Comme promis, voici le chapitre de ce soir.
Au programme : des conseils, des confidences et de l'audace.

Bon par contre j'ai une petite (grosse) baisse de moral et donc de motivation et d'inspiration. Je commence à penser que cette fic ne dépassera pas les 15 chapitres, mais je ne compte pas bâcler quoi que ce soit. Je dois juste retrouver la force, le courage, le moral… Bref, osef de ma vie. Juste merci pour vos mots gentils, c'est vraiment ce qui fait toute la différence. Je vous aime tous très fort.

On se retrouve en bas.

Disclaimer : Les personnages et l'univers de la série appartiennent à Edward Kitsis et Adam Horowitz.


No matter how many deaths that I die
I will never forget
No matter how many lives that I live
I will never regret


Chapitre 10 : Ouvrir son coeur

Emma regardait Regina. Sa vie avait été totalement bouleversée depuis quelques heures et elle se surprenait à apprécier ce sentiment. C'était tout ce dont elle avait eu besoin, finalement. Une amie, une personne à laquelle se confier. Une personne qui écoutait vraiment ce qu'elle disait, faisait preuve d'un réel intérêt pour elle, même en ce qui concernait les détails les plus insignifiants de son existence. Même si, pour être complètement honnête avec elle-même, Emma devait reconnaître que cette relation ne lui paraissait pas totalement platonique. Et il lui était de plus en plus difficile de chasser cette pensée.

- Tu sais, j'aurais pu te prêter des vêtements. T'étais pas obligée de dévaliser la moitié des boutiques de New-York.

Regina prit un air sévère. Assise sur une chaise, en plein milieu de la cuisine, elle était occupée à examiner un pantalon noir très chic sous toutes ses coutures.

- Nous n'avons pas tout à fait les mêmes goûts, fit-elle remarquer. Et je n'ai pas souvent l'occasion de faire des achats en dehors de Storybrooke, où les choix sont beaucoup plus restreints qu'à New-York.

- Un point pour toi.

Emma prit une gorgée du verre de whisky qu'elle tenait à la main. Après avoir passé la matinée à discuter avec Regina – surtout de sujets inoffensifs, mais aussi un peu de Lily – elle avait eu un appel pour le travail et avait dû abandonner son invitée. Celle-ci en avait profité pour aller faire les boutiques. La blonde était revenue en fin de journée, après avoir retrouvé un nouveau fugitif et fait quelques courses en prévision des prochains jours.

- Je suis désolée de t'avoir laissé tomber aujourd'hui, s'excusa-t-elle. Je te propose de rester et après je disparais tout l'après-midi...

- Tu ne savais pas que j'allais venir, répondit Regina. Et puis comme ça j'ai pu passer des appels importants pour le travail.

- Et pour ton fils ? Henry, c'est ça ?

La brune se tendit imperceptiblement.

- Mary-Margaret est d'accord pour veiller sur lui. Elle est même ravie, en fait. Henry est un garçon vraiment adorable.

- Je m'en veux un peu de le priver de sa maman. Enfin, je suis tellement contente de te voir enfin que finalement, tant pis pour lui !

Emma prit une nouvelle gorgée de whisky en songeant qu'il fallait absolument qu'elle arrête de dire des choses stupides. Regina sourit, à son grand soulagement. Hélas, il y avait toujours un fond de tristesse dans ses yeux.

- J'ai une idée ! s'exclama soudain la blonde.

- Je t'écoute.

- Et si on allait manger au restaurant ? J'en connais un vraiment sympa, à seulement quelques rues...

- C'est un rendez-vous ?

Emma rit pendant quelques secondes avant de capter l'air sérieux de Regina.

- Euuuuuuuuh, non.

- Du calme, Mademoiselle Swan. Je plaisantais.

- Oui, bien sûr. Je le savais.

Emma termina son verre en fixant le sol, perdue dans ses pensées. Elle sentit son ventre se tordre douloureusement lorsqu'elle réalisa qu'elle aurait aimé qu'il ne s'agisse pas d'une simple plaisanterie. Elle releva la tête, détaillant son amie qui examinait ses nouveaux habits avec un air satisfait. Peut-être était-il temps de faire face à son attirance pour Regina Mills...

OooOooOooO

Emma lisait le journal dans la clarté matinale. En vérité, elle faisait semblant, toute son attention concentrée sur la porte de la chambre de Lily, attendant impatiemment que Regina se réveille. Chaque seconde était plus frustrante que la précédente. Soudain, alors que la blonde envisageait de faire « accidentellement » tomber quelque chose pour que le bruit réveille son invitée – ce n'était pas très gentil, mais elle en était là – son téléphone sonna, l'arrachant à sa morosité. Elle sourit en reconnaissant le numéro de sa sœur aînée.

- Allô ?

- Bonjour espèce de tête en l'air. Je t'appelle parce que nous avions rendez-vous il y a une demi-heure pour nos essayages de robes de demoiselles d'honneur.

- J'avais complètement oublié ! Désolée, je vais pas pouvoir venir. J'ai de la visite.

- August ? crut deviner Elsa.

- Non, il est toujours en Thaïlande. C'est... Quelqu'un que j'ai rencontré sur un site internet.

- Emma, c'est dangereux ! Il pourrait être un psychopathe ou un tueur en série ou un violeur ou les trois.

- C'est une femme. Et je ne pense pas qu'elle ait l'intention de me violer.

- Oh... Oui, j'imagine qu'on ne peut pas parler de viol lorsque c'est consentant.

Emma s'étouffa avec une gorgée de chocolat chaud.

- Pardon ?

- J'ai bien vu que tu commençais à ouvrir les yeux, la dernière fois. Tu es très douée pour ignorer ce qui te dérange, sans vouloir te vexer, mais j'imagine que tu as passé un nouveau cap puisque cette femme est chez toi.

- Ecoute, Elsa, je sais vraiment pas où j'en suis...

- Il n'y a pas de quoi paniquer. Essaye d'envisager les choses calmement. Et parle-moi un peu d'elle, que je puisse être plus précise dans mes conseils de grande sœur.

- Elle s'appelle Regina. Elle m'a envoyé un message sur un site de rencontres. On a commencé à sympathiser et très vite, je me suis complètement laissé emporter dans cette relation virtuelle. Toute la journée je ne pensais qu'au moment où j'allais pouvoir rentrer et lui parler. Et quand elle a débarqué chez moi sans prévenir... Elsa, je m'attendais pas à ressentir ça, simplement en la regardant, en l'ayant en face de moi.

Emma baissa d'un ton, se souvenant que Regina se trouvait à quelques pas seulement, probablement toujours endormie.

- On a été au restaurant hier soir, poursuivit-elle. Si tu la voyais, elle est impressionnante, elle a toujours quelque chose d'intelligent à dire. Elle est élégante peu importe la situation. En fait, elle est tellement magnifique que tout le monde semble laid en comparaison. Et elle a de l'humour, de la culture... On a passé la moitié de la nuit à discuter et je m'en suis même pas rendue compte avant de tomber de fatigue.

- Ce n'est pas pour te faire peur, ma chérie, mais je crois que tu es amoureuse.

- Pitié, me dis pas ça. Je commence juste à me faire à l'idée que je suis attirée par cette femme, je suis pas prête à en tirer des conclusions.

Elsa soupira dans le téléphone.

- Je sais comment tu fonctionnes, répondit-elle. Je sais que tu as la sensation que tu ne mérites pas d'être heureuse. Mais si cette femme te plaît, alors pourquoi hésiter ? Tu te fiches des étiquettes, ne fais pas comme si brusquement ça comptait. Et tu te fiches du regard des autres. Alors où est le vrai problème ?

- Le problème, c'est son regard à elle. Je suis intéressée, d'accord, mais c'est pas son cas et elle me l'a fait savoir dès son tout premier message. Et elle sort d'une histoire difficile avec un homme, et elle est maire d'une ville dans le Maine, elle a un fils et... Moi je suis juste une célibataire endurcie qui vit avec une colocataire suicidaire. Il n'y a absolument aucune raison pour que cette femme exceptionnelle s'intéresse à moi.

La porte de la chambre de Lily s'ouvrit. Emma s'empressa d'ajouter :

- Je dois y aller, bonne chance pour les essayages et je te rappelle très vite !

Regina rejoignit son amie dans la cuisine, magnifique dans son tailleur beige tout neuf.

- Bonjour, la salua-t-elle. Tu es bien matinale.

- Toi aussi. L'habitude du boulot, j'imagine ?

- Eh oui.

La brune se servit un café avant de s'installer à table, jetant un regard curieux au journal qu'Emma avait délaissé. Cette dernière sourit, ravie d'être simplement là, à savourer chaque seconde.

- Il y a quelque chose que tu veux faire aujourd'hui ? demanda-t-elle.

- Oui. Je veux que tu me présentes Lily.

- Pourquoi ?

- Elle est ton amie d'enfance et ta colocataire. Je pense qu'elle pourrait m'apprendre beaucoup de tes secrets. Et puis, à cause de moi, tu n'es pas allée lui rendre visite à l'hôpital hier.

Emma se mordit la lèvre, n'osant pas accepter. Et si Lily recommençait à faire des allusions à sa potentielle homosexualité ? Le regard insistant de Regina finit par la convaincre. Elle était vraiment incapable de lui résister...

- Bon, soupira-t-elle. Je tiens quand même à te prévenir que tu vas avoir envie de lui coller des baffes. D'ailleurs, ne te retiens surtout pas.

Regina sourit tout en portant la tasse à ses lèvres. Après avoir pris une gorgée de café, elle répondit :

- Je pourrais te juger sur tes relations amicales mais j'ai moi aussi régulièrement envie d'agresser physiquement Mary-Margaret.

- Avec ce genre d'amis, pas besoin d'ennemis...

- C'est bien vrai.

Les deux jeunes femmes échangèrent un regard complice. Puis Regina se plongea dans la lecture du journal, sans remarquer qu'Emma ne cessait de la contempler, les yeux brillants d'une émotion qu'elle ne s'avouait pas encore totalement.

OooOooOooO

- C'est magnifique !

Emma sourit. Tout en examinant la bouteille de vin qu'elle avait acheté un peu plus tôt, elle répondit :

- Je sais ! C'est pour ça que j'aime autant cet appartement. Uniquement pour la terrasse.

Regina regardait la rue en contrebas, le vent faisant voler ses cheveux tout autour de son visage.

- Il y a tellement de bruit ici, fit-elle remarquer. Storybrooke est très calme en comparaison.

- Je pourrais en témoigner quand j'y viendrais en visite.

La brune se raidit. Elle resserra sur elle les pans de sa veste, perdue dans ses pensées. Elle avait la peur irraisonnée qu'Emma reconnaisse Henry comme étant son fils si jamais elle était amenée à le rencontrer, ce qui était finalement peu probable. Remarquant son trouble, la blonde s'empressa de changer de sujet :

- Tu me dois toujours des secrets, rappela-t-elle.

Regina s'installa sur une chaise et prit son verre de vin pour se donner une contenance.

- Toi aussi, répliqua-t-elle. Et c'est à ton tour. Je veux quelque chose d'important, je te préviens.

- Très bien... Alors, voyons. Il y a un secret que je ne confie pas facilement, mais puisque c'est toi... Je vais faire un effort.

- Je t'écoute.

Emma prit une grande inspiration. Envoyer des messages et faire des confidences de vive voix, ce n'était pas la même chose.

- Tu te souviens de cet ex qui m'a envoyé en prison à sa place ?

- Oui.

- J'étais enceinte de lui. Je m'en suis rendue compte une fois derrière les barreaux. Je n'ai pas gardé le bébé. C'était un petit garçon.

Regina s'efforça de garder un air impassible. La mère biologique d'Henry l'avait surprise, et de la bonne façon, mais elle ne pensait pas trop s'avancer en ayant d'ores et déjà une mauvaise opinion du père.

- Tu regrettes ? demanda-t-elle, la voix tremblante.

- Oui, souvent, reconnut Emma. Mais j'étais jeune, perdue et en prison. J'espère seulement que mon fils a trouvé une bonne famille, des parents aimants...

La blonde essuya une larme qui perlait à son œil.

- Désolée, soupira-t-elle. C'est un sujet sensible.

- Je comprends.

Le silence pesa un instant sur les deux jeunes femmes. Regina regardait dans le vide, perdue dans un combat intérieur violent.

- A ton tour ! s'exclama soudain Emma. Je veux en savoir plus au sujet de l'homme qui t'a brisé le cœur.

- Puisqu'on en est à aborder les sujets sensibles...

Regina prit une grande inspiration et se lança :

- Il s'appelle Robin. Il était en procédure de divorce lorsque nous nous sommes rencontrés, mais s'est à nouveau rapproché de sa femme alors même qu'il me fréquentait. Ils ont un fils ensemble, un petit garçon vraiment adorable, et ils ont voulu se donner une seconde chance. Robin m'a donc repoussée, mais il n'a cessé de revenir vers moi en prétendant qu'il était toujours amoureux.

- Si je croise ce type, je vais vraiment pas le rater.

Regina eut un rire qui sonnait faux.

- Je suppose que je ne devrais pas continuer si tu réagis déjà de cette façon.

- Non, non, je veux connaître toute l'histoire !

Emma prit la main de son amie avant même de réfléchir à son geste. S'apercevant de ce qu'elle venait de faire, elle s'immobilisa, n'osant pas faire marche-arrière. Heureusement, Regina se contenta de sourire, les yeux brillants.

- L'une des raisons pour lesquelles j'ai cessé de te parler était en rapport direct avec Robin, expliqua-t-elle. Je venais d'apprendre qu'il avait finalement quitté sa femme... Mais pas pour moi. Pour ma sœur.

- Attends, tu plaisantes là ?

- Hélas, non. Notre mère a toujours affiché une préférence pour moi, ce que Zelena a très mal vécu. Elle s'est donc empressée de séduire l'homme pour lequel elle connaissait mes sentiments. Elle a toujours été jalouse, elle a toujours eu envie d'avoir ce que j'avais. Et il y a pire encore.

Emma haussa un sourcil tout en resserrant sa prise sur la main de Regina, allant même jusqu'à tracer des cercles sur sa paume à l'aide de son pouce. Le contact sembla calmer la brune, qui se détendit un peu, s'efforçant de ne pas se laisser emporter par les émotions négatives que son récit provoquait.

- Qu'est-ce qui peut être encore pire ? s'étonna la blonde.

- Ma sœur est tombée enceinte. Je venais seulement de l'apprendre, le soir où je suis revenue sur le site. J'ai relu nos messages, j'avais envie de t'en parler, je me sentais tellement mal... Mais quand on a discuté je n'ai pas pu me résoudre à te le dire, pas comme ça. Et puis, j'étais encore sous le choc... Cette nouvelle était d'autant plus cruelle que Robin avait toujours manifesté le désir d'avoir une grande famille et qu'il se trouve que je suis stérile.

A l'instant où elle prononça ces mots, Regina écarquilla les yeux, réalisant qu'elle venait de faire une monstrueuse bêtise.

- Mais tu as un fils, s'étonna Emma.

- J'ai adopté Henry, avoua la brune, la voix tremblante.

- Oh, je ne savais pas.

- Parce que je ne te l'avais pas dit.

Emma adressa un sourire rassurant à son amie, sa main toujours emprisonnée dans la sienne.

- Être nulles pour l'amitié ne nous suffisait pas, plaisanta-t-elle. Il fallait que nos relations amoureuses craignent aussi.

Regina éclata de rire avant d'avoir pu s'en empêcher.

- C'est pitoyable, fit-elle remarquer. Nos vies sont pitoyables.

- C'est clair, mais... On a de la chance de s'être rencontrées. Tu es différente de toutes les personnes dont j'ai pu être proche auparavant.

- Toi aussi.

Réalisant qu'elle regardait son amie avec un peu trop d'insistance, Emma se leva et se rapprocha de la balustrade, jetant un coup d'œil désintéressé à la rue. A cet instant, son téléphone sonna dans la poche de son jean, et elle décrocha sans regarder le numéro.

- Allô ?

- Ton horoscope d'aujourd'hui dit qu'il est temps que tu tentes une approche. La belle brune est dans les parages ?

- Lily ! S'il te plait, arrête tes bêtises. Je suis sûre que tu inventes en plus.

- Oui, bon, d'accord ! Mais franchement, elle s'en va demain. Alors c'est maintenant ou jamais.

Emma jeta un regard en arrière. Regina servait deux nouveaux verres de vin. Pourquoi cette vision toute simple avait-elle le pouvoir de faire fondre son cœur ?

- Em' ? insista Lily, dans le téléphone. J'ai été sympa, j'ai retenu mes remarques quand tu me l'as présenté, alors maintenant que tu sais que je peux être une bonne amie, écoute mes conseils ! Tente ta chance. Ou tu le regretteras toute ta vie.

- On se parle plus tard.

Emma raccrocha. Son amie se leva et lui tendit un verre de vin. Puis elle s'appuya sur le rebord de la balustrade, les yeux fermés, le souffle du vent passant sur son visage à l'expression sereine.

- Tout va bien ? s'enquit la blonde.

- Oui, oui. Que voulait Lily ?

- Oh, rien… Juste insinuer que toi et moi sommes plus que des amies.

Regina rouvrit les yeux, le cœur battant à cent à l'heure, mais n'osa pas se tourner vers Emma, qui se tenait à quelques pas seulement. Elle pouvait sentir son regard comme un feu brûlant sur son visage.

- Vraiment ? répliqua-t-elle, d'une voix totalement maîtrisée.

- Oui, elle refuse de comprendre qu'on est toutes les deux hétéros.

- Je ne le suis pas.

Emma éprouva soudain des difficultés à respirer.

- Comment ça ? Ton ex était un homme et ton premier amour aussi, d'après ce que j'ai compris.

- Oui, je n'ai jamais eu que des relations avec des hommes. Mais j'ai toujours été également intéressée par les femmes.

- Ah. D'accord. C'est... c'est génial.

Regina frissonna dans l'air frais de la nuit et glissa les mains dans les poches de sa veste. Le regard fixé sur la rue, elle demanda :

- Pourquoi tu ne m'as pas répondu, Emma ? Je sais que Lily allait mal, mais tu aurais pu m'envoyer un tout petit message, ne serais-ce que pour me rassurer. Est-ce que je suis aussi peu importante à tes yeux ?

- Non. C'est justement parce que tu es importante que je n'ai pas répondu.

Emma se rapprocha lentement de son amie, qui regardait toujours résolument droit devant elle, et se jeta à l'eau :

- Quand on a commencé à se raconter des secrets, j'ai réalisé que je me sentais proche de toi, plus proche que de n'importe qui d'autre. Et que j'étais en train de m'attacher. De beaucoup trop m'attacher.

- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

Emma se pinça les lèvres, réfléchissant intensément. Regina était intéressée par les femmes. Regina s'était tant inquiétée pour elle après une semaine sans nouvelles qu'elle était venue jusqu'à New-York pour la voir. Peut-être qu'Elsa avait raison, finalement. Peut-être qu'il n'y avait pas de quoi paniquer. Et peut-être que Lily avait raison, elle aussi. Peut-être que c'était bien maintenant ou jamais.

Regina, n'obtenant pas de réponses, se tourna vers son amie. Celle-ci se rapprocha encore et son regard descendit jusqu'aux lèvres de la brune. Elle était si proche qu'elle pouvait voir la petite cicatrice dont elle avait oublié l'existence jusqu'à maintenant, s'étant efforcée de ne pas fixer Regina à cet endroit précis. Avec la sensation de se jeter dans le vide, Emma fit un dernier pas en avant et posa ses lèvres sur la cicatrice.

Ce fut comme si le temps s'était brusquement arrêté. Regina sentit ses yeux se fermer et renonça à lutter, s'abandonnant à l'instant. Puis elle sortit une main de sa poche et la glissa dans le cou de son amie, l'attirant un peu plus près. Leurs corps se pressèrent l'un contre l'autre. Emma se détacha doucement pour mieux replonger sur la bouche de Regina, s'emparant de ses lèvres avec passion. Elle en avait rêvé un million de fois. Et il était si bon de finalement céder, d'oublier sa peur.

Soudain, Regina recula, mettant fin au délicieux contact. Elle s'éloigna de plusieurs pas, les mains tendues devant elle comme pour se protéger.

- Non, murmura-t-elle. Il ne faut pas.

Emma entendait son cœur battre partout dans son corps. Elle reprit sa respiration, le corps encore parcouru de frissons de désir. Elle avait froid, soudain, sans les bras chaleureux de son amie autour d'elle.

- Je suis désolée, s'empressa-t-elle de répondre. C'est à cause de Robin ? Tu es toujours amoureuse de lui ?

Regina secoua la tête, incapable de répondre. Devait-elle lui dire la vérité ? Elle ne s'en sentait pas capable. Elle ne pouvait pas courir le risque de perdre et son fils et Emma. Alors elle se précipita sur la porte qui menait à l'appartement et s'arrêta sur le seuil, jetant un dernier regard en arrière. Elle rassembla tout son courage.

- Je n'aurais pas dû venir, déclara-t-elle d'un ton froid. Je t'ai prévenue dès le début : tu ne m'intéresses pas de cette façon. Alors je crois qu'on va en rester là.

Regina disparut dans les escaliers, contenant bravement les larmes qui menaçaient de déborder. Restée seule sur le toit, Emma mit plusieurs minutes à réagir. Les derniers mots de son amie étaient venus se ficher comme des lames dans son cœur. L'instant d'avant, elle l'embrassait passionnément – ou avait-elle été la seule à apprécier ce baiser ? – et voilà qu'elle la repoussait et qu'elle s'enfuyait. Le temps d'arriver dans l'appartement, il n'y avait plus de trace de Regina. En allant à la fenêtre, Emma eut le temps de la voir s'engouffrer dans un taxi.

Restée seule, la blonde se laissa lentement tomber au sol. Elle repensa à Walsh et à la façon dont elle l'avait repoussé, le soir de leur rendez-vous. Avait-elle eu la moindre idée, à cet instant-là, de ce qu'il avait pu ressentir ? Emma sentit les larmes monter et ne tenta pas de les empêcher de couler. Elle replia ses jambes, entoura ses genoux de ses bras et se mit à pleurer, le corps agité de sanglots douloureux. Cette fois, elle avait perdu Regina pour de bon.


Je me démoralise toute seule, c'est quand même fort. Cette fin est tellement horrible que je vais devoir sacrément me dépêcher de poster la suite.
Donnez votre avis, vos encouragements, vos menaces de mort et tout ce que vous voudrez. A très vite.