Bonsoir les amis !
On s'était laissés au moment où Emma allait lire le message de Regina et c'est donc ici que nous reprenons.
Dans ce chapitre, quelques explications sur la situation familiale d'Emma, une Regina encore bien mystérieuse, une Lily un brin reloue et un méchant retournement de situation à la fin. Vous vous sentez d'attaque ? On se retrouve en bas.

Disclaimer : Les personnages et l'univers de la série appartiennent à Edward Kitsis et Adam Horowitz.


Hold up
Hold on
Don't be scared
You'll never change what's been and gone


Chapitre 3 – Histoires de famille

Emma s'assit en tailleur sur le canapé, son ordinateur sur les genoux. D'un geste de la main, elle sécha ses joues encore humides d'avoir pleuré. Puis elle se plongea dans le message de Regina, tirant un certain réconfort à l'idée que quelqu'un prenne du temps pour lui parler et apprendre à la connaître.

« Bonsoir et pardon pour cette réponse un peu tardive.

Pour être honnête, je ne suis pas le genre de personne qui passe facilement à autre chose, qui pardonne et qui oublie. J'ai tendance à rester hantée par le passé. Je ne veux pas que mon bonheur dépende d'une histoire d'amour car ce n'est vraiment pas quelque chose de fiable. Hélas, comme vous le faites remarquer, nous ne choisissons pas de tomber ou non amoureux.
Oui, Mary-Margaret est bien intentionnée. Peut-être trop. Elle vit dans son monde imaginaire d'arc-en-ciel et de licornes. Parfois, je l'envie. Je regarde mourir mes rêves et mes espoirs tandis qu'elle continue à y croire sans même avoir besoin de se forcer.
Votre amie Lily vous aurait-elle déjà créé des problèmes ?

Moi qui me posais des questions sur la vie de la légendaire sauveuse Emma Swan, ma curiosité a été satisfaite ! Après avoir passée la journée à combattre le Mal, l'héroïne rentre chez elle et s'affale sur son canapé pour manger de la pizza, boire une bière et jouer à un jeu vidéo. C'est l'envers du décor.

Que vous dire à propos de Storybrooke ? C'est une simple petite ville du Maine, qui n'a rien de vraiment exceptionnel. Même si je dois reconnaître que j'y suis attachée.
Je n'ai pas vraiment de passe-temps. Je travaille beaucoup et accorde chacun de mes moments de liberté à mon fils, Henry. Il a dix ans et je l'aime de tout mon cœur. J'ai également une sœur, mais nous ne sommes pas vraiment proches. Nous avons une histoire de famille plutôt compliquée. Mon père est décédé il y a de cela plusieurs années et je ne vois plus ma mère. Et vous, quelle est votre situation familiale ?

Je peux certainement être considérée comme étant la reine de mon petit monde. Incomprise, je le pense. Crainte ? J'en ai bien l'impression. Votre portrait me semble comporter certaines vérités. Étonnamment, je le trouve flatteur. Etais-ce le but ?

J'ai vécu à Storybrooke toute ma vie. Ma mère m'emmenait parfois en voyage lorsque j'étais enfant, de façon à agrandir mes horizons et me donner davantage de connaissances sur le reste du monde. Mais ma famille est originaire de Storybrooke et je n'ai jamais ressenti le désir de vivre ailleurs.

J'espère avoir de vos nouvelles bientôt.
Bien à vous,

Regina.

»

Emma grimaça en réalisant qu'elle ne s'était pas présentée sous son jour le plus attirant dans son dernier message. Mais après tout, quelle importance ? Elle n'essayait pas de plaire à Regina. Et elle n'avait absolument pas honte d'être telle qu'elle était. La jeune femme poussa un soupir et jeta un œil à son téléphone. Trois appels manqués d'Elsa. Pas de nouvelles de Lily. Mais ça n'avait rien d'étonnant. Elle n'était pas du genre à s'excuser. Emma chassa cette pensée pénible et se concentra sur le message de Regina, se lançant dans l'écriture d'une réponse.

« Bonsoir,

Je sens beaucoup de tristesse et de désespoir à travers ces quelques phrases. J'aimerai que vous m'expliquiez toute l'histoire, si vous le voulez bien, que je vois si je peux faire quelque chose pour vous aider. Je sais que nous ne nous connaissons pas vraiment mais je n'aime pas du tout l'idée que vous souffriez.

Oh oui, Lily m'a déjà créé des problèmes. Elle le fait constamment.

Tout le monde ne peut pas être la reine d'une petite ville du Maine et puis il faut bien payer les factures ! Dur, dur, la vie de super-héroïne…

J'espère que vous me ferez une visite guidée de Storybrooke si d'aventure je m'y rends.

Parlez-moi de votre fils. J'essaye de vous imaginer dans votre rôle de mère.
Vous voudriez bien m'en dire davantage sur cette situation familiale compliquée ? Pourquoi vous ne voyez plus votre mère ?
Je sais que je vous bombarde de questions personnelles mais j'ai vraiment envie de mieux vous connaître.

Je sais que je vous demande des confidences et j'ai cru comprendre que ce n'était pas facile pour vous… Alors je vais commencer par répondre à votre question sur ma situation familiale. Ce qui bien sûr ne vous force pas à faire de même. C'est seulement… Pour vous mettre en confiance, disons.

Je ne connais pas mes parents. Je suis allée de famille d'accueil en famille d'accueil pendant toute mon enfance. J'ai fait pas mal de fugues et pendant l'une d'elles j'ai fait la rencontre de Lily, qui m'a entraîné dans un paquet de situations difficiles. Finalement, j'ai eu la chance d'être recueillie par Ingrid, dans une énième famille d'accueil, et elle a exprimé le vœu de m'adopter. Quelques années plus tard, sa sœur et son mari sont morts dans un accident et Ingrid a prit ses deux nièces sous son aile. Nous sommes devenues une sorte de grande famille, avec nos propres histoires, nos propres problèmes. J'aimerai davantage m'autoriser à compter sur ma « mère » et mes « sœurs » mais ce fameux problème de confiance m'en empêche… C'est plus fort que moi, je crois toujours que les gens cherchent à me manipuler.

Le but de ce portrait était de vous donner un aperçu de la façon dont je vous perçois. Si vous l'avez trouvé flatteur alors vous êtes dans le vrai. Je dois dire que je vous trouve plutôt impressionnante, Madame Mills. Habituellement, lorsqu'il me vient l'envie d'apprendre à connaître quelqu'un, cette envie diminue un peu plus à chaque fois que je discute avec la personne. Mais avec vous c'est tout le contraire.

Storybrooke doit être une petite ville vraiment sympathique pour que vous n'ayez jamais ressenti le désir de vivre ailleurs. Je vais peut-être vraiment venir en visite dans le Maine.

A très bientôt j'espère,
Emma.

»

Emma envoya le message, referma l'ordinateur et s'étira. Son regard fut attiré par son téléphone portable et les trois appels manqués d'Elsa. Décidant de remettre les explications au lendemain, la jeune femme se leva et marcha droit vers la chambre, prête à passer une bonne nuit de sommeil pour se remettre de ses émotions. Alors qu'elle se glissait sous sa couverture, Emma se surprit à penser à Regina. Elle avait hâte de se réveiller pour lire sa réponse au dernier message. C'était fou la vitesse à laquelle la jolie brune s'était fait une place dans sa vie…

OooOooOooO

En se levant le lendemain matin, Emma découvrit Lily dans la cuisine, occupée à préparer le petit-déjeuner.

- Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Bonjour à toi aussi. Je fais une omelette, ça se voit pas ?

La blonde poussa un soupir de découragement et se laissa peser contre le comptoir, renonçant à se disputer avec son amie. Elle n'avait pas envie de se lancer dans une énième et vaine leçon de morale.

- Grande nouvelle ! annonça Lily, un grand sourire plaqué sur le visage. J'ai un pote qui veut bien te faire un prix pour ton tatouage.

- Je ne veux pas de ce tatouage et tu le sais très bien.

- Aller, Em' ! On parle de ça depuis qu'on est gamines. On aurait la même marque ! Comme de vraies meilleures amies.

- Les vraies meilleures amies n'agissent pas de cette façon.

Emma grimaça en réalisant ce qu'elle venait de dire. Elle avait eu l'intention de maîtriser sa colère, mais ça avait apparemment besoin de sortir.

- Bon, soupira la brune. Ta mère est complètement cinglée mais je respecte le fait que tu l'aimes malgré tout. Contente ?

- Bah dis donc, je savais même pas que tu connaissais le mot « respect » ! C'est Walsh qui t'a fait répéter ?

Lily saisit un torchon et le jeta sur son amie, qui éclata de rire.

- J'espère que t'es plus fâchée, répliqua-t-elle, tout en retournant à ses préparations. Parce que j'ai une proposition à te faire.

- Je t'écoute, répondit prudemment Emma.

- Tu sais que je déteste mon appartement et que j'adore être ici… Alors je me demandais si on devrait pas habiter ensemble, toi et moi.

- Tu veux t'installer ici ?

- Ouais, c'est exactement ça.

Emma se mordit la lèvre inférieure, imaginant déjà les dégâts que l'ouragan Lily pourrait causer dans sa vie quotidienne. Mais, après tout, elle vivait déjà quasiment ici…

- Je te prends à l'essai, proposa-t-elle. Si tout se passe bien, tu pourras rester.

Lily poussa un cri d'enthousiasme et abandonna son omelette sur le feu pour aller serrer son amie dans ses bras.

- Tu verras, je te décevrai pas !

Elles prirent le petit-déjeuner tout en discutant de futilités, évitant sciemment les sujets un peu sensibles. Puis Emma descendit dans le hall de l'immeuble pour récupérer son courrier. Alors qu'elle remontait les escaliers, examinant une carte postale qu'elle tenait à la main, son téléphone sonna dans sa poche. Elle s'assit sur les marches pour répondre, ne voulant pas avoir une conversation avec Elsa devant Lily, qui ne pourrait certainement pas s'empêcher de faire des remarques blessantes au sujet d'Ingrid.

- Allô ?

- Enfin, tu décroches ! Franchement Emma, il faut que tu arrêtes de m'éviter comme ça.

- Je suis désolée, je voulais pas te laisser toute seule face à la situation. Mais je pensais vraiment qu'on en avait terminé avec toutes ces histoires.

Elsa soupira dans le combiné. Et dire qu'elle croyait qu'il n'y avait pas plus stupidement – et adorablement – optimiste que sa petite sœur Anna !

- Ingrid est retournée à l'hôpital, expliqua-t-elle. Qu'est-ce qu'elle t'a dit au téléphone ?

- Elle m'appelait Helga. Toujours le même traumatisme.

- Tu comptes aller la voir à l'hôpital ?

Emma hésita.

- Non, avoua-t-elle finalement. Ne me juge pas mais c'est trop dur…

- Bon, très bien. Je sais que tu as déjà fait ta part et c'était pas la plus facile. Je prends le relai. Donne-moi des nouvelles de temps en temps.

- Merci, Elsa. T'es la meilleure sœur du monde. Ne le répète pas à Anna. D'ailleurs, elle est au courant pour Ingrid ?

- Non, pas encore. Elle est en plein préparatifs pour le mariage et je n'ai pas eu envie de lui gâcher son plaisir. Mais il va bien falloir le faire à un moment ou un autre.

Elsa soupira à nouveau. Après avoir échangés encore quelques banalités, les deux jeunes femmes se dirent au revoir. Emma raccrocha, se sentant le cœur lourd. Elle s'inquiétait pour sa mère adoptive et culpabilisait de ne pas pouvoir être présente pour l'aider. Elle avait supporté ses crises, ses délires et ses moments d'insécurité pendant des années. Aujourd'hui, elle ne s'en sentait simplement plus le courage. Emma se releva en se frottant les yeux, ramassa les quelques enveloppes et la carte postale abandonnées sur les marches et entra dans son appartement.

Lily, assise au bureau, semblait concentrée sur la lecture d'une page internet, sur l'ordinateur de sa colocataire. Celle-ci comprit aussitôt de quoi il s'agissait et traversa la pièce en quelques pas rapides.

- Qu'est-ce que tu fais ? s'exclama-t-elle, furieuse. Tu fouilles dans mes affaires maintenant ?

En fait, ce n'était pas une grande nouveauté. Mais le manque de savoir-vivre de son amie n'en finissait pas de surprendre Emma.

- Mais c'est que tu dragues complètement cette pauvre Regina ! s'exclama Lily, un grand sourire sur le visage.

- Ces messages sont privés ! Tu n'as aucun droit de les lire !

- Oh c'est bon, les meilleures amies partagent tout, et en particulier les histoires croustillantes ! Et puis même si c'est privé tu parles quand même de moi et tu dis des trucs pas sympas.

Emma se sentit honteuse mais refusa de le montrer.

- Je croyais que t'allais mieux te comporter pendant ta période d'essai, mais apparemment tu en es incapable.

- Je veux vraiment vivre ici, Em'. Tu vas pas me mettre à la porte, hein ? Je voulais envoyer un mail à quelqu'un et c'était déjà sur la page du site… J'ai juste été curieuse, c'est pas un crime quand même !

Emma referma l'écran de l'ordinateur dans un claquement sec et l'emmena dans sa chambre, abandonnant une Lily boudeuse derrière elle. Elle était encore toute retournée par sa discussion avec Elsa et n'avait pas besoin d'une colocataire qui furetait partout. Avec un certain soulagement, Emma se laissa tomber sur son lit et rouvrit l'ordinateur, se plongeant aussitôt dans la lecture du nouveau message de Regina.

« Bonjour,

Je vais m'absenter de ce site un moment, pour ne pas dire définitivement. Je suis désolée de vous faire faux bond. J'espère que vous trouverez ce que vous recherchez. Vous connaître, ne serais-ce que virtuellement et brièvement, a été un réel plaisir.

Au revoir, Mademoiselle Swan.
Regina.

»

Emma écarquilla les yeux. Elle relut le message plusieurs fois, le cœur serré.

- Lily ! hurla-t-elle. Ramène tes fesses ici ! Immédiatement !

La jeune femme apparut dans l'encadrement de la porte, approchant prudemment.

- Qu'est-ce qu'il y a ? s'enquit-elle.

- T'as envoyé un message à Regina, c'est ça ? Il est où ? Tu l'as supprimé ? Qu'est-ce que tu lui as dit ?

- Oulah, tu délires complètement ma vieille. J'ai même pas eu le temps de finir de lire votre conversation avant que tu arrives.

Emma chercha une trace de mensonge dans les yeux de Lily, en vain. Elle disait la vérité.

- Mais alors pourquoi…

La blonde repoussa son ordinateur et s'appuya contre le mur, cherchant une explication logique à ce retournement de situation.

- Tu vas m'expliquer ce qui se passe ou je dois deviner ?

- Regina quitte le site, avoua Emma. Tu peux lire son message si tu veux, au point où on en est…

Lily se pencha sur l'écran avec curiosité.

- Je vois qu'une seule explication, déclara-t-elle à la fin de sa lecture. Elle a pensé que tu la draguais et comme elle veut pas de toi elle préfère plus te parler.

- Tout le monde n'a pas ton raisonnement complètement débile !

- Du calme, c'est pas contre moi que t'es énervée là.

- Mmh, ça se discute.

Emma se pencha pour relire son dernier message, se demandant s'il avait vraiment été mal interprété.

- Elle me donne même pas de raisons ! se plaignit-elle.

- Oh ça va, tu vas t'en remettre, vous vous parlez que depuis deux jours.

- Je sais mais… Elle est venue vers moi pour me proposer d'être son amie et j'aimais beaucoup discuter avec elle… Et je sais pas ça m'emmerde qu'elle me lâche comme ça d'un coup sans me dire pourquoi.

Lily haussa les épaules.

- Je vais aller t'acheter des donuts, déclara-t-elle, dans un élan inhabituel de sollicitude.

Dès qu'elle eut passé la porte, Emma entreprit de répondre au dernier message de Regina, les mains tremblantes. Elle éprouvait un mélange de colère et de profonde déception.

« Bonjour,

J'espère que vous recevrez ce message.
J'espère également que je ne suis pas responsable de votre décision de ne plus venir sur ce site. Peut-être que j'ai dit quelque chose qui vous a fait penser que je pouvais être placée dans la catégorie des personnes affligeantes, en fin de compte ? Si c'est le cas dites le moi.

J'ai vraiment apprécié les messages que nous nous sommes envoyés et je ne cache pas que l'idée de ne plus jamais vous parler m'attriste. Je ne me lie d'amitié que très rarement et j'avais vraiment l'intention de vous connaître. Je ne me serai pas découragée, comme je l'ai déjà dit précédemment.

Quoi qu'il en soit, j'espère avoir de vos nouvelles, et peut-être une explication pour ce départ soudain ?

Bien à vous,
Emma.

»

Emma envoya son message avec la certitude que, cette fois, Regina ne lui répondrait pas.


Bon alors avant que vous ne me jetiez des objets au visage, sachez que cette situation est temporaire. Et il y a une explication au comportement de Regina, mais bien sûr je ne vais pas vous dire laquelle. Il faudra continuer à lire pour le savoir ! :p
On se retrouve dans deux jours pour le prochain chapitre. Ou demain si je prends assez d'avance et si vous préférez l'avoir plus tôt. Voilà, je vous fais plein de gros bisous. Vous êtes tous des amours.