Coucou ! Je suis un peu en avance, je suis contente.
Encore trois ou quatre chapitres, je pense. J'espère que vous aimez toujours cette histoire. Aller, on se retrouve en bas :).
Disclaimer : Les personnages et l'univers de la série appartiennent à Edward Kitsis et Adam Horowitz.
I wanted you to stay
Cause I needed
I need to hear you say
That I love you
I have love you all along
And I forgive you
For being away for far too long
Chapitre 14 : Notre fils
- T'es sûre qu'elle va venir ?
Regina adressa un sourire rassurant à son fils, assis près d'elle sur le canapé de son bureau.
- Elle ne devrait pas tarder, répondit-elle d'un ton confiant.
Comme pour lui donner raison, quelqu'un toqua à la porte à ce moment-là. Henry se redressa, les mains tremblantes mais l'air prêt à tout affronter.
- Entrez ! lança Regina, d'une voix un peu plus rauque que d'habitude.
Elle posa une main sur l'épaule du garçon, lui transmettant son soutient du mieux qu'elle le pouvait. Emma pénétra dans la pièce en affichant un air impassible. Son regard se posa aussitôt sur son fils et un sourire un peu nerveux apparut sur son visage.
- Bonjour, la salua poliment Henry.
La blonde vint s'agenouiller devant lui, le contemplant comme s'il était un trésor qu'elle avait cherché toute sa vie. Regina se laissa tomber sur un fauteuil, le cœur battant à tout rompre. Cette vision de son fils auprès de sa mère biologique était aussi douloureuse qu'elle l'avait imaginé. Et c'était elle qui avait provoqué cette rencontre ! Elle commençait à douter du bien-fondé des conseils de Mary-Margaret, la gaffeuse professionnelle.
- Alors, pourquoi tu m'as abandonné ? demanda Henry de but en blanc.
Il s'installa sur le canapé et fit signe à Emma de le rejoindre. Cette dernière obtempéra, réfléchissant à un moyen diplomate de répondre à cette question à laquelle elle s'était attendue.
- Je voulais que tu aies toutes tes chances, expliqua-t-elle. Que tu sois adopté, que tu aies une famille aimante, quelqu'un pour veiller sur toi.
- Toi, t'aurais pas pu veiller sur moi ?
- J'étais jeune et dans une situation délicate. Je n'étais pas la personne la mieux indiquée pour prendre soin d'un bébé. Et puis... J'avais peur. Je ne me sentais pas capable d'être mère.
Henry hocha la tête, perdu dans ses pensées. Emma glissa un regard en direction de Regina, qui regardait la scène sans oser intervenir.
- Je vais vous laisser un moment, décida la brune.
Elle se releva et quitta la pièce, espérant que quelqu'un la retiendrait. Mais elle passa la porte sans qu'aucune voix ne la rappelle. Arrivée dans le couloir, elle se laissa peser contre le mur, tendant inconsciemment l'oreille. Ne percevant rien venant du bureau, elle bougea de quelques pas. Le rire d'Henry lui parvint. Emma parlait d'un jeu vidéo et elle embraya presque aussitôt sur le dernier film qu'elle avait vu au cinéma avec Lily. La conversation resta un long moment sur leurs goûts en commun, jusqu'à ce que finalement Emma demande :
- Comment ça se passe, avec ta maman ? Vous vous entendez bien ?
Regina hésita à s'enfuir, n'étant pas certaine de vouloir entendre la réponse. Mais une force invisible semblait la clouer sur place, juste à côté de la porte.
- Je crois qu'elle m'aime pas, soupira Henry.
- Mais enfin, pourquoi tu dis ça ?
- Bah, c'est pas ma vraie mère. Et elle me l'avait même pas dit.
La voix d'Emma s'éleva à nouveau, chargée d'un soupçon d'autorité.
- C'est grâce à elle que nous nous rencontrons aujourd'hui, tu sais. Et elle est bien plus ta mère que je ne le serais jamais. Je veux avoir une place dans ta vie, je veux te connaître, mais si quelqu'un doit s'éloigner ce ne sera pas Regina. Ce sera moi.
Regina sentit un sourire naître sur ses lèvres. Elle ne prit pas la peine d'essuyer les larmes qui coulaient sur ses joues. Emma lui en voulait, certes. Mais elle avait conscience des sacrifices auxquels elle avait consenti. Et ça, ça n'avait pas de prix.
- Je veux pas que tu t'en ailles, protesta Henry. Et Maman non plus. Mais si elle m'aimait elle m'aurait dit que j'ai été adopté.
- Ce n'est pas une confidence facile à faire ! Elle avait probablement peur que tu la regardes différemment, que tu cesses de la considérer comme étant ta maman, que tu t'éloignes d'elle.
- Ah...
- Mmh. Je vois que c'est ce que tu as fait.
Henry prit un air coupable.
- Ecoute, soupira Emma. Ta mère est complètement nulle dans le domaine relationnel. Mais je suis sûre et certaine qu'elle t'aime. Elle m'a laissé entrer dans ta vie alors qu'elle aurait très bien pu ne jamais le faire.
- Tu penses que je devrais m'excuser ?
- C'est à toi de voir. Je ne veux pas intervenir dans votre relation.
- Est-ce que tu m'as abandonné parce que tu savais que tu pourrais pas m'aimer ?
Emma sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Elle tendit une main tremblante pour caresser la joue de son fils.
- Bien sûr que non. Tu peux être aimé autant que n'importe qui d'autre, le fait que ta mère biologique – en l'occurrence moi – t'ai abandonné n'y change rien.
Henry acquiesça. Il avait eu besoin d'entendre ces mots.
- On va chercher Maman ? proposa-t-il. C'est bientôt l'heure de mon rendez-vous avec le docteur Hopper.
- Qui est le docteur Hopper ?
- Mon psychiatre.
- Oh. D'accord, on va chercher ta mère.
Regina s'éloigna de la porte et sortit son téléphone. Elle appela sa messagerie pour se donner une contenance. Moins d'une minute plus tard, Henry s'approchait et lui tapotait l'épaule.
- Tu veux bien m'emmener à mon rendez-vous ? demanda-t-il, un sourire un peu hésitant sur le visage.
- Bien sûr.
Le garçon attira sa mère adoptive dans ses bras d'une façon un peu maladroite, ne sachant comment trouver les mots pour exprimer son regret de l'avoir repoussée pendant si longtemps. Mais Regina comprit et serra son fils contre elle avec émotion. Puis elle se détacha doucement, essuya ses joues humides et posa un regard reconnaissant sur Emma, qui se tenait un peu à l'écart.
- Tu veux bien m'attendre ici ? demanda-t-elle. Je pense qu'on devrait parler.
Henry fronça les sourcils. Il commençait à penser que ses mères se connaissaient mieux qu'il ne l'avait d'abord cru. Mais il n'osa pas poser de questions, trop heureux de constater qu'elles ne se disputaient pas pour lui.
- D'accord, accepta Emma, sans se départir de son expression fermée.
Elle adressa un sourire un peu forcé à son fils et se glissa à nouveau dans le bureau. Tout en traversant le couloir en direction de la sortie, Regina se fit la promesse qu'elle se ferait pardonner. Quoi qu'il en coûte.
OooOooOooO
Emma se laissa tomber sur le canapé. Elle se perdit dans la contemplation de la décoration de la pièce, évitant de se concentrer sur les derniers évènements. Mais la voix de son fils se fraya un chemin dans son esprit et elle se retrouva à songer à leur conversation, qui laissait derrière elle un sentiment étrange. Henry lui avait posé des questions au sujet de son abandon, ce qui était logique, et elle espérait avoir répondu ce qu'il fallait. Mais il ne l'avait pas accusé, il avait au contraire blâmé Regina, ce qui était vraiment injuste. Emma poussa un soupir. Elle aurait voulu ne pas se soucier de l'autre mère de son fils, mais ce n'était pas le cas. Définitivement pas.
- Merci d'avoir attendu.
Emma sursauta et fit volte-face, découvrant son amie sur le pas de la porte. Cette dernière sourit doucement et se rapprocha, venant s'asseoir à l'autre bout du canapé.
- Henry est très enthousiaste à l'idée de mieux te connaître, reprit-elle. Tu penses rester en ville un moment ?
- J'ai réservé ma chambre pour une semaine. J'imagine qu'après je verrais bien. Je ne veux pas non plus m'imposer...
- Henry serait ravi. Et moi aussi.
- Vraiment ?
Regina croisa les bras sur son ventre.
- Oui, confirma-t-elle. Je pensais avoir été plutôt claire, dans ma lettre.
- Je voudrais croire à ce que tu m'as dit dans cette lettre, tu sais. Mais je n'ai plus confiance en toi.
Emma prit une profonde inspiration, consciente que ses paroles étaient blessantes. Mais elles n'en étaient pas moins vraies.
- Alors je regagnerai ta confiance. Dis moi seulement ce que je dois faire.
- Ce n'est pas aussi simple...
- Ca pourrait l'être, si tu le voulais.
Emma se leva, refoulant la colère qui montait en elle.
- Laisse-moi du temps, murmura-t-elle.
Regina resta immobile, regardant son amie passer la porte et disparaître dans le couloir.
- Je ne suis pas la seule à être nulle dans le domaine relationnel, marmonna-t-elle.
OooOooOooO
- Alors ? Tu vas y aller ?
Emma soupira et se laissa tomber sur le lit, son téléphone à la main. Elle jeta un regard aux vêtements qu'elle avait sorti et qui gisaient par terre où elle les avait abandonnés.
- J'en sais rien, répondit-elle.
- C'est juste un dîner, fit remarquer Lily.
- Un dîner avec mon fils et sa mère adoptive. C'est quand même important.
- Raison de plus pour y aller.
Emma joua distraitement avec une mèche de ses cheveux.
- Ok, je vais y aller, soupira-t-elle.
- En fait t'as envie de revoir Regina. Parce que t'es folle amoureuse d'elle, même après ses mensonges.
- Les sentiments ne disparaissent pas du jour au lendemain. Mais je lui en veux. Et c'est bien normal.
- Tu pourrais aussi lui pardonner et aller vivre avec elle et Henry. Puis tu la demanderais en mariage et vous me laisseriez le petit pour partir en lune de miel à l'autre bout du monde.
- Sans vouloir te vexer, Lily, jamais je ne laisserai mon fils seul avec toi.
- Je vois que par contre la demande en mariage te dérange pas.
Emma leva les yeux au ciel.
- Depuis quand tu veux que je vive avec Regina ? s'étonna-t-elle. Je croyais que tu voulais que je rentre à New-York aussi vite que possible.
- Non mais t'avais raison. Je suis capable de me débrouiller toute seule.
- Oh toi tu me caches quelque chose. Dis moi que tu couches pas avec Walsh. Vous travaillez ensemble, je te rappelle !
- Roh tout de suite ! Non mais de toute façon c'est pas lui.
- Donc il y a bien quelqu'un !
Lily jura dans le téléphone.
- Je t'en parlerai plus tard, répliqua-t-elle. Va à ton dîner en famille.
Elle raccrocha. Emma fronça les sourcils, soupçonneuse. Habituellement, elle était douée pour décortiquer le comportement de sa meilleure amie, mais cette fois-ci, quelque chose lui échappait. En apercevant les vêtements qui dépassaient de sa valise, la jeune femme soupira. Il serait toujours temps de penser à Lily plus tard. Pour le moment, elle avait un rendez-vous.
OooOooOooO
- C'était très bon.
Regina sourit à son invitée. Celle-ci se tenait en bout de table, nonchalamment appuyée contre le dossier de sa chaise. Elle avait été curieusement calme tout au long du repas, parlant peu, répondant seulement aux questions qu'Henry lui posait de temps à autres. La brune en avait déduit qu'Emma ne voulait pas s'imposer dans sa relation avec leur fils, ce qui lui réchauffait agréablement le cœur.
- Merci, répondit chaleureusement Regina.
- Je suis sérieuse. Ce sont les meilleures lasagnes que j'ai jamais mangé.
- Ca change des soirées pizza, je suppose ?
Emma sourit largement. Voyant ses mères échanger un regard complice, Henry fronça les sourcils.
- Les soirées pizza ? répéta-t-il.
- Ma coloc cuisine très mal, expliqua la blonde. Et moi je n'en ai souvent pas la patience. Alors on se contente de commander une pizza.
- Comment Maman le savait ?
Regina rassembla les plats et s'enfuit dans la cuisine, laissant le soin à son amie de répondre.
- Disons que nous avons discuté pendant quelques temps avant que je ne fasse ta connaissance.
- Oh.
Henry afficha un air réjoui.
- Je suis content que vous vous entendiez bien, déclara-t-il.
Emma eut un rire un peu gêné. Elle se releva et récupéra sa veste rouge qui traînait sur le dossier de sa chaise. Puis elle prit le chemin du hall tout en discutant avec son fils. Regina les rejoignit quelques minutes plus tard et s'arrêta un instant pour les regarder. Etrangement, cela ne faisait plus aussi mal que la première fois.
- Tu vas pas partir tout de suite ! s'exclama Henry.
- Désolée, petit, mais c'est mieux comme ça. On se reverra très vite, d'accord ?
- Maman va venir me raconter une histoire. T'es sûre que tu veux pas rester ?
Emma hésita.
- Non, répondit-elle finalement.
Henry, l'air déçu, prit sa mère biologique dans ses bras. Puis il se détacha et s'éloigna dans les escaliers après un dernier regard en arrière. Regina se rapprocha lentement de son amie.
- Tu aurais pu accepter, dit-elle doucement.
- Une autre fois, peut-être ?
- Pourquoi est-ce que tu continues à me fuir ? Est-ce que tu essayes seulement de te tenir à distance de ma relation avec Henry ? Je sais que c'est compliqué et tout nouveau pour toi, et ça l'est pour moi aussi, mais je te l'ai dit et je te le répète : je veux ce qu'il y a de mieux pour notre fils.
Emma se sentit touchée par l'utilisation des mots « notre fils » mais elle ne le montra pas.
- Pourquoi tu fais tout ça, Regina ? Pourquoi tu m'autorises à faire partie de la vie d'Henry ?
- Tu ne le sais vraiment pas ?
Emma sentit son cœur rater un battement, puis s'emballer brusquement. Elle avait très envie de deviner des sous-entendus derrière cette question, mais elle se l'interdit. Regina avait trahi sa confiance, elle l'avait laissée tomber amoureuse avant de lui briser le cœur. On ne faisait pas cela aux personnes que l'on aimait.
- Je vais y aller, déclara la blonde.
Alors qu'elle passait la porte, la voix de Regina lui parvint, chargée de tristesse mais aussi d'espoir :
- Reviens dès que tu le voudras.
Emma fit plusieurs pas dans l'allée avant de s'arrêter pour jeter un regard en arrière. La maison du maire était immense, un véritable manoir, bien plus luxueux que son appartement new-yorkais. Alors qu'elle reprenait son chemin, la jeune femme s'immobilisa à nouveau. Elle avait envie de faire demi-tour. Elle avait envie que la soirée continue. Elle avait envie de revoir son fils encore une fois, de lui souhaiter une bonne nuit, de regarder Regina lui lire une histoire.
Poussée par cette envie, Emma fit volte-face et revint vers la maison. Elle toqua et attendit. Ne recevant pas de réponse, elle entrouvrit la porte et jeta un œil à l'intérieur.
- Regina ? appela-t-elle.
Emma se glissa dans le hall et jeta un regard circulaire. Puis elle grimpa prudemment les marches, hésitant à chaque pas. Arrivée dans le couloir, elle allait appeler à nouveau lorsqu'elle entendit la voix d'Henry, venant de la pièce qui lui faisait face.
- Raconte-moi ce qui va arriver à la reine et la Sauveuse, ordonna le garçon.
- Où est-ce qu'on s'était arrêtés la dernière fois ? demanda Regina.
- La reine et la Sauveuse ont fait équipe pour sauver le royaume de la menace d'un monstre. Et maintenant, elles vont affronter des dragons ?
Emma se colla contre le mur, tendant l'oreille pour entendre la réponse. Une reine et une Sauveuse ? Voilà qui lui rappelait quelque chose.
- Non, répondit Regina. La Sauveuse ne veut plus s'approcher de la reine.
- Pourquoi ? Elles sont amies, non ?
- Oui, mais la reine prend parfois de très mauvaises décisions...
- Parce qu'elle a plus l'habitude de faire confiance, c'est ça ? Mais je croyais que ça s'était arrangé grâce à la Sauveuse ?
- La Sauveuse aussi lui faisait confiance... Mais peut-être qu'elle n'aurait pas dû. La reine n'est pas vraiment quelqu'un de bien. Même si elle devient meilleure au contact de ceux qu'elle aime.
- Et la reine aime la Sauveuse, c'est ça ? C'est le genre de contes qui se termine par « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants » ? Parce que... La reine et la Sauveuse sont toutes les deux des femmes.
Emma se pinça la lèvre et hésita à s'éclipser discrètement, mais elle mourrait d'envie d'entendre la réponse de Regina. Celle-ci rougit et se pencha sur son fils en souriant.
- Est-ce que c'est vraiment un problème, s'il s'agit du véritable amour ?
- Je suppose que non.
Henry sourit à son tour et remonta la couverture sur son épaule. Les yeux fermés, il demanda :
- La Sauveuse, c'est Emma, c'est ça ?
Regina se figea, les yeux écarquillés.
- Pourquoi tu dis ça ? murmura-t-elle.
- C'est juste une théorie.
Le garçon glissa un bras sous son oreiller et sembla s'endormir. Après l'avoir contemplé plusieurs minutes, encore choquée par ses déductions, Regina se leva et se dirigea vers la porte.
- Maman ?
Elle fit volte face.
- Oui, mon chéri ?
- La Sauveuse devrait pardonner à la reine. Comme ça elles pourront vivre heureuses et avoir un fils.
- Et ils pourront affronter des dragons tous ensemble, c'est ça ?
- Ouais, exactement.
Henry sourit à sa mère. Celle-ci émit un petit rire ému et quitta la pièce après un dernier regard chargé de tendresse. Alors qu'elle refermait la porte, Regina eut soudain conscience d'une présence à ses côtés. Elle se tourna et découvrit Emma à l'autre bout du couloir, l'air interdit.
- Qu'est-ce que tu fais ici ? murmura la brune.
- Je voulais seulement dire bonne nuit à Henry... J'aurais pas dû entrer sans ta permission, je suis désolée...
- Tu as entendu, pas vrai ?
Emma envisagea un instant de mentir. Elle y renonça en voyant Regina s'approcher. L'espace d'une seconde, elle oublia sa colère, son ressentiment. Avant d'avoir pu s'en empêcher, elle s'approcha à son tour et prit la brune dans ses bras, la serrant contre elle avec délice. Elle respira son parfum, les yeux fermés, le cœur battant à cent à l'heure. Surprise mais profondément heureuse, Regina glissa sa tête dans le cou de son amie, tellement émue qu'elle aurait pu en pleurer.
- Il faut que tu me pardonnes, murmura-t-elle. Henry a raison, on pourrait être heureuses...
Emma se détacha doucement.
- Non, répondit-elle. Je comprends les raisons que tu avais de me dissimuler la vérité. Mais toutes nos conversations, nos secrets... Ca a compté pour moi. Et le fait que tu mentes, ça a tout gâché. Et ça me fait douter de tout.
- Ecoute... Supplier, ce n'est pas mon genre. Si tu étais n'importe qui d'autre, je me serais faite à l'idée que tu venais de rejoindre la liste interminable des personnes qui n'éprouvent que du mépris pour moi. Mais c'est toi, et c'est différent. Alors je te laisserai du temps si tu en as besoin... Mais je ne renoncerai pas.
- Pourquoi ?
- Tu sais très bien pourquoi.
Emma prit une profonde inspiration et tourna les talons. Elle avait descendu la moitié des escaliers lorsque la voix de Regina retentit derrière elle, la forçant à s'arrêter.
- Tu refuses d'affronter la vérité ! l'accusa-t-elle.
- Peut-être que j'ai dû faire face à trop de vérités, ces temps-ci, se défendit Emma. Peut-être aussi que je ne veux pas entendre une « vérité » à laquelle je ne pourrais pas croire.
- Que suis-je supposée faire de plus pour te le prouver ? Tu crois que je n'ai pas de difficultés à faire confiance, moi aussi ? Après Robin, après ma sœur ? J'ai risqué ce que j'avais de plus cher pour que tu restes. Et je ne le regrette pas une seconde, seulement... J'aimerai que tu comprennes que je ne suis comme ça qu'avec toi. Que tu es spéciale, que tu es importante pour moi.
Emma ferma les yeux. Ces mots dans la bouche de Regina, elle en avait rêvé si souvent. Mais c'était trop et c'était trop vite. Un instinct profondément ancré en elle la poussait à s'enfuir, à quitter cette maison dans laquelle même son propre fils – qui la connaissait à peine – suggérait qu'elle pardonne et qu'elle reste. Mais aimer était plus difficile qu'être en colère. Donner son cœur était plus difficile que de fuir.
- J'ai besoin de temps, déclara Emma à mi-voix. Je vais rentrer à New-York.
Elle avait atteint la porte d'entrée lorsque la voix de Regina s'éleva à nouveau.
- Tu reviendras ?
Emma fit volte-face. Les deux femmes échangèrent un long regard chargé de tous les sentiments qui étaient évidents mais qu'elles continuaient de taire.
- Peut-être.
La porte se referma dans un claquement. Restée seule, Regina s'assit sur les marches, le regard fixé sur le hall désormais vide. Et si Emma ne revenait jamais ?
Ce chapitre était un peu sadique en fait ! Enfin bref, ça va vite s'arranger, vous en faites pas. Je ne suis jamais sadique juste pour le plaisir (enfin ça se discute). On se retrouve très vite, dans deux jours maxi. J'essaye de garder un bon rythme, d'autant qu'à partir du 15 de nouvelles obligations vont me prendre une bonne partie de mon temps libre. Je vais essayer de boucler cette fic avant, mais sans pour autant bâcler quoi que ce soit. Bref, n'hésitez pas à laisser une petite review pour m'encourager ou me faire payer mon nouveau rythme de publication. Je vous aime. A très vite.
