Merci les filles pour vos mots si gentils, je fais des rimes pour la frime :)
POV D'ERIC
Plus les jours passaient et moins j'avais statistiquement de chance de retrouver JD saine et sauve mais je restais confiant sur nos futures retrouvailles, il n'y avait pas moyen qu'elle m'échappe, je pouvais très bien mener mes deux missions de front, traquer les Divergents pour Jeanine et retrouver JD en même temps, j'étais largement assez doué pour ça, je savais compartimenter mes émotions comme personne, je n'étais pas une fiotte.
La première étape était de la chercher dans sa faction d'origine, je me rendais donc en voiture chez les Fraternels avec Max pour chauffeur, je ne pouvais plus encadrer ce gros con depuis qu'il m'avait raconté fièrement en riant son face-à-face avec JD dans la Fosse des Audacieux et comment il l'avait poursuivie en lui tirant dessus jusqu'à ce qu'elle arrive heureusement à s'échapper dans un des wagons du train. Le geste de ce connard me restait toujours en travers de la gorge, il me le paierait tôt ou tard, à la première occasion que j'aurais de me venger, je la saisirais, cette enflure n'avait pas la moindre idée ce qui l'attendait, ce qui rendait les choses encore plus drôles à mon avis.
Une fois arrivé avec moi devant Johanna, la porte-parole des Fraternels qui montait la garde devant leur ferme, je la soumis vite fait à un test de dépistage des Divergents puis Max lui fit le traditionnel coup de la manière douce ou la manière forte. Elle n'opposa aucune résistance et le laissa passer en même temps que toute notre cavalerie qui rassemblait tous les Fraternels sous le dôme pour un test obligatoire. Maintenant qu'on se retrouvait tous les deux seuls, l'un en face de l'autre, je pouvais lui poser une question sur ce qui m'intéressait vraiment.
- il y a un JD Zane ici ? On ne lui veut aucun mal.
J'en avais peut-être trop dit ou le ton de ma voix était un peu trop déterminé parce qu'elle me fixait maintenant d'un air suspicieux, il fallait que je trouve un autre argument.
- on sait que ce n'est pas un Divergent.
- ce nom ne me dit rien.
- vraiment ? C'est sa faction d'origine pourtant.
- nous sommes nombreux. Je ne peux pas me souvenir des noms de tous ceux qui ont vécu ici.
Vu sa langue de bois, je compris rapidement que je ne tirerai rien de cette bonne femme, aucune info, je ne perdis alors plus une seconde de mon précieux temps et je me dirigeai directement sous la charpente des Fraternels avec Johanna derrière moi qui me suivait comme un clébard.
- c'est chez vous là haut ? Demandais-je, le regard tourné vers le plafond en bois.
- rien que mon bureau.
Le hennissement d'un cheval me parvint aux oreilles, je revins alors tout seul sur mes pas pour inspecter les écuries avec attention, je m'arrêtai juste devant l'enclos d'un cheval blanc, si ça se trouve c'était Neva, la jument de JD, je n'avais qu'une hâte c'était de lui mettre la main dessus pour pouvoir enfin lui rendre son pendentif nacré auquel elle tenait tant. Alors que je caressais paisiblement la crinière du cheval en question, j'entendis tout à coup un cri qui semblait provenir du bureau de Johanna.
- ils sont ici ! Par ici !
Je reconnus immédiatement la voix de Peter, je relevai immédiatement la tête pour le voir de mes propres yeux au loin.
- Eric, ils sont en haut ! Vite, ils s'enfuient !
Je courus à toute vitesse et je le rejoignis à l'étage pour qu'il m'en dise plus.
- où ça ?
- par la fenêtre !
Il pointa cette dernière du doigt quand j'entendis la voix de Max par radio qui appelait des renforts.
- on a 3 fugitifs à pied qui vont vers le dôme ! Je répète : 3 fugitifs vers le dôme !
J'entendis plusieurs coups de feux retentir juste après, je n'y voyais plus rien, je filai un coup de coude à Peter puis avant de dévaler à toute vitesse les escaliers, je donnai mes dernières directives.
- arrêtez-le ! Ordonnai-je à mes larbins qui s'exécutèrent aussitôt.
Il fallait absolument que je m'assure que Tris ne soit pas touchée dans cette première fusillade, c'était primordial pour JD, je réussis à m'accrocher en route au camion de notre équipe qui roulait à vive allure et poursuivait les trois fugitifs en question jusque sur les champs de terre des Fraternels.
Ils s'engouffrèrent ensuite dans la forêt et je sautai aussitôt du camion pour courir derrière eux à toute vitesse, c'était un vrai marathon, au fur et à mesure que je m'approchais d'eux, je commençais à entendre un train au loin.
A la sortie de la forêt, Quatre s'arrêta pour nous tirer dessus alors que les deux autres couraient devant lui, je ripostais sans aucune pitié aux tirs de ce pauvre con, Max faisait de même à mes côtés, au moment où Quatre n'avait plus de munitions, c'est Tris qui prit le relais pour le couvrir, planqué derrière un arbre, je pointais mon arme devant moi sans pour autant tirer sur elle, Quatre réussit finalement à la rejoindre, c'est le moment que choisit Max pour courir comme un forcené vers eux, il tirait sans s'arrêter sur eux pendant qu'ils couraient ensemble sur la même voie de chemin de fer tout près du train en marche, l'étau se resserrait sur Tris, elle pouvait très bien se choper une balle d'une seconde à l'autre, je décidais alors de passer exprès devant Max en plein course, je me trouvais quelques mètres juste devant lui et je pointai mon arme en direction du train sans pour autant tirer sur nos trois fugitifs.
- c'est pas vrai, dégage putain !
La colère de Max me faisait sourire, ce connard avait la haine contre moi, tant mieux, c'était réciproque. Quand il courait vers la droite, je me décalais du même côté et je fis de même pour le côté gauche, il n'avait plus aucun moyen d'atteindre sa cible comme ça.
- MAIS DEGAAAGE ERIC ! Hurla-t-il. J'VAIS TE METRRE UNE BALLE DANS LE CUL, PUTAIN !
Je continuais à courir devant lui tout en faisant la sourde oreille, nos trois fugitifs avaient finalement réussi à s'engouffrer dans un des wagons, le train était maintenant loin et ce connard tirait encore, il était totalement à la ramasse. Encore essoufflé par sa course folle, il balança son arme au sol, il était hors de lui, fou de rage après moi, ce qui me faisait hurler de rire intérieurement.
- putain t'es bouché ? J't'ai dit de dégager ! J'aurais largement pu en buter un si tu t'étais pas tapé l'incruste dans ma ligne de mire !
- fallait te bouger le cul et viser mieux que ça !
- ne me refais plus jamais ça.
- sinon quoi ? Tu vas tout répéter à maman Jeanine ?
- plus jamais.
Sa menace me passait au-dessus et son ton glacial ne m'intimidait pas du tout, ça me faisait carrément chier de ne pas avoir pu flinguer Quatre au passage, mais tant que Tris n'était pas touchée, c'est tout ce qui m'importait.
POV DE JD
Par chance, j'étais tombée sur Micah sur ma route alors qu'il se réfugiait chez les Sincères avec tous nos autres amis Audacieux. Il en avait profité pour me faire un topo complet sur les derniers événements, le sérum de contrôle crée par les Erudits qui avait conduit à l'attaque sur les Altruistes et surtout leur traque acharnée des Divergents qui m'éclaira sur mon face-à-face avec Max dans la Fosse. D'après Micah, lui et Eric étaient à la botte de Jeanine, je refusais de croire que mon homme soit corrompu, ce n'était pas un traître et même si les faits ne plaidaient pas du tout en sa faveur, je me devais de lui laisser au moins le bénéfice du doute.
Quand Tris et Quatre firent leur apparition au siège des Sincères, nous étions tous ravis de les retrouver mais notre joie fut de courte durée quand on les arrêta pour complot et rébellion. Heureusement pour eux, au lieu de les livrer directement au Conseil et à Jeanine, Jack Kang, le leader des Sincères accepta de leur donner un procès équitable. Ce fut d'abord à Quatre que le sérum de vérité fut injecté sous nos yeux, sa responsabilité dans l'attaque des Altruistes fut rapidement écartée. Vint à présent le tour de Tris, on lui injecta le sérum et je ressentis une furtive douleur dans le cou, elle avoua qu'elle n'était pas sous l'emprise de la simulation car elle était Divergente, qu'elle avait fait du mal à des Audacieux, à des Altruistes, à tout le monde, je la sentais se crisper de plus en plus, elle luttait de toutes ses forces pour combattre le sérum, ça faisait un mal de chien, les larmes coulaient sur mes joues sans que je m'en rende compte, je ne pouvais plus les arrêter. J'étais triste d'apprendre le décès de Will mais la souffrance de Tris à ce sujet me faisait encore plus de mal, elle était effondrée et j'étais inconsolable à mon tour, je sentais un poids énorme sur ses épaules, ses remords étaient sincères, elle ne pourrait jamais se le pardonner.
Elle quitta son procès en pleurant, suivie de peu par Quatre alors que je séchais encore mes larmes, j'étais totalement minée par sa confession. A ma sortie de la salle, je vis Tris prendre la direction du toit après une conversation des plus tendues avec Christina, je n'hésitai pas une seconde et je la suivis sans me poser de questions, je ressentais un besoin nécessaire de la réconforter, c'était plus fort que moi. La gorge serrée et le coeur gros, je m'approchai lentement d'elle alors que ses deux bras reposaient nonchalamment sur la rambarde du toit, elle fuyait toujours mon regard humide, les yeux encore rougis par l'émotion, je me décidais à engager la conversation.
- je suis désolée pour…
- merci.
Elle me coupa, elle savait que je parlais de ses parents et de Will, en dire plus n'était pas nécessaire. Le silence s'installa entre nous, un silence paisible, pas du tout pesant.
- sympa ton haut.
- merci.
Son regard s'était furtivement arrêté sur mon top noir moulant à bretelles qui ne cachait plus rien de ma poitrine, tout le monde savait que j'étais une fille maintenant, j'avais suivi les conseils de Micah en avouant mes petits secrets dès mon arrivée au siège des Sincères, heureusement pour moi, le temps n'était pas aux punitions futiles, nous avions d'autres priorités en ce moment et c'était tant mieux !
- c'est bizarre, ça n'a pas l'air de te surprendre tant que ça.
- j'étais déjà au courant.
- c'est pas vrai, il ne sait vraiment pas tenir sa langue celui-là !
- non, Micah n'a rien dit, rassure-toi, tu peux continuer à lui faire confiance.
Cette fois, elle me fixa droit dans les yeux comme si elle avait quelque chose d'important à m'avouer, je craignais déjà le pire.
- je vous ai entendu parler dans l'infirmerie avec Eric, le jour de mon combat contre Peter. Je ne dormais pas même si je vous ai fait croire le contraire.
- je vois.
Je tombais des nues, elle avait bien caché son jeu, je n'en revenais pas.
- alors tu sais tout.
- tout sauf l'essentiel : la raison de ce lien entre nous.
- tu es Divergente, c'est sûrement à cause de ça.
- je ne suis pas la seule Divergente sur cette terre et il n'y a qu'avec moi que tu réagis aussi fort si j'ai bien compris.
- je n'en sais pas plus que toi, Tris. C'est comme ça. J'ai fini par l'accepter.
- désolée, je ne veux pas que tu penses que je te fais des reproches, je me rends compte que ça ne doit pas être facile tous les jours pour toi alors que de mon côté, cette connexion m'a sauvée la vie par deux fois déjà.
- comment ça ?
- Eric. Il nous a laissés partir avec Quatre quand j'ai menacé de me suicider parce qu'il sait que s'en prendre à moi, c'est s'en prendre à toi et quand Max nous a tirés dessus chez les Fraternels, il s'est mis exprès dans sa ligne de mire pour le gêner.
- il n'est pas du côté de Jeanine alors ?
- il est du tien. Je ne sais pas comment tu as fait pour qu'une chose pareille se produise, mais merci. Ça m'a aidé à rester en vie.
Je souris timidement, je ne savais pas moi-même en toute sincérité ce que j'avais fait pour mériter ça mais cette nouvelle me réjouissait au plus haut point, on avait beau se retrouver à des kilomètres l'un de l'autre, il réussissait quand même à me protéger et ne m'avait pas oubliée, c'était exactement ce que j'avais besoin d'entendre pour tenir encore un peu plus le coup, sans lui à mes côtés.
Souris à la vie *_*
