BON. Je crois que je vais juste arrêter de vous donner un rythme de publication. L'inspiration est trop fluctuante, c'est juste impossible de prévoir avec exactitude. Donc disons tous les deux jours si j'ai un passage à vide, (très) certainement avant. Désolée de vous balader comme ça :p
Bref, j'ai ce chapitre en tête depuis le début. J'espère que vous l'aimerez.
Merci encore pour vos merveilleuses reviews ! Vous n'avez pas idée à quel point j'aime chacun de vous.
On se retrouve en bas :) .

Inès ? Idem.

Disclaimer : Les personnages et l'univers de la série appartiennent à Edward Kitsis et Adam Horowitz.


And I want to be free
When my heart is made from gold
And forgiveness seems too bold
As to find it in my heart
To say I love you


Chapitre 15 : Accepter d'aimer

Emma poussa la porte de l'appartement, se doutant que Lily avait oublié de fermer à clé. Elle pénétra dans la cuisine faiblement éclairée et entendit aussitôt un bruit sourd, comme si quelqu'un venait de tomber du canapé.

- Qui est là ? s'écria Lily.

- Calme, c'est seulement moi. Mais ça aurait pu être n'importe qui, vu comme t'es prudente. Fermer la porte à clé, de temps en temps, ce serait pas du luxe.

- Em' ?

Lily se redressa et s'approcha de son amie avec un sourire un peu nerveux. Elle allait dire quelque chose mais Emma la coupa en allumant la lumière principale. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'elle découvrit l'homme avachi sur le canapé, les joues rouges, l'air coupable.

- August ? s'exclama-t-elle. Mais qu'est-ce que tu fiches ici ?

Prise d'un doute affreux, son regard fit la navette entre sa colocataire et son presque frère.

- C'est pas vrai !

- J'allais t'en parler, je te jure ! s'écria Lily.

August se leva et s'approcha de la blonde pour la prendre dans ses bras.

- Elsa m'a téléphoné, annonça-t-il. La semaine dernière. Elle a dit que tu traversais une période difficile et que ce serait bien que je vienne. Sauf que tu étais partie quand je suis arrivé.

- Oh et du coup tu as décidé de coucher avec ma meilleure amie pour passer le temps ?

- C'est pas un problème, déclara Lily d'un ton moqueur.

Elle entraîna son amie vers la cuisine et entreprit de lui préparer un chocolat chaud à la cannelle pour l'amadouer.

- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle. Tu voulais pas rester plus longtemps pour ton fils ? Et accessoirement pour Regina ?

- J'ai pas envie d'en parler.

Emma jeta un regard en coin à August, qui haussa les épaules.

- Lily m'a raconté tout ce qu'elle savait, expliqua-t-il. Bon, je vais vous laisser parler entre filles. J'imagine que tu préfères ?

- T'as seulement pas envie de m'entendre critiquer votre... relation, ou peu importe ce que c'est.

Sentant qu'il y avait de l'orage dans l'air, Lily entraîna son amant jusqu'à la porte. Elle l'embrassa brièvement et le poussa dehors avec un sourire. Dès qu'elle fut de nouveau seule avec sa colocataire, Emma soupira et demanda :

- De tous les hommes sur cette planète, tu devais vraiment choisir mon frère ?

- Oh ça va, c'est pas vraiment ton frère ! Vous avez juste grandi dans la même famille d'accueil. Comment tu expliques que tu me l'aies jamais présenté avant ?

- Mais parce que vous êtes tous les deux des menteurs pathologiques totalement irresponsables. Sans vouloir te vexer.

Lily tira la langue comme une gamine de cinq ans. Puis elle vint s'asseoir sur la chaise qui faisait face à son amie et posa ses jambes sur la table.

- Et si on parlait plutôt de toi ? proposa-t-elle. Il s'est passé quelque chose avec Regina ?

- Disons, pour résumer, qu'elle a l'air de croire qu'elle ressent quelque chose pour moi. Mais j'arrive pas à y croire.

- Ok ! Donc tu es partie parce que la femme que tu aimes ressent la même chose ? La logique façon Emma Swan !

- On ne fait pas de mal aux personnes qu'on aime.

- Mais dans quel monde tu vis ? Bien sûr que si ! Souvent, c'est pas ce qu'on veut. Mais ça arrive et ce qui compte c'est qu'on veuille vraiment recoller les morceaux. Et on dirait que c'est le cas pour Regina.

- Comment je pourrais en être sûre ?

Lily soupira et se redressa. Elle prit la main d'Emma dans la sienne et sourit doucement.

- Comment tu peux en douter ? rétorqua-t-elle. Après qu'elle soit venue à New-York puis qu'elle ait organisé cette rencontre avec Henry ? Tu t'en rends vraiment pas compte quand quelqu'un tient à toi, hein ?

- Elle ne me l'a pas dit ! Enfin, pas explicitement.

- Parce que toi oui ?

Emma se gratta nerveusement le cou, son autre main tenant toujours celle de Lily.

- Non, reconnut-elle. Mais c'est différent, moi je l'ai embrassé. Alors elle sait forcément.

- Non, pas forcément. Elle aurait très bien pu être une expérience pour toi. Tu peux pas exiger des autres ce que même toi t'es pas foutue de leur donner !

Lily prit une profonde inspiration.

- J'étais amoureuse de toi, Em'.

- Euh, pardon ?

- Quand on était ados. A ce moment là, je crois que j'aurais tout donné pour que tu te rendes brusquement compte que t'étais lesbienne. Mais j'imagine que j'étais pas Regina Mills, alors...

Emma posa un regard extrêmement surpris sur son amie. Les mots de Walsh lui revinrent à l'esprit, ceux qu'il avait prononcés lorsqu'elle l'avait repoussé : Comment tu peux être face à quelqu'un qui t'aimes à s'en faire exploser le cœur et ne même pas t'en rendre compte ? T'es complètement aveugle. Ou tu te fous de ce que ressentent les autres.

- Attends, tu es sérieuse ?

- Oui, mais c'est du passé, hein. Je pensais que tout ce temps tu le savais et que comme t'étais pas intéressée tu m'en parlais pas. Mais je crois que c'est plus grave que ça. Je crois que t'es incapable de te faire à l'idée que quelqu'un t'aime.

- Lily, c'est important ce que tu me dis là. Combien de temps ça a duré ?

- Plusieurs années, si tu veux savoir. Mais ça veut pas dire que notre amitié était un mensonge ou quoi. J'étais vraiment ton amie et je le suis toujours. Dis... Ca change rien entre nous hein ?

Emma hésita. Elle repensa à la façon dont Lily la regardait lorsqu'elles étaient adolescentes, à la fixette qu'elle faisait sur elle, à sa façon de se considérer comme étant sa meilleure amie dès la seconde où elles s'étaient rencontrées. Au fond, elle l'avait toujours su, tout simplement. Tout comme elle avait toujours remarqué l'intérêt de Walsh, sans se l'avouer, parce que l'ignorer était préférable. Elle avait détourné les yeux, elle avait refusé l'amour de toutes les personnes qui voulaient lui en donner.

- Je suis désolée, Lily. J'aurais dû m'en rendre compte, j'aurais dû en parler avec toi ou je sais pas... Je m'en veux.

- Disons que pour te faire pardonner tu vas m'autoriser à garder ton frangin. D'autant qu'apparemment on a pas mal de défauts en commun.

- Et c'est bien, ça, les défauts en commun ?

Emma souriait, encore sous le choc des révélations de son amie, plutôt contente de changer de sujet.

- Bien sûr que oui ! s'exclama Lily. Comme toi et Regina qui êtes toutes les deux des handicapées des relations amoureuses.

- T'as encore lu mes messages ? Putain, Lily !

- Fais gaffe à ton langage, t'as un fils maintenant, va falloir lui montrer le bon exemple !

- C'est pas à toi de me faire la leçon là-dessus. Bon, franchement, dis-moi. C'est sérieux avec August ?

- Comment tu veux que je le sache ? Le sérieux et moi... Mais bon, on verra. En tout cas, je suis bien avec lui.

- Et c'est suffisant ? Je t'envie... Tu vois les choses tellement simplement.

Lily leva les yeux au ciel.

- Et toi tu te prends tellement la tête pour rien ! T'es folle amoureuse de Regina depuis le tout début, même quand ça avait pas de sens parce que tu la connaissais pas, et vous avez un fils ensemble. Fonce ! Tu vas être heureuse. Même si tu vas me manquer.

Emma serra la main de son amie dans la sienne, un sourire ému sur le visage. Puis elle se leva et se pencha sur Lily pour l'embrasser sur le front.

- Ca ne change rien, murmura-t-elle. T'es toujours ma meilleure amie un peu cinglée. Mais c'est vraiment terminé, hein ? Je veux dire, tu ressens plus rien ? Je voudrais pas que tu souffres en silence. Encore une fois.

- T'inquiètes, tout ça c'est de l'histoire ancienne. Enfin, pour être honnête, quand t'as commencé à t'intéresser à Regina, ça a fait remonter des trucs. Alors je voulais, je sais pas, attirer ton attention. Parce que je suis peut-être un peu exclusive dans le fond. Je te voulais pour moi toute seule.

- Dis-moi... Ta tentative de suicide, ça avait quelque chose à voir avec tout ça ?

Lily se pinça la lèvre. Elle leva un regard coupable sur Emma.

- Te fâches pas, supplia-t-elle. J'étais vraiment désespérée, j'avais peur que mes sentiments reviennent et ça aurait été trop bizarre parce qu'on a une super relation maintenant... Je t'adore mais être amoureuse de toi c'était vraiment super douloureux. J'avais pas envie de revivre ça.

- Je comprends. C'est bizarre mais je te trouve mieux depuis cette tentative, plus mature et aussi plus proche de moi. Tu ne fuis plus dès qu'il y a un problème.

- J'ai failli mourir, je te rappelle ! Ca remet les idées en place. Je crois que j'avais besoin de me prouver quelque chose... Me prouver que j'aimais la vie, certainement. Et devine quoi ? C'est le cas !

Emma se pencha sur Lily et la prit dans ses bras, la serrant de toutes ses forces.

- T'es pas parfaite, murmura-t-elle. Mais t'es la meilleure amie dont j'aurais jamais pu rêver.

- A part que je couche avec ton frère.

- Ouais, à part ça.

Emma donna un coup de poing amical dans l'épaule de sa colocataire et rejoignit sa chambre avec soulagement. Elle laissa tomber sa valise sur le sol et s'allongea sur le dos sur le lit, regardant le plafond sans le voir. Au bout d'un moment, ses pensées cessèrent d'aller dans tous les sens et le visage de Regina s'imposa dans son esprit. Elle s'endormit le sourire aux lèvres.

OooOooOooO

Emma traversait les couloirs de l'hôpital, un bouquet de fleurs dans les mains. Elle était nerveuse mais déterminée et ne s'arrêta que le temps de demander à une infirmière où se trouvait la salle commune. Elle suivit ses indications et arriva bientôt à destination. Son regard erra sur les patients, dont certains étaient occupés à jouer au scrabble ou au monopoly, et soudain, elle l'aperçut. Le cœur battant, Emma s'approcha de sa mère adoptive et posa une main sur son dos. Ingrid se détacha de sa contemplation silencieuse – elle était tournée vers la fenêtre – et son visage s'illumina.

- Tu es venue, se réjouit-elle.

- Pardon d'avoir mis si longtemps. Je suis désolée, Maman.

Les yeux d'Ingrid se remplirent de larmes tandis qu'elle attirait sa fille dans ses bras. Elles s'étreignirent pendant de longues minutes puis Emma se détacha doucement.

- Je t'ai emmené des fleurs, annonça-t-elle.

- C'est très gentil.

- J'ai appris que tu refusais les visites d'Elsa et Anna.

- J'avais besoin d'être un peu seule.

De nombreuses années auparavant, Ingrid avait vécu un évènement traumatisant. Sa soeur cadette, Helga, avait été agressée dans la rue. Ingrid s'était interposée mais, dans la folie de la bagarre, un coup de couteau s'était perdu. Sans comprendre comment, Ingrid s'était retrouvée avec l'arme dans la main et sa petite sœur agonisante dans les bras. Des années de thérapie n'étaient pas venues à bout de ce traumatisme.

- On va aller s'asseoir dehors, proposa Emma.

Sa mère acquiesça et elles sortirent dans le parc ensoleillé. Après avoir marché un peu, elles trouvèrent un banc disponible et s'y laissèrent tomber avec soulagement. Ingrid profita de la chaleur sur son visage pendant un long moment, avant de demander d'un ton calme :

- Qu'est-ce qui t'a décidé à venir, finalement ?

- Beaucoup de choses, mais la plus importante concerne mon fils.

- Ton fils ?

Emma s'installa plus confortablement sur le banc.

- Oui, confirma-t-elle. J'ai fais la connaissance de la personne qui l'a adopté. C'est une femme vraiment merveilleuse et je suis très attachée à elle. Bref, elle m'a permis de rencontrer Henry. Et il m'a dit quelque chose qui m'a vraiment remuée.

- Quoi donc ?

- Il m'a dit que sa mère adoptive ne l'aimait pas. Au fil de la conversation j'ai compris qu'à cause de moi, à cause de mon abandon, il était intimement persuadé qu'il ne pouvait pas être aimé. Parce que moi, la première personne qui aurait dû l'aimer, je l'avais laissé tomber. Et le pire, c'est qu'il le faisait payer à sa mère adoptive. Parce qu'il ne pouvait pas accepter qu'elle l'aime. J'en aurais mis du temps, mais... Maintenant je sais que j'ai été injuste avec toi.

Ingrid eut un sourire triste. Elle prit la main de sa fille et posa la tête sur son épaule.

- C'est oublié, murmura-t-elle.

- Non, tu peux pas dire ça ! J'avais pas à te faire payer pour l'abandon de mes parents ! Toi tu m'as aimée alors que rien ne t'y obligeai, toi tu as voulu que je fasse partie de ta vie. Et moi je partais dès que ça devenait compliqué... Je crois que je vais devoir présenter des excuses à Lily à ce sujet, parce que finalement je fais pas mieux qu'elle.

- Tu es trop dure avec toi-même, Emma. Je n'ai jamais eu de ressentiment à ton égard. J'ai toujours eu la sensation que ce n'était pas réellement moi que tu blâmais. Et j'avais raison.

Emma se glissa dans les bras de sa mère. Elle pleurait maintenant, comme jamais auparavant. Elle pleurait sur toutes les épreuves qu'elle avait traversé et qu'elle n'avait pas pu partager avec Ingrid, parce qu'elle avait trop peur de s'ouvrir et de faire confiance.

- Et si tu me parlais de ce fils ? demanda Ingrid.

Emma sourit à travers ses larmes.

- Avec plaisir, accepta-t-elle.

Elle se laissa aller contre le banc et se lança dans son récit, sans rien omettre, se réjouissant de pouvoir enfin s'ouvrir à sa mère, comme elle avait toujours voulu le faire.

OooOooOooO

En rentrant à l'appartement, après avoir passé la journée avec sa mère, Emma découvrit Lily et August en train de s'embrasser sur le canapé. Elle se racla bruyamment la gorge.

- Vous pouvez pas faire ça ailleurs ?

Sa colocataire se détacha des lèvres de son amant le temps de répondre :

- Non, ici c'est très bien. Y'a eu une lettre pour toi, elle est sur la table.

Puis elle replongea sur August et ils s'écroulèrent sur les coussins en riant bêtement. Emma leva les yeux au ciel et récupéra le courrier qui l'attendait sur la table de la cuisine. Elle découvrit avec surprise que la lettre venait de Mary-Margaret Blanchard.

J'ai l'immense plaisir de vous inviter vous, Emma Swan, à la soirée que David et moi donnons en l'honneur de nos fiançailles.
Nous espérons avoir le bonheur de partager ces merveilleux instants avec vous et espérons que vous pourrez vous libérer à cette occasion.
A très bientôt,

Mary-Margaret Blanchard et David Nolan.

Emma se sentit sourire.

- Lily, sors ta langue de la bouche de mon frère et viens par ici.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Le grand jour est finalement arrivé ! On va aller faire les boutiques, toi et moi.

Lily se redressa sur le canapé et jeta un regard surpris à sa colocataire.

- Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait d'Emma Swan ? se moqua-t-elle.

Elle laissa passer quelques minutes, les yeux fixés sur son amie, qui souriait toujours comme une idiote.

- Plus sérieusement, il se passe quoi ?

- Il se passe que je retourne à Storybrooke. Et il y a quelqu'un à qui je veux en mettre plein la vue.

- Dans ce cas vas-y à poil, plaisanta Lily.

August étouffa un rire.

- Super marrant, répliqua Emma d'un ton blasé. Bon, tu m'aides ou pas ?

- Bah attends, évidement !

Lily se leva et sautilla jusqu'à son amie.

- Regina ne pourra pas te résister, promit-elle.

Emma acquiesça en souriant. Il était temps qu'elle ouvre son cœur. Il était temps qu'elle accepte d'aimer.


Je sais, ce chapitre manque de Swan Queen. Mais j'ai vraiment adoré l'écrire. J'espère que vous avez aimé le lire. Laissez-moi un petit mot pour donner votre avis, d'accord ? Cette histoire sera bientôt terminée. Je vous aime tous très fort et je vous retrouve bientôt. :)