Plus personne ne parla de Voldemort, ni de la pierre, jusqu'au jour du réveillon de Noël. Harry et Ginny s'étaient mis d'accord : Albus et Lily ne devaient pas être mis au courant de l'histoire. Ils étaient trop jeunes et seraient certainement terrorisés d'apprendre qu'un tel danger les menaçait.
Ginny s'était levée tôt ce matin-là, et avait passé la journée entière à préparer un succulent repas pour les invités. Tous les ans, à Noël, leur oncle Ron et sa femme Hermione venaient passer le Réveillon avec eux. James, Albus et Lily étaient ravis car ils pouvaient jouer avec Rose et Hugo à cette occasion. James se préparait déjà à répondre à leurs questions sur Poudlard, et n'hésiterait pas à en rajouter un peu, juste histoire de frimer.
Lorsque la sonnette retentit, James, Albus et Lily se ruèrent dans l'entrée pour ouvrir la porte à leurs invités. Ils avaient déjà dit bonjour à leur oncle et à leur tante quand Ginny et Harry arrivèrent à leur tour. Lily sautillait partout, excitée de retrouver Rose, avec qui elle s'entendait bien et qu'elle considérait comme une grande sœur, et Hugo qui avait le même âge qu'elle.
Ron donna une tape amicale dans le dos de Harry, et Hermione vint lui faire la bise et le serra dans ses bras. Les trois amis étaient ravis de se retrouver, car ils avaient moins l'occasion de se voir, depuis qu'ils devaient s'occuper de leurs familles.
Ils allèrent s'installer dans le salon, pour prendre l'apéritif. Malgré l'insistance de James, ses parents refusèrent de lui donner du Whisky Pur Feu, et il dut se contenter, tout comme son frère, sa sœur, et ses cousins, de Bierraubeurre.
- Pourquoi je n'ai pas le droit ?
- Tu es trop jeune James, expliqua Harry. Tu en boiras quand tu seras plus grand.
- Mais je suis grand ! Je vais à Poudlard, moi ! ajouta-t-il en lançant un coup d'œil aux plus jeunes.
- Pas encore assez, coupa Ginny. Allez donc jouer un peu, les enfants. Je vous appellerai quand le repas sera prêt, d'accord ?
- On peut aller jouer dehors dans la neige? demanda Hugo.
- Oui, c'est d'accord, acquiesça Hermione.
Les enfants hurlèrent tous de joie et se ruèrent dehors. Ils se roulèrent dans la neige, commencèrent une bataille de boule de neige endiablée – James envoyait ses projectiles grâce à des sortilèges de lévitation, ce qui lui donnait l'avantage.
- Tu n'as pas le droit de te servir de la magie en dehors de l'école ! s'exclama Albus. Je vais le dire à papa et…
Il n'eut pas le temps de répondre car il reçut une énorme boule de neige en pleine figure. James éclata de rire et Albus marmonna un flot d'injures.
- Taisez-vous ! chuchota Rose.
- Quoi ? demanda James.
- Je… j'ai cru entendre quelque chose.
Ils se turent tous pendant un instant, et le silence les enveloppa. Ils n'entendirent rien, pourtant ils sentaient tous comme une présence. Une ombre déformée bougea dans la lumière des lampadaires qui éclairaient la rue déserte et enneigée.
- Ne bougez-pas, souffla James, la baguette pointée. Restez derrière-moi.
- Il faut aller chercher nos parents. Je veux rentrer, sanglota Lily.
- Non ! Si nous bougeons, nous risquons de nous faire attaquer.
A ce moment-là, une silhouette surgit de derrière un arbre et lança :
- Expelliarmu...
- Protego ! S'exclama James.
La baguette de son adversaire s'envola et retomba dans la neige.
- Toutes mes félicitations, James ! Je vois que tu t'es entraîné à lancer ce sort.
- Teddy ! S'écrièrent en choeur les enfants.
- Je ne savais pas que mes parents vous avaient invité !
- Ils ne m'ont pas invité. Ou plutôt si, mais j'ai refusé.
- Pourquoi cela ? Demanda Albus. Pourquoi vous ne venez plus à la maison comme avant ?
- C'est justement pour cela que je suis venu ce soir. J'ai voulu cacher la vérité à vos parents, mais après ce qui s'est passé à Poudlard -tu sais de quoi je parle, James- j'ai décidé que je devais la vérité à mon parrain après tout ce qu'il a fait pour moi. Et tant pis s'il me rejette, je lui dois la vérité.
- Je ne comprends rien, s'étonna Rose. Que s'est-il passé à Poudlard ?
- Tu écouteras mes explications tout à l'heure, à l'intérieur. Nous devrions rentrer, il fait vraiment froid dehors.
Les enfants firent donc rentrer Teddy au chaud à l'intérieur. La voix de Ginny, qui venait du salon, demanda :
- Alors, les enfants ? Vous vous êtes bien amusés ?
- M'man. On a un invité, annonça James.
Harry se leva de son fauteuil et se dirigea dans le hall. Lorsqu'il aperçut Teddy, il se figea, et une expression de profonde déception se lisait sur son visage.
- Tiens, tu t'es décidé à revenir ? Tu as à nouveau besoin de nous ?
- Harry...je...
- Nous nous faisions du souci pour toi. Ta grand-mère non plus n'avait plus aucune nouvelle de toi depuis plusieurs mois... tu te rends compte du souci que tu lui as causé ? A son âge ! On a juste appris par Poudlard que tu avais raté tes ASPIC, alors que tu étais un si bon élève...puis tu as disparu !
- Harry, ne m'en veut pas. J'ai été un idiot. Seulement, j'ai récemment vécu une expérience terrible, que je ne saurais expliquer. J'avais peur qu'en te révélant la vérité, tu me rejettes. Et j'étais sûr que tu le ferais, pour protéger ta famille. J'ai donc préféré mentir, mais aujourd'hui tu vas enfin savoir la vérité.
Teddy n'avait encore rien dit de son problème, mais Harry, Ginny, Hermione et Ron se regardèrent avec une expression effrayée.
- Vous le savez déjà ? Demanda Teddy à mi-voix.
Les deux couples acquiescèrent.
- Ah oui, bien sûr. James vous aura sûrement raconté ce qui s'est passé à Poudlard, dans la forêt.
- Dans la forêt ? S'énerva Harry. Et puis-je savoir ce que tu faisais dans la forêt, James ?
- Harry ! Ce n'est pas le moment ! S'indigna Hermione. D'autant plus que tu es très mal placé en ce qui concerne les escapades nocturnes. Teddy, tu es un loup-garou, bien que tu ne te sois jamais fait mordre, n'est-ce pas ?
Teddy hocha la tête, les yeux rouges.
- Ton père en était un aussi, continua Hermione. Il s'est fait mordre quand il était petit par Fenrir Greback...
- … le loup-garou qui est à Azkaban ! S'exclama James.
Hermione ne parut pas surprise ce qui laissa croire à James que son père avait dû mettre ses amis au courant à propos de Voldemort.
- Mon père était un loup-garou... mais vous m'aviez dit qu'il travaillait pour l'Ordre du Phénix... qu'il avait aidé à la chute de Voldemort.
- C'est le cas, ajouta Ron. Il était bien entendu de notre côté. Nous n'avons jamais voulu t'en parler, car souvent les loups-garous sont mal vus par les autres sorciers et nous avions peur de te faire de la peine.
- Mais tu ne nous as toujours pas dit ce qu'était cette histoire à Poudlard ? S'impatienta Harry, qui lançait des regards de reproches à son fils.
- J'ai été pris au poste de professeur de défense contre les forces du mal. Mes transformations ont commencé à la fin de ma dernière année à Poudlard...Mme Pomphresh a reconnu immédiatement les symptômes quelques jours avant ma transformations, quand je suis allée la voir car je me sentais malade. Ils m'ont proposé de m'isoler pendant mes transformations, afin que je puisse rester à Poudlard et passer mes examens. Mais j'ai été bien trop malade et anxieux pour pouvoir m'investir dans mes révisions, et j'ai tout raté. J'ai décidé de m'éloigner pour ne pas mettre en danger les personnes que j'aimais. Je voulais tout de même essayer de vivre normalement, mais sans ASPIC et avec ce nouveau handicap, il m'était impossible de décrocher le moindre job. Mais le professeur McGonagall savait que même si je n'avais pas eu d'ASPIC, j'avais été un très bon élève pendant toutes mes années d'étude, elle connaissait mes capacités. Comme de plus, la cabane hurlante était toujours disponible pour m'isoler lors de mes transformations, elle me proposa le poste de professeur de défense contre les forces du mal. C'était égoïste de ma part d'accepter...je pensais à protéger mes amis, ma famille, mais je n'ai pas pensé à tous ces enfants que je risquais de mordre, je n'ai pas non plus pensé que James entrerait à Poudlard cette année. A la dernière pleine lune, il m'a vu transformé. Il... il était en compagnie de deux amies et j'ai... j'ai mordu l'une d'entre elles.
Hermione et Ginny poussèrent un petit cri horrifié et plaquèrent la main sur leur bouche.
- Mme Pompresh a dit qu'elle n'était peut-être pas contaminée, rassura James.
- Si c'est vrai pour cette fois, nous ne sommes pas à l'abri d'un autre accident plus tard, dit Teddy. Je ne reviendrai pas après les vacances de Noël.
- Teddy ! Restez, s'il vous plait ! Vous êtes un super professeur, supplia James.
- Il existe une potion qui peut atténuer les effets de la transformation, fit remarquer Ron. Si quelqu'un peut vous la préparer.
- Sûrement pas Gatelov ! Coupa James. Elle ferait exprès de l'empoisonner.
- Bon... n'empêche, trancha Harry d'une voix forte. Que faisais-tu en compagnie de deux filles dans la forêt interdite en plein milieu de la nuit ?
- C'était la nuit de mon second rêve. Nous voulions empêcher Gatelov de voler la pierre.
- Exactement le genre de choses que tu aurais faites à son âge, n'est-ce pas Harry ? Dit Ginny avec un grand sourire.
Harry se contenta de grommeler.
- Je crois que je vais m'en aller maintenant, annonça Teddy.
- Tu es invité quelque part pour le réveillon ? Demanda Ron.
- Non, non. Mais maintenant que je vous ai tout dit, je pense qu'il serait préférable de...
- Écoute, coupa Harry. Nous avons vécu et travaillé avec Remus pendant des années sans le moindre problème. Nous n'avons aucune raison de te rejeter. Tu es le bienvenu chez nous, comme avant. En particulier ce soir. Je refuse que tu passes Noël seul.
- Merci... je ne sais pas comment vous remercier. Je m'attendais tellement à ce que vous me considériez comme un monstre...
- Oh ! Ne t'inquiète pas, on a connu des monstres bien pire, s'esclaffa Ron.
Le dîner était désormais servi et Ginny ajouta une chaise pour leur invité surprise.
- Cette maison m'a manquée, avoua Teddy. Et vous aussi. J'ai l'impression d'être rentré chez moi après un long voyage.
- C'est comme au bon vieux temps, annonça Albus avec un sourire. Vous vous rappelez quand vous changiez de couleur de cheveux rien que pour amuser Lily ?
- D'ailleurs, coupa James, pourquoi ne le faites vous plus ? Avant vous vous baladiez la moitié du temps avec les cheveux bleus vifs !
- James, penses-tu réellement qu'un professeur de Poudlard peut se permettre une telle chose ?
- Non, mais là vous n'êtes pas à Poudlard. Et puis, sans vouloir vous vexer, cette couleur terne ne vous va pas du tout.
- Elle reflète mon humeur maussade. Je peux toujours changer de couleur, mais quand je n'y prête pas attention, c'est cette couleur terne et triste qui vient naturellement. En revanche, il y a des chances pour que cela change ce soir. Il y a longtemps que je n'ai pas été aussi heureux.
En effet, une heure après, les cheveux de Lupin commençaient à virer sur le bleu, au plus grand plaisir de Lily.
Tout le monde rigolait, l'ambiance était à la fête. Harry et Ron chantèrent à tue-tête des cantiques de Noël après avoir un peu abusé de Whisky Pur Feu.
Enfin, à une heure très tardive, Ron, Hermione et Teddy décidèrent de rentrer. La famille Potter les accompagna jusque sur le pas de la porte et leur adressèrent un signe de la main en guise d'au revoir, tandis qu'ils traversaient la propriété en direction du portail.
Tout se passa très rapidement. Hermione tomba en poussant un cri et James crut qu'elle avait glissé sur la neige. Ron s'accroupit auprès d'elle, et Lupin sortit sa baguette et la pointa sur une silhouette aux contours incertains qui commençait à se matérialiser devant eux.
James n'avait jamais rien vu d'aussi laid. Le sorcier était grand et mince, sa peau était aussi blanche que la neige qui l'entourait. Il avait les pupilles rouges, réduites à deux fentes, et à la place du nez il n'avait que deux trous, ce qui lui donnait l'aspect d'un horrible serpent. Or, la voix sifflante qui résonna avait tout du reptile.
- Harry Potter ! Tu croyais en avoir fini avec moi ? Tu aurais dû savoir que Lord Voldemort est immortel ! Bientôt j'aurais repris possession de mon corps, et je te tuerai, cette fois-ci tu ne pourras pas t'échapper ! Si tu ne t'es pas livré à moi avant trois mois je m'en prendrai à ta famille et à tes amis ! Tu n'as pas le choix, Harry Potter, tu dois mourir.
Puis il se volatilisa de la même manière que Bellatrix Lestrange dans le train. Il y eut un terrible silence, puis Ron aida Hermione à se relever. Teddy se tourna vers Harry :
- Comment…
- Je voulais t'en parler, Teddy. Voldemort cherche à revenir.
Puis il raconta tout ce que James lui avait rapporté le premier jour des vacances.
- L'avantage, fit remarquer Harry, c'est qu'il n'a pas encore trouvé de solution pour reprendre possession de son corps. Mais ce n'est qu'une question de temps…
James resta muet. Il vit que Rose et Albus avaient l'air terrifiés. Hugo et Lily en revanche, ne semblaient pas encore comprendre la gravité de la situation.
- En tout cas, James, il est hors de question que tu retournes à Poudlard.
Ce dernier allait rétorquer mais Ginny le devança :
- Non, Harry. James sera plus en sécurité à Poudlard qu'il ne pourrait l'être ailleurs, avec tous les professeurs.
- Dont Gatelov fait partie ! Ginny, c'est sa fille, la fille de Voldemort. Si James retourne là-bas… et puis nous ne pouvons en parler à McGonagall, nous n'avons aucune preuve de l'identité de Gatelov, encore moins de preuve qu'elle a fait revenir ses parents.
- Un seul professeur peut réellement protéger James, trancha Teddy.
Tous le regardèrent sans comprendre.
- Je ne voulais pas reprendre mon poste, mais étant donné les circonstances… je garderai un œil sur Gatelov et protégerai James.
- Bon, c'est d'accord, conclut Harry à contre-cœur.
- Dis Papa, demanda James. Tu as réussi à le tuer une fois, tu pourrais bien te débarrasser de Voldemort une seconde fois, non ?
- J'ai peut-être une chance en effet. Mais pour cela il faut attendre qu'il ait un corps, sinon je ne pourrai ni le toucher ni lui jeter de sorts. Deuxièmement, ce sera totalement inutile tant que je n'aurai pas détruit la pierre. Il reviendrait immédiatement, ça ne servirait à rien.
- Alors on trouve la pierre, on la détruit, et on le –James mima une décapitation.
- Ce n'est pas si simple, James, rétorqua Harry avec un sourire. Il faut dans un premier temps retrouver la pierre.
Le visage de James s'illumina et Harry fronça les sourcils.
- Je sais à quoi tu penses, James. Même si Gatelov a caché la pierre dans son bureau ou je ne sais où à Poudlard, tu ne dois pas essayer de la retrouver. Gatelov va sûrement chercher un prétexte pour te faire du mal, ne lui en donne pas l'occasion.
Un peu déçu, James acquiesça.
Hermione se remettait du choc, dans les bras de Ron. Pendant ce temps-là, Harry expliqua à Teddy la situation. Ginny se chargea d'en parler aux enfants, mais bien entendu d'une manière différente et plus rassurante.
Albus et Rose étaient assez grands pour comprendre, et Hugo semblait inquiet de lire une expression si horrifiée sur le visage de sa grande sœur. Seule Lily paraissait indifférente à la situation. Elle ne cessait de gigoter de jeter des regards de tous les côtés. Enfin, quand sa mère eut fini de parler, elle lança :
- Je ne voudrais pas changer de sujet, mais… c'est quand qu'il vient le Père Noël ?
Tout le monde éclata de rire, et oublia un instant la menace qui pesait sur eux. Pourtant, leur bonne humeur ne dura pas, et quelques instants plus tard, aucun d'eux n'avait l'impression d'être à la veille de Noël.
Le lendemain matin, cependant, personne n'évoqua l'incident de la veille et les trois enfants se ruèrent sur leurs cadeaux déposés au pied du sapin. Ils reçurent chacun, comme tous les ans, un sachet rempli de diverses friandises magique : dragées surprises, chocogrenouilles, fondants du chaudron… Mais l'attention de James fut attirée par un autre cadeau, dont il déchira rapidement le papier. C'était une cape, d'une couleur translucide, comme de l'eau pure. Elle était douce comme de la soie, mais James ne s'imaginait pas porter ça.
- C'est une cape d'invisibilité, expliqua Harry. C'est très rare, prends en bien soin. Elle m'a toujours été très utile, mais attention, ne l'utilise pas pour faire des bêtises !
- Elle rend vraiment invisible ? s'étonna James.
- Essaye et tu verras.
James posa sa cape sur ses épaules et son corps disparut.
- Incroyable ! Trop dément !
Sa tête disparut également et ses parents le cherchèrent du regard un moment en vain, quand Lily, qui était en train de déballer un de ses cadeaux, hurla :
- Hiiiii ! Il y a quelque chose qui m'a touché ! Il y a un fantôme !
James sortit de sous la cape et éclata de rire, ce qui ne fut pas le cas de Lily qui lui fit la tête jusqu'à la fin de la journée.
Dans l'après-midi, chacun remonta dans sa chambre pour examiner plus attentivement les cadeaux qu'ils avaient reçus, et pour mettre à l'abri leurs bonbons respectifs. James resta en admiration devant la cape avec une certaine excitation à l'idée de tout ce qu'il pourrait faire avec. Puis il redescendit à la cuisine, mais à mi-hauteur des escaliers, il se rendit compte que ni Lily ni Albus n'étaient redescendus et que ses parents étaient en grande discussion.
-… ne sais pas si j'ai bien fait de lui donner. Il est si imprudent.
- Justement. Il aurait peut-être pris autant de risques sans la cape et il aurait été plus vulnérable. Tu le protèges en faisant ça, et s'il retourne à Poudlard il aura besoin d'être protégé.
- Mais j'ai peur que ça lui donne un faux sentiment de sécurité qui le pousse à faire des bêtises encore pires que celles qu'il aurait faites sans cette cape.
- Harry… je sais que cette cape t'est très chère. Qu'elle t'a sauvée la vie à de maintes reprises. Et je comprends que, maintenant que Voldemort est de retour, tu ais du mal à t'en séparer…
- Tu insinues que je préférerais assurer ma propre sécurité plutôt que celle de mon fils ?
- On pourrait le croire. Harry, tu connais mieux que quiconque l'histoire de cette cape. Elle protège de la mort elle-même. Ne veux-tu pas assurer cela à ton fils ? Et comme tu le sais, cette cape se transmet de père en fils depuis des générations, et toi tu voudrais briser cette chaîne ?
- Il l'aurait eu de toute façon, j'aurais fini par lui donner. Mais plus tard, il est encore trop jeune, trop immature…
- Cette cape, tu l'as eu quand tu avais le même âge que lui.
- Et tu crois que j'en ai toujours fait un usage raisonnable ?
- Non, et pourtant tu es là aujourd'hui.
- J'ai pris des risques inutiles avec cette cape, certains auraient pu me tuer.
- Pour commencer, s'il te plait, cesse d'accuser ton fils des erreurs que tu as faites à son âge. Ces risques n'étaient pas inutiles. Tout ce que tu as accompli depuis ton entrée à Poudlard a permis au final de renverser Voldemort. Si à onze ans, tu n'avais pas affirmé ton imprudence, mais aussi ton courage, alors jamais tu n'aurais eu la force de le vaincre.
- Mais Ginny, c'était mon destin ! Car je suis l'Elu. Ce n'est pas son cas et je ne veux pas lui faire porter un tel fardeau.
- Cette histoire d'Elu ne signifie rien. Imagine un instant que tu ne sois plus là. Il faudra bien quelqu'un pour prendre la relève. Et qui, mieux que ton fils, en serait capable ? Il a les mêmes qualités que toi, les qualités qui t'ont permises de venir à bout de Voldemort. Si tu l'enfermes dans une bulle, alors le moment venu il sera incapable d'accomplir quoi que ce soit.
- Je ne veux pas… quoi qu'il m'arrive… que les enfants soient mêlés à tout cela. Le ministère et l'Ordre du Phoenix peuvent s'en charger.
- As-tu accordé ta confiance au ministère lorsque tu combattais Voldemort ?
- C'était différent. Le ministère ne voulait pas croire au retour de Voldemort. Aujourd'hui, Kingsley est ministre de la magie et il fait partie de l'Ordre. J'ai donné cette cape à James et je ne reviendrai pas sur ma décision même si je la regrette, j'espère juste qu'il en fera bon usage. Encore heureux que je ne lui ai pas donné la carte.
James remonta discrètement dans sa chambre, inquiet. Il verrouilla la porte et s'assit sur le bord de son lit, pensif. Cette cape protégeait-elle vraiment de la mort ? La réussite et le succès de son père, les devait-il à cet accessoire ? Mais alors pourquoi ne voulait-il pas la léguer à son fils ? En quoi pouvait-elle être un danger si elle protégeait de la mort ? Ou bien, comme Ginny l'avait dit, son père ne voulait simplement pas s'en séparer, par pur égoïsme ou par peur du retour de Voldemort.
Et quelle était cette carte dont son père parlait ? En quoi pouvait-elle être un objet dans le même genre que la cape ? James n'en savait rien, mais il décida de trouver cette fameuse carte et de découvrir ses secrets. Il monta donc à pas de loups dans la chambre de ses parents. Il s'approcha du bureau de son père où étaient entassés une pile de dossiers. Il ouvrit un tiroir. Il trouva un vieux scrustocope, et un fragment de miroir. Cela lui sembla bizarre et il ouvrit celui d'en dessous.
Il découvrit un vieux vif d'or et le prit avec une certaine excitation, mais aussi de la colère contre son père. A chaque fois qu'ils avaient joué au Quidditch, son père lui avait toujours lancé des balles de tennis. Il lui avait dit que les vifs d'or étaient trop rares et trop chers, qu'ils servaient la plupart du temps aux professionnels. Et pendant ce temps-là, il en avait un dans le tiroir de son bureau !
James remarqua qu'au fond du tiroir, il y avait également autre chose. Cela ressemblait à un vieux morceau de parchemin. Mais pourquoi son père l'aurait-il gardé alors ? Tout comme le scrutoscope et le fragment de miroir. Ces objets ne semblaient avoir aucune valeur, pourtant elles devaient en avoir pour son père. James décida donc de prendre le parchemin : après tout, il se pouvait que ce soit la fameuse carte, dissimulée intentionnellement.
James se dirigea discrètement vers la porte mais on lui barra le passage.
- Qu'est-ce que tu fais dans la chambre de nos parents ? couina Lily. Tu as pris quelque chose, tu n'as pas le droit ! Je vais le dire et…
- Non Lily ! Ne dis rien ou je t'étripe !
- A une condition…
- Quoi ?
- Laisse-moi essayer ta cape d'invasibilté.
- Invisibilité, corrigea James. Bon c'est d'accord, mais juste une fois et fais-y très attention.
Il alla dans sa chambre prendre le précieux objet en profita pour cacher le parchemin. Il tendit la cape à sa sœur.
- Vas-y.
La petite enfila la cape et disparut.
- C'est vraiment dingue, s'extasia James. Je ne te vois plus. Tu es encore là ?
Pour seule réponse, il reçut un petit rire malicieux, ce qui ne le rassura pas.
- Eh Lily ! Pas de bêtises, hein ? Lily ?
Il entendit des pas dévalant les escaliers et il se rua derrière même s'il ne la voyait pas. Arrivé en bas, il vit la porte d'entrée s'ouvrir toute seule, et il jeta un coup d'œil à ses parents confortablement installés au salon. Ils semblaient ne rien avoir remarqué et James sortit à son tour.
La neige masquait désormais le bruit des pas, et si le vent n'avait pas fait voleter la cape par moment –ce qui permettait à James d'entrevoir une chaussure ou un coude- il n'aurait sans doute pas réussi à la suivre. Il s'aventura dans la rue enneigée, sans aucune trace de Lily. Tout était vide. Ou presque.
Il vit en effet une vieille femme qui devait certainement être une moldue, se mettre à hurler en regardant avec effarement une tête aux longs cheveux roux qui semblait flotter toute seule dans le vide. James s'approcha à toutes jambes et arracha la cape d'un coup sec.
- James ! Je veux encore jouer…
- Non Lily, laisse cette cape tranquille et fiche la paix aux mol… aux personnes âgées. Excusez-moi, madame, ajouta-t-il en regardant la vieille d'un air gêné. Ma petite sœur est turbulente et elle aime bien embêter les gens.
La vieille femme resta figée, sans réaction et James lui tourna le dos et tenant sa sœur par la main et en marmonnant un vague « Joyeux Noël », tandis qu'il se dirigeait vers la maison.
- Lily ! Tu es complètement folle ? Tu le sais très bien qu'on ne doit pas montrer la magie aux moldus. Si Papa et Maman…
- Tu vas leur dire ?
- Non. Et toi tu ne diras pas que j'ai été dans leur chambre, c'est bien clair ?
Lily hocha la tête et ils se tapèrent dans la main et signe de promesse et de sincérité. James savait que sa sœur ne le trahirait pas. C'était comme s'ils avaient signé un pacte.
James remonta dans sa chambre, et s'enferma à double-tour. Il fit sécher la cape d'invisibilité pleine de neige sur le radiateur, et récupéra le parchemin vierge sur son lit. Il le regarda sous tous les angles, essaya des sortilèges comme par exemple « Aparecium » mais rien ne se produisit et James lança brutalement la carte sur le lit à côté de lui et s'écria :
- Je n'y arriverai jamais !
A ce moment, quelque chose apparut sur la carte. C'étaient de mots tracés à l'encre noire, qui venaient de surgir comme si quelqu'un les avait écrit.
« Ne sois donc pas si découragé, mon garçon. Avec de la persévérance, on arrive à tout.»
