Merci pour les follows en plus et merci, merci, merci à vous pour votre fidélité dans les commentaires, ça fait très plaisir.
Sweeties-Life : coucou la miss, ravie de te rencontrer aussi, sache que ta review si enthousiaste a embelli ma journée alors merci beaucoup tout plein à toi.
- plus vite, 33 !
Alors que je frappais un nouveau coup dans le sac devant moi, je ne m'étonnais même plus de la présence d'Eric le sadique dans cette fichue salle d'entraînement, je m'étais fait une raison, j'étais résignée à présent.
- 25, le corrigeai-je d'une voix à peine audible. Je ne suis plus dernière du classement.
- et alors ? Tu crois que parce que t'as gagné 8 malheureuses places, tu ne peux pas dégager à ton prochain combat ?
Encore une fois, il avait raison sur toute la ligne et cela avait tendance à m'agacer sérieusement.
- ta réponse, 33.
- j'ai gagné contre Al.
- un poteau gagnerait contre Al. Maintenant montre-moi ce que tu sais faire… ou pas.
- comment ça ?
- attaque-moi.
- quoi ? Pourquoi ?
- aurais-tu peur, 33 ? Me questionna-t-il dans un énième sourire sadique.
- non, mentis-je d'une voix peu assurée.
- alors vas-y. Surprends-moi.
J'avançai de quelques pas et j'eus à peine le temps d'approcher mes bras de son cou qu'il me fit une clé de bras en retour, je grimaçais de douleur, il levait haut mon bras derrière mon dos, très haut, je serrais la mâchoire, ça faisait un mal de chien.
- c'est tout ce que tu as, 33 ? Tu ne peux pas faire mieux que ça ?
Je tentais alors sournoisement de lui faire un croche-pied mais il ne bougea pas d'un centimètre et me renversa facilement à terre comme si j'étais aussi légère qu'une plume. Son bras droit me bloquait à présent la gorge en même temps qu'il s'asseyait sur moi tout en faisant attention à ne pas y mettre tout son poids sinon j'aurais déjà finie écrasée comme une crêpe sous ses énormes cuissots de yack qui entouraient ma taille. Je souriais déjà à l'idée que quelqu'un nous surprenne dans cette position compromettante, ça ferait jaser dans les couloirs de la Fosse, à n'en pas douter.
- c'est le fait d'être aussi pitoyable qui te fait rire ?
Je ne répondis rien, il n'avait pas tort, je n'avais pas la moindre raison de me réjouir, j'étais totalement nulle, à ce stade, me voir passer la première phase tiendrait du miracle.
- tu dois apprendre à deviner le prochain coup de ton adversaire, c'est ta seule chance.
Quand son bras se rapprocha à nouveau de ma gorge, je réussis à le dévier de justesse, comme par réflexe, il semblait satisfait de ma réaction tout en anticipation, je plongeai mon regard dans le sien, j'avais l'impression qu'il venait tout juste de réaliser à son tour notre très grande proximité, ce qui me troubla au plus haut point, il se leva immédiatement, me laissant toute chamboulée par notre dernier face-à-face, je sentais encore mon cœur battre fort dans ma poitrine, qu'est-ce qu'il m'arrivait ?
- c'est un peu moins pitoyable, admit-il avant de s'en aller sans un regard pour moi.
Son commentaire sonnait néanmoins comme un compliment déguisé à mes oreilles et je l'acceptais volontiers, sachant parfaitement qu'Eric le sadique était quelqu'un d'avare en louanges.
- premier combat : Peter contre Tris ! Annonça Eric à la surprise générale.
Je ressentis un nouveau nœud à l'estomac quand Tris se dirigea tout droit vers le ring et que Quatre lui attrapa le bras au passage, il y avait des étincelles entre eux, une alchimie évidente, ils étaient dans leur bulle et personne ne pouvait y entrer. Le cœur de Tris battait la chamade, je pouvais le ressentir à travers ma poitrine, cette sensation de tourbillonnement me fit repenser à ma propre confrontation de la veille avec Eric, quand j'avais plongé mon regard dans le sien, j'avais eu l'impression que le temps s'était arrêté, qu'on vivait tous les deux un moment suspendu, est-ce que ça signifiait que j'éprouvais quelque chose pour lui ? De l'attirance ? Ou encore quelque chose de plus fort ?
L'énorme coup de poing que Peter venait d'infliger sur la joue gauche de Tris me fit sortir de ma rêverie, je ressentais une vive brûlure sur ma joue gauche à mon tour, ça faisait un mal de chien, je serrais les dents, du sang coulait d'une de mes narines exactement comme chez elle, je m'essuyais discrètement en tentant de ne pas trop attirer l'attention sur moi alors que tous les yeux de ceux qui m'entouraient étaient focalisés sur le ring.
Tris était encore au sol ne se préoccupant que de la silhouette de Quatre qui s'éloignait au loin quand Peter en profita pour lui asséner un gros coup de savate, la douleur était trop forte, instantanée, fulgurante, je fermai les yeux, mes jambes venaient de me lâcher, c'était le trou noir.
Quand j'ouvris à nouveau les yeux, je fus surprise de trouver Eric le sadique debout au chevet de mon lit, Eric et ses yeux bleus-gris, je n'avais jamais réalisé à quel point ils étaient magnifiques.
- où je suis ?
- bientôt chez les Sans-factions si tu ne me dis pas ce qui ne tourne pas rond chez toi !
- qu'est-ce qui s'est passé ? L'interrogeais-je encore dans le coaltar.
- tu t'es évanouie comme une merde quand Peter a mis Tris KO. Tu as saigné du nez comme elle tout comme tu as aussi saigné de l'oreille quand Quatre l'a coupée. Il est temps de se mettre à table, 33, tu crois pas ?
Ce n'était pas qu'une question rhétorique mais bien un ordre et son ton clairement accusateur à mon égard ne me disait rien qui vaille.
- je … j'ai oublié de petit-déjeuner d'où mon malaise.
- à ta place, je ne jouerai pas à ce jeu là 33, surtout pas avec moi, tu es sûr de perdre. Laisse-moi te rappeler une chose : il ne tient seulement qu'à toi et à ton attitude pour que tes petits camarades ne découvrent jamais qu'il te manque quelque chose entre les jambes et que tu dégages d'ici en deux temps trois mouvements, alors maintenant parle.
Un bon et vieux chantage histoire de me faire plier, il avait effectivement toutes les cartes en main, j'étais obligée d'y céder, je ne voyais aucune autre alternative.
- d'habitude j'arrive à les minimiser mais…pas avec elle, je ne contrôle plus rien quand elle est là.
Mon regard se posa sur le lit juste à côté du mien où reposait justement Tris, plongée dans un profond sommeil, elle ne s'était toujours pas réveillée.
- contrôler quoi ?
- les sentiments des autres, je les ressens, je suis comme une éponge, mais ceux de Tris sont trop forts, ils prennent le pas sur mes propres sentiments, mes propres douleurs. Je ne sais plus quand ses émotions commencent et les miennes s'arrêtent.
-comment ça marche ?
- il n'y a pas de mode d'emploi, je ne provoque rien, plus je suis proche d'elle, plus je ressens ses émotions et ce sont les siennes qui l'emportent sur tout le reste, elles balayent tout sur leur passage.
- foutaises, tu te cherches des excuses, tu t'es évanouie à cause du sang !
- ça dure depuis ma naissance, j'entre en connexion avec les gens autour de moi sans que j'y sois pour quelque chose ! Argumentais-je sur la défensive. Quand elle était enceinte, ma mère s'est injecté directement le sérum de Paix dans le ventre, c'est ce que tout le monde racontait chez les Fraternels, elle a beau nier, j'ai toujours eu du mal à la croire !
- pourquoi Tris ? Pourquoi elle plus que les autres ?
- ça, je ne sais pas, c'est la première fois que ça m'arrive. Elle est spéciale.
L'air pensif, il avait l'air de partager mon avis sur Tris, il semblait même en savoir plus que moi à son sujet, il soupçonnait peut-être quelque chose de son côté, je n'osais pas demander de peur de me faire rembarrer une nouvelle fois.
- tu te fais passer pour un mec, tu es empathique et après quoi ? Tu lis dans les pensées aussi ?
- en fait, il faut que je te dise…
Ma tentative pour détendre l'atmosphère échoua lamentablement, il me fusillait du regard, il n'était visiblement pas fan de mon humour, c'était un euphémisme.
- je suis censé rire quand ?
Et sur ces dernières paroles, il quitta l'infirmerie pour de bon, à présent, Micah n'était plus le seul à connaître tous mes secrets, et pourtant, j'aurais largement préféré qu'il le reste. Mon regard se posa à nouveau sur le lit à côté du mien où Tris dormait toujours paisiblement, elle avait l'air si sereine que je me sentis vite apaisée à mon tour.
Souris à la vie *_*
