Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil et un peu de recul, James songea que son expérience de la veille avait été une réussite. Oubliant qu'il avait bien faillit se faire prendre par Gatelov, et pensant seulement avec fierté qu'il lui avait échappé, il se persuada que c'était l'essentiel. Il avait trouvé une cave remplie de bonbons, et il s'imaginait déjà tous les regards admirateurs des Gryffondors posés sur lui en lui demandant où il les avait trouvés, et lui, gardant bien son secret pour lui tout seul.
Seulement, il n'avait pas pu prendre beaucoup de sucreries la dernière fois, et il préféra les garder pour lui. La prochaine fois, il en ramènerait beaucoup plus. James, pas trop égoïste tout de même, avait pensé à les partager avec Marguerite et Emma, mais il savait que cette dernière n'approuverait pas son escapade nocturne, encore moins qu'il recommence, et il ne leur dit rien.
Malheureusement, rien n'échappe au flair de Marguerite, et, alors qu'ils descendaient prendre leur petit-déjeuner, Marguerite demanda :
- Oh ! James, c'est quoi qui dépasse de ta poche ?
- Oh ! Euh… rien. Rien du tout, dit-il en fourrant précipitamment les bonbons tout au fond de sa poche.
- C'est des bonbons ? continua-t-elle.
- Euh… oui. Oui. Je voulais vous en proposer.
- Où as-tu eu tout cela ? coupa Emma, suspicieuse.
Et ça y est, c'était parti.
- C'est… mon père qui m'en a acheté. Pour Noël.
- Je ne t'ai pas vu en manger un seul, hier. Tu ne les avais pas.
- Emma…
- Ecoute, James. Je sais que tu es allé te promener dans le château, la nuit dernière. Mais j'ignore comment tu as trouvé tout cela. On dirait que ça vient de chez Honeydukes… tu n'as pas quitté le château, quand même ? s'affola-t-elle.
- Je… ne t'énerve pas. En réalité, je ne voulais pas sortir du château. J'ai failli me faire attraper par Gatelov, mais j'ai trouvé un passage secret et je m'y suis caché. Et il conduisait à une cave, sûrement celle de chez Honeytruc.
- Honeydukes ! Tu es né de parents sorciers, et c'est moi qui connaît le nom des magasins de Pré-au-Lard ! James, sérieusement, ne refait plus jamais ça. Imagine si Gatelov t'avait attrapé !
- Je serais certainement en retenue jusqu'à la fin de mes jours.
- Non, c'est bien pire que ça, James. N'oublie pas qui elle est. La fille de Voldemort ! Si elle en a l'occasion, elle te tuera. Tu ne veux pas lui laisser cette chance ?
- Elle n'oserait jamais… tu te rends compte ? Pour un professeur, tuer un élève !
- Elle s'en fiche de son boulot de professeur, elle a d'autres ambitions.
- Alors si elle n'a pas peur d'être renvoyée, pourquoi ne m'a-t-elle pas encore tué ? Elle en aurait eu tout le temps pendant nos longues heures passées dans son cachot pourri.
- Avec des dizaines de témoins ? Elle serait arrêtée bien avant d'avoir pu sortir du château par les autres professeurs et elle serait envoyée à Azkaban. Alors qu'en pleine nuit, dans un couloir, il n'y a pas de témoin.
James grommela, ne trouvant aucune réponse valable.
L'idée de pouvoir ramener un énorme paquet de friandises dans la salle commune des Gryffondor ne lui avait pas quitté l'esprit. Il serait considéré comme un héros... et plus seulement parce qu'il ressemblait à son père, mais pour quelque chose qu'il aurait accompli lui, un secret que lui seul connaissait. Il savait qu'Emma serait furieuse, mais tout de même elle n'allait pas le dénoncer !
Aussi, la nuit suivante, il s'équipa une nouvelle fois de sa cape d'invisibilité, et sortit à la nuit tombée de la salle commune, en compagnie de ses fidèles amis Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue...
Il vérifia son itinéraire pour atteindre la statue de la sorcière borgne, mais aucun professeur ne s'y trouvait. Quand à Peeves, il se trouvait cette fois-ci un étage au dessus. Tout semblait parfait, mais en passant devant une salle de classe, James entendit une voix qui murmurait.
Il se figea et jeta un œil à la carte. Dans la salle de classe, dont la porte se trouvait à moins d'un mètre de lui, la carte montrait un point accompagné du nom « Odile Gatelov ».
Se rappelant de toutes les mises en garde qu'il avait reçues, James hésita à s'enfuir le plus loin et le plus rapidement possible, mais il ne pouvait s'empêcher de se demander ce que pouvait bien faire Gatelov, dans une salle de classe en plein milieu de la nuit. Et surtout à qui était-elle en train de parler ?
James colla son oreille à la porte, mais il n'entendait que quelques bribes de mots. Que pouvait-il faire ? Même avec la cape, s'il tentait d'ouvrir la porte, Gatelov se douterait de quelque chose...une porte ne s'ouvre pas toute seule.
Soudain, il entendit comme un froissement. Il se retourna en sursaut et vit que c'était le baron sanglant qui venait de traverser le mur et d'apparaître dans le couloir. Pendant un moment, le cœur de James se serra dans sa poitrine, puis il se souvint que les fantômes ne pouvaient pas plus le voir que les vivants. Alors il eut une idée.
Il resta collé à la porte. Il attendit que le fantôme enchainé s'approche. De plus en plus. Encore un peu...maintenant !
James avait poussé la porte qui s'était entrouverte. Il s'ensuivit ensuite un grand fracas, comme si dans la salle quelqu'un avait violemment heurté une table. Il y eut également le tintement d'un petit objet rebondissant sur le sol. James s'engouffra dans la salle de classe, juste au moment où Gatelov s'approcha de la porte -et faillit le heurter- pour voir ce qu'il se passait.
En entendant le raffut, le fantôme sanguinolant s'était lui aussi arrêté et avec Gatelov ils se regardèrent pendant quelques secondes avec une expression de stupeur. Puis Gatelov ajouta :
-Oh c'est vous, Monsieur le Baron !
- Professeur ! Je suis désolé, j'ai du créer un courant d'air en passant devant la porte. Je ne voulais pas vous déranger.
Il lança un regard curieux en direction de la salle de classe. Lui aussi semblait avoir compris que Gatelov ne se trouvait pas dans cette salle de classe pour préparer tranquillement son cours du lendemain. Mais le Baron Sanglant, fantôme des Serpentard, avait également un penchant pour la magie noire, il ne risquait donc pas de trouver quoi que ce soit à redire à proposer des activités de Gatelov.
- Ne vous inquiétez pas, renchérit Gatelov. Bonne soirée à vous.
Et elle rentra dans la salle de classe. James se rendit compte qu'il aurait du profiter de la conversation et de la diversion crée pour examiner la pièce. En tout cas, il n'y avait personne d'autre que Gatelov. A qui donc était-elle en train de parler ? Mais à ce moment-là, l'attention de James fut détournée par l'objet qui était tombé par terre quelques instants auparavant. Même dans l'obscurité, il put voir les reflets des flammes provenant des torches accrochées au mur, qui se mouvaient sur la pierre sombre, donnant l'impression que la pierre elle-même était vivante.
Pendant quelques instants, il eut l'idée folle de se jeter dessus, mais à peine avait-il fait un pas que Gatelov s'était rendue compte que la pierre était tombée, et s'était empressée de la ramasser. Elle la posa avec délicatesse sur la table la plus proche, et ferma les yeux, visiblement très concentrée.
James retint son souffle. Il vit soudain comme une fumée grisâtre s'échapper de la pierre. Elle se tortilla dans tous les sens, puis prit peu à peu la forme d'une silhouette. James ne tarda pas à reconnaître la tignasse de cheveux noirs, et les traits grossiers de Bellatrix Lestrange.
La silhouette sembla se matérialiser de plus en plus, puis le regard de la sorcière, d'abord vague, devint plus perçant, comme si elle voyait soudainement tout ce qui se trouvait autour d'elle. Elle jeta un bref regard à la salle de classe, se tourna vers Gatelov, puis -le cœur de James se serra soudainement- son regard glacial se tourna vers lui. Et elle continua de le fixer, avec une once de surprise.
James n'avait jamais senti une telle frayeur lui glacer les entrailles. Bellatrix n'était pas vraiment vivante, elle n'était plus morte non plus. Il ne savait pas vraiment ce qu'elle était, mais quoi qu'elle fut, elle pouvait voir à travers la cape. A tout moment, elle allait avertir Gatelov, il serait démasqué... et comme lui avait dit Emma un peu plus tôt dans la journée, il n'y aurait pas de témoin. Gatelov n'aurait aucune raison de lui laisser la vie sauve – d'autant plus qu'il avait vu Bellatrix et la pierre. Si seulement il avait écouté Emma...quel imbécile ! Tout ça pour quelques bonbons !
Cela dura quelques secondes, mais il sembla à James qu'il s'était passé une éternité avant que Bellatrix Lestrange ne détourne son regard et le pose de nouveau sur sa fille unique. Elle ouvrit la bouche, et pendant un instant, James songea à courir vers la porte, l'ouvrir sans tenir compte du bruit qu'il ferait, et se précipiter à toutes jambes jusqu'à la tour de Griffondor. Mais il se rendit compte qu'il en était incapable : il était totalement pétrifié et ses jambes ne répondaient même plus. A vrai dire, il se demandait si elles n'allaient pas s'effondrer sous lui.
- Où en étions-nous ?
- Pardonne-moi, mère... ce n'était qu'un de ces spectres...j'ai eu peur que quelqu'un n'ait entendu notre conversation, et la pierre est tombée... J'étais en train de te dire que le sang de licorne ne serait pas trop difficile à...
- Je te l'ai déjà dit, Odile. J'en ai parlé avec notre Seigneur, il a déjà testé le sang de licorne, il pense que ce ne sera pas assez puissant pour nous faire revenir dans le monde des vivants.
James n'osait faire un geste. Il n'arrivait pas à y croire... Pourquoi Bellatrix ne prévenait pas Gatelov de sa présence ? Il était sur et certain qu'elle l'avait vu... elle avait fixé si longtemps l'endroit où il se trouvait, avait même froncé les sourcils. Pourquoi la plus fidèle servante de Voldemort laisserait-elle en vie le fils de Harry Potter ?
-Alors que proposes-tu, mère ?
- Te rappelles-tu ce que je t'ai raconté sur le retour de ton père, la dernière fois ?
- Evidemment... mais comment... ? Nous n'aurons jamais...
- J'ai un plan, mais il faut que tu te rendes dans le cimetière, demain soir.
- Mais, comment sortir du château sans attirer les soupçons ? On ne peut y transplaner, et il est entouré par de nombreux sortilèges qui empêchent d'y entrer ou d'en sortir. Oh bien sur je pourrais les briser facilement mais ça mettrait tout le château en alerte.
Bellatrix s'approcha alors brusquement de sa fille, se pencha et lui murmura à l'oreille.
- Mais il existe un passage secret qui mène en dehors de l'école...
James ne put s'empêcher de sourire. Il n'existait pas un, mais sept passages qui le permettaient. Visiblement, les secrets des maraudeurs étaient plutôt bien cachés.
- Celui du deuxième étage ? Derrière le tableau du petit sorcier chauve ?
- Exactement... Le vieux Rusard le connait, mais il est bien trop occupé à chasser les élèves pour s'occuper des professeurs. De toute façon, si ce vieux cracmol te causait le moindre problème, il ne serait pas bien difficile de t'en débarasser.
- Ce n'est pas du cracmol que je m'inquiète...mais enfin quand nous serons là-bas, comment...
- Je te l'ai dit. Je t'expliquerai le plan là-bas, ne pose pas de question. Nous en avons fini pour ce soir, Odile.
- Bien. Au revoir, mère.
Elle posa la main sur la pierre, et Bellatrix disparut instantanément. Gatelov resta immobile dans la semi-obscurité de la salle de classe pendant quelques instants, elle semblait réfléchir. Puis, elle partit d'un pas décidé, et sortit de la salle en claquant la porte derrière elle.
James attendit quelques instants et sortit de sous la cape, où il commençait vraiment à étouffer. Il regarda la carte du Maraudeur et attendit que la silhouette de Gatelov se soit suffisamment éloignée, pour sortir à son tour de la salle de classe, et rejoindre au plus vite le dortoir.
Il entra en essayant de faire le moins de bruit possible pour ne pas réveiller les autres qui dormaient profondément. Il aurait donné n'importe quoi pour pouvoir parler à quelqu'un de ce qu'il venait de voir...mais Emma dormait également et il ne pouvait aller dans le dortoir des filles. Et son père était loin...une lettre mettrait des jours à arriver.
James avait encore des frissons en pensant à ce qu'il venait de voir. Le lendemain soir, Gatelov sortirait du château pour tenter de faire revenir Bellatrix et Voldemort pour de bon... James jeta un regard à la carte à la lueur de sa baguette. Des centaines de couloirs s'entremelaient, donnant au château l'aspect d'une fourmilière, mais seulement sept voies se distinguaient clairement en s'éloignant des limites du château. Il y en avait effectivement une qui partait du deuxième étage, et qui débouchait loin derrière le château. Il fallait absolument trouver un moyen d'empêcher Gatelov de l'emprunter, le lendemain...mais comment ?
Ressassant tout ce qu'il venait de se passer, James fut incapable de fermer l'oeil de la nuit. Il ne disposait que de quelques heures...il fallait agir au plus vite. Mais il ne pourrait rien faire avant le lendemain matin, et cela lui semblait terrible. A chaque seconde, il avait l'impression de perdre une infime chance d'arrêter Gatelov.
Incapable de dormir, il abandonna son lit, et alla s'asseoir près de la fenêtre. Il scruta le ciel étoilé. Même si la réponse de son père arriverait évidemment bien après le lendemain soir, James savait que, plus tôt il enverrait la lettre, plus tôt Harry serait au courant et pourrait faire quelque chose. Mais de toute façon, Snowy était à la volière, et James ne quitterait de nouveau la tour de Griffondor pour rien au monde. S'il croisait de nouveau Gatelov, il n'aurait peut être pas la chance de lui échapper une seconde fois.
James se perdit dans ses pensées, tandis que la lumière des étoiles semblait perdre de son intensité, et que la faible lueur de l'aube plongeait le parc de Poudlard sous un voile rose et brumeux. Il décida alors de s'habiller, et descendit dans la salle commune. Mais personne n'était encore levé. Il s'assit dans un fauteuil et attendit.
Les premiers élèves firent leur apparition, et tous traversèrent le portrait de la Grosse Dame pour aller prendre leur petit-déjeuner, tout en adressant en passant un vague bonjour ensommeillé à James. Mais Emma et Marguerite n'étaient toujours pas descendues. Que faisaient-elles donc ? Ce n'était pas le genre d'Emma d'arriver en retard en cours !
Enfin, Marguerite descendit les escaliers et James se leva d'un bond.
- Où est Emma ?
- Calme-toi, rétorqua Marguerite, un peu surprise. Elle arrive. Elle a juste eu un peu de mal à se lever ce matin, ricana-t-elle.
En effet, Emma descendait à son tour les escaliers, en baillant et les cheveux en pagaille.
- Je suis désolée. Je me suis réveillée cette nuit en me rappelant que j'avais oublié de parler d'un point important dans mon devoir de métamorphose. Ca m'a pris plus de deux heures...
- Emma, coupa James. Il faut que je te parle de quelque chose de vraiment, très très important, à propos de tu-sais-quoi. Seul à seul.
- Restons ici, proposa cette dernière. Tous les autres sont déjà descendus.
James lança un regard en coin à Marguerite.
- James ! Tu es ridicule ! Marguerite est déjà au courant du début de l'histoire, elle a le droit de connaître la suite !
- Oui, bon bon d'accord ça va ! Ecoutez...c'est à propos de Gatelov, hier soir je l'ai vu qui...
- J'en étais sure ! Coupa Emma. Tu ne m'as pas écoutée ! Tu es encore parti faire l'idiot avec ta cape !
- Emma, je t'en prie ! Ce n'est pas le moment. Du tout. J'ai surpris Gatelov, seule dans une salle de cours. Elle avait la pierre avec elle. Je l'ai vue faire apparaître Bellatrix...
James marqua une pause. Il estima préférable de ne pas dire que Bellatrix l'avait vu.
- Et ensuite ? Demanda Emma. Gatelov ne t'a pas vue au moins ?
- Non non bien sur ! Elles parlaient de trouver un moyen, pour faire revenir Bellatrix et Voldemort pour de bon. Bellatrix n'a pas voulu en parler directement à Gatelov, mais visiblement elle a trouvé une solution...mais pour cela Gatelov doit se rendre dans un endroit particulier, un cimetière... C'est visiblement très important. Si elle n'y va pas, je ne pense pas qu'ils pourront le faire sans elle... Il faut absolument qu'on l'empêcher d'y aller !
- Ce qu'il faut absolument qu'on fasse James, c'est prévenir ton père. Il est auror et c'est à lui de s'occuper de ce genre de choses, pas à toi.
- Emma...le problème c'est que c'est ce soir que ça va avoir lieu. Ce soir que Gatelov ne doit surtout pas quitter le château !
Emma resta bouche bée. Cette fois-ci elle n'avait visiblement trouvé aucun contre-argument
- James...souffla Marguerite. Comment veux-tu que nous puissions arrêter Gatelov ? Même à trois, nous ne serons jamais assez forts...
Il baissa les yeux et réfléchit. Il devait admettre que Marguerite avait raison. Il n'avait absolument aucune idée de la manière d'arrêter Gatelov. A moins que...
- J'ai entendu que le passage qu'allait emprunter Gatelov était derrière un certain portrait. Il faudrait convaincre ce dernier de ne pas la laisser passer.
Ils decidèrent donc de se priver de petit-déjeuner, et de filer voir ce fameux portrait. Mais avant ils firent un détour par la volière. Si les choses devaient mal tourner, plus Harry serait prévenu tôt, mieux ce serait. James s'abstint cependant de dire à son père qu'il allait prendre des risques le soir même. Inutile de l'inquiéter, si leur plan fonctionnait, Gatelov ne bougerait pas du château ce soir, et le temps qu'elle trouve un autre plan, le bureau des aurors serait surement mis au courant. James attacha la lettre à la patte de Snowy, et regarda la silhouette blanche s'éloigner.
- James, dépêche-toi ! On n'a pas beaucoup de temps !
- Euh...oui ! Allons-y !
Ils se précipitèrent alors au deuxième étage. Il ne restait plus que vingt minutes avant le début des cours. Ils trouvèrent facilement le portrait qu'ils recherchaient et s'arrêtèrent devant lui.
- Vous voulez emprunter le passage ? Demanda le petit bonhomme. Il va falloir me donner le mot de passe.
- Non, non, trancha James. Nous ne voulons pas passer. On voulait simplement vous prévenir...quelqu'un va tenter d'utiliser ce passage, ce soir. Il ne faut surtout pas que vous laissiez passer cette personne...
- Je vous demande pardon. Je suis un portrait, qui a toujours fait son devoir avec honneur. On m'a attribué le rôle de garder ce passage, alors jamais je...
- S'il vous plait ! C'est très important !
- Je suis désolé mon cher. Si la personne qui est censée venir ce soir a le mot de passe, je me dois de la laisser passer.
- Vous ne comprenez pas, les conséquences que cela...
James marqua une pause et pensa soudain à quelque chose.
- Vous...vous dites que assurez ce rôle par honneur, pour Poudlard. Vous étiez déjà là quand la bataille de Poudlard a eu lieu non ?
- Euh...oui, oui, effectivement j'y étais, avoua le portrait, un peu surpris. Mais quel rapport avec...
- Est-ce que vous avez une idée de qui je suis ? Demanda James avec fierté.
Le portrait fixa James et fit les gros yeux, comme s'il venait de le voir pour la première fois.
- Vous...vous êtes le fils de... ?
- Exactement. Il a sauvé Poudlard, il y a des années de cela. Aujourd'hui, il est loin, mais les forces du mal sont de nouveau dans le château. Et elles risquent de grandir encore si vous ne faites pas ce que je vous dis.
- Mais enfin...mon petit. Ce que tu dis est insensé. La communauté des sorciers vit dans la paix depuis que votre père a triomphé. Vous...vous-savez-qui...il a été vaincu. Quelle menace pourrait donc...
- Ca c'est ce que le ministère de la magie fait croire, pour éviter la panique. Mais en tant que fils d'Harry Potter, je pense être plutôt bien placé pour savoir ce genre de choses. J'ai vu...des choses qui vous feraient dresser les cheveux sur la tête si vous en aviez encore. Si vous laissez passer le professeur Gatelov cette nuit, Voldemort fera son retour !
- Nom d'un crapaud baveux ! Ne prononcez pas son nom ! Mais comment... le professeur Gatelov...je ne comprends pas...
- Je ne peux pas vous en dire plus, souffla James. Mais si vous voulez faire honneur à Poudlard, alors ne laissez passer personne la nuit prochaine.
- Je...oui...c'est d'accord. Je veux dire j'essaierai de...
- James ! Coupa Emma. La cloche va bientôt sonner ! Nous allons être en retard en cours de métamorphose.
- Oui ! J'arrive... Mais il se tourna de nouveau vers le portrait et s'exclama.
- N'oubliez pas ! C'est très important et...
Mais Emma le tirait par le bras et James cessa de parler, le portrait ne l'entendait certainement plus au fur et à mesure qu'ils s'éloignaient. Finalement, ils arrivèrent tout essoufflés en cours de métamorphose, au moment exact où la cloche retentissait.
