Titre : Secrets
Auteur :
Vorabiza
Traductrices :
merryme (39 premiers chapitres), Althealine (à partir du chapitre 40)
Bêta :
Mounette
Genre : Romance, Action, Aventure
Rating : M
Avertissement : Slash, HPDM, SSRL. Attention, ce chapitre contient un lemon, vous êtes prévenus !
Disclaimer : rien ne m'appartient, les personnages et l'univers sont à J. K. Rowling. L'histoire appartient à Vorabiza.
Crédits : ring,la jolie petite image de couverture, est à cosmos12399.

N.B : un grand merci à vous pour vos reviews. Vous ne pouvez pas vous imaginer combien ils m'ont fait plaisir, j'ai littéralement sauté de joie (et pas qu'une fois). Merci à tous pour vos encouragements et pour avoir pris la peine de donner votre avis sur ma traduction. Ça me motive vraiment pour m'améliorer, et aussi pour vous livrer la suite aussi vite que me le permettent mes moyens.

Merci également pour vos mises en Alert/Favori. Et je n'oublie pas aussi de remercier ceux qui lisent mais ne laissent pas forcément de review. J'espère que ça veut dire que la fic vous plaît à vous aussi !

Surtout, n'hésitez pas à laisser un mot à l'auteur pour lui dire que la fic vous a plu. Je suis sûre que ça lui fera plaisir (et après tout elle le mérite).

Bonne lecture !

- Secrets -
Chapitre 41

Harry reprit conscience avec un cri dans la gorge. Il se débattit sauvagement, tentant de se libérer de la personne qui l'avait capturé.

« Harry ! Je t'en prie, arrête ! » le supplia Draco, tout près de son oreille.

Harry s'arrêta, mais sa poitrine se soulevait et ses yeux regardaient frénétiquement autour de lui, incertains.

« Draco ?
— Oui, c'est moi, dit Draco avec soulagement, resserrant son étreinte au lieu de la desserrer.
— Où est Victoria ? demanda anxieusement Harry.
— Victoria se porte bien, l'assura Draco, mais il parut confus par le fait qu'il s'interroge aussi soudainement sur elle. Elle dort dans la nursery.
— Severus ! cria Harry quand ses yeux s'arrêtèrent enfin sur l'homme assis au bord du lit.
— Cesse de crier, dit Severus, grimaçant de douleur.
— Oh, mon Dieu, vous devez aller voir Mme Pomfresh. »

Il réalisa que Remus soutenait le dos de Severus, principalement pour le maintenir droit.

« Remus, il a besoin d'aide, reprit Harry, sa voix s'élevant de nouveau.
— Potter ! dit Severus sur un ton de commandement. Calme-toi. Maintenant !
— Mais j'ai vu... j'ai vu... Oh, mon Dieu », gémit Harry misérablement.

Il plaqua une main contre sa bouche, sentant qu'il allait être malade. Draco le libéra et le suivit quand il se rua vers les toilettes.

Il ne pouvait se décider entre être mortifié ou reconnaissant que Draco soit là, mais ses pensées étaient tellement entortillées qu'il ne s'y attarda pas. Il avait à s'inquiéter de choses bien plus graves, si seulement il pouvait faire en sorte que son estomac reste en place.

« Shhh, Harry », dit Draco d'un ton apaisant, lui frottant le dos.

Harry changea d'avis et décida qu'il était extrêmement reconnaissant que Draco soit là. Il s'adossa contre lui, tremblant de manière incontrôlée. Les bras de Draco le retenaient fermement et Narcissa était là pour apporter son aide. Elle lui lava le visage avec une serviette humide, murmurant d'un ton rassurant. Harry se demanda si ce n'était pas simplement un trait Malfoy, d'être capable de parler sur ce ton qui l'aidait à se calmer.

« Vous devez aider Severus », protesta Harry, recommençant à paniquer et essayant de se remettre debout.

Draco le tira à lui, l'empêchant de bouger.

« Lucius et Remus s'occupent de ses blessures maintenant que tu es réveillé, dit calmement Narcissa.
— Je ne pouvais pas te réveiller, Harry, expliqua Draco, un reste d'inquiétude évident dans la voix. Personne ne le pouvait. Jusqu'à ce que Severus ne vienne. »

Cela expliquait l'horrible goût de potion dans sa bouche quand il s'était réveillé.

« J'étais piégé, gémit pitoyablement Harry.
— Oui, Severus s'était montré plutôt efficace quand il nous en a informés, dit Narcissa, grimaçant légèrement. Je suis vraiment désolée, Harry. Nous n'aurions jamais dû te soumettre au Sommeil sans Rêve. »

Lucius entra dans la salle de bain, attirant toute leur attention :

« On m'a sommairement ordonné de vous apporter ces potions, Harry, dit-il drôlement. Severus a l'impression qu'il est en charge de votre état, malgré sa condition actuelle. »

Harry lutta encore pour se lever, ne voyant pas ce qu'il y avait de drôle dans la situation.

« Est-ce qu'il va bien ? S'il donne des ordres, alors ça veut dire qu'il sera OK, hein ? demanda-t-il anxieusement.
— Il ira parfaitement bien, Harry, l'assura Lucius. Il est un peu mal en point, pour le moment, mais ses grognements n'ont pas le moins du monde été affectés.
— Voldemort l'avait presque tué, marmonna Harry, inclinant la tête. Je suis surpris qu'il ne l'ait pas rendu fou.
— Tu l'as vu se faire torturer, n'est-ce pas ? demanda Narcissa, son ton indiquant qu'elle était déjà clairement certaine de la réponse.
— Voldemort est furieux, dit Harry, ne répondant pas directement à la question. Il est en colère à propos de beaucoup de choses. »

Ses yeux s'élargirent et il tenta de nouveau de s'éloigner de Draco.

« Harry, dit sévèrement celui-ci. Je ne te laisserai aller nulle part. »

Harry releva la tête pour supplier Lucius du regard avant de demander :

« Est-ce qu'ils savent ce que j'ai fait ? »

Lucius fronça les sourcils pendant un moment, avant qu'il n'ait l'air de réaliser ce que Harry voulait dire.

« Oui, ils savent que vous avez tué Bellatrix », dit-il calmement.

Harry regarda partout autour de lui, cherchant un moyen de s'enfuir.

« Harry, calme-toi, ordonna Draco. Tout va bien. Ce n'était pas de ta faute. »

Harry l'entendit à peine. Il peinait à retrouver son souffle, et ses yeux transformaient tout ce qui l'entourait en une explosion de couleurs floues, qui s'évanouissaient rapidement dans l'obscurité. Il tombait...

La chose suivante dont Harry fut conscient, était d'être dans son lit, allongé sur le dos, clignant des yeux à la vue du baldaquin. Cependant, il se souvenait de tout.

« Harry, tu vas bien ? demanda Draco avec inquiétude, écartant ses cheveux de son visage.
— Je suis en pleine forme, dit Harry, sarcastique.
— Tu nous as tous fait une belle peur, cette nuit, dit Narcissa avec inquiétude, plaçant un linge frais sur son front.
— Ouais, eh bien, je ne suis pas exactement dans un bon jour », marmonna Harry avec colère.

Il repoussa la couverture et s'assit.

« J'ai tué votre sœur aujourd'hui. J'ai tué d'autres gens, aussi, mais je ne sais même pas qui ils étaient. J'ai discuté avec Voldemort, cracha-t-il avec dégoût. Et pour couronner le tout, je me suis effondré comme un foutu gamin de cinq ans – et plusieurs fois, même, pendant les dernières heures. »

Il regarda Narcissa, qui avait malheureusement été la dernière à lui parler.

« Ouais, je me suis fait peur à moi-même aussi », rétorqua-t-il.

A sa grande surprise, elle lui sourit.

« Je crois que tu te sens mieux, dit-elle avec soulagement.
— C'est bon de te retrouver, Harry, dit Draco d'une voix traînante, souriant d'un air satisfait.
— Merlin ! marmonna Harry, stupéfait par leurs attitudes. Et dire que je pensais que j'étais celui qui devenait fou.
— Peut-être que ta folie déteint sur nous, suggéra Draco, son sourire satisfait toujours fermement en place.
— Fait chier », rétorqua Harry.

Draco l'ignora et se pencha pour l'embrasser. Harry l'embrassa en retour, sentant un peu de sa tension se dissiper. Rompant le baiser, il appuya son front contre celui de son petit ami.

« Putain, quelqu'un peut-il me dire ce qui se passe ? demanda-t-il à voix basse.
— Cela dépendra de si vous arrêtez de tripoter mon fils suffisamment longtemps pour entendre les explications », répondit Lucius, sardonique.

Les yeux de Harry se plissèrent alors qu'il dévisageait de près ceux, gris et amusés, de Draco.

« Ouais, Potter, arrête de me tripoter.
— Bien, comme tu voudras », déclara Harry, s'éloignant et se détournant.

Il rit lorsque Draco le tira à lui et le plaqua contre son torse, l'enveloppant de ses bras. Harry entrelaça ses doigts avec les siens alors qu'il tournait son regard vers Lucius et Narcissa, dans l'expectative.

Ces derniers étaient assis sur des chaises à côté du lit, et la main de Narcissa était posée sur le bras de Lucius.

« Ils sont faits l'un pour l'autre, Lucius, dit-elle, souriant doucement.
— J'en suis conscient, dit Lucius, regardant Harry contemplativement. Pour le moment, je suis plus impressionné par sa résistance.
— Je ne suis pas résistant, marmonna Harry. Je suis juste bon dans le déni. Si je ne pense pas à tout ce qui s'est passé, alors peut-être que ça va juste disparaître, ou s'avérer être un mauvais rêve ou quelque chose du genre. »

Il frissonna quand ses mots lui rappelèrent le 'mauvais rêve' dans lequel il s'était fait piéger.

« J'ai besoin de parler à Severus, s'il se sent mieux, ajouta-t-il.
— Remus s'occupe toujours de lui, mais je pense que Severus désire lui aussi vous parler avant de se reposer », reconnut Lucius.

Il fit une pause.

« Harry, comprenez-vous maintenant pourquoi vos réactions sont tellement différentes de ce qu'elles étaient plus tôt ? »

Harry haussa les épaules, mal-à-l'aise.

« Je me suis effondré un peu plus tôt. J'ai paniqué. Je n'aime pas me sentir comme ça », dit-il, son irritation vis-à-vis de lui-même transparaissant dans sa voix.

Lucius secoua la tête avec exaspération :

« Vous avez eu une commotion et vous subissiez un choc terrible. Votre confusion, votre somnolence extrême au Ministère, votre comportement irrationnel – ce sont tous des symptômes de la rude épreuve que vous avez endurée. Grâce au peu de temps que vous avez passé inconscient, au repos et à l'aide de quelques potions, votre corps est presque guéri maintenant. Cependant, un peu plus de repos ne vous ferait pas de mal, insista-t-il. Il est seulement dix heures et vous pouvez dormir une nuit entière sans interruption.
— Je serais en train de dormir si Voldemort n'était pas un tel bâtard sadique, rétorqua Harry avec irritation.
— En effet », reconnut Lucius, la voix traînante.

Harry fronça les sourcils de confusion, ne comprenant pas pourquoi Lucius semblait satisfait de son attitude.

« Pourquoi tout le monde a l'air content que je sois de mauvaise humeur ? demanda-t-il plaintivement. Et surtout, je ne comprends pas pourquoi Narcissa et Draco ne sont pas en colère contre moi. »

Draco appuya sa tête contre celle de son petit ami.

« Je ne suis pas en colère contre toi, dit-il doucement. J'ai été un peu choqué quand Père m'a raconté ce qui s'est passé, mais je suis surtout inquiet quant à la façon dont tu vas gérer ça.
— Harry, ma sœur était folle, dit tristement Narcissa. J'ai fait le deuil de la sœur que j'ai aimée il y a longtemps de cela. Je ne peux pas dire que je suis heureuse de savoir qu'elle est morte, mais je suis... soulagée que ce soit fini. Elle ne pourra plus se faire du mal ni en faire à d'autres personnes. Le sentiment de perte aurait été bien plus profond si elle était parvenue à te tuer. »

Harry inclina la tête quand Draco le serra étroitement, à lui en faire mal.

« Draco, mes côtes sont douloureuses, murmura-t-il en protestation.
— Cette chienne a mérité de mourir, marmonna Draco avec colère, mais il relâcha sa prise.
— Harry, regrettez-vous de l'avoir tuée ? demanda Lucius abruptement.
— Non, admit celui-ci avec réticence. Je suis choqué de l'avoir vraiment fait, et j'étais inquiet que Draco et Narcissa me haïssent pour avoir tué un membre de leur famille... mais je ne le regrette pas.
— Êtes-vous également inquiet de devenir un Mage Noir ? »

Harry regarda Lucius, se demandant s'il pensait que c'était une réelle possibilité, mais seul un visage sans expression lui faisait face.

« Non, pas vraiment, répondit-il tout bas. Je reconnais que j'en ai le potentiel, littéralement, à cause de la magie de Voldemort, mais je ne serai jamais un Mage Noir. J'ai tué pour sauver des vies, pas pour y mettre fin. »

Il secoua la tête de confusion.

« Ce n'est pas sorti correctement. »

Lucius eut un sourire narquois.

« Non, loin de là, mais je comprends ce que vous essayiez de dire. Et oui, j'estime que vous avez raison. »

Son regard redevint solennel :

« Harry, ce jour vous hantera probablement, d'une façon ou d'une autre, pour le reste de votre vie. S'il menace de vous submerger, je veux que vous vous souveniez de ce que vous venez juste de dire. Vous avez tué pour sauver des vies. Croyez fermement au fait que vous avez fait ce qui était le mieux pour tout le monde, en dépit de combien cela a été difficile pour vous, personnellement. »

Ils levèrent les yeux quand la porte s'ouvrit sur Remus et Severus. Harry examina minutieusement ce dernier alors qu'il s'asseyait avec précaution au bord du lit. Mis à part le fait qu'il semblait extrêmement exténué, il avait l'air de plutôt bien aller.

« Dois-je deviner de part ton examen silencieux que tu te sens plus calme, maintenant ? demanda Severus, s'exprimant avec largement plus de lassitude que de sarcasme.
— Euh, ouais. Lucius dit que physiquement, je suis presque guéri du choc et de tout le reste. Je reconnais que, quelles que soient les potions que vous lui avez données pour
soulager ma gorge, celles-ci ont marché. J'essaie maintenant de tout ignorer mentalement pour ne pas devenir fou. »

Les lèvres de Severus s'étirèrent en un sourire fatigué.

« Tu n'ignores pas plus que moi tout cela, dit-il. Je dirais que le gamin insolent est revenu.
— Ah, fit ce dernier dans une soudaine compréhension. C'est pour ça que tout le monde est content de me voir de mauvaise humeur – parce que c'est normal. C'est fantastique de voir que tout le monde a une si haute opinion de moi », ajouta-t-il sarcastique.

Il croisa les bras et fit la moue quand tout ce qu'il reçut fut des rictus et des sourires au lieu d'une dénégation générale.

« C'est à cette résistance-là que je faisais référence, dit Lucius pince-sans-rire. Mieux vaut vous voir de mauvaise humeur et boudeur que cédant à la pression extrême qui s'alourdit de plus en plus au fil du temps.
— Ouais, bon, je n'ai pas le luxe de céder à la pression maintenant », dit Harry sombrement, concentrant de nouveau son attention sur Severus.

Severus inclina la tête pour signifier son accord.

« Tu as tout vu », déclara-t-il plus qu'il ne demanda.

Les mains de Harry se dirigèrent de leur propre chef vers ses tempes, mais Draco les attrapa avec les siennes, entrelaçant de nouveau leurs doigts. Harry observa leurs mains pendant quelques secondes alors qu'il essayait de déterminer par où commencer.

« Je reconnais que la combinaison de la commotion, du Sommeil sans Rêve, et de mon état d'esprit n'était pas vraiment bonne, dit-il faiblement. Ajoutons à ça la fureur extrême de Voldemort, et j'ai été aspiré par le lien presque immédiatement. Il était tellement furieux qu'il n'a même pas remarqué que j'étais là-bas pendant un long moment. Il a été incapable de m'atteindre pendant si longtemps qu'il ne s'y attendait pas, et il était plutôt aveugle à tout. Ce n'est certainement pas la première fois que j'ai accès à son esprit sans qu'il ne le sache. »

Il secoua la tête.

« Non, je n'ai pas tout vu. Nous avons été dans le Ministère pendant... bon, je ne sais pas combien de temps nous sommes restés là-bas, mais ça a duré suffisamment longtemps pour que Voldemort inflige la plupart de ses punitions à ses fidèles. Plutôt stupide de sa part, étant donné qu'ils auront tous besoin de quelques jours pour se rétablir avant de pouvoir exécuter ses ordres.
— Effectivement, dit sèchement Severus. Il en est parfaitement conscient, mais il s'en fiche. »

Harry hocha la tête d'un air absent.

« De son point de vue, les punitions étaient méritées. J'étais là pour le voir – il déglutit difficilement – vous torturer. J'ai pensé que j'allais vous tuer, et il n'y avait rien que je puisse faire.
— Tu as pensé que tu allais me tuer ? demanda Severus, remarquant l'usage du pronom.
— Quand j'ai des visions, je vois tout de son point de vue, expliqua Harry. Ou de celui de Nagini, ajouta-t-il.
— Arthur, murmura Severus, indiquant sa compréhension.
— Ouais, c'est comme ça que j'ai su, répondit faiblement Harry. J'ai eu l'impression d'avoir été celui qui avait attaqué M. Weasley. Et ce soir... »

Il ne termina pas sa phrase, mais tout le monde comprit qu'il s'était senti comme s'il avait été celui qui punissait Severus.

Le silence plombait l'air, mais personne ne l'interrompit quand la voix de Harry ne fut plus qu'un murmure :

« D'une certaine façon – et je ne comprends pas vraiment comment, considérant que j'étais déjà dans sa tête – j'étais encore capable d'ériger la plupart de mes défenses d'Occlumancie. Vous en enduriez déjà tellement. Je savais que vous alliez être furieux si j'avais laissé Voldemort avoir accès à mon esprit. Et je savais que s'il l'avait fait –
— Je serais mort », termina faiblement Severus.

Harry, qui secouait la tête, lui fit un hochement de tête saccadé.

« Oui, dit-il misérablement. Il vous a finalement laissé seul pendant un petit moment pour que vous récupériez suffisamment afin qu'il puisse vous donner ses ordres. Pendant qu'il attendait, il a renvoyé tous les autres, après leur avoir ordonné de revenir dans une semaine. C'est à ce moment-là qu'il a décidé que vous vous étiez suffisamment remis, et il vous a donné ses ordres. »

Il leva les yeux pour rencontrer le regard calme de Severus.

« Nous parlerons des ordres et des plans que nous avons besoin d'établir plus tard, dit calmement Severus. J'ai besoin de savoir quand exactement il s'est rendu compte de ta présence.
— Il vous a envoyé chercher quelques potions avant qu'il ne vous renvoie, reprit Harry. Il commençait à finalement se calmer, et je savais qu'il allait probablement me découvrir. Je ne pouvais pas le laisser savoir que j'avais entendu ses ordres. Et je ne pouvais pas partir, alors je l'ai, euh, en quelque sorte provoqué, grimaça-t-il.
— Tu l'as délibérément provoqué pendant que tu étais dans son esprit ? questionna Severus.
— Je ne savais pas quoi faire d'autre, répondit Harry, sur la défensive. J'étais piégé et il allait savoir que j'étais là. Je ne pouvais pas le laisser savoir que j'avais entendu ses plans.
— Qu'est-ce que tu as fait ? gronda Severus.
— Je ne sais pas ! s'exclama Harry. Je l'ai juste harcelé, ou quelque chose comme ça. Quelque chose du genre 'Hé, je viens soudainement d'atterrir dans ton putain d'esprit'. Quel que soit ce que j'ai fait, ça a marché et il n'a pas réalisé que j'avais été là depuis un long moment. »

Harry était dans la ligne de mire de l'un des regards meurtriers de Severus, et il n'aimait pas ça.

« Potter, tu es un gamin stupide, dit Severus avec colère. Explique-moi exactement ce qu'il s'est passé.
— Ce qu'il s'est passé est que Voldemort forçait les barrières de mon putain d'esprit et que je lui ai donné la putain de Prophétie, dit froidement Harry. La découverte l'a rendu extatique et il n'a pas cherché plus loin. Il s'est arrangé pour faire rejouer devant mes yeux chacun de mes pires cauchemars qu'il connaissait, jusqu'à ce que vous veniez et que vous m'en sortiez.
— Tu lui as donné la Prophétie ? demanda dangereusement Severus.
— Oui, dit Harry tout en le regardant. Il est plutôt heureux de savoir qu'il peut en fait me tuer, et il n'a pas de raison de se retenir. Il trouve l'interprétation qu'a faite Dumbledore de la Prophétie extrêmement comique. Il a ricané avec joie pendant qu'il rejouait pour moi sa mort. Il s'est vanté de me montrer comment il comptait me torturer avant de me tuer.
— Et tu as pensé qu'il était sage de lui donner cette information, cracha Severus.
— Allez vous faire foutre ! cria furieusement Harry. Je sais que ma vie est mise en danger en lui donnant cette information. Putain, je sais que les vies de tout le monde sont en danger en lui donnant cette information. Le plus important est que je ne lui ai pas permis de savoir que sa putain de vie est en danger. Il n'a aucune idée de combien il est proche d'être vaincu pour toujours. »

Il souffla de colère.

« Je n'en ai pas tellement révélé parce que tout le monde dans le foutu Monde Magique sait déjà qu'il en a après moi. J'ai gardé Victoria en sécurité. Je n'ai rien dit ni sur Draco, ni sur vous ou sur n'importe qui d'autre. Je n'ai rien dit sur ce que j'ai fait dernièrement. Tout ce qui est arrivé est que mon bluff a marché, et je suis de retour à la case où je me trouvais une semaine plus tôt. Je suis de retour au point où il croit que je n'ai aucun pouvoir de plus que lui. »

Ses yeux se plissèrent dangereusement.

« Et c'est sa putain d'erreur, dit-il. Appelez-moi stupide, gamin arrogant ou tout ce que vous voulez, mais je vais tuer ce bâtard dans une semaine. »

Le visage de Severus passa lentement d'une extrême fureur à la plus intense satisfaction. Il se leva et se mit à observer Harry pendant une longue minute.

« Dors, ordonna-t-il finalement. Tu auras besoin d'avoir l'esprit clair en prévision de tous les plans que nous devrons élaborer demain. »

Sur ces dernières paroles, il sortit de la chambre, prenant Remus, Narcissa et Lucius avec lui. Harry se contenta de regarder la porte fermée avec des yeux vides. Ils n'avaient pas parlé des plans de Voldemort ou de tout ce qu'il avait appris pendant qu'il était dans l'esprit du Mage Noir. Cela ne ressemblait pas à Severus d'attendre le lendemain.

C'est alors qu'il se remémora ce qu'il avait vu. Severus avait besoin de sommeil encore bien plus que lui.

« Putain, Harry, souffla Draco. Et dire que les gens pensent que je suis celui qui est dangereux. »

Harry se retourna jusqu'à ce qui soit à genoux sur le lit, en face de Draco et complètement inconscient de l'image qu'il donnait. Son expression était dure et ses yeux brillaient de détermination. Sa poitrine nue se soulevait toujours suite à son bref éclat. Tout ce qu'il vit fut les yeux élargis du blond et sa langue qui pointa d'entre ses dents pour lécher ses lèvres.

Harry plissa les yeux.

« Tu penses que je suis dangereux ? demanda-t-il d'une voix basse.
— Je sais que tu es dangereux, rétorqua Draco – il lui envoya un sourire rusé – et je pense que tu as besoin de détourner un peu de cette énergie accumulée à l'intérieur de toi, tout de suite. »

Harry gémit, sa colère se transformant rapidement en excitation.

« Draco, je ne sais pas si c'est vraiment le bon moment. »

Sa protestation sonna faible à ses propres oreilles. Draco ne le crut d'ailleurs clairement pas, car ses paupières se baissèrent et son regard devint sensuel.

« Je pense que c'est le moment parfait pour toi de me baiser... », dit-il séducteur.

Il n'y avait pas moyen que Harry puisse résister à l'évidente invitation. Il poussa Draco sur le dos, s'allongeant sur lui. Sa colère persistante était évidente dans son baiser brutal alors qu'il ravissait la bouche de son petit ami avec avidité, mais ce dernier n'eut pas l'air de s'en formaliser. Le blond ouvrit simplement la bouche, sa langue rencontrant celle de Harry à mi-chemin.

Harry ne pouvait en avoir assez de lui et il passa à l'étendue pâle de son cou, suçant avidement. Les gémissements de Draco le propulsaient dans un tourbillon de plaisirs. Il était dur et douloureux. Il avait désespérément besoin de plus, aussi prenait-il ce que Draco lui offrait en toute liberté. Il enleva simplement leurs bas de pyjama avant de revenir se positionner fermement contre le corps du blond.

Il n'y avait pas de tendresse, pas de finesse, tandis que ses mains glissaient sur chaque parcelle de la peau de Draco qu'il pouvait atteindre. Il serra son biceps, sentant la force des muscles durs, pendant que ses dents mordillaient la joncture entre son cou et son épaule.

« Harry, le supplia Draco en l'encourageant, tandis qu'il cherchait plus de frictions avec ses hanches.
— Arrête de bouger », siffla Harry, ses mains glissant en bas pour se poser sur ses hanches et les planquant fermement contre le lit.

Il lécha le sexe dur de Draco sur toute la longueur.

« Putain, jura celui-ci avec révérence.
— C'est exactement ce que je m'apprête à te faire (1) », l'informa Harry.

Il lapa le liquide pré-séminal qui s'était écoulé, plongeant sa langue dans la fente, avant de se redresser pour jeter un Accio sur le lubrifiant.

Draco gémit de frustration, mais ses yeux se concentrèrent sur Harry qui savourait son goût tandis qu'il s'évertuait à ouvrir le petit pot.

« Relève tes jambes », ordonna Harry, plongeant ses doigts dedans.

Il fut celui qui gémit lorsque Draco s'exécuta, écartant ses jambes et les ramenant vers sa poitrine. Il était largement ouvert pour Harry et celui-ci fut momentanément subjugué par la vue. Son sexe dur était rouge et ramené presque parallèlement à son ventre, ses testicules tirées fortement vers les boucles blondes, son entrée apparaissant entre ses fesses écartées.

« Oh mon Dieu, Draco, gémit Harry. Tu es incroyablement chaud.
— Touche-moi, bordel », dit Draco avec impatience, la voix haletante et suppliante.

Harry se remit en action, ses doigts glissants explorant rapidement l'entrée de Draco, son autre main glissant avec révérence sur sa cuisse, tandis qu'il tentait de reprendre un peu le contrôle. Qu'il soit damné s'il lui faisait mal, mais, alors qu'il poussait ses doigts au-delà de cet étroit anneau de muscles pour en sentir la chaleur, il dut combattre sa forte envie d'enfoncer son sexe douloureux à la place.

Le dos de Draco s'arqua et il poussa un cri de félicité quand Harry trouva son point sensible. Celui-ci scruta son visage tandis qu'il ajoutait rapidement un troisième doigt. Ses traits étaient crispés dans une expression de plaisir extrême et le brun ne put se retenir plus longtemps. Il ne pensait pas que Draco allait tenir plus longtemps et il était déterminé à être en lui avant que l'un d'eux ne jouisse. Il enleva ses doigts et tenta d'ignorer le cri plaintif et empreint de déception que poussa son petit ami, tandis qu'il enduisait rapidement son sexe de lubrifiant.

Harry se positionna, et avec l'extrémité de sa verge posée contre l'entrée de Draco, il prit une profonde inspiration avant de pousser vers l'avant. La chaleur enveloppa instantanément son sexe serré à l'intérieur. Il respirait par le nez en de brèves et fortes bouffées d'air.

« Draco, je ne peux – »

Draco répondit par une forte poussée vers lui, l'enfonçant efficacement en lui et les faisant tous les deux crier. Harry n'avait aucune d'idée de comment il était parvenu à ne pas jouir au moment où les fesses de Draco stoppèrent son sexe. Avec ses bras passés sous les genoux du blond, ses mains trouvèrent un chemin vers l'intérieur de ses cuisses et s'y accrocha fermement.

Respire, respire, respire. Il se rappela encore et encore de respirer tandis que son amant se relaxait lentement. Il réalisa graduellement que ses yeux étaient hermétiquement fermés et il les rouvrit lentement. Ceux à demi fermés de Draco le regardaient, attentifs et anticipatifs.

« Je vais te baiser maintenant », dit Harry, se surprenant lui-même en remarquant que sa voix était étonnamment calme.

Draco hocha simplement la tête.

Harry se retira légèrement avant de s'enfoncer de nouveau, envoyant une vague de chaleur se répandre dans son aine. Les décharges de plaisir n'eurent pas la chance de se transformer en quelque chose de plus doux que déjà il commençait à donner de violentes poussées.

« Touche-toi », haleta Harry.

Draco gémit, sa main empoignant fermement son sexe et commençant à se caresser avec le même rythme rapide qui lui était imposé. Harry n'avait même pas tenté de compter, mais il savait qu'il ne pouvait avoir fait plus de quelques mouvements avant que le sexe de Draco n'envoie de longues giclées de sperme et que son entrée ne pulse autour du sien. Harry s'enfonça profondément une dernière fois avant que son orgasme ne le terrasse. Ses hanches tremblèrent contre les fesses du blond jusqu'à ce qu'il soit finalement vidé.

Respirant fortement, il posa les jambes de Draco à ses côtés. La tête inclinée, il regarda son sexe glisser de son entrée tandis qu'il éloignait ses hanches.

« Harry ? »

Harry releva lentement la tête pour rencontrer le regard de Draco.

« Tu auras mal demain, dit-il.
— Mmhmm, murmura Draco avec appréciation. Maintenant nettoie-nous et viens ici. Je commence à avoir froid. »

Harry se détendit et sourit légèrement avant de faire comme le lui avait ordonné son petit ami. Il alla se blottir contre lui, son dos contre son torse et les bras de Draco le tenant près de lui.

« Tu te sens mieux ? demanda doucement Draco.
— Oui, beaucoup mieux », répondit-il.

Harry trouva la main de Draco contre son ventre et la ramena vers sa poitrine, entrelaçant leurs doigts.

« Je t'aime, Draco, murmura-t-il.
— Je t'aime aussi, Harry », souffla Draco contre son cou, l'enlaçant un peu plus étroitement.


Draco s'endormit rapidement, sexuellement rassasié, mais Harry se trouva incapable de trouver le sommeil. Il était certainement suffisamment fatigué, mais il avait l'impression que, quelle que soit la potion qu'on lui avait donnée pour le tirer du Sommeil sans Rêve, celle-ci faisait toujours effet. Et il n'allait pas en demander une autre.

Il sortit hors du lit, mit son bas de pyjama et descendit à l'étage en-dessous, se dirigeant vers la nursery. Il voulait voir Victoria. Victoria Potter. Juste pour s'assurer de lui-même qu'elle allait bien.

Debout près de son berceau, il écarta gentiment des mèches de cheveux de son visage. Elle ressemblait tellement à Draco dans l'ensemble, mais de loin ses cheveux, ses cheveux noirs, ressemblaient plus à ceux de Harry qu'à ceux du blond. Dans son sommeil, ils étaient tout ébouriffés sur sa tête, allant dans tous les sens. Il savait qu'une fois le jour levé, Narcissa ou Winky ajouteraient probablement quelques petits rubans à ses cheveux, et ils seraient jolis et bien arrangés. Au moins pour un moment.

Cependant, la regardant comme elle l'était, il pouvait la voir comme une enfant Potter. Il soupira lourdement. Ce n'était pas une bonne chose.

Il se tourna vers sa garde-robe et se mit en quête du petit pyjama bleu, qu'il trouva facilement. Prenant également la couverture rouge et or de Quidditch posée sur l'étagère, Harry les porta jusqu'au rocking-chair. Il s'assit, frottant le doux tissu entre ses doigts.

Assis dans la chambre silencieuse, perdu dans ses pensées, il fut surpris quand Lucius y entra. Cependant, celui-ci ne parut pas surpris de le voir. Il conjura simplement une autre chaise et s'y assit sans dire un mot.

Ce n'était pas un silence confortable. Harry se sentait plutôt stupide d'être assis là, une couverture de bébé entre les mains. Sans bébé. Sans parler du pyjama.

Il ne voulait pas parler à Lucius. Il ne voulait pas partir, non plus. Cependant, plus ils restaient assis là, et plus il se sentait agité.

« Vous disposez probablement d'une bonne heure avant que les effets de la potion ne se dissipent suffisamment pour vous permettre de dormir. »

Harry sursauta au son de sa voix et lui envoya un regard meurtrier. L'homme était positivement ravi de le déstabiliser. Excepté... qu'il ne semblait pas amusé. Les traits de Lucius étaient plutôt neutres.

« Êtes-vous préoccupé par quelque chose qui ne peut attendre jusqu'au matin ? » demanda Lucius.

Harry évita son regard, seulement pour réaliser qu'il s'était mis inconsciemment à caresser la douce couverture.

« Pourquoi est-ce que je n'ai que vous à qui parler ? demanda-t-il avec pétulance.
— Parce que tout le monde dort, répondit calmement Lucius. Si vous le désirez, je suis sûr que vous pourriez réveiller n'importe qui d'autre à qui vous aimeriez parler. »

Harry souffla de contrariété. Il ne voulait réveiller personne et Lucius en était parfaitement conscient.

« Pourquoi êtes-vous gentil avec moi, aujourd'hui ? » laissa-t-il échapper.

La question ramena le sourire narquois de Lucius.

« Je ne fais rien de gentil », répondit-il d'une voix traînante.

Harry roula des yeux.

« Alors, pourquoi êtes-vous un peu moins d'un bâtard ? » demanda-t-il, reformulant sa question.

Lucius retrouva son sérieux alors que son regard se tournait vers Victoria, qui dormait paisiblement.

« J'ai mes motivations.
— Oui, je sais », dit Harry, un brin d'impatience dans la voix.

Il savait que Lucius se comportait avec civilité à cause de Victoria et de Draco, mais il semblait être allé plus loin que ça. Il sentit le sang lui monter aux joues, se remémorant qu'il s'était en fait assis sur ses genoux. Il avait du mal à croire que cela avait été lui dans cette situation-là, sans parler de Lucius. Au moins avait-il l'excuse d'un état de santé particulier. Quelle était l'excuse de l'adulte ?

« Je vous dois une énorme dette, Harry Potter, dit Lucius. Il y a seulement quelques jours, j'étais dans une cellule de prison, n'ayant aucun espoir de m'en sortir. Maintenant, je suis ici, avec ma famille. Ce n'est pas quelque chose que je prends à la légère. »

Il fit une pause et se fit pensif.

« Vous m'avez traité avec courtoisie, si ce n'est pas exactement du respect, à l'un des croisements les plus difficiles de ma vie. Je suis capable de vous traiter de la même manière. »

Harry poussa avec ses orteils contre le sol, mettant le rocking-chair en mouvement tandis qu'il méditait sur ces dernières paroles. Peut-être que ce n'était pas de la gentillesse, après tout. S'il avait bien compris, c'était un truc de bonnes manières – un code d'honneur qui avait tenu la langue de Lucius en place. Il ne put s'empêcher de se demander si ce code d'honneur tiendrait bon s'il n'avait pas autant à perdre. Il avait besoin de Harry maintenant si jamais il devait obtenir un jour la chance d'être réhabilité dans la société.

Croisements difficiles.

Harry devait admettre que c'était une expression appropriée. La journée avait été un sacré croisement de chemins pour lui. Ce n'était pas tous les jours qu'il tuait des gens ou choisissait une date pour tuer le Lord Noir. Le 3 Août serait retenu dans l'Histoire comme étant le jour de la Bataille au Ministère. Le 10 Août entrerait heureusement dans l'Histoire comme étant le jour où Voldemort aurait été vaincu.

Il frissonna tandis qu'il observait le petit pyjama.

Et il serait vaincu définitivement. Harry n'était pas un bébé innocent, cette fois.

« Vous vous êtes enquis de Victoria quand vous vous êtes réveillé pour la première fois, commenta Lucius.
— Je ne pensais pas de façon rationnelle et j'étais inquiet pour elle, admit faiblement Harry.
— Et maintenant que vous pensez rationnellement ? » demanda Lucius avec perspicacité.

Harry le regarda sombrement, mais ne répondit pas à la question.

« Je sais pourquoi Voldemort a attaqué le Ministère, dit-il à la place.
— Pour le pouvoir et pour le contrôle, dit Lucius. Le savoir est synonyme de pouvoir et il y a un grand nombre d'informations au Ministère. »

Les mains de Harry se crispèrent sur le doux tissu.

« Oui, approuva-t-il.
— Qu'est-ce que cela a à voir avec Victoria ? demanda Lucius, le ton un peu plus ferme qu'il ne l'avait été.
— Il n'y a rien de mieux qu'un enfant Potter pour inciter Voldemort à tuer des gens », dit Harry, une profonde amertume dans la voix.

Le sourcil arqué de Lucius fut la seule réponse qu'il reçut.

« Bien que je sache que cela vous peine, Lucius, du point de vue du Ministère, Victoria est une enfant Potter.
— Êtes-vous en train de suggérer que l'attaque avait quelque chose à voir avec Victoria ? demanda Lucius.
— Cela avait tout à voir avec elle, répondit catégoriquement Harry. Voldemort a peur d'elle. »

Cette fois-ci, ce furent les deux sourcils de Lucius qui se levèrent. Harry fut vaguement satisfait de constater qu'il pouvait lui aussi le déstabiliser.

« Potter, vous dites n'importe quoi.
— Ça n'a aucun rapport avec moi disant n'importe quoi ou non, dit Harry avec irritation. Ceci est la manière tordue de Voldemort de voir les choses. »

La mâchoire serrée, Lucius ferma brièvement les yeux.

« Peut-être voudriez-vous expliquer vos dires, alors », dit-il.

Harry eut un sourire fugace. Il y avait quelque chose de rassurant avec Lucius perdant patience avec lui – quand il reprenait le dessus.

Ils levèrent les yeux vers la porte ouverte. Draco était debout sur le pas, de l'inquiétude transparaissant sur son visage. Mais celle-ci fut éclipsée par la circonspection quand il assimila la présence de son père.

Harry glapit d'indignation tandis que le rocking-chair commençait à se transformer alors qu'il y était toujours assis. Souriant avec amusement, Lucius fit signe à son fils de les rejoindre. Draco traversa la chambre et s'assit auprès de son petit ami, maintenant que le rocking-chair était suffisamment large pour eux deux. Cependant, il ne semblait pas à l'aise d'être assis en pyjama pour une réunion impromptue avec son père, bien qu'il fût presque minuit.

« Tu me cherchais ? » demanda doucement Harry.

Draco hocha la tête, mais son regard était rivé sur la couverture de Quidditch et le pyjama qui étaient toujours sur les genoux de son petit ami. S'il avait su que quelqu'un d'autre allait venir dans la nursery, il ne les aurait pas sortis.

« Je ne, euh, pouvais pas dormir à cause des potions, marmonna Harry.
— Pourquoi tes affaires, Harry ? » demanda doucement Draco, passant la main sur la couverture.

Harry regarda Lucius, qui attendait son explication. Il pourrait attendre qu'il réponde d'abord à la question de Draco.

« Parce que j'étais en train de penser à combien la vie de Victoria ressemble à la mienne, admit Harry. Je veux dire, ce n'est pas réellement vrai, parce qu'elle a la chance d'être une Malfoy. »

Il fit une pause, plissant le nez.

« Je n'avais jamais pensé qu'être un Malfoy pouvait être un chance », murmura-t-il d'un ton absent.

Il retraça du doigt un des Vifs d'Or représentés sur la couverture.

« J'ai pensé que c'était une orpheline quand tu es venu pour la première fois avec elle. Elle était juste une petite chose, laissée aux Dursley, comme moi. »

Il hésita.

« J'ai pensé que c'était là que s'arrêtait la ressemblance. Enfin, sauf pour ses pauvres cheveux. »

Draco laissa échapper un léger rire, regardant Victoria.

« Sa mère avait des cheveux longs et lisses. Comment elle a fini avec tes cheveux, je n'en ai aucune idée. »

Harry sourit faiblement.

« Ta mère va les rendre beaux demain matin, et heureusement pour elle ils n'ont pas encore poussé », dit-il.

Son sourire se fana.

« Même si, pour l'instant, et d'une certaine manière, elle me ressemble un peu.
— Pourquoi est-ce que c'est soudainement une mauvaise chose ? » demanda Draco, fronçant les sourcils.

Harry regarda Lucius, qui hocha une fois la tête en signe d'encouragement. Merlin, Harry ne voulait pas le dire à Draco. Il ne se souciait pas particulièrement de ce que pensait Lucius, mais il était inquiet de la réaction de son petit ami.

« Voldemort la veut morte parce que c'est une enfant Potter, dit Harry avec lassitude.
— Il a su à propos d'elle ? » demanda Draco, alarmé.

Harry déglutit difficilement et hocha la tête.

« Oui, admit-il. Quand Scrimgeour a déposé les papiers, je savais qu'il y avait une possibilité pour que tout le monde le découvre et que cela arrive aux oreilles de Voldemort.
— Mais tout le monde ne l'a pas découvert, protesta Draco.
— Non, mais nous ne nous sommes pas encore débarrassés de tous les espions au Ministère. Quelqu'un a dû tomber sur les papiers de Victoria et faire parvenir l'information à Voldemort un peu plus tôt dans la semaine. Ils se sont probablement accrochés à cette information pendant un moment, mais ont paniqué quand Scrimgeour s'est mis à nettoyer le Ministère de certains employés. Ils sont morts, maintenant », ajouta-t-il impudemment.

Il fit une pause, essayant de rassembler ses pensées désordonnées.

« Voldemort n'a pas bien pris la nouvelle, particulièrement après que je me sois moqué de lui à propos de la Prophétie, quelques jours auparavant. J'ai eu un aperçu de son esprit plus tôt. Il... le pouvoir est sa priorité. De son point de vue, je suis la seule chose qui reste en travers de sa route. Il a ajouté Victoria à sa liste d'obstacles cette semaine.
— Le Lord Noir a considéré une enfant, supposément de vous, comme étant une menace, clarifia Lucius.
— Oui. Je savais que s'il apprenait son existence, il voudrait la tuer. Étant proche de moi, tout ça », ajouta Harry amèrement.

Il secoua la tête :

« Je ne pensais pas qu'il la considérerait comme une menace réelle, mais il l'a fait. Obtenir le contrôle du Ministère était juste un autre avantage à son attaque d'aujourd'hui. Son réel but était l'espoir de rassembler plus d'informations sur Victoria. Mais il voulait que personne ne sache à propos de ça. Pas même Severus.
— À cause de ce qu'il lui était arrivé quand vous étiez bébé », dit Lucius.

Harry hocha la tête, serrant la couverture un peu plus étroitement contre lui.

« Il voulait des informations. Pour les rassembler lui-même, il avait besoin d'avoir un libre accès au Ministère. C'est pour ça qu'il a choisi d'attaquer là-bas au lieu du village de Pré-Au-Lard, comme je m'y serais plutôt attendu. »

Draco inspira profondément par le nez.

« Alors, au point où nous en sommes, Victoria est autant considérée comme une menace que toi. »

Harry hocha la tête.

« C'est juste un bébé ! » s'exclama Draco.

Harry lissa le petit pyjama sur ses genoux.

« Ce n'est pas la première fois qu'il prend un bébé pour cible », dit-il doucement.

Draco darda les yeux vers la cicatrice de Harry.

« Mais, ce n'est pas juste », dit-il d'un ton sec.

Harry rit durement.

« Rien n'est juste à propos de ça, Draco. Voldemort sera mort dans une semaine parce que je ne le laisserai pas faire du mal à Victoria.
— Victoria est en sécurité ici, fit calmement remarquer Lucius.
— Oui, approuva Harry. Et, à vrai dire, elle n'est pas vraiment considérée comme une grande menace, maintenant.
— Qu'as-tu fait, Harry ? demanda Draco avec suspicion.
— J'ai risqué la vie de tout le monde pour garder Victoria en sécurité, dit Harry d'une voix atone.
— Expliquez-vous, dit Lucius, les yeux plissés.
— Je devais donner quelque chose à Voldemort. Une des raisons pour lesquelles je lui ai donné la Prophétie était que je devais lui prouver que ça n'avait rien à voir avec Victoria. Il a toujours su que j'étais une sorte de menace pour lui. Il en était parvenu à la conclusion que mon enfant secret avait quelque chose à voir avec la Prophétie. »

Harry regarda Draco :

« Comme je l'ai déjà dit à ton père, il n'y a rien de mieux qu'un enfant Potter pour inciter Voldemort à tuer des gens.
— Est-ce que tu te sens coupable qu'il ait attaqué le Ministère ? » demanda brusquement Draco.

Harry hésita avant de secouer la tête avec lassitude :

« J'ai fait du mieux que je pouvais. Voldemort est fou et il n'y a rien que je puisse y faire. J'ai compris que ses attaques deviendraient plus grandes et plus dangereuses au fil du temps. Si ce n'était pas Victoria, c'aurait été une autre excuse.
— Sait-il maintenant que Victoria est une Malfoy ? » demanda Lucius.

Harry secoua la tête :

« Non, il pense toujours que c'est une Potter. S'il avait appris qu'elle était une Malfoy, il aurait su que j'avais aussi Draco et Narcissa avec moi – il frissonna – au point où nous en sommes, sa concentration est pleinement revenue vers moi, pas qu'elle ait jamais réellement dévié.
— Severus ne sera pas heureux d'apprendre que tu lui as menti, tout à l'heure, dit Draco.
— Je ne lui ai pas menti, dit Harry d'un ton sec. Severus le sait déjà.
— Il le sait ? demanda Draco, clignant de surprise.
— Il était toujours avec Voldemort, tu te souviens ? dit Harry. Voldemort venait juste d'apprendre que Victoria n'était pas une grande menace pour lui, comme il l'avait craint. Alors il n'a pas hésité à partager l'information et d'en rire avec Severus.
— Le Lord Noir vous a juste encore plus motivé pour le tuer, n'est-ce pas ? dit Lucius.
— Comme si j'avais besoin de plus de motivation », marmonna Harry, mais il acquiesça.

Lucius se leva abruptement.

« Ce n'est pas le moment d'échafauder des plans pour cette semaine. Vous devez tous les deux aller dormir, commanda-t-il. Cette potion devrait se dissiper rapidement.
— Oui, Père », murmura Draco.

Lucius sortit de la chambre et Draco tira son petit ami à lui. Ils se balancèrent en silence, regardant simplement Victoria dormir, jusqu'à ce que Harry commence à somnoler.

« Tu es en colère contre moi ? demanda celui-ci tandis qu'ils revenaient vers leur chambre.
— Harry, je n'ai jamais regretté de t'avoir amené Victoria au début de l'été et je ne vais pas commencer maintenant », dit Draco.


« Bonjour, Victoria, dit joyeusement Harry, soulevant la petit fille et la tenant près de lui.
— Dada, gazouilla-t-elle gaiement en retour, le faisant largement sourire de bonheur.
— Tu es plutôt passée sous le radar dernièrement, pas vrai (2) ? » dit-il, frottant son nez contre le sien.

Draco l'embrassa sur la joue, fit de même avec Harry, avant de prendre place à table.

« Qu'est-ce qu'un radar ? » demanda-t-il avec curiosité.

Remus gloussa à la vue de l'expression vide de Harry.

« Oui, Harry, qu'est-ce qu'un radar ? » répéta-t-il amusé.

Harry tira malicieusement la langue en direction de Remus, tandis qu'il installait Victoria sur sa chaise.

« Je ne sais pas ce qu'est un radar exactement. Je sais juste ce que veut dire l'expression, admit-il à Draco.
— Et donc, qu'est-ce que ça veut dire ? demanda Draco avec impatience.
— J'ai juste voulu dire que Victoria s'était plutôt fait ignorer. Avec tout le chaos de ces derniers temps – et elle en fait même partie maintenant – pourtant elle continue de vivre avec ses routines habituelles au dessus de tout ça », expliqua Harry.

Draco haussa un sourcil, indiquant son doute quant à l'intelligence de Harry, et ce dernier lui tira la langue à lui aussi.

« Et c'est supposé être celui qui sauvera le Monde Sorcier, dit Severus, sarcastique.
— A dire vrai, je suis reconnaissante qu'élever Draco m'ait préparée à ça, dit Narcissa avec amusement.
— Qu'est-ce que j'ai à voir avec tout ça ? demanda Draco avec indignation.
— Je pense tout de même qu'ils sont tous les deux plus difficiles que la plupart des autres adolescents, dit Lucius d'une voix traînante, ignorant son fils.
— Je n'aurais pas survécu à toutes ces années à Poudlard s'ils étaient tous aussi insupportables que ces deux là, ricana Severus.
— Hé ! protestèrent les garçons à l'unisson.
— J'ai seulement enseigné pendant un an, mais je reconnais qu'ils s'étaient plutôt démarqués des autres élèves, approuva Remus, les yeux plissés d'amusement.
— Tu as commencé ça, accusa Draco en regardant son petit ami.
— Moi ? s'exclama Harry. Mais je n'ai rien fait !
— Tu as dû faire quelque chose pour qu'ils nous déclarent les pires adolescents qui puissent exister, rétorqua Draco.
— Pas les pires, intervint Narcissa, souriant chaleureusement. Comme l'a récemment fait remarquer Severus, vous êtes simplement plus nerveux que les autres. Vos humeurs vont et viennent comme le vent. »

Draco souffla, croisant les bras sur sa poitrine.

« Merci de lui donner raison », ricana Harry.

Le blond ouvrit la bouche pour répondre mais la referma aussitôt, le regardant d'un air renfrogné.

Harry lui envoya un baiser aérien, riant quand il fit semblant de l'attraper et de le lui renvoyer.

« Garde tes satanés baisers, idiot », grommela-t-il, mais les coins de ses lèvres étaient relevés d'amusement.

Severus renifla de dégoût.

« Mangez, ordonna-t-il. Je m'attends à ce que vous redeveniez des adultes après le petit-déjeuner. »

Harry grimaça au rappel à l'ordre et se calma aussitôt. Severus avait raison. Ils avaient bien trop de choses à faire pour perdre du temps à plaisanter. Il laissa Draco nourrir Victoria, se perdant rapidement dans ses pensées tandis qu'il mangeait avec automatisme.

« J'en viens à regretter la bonne humeur de tout à l'heure », commenta Remus, brisant le silence qui s'était abattu sur la table.

Harry le regarda, avant de jeter un regard autour de lui. De toutes les personnes présentes, seule Victoria semblait apprécier le petit-déjeuner. Il haussa les épaules vers Remus avant de baisser les yeux sur son plat. Mais il avait terminé. Il ne pouvait pas manger davantage. Il repoussa sa chaise et sortit sans un mot.

Draco le rattrapa quand il se glissa dans le salon. Ses bras s'enroulèrent autour de sa taille alors qu'il se tenait debout en face de la fenêtre, regardant la rue en contrebas.

« Il pleut », dit faiblement Harry.

Draco posa le menton sur son épaule.

« C'est vrai », murmura-t-il.

Il fit une pause.

« Tu as vraiment l'intention de tuer Voldemort dans une semaine ?
— Oui. »

Ils restèrent debout en silence, même après que Severus, Remus, Lucius et Narcissa soient entrés dans la pièce et se soient assis, en attendant que leur session de planification commence.

Après plusieurs minutes, Severus prit finalement la parole :

« Peu importe à quel point tu aimerais éviter ça, nous devons dès maintenant mettre des plans en place.
— Je n'évite rien », dit calmement Harry.

Il se dégagea des bras de Draco et se retourna pour faire face aux adultes, son expression dure et déterminée.

« Je sais ce qui est en jeu, je sais ce qui a besoin d'être fait et je sais même très bien comment il faut s'y prendre. J'aurai juste besoin de la coopération de chacun, et il y a beaucoup de détails délicats à régler. »

Severus se pinça l'arête du nez.

« Des détails délicats, en effet, marmonna-t-il. Les Gryffondors n'ont aucun sens des détails délicats ou de subtilité. »

L'esprit d'une certaine manière allégé par le commentaire de Severus, Harry eut un sourire satisfait alors qu'il allait s'asseoir, tirant Draco avec lui.

« Voilà pourquoi je vous ai tous, fit-il remarquer.
— Les humeurs changent trop vite pour qu'on puisse suivre », marmonna Lucius.

Harry et Draco échangèrent des regards en grimaçant.

« Ne les encourage pas, Lucius, dit sèchement Severus. Ils ont été suffisamment difficiles à suivre ses derniers temps. Je ne doute pas qu'ils seront une force à ne pas sous-estimer, cette semaine. »

A suivre...


(1) : difficile de traduire le jeu de mot ici. A la base, Draco avait dit « fuck », ce qui explique la réponse un peu équivoque de Harry…
(2) : sur ce coup, j'ai été un peu obligée de faire une traduction littérale de l'expression, bien que ne l'ayant jamais entendue auparavant. Mais je crois qu'elle exprime la même chose, même en français.


Et voilà ! J'espère que ça vous a plu. Le chapitre arrive beaucoup plus tôt que prévu (pour ceux qui ne sont pas allés voir mon profil), je sais. J'espère que ça vous a fait plaisir ! A la base, je ne devais le traduire qu'après avoir passé mes examens, mais que voulez-vous, je n'ai pas pu résister ! Finalement, il suffisait juste de m'organiser un peu.

D'ailleurs, mes examens se sont bien passés, donc pas de souci de ce côté-là. Bon, encore faut-il connaître les résultats, mais je suis optimiste, et surtout, soulagée de m'être débarrassée de tout ce stress !

Concernant l'autre traduction de Secrets qu'avait commencée une autre traductrice avant moi, il n'y a pas de souci. J'ai contacté Insane-dumbass et elle m'a assurée que ça ne la dérangeait pas que je continue la traduction de mon côté.

Et en parlant de la traduction, j'en profite pour vous faire remarquer que j'ai décidé de poster la suite sur AO3 aussi, par mesure de précaution (lien dans mon profil). Dans le pire des cas (à savoir, la fic se fait supprimer parce que non conforme aux règlements du site, ce qui est presque synonyme de mon pire cauchemar), vous pourrez toujours continuer votre lecture là-bas.

Concernant les réponses aux reviews dans non enregistrés, vous pourrez les trouver dans mon forum (lien dans mon profil).

Voilà, je pense avoir tout dit. Je vous donne rendez-vous dans deux semaines (voire plus tôt), pour le prochain chapitre. Si tout se passe bien.

Sur ce !