Titre : Secrets
Auteur : Vorabiza
Traductrices : merryme (39 premiers chapitres), Althealine (à partir du chapitre 40)
Bêta : Mounette
Genre : Romance, Action, Aventure
Rating : M
Avertissement : Slash, HPDM, SSRL. Violence et lemons (mais pas dans ce chapitre)
Disclaimer : rien ne m'appartient, les personnages et l'univers sont à J. K. Rowling. L'histoire appartient à Vorabiza.
Crédits : ring, la jolie petite image de couverture, est à cosmos12399.
N.B. : et voilà la suite, qui arrive un peu en avance (ne vous y habituez pas trop, hein). Elle a bien failli tarder, étant donné que ce chapitre m'a donné du fil à retordre. D'ailleurs, je ne remercierai jamais assez Mounette pour son excellent travail ! Sans elle, ce chapitre ne serait pas ce qu'il est, et je ne l'aurais pas posté si tôt.
J'en profite aussi pour vous remercier, vous, pour vos reviews et vos encouragements. Je me répète sans doute, mais ça me fait toujours autant plaisir d'en recevoir. Surtout, continuez, c'est ce que je mange au petit-déjeuner (euh…).
Merci à J. Oswald et à Praxagora pour m'avoir fait remarquer ma petite erreur de traduction. C'est corrigé !
Les réponses aux reviews anonymes sont dans mon forum.
Voilà voilà, je ne vous retiens pas plus. Bonne lecture !
- Secrets -
Chapitre 42
« Alors, par où va-t-on commencer ? demanda Remus à voix basse.
— La mission de Severus », dit promptement Harry.
Severus hocha sèchement la tête.
« Les forces du Lord Noir ont été sévèrement amoindries hier, commença-t-il. Il ne s'est pas inquiété de la période de repos nécessaire après avoir puni les partisans qu'il lui restait, parce qu'il compte utiliser ce temps pour agrandir ses troupes. Ma mission cette semaine consiste à recruter, ou plutôt à forcer les Serpentards à rejoindre ses rangs.
— Blaise », réalisa Draco.
Harry hocha la tête et prit sa main dans la sienne, la serrant pour le rassurer.
Lucius fronçait les sourcils.
« J'ai cru comprendre que le Lord Noir avait assigné cette mission à toi seul, dit-il.
— En effet, approuva Severus.
— Si tu ne lui apportes pas de nouveaux partisans, il saura que tu ne lui es pas loyal », fit Lucius.
Son regard allait et venait alternativement entre Harry et Severus tandis qu'il continuait :
« Il préparera une initiation, pendant que Harry s'apprêtera à lui tendre un piège.
— Exactement, dit celui-ci. J'ai de toute façon l'intention de bientôt tuer ce bâtard et c'est une excellente opportunité. Il n'a plus autant de partisans en ce moment. Je ne veux pas perdre les gens qu'il essaie de ramener à sa cause, et nous ne pouvons pas nous permettre de compromettre la position de Severus. La meilleure façon de résoudre tout ça est de juste le tuer et d'en finir.
— Pourquoi est-ce que les autres ne t'aident pas, Severus ? » demanda Narcissa.
Severus échangea un regard avec Harry avant de répondre :
« Parce que les autres, une fois guéris, auront pour mission de chercher la moindre information concernant l'enfant de Harry, admit-il.
— Tu ne me l'as pas dit, accusa Draco en regardant son petit ami.
— Parce que ça n'a pas d'importance, dit Harry, sur la défensive. Victoria est en sécurité ici.
— J'ai déjà parlé avec Kingsley ce matin et il a mis en sécurité les papiers de Victoria, intervint Severus. Pas que ça importe beaucoup maintenant, mais ça restera tenu secret du public. Notre but était d'empêcher le Lord Noir de découvrir son origine aussi longtemps que possible. Au point où nous en sommes, il a appris tout ce qu'il avait à savoir du Ministère.
— Y a-t-il moyen qu'il puisse remonter jusqu'aux Malfoy par le biais de Victoria ? demanda Remus.
— Je me suis assuré qu'il continue à croire qu'elle est ma fille, répondit Harry.
— Et j'ai retiré tous les documents l'impliquant pendant qu'elle était sous la protection de sa mère », ajouta Narcissa.
Harry la regarda avec surprise.
« Je vous avais dit que ma femme était pleine de ressources », dit Lucius avec amusement, la voix traînante.
Harry lui jeta un rapide regard avant de revenir vers Narcissa, qui lui souriait.
« Pendant que Draco et toi étiez occupés à faire les courses au Chemin de Traverse, j'ai pu contacter quelques personnes au Ministère et obtenir l'acte de naissance de Victoria, expliqua-t-elle. Il n'y a actuellement plus aucun document concernant son existence, excepté ceux te désignant comme étant son parrain.
— Tu le savais ? demanda Harry à Draco.
— Non, admit ce dernier avec réticence tandis qu'il regardait son père. Mais j'aurais dû y penser...
— Tu aurais dû, approuva Lucius. Mais ta mère s'en est occupée, et nous leur avons jeté un sort d'Oubliettes. »
Il jeta un regard ironique à Harry.
« Bien sûr, mes contacts ne travaillent plus au Ministère. »
Harry ouvrit la bouche, la ferma, puis soupira de résignation. Il ne pouvait pas les blâmer d'enfreindre la loi alors qu'il le faisait régulièrement. Il avait impliqué deux Ministres, et il ne pouvait certainement pas reprocher à Narcissa d'effacer leurs traces.
« Criminels », dit-il à Narcissa, souriant piteusement.
Elle lui sourit en retour, hochant la tête.
« On doit se serrer les coudes », finit-elle.
Draco les regarda bizarrement, sachant qu'il y avait quelque chose derrière ce qu'ils avaient dit mais ne comprenant pas ce que c'était. Harry ne voulait toujours pas le lui expliquer. C'était seulement leur façon à lui et à Narcissa de dire qu'ils étaient une famille, aussi étrange soit-elle.
« Et donc, les autres Mangemorts nous laisseront le champ libre et partiront pour une chasse infructueuse, clarifia Remus dans une tentative de revenir vers le sujet.
— Oui, dit Severus. Le vrai problème est ce qu'on doit faire avec les Serpentards.
— Je croyais que Draco et Blaise avaient fait des plans pour quelque chose comme ça, intervint Harry.
— En effet, répondit Draco. Mais nous n'avions pas prévu que tu allais tendre un piège au Lord Noir en même temps.
— Je ne comprends pas en quoi c'est différent, admit le Gryffondor.
— Le plan était d'isoler toutes les familles, expliqua Severus. Je ne pense pas que ce soit nécessaire maintenant. Il serait extrêmement suspect que toutes les familles disparaissent, et nous n'avons pas besoin de prendre un tel risque. La seule préoccupation du Lord Noir, pour le moment, concerne mes élèves de sixième et septième année de l'année dernière.
— Pourquoi les veut-il, de toute façon ? demanda Harry. Ne serait-il pas plus logique de chercher des gens qui sont plus... expérimentés ?
— Ils sont impressionnables, dit sèchement Severus. Il peut tromper les plus jeunes et les modeler comme il le désire.
— Et une fois qu'il les a de son côté, il peut attirer les familles neutres, souligna Lucius. C'est une manière rapide pour lui de remplir à nouveau ses rangs. »
Harry regarda Draco, qui observait fixement le sol. Malheureusement, le plan de Voldemort commençait à avoir un certain sens.
« Un de nos plus gros problèmes concerne le fait que je sois le seul à être au courant de cette mission, dit Severus, regardant Harry d'un air pensif.
— Tout ceci repose sur ma capacité à le tuer samedi prochain », fit ce dernier.
Severus hocha la tête.
« Seras-tu prêt à temps ? » demanda Remus avec inquiétude.
Harry expira difficilement.
« Honnêtement ? Je ne sais pas si j'ai jamais été techniquement prêt pour quelque chose comme ça. Mais puisque je dois l'être, alors je le serai. Il y a des choses dont je dois m'occuper, mais je ne pense pas que ce sera très difficile à finir. Quand il sera temps, je dois juste m'assurer de tuer Nagini avant de le tuer lui.
— Et tu penses qu'il va juste rester là pendant que tu le fais ? » demanda Severus, sarcastique.
Harry ferma les yeux, se représentant le duel entre Voldemort et Dumbledore en cinquième année, et frissonna.
« Non, dit-il. J'ai vu Voldemort se battre en duel – il fronça les sourcils – en fait, maintenant que j'y pense, techniquement, j'ai déjà combattu en duel contre lui.
— Harry, j'en ai été témoin, et vous ne pouvez sûrement pas compter sur le fait que ça arrive encore », prévint Lucius.
Harry ouvrit les yeux et secoua la tête.
« Je n'y compte pas, admit-il – son froncement s'accentua – mais je reconnais que je devrais penser à une autre baguette. Est-ce que je peux utiliser une autre baguette ? »
Les adultes échangèrent des regards avant d'observer Harry et Draco pensivement.
« Draco, laisse Harry essayer ta baguette, dit Narcissa.
— Ma baguette ne va sûrement pas lui convenir », protesta le blond.
Néanmoins, il sortit sa baguette de sa poche et la tendit à Harry.
Harry l'accepta avec hésitation, sentant le bois chaud contre ses doigts. Il se sentit rassuré, ce n'était pas tellement différent de tenir sa propre baguette. Jetant un regard nerveux vers Draco, il pointa la baguette vers un livre posé sur une desserte.
« Accio livre. »
Le livre vola aisément et Draco l'attrapa en plein vol, fronçant les sourcils en direction de Harry.
« Fais quelque chose de plus difficile, commanda-t-il.
— Comme quoi ? » grimaça Harry.
C'était une affaire sérieuse et ce n'était vraiment pas le moment de penser à ce qu'il voudrait faire de plus difficile avec la baguette de son petit ami.
Ce dernier lui jeta un regard étrange avant de sourire narquoisement quand il comprit le cheminement de pensée de Harry.
« Connard, dit-il. Essaie juste de transformer la chaise, ou n'importe quoi d'autre.
— Je ne peux même pas le faire avec ma propre baguette, protesta Harry.
— Qu'est-ce que tu veux dire par là ? s'exclama Draco.
— Nous n'avons pas appris comment faire quelque chose comme ça en cours, fit remarquer Harry. Et j'ai peur que dans tout mon apprentissage parascolaire, je n'ai jamais eu à transformer une foutue chaise pour sauver ma vie.
— Alors donne-moi ta baguette, ordonna Draco. Voyons si je peux le faire avec la tienne. Père m'a appris comment lancer le sort il y a des années. »
Roulant des yeux, Harry lui tendit sa baguette. Il était conscient que les adultes, silencieux, regardaient leur manège avec intérêt. Il était sûr que Severus, en particulier, se serait passé de leur discussion, mais il ne dit rien.
S'il n'était pas lui-même aussi étonné, Harry aurait ri à la vue du regard choqué de Draco quand il lança le sort facilement et que la chaise se transforma en table, et vice-versa. Harry assimila rapidement le mécanisme du sort, et il en fit de même.
Ils restèrent assis à se regarder.
« Harry, la baguette choisit le sorcier, dit lentement Draco. Cela ne devrait pas me sembler si naturel d'utiliser ta baguette. »
Harry haussa les épaules. C'était ce qu'il avait pensé, mais qu'en savait-il ? Ils se tournèrent et regardèrent les adultes avec des yeux interrogateurs.
« Tu n'as pas tort, Draco, dit Remus, adoptant un ton professoral. La baguette choisit le sorcier. N'importe qui peut utiliser la baguette de quelqu'un d'autre, mais le plus souvent, ce n'est pas très compatible. Et donc, lancer des sorts n'est pas aussi efficace.
— Neville », fit Harry.
Remus hocha la tête.
« Oui, Neville utilisait la baguette de son père jusqu'à ce qu'elle soit détruite au Ministère. Je présume que ses sorts se sont grandement améliorés cette année avec une nouvelle baguette ? » demanda-t-il.
Harry y pensa pendant un moment avant de hocher la tête.
« Je reconnais qu'il n'était pas aussi maladroit en Sortilèges, l'année dernière », admit Draco à contrecœur.
Harry le regarda avec curiosité.
« Comment tu le sais ? demanda-t-il.
— J'étais en Sortilèges avec vous, rétorqua Draco.
— Oui, mais pourquoi aurais-tu remarqué les Sortilèges de Neville ? » demanda Harry, perplexe.
Les joues de Draco rosirent, mais il sourit narquoisement à son petit ami.
« Je n'ai pas remarqué les Sortilèges de Londubat, crétin, j'ai remarqué les tiens.
— Oh, fit Harry, clignant des yeux.
— Tu étais toujours en binôme avec lui. A chaque fois que Granger et Weasley traînaient ensemble, en tout cas, dit Draco. Je t'avais sur le dos à chaque pas que je faisais et j'ai mis un point d'honneur à garder un œil sur toi – il haussa les épaules – c'est alors que j'ai remarqué que Londubat ne te blessait pas autant que je l'avais espéré.
— Crétin », dit Harry, frappant son petit ami à l'arrière de la tête.
Draco ricana, capturant sa main pour l'empêcher de recommencer.
« Pourrions-nous continuer ? » demanda narquoisement Severus.
Harry et Draco tournèrent scrupuleusement leur attention vers Remus, qui secouait la tête avec exaspération.
« Oui, fit-il. Vous comprenez donc qu'utiliser la baguette de quelqu'un d'autre n'est pas toujours efficace. Je ne fais que supposer, mais vos baguettes semblent indiquer que vous êtes assez compatibles. En particulier vos magies. »
Il hésita un moment, les dévisageant.
« J'irai même jusqu'à dire que chacun de vous a en lui une balance de magie noire et blanche, et vos baguettes, votre magie, reconnaissent cela en chacun de vous. »
Harry regarda la baguette de Draco avec scepticisme.
« Alors quoi, nos baguettes voient que nous avons des magies similaires ? demanda-t-il.
— Mais ça n'a aucun sens, protesta Draco. Harry et moi avons des forces différentes en magie.
— Vraiment ? demanda Remus – il secoua la tête – Je ne suis pas convaincu que vous soyez aussi différents que vos expériences passées semblent l'indiquer. Je pense que ce sont précisément ces expériences qui vous ont séparés. Jusqu'à présent, Harry a dû se concentrer sur la Défense, alors c'est un de ses points forts. Mais maintenant que tu as commencé à réellement l'apprendre, n'as-tu pas progressé plus rapidement ? » demanda-t-il en s'adressant à Draco.
Le blond hocha lentement la tête.
« Et Harry a été capable d'apprendre les sorts offensifs quand on les lui a véritablement appris, dit-il.
— Précisément, fit Remus. Vous êtes tous les deux de forts et puissants sorciers. C'est juste que, pendant plusieurs années, chacun de vous s'est tourné vers un aspect différent de magie. Cela ne veut pas dire que vous n'avez pas le potentiel d'exceller dans ses autres formes. A en juger par la facilité avec laquelle vous pouvez utiliser la baguette de l'autre, vos points forts en magie sont, dans l'ensemble, très semblables.
— Est-ce que cela veut dire que j'aurais pu être meilleur en Potions, comme Draco ? » demanda Harry, perplexe.
Remus toussa.
« Eh bien, certaines conditions environnementales entrent en jeu avec ton apprentissage », dit-il, tentant d'être diplomate.
Lucius eut un petit rire, trouvant la situation comique, tandis que Severus se renfrognait.
« Oui, Harry, dit-il d'une voix traînante. Peut-être que vous auriez montré plus de potentiel en Potions si vous aviez reçu le même type d'enseignement que Draco.
— De même que Draco aurait montré plus de potentiel en Défense s'il avait eu le même type d'expériences que toi, ajouta rapidement Remus.
— L'autre facteur qui n'a pas été mentionné, est votre intérêt pour les matières, dit Severus, sarcastique. Le potentiel peut être là, il ne vous servira à rien si aucun intérêt n'est montré ni aucun effort fait. »
Harry soupira, désolé d'avoir posé la question. Manifestement, Draco vit le danger aussi, car il posa une question différente :
« Pourrions-nous alors échanger nos baguettes quand Harry devra combattre le Lord Noir ? »
Severus plissa les yeux.
« Il y a un sort qu'il doit impérativement être capable de lancer, dit-il, répondant à Draco mais transperçant Harry de son regard.
— Quoi ? Vous voulez que je teste la baguette de Draco avec un Sortilège de Mort ? » demanda le Gryffondor avec incrédulité.
Les yeux de Severus se tournèrent ostensiblement vers la tapisserie qui était toujours accrochée au mur. Harry suivit son regard et déglutit difficilement. Il ne voulait pas vraiment le faire, mais il avait besoin de savoir s'il pouvait lancer efficacement le sort avec la baguette de Draco. Il regarda son petit ami. Celui-ci haussa les épaules et hocha la tête d'un mouvement saccadé. Pas très encourageant.
Harry se leva lentement, serrant étroitement la baguette du blond tandis qu'il se mettait en face de la tapisserie.
« Severus, est-ce vraiment nécessaire ? demanda vivement Narcissa.
— Oui », répondit froidement l'adulte.
Harry jeta un regard à Severus par-dessus son épaule, le mot 'connard' sur le bout de la langue. Il parvint à le retenir, considérant qu'il y avait suffisamment de tension dans l'air... mais il était réellement tenté. Severus était loin d'être de bonne humeur, et il lui semblait de plus en plus qu'il passait ses nerfs sur lui.
Il ne pensait pas vraiment que Narcissa ou Draco avaient besoin de le voir lancer le Sortilège de la Mort. Pas après avoir tué Bellatrix la veille. Cependant, il savait qu'il était inutile de suggérer qu'ils partent. Remus semblait plutôt horrifié par le procédé, mais il n'était d'aucune aide.
Le regard de Harry tomba sur Lucius. L'homme était calme et se contrôlait parfaitement. Ni en colère, ni horrifié, ni même perturbé.
« Respirez profondément et concentrez votre magie », dit-il avec nonchalance.
Harry hocha la tête, s'imprégnant mentalement de son calme, et essayant de ne pas être perturbé par le fait qu'il recevait une leçon sur comment lancer l'Impardonnable de la part de Lucius Malfoy.
C'était assez différent d'essayer de lancer le sortilège sans la présence d'un élément de danger. Il n'y avait certes pas eu de danger non plus quand il avait arraché le portrait du mur, mais à ce moment-là, il avait été terriblement énervé. Cette fois-ci, c'était calculé et Harry n'en était pas du tout ravi. Se rappelant qu'il devait tuer Voldemort dans seulement quelques jours, il s'arma de détermination et concentra sa magie.
Il leva la baguette vers la tapisserie.
« Avada Kedavra ! »
Il la regarda dégringoler au sol.
« Je peux utiliser la baguette de Draco », dit-il platement, se tournant pour faire face aux autres.
Draco, Narcissa et Remus le regardaient avec des yeux grands ouverts, choqués, tandis que Lucius et Severus semblaient froidement satisfaits.
Un violent frisson secoua soudainement Draco et Harry se précipita vers lui avec inquiétude. Mais il hésita avant de le toucher, pas certain que le blond soit particulièrement rassuré par sa proximité pour le moment.
Draco se chargea de lui démontrer le contraire.
« Ne sois pas idiot », marmonna-t-il, s'appuyant contre le Gryffondor et posant sa tête contre son épaule.
Harry lui frotta le dos en dessinant ce qu'il espérait être des cercles apaisants.
Remus s'éclaircit la gorge.
« Je suis surpris, bien que j'aurais dû m'y attendre, dit-il faiblement.
— Je suis ravi de savoir que je ne suis pas le seul qu'il tend à surprendre régulièrement, ironisa Severus.
— Bordel de merde ! cria Harry, tendu et frustré. Qu'est-ce que j'ai bien pu faire pour vous énerver aujourd'hui ? Est-ce parce que je ne prends pas tout ça suffisamment au sérieux à votre goût ? Si c'est le cas, alors je suis désolé. Je sais que c'est sérieux. J'ai tué hier ! Et je suis assis ici à chercher exactement comment tuer encore une fois ! L'avenir de tous ces Serpentards repose sur mes épaules autant que sur les vôtres ! Mais merde, je gère ça du mieux que je peux. Si ce n'est pas assez bien, dites-moi juste ce que vous voulez que je fasse ! »
La pièce resta silencieuse après son éclat, et il observa le sol d'un air maussade pendant quelques instants.
« Bien, dit-il froidement. Vous voulez une preuve que je ne suis pas dans le déni ou que j'évite tout ça ? »
Il se leva abruptement et commença à arpenter le sol en face de la cheminée éteinte, ignorant les protestations de Draco et les douces admonestations de Remus pour le calmer.
« Aujourd'hui nous sommes dimanche, et j'ai jusqu'à samedi prochain avant que Voldemort ne convoque de nouveau tous ses partisans. Il s'attend à ce que vous recrutiez tous vos élèves Serpentards et à ce que vous les fassiez entrer dans ses rangs samedi – aussi bien les neutres que ceux qui croient qu'ils veulent être des Mangemorts. Mais vous n'en ferez rien, ce qui est probablement l'une des plus grandes raisons qui vous rend tendu, parce qu'il n'y aura plus de retour en arrière. Vous devez croire que je suis capable de le tuer ou vous serez fichu. Ou nous serons tous fichus. »
Harry fit une pause et regarda Severus. Son expression ne révélait rien, mais ses yeux brillaient dangereusement. Harry renifla et se remit à arpenter le sol.
« Aussi, la question est : que doit-on faire cette semaine pour que tout se passe bien ? Comme vous l'avez dit, aujourd'hui nous planifions. Nous mettons en place les différentes pièces de ce qui a besoin d'être préparé, et de là, vous décidez de si ça peut vraiment marcher ou pas. Parce que nous savons tous que même si techniquement tout repose sur mes épaules, je ne peux que me tourner vers vous pour être sûr d'être sur la bonne foutue voie… Comment j'ai fini avec Severus Snape jouant le rôle de mon fichu père et mentor, je n'en ai aucune idée, ajouta-il dérouté.
— Je ne suis pas ton père », lança Severus d'un ton sec.
Harry ricana.
« Allez vous faire foutre. Vous êtes le même connard qui n'arrête pas de m'appeler gamin et qui continue à me surveiller comme un foutu parent le ferait. Et je vous écoute. Je me rebelle peut-être, mais je vous écoute. Ne me demandez pas comment tout ça est arrivé. J'y ai pensé et je n'arrive toujours pas à trouver une bonne réponse. »
Son regard se tourna vers les autres.
« D'une certaine façon, j'ai Narcissa en figure maternelle qui s'inquiète et prend soin de moi, et j'ai trois figures paternelles ! Je n'en ai pas eu une seule pendant la majeure partie de ma vie ! Et pourtant, maintenant je vous ai tous les trois, à qui j'essaie de répondre d'une façon ou d'une autre et de vous rendre fiers de moi. Car oui, à cause de Draco, j'ai même Lucius dans ce rôle, cracha-t-il. Et n'est-ce pas là la chose la plus stupide que vous puissiez entendre, sachant qu'on ne peut pas se supporter ? »
Il pouvait sentir les larmes de colère lui monter aux yeux, mais il les essuya en observant le groupe de personnes devant lui qui arborait différents degrés de choc. Ce n'était pas ce qu'il avait voulu dire.
« Harry, fit Remus sur un ton apaisant.
— Non ! cria Harry. Merde ! Je suis désolé. Ce n'est pas ce que je voulais dire. Pas étonnant que Severus soit furieux contre moi, puisque je ne suis même pas capable de rester concentré comme je suis supposé le faire. Les vies des gens sont en jeu et je divague sur des trucs inutiles.
— Ce n'est pas inutile, Harry », dit doucement Narcissa.
Harry enfonça ses mains dans ses cheveux et se remit en mouvement. Il n'avait même pas réalisé qu'il s'était arrêté. Il recommença à parler rapidement, essayant de continuer et d'oublier sa bêtise.
« Des plans. D'abord, je dois prendre Ron et Hermione avec moi pour finir la tâche que Dumbledore m'avait assignée. Si je ne peux pas l'achever, alors tout changera. J'ai déjà fait le plus dur et ce qu'il me reste devrait être assez facile. Et avant que tout le monde ne se plaigne, dit-il, regardant ostensiblement Draco, ce qu'il me reste à faire est à Poudlard et ça devrait être relativement sans danger. »
Il fronça les sourcils.
« Je prendrai l'épée aussi, tant que j'y serai, dit-il. Je pense que c'est probablement la meilleure façon pour moi de tuer Nagini – il hocha distraitement la tête – Oui, je pense que je peux utiliser l'épée et mes propres serpents pour aller plus vite. Ce serait bien de la tuer avec la foutue Épée de Gryffondor, ricana-t-il. Voldemort en sera pas mal énervé. Bien sûr, il saura, à ce moment-là. Il saura qu'il s'est royalement fait avoir. »
Il hocha de nouveau la tête, ne remarquant pas les regards circonspects qu'échangèrent les autres.
« Nous aurons besoin de l'Armoire à Disparaître et je devrai aussi parler avec l'Ordre. Parce que nous allons avoir besoin de tout le monde. La maison sera pleine à craquer de Serpentards cette semaine, mais de toute façon, ce n'est pas comme si nous allions y rester longtemps. Ou plutôt, je n'y resterai pas longtemps, de toute façon. »
Il continua :
« Nous devrions contacter Kingsley et l'amener ici aujourd'hui pour qu'il participe au plan – il grimaça – Je suppose que c'est pour ça que vous vous êtes entretenu avec lui hier, pas vrai ? Il sera trop occupé à arranger les choses au Ministère. Je parie que c'est le chaos là-bas. Mais peut-être qu'il pourra quand même venir après pour un petit moment. »
Il réalisa qu'il n'avait pas lu la Gazette du Sorcier et décida que c'était peut-être une bonne chose. Il n'avait pas vraiment besoin de voir dans quand état de panique tout le monde se trouvait après ce qui était arrivé. Juste une semaine de plus. Avec l'aide de sa famille Serpentard, Harry allait affronter Voldemort et, avec un peu de chance, en finir une bonne fois pour toutes.
Les autres furent surpris quand il se tourna pour leur faire face :
« Moquez-vous autant que vous voulez à l'idée d'être ma famille, ricana-t-il. Dumbledore avait raison et Voldemort va payer cher.
— Harry, serais-tu devenu fou ? » demanda Draco, incrédule, sourcil haussé.
Harry eut un rire sans joie.
« Non, dit-il, crois-le ou non, je sais parfaitement bien de quoi je parle. Cette semaine sera très chargée. »
« Eh bien, ça a été une journée amusante », dit Draco, sarcastique.
Harry regarda en direction de la porte ouverte de la salle de bain, où Draco regardait son reflet au-dessus du lavabo. Il pensa que le blond était assez sexy avec seulement son bas de pyjama couleur argent. Cependant, il n'était pas sûr que son petit ami veuille entendre ça pour le moment. Draco semblait plutôt en colère, mais Harry n'était pas non plus sûr de la raison.
Ce pouvait être n'importe quoi, après la journée qu'ils avaient passée. Harry avait fait le tour de tout le monde durant la journée, même Kingsley durant le petit moment qu'il avait été là avant de retourner au Ministère. Il avait complètement perdu le compte de toutes les querelles qu'il avait eues avec Severus. Et cela n'avait pas été tellement mieux avec Draco. Harry comprit que la seule raison qui avait rendu la chose plus facile avec le blond était que ce dernier, à certains moments, avait laissé Severus se disputer avec lui à sa place.
Quatre Serpentards s'opposant à deux Gryffondors pour discuter des plans d'une si importante bataille – et des actions nécessaires pour y arriver – n'avait pas été une expérience des plus plaisantes. Et les touches de légèreté du matin s'étaient raréfiées à mesure que le jour avançait.
Harry était reconnaissant que personne n'ait remis son éclat à propos des parents sur le tapis. Même maintenant, Harry était mortifié rien qu'en se remémorant ses paroles. Et il aurait aimé les retirer, bien qu'il y ait eu un certain nombre d'autres éclats par la suite, éclipsant ce premier débordement. Harry n'était pas le seul à avoir tempêté et exprimé sa frustration ce jour-là.
Personne n'était impressionné par les idées de Harry, considérant qu'il y avait beaucoup de risques à ce qu'ils comptaient faire. Harry avait plus d'une fois été accusé d'avoir en lui assez d'esprit Gryffondor pour dix – ce qui avait irrité Draco, parce qu'il ne pouvait pas comprendre comment son petit ami pourrait avoir de la place pour le moindre penchant Serpentard.
A sa grande surprise, Harry avait eu plus de soutien de la part de Lucius que de n'importe qui d'autre. Draco était effrayé par ce qui allait arriver, ce qui le mettait en colère. Remus et Narcissa étaient inquiets et bien plus réservés. Severus était carrément furieux contre lui pour tout un tas de raisons. Lucius, cependant, était d'une certaine manière parvenu à rester calme une grande partie de la journée.
Lucius avait été celui qui s'était interposé entre Harry et Severus quand ils avaient été près de se jeter des sorts. Lucius avait été celui qui avait calmement soutenu les idées audacieuses du Gryffondor. Lucius était le politicien consommé, tandis que Severus était l'espion accompli qui insistait sur le fait de garder les choses aussi secrètes que possible.
Cependant, et malgré leurs différentes altercations, ils purent enfin se mettre d'accord. Harry et Severus avaient pu trouver un juste milieu dans leurs idées, de sorte que les risques soient minimisés au maximum. La semaine n'en serait pas moins follement compliquée. Après tout, il y avait encore énormément de facteurs qui devaient se rassembler pour qu'ils puissent gagner la bataille finale.
« Harry, m'as-tu seulement entendu ? demanda Draco, irrité.
— Ouais, je t'ai entendu », répondit Harry avec lassitude.
Il était assis au bord du lit, les coudes posés sur ses genoux et la tête sur ses mains. Il était prêt à se coucher, si seulement il pouvait rassembler assez d'énergie pour tirer la couette et monter sur le lit. Il y avait seulement le problème de Draco à régler – et il ne savait pas ce qu'était ce problème.
Les yeux toujours baissés, Harry regarda les pieds nus de Draco entrer dans la chambre et s'arrêter à mi-chemin devant lui. Le silence s'étira jusqu'à ce que Harry en ait assez.
« Qu'est-ce que j'ai fait exactement pour t'énerver ? demanda-t-il fatigué. Quoi que j'aie fait, j'en suis désolé. »
Draco renifla d'irritation.
« Tu n'es pas désolé, rétorqua-t-il.
— Très bien, je ne suis pas désolé, dit platement Harry. Tout ce que tu veux, Draco. Je vais me coucher.
— Ne sois pas comme ça, dit sèchement Draco.
— Je suis fatigué de me disputer aujourd'hui, fit Harry. Je veux arranger ce qui t'a rendu furieux contre moi, mais je ne sais même pas ce que j'ai fait. Putain, ce n'est pas vrai. J'ai dit tellement de choses qui auraient pu te mettre en colère aujourd'hui, que je n'ai pas trop d'espoir d'être capable de te satisfaire. »
Il haussa les épaules, découragé.
« L'apitoiement sur toi-même ne te va pas du tout, Potter, dit Draco, méprisant.
— Tu me fais chier, Malfoy », rétorqua Harry, piqué par les mots de Draco et par l'usage de son nom de famille sur ce ton.
Les choses devenaient chaque jour de plus en plus difficiles à gérer, et il était malheureux de voir que tout le monde était fâché contre lui pour une raison ou pour une autre.
Il se leva abruptement, bousculant Draco sans ménagement.
« Harry, attends ! ordonna Draco, lui attrapant le bras.
— Attendre quoi ? demanda Harry, libérant sèchement son bras. Attendre que tu te moques encore un peu plus de moi ? Attendre que tu me jettes d'autres insultes au visage ? Putain, je suis fatigué, Draco. Cela a été une foutue longue journée et je n'ai même pas encore fait une partie du vrai boulot. »
Il se dirigea vers la porte.
« Où est-ce que tu crois aller ? demanda Draco avec colère.
— Trouver un endroit où dormir sans personne pour se disputer avec moi à longueur de temps », cria Harry, claquant la porte.
Il avait pleinement l'intention de descendre à la cuisine, mais la tentation de la porte d'entrée fut la plus forte. Décrochant la cape de Draco de la patère, il appela Winky pour qu'elle lui rapporte sa baguette, sortit et Transplana.
Le bracelet chauffa tandis qu'il se mettait à marcher pieds nus sur l'herbe froide du cimetière de Godric's Hollow.
Où es-tu ?
En sécurité.
Harry, rentre à la maison.
Dans un moment.
Harry.
J'ai juste besoin d'être seul un moment.
Plusieurs secondes passèrent avant que le bracelet ne chauffe encore une fois.
Je t'attends.
Harry se sentait déjà stupide d'être sorti, mais il n'était pas encore prêt à rentrer. Il avait été suffisamment accusé d'être un stupide gamin irascible pour toute la journée.
Il était en colère contre lui-même de pleurer encore. Cependant, tandis qu'il s'asseyait entre les tombes de ses parents et celle de Sirius, il eut l'impression qu'il ne pouvait plus s'arrêter. Il n'avait jamais autant pleuré le mois précédent. Mais il n'avait alors pas eu autant de raisons de le faire.
Il n'avait même pas pleuré les gens qui avaient péri la veille. Le Ministère était en plein tumulte. Les funérailles de Scrimgeour étaient prévues dans la semaine, mais Harry n'était pas sûr d'y aller. Bien que cela paraîtrait irrespectueux de sa part.
Il avait reçu une lettre de Hermione, qui s'inquiétait pour lui. Il lui avait envoyé une réponse avec Hedwige pour la rassurer, lui écrivant qu'il allait bien et lui demandant de mettre en place un plan pour qu'ils se rencontrent le lendemain avec Ron. Cependant, quand il pensa au Terrier, il ne put que se représenter Fleur, dans sa robe de mariée couverte de suie. Il était soulagé et se sentait reconnaissant qu'ils aient survécu, bien qu'il y ait encore énormément de choses à régler.
Tout ce qui l'entourait commençait à tourner en spirale. Il était prisonnier d'une tempête d'activités et il n'était plus sûr que ce soit dû à Voldemort ou que cela vienne de lui-même. C'était un processus d'actions et de réactions – des deux côtés.
Tout devait forcément finir, et bientôt, ou c'était Harry qui allait s'effondrer. Il faisait tellement d'efforts ! Mais même ceux à qui il tenait tant, étaient furieux contre lui. C'était juste trop de choses à supporter, alors qu'il se sentait si seul.
« J'ai peur, fit-il abruptement. Je suis foutrement terrifié... »
Le dire à ses parents et à Sirius ne ferait de mal à personne. Le cimetière était calme et silencieux, et le son de sa voix ne portait pas bien loin. La cape de Draco l'aidait à se fondre dans le noir et, ainsi assis par terre, même si quelqu'un se mettait en tête de sortir à onze heures du soir, il resterait caché à sa vue.
« Je me suis interdit d'avoir peur, reprit-il. Je ne suis même pas sûr d'avoir eu le temps d'avoir peur. Mais aujourd'hui... »
Il s'interrompit.
« Je sais que je devrais préciser que j'ai, euh, été aidé par des gens inattendus. »
Même dans la solitude du cimetière, il n'osa pas mentionner leurs noms. Il lança le sort de Silence que Severus lui avait appris, le plus fort qu'il connaissait, pour qu'il puisse parler en toute liberté.
« Remus dit que vous auriez approuvé, ou que vous l'auriez fait mais pas forcément au début, dit-il en soupirant. Je ne sais pas si c'est vrai, mais j'aimerais penser que oui. Ils ont vu beaucoup de choses dans leurs vies, ils ne sont pas du genre à s'effrayer d'un rien. »
Il resta silencieux pendant de longues minutes.
« Mais aujourd'hui... aujourd'hui, j'ai vu leur peur, murmura-t-il. Et ça, ça m'a absolument terrifié. Je veux dire, je sais qu'ils sont inquiets pour moi, et Draco est effrayé. Il a une putain de bonne raison de l'être. Ils sont tous en colère contre moi parce qu'ils sont terrifiés à l'idée que je ne puisse pas faire ce que je dois faire. Ils pensent tous que je suis stupide de ne serait-ce que penser à ce que je compte faire. Je n'aurai qu'une seule et unique chance. Je ne pense pas que je m'en sortirai cette fois si je rate mon coup. »
Harry renifla, se donnant l'impression d'être plutôt pathétique. Il était pathétique, réalisa-t-il. Il était assis au beau milieu d'un cimetière, avec seulement son bas de pyjama et la cape de son petit ami sur lui, parlant à ses parents et à son parrain, tous trois décédés.
Il ramena ses jambes près de son corps et passa ses bras autour de ses genoux, se recroquevillant dans les replis du vêtement qui portait l'odeur de Draco. Et Harry souhaita être à la maison, dans son lit.
« Remus et Severus ont osé parler des sacrifices que vous avez faits pour moi, et je n'ai pas bien réagi. »
Il eut un rire sans joie, regardant le nom de Sirius gravé sur sa tombe.
« J'ai pété les plombs, en fait. Aussi effrayant que ça soit, je pense que vous auriez été fiers. Mais je ne suis pas fier, je suis juste... vide. »
Et seul, dans un exil autoproclamé au beau milieu d'un cimetière.
« Mon Dieu, je suis peut-être juste le gamin irascible que j'ai été accusé d'être tellement de fois aujourd'hui », dit-il tristement.
Il se fit silencieux encore une fois, perdu dans ses pensées.
« Est-ce que vous vous imaginez combien c'était difficile de se disputer avec eux toute la journée ? demanda-t-il soudainement. Je suis sûr que vous auriez pensé que c'était une vraie bataille. C'est pour ça que je me sens aussi épuisé et vide. Ça m'a beaucoup demandé de leur tenir tête ainsi. Je ne peux pas dire que j'ai à chaque fois été rationnel, mais au moins j'étais déterminé. »
Il fit une pause.
« Je dois être déterminé. Je dois faire face à tout ça avec confiance. Agir autrement signifierait ma mort. Ils veulent que je comprenne que je pourrais être tué, comme si je ne le savais pas déjà. A quoi est-ce que je servirais, quand même, si j'étais obnubilé par ma mort ? »
Il soupira.
« Draco ne pense qu'à la possibilité de mourir. Ça fait un moment déjà que ça le travaille. Les autres, aussi, ils... bon, ils ont un sens d'auto-préservation assez fort. Le problème est qu'ils pensent que je n'en ai pas. »
Il haussa les épaules dans la nuit.
« Peut-être bien que oui, admit-il. Ou peut-être que c'est juste différent. Je ne le sens pas vraiment maintenant, mais je crois pouvoir affirmer en toute confiance que mon optimisme est bien plus fort que le leur. »
Il rit sans humour.
« Putain, même maintenant, je dois probablement avoir plus d'optimisme qu'eux tous réunis. Bon, sauf peut-être Remus, tempéra-t-il. C'est juste assez difficile de prodiguer assez d'optimisme à autant de personnes, en plus de moi-même. Et je reconnais que je devrai aussi prodiguer davantage d'espoir à un grand nombre de personnes durant les jours à venir. »
Posant sa tête sur ses genoux, il resta assis là pendant un long moment, laissant la tranquillité et le calme de l'endroit l'envahir.
A suivre...
Merci d'avoir lu ! Et à bientôt pour le prochain chapitre !
