Coucou les amis.
Dans ce chapitre, une grande sœur aux sages conseils, une Lily qui reconnaît ses torts et une conversation à cœur ouvert entre Emma et Regina.
Le point de vue de Regina, ce sera pour le prochain chapitre. A titre d'information.
Je dédie ce chapitre à Inès, dont le nom ici est Regalilla.
Je pense que tu vas comprendre pourquoi :D.
Disclaimer : Les personnages et l'univers de la série appartiennent à Edward Kitsis et Adam Horowitz.
A certain type of darkness
Has stolen me
Under a quiet mask
Of uncertainty
Chapitre 6 : Secrets
Emma prit une profonde inspiration. Elle poussa la porte et referma soigneusement derrière elle, retardant l'instant d'affronter le regard et les questions de Lily. Celle-ci l'attendait dans la cuisine, jambes étendues sur la table, son téléphone entre les mains.
- Alors ? demanda-t-elle. C'était comment ?
- Comment tu crois que ça se passe quand un homme est amoureux d'une femme et qu'elle ne ressent pas la même chose que lui ?
Emma poussa un soupir. Elle sortit un verre et une bouteille de whisky avec la ferme intention de noyer ses soucis dans l'alcool.
- Ecoute Em'… Je suis désolée.
- Pardon, qu'est-ce que tu viens de dire ?
- Je suis désolée, répéta Lily.
Elle rangea son téléphone et posa un regard sérieux sur son amie.
- J'essaye de faire de mon mieux mais je prends toujours la mauvaise décision, reprit-elle. Je sais que je me suis imposée ici et que j'essaye de gérer ta vie à ta place et tout ça. Je peux juste pas m'en empêcher.
- Je me demande si le fait que tu aies conscience de tout ça ne rend pas les choses encore pires.
- Tu m'en veux vraiment, cette fois, hein ?
Emma prit une gorgée de whisky avant de répondre.
- Oui, reconnut-elle. Walsh était l'un de mes seuls amis. Parfois j'ai l'impression que t'essayes de faire le vide autour de moi. J'en ai marre de tes plans foireux, je supporte ça depuis l'adolescence et ça commence à être trop. Il va falloir que tu me laisses respirer, Lily. Et que tu te reprennes en main. J'en peux plus de te voir traîner à la maison à ne rien faire et à me gâcher les seules soirées que je pourrais passer tranquille. Et, pour information, je ne suis pas la seule personne dont tu fous régulièrement la vie en l'air. Walsh a perdu son travail à cause de toi.
Lily baissa misérablement la tête. Puis elle tendit la main vers la bouteille de whisky et en prit une gorgée directement au goulot.
- Je n'irai plus à aucun rendez-vous, conclut Emma.
Elle quitta la pièce sans regarder en arrière.
OooOooOooO
- Et celle-ci, t'en penses quoi ?
Emma posa un regard critique sur la robe que lui montrait Anna.
- Je ne porterai pas ça, déclara-t-elle, catégorique.
- Tu vas bien être obligée. Si c'est pas celle-ci, ce sera une autre, mais si tu viens à mon mariage avec ta veste rouge je ne te le pardonnerai jamais.
- Elle ne te fera pas un coup pareil, assura Elsa. N'est-ce pas ?
Cette dernière était assise sur un fauteuil blanc à l'allure confortable, devant les cabines d'essayage du magasin. Elle souriait avec sincérité malgré les soucis personnels qui l'accablaient. Anna, d'un naturel très optimiste, haussa les épaules et rangea la robe. Elle se lança aussitôt à la recherche d'une autre tenue, se perdant dans les rayonnages.
- Comment va Ingrid ? demanda Emma à son aînée.
Elsa haussa les épaules.
- Elle refuse mes visites, répondit-elle. Mais j'ai vu son psychiatre et il dit qu'elle fait des progrès. Il envisage de lui donner une permission pour qu'elle rentre à la maison quelques jours.
- Comment le vit Anna ?
- Tu sais comment elle est… Optimiste et têtue. Elle ira à l'hôpital jusqu'à ce qu'Ingrid accepte de la voir. Ne t'en fais pas, on a la situation sous contrôle.
Emma s'assit sur le fauteuil qui faisait face à celui de sa sœur et poussa un long soupir de lassitude.
- Et toi, comment tu vas ? s'enquit Elsa.
- Bien. Enfin, je crois.
- Comment se passe ta colocation avec Lily ? Elle ne s'impose pas trop ?
Emma soupira à nouveau.
- Elle va me rendre dingue, avoua-t-elle.
Elle entreprit de raconter son rendez-vous avec Walsh, se sentant en confiance avec sa grande sœur, mais s'interrompit avant la fin, ne sachant comment poursuivre.
- Et après ? insista Elsa. Pour le moment ça me semble bien. Vous avez dîné, il n'a pas été entreprenant…
- Il a essayé de m'embrasser au moment de se séparer. Un grand classique.
- Oh. Et tu l'as laissé faire ?
Anna revint à ce moment là, déposa une dizaine de robes sur les genoux de son aînée et repartit en sautillant.
- Non, répondit Emma.
Elle profita du fait que l'attention d'Elsa était accaparée par leur petite sœur – qui poursuivait joyeusement ses errements à travers le magasin – pour parler de ce qui l'obsédait depuis la veille.
- Je lui ai dit que j'étais lesbienne, avoua-t-elle dans un souffle.
A son grand étonnement, Elsa se mit à rire doucement, apparemment amusée.
- Le pauvre, compatit-elle. Depuis quand est-ce que tu le sais ?
- Depuis quand je sais quoi ?
- Bah, que tu préfères les femmes !
Emma écarquilla les yeux.
- J'ai dit ça pour que Walsh me laisse tranquille, se justifia-t-elle. C'était faux, c'était un mensonge, c'était…
- La première chose qui t'es venue ?
- Euh, oui… Mais…
- Je crois que tu devrais prendre un peu de temps pour y réfléchir.
Elsa souleva une robe pour l'examiner.
- J'aime bien ce bleu, qu'est-ce que tu en dis ?
Emma ne répondit pas, perdue dans ses pensées.
- Hé oh, il y a quelqu'un ?
- Tu penses que je suis lesbienne ?
Il y avait une réelle inquiétude dans la voix de la jeune femme. Son aînée posa une main rassurante sur son bras.
- Je ne peux pas le savoir, répondit-elle. Tu es la seule à le pouvoir.
- Je ne suis pas intéressée par les femmes.
- Je sais que tu rejettes cette idée avec force, en particulier depuis ton séjour en prison. Mais tu es dans un autre contexte maintenant. Essaye de te poser honnêtement la question à toi-même.
- Vous parlez de quoi ? s'enquit Anna.
Elle était revenue avec une douzaine de nouvelles tenues, sans parler des chaussures et des accessoires.
- Je disais que j'avais très envie de commencer les essayages, mentit Emma.
Elle prit une robe au hasard sur la pile et partit s'enfermer dans une cabine, s'empressant d'échapper au regard perçant d'Elsa. Tout en se changeant, elle réfléchissait intensément. Se pouvait-il vraiment qu'elle soit lesbienne ? Aucune femme n'avait jamais éveillé ce genre d'intérêt en elle… Bon, à bien y réfléchir, il y avait peut-être une exception. Non, elle refusait de l'envisager. C'était bien trop troublant. Toute sa vie, elle s'était perçue d'une certaine façon et maintenant il lui semblait que tout s'apprêtait à voler en éclats. Emma tira d'un coup sec sur la robe, savourant la sensation du tissu soyeux contre ses jambes. Elle n'était pas prête à faire face. Pas encore.
OooOooOooO
Emma regardait son ordinateur comme s'il allait exploser. Elle avait passé la soirée à essayer de se concentrer sur autre chose, en vain. En quittant le magasin avec ses sœurs, elle s'était fait la promesse de laisser passer un peu de temps avant de reparler avec Regina. Il fallait qu'elle prenne du recul, qu'elle s'éloigne un moment. Mais plus elle tentait de penser à autre chose et pire c'était. Habituellement, elle aurait pu se changer les idées en veillant sur Lily, qui était toujours plus ou moins en train de faire une bêtise et qu'il fallait surveiller comme si elle avait cinq ans.
Mais Lily était introuvable. Elle n'était pas là lorsqu'Emma était rentrée à la maison. Il n'y avait qu'un mot sur le frigo, un post-it sur lequel elle avait écrit « est partie voir Walsh » de son écriture ronde et enfantine.
- Qu'est-ce que tu vas encore faire…, soupira la blonde.
Elle prit son téléphone et appela sa colocataire, tombant aussitôt sur messagerie. Elle commençait à vraiment s'inquiéter.
- Tu me gâches la vie même quand t'es pas là, sa plaignit Emma en raccrochant.
Son regard se posa de nouveau sur son ordinateur. Bon ! Tant pis pour ses résolutions.
E - « Bonsoir, Madame Mills. Vous êtes là ? »
Selon son profil, elle était connectée. Mais plusieurs minutes passèrent sans qu'une réponse ne vienne.
E - « Ne me dites pas que vous allez ENCORE me laisser tomber… »
Emma reprit sa respiration avec difficulté, la poitrine compressée par l'angoisse. Elle en avait assez de tout prendre à cœur lorsqu'il s'agissait de Regina. Elle voulait seulement lui parler et ne penser à rien. C'était trop demander ?
R - « Je suis là, Mademoiselle Swan. Inutile de vous énerver. J'aidais mon fils à faire ses devoirs. »
E - « Ah… D'accord. Désolée, je suis un peu sur les nerfs. »
R - « Mauvaise journée ? C'est le travail ? Ou peut-être votre rendez-vous d'hier soir ? »
E - « C'est mon rendez-vous mais je préfère ne pas en parler. »
R - « Vous en êtes sûre ? Vous pouvez tout me dire. Moi aussi je veux vraiment mieux vous connaître. »
Emma se sentit sourire malgré elle. Trois messages de Regina et son humeur s'était déjà nettement améliorée.
E - « Parlons plutôt de pourquoi votre journée d'hier s'était mal passée. Vous avez drôlement bien esquivé ma question. »
R - « Vous, vous avez relu notre conversation d'hier. »
E - « Je ne vois pas de quoi vous parlez. Alors, pourquoi vous alliez mal ? »
R - « Je ne vous harcèle pas à propos de votre rendez-vous et vous ne me harcelez pas à propos de ma journée d'hier. Est-ce que ça vous convient ? »
E - « D'accord. »
Emma se leva pour prendre un paquet de gâteaux dans le placard. Ils appartenaient à Lily, ce qui était très bien. De retour sur le canapé, la blonde s'installa confortablement. Regina n'avait pas répondu.
E - « J'ai une idée pour qu'on en apprenne un peu plus l'une sur l'autre. Une idée qui va vous faire mettre en application votre promesse d'hier. »
R - « Je crains le pire… »
E - « On va faire un jeu. Je vous dis un secret, puis c'est votre tour. Je vous rassure, ça peut être quelque chose de pas très important. »
R - « C'est une mauvaise idée. »
E - « Aller, jouez le jeu ! Je commence si vous voulez. »
R - « ... »
E - « Vous aimez vous faire désirer, en fait. »
R - « Et ça fonctionne ? »
Emma s'étouffa avec un cookie. Après avoir violemment toussé pendant une bonne minute, elle laissa ses doigts courir sur le clavier, les mains un peu tremblantes.
E - « Je ne vais pas répondre à ça. »
R - « Quel dommage. »
E - « Je vois très clair dans votre jeu. »
R - « Vraiment ? »
E - « Oui. Vous essayez d'esquiver mes questions. Vous ne voulez pas me dire vos secrets. »
R - « ... »
E - « Aller, vous me devez bien ça. Vous m'avez laissée tomber, je vous rappelle. »
R - « Bon. Dix secrets, pas plus. Et vous commencez. »
E - « Pourquoi dix ? »
R - « Je ne sais pas… C'est l'âge de mon fils. Ca me semblait être un bon nombre. »
E - « Très bien, alors… Je me lance ! »
R - « Allez-y. »
E - « Je suis une fausse blonde. J'ai commencé à me teindre quand j'étais ado. »
R - « Habituellement, je me serais méchamment moquée, mais le blond vous va très bien. Difficile de trouver à y redire. »
E - « Vous me complimentez pour que j'oublie que c'est à votre tour de dire un secret. »
R - « Je n'ai pas toujours d'intentions cachées. »
E - « J'attends votre secret. »
R - « Bon. Pour rester dans le thème du physique… J'ai une cicatrice sur la lèvre et j'ai beaucoup complexé à cause de ça. »
Emma se redressa pour cliquer sur les photos de Regina. Sur les deux premières, la cicatrice n'était pas très visible, mais elle apparaissait nettement sur la dernière.
E - « Ce n'est pas moche du tout. Il n'y a vraiment pas de quoi complexer. »
R - « Assez à propos de moi. C'est votre tour, Mademoiselle Swan. »
E - « Alors... Changement de thème ! Je n'ai jamais tenu une relation amoureuse plus de trois mois. Il n'y a eu qu'une exception mais ça a été une grosse déception. »
Emma sourit pour elle-même, satisfaite d'avoir engagé la conversation sur les relations amoureuses. Peut-être qu'elle en apprendrait plus sur cet homme qui avait brisé le cœur de Regina… Comme par exemple son nom et sa description physique, de façon à pouvoir lui refaire le portrait si d'aventure elle le croisait.
R - « Que s'est-il passé ? »
E - « C'est à mon tour de réclamer un secret. »
R - « Bon, très bien… Disons que moi non plus je ne suis pas douée pour les relations amoureuses. »
E - « Pourquoi vous dites ça ? »
R - « Vous d'abord. »
E - « Très bien…Cet homme avec lequel je suis restée plus de trois mois, il m'a envoyée en prison à sa place. »
Emma se mordit nerveusement la lèvre. Elle évitait de faire cette confidence, en général, mais elle avait envie que Regina sache la vérité à son sujet. En espérant qu'elle ne réagisse pas mal, bien sûr…
R - « Je suis désolée de l'apprendre. C'est vraiment horrible. »
E - « Je sais. Vous ne pensez pas que je suis une criminelle doublée d'une menteuse au moins ? »
R - « Non. Sinon vous ne m'en auriez pas parlé. Et puis les super-héros ont toujours un passé douloureux. »
E - « Vous vous y connaissez bien en super-héros, dites moi ! »
R - « J'ai un fils de dix ans. »
E - « C'est vrai. C'est votre tour, pourquoi vous dites que vous n'êtes pas douée pour les relations amoureuses ? »
R - « Après avoir perdu mon premier amour de façon tragique, j'ai cru que je ne pourrais plus jamais aimer quelqu'un d'autre. Plusieurs années plus tard, j'ai commencé une sorte de relation avec l'actuel Shérif de Storybrooke. Mais nous n'avions pas de sentiments l'un pour l'autre et ça s'est terminé. Lorsque j'ai finalement rencontré un autre homme, dont je suis tombée profondément amoureuse, j'ai été déçue. Je n'ai pas envie de m'attarder sur le sujet pour le moment. »
E - « Mais vous m'en parlerez un jour ? »
R - « Peut-être. »
Emma sourit dans le vide. Son téléphone vibra, l'informant qu'elle avait reçu un nouveau message, mais elle l'ignora.
R - « C'est votre tour. »
E - « Je ne sais pas quoi dire. »
R - « Je peux vous poser une question, dans ce cas ? »
E - « Allez-y. »
R - « Comment s'est- passé votre rendez-vous, hier soir ? »
E - « Vous étiez supposée ne pas me harceler à propos de ça ! D'autant que je suis sûre que si je vous pose à nouveau la question de pourquoi vous alliez mal hier vous n'allez toujours pas me répondre. »
R - « C'est vrai. Mais maintenant c'est le jeu ! Alors je vous écoute. »
E - « Dans ce cas je vais utiliser mon joker. »
R - « On a le droit à un joker ? Ca m'apprendra à jouer à un jeu dont je ne connais pas les règles. »
E - « Eh oui, bien fait pour vous ! A mon tour de poser une question. »
R - « Je ne répondrai pas s'il s'agit d'hier ou de ma dernière relation amoureuse. J'ai encore mon joker, moi. »
Emma prit le temps de réfléchir avant de répondre.
E - « Très bien. Pourquoi vous ne parlez plus à votre mère ? »
R - « Je ne m'attendais pas à ça. »
E - « Vous allez répondre ? Ce serait trop bête d'utiliser votre joker maintenant. »
R - « Il s'agit d'une vieille querelle entre ma mère et moi. Elle s'est opposée à mon histoire avec Daniel, qui était mon premier amour. Elle a été jusqu'à organiser mon mariage avec un homme que je ne connaissais pas du tout mais qui était riche – et c'était bien tout ce qui comptait pour elle. J'ai finalement pu me soustraire à cet engagement, mais il était trop tard. J'avais perdu Daniel. J'ai appris qu'il était mort dans un accident peu après notre séparation. »
E - « C'est affreux… Je suis vraiment désolée, Regina. »
R - « Ce n'est pas à vous de l'être. Mais merci. »
Le téléphone d'Emma émit une sonnerie stridente, la faisant sursauter. Elle allait l'ignorer lorsqu'elle réalisa que c'était peut-être Lily – son silence se faisait inquiétant, il fallait le reconnaître. Elle décrocha sans quitter l'ordinateur des yeux, se demandant ce qu'elle allait répondre à Regina.
- Allô ?
- Il faut que tu viennes.
- Walsh ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Emma se redressa brusquement. Si son ami lui téléphonait malgré leur dispute de la veille alors il s'était forcément passé quelque chose de grave.
- C'est Lily, répondit gravement Walsh. Elle a tenté de se suicider.
Bam. On se retrouve demain ou après-demain pour la suite. Donnez votre avis, soyez sympas parce que je prends les reproches un peu trop à cœur et on se retrouve très vite.
PS : Il y a une heure à laquelle vous préférez que je publie ?
