grâce à nos efforts, ou peut-être que si. Dans ce cas, nous avons besoin de ton aide. Nous ne serons jamais assez nombreux pour arrêter les opposants, jamais. Tu as le choix, Odile. Mais toi seule peut décider du bon chemin à prendre. Ne te laisse pas berner par les moldus, jamais. Ils veulent prendre notre place, et ils utilisent la ruse pour nous duper. Ne les laisse jamais atteindre leur but. Soit digne de ton père, le Seigneur-des-Ténèbres, et de ce que lui et moi avons accompli pour protéger le monde des sorciers.
Ta mère, Bellatrix Lestrange »
James resta abasourdi devant cette lettre. Il essayait de réfléchir, mais trop de pensées se bousculaient dans sa tête, il ne comprenait rien.
- Emma… viens voir ça.
Mais il entendit des pas approcher et la porte s'ouvrit à la volée à l'instant où il avait atteint son chaudron et recommencé à l'astiquer. Gatelov ne remarqua rien. Il se passa encore une heure, une longue heure pendant laquelle James se posa une multitude de questions.
Cette lettre, vraisemblablement, avait été écrite par quelqu'un pendant une période où les nés-moldus étaient chassés, tués. La période dont lui avait parlé son père. Il l'avait donc connue. Harry était-il un opposant dont Bellatrix Lestrange parlait ? Etait-ce pour cela qu'il était célèbre ? Mais pourquoi lui plutôt qu'un autre ? Après tout il n'avait pas été le seul à se battre contre ce régime discriminatoire.
Et cette Bellatrix Lestrange, où était-elle maintenant ? Si ses plans avaient été empêchés, elle avait certainement été arrêtée et mise en prison. Alors elle n'avait jamais revu sa fille. Et son père ? Le Seigneur-des-Ténèbres. James trouvait ce surnom ridicule, mais il se demandait quel était son vrai nom, et si lui aussi avait été arrêté… ou tué ?
James parla du contenu de la lettre dès qu'il eurent quitté le cachot obscur et puant. Elle parut un peu surprise et apeurée à l'idée que les nés-moldus comme elle puissent de nouveau être traqués.
- Et si Gatelov essayait de rétablir ces règles à propos des enfants de moldus ? Si elle rejoignait ses parents pour les aider ?
- C'est possible, mais ses parents doivent être derrière les barreaux à l'heure qu'il est, la rassura James.
- Oui. Sûrement. Tu dois avoir raison.
Le week-end suivant, ils furent tellement surchargés de devoirs qu'ils furent contraints de passer leur dimanche après-midi enfermés à la bibliothèque, malgré le soleil qui illuminait le parc. James regardait par la fenêtre d'un air envieux.
- James ! Arrête de rêvasser !
- Oh ! Pardon, Emma. Mais j'en ai marre, je ne sais pas quoi écrire sur cette fichue guerre, ces fichus gobelins aux noms impossibles.
- Regarde dans un livre d'histoire, tu devrais trouver des choses intéressantes.
James grommela et prit le premier livre de la pile qu'Emma avait posée sur la table. Il lut le titre.
« Histoire de la magie récente : La Seconde Guerre »
James songea que ce livre traîtait peut-être de la guerre entre les sorciers et les gobelins et l'ouvrit à une page au hasard.
« …ministère était sous contrôle. Des rafles de nés-moldus et d'opposant furent mis en place. Il était de plus en plus difficile de résister, même l'Ordre du Phénix, une organisation luttant contre les forces du mal, dut arrêter de se battre, et ses membres partir se cacher afin de ne pas être mis en prison.
C'était une période sombre. Personne n'était à l'abri d'autre chose que du statut de son sang. Les sangs-purs étaient protégés, mais pour les autres sorciers, ils vivaient continuellement dans la peur. Les moldus étaient massacrés sans retenue.
Même la jeune génération ne pouvait pas tenter de se révolter. Poudlard était également sous le contrôle du Seigneur-des-Ténèbres – le cœur de James fit un bond. Un de ses plus fidèles partisans, Severus Rogue, avait été nommé directeur. Les Carrows, actuellement derrière les barreaux, avaient pour habitude de torturer les élèves qui s'opposaient à eux. En effet, un petit groupe solidaire, connu sous le nom « Armée de Dumbledore » a lutté courageusement contre les Carrow, et a tenté de protéger les plus jeunes élèves de leur cruauté. On peut noter que ces adolescents ont résisté plus longtemps encore que l'Ordre du Phénix lui-même !
Un jour enfin, leurs efforts ont porté leurs fruits. En effet, les autres professeurs de Poudlard, lassés d'obéir aux ordres de Mangemorts, se sont révoltés à leur tour. Les Carrow ont été maîtrisés rapidement, et le directeur s'est enfui. Son corps a été retrouvé le lendemain, dans la cabane hurlante, à Pré-au-Lard.
Quoi qu'il en soit, cette révolution à Poudlard avait engendré la colère du Seigneur-des-Ténèbres, qui a immédiatement envoyé ses troupes pour stopper cette tentative de résistance. Pourtant, les élèves et professeurs ont été rejoints par des membres de l'Ordre du Phénix, des habitants de Pré-au-Lard, et les professeurs ont su utiliser les ressources et les secrets cachés du château contre leurs assaillants. Malgré tout, le combat restait égal. Chaque camp a subit de lourdes pertes, mais aucun ne l'emportait sur l'autre. Alors, le Seigneur-des-Ténèbres est venu en personne et tout espoir de victoire semblait réduit à néant.
C'est alors que le dernier espoir, qu'on croyait fini, tué par la propre main du Seigneur-des-Ténèbres, a ressurgi, bien vivant, et a vaincu sous les yeux de centaines de personnes, Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. L'élu, le Survivant, Harry Potter avait éliminé la plus grande menace pour le monde des sorciers. Les Mangemorts ont été capturés et envoyés en prison, à part quelques uns qui avaient décidé de basculer dans notre camp durant la bataille et nous avaient aidés à atteindre la victoire.
Depuis ce jour, la communauté des sorciers vit dans la paix, débarrassée de Vous-Savez-Qui, et remerciant chaque jour notre héros, Harry Potter. »
- … James ? James ! Tu m'écoutes oui ?
Ce dernier revela la tête subitement.
- Hein ?
-Alors, tu trouves quelque chose d'intéressant dans ce livre oui ou non ?
-Que…
- Sur les gobelins ? James, le devoir d'histoire de la magie !
- Les gobelins ? Oh ! Mais je me fiche des gobelins ! Lis ça !
Il montra le livre à Emma. Elle mit quelques minutes pour lire, puis regarda James d'un air perplexe.
- Alors c'est pour cela que ton père est célèbre ? Parce qu'il a vaincu ce… ce « Vous-Savez-Qui » ?
- Bien sur, coupa Marguerite.
Les deux autres se retournèrent et la regardèrent d'un air surpris.
- Eh bien oui. Mes parents étaient des amis proches de ton père, James, je te l'ai déjà dit. Ils étaient présents lors de la bataille de Poudlard. Et c'étaient eux qui menaient l'Armée de Dumbledore. Ils communiquaient grâce à des gallions ensorcelés. Mes parents les ont encore. Ils les ont gardés en souvenir.
- Alors tu savais depuis le début ce qu'avait fait mon père… et tu ne m'as jamais rien dit ?
- Je pensais que tu le savais ! C'est ton père après tout !
- Mais et ce Seigneur-des-Ténèbres… quel est son vrai nom ? J'ai déjà lu ce pseudo sur dans la lettre sur le bureau de Gatelov. C'est son père !
Emma avait déjà compris, car James lui avait parlé du contenu de la lettre, mais Marguerite parut affolée. James continua :
- Pourquoi ne l'appellent-ils jamais par son vrai nom. Toujours ces surnoms bizarres. « Vous-Savez-Qui » ! Et bien non, on ne sait pas qui ! Si ils nous le disaient ces idiots on pourrait peut-être savoir c'est qui et là ils pourraient écrire "vous savez-qui" puisqu'on saurait qui c'est ! Mais là on ne sait pas qui c'est donc ils ne peuvent pas mettre "vous-savez qui".
Les deux filles le fixaient avec une expression de totale incrédulité.
-Quoi ?! Traduction s'il te plait ! lança Emma.
- En gros on ne sait pas qui est "vous-savez-qui".
- Ben, on devrait le savoir, non ! Hihi ! pouffa Marguerite
- Pff, laisse tomber ! lança James en refermant le livre d'un coup sec, en prenant ses affaires sous le bras et quittant la bibliothèque.
Il n'en pouvait plus de cette peste de Marguerite. Elle avait bien du se rendre compte, lorsqu'il avait essayé d'interroger Hagrid sur son père, qu'il ne savait pas grand-chose. Or, elle connaissait toute l'histoire, la raison pour laquelle Harry était si célèbre, et elle ne lui avait rien dit. Et maintenant que James avait découvert la vérité et qu'il voulait en savoir un peu plus, sur « Vous-Savez-Qui », le père de Gatelov, elle ne le prenait pas au sérieux. Pourtant, Gatelov pouvait devenir aussi dangereuse que son père, James en était certain. L'avantage, c'est qu'elle ne paraissait pas avoir de partisans. L'inconvénient, c'est que James était persuadé qu'il était le seul, avec Emma et Marguerite, à connaître l'identité des parents de Gatelov.
« Les Mangemorts ont été capturés et envoyés en prison… ». Bellatrix Lestrange s'y trouvait donc sûrement. A moins qu'elle ait été tuée dans la bataille, ou qu'elle fasse parti de ceux qui auraient changé de camp durant la bataille. Pourtant, même si James ne connaissait pas cette femme, il était certain que jamais elle n'aurait changé de camp. Elle avait l'air tellement convaincue que les idées du Seigneur-des-Ténèbres étaient dignes, elle semblait éprouver tellement d'affection, d'admiration envers celui qui avait su prendre le pouvoir par la force. James était certain qu'elle ne l'aurait jamais abandonné, même pour sauver sa propre vie. Si jamais, elle était encore en vie, James devait à tout prix s'assurer que sa fille ne réussisse pas à la retrouver. Si la mère et la fille devenaient plus puissantes ensemble, alors Harry serait en danger ! Ayant tué le Seigneur-des-Ténèbres, elles voudraient se venger en le tuant. James sentit une boule se former dans sa gorge à l'idée que son père puisse être en danger.
Il continua à s'en inquiéter les jours suivants, mais il y avait autre chose qui le préoccupait tout autant. La prochaine séance de Quidditch approchait, et il avait peur de se ridiculiser de nouveau. Frank l'encouragea à la sortie des vestiaires, mais il ne se sentit pas mieux pour autant. Il décolla du sol avec appréhension.
Il y eut un point positif : James attrapa le vif d'or bien avant la fin de l'entraînement, cette fois-ci. Le point négatif, c'est qu'il reçut un cognard en pleine tête quelques secondes après son exploit. Il se réveilla à l'infirmerie un quart d'heure plus tard, avec un mal de crâne affreux. Emma était assise sur le rebord de son lit.
- Comment tu te sens ?
- Pitoyable.
- Frank est content. Tu as attrapé le vif d'or, cette fois.
-Sauf que je me suis pris un cognard en pleine tête, et que si je n'arrive pas à être assez rapide pour les éviter le jour du match, ça risque d'être un peu gênant.
-Je crois que cela est égal à Frank. Du moment que tu attrapes le vif d'or avant d'être assommé, s'esclaffa-t-elle.
James eut un sourire. Il se demanda laquelle de ces deux premières séances de Quidditch avait été la pire. Malgré son mal de crâne, il fut persuadé que la première avait en fait été la pire. Il avait beau avoir été assommé, au moins il avait accompli quelque chose aujourd'hui.
James devait passer la nuit à l'infirmerie, et retourner en cours le lendemain matin. Il fut surpris de voir que Marguerite n'était pas avec Emma.
-Euh…je suis désolée, Marguerite n'a pas pu venir car…
-Je m'en fiche complètement, Emma.
-Oh James ! Alors tu lui en veux vraiment pour l'autre fois, à la bibliothèque ?
-Non, tu crois ?
- En réalité, c'est à cause de ça qu'elle n'est pas venue. Elle savait que tu réagirais ainsi.
- Ne me dis pas qu'elle voulait venir me voir à l'infirmerie. Je n'en crois pas un mot.
- James, elle est triste depuis votre dispute.
- Ce n'est pas mon problème, elle n'avait qu'à y penser avant.
- Et moi ? Qu'est-ce que je fais là au milieu ? Je refuse de choisir entre Marguerite et toi.
- Bon très bien, tu as gagné. Je supporterai sa présence, mais ne t'attends pas à ce que je lui accorde une traitement de faveur. C'est uniquement pour toi que je fais cela.
James tint sa promesse et accepta la présence de Marguerite les jours qui suivirent, bien qu'il ne lui accorda pas un regard ni une parole. Ils ne purent cependant s'empêcher d'exploser de joie lorsqu'ils virent, le mardi suivant, que Gatelov était absente et qu'ils n'avaient pas cours de potions. Même la perspective de devoir subir un nouvel entraînement de Quidditch le soir-même ne suffit pas à casser la bonne humeur de James.
Il était beaucoup moins inquiet désormais. Il n'était peut-être pas extrêmement brillant en tant qu'attrapeur, mais plus les semaines passaient, plus il faisait des progrès. Il n'avait plus reçu aucun cognard en pleine tête, et il attrapait de plus en plus souvent le vif d'or. Même s'il était encore loin d'être aussi doué que son père, ses progrès étaient encouragés par les Gryffondors, et commençaient à inquiéter les autres maisons, en particulier Serpentard, dont le premier match contre Gryffondor approchait.
C'est donc avec le sourire que James alla se coucher ce soir-là dans son lit à baldaquin, prêt à passer une nuit paisible et reposante.
Il se trouvait sur une île plongée dans les Ténèbres. Autour de lui, de puissantes vagues venaient s'écraser contre des rochers. Devant lui, se dressait un immense bâtiment en pierre triangulaire, sans aucune fenêtre. On aurait dit que cet endroit était abandonné depuis des lustres tellement il paraissait sinistre. James s'approcha d'une grille, et se retrouva face à deux sorciers imposants, qui le saluèrent.
- Miss Gatelov ? Que nous vaut l'honneur de votre visite ?
- Je dois voir un de vos prisonniers de toute urgence.
- Bien entendu. Lequel ?
- Greyback. Fenrin Greyback. Le loup-garou.
Les deux hommes parurent un peu surpris, mais acquiescèrent et lui ouvrirent la grande grille. Tout devint flou pendant quelques instants, puis James se retrouva devant un visage atroce, dissimulé derrière des barreaux.
- Tu étais là. Je le sais. Tu as vu le garçon lorsque ton maître a essayé de le tuer. Comment cela s'est-il passé ?
- Qu'est-ce que ça peut vous faire ? En quoi mon maître vous intéresse-t-il ? Vous êtes du côté de ceux qui l'ont tué.
- Espèce d'idiot ! Tu ne comprends donc pas ? Je joue un rôle, mais en réalité je veux essayer de faire revenir le Seigneur-des-Ténèbres au pouvoir. Et je sais très bien que toi, tu n'as jamais vraiment été à son service, seulement parce qu'il pouvait t'offrir du sang, des proies pour assouvir ta faim. Mais quoi qu'il en soit, j'ai besoin que tu me dises ce que tu sais. Le garçon avait à priori quelque chose de très important avec lui, cette nuit-là, quelque chose qui pourrait nous être utile, qui pourrait te faire sortir de cette cellule.
- Cela s'est passé dans la forêt. La forêt interdite. Le garçon est tombé. On a tous cru qu'il était mort, mais ce petit garnement n'a fait que simuler.
- Mais il a pu la laisser tomber par terre lorsqu'il s'est effondré. Elle est peut-être donc bien restée dans la forêt.
- Laisser tomber quoi ? demanda le loup-garou.
Tout s'estompa et James se réveilla en sueur, dans son lit. Jamais de sa vie il n'avait fait un rêve aussi réaliste, aussi prenant. Jamais non plus, il n'avait été quelqu'un d'autre que lui-même. Mais était-ce vraiment possible que cette scène ait vraiment eu lieu ? Gatelov cherchait-elle vraiment à faire revenir son père au pouvoir. Pourquoi n'était-elle pas allée voir sa mère en prison ? Peut-être n'y était-elle pas. Ce qui n'avait rien de très rassurant. En même temps, si Bellatrix Lestrange était vraiment libre, sa fille l'aurait déjà rejointe depuis longtemps. Or, d'après ce que James avait compris de la conversation avec le loup-garou, Gatelov était pour l'instant seule à chercher un moyen de faire revenir son père. James conclut que Bellatrix était certainement morte, avant d'avoir pu retrouver sa fille.
Tous les autres de son dortoir dormaient encore, mais James se leva, bien qu'il aurait pu dormir deux heures supplémentaires. Mais il savait qu'il ne réussirait pas à se rendormir. Il s'habilla à la hâte et descendit dans la salle commune. Bien entendu, elle était déserte, mais un feu ronflait encore dans la cheminée. James s'approcha de la fenêtre et regarda au loin, dans le brouillard, la forêt interdite. Ce que cherchait Gatelov s'y trouvait-il vraiment ? Et qu'est-ce que c'était ? Quel objet pouvait être assez puissant pour faire revenir les morts ? Si un tel objet existait, ça se saurait. Et pourquoi son père n'était-il pas allé la récupérer, s'il l'avait laissée tomber dans la forêt ? Il aurait pu faire revenir ses parents, Lily et James. Son grand-père dont il avait hérité le nom, mais n'avait jamais connu…
Il entendit des pas descendre les escaliers et il se retourna. C'était Marguerite. Elle s'arrêta un instant, ils se fixèrent, et elle sortit par le trou du portrait. Emma descendit à son tour.
- James ! Tu es déjà levé ?
- Oui. Il faut que je te raconte quelque chose de toute urgence.
Il commença donc le récit de son rêve de la nuit, en essayant de ne pas oublier le moindre détail.
- Mmm… fit Emma, sceptique. Comment peux-tu être sur que ce rêve était réel ?
- Je… je ne sais pas. Je l'ai senti, c'est tout.
-Tu avais déjà entendu parler de ce Fenrir Geryback ?
- Non. Mais peut-être l'ais-je imaginé, tout comme le reste du rêve.
- Sauf qu'il existe bien un loup-garou de ce nom-là, j'en ai déjà entendu parler. Or, on disait qu'il était extrêmement cruel. Il pourrait donc bien avoir été au service de ce « Vous-Savez-Qui ».
- Je n'ai pas pu l'inventer, en effet. Alors ça signifie que Gatelov prépare vraiment quelque chose et ça m'inquiète.
- Moi, ce qui m'inquiète le plus, c'est que tu aies été… disons, dans sa tête. Je n'avais jamais entendu parler d'une chose pareille. Même ceux qui ont un don de voyance, ne voient pas la scène par les yeux d'un autre, ils ne sont que spectateurs. Il y a aussi la legilimancie, mais il faut être très expérimenté pour réussir une telle pratique.
-Ce qui n'est pas mon cas, remarqua James. Je n'arrive déjà pas à transformer une fichue allumette en aiguille.
- Il doit y avoir une autre explication, mais j'ignore laquelle.
Ils descendirent dans la Grande Salle pour prendre leur petit déjeuner. Marguerite les attendait. Emma ne lui dit rien du rêve de James et il lui en fut reconnaissant. Cependant, Marguerite avec l'air de très mauvaise humeur. Elle n'avait peut-être pas apprécié qu'Emma la fasse attendre si longtemps, quand James lui avait raconté son rêve.
Le match opposant Gryffondor à Serpentard était attendu avec impatience par tous les élèves, ou presque. Même si James avait fait de réels progrès, il doutait que cela suffise à écraser l'équipe adverse. Il arrivait en effet de plus en plus facilement à attraper le vif d'or, mais il mettait parfois beaucoup de temps, si bien que l'attrapeur adversaire risquait d'être plus rapide. Et quand James usait de toute sa concentration sur sa tâche –attraper le vif d'or- il ne surveillait plus ses arrières et risquait d'être désarçonné par un autre joueur ou un cognard.
Le jour du match, James se réveilla une fois de plus avant tous les autres, mais cette fois-ci ce n'était pas à cause d'un cauchemar. En réalité, c'était éveillé qu'il avait l'impression de vivre un cauchemar. Si seulement il avait pu se réveiller. Si les Serpentards remportaient le match, lui, James Potter serait la risée de tous, car il avait été l'espoir de tous les Gryffondors, l'espoir qui leur assurerait enfin la victoire au Quidditch.
James ne put rien avaler au petit-déjeuner, bien que Emma ait lourdement insisté pour qu'il ne se rende pas sur le terrain le ventre vide. Il partit en compagnie de Frank, et du reste de l'équipe, une boule au ventre. Emma lui adressa un sourire encourageant.
Ils entendirent la foule des élèves s'installer dans les gradins tandis qu'ils enfilaient leurs robes de Quidditch dans les vestiaires. Personne ne disait un mot. Enfin, Frank brisa le silence.
- C'est l'heure. Allons-y.
En cet instant, James aurait voulu se trouver n'importe où ailleurs, pourvu que ce ne soit pas ce terrain rempli par la foule qui l'attendait dehors.
Il resta un instant ébahi devant les gradins pleins à craquer. C'était encore pire qu'il ne l'avait imaginé. Il s'arracha à cette vision et baissa la tête, fixant avec insistance le gazon. Les capitaines se serrèrent la main en essayant de s'écraser mutuellement les doigts. Le coup de sifflet retentit, les balles furent mises en jeux. James vit un éclat doré s'enfuir à l'autre bout du terrain, et fonça à toute allure.
Mais c'était trop tard, il avait perdu de vue le vif d'or. Il fit des tours de terrain pendant un moment sans rien apercevoir. Le match était égal, le score était de vingt points partout. James leva les yeux et vit un énorme Serpentard foncer sur lui en piquée.
Il crut d'abord qu'il essayait de l'attaquer, mais il trouva bizarre que le joueur ait arrêté de poursuivre le Souaffle. Puis il comprit. C'était l'attrapeur adverse. James regarda sous lui et aperçut le vif d'or voleter à quelques mètres du sol. C'était la raison pour laquelle l'autre attrapeur fonçait en piquée vers le sol.
James était à une altitude moins élevée, il avait donc de l'avance sur son adversaire. Il plongea sur le vif d'or, mais une fois encore il ne fut pas assez rapide et le Serpentard, qui avait la carrure d'un gorille, le rattrapa et le bouscula avec une force incroyable.
James glissa de son balai, et se raccrocha d'une main. Il tenta de remonter, mais ça n'était pas évident. Dans cette position, il n'avait plus aucun contrôle sur son balai. Il vit avec horreur un cognard arriver vers lui. Ne pouvant l'éviter, il donna un coup de pied de toute la force dont il était capable pour le dévier de sa trajectoire. Il sentit une douleur fulgurante lui transpercer la jambe, et il entendit un horrible craquement. Puis, il y eut un brouhaha confus dans la foule, des hurlements déchaînés, des huées, des cris de joie… l'attrapeur de Serpentard avait certainement atteint le vif d'or. Le match devait être terminé.
Au prix d'un effort colossale, et ignorant la douleur de sa jambe cassée, James remonta sur son balai. L'attrapeur de Serpentard était tombé de son balai, couché, inconscient, sur le sol vert du terrain. Juste à côté de lui, la petite balle dorée n'avait pas bougée. James fonça sans réfléchir, et une seconde après il tenait le vif d'or dans sa paume. Il avait réussi, ils avaient gagné.
James se posa en douceur sur le sol, et fut rejoint par les membres de son équipe qui l'étreignirent à l'en étouffer. Bientôt, ils furent rejoints par tous les autres Gryffondors, qui avaient quitté les gradins. Il vit Emma qui se rua sur lui, mais Marguerite resta en retrait. Il y avait même certains Poufsouffle ou Serdaigle, dont Victoire.
- Bravo cousin ! Je n'avais vraiment pas envie de voir ces abrutis de Serpentard gagner.
Il y eut une fête monumentale ce soir-là, dans la salle commune des Gryffondor.
Des élèves de septième année avaient apporté une tonne de nourriture, de gâteaux, et même de la bierraubeurre, mais ils ne voulurent pas dire où ils avaient trouvé toutes leurs provisions. D'autres avaient des Feuxfous Fuseboum en provenance de chez Weasley. Des fusées lumineuses ne cessaient de rebondir contre les murs et de se multiplier lorsqu'elles s'entrechoquaient. Emma ne se laissait pas de féliciter James pour ses prouesses, et elle n'était pas la seule. Il n'y avait que Marguerite qui ne participait pas aux festivités.
- Je sais qu'elle te déteste, fit remarquer Emma, mais elle pourrait quand même profiter de la fête.
- Je crois qu'elle est jalouse. L'autre fois, elle m'a presque avoué qu'elle aimerait faire partie d'une équipe de Quidditch.
- Et alors ? C'est le rêve de la plupart des élèves.
James haussa les épaules et ils continuèrent à se goinfrer de gâteaux au chocolat. Ce fut à minuit que les préfets les obligèrent à monter se coucher, mais ils eurent le plus grand mal à se faire obéir, encore plus de se débarrasser des feux d'artifices ensorcelés.
