Voilà, comme promis, c'est la fin. Merci, merci, merci aux lecteurs, followers, favoriseurs et reviewers de cette fic, ça me va droit au cœur. Bonne lecture !
POV D'ERIC
- JD !
Je criais son nom plusieurs fois de suite comme un malade alors qu'elle convulsait toujours, inconsciente, les yeux révulsés en arrière, j'essayais de stopper ses secousses en la maintenant fermement par les épaules, mais rien n'y faisait, elle ne s'arrêtait pas, j'avais beau lui tapoter les joues pour avoir toute son attention, ça ne marchait pas non plus, je commençais sérieusement à flipper de la voir comme ça.
- réponds-moi putain !
Il fallait que j'aille chercher de l'aide, je n'avais plus trop le choix, je reposais alors vite fait un plaid à carreaux rouge et noir sur le corps nu de JD avant de débouler à toute vitesse dans le couloir des culs crasseux.
- DEBOUT LA-DEDANS !
Je tambourinai comme un forcené à toutes les portes sans exception, j'en avais rien à foutre qu'il soit même pas sept heures du matin, JD était mal en point, je n'allais sûrement pas faire dans la dentelle et perdre du temps inutilement.
- LEVEZ VOS GROSSES FESSES DE CULS CRASSEUX SINON C'EST MOI QUI VIENS VOUS CHERCHER ! ALLEZ, BOUGEZ-VOUS !
La première porte qui s'ouvrit fut celle du bouseux et meilleur pote de JD, il avait vraiment une sale gueule au réveil en plus de porter un pyjama ridicule.
- non mais qu'est-ce qui te prend de hurler comme ça ? Ça tourne vraiment pas rond chez toi !
Il voulut me fermer la porte au nez mais dommage pour lui, j'arrivais à la stopper à l'aide de mon pied droit.
- viens par là.
Je le tirais violemment par le col de son haut de pyjama avant de le pousser jusqu'à l'entrée de la chambre de JD.
- elle arrête pas de convulser.
- depuis combien de temps ? Demanda-t-il inquiet, tout en se précipitant vers le lit.
- t'es con ou tu le fais exprès ? Tu crois que j'ai eu le temps de chronométrer ?
Mon ton était agacé, ma voix métallique, à part me faire perdre patience, ce bouseux ne me servait vraiment à rien.
- elle ne bouge plus.
- QUOI ?
Je courais aussitôt vers le lit en poussant violemment l'autre bouseux derrière moi au passage, JD était toujours allongée mais cette fois totalement prostrée, les yeux ouverts vers le plafond, sans réaction, je me penchais vers elle et je poussai un soupir de soulagement quand je sentis un pouls au niveau de son cou.
- elle respire, soufflais-je d'un air rassuré.
- je peux l'examiner, j'ai étudié la médecine chez les Erudits avant de me faire jeter des Audacieux.
Je me retournais, c'était un cul crasseux qui venait de parler, je venais à peine de réaliser que la chambre de JD s'était remplie petit à petit et ils fixaient tous le lit avec de grands yeux inquiets.
- vas-y, lui répondis-je, mais si tu tentes un coup de crasse, je te balance par la fenêtre.
- c'est ça, cause toujours.
- fais pas trop le malin, connard.
Je le fusillais du regard pendant qu'il passait juste devant moi pour s'asseoir sur le lit de JD, il semblait prendre mes menaces à la légère, il ne devrait pas, surtout pas, ce n'était vraiment pas le bon moment. Le silence régnait dans la chambre de JD, pendant que l'autre cul crasseux l'examinait, j'en profitais pour enfiler un tee-shirt noir tout en surveillant le soigneur de JD du coin de l'oeil avant de lui demander des nouvelles.
- alors ?
- elle est dans un état catatonique, me répondit le cul crasseux.
- c'est quoi ce machin ?
- pour faire simple, elle a subi un grave traumatisme, elle est en état de choc.
- mais elle va vite se remettre ? Se renseigna aussitôt le bouseux. Ça va pas durer hein ?
- aucune idée, l'effet peut être transitoire ou non.
L'expression « état de choc » ne cessait de raisonner dans ma tête, mon regard s'arrêta sur Quatre parmi tous nos visiteurs du matin, pour une fois, il se trouvait seul sans sa moitié, je trouvais ça vachement suspect.
- où est Tris ?
- elle est allée se livrer. Je m'apprêtais à la rejoindre avant ton pétage de plombs.
- c'est pas possible, elle est encore plus conne que je le croyais ! JD n'est pas Divergente, elle n'a aucune chance de supporter les simulations de Jeanine ! T'avais qu'une chose à faire : tenir ta connasse en laisse, même ça t'es pas foutu de le faire !
- ne l'appelle pas comme ça.
Son regard était glacial, son ton cassant, il se voulait peut-être intimidant, mais sa colère froide ne marchait pas du tout sur moi, loin de là.
- du calme, on se calme ! Nous interrompit le bouseux. Ce que vous faites en ce moment, ça n'aide pas Tris, ni JD, dit-il en se tournant vers moi. Tori a enfin trouvé un moyen d'enlever les balles tranquillisantes de notre corps alors on peut tous se rendre chez les Erudits pour récupérer Tris et arrêter ce massacre sur JD, d'accord ?
Ça me faisait chier de l'admettre mais le bouseux était la voix de la raison, je me contentais alors d'acquiescer en silence alors que Quatre reprenait la parole.
- je veux tout le monde en bas dans dix minutes, ajouta-t-il sans sourciller.
Il quitta ensuite la chambre suivi de peu par tous les culs crasseux et Audacieux présents, tous sauf un : le bouseux, ce vrai pot de colle, il ne quittait pas JD des yeux, j'avais déjà la haine de la voir dans un tel état mais ce mec avait le don de m'énerver encore plus.
- quoi ? Tu veux sa photo ?
- on ne peut pas la laisser toute seule, surtout dans cet état.
- non tu crois ? Micah Ross a finalement un cerveau, première nouvelle !
- je peux l'habiller si tu veux.
Je le fusillais du regard, ce tocard venait de signer son arrêt de mort, c'était officiel.
- rassure-toi, tu n'as pas de raison d'être jaloux. Je ne vais pas me rincer l'œil. JD a toujours été comme une sœur pour moi. Je suis sûr qu'elle aurait été d'accord avec ça.
Je m'approchais doucement de lui, nos visages étaient maintenant à quelques centimètres l'un de l'autre, je n'avais qu'une envie c'était de lui cracher à la gueule mais je me contentai de lui lancer un regard mauvais.
- je t'interdis de parler d'elle au passé.
- désolé, je ne voulais pas dire ça, c'est sorti tout seul. Je voulais juste rendre service, c'est tout.
- t'en as déjà assez fait, dégage de là avant que je vous éclate toi et tes jolies petites bouclettes contre le mur.
Il décida enfin à se casser, bon débarras, je me saisis d'un mouchoir en papier puis je pris place sur le lit et j'essuyai délicatement la bouche de JD qui était encore pleine de salive.
- voilà, c'est mieux comme ça, pas vrai ?
Je me sentais comme un con, elle ne me répondait pas, je parlais dans le vide, si ça se trouve, elle ne comprenait même plus ce que je lui disais. Ses yeux fixaient toujours le plafond, je n'avais que quelques minutes avant de l'emmener avec moi chez les Erudits, je ne perdis pas une seconde de plus et je descendis le plaid que j'avais mis auparavant sur elle avant de frotter mes deux mains sur ses deux bras, elle était frigorifiée, je ne voulais surtout pas qu'elle attrape froid.
- je fais vite, promis.
Toujours aucune réponse, aucun regard vers moi, ses yeux encore fixés sur le plafond, je continuais de l'habiller, étape par étape, d'abord le bas puis ensuite le haut, elle se laissait faire tel un pantin, quand je lui soulevai un bras, elle n'opposait aucune résistance et dès que je le relâchai, son bras se laissait retomber aussitôt comme si elle ne maîtrisait plus rien et que son cerveau ne fonctionnait déjà plus, j'avais une trouille bleue que son état soit beaucoup plus sérieux que le cul crasseux ne voulait bien le dire mais je préférais rester positif, j'étais déterminé à mener ma mission à bien, on allait libérer cette connasse de Tris des griffes de Jeanine et surtout mettre fin à ces putains de tests de simulation, comme ça, tout rentrerait dans l'ordre pour JD, je croyais en elle, elle était solide, elle pouvait tout surmonter, absolument tout.
Une fois la sangle de mon arme vissée sur mon épaule droite, je me penchai à hauteur du lit de JD et je la soulevai et la pris dans mes bras afin qu'on quitte ensemble cette chambre miteuse au plus vite. Mes mains soutenaient son dos et ses genoux pendant que sa tête reposait dans le creux de mon cou, peut-être qu'elle s'y sentait en sécurité, c'est tout ce que j'espérais.
On se rendit tous ensemble chez les Erudits dans la foulée et une fois arrivés au labo en question, on prit des chemins séparés, c'était chacun pour soi désormais, à chaque vermine que je croisais sur mon passage, je tirais dans le tas sans me poser de questions, tout en tenant toujours fermement JD contre moi pour ne pas qu'elle me glisse des mains.
« Avis aux équipes de sécurité : verrouillage de tous les accès ».
J'eus à peine le temps de passer la porte de la salle des simulations avant qu'elle ne se referme automatiquement derrière moi, c'était moins une !
- vas-y. Fais-le.
J'y trouvais Quatre et Tris à l'intérieur, ce connard l'encourageait à continuer d'ouvrir la boîte contrairement à ce qu'il avait promis durant notre mission, j'étais fou de rage.
« Lancement de la simulation fraternelle ».
- arrête tout sinon je tire.
Je pointais directement mon arme sur Tris sans sourciller, cette connasse posa immédiatement son regard sur JD.
- on a déjà eu cette conversation, tu sais ce que ça veut dire pour elle si je suis touchée.
- parce que tu crois qu'elle est en état de réagir à quoique ce soit ? M'énervais-je. Regarde-la, regarde-la bien parce que si elle en est là, c'est entièrement de ta faute ! Et je ne vais certainement pas te laisser empirer les choses, c'est hors de question !
- qui t'a parlé d'envenimer les choses ? Argumenta Quatre, peut-être que cette dernière simulation va la ramener au lieu de l'enfoncer, elle ne réagit plus à rien, il faut tenter le coup, le tout pour le tout.
- on va bien voir.
Je gardais mon arme pointée en direction de Tris, la théorie de son mec n'était pas si con que ça mais je restais méfiant. A ma plus grande surprise, elle réussit sa dernière simulation alors que Jeanine et ses sbires nous rejoignaient dans le labo au même moment.
« Lancement du message ».
La boîte venait de s'ouvrir mais j'en avais strictement rien à carrer de ce qu'elle pouvait contenir, je fermais à présent les yeux et je posais mon front tout contre celui de JD tout en priant intérieurement qu'elle se réveille ou daigne enfin m'adresser un regard pleinement conscient, les secondes s'égrenaient, puis les minutes, je venais seulement de m'apercevoir que la mère de Quatre et les culs crasseux restants avaient débarqué en force pour arrêter Jeanine et ses larbins, l'état de JD n'avait malheureusement pas changé d'un iota, elle était encore éteinte, je l'avais peut-être perdue pour toujours ce matin-là, la vraie JD, ma JD à moi.
POV DE JD
Ma parole c'était un vrai hôtel cette chambre, après une visite matinale de mon meilleur ami Micah pour me raconter les moindres détails de son rapprochement naissant et plus si affinités avec la très belle Christina sur laquelle il avait craqué dès notre arrivée dans la Fosse, Tris était passée en début d'après-midi pour s'excuser à nouveau de s'être livrée aux Erudits sans m'en parler avant et surtout sans penser à ce que ça impliquerait sur ma santé, j'étais physiquement incapable de communiquer avec elle mais je ne lui en voulais pas le moins du monde de son geste héroïque, après tout, elle avait pris un risque énorme en se sacrifiant pour ne pas que d'autres Audacieux et Sans Factions ne se suicident à leur tour à cause des balles tranquillisantes, c'était tout à son honneur.
- c'est moi, me dit Eric.
La visite qui me toucha le plus fut sans surprise celle de mon homme en toute fin d'après-midi, j'adorais par-dessus tout le flot rocailleux que possédait sa voix, il bougea délicatement ma tête afin que mon regard soit dirigé uniquement sur lui, sa main caressait tendrement mon cuir chevelu, il s'installa ensuite sur une chaise en prenant bien soin de me faire face, puis je l'entendis fouiller dans son pantalon avant qu'il ne referme sa main en poing et ne la lève juste devant moi, je reconnus immédiatement mon pendentif nacré à l'effigie de ma jument Neva que je ne quittais jamais et qu'il agitait à présent fièrement devant mes yeux.
- je crois que c'est à toi.
Il plongea son regard dans le mien quelques secondes avant que je ne le sente nouer le cordon du pendentif autour de mon cou, des larmes perlaient maintenant au coin de mes yeux, machinalement, sans que je ne puisse les retenir, ça me tuait à petit feu de ne plus pouvoir le toucher, ne plus pouvoir lui prendre la main, ne plus pouvoir répondre à ses baisers, ne plus pouvoir lui caresser les cheveux du bout des doigts, son odeur me manquait, j'avais faim de lui, plus que jamais alors que j'étais condamnée à passer mes journées à contempler le plafond en face de moi, j'étais ni plus ni moins qu'un légume, on m'avait posée une sonde gastrique ainsi qu'une sonde urinaire, on m'habillait, on me lavait, je ne me sentais plus vraiment moi, j'étais prisonnière de mon propre corps et cette sensation m'était insupportable à vivre au quotidien, une véritable torture.
- pardonne-moi.
Je le sentis essuyer délicatement mes larmes dans un geste tendre, le pardonner de quoi ? Il avait été exemplaire du début à la fin, peut-être pas le petit-ami idéal mais je n'échangerais pour rien au monde tous ces moments passés en sa compagnie, absolument aucun.
- si je t'aimais un tout petit peu moins, je n'aurais pas les couilles de le faire.
Il se leva de sa chaise, je ne l'avais alors plus dans mon champ de vision, c'est là que je sentis ses lèvres se poser tendrement sur mon front pour un baiser de plusieurs secondes puis sur ma bouche, il laissa ensuite reposer sa joue contre ma tempe pendant un long moment comme s'il voulait s'imprégner de moi, respirer mon odeur une toute dernière fois.
Je me posais une centaine de questions à cet instant quand je le sentis s'emparer doucement du coussin posé sous ma tête, il plaça mon menton bien droit devant lui avant d'appuyer l'oreiller directement sur mon visage et de maintenir une pression constante et puissante sur moi, ma respiration s'atténuait petit à petit, je me sentais de plus en plus légère, comme libérée d'un poids, délivrée de mes chaînes, de ce corps qui n'était plus qu'une horrible prison pour moi, il n'y avait eu que mon homme pour deviner mon calvaire, ça ne pouvait être que lui, encore une fois, Eric était mon sauveur, comme il l'avait toujours été.
FIN
Souris à la vie *_*
