Titre : Secrets
Auteur :
Vorabiza
Traductrices :
merryme, Miss Sona
Bêta :
Mounette
Genre :
Romance, Action, Aventure
Rating :
M
Avertissement :
Slash, HPDM & SSRL.
Disclaimer :
rien ne m'appartient, évidemment. Les personnages et l'univers vont à J.K. Rowling, l'histoire à Vorabiza.
Crédits :
ring, la photo de couverture, est à cosmos12399.

Note : lecteurs, lectrices, toutes mes excuses pour avoir mis trois longs mois à traduire ce chapitre, vraiment. Surtout que je vous avais promis de poster un chapitre tous les 15 jours. J'ai honte.

Néanmoins, je ne m'étendrai pas trop sur les raisons de cette longue absence, j'aurai trop l'impression de me donner de fausses excuses, et je déteste ça. En gros, je dirai seulement que je suis passée par une longue période de déprime, qui a juste sapé mon énergie et ma motivation (et pas seulement pour cette fic). J'ai même songé à laisser tomber cette traduction. Oui, vraiment. Et puis, j'ai pensé à tous vos encouragements, à vos reviews enthousiastes, au plaisir partagé de pouvoir enfin connaître la suite de cette fic, et je n'ai juste pas pu. Ça aurait été trop égoïste. Et puis, ce n'est pas comme si c'était un fardeau ; ça m'est même très bénéfique, en fait. J'adore cette fic et j'adore la traduire (même si ma traduction n'est pas parfaite, ah ah), et même si ce n'est pas toujours facile, je compte bien la finir, peu importe le temps que ça me prendra.

J'essaierai donc de poster les chapitres suivants aussi vite que possible, et surtout, de conserver un rythme fixe. Un chapitre par mois me semble donc raisonnable.

Voilà, j'espère que vous suivez toujours cette fic. Désolée pour ne pas avoir répondu aux reviews, mais sachez qu'elles m'ont fait très plaisir, comme toujours.

Bonne lecture !

- Secrets -
Chapitre 44

Harry fit une pause avant d'ouvrir les portes principales menant à la Chambre des Secrets. Il jeta un regard à Ron et Hermione. Aucun des deux n'était jamais venu ici avant, et il n'était pas sûr qu'ils soient préparés à voir ce qu'il restait du Basilic. Savoir à propos du serpent et le voir, étaient deux choses totalement différentes.

« Allons-y, Harry », dit Ron.

Le front de Harry se plissa, mais il hocha la tête. Ouvrant les portes de la Chambre, il les mena à l'intérieur. Il se sentit assailli de nouveau par les souvenirs, mais cette fois, il se concentra davantage sur ce qui l'entourait.

« Bordel de merde, souffla Ron.
— Tu as tué ça ? » demanda Hermione, les yeux élargis.

Elle regarda Harry.

« Harry, tu avais douze ans », gémit-elle.

Harry haussa les épaules, regardant Hermione tandis que les yeux de celle-ci revenaient vers le Basilic. Il comprenait leur besoin de s'accorder quelques minutes pour assimiler ce qu'ils voyaient.

Il ne pensait pas qu'ils apprécieraient qu'il leur montre les tâches de son propre sang sur le sol de pierre où il était tombé à côté de Ginny, tous deux assez mal en point. Ce serait probablement l'information de trop, et ce n'était pas comme s'ils ne savaient pas déjà ce qui était arrivé.

« Tu as ramené Ginny ici, dit Ron.
— J'y étais obligé », répondit doucement Harry.

Ron hocha simplement la tête, les yeux toujours fixés sur le serpent géant.

« Si pour nous c'est un choc de voir ça, alors je ne peux même pas imaginer ce que ça a dû être pour toi et Ginny de revoir ça après tout ce temps, fit Hermione en se tournant pour le regarder.
— Nous nous en sommes sortis », répondit Harry, conscient qu'il modifiait la vérité, mais ils avaient réussi leur tâche et s'en étaient suffisamment bien tirés.

Hermione le regarda d'un air entendu, mais elle ne le contredit pas.

« Ron et moi avons simplement entendu ce qui était arrivé ici. Ginny et toi... vous avez survécu à cette Chambre des Secrets.
— Plus une Chambre des Horreurs », marmonna Ron.

Harry grimaça.

« Ce n'est pas vraiment un endroit plaisant », approuva-t-il.

Ron souffla lourdement, mais il arborait un sourire piteux quand il lui fit face.

« Mais quand même, Ginny et toi, vous êtes de braves et courageux Gryffondors, hein ?
— Ouais, exactement », dit Harry, comprenant qu'il était pardonné pour avoir fait venir Ginny dans cet horrible endroit.

Les yeux de Hermione étaient emplis de compréhension.

« J'oublie parfois combien de choses tu as faites, dit-elle. Pas étonnant que les questions des autres te fatiguent, alors que tu sembles largement en mesure de prendre les choses en mains. »

Elle montra le Basilic d'un geste en grimaçant.

« Si tu as pu faire face à ça alors que tu avais seulement douze ans..., dit-elle, sa voix s'estompant dans un frisson.
— Nous n'avons pas le droit de te poser des questions, termina Ron.
— Ou à Ginny », ajouta doucement Hermione.

Ron grimaça.

« Ou à Ginny, approuva-t-il avec réticence.
— Je ne sais pas pourquoi nous nous plaignions, fit Hermione. Il est clair que tu ferais n'importe quoi pour la protéger. Tu es son chevalier en armure étincelante », taquina-t-elle.

Harry la regarda, se sentant alarmé.

« Euh, Hermione, tu es au courant que Ginny et moi ne nous mettrons jamais ensemble, pas vrai ?
— Oui, je sais, dit-elle. Ginny et moi avons eu une longue discussion dernièrement, et je comprends que vous vous considérez l'un l'autre plus comme frère et sœur. Ron est le seul à insister pour que vous vous remettiez ensemble.
— Non, pas du tout », la contredit le roux.

Hermione cligna des yeux.

« Non ?
— Non, répéta Ron, passant un bras autour des épaules de Harry dans un geste de solidarité. Je pense que Harry devrait être libre de sortir avec qui il veut. »

Les entrailles de Harry se tordirent chaleureusement, une sensation particulièrement étrange. Alors qu'il se sentait réchauffé par le fait que Ron ne soit pas contre l'idée qu'il sorte avec un garçon, le roux n'avait aucune idée que ledit garçon était Draco. Cependant, et à en juger par la surprise sur le visage de Hermione, Ron semblait s'être arrangé pour garder le silence sur le fait même qu'il soit en couple avec quelqu'un.

Hermione les regarda avec suspicion.

« Y a-t-il quelque chose que vous voulez me dire ?
— Hum, il commence à se faire tard, non ? » suggéra Harry, se forçant à afficher un sourire innocent.

Son sourire se fit plus franc en avisant l'expression sur le visage de la brune. Il pouvait jurer qu'elle voulait désespérément en savoir plus, alors qu'elle venait à peine de dire qu'elle comprenait qu'il soit irrité par les questions dont on ne cessait de le harceler.

« Hermione, nous avons des choses à faire, pour l'instant, dit-il. Nous parlerons du reste plus tard. »

Le moment de vérité allait arriver bien trop vite à son goût. Il n'était pas du tout pressé de leur révéler l'identité de son petit ami.

Hermione lui jeta un regard pénétrant avant de hocher la tête en signe d'approbation.

« Bien, préparons cette potion, alors », dit-elle brusquement.

Elle regarda prudemment le Basilic.

« Vous pensez être capables d'extraire le venin ? »

Ron et Harry grimacèrent, mais hochèrent la tête. Hermione s'éloigna aussi loin que possible du cadavre et commença à sortir chaudron et ingrédients, étalant soigneusement le tout par terre.

« Comment sommes-nous supposés faire ça encore une fois ? » murmura Harry, espérant que Hermione ne l'avait pas entendu.

Ron était légèrement vert, et Harry avait le sentiment que lui-même n'avait pas l'air mieux.

Son meilleur ami déglutit difficilement.

« Bon, dit-il. Hermione pense qu'il doit y avoir assez de venin dans l'autre crochet. Nous devons juste le briser, et faire attention à ne pas en perdre une seule goutte.
— Exact, répondit Harry. Parce que les crochets sont creux », expliqua-t-il, observant l'énorme gueule du Basilic et lesdits crochets extrêmement tranchants.

Il échangea un regard avec Ron tandis qu'il assimilait ses mots, et ils se tournèrent tous les deux pour voir si Hermione l'avait entendu. Elle avait passé dix minutes à leur expliquer que les crochets du serpent n'étaient pas réellement creux, mais qu'il y avait tout de même une cavité à l'intérieur qui reliait la glande du venin à la pointe du crochet où le venin était éjecté. Ils en savaient davantage que ce qu'ils auraient aimé savoir.

Ron regarda Harry.

« Ouais, creux », murmura-t-il.

L'un comme l'autre espérait avec ferveur qu'il y avait assez de venin dans la cavité du crochet, étant donné qu'ils ne voulaient pas avoir à faire la moindre dissection pour accéder à la glande. L'estomac de Harry se crispa rien que de penser à cette possibilité.

« Je découperai », dit Ron sinistrement, avançant avec détermination. Ne sachant pas que Harry avait sa propre dague maintenant, le roux en avait emprunté une à Charlie avant de venir.

Harry regarda le crochet tandis qu'il approchait, essayant de ne pas se concentrer sur le crochet brisé, se trouvant de l'autre côté. Il saisit l'os lisse, le serrant fortement tandis que Ron se mettait à l'extraire. Enfin, ils parvinrent à le décrocher, et ils se mirent à l'observer.

Ils échangèrent un regard et haussèrent les épaules. Cela avait tout l'air d'être du venin. Après qu'ils le lui aient précautionneusement apporté, Hermione l'examina avant de leur lancer un regard d'approbation.

« Parfait », déclara-t-elle.

Harry et Ron se reculèrent tandis que Hermione se mettait à mesurer, verser et à remuer le tout avec précaution. Quinze minutes plus tard, elle s'assit et hocha la tête avec satisfaction. Le contenu du chaudron, d'un vert sale, sifflait et bouillonnait tout en émettant des vagues d'odeur nauséabonde.

« Tu es sûre que l'odeur de ce truc ne va pas nous tuer ? demanda Ron, faisant écho aux pensées de Harry.
— Ça ne nous tuera pas tant qu'on n'y touchera pas », répondit Hermione.

Ron et Harry reculèrent d'un pas.

« Et bien, ça sert à détruire les Horcruxes », fit Hermione, s'éloignant elle aussi du chaudron avec précaution.

Harry reporta son attention sur la statue de Salazar Serpentard. Il avait encore besoin de récupérer un dernier objet. Ron et Hermione le suivant, il indiqua à la bouche de s'ouvrir et commença à grimper. Il se laissa glisser dans le tunnel sans plus y penser et commença à allumer les torches.

« Pourquoi est-ce qu'elles ne s'allument pas toutes seules ? demanda Ron. Les autres le font. »

Harry haussa les épaules.

« Je pense que c'est pour attirer l'attention sur la seule qui ne s'allume pas. »

Ayant encore moins envie de passer à la suite qu'avant, il ouvrit la porte de la petite chambre.

Ils observèrent le miroir posé sur la table.

« Ça a l'air d'être inoffensif, pas vrai ? » demanda Ron.

Harry grimaça. Il avait toujours peur de toucher ce fichu miroir. Il observa Hermione faire le tour de la petite pièce, s'arrêtant pour inspecter la pierre sur l'étagère. Elle lança plusieurs sorts dessus avant de finalement la mettre dans un bocal.

« Nous pourrons maintenant la détruire de la même façon que les Horcruxes », dit-elle.

Harry le prit pour acquis. C'était elle qui avait fait toutes les recherches dans cette affaire. Il était heureux de savoir qu'il n'y aurait plus de malédiction sur le poste de professeur de Défenses Contre les Forces du Mal, mais ça ne faisait nullement partie de ses priorités.

Son regard revint au miroir.

« Je pense que tu peux le prendre sans risque, fit Hermione.
— Tu penses ? s'exclama Ron. Tu n'en es pas sûre, mais tu veux que Harry le prenne quand même ?

— Il n'y a pas de magie l'entourant, dit Hermione, sur la défensive. Pas comme il y en avait autour de la coupe. Ou du médaillon. Nous pouvons le prendre de la même façon qu'on prend les autres sans risque. Nous devons juste les vérifier avant de les détruire. »

Harry remarqua qu'elle ne voulait pas le prendre. Elle avait raison. C'était sa responsabilité et, s'il devait être honnête, il ne voulait même pas qu'elle essaye de le faire. Seulement, il ne voulait pas le faire lui non plus.

Prenant une grande inspiration, il entra finalement dans la chambre et prit le miroir en main.

Et le laissa presque aussitôt tomber, quand il prit vie entre ses mains.

Comme la plupart des miroirs magiques, celui-ci pouvait parler. Harry regarda la réflexion de Tom Jedusor. Plus jeune que dans son journal, mais clairement humain.

« Qui êtes-vous ? demanda Tom.
— Coucou, Tom », fit Harry d'un air moqueur.

L'image cligna, choquée.

« Vous savez qui je suis ? »

De vieux souvenirs l'assaillirent, et Harry sentit un immense sentiment de satisfaction l'envahir tandis qu'il reprenait les mêmes mots de Jedusor et les lui jetait au visage.

« Oui, je sais qui tu es, Tom Jedusor, dit-il froidement. Et je suis ton passé, ton présent, et ton futur. »

Tom le regarda avec un air songeur.

« Tu sais que je suis Lord Voldemort », murmura-t-il.

Harry renifla de dédain.

« Plus pour très longtemps », cracha-t-il.

Il fut surpris quand Ron fit glisser un sac noir sur l'extrémité inférieure de l'objet, le couvrant en partie.

« Laisse tomber, Harry », fit-il, sa voix légèrement altérée.

Harry baissa le miroir et le laissa glisser dans le sac. Ron tira le cordon avec un soupir de soulagement.

« Sous combien de formes l'as-tu rencontré ? demanda le roux.
— Quelques unes », admit Harry, regardant le sac.

Hermione prit une inspiration.

« Allez, finissons-en », dit-elle.

Harry dut appeler Fumseck, étant donné qu'ils n'avaient pas apporté leurs balais avec eux. Le Phoenix les ramena dans la chambre principale et, à la surprise de Harry, ne s'en alla pas. Au lieu de ça, Fumseck alla se poser sur la statue.

« Il a l'air de nous surveiller, murmura Ron. Vous pensez que c'est bon ou mauvais signe ?
— Je ne sais pas », répondit nerveusement Hermione, jetant un œil au chaudron qui mijotait.

Harry expira lourdement. Merlin, il serait soulagé quand tout ça serait enfin terminé.

Il sortit les autres Horcruxes de son sac à dos et les posa sur le sol. Prenant le sac noir de Ron, il jeta le miroir à côté d'eux, reconnaissant qu'il reprenne vie seulement quand il le touchait.

Hermione avait sorti un parchemin de son propre sac, aussi commencèrent-ils à lancer tous les sorts de détection présents sur la liste qu'ils avaient traduite à partir du journal. Hermione les lui donna en Anglais, il regarda le Basilic et les Horcruxes à tour de rôle avant de lancer les sorts en Fourchelang.

Ce fut un processus fastidieux, mais leurs efforts payèrent quand ils purent déterminer quels sorts Voldemort avait utilisés comme protection finale à ses Horcruxes. Tenter de les détruire sans enlever ces protections aurait pu avoir de mauvaises conséquences. Et Harry refusait que son bras finisse comme celui de Dumbledore.

Il refusa de s'attarder sur la pensée que si Dumbledore avait su parler le Fourchelang, il n'aurait probablement pas été blessé. Il ne serait pas mort non plus, d'ailleurs. Harry ferma les yeux, accusant le coup de la brusque montée de chagrin et de regret. Les rouvrant, il regarda le miroir avec une haine vaguement amère.

« Harry, es-tu prêt pour les contre-sorts ? » demanda doucement Hermione, semblant comprendre ses pensées.

Il hocha la tête, déglutissant difficilement. Il était mieux préparé pour lancer les sorts de Magie Noire, et les réactions ne furent pas aussi fortes que lorsqu'il avait brisé le dôme de magie entourant la coupe. Néanmoins, cela n'empêcha pas les contre-sorts de lui coûter une assez grande partie de son énergie.

Quand il eut terminé, Ron lui passa une fiole de Pimentine sans émettre de commentaire.

« Bon, est-ce qu'on peut détruire ces foutus trucs, maintenant ? » demanda Harry en s'adressant à Hermione.

Elle hocha la tête, le regardant avec inquiétude.

« Oui, il ne reste plus rien susceptible de contrer la potion. L'opération se fera sans aucune interférence. »

Elle continua de parler à propos de la potion, et Harry la laissa faire. Il savait déjà tout ça car elle le leur avait déjà expliqué avant, mais il accepta sans mal la courte pause qu'elle lui permettait.

« La potion est un poison acide qui va essentiellement faire fondre les Horcruxes, expliqua-t-elle. Connaissant l'effet du venin du Basilic, nous pouvons être sûrs que son ajout à la concoction va, en fait, les détruire. J'ai pris une fiole qu'on gardera pour Nagini, mais sinon, nous aurons juste besoin de jeter les Horcruxes dans le chaudron.
— Et donc, est-ce qu'on doit chacun en prendre un et les faire tomber en même temps ? demanda Ron, observant avec révulsion le chaudron émettre des glouglous.
— Je pense que c'est le mieux à faire », fit Hermione.

Harry commença à protester, avant de se raviser. Ils étaient venus tous les trois, et il n'y avait aucune raison valable pour qu'ils le laissent faire cette partie du plan tout seul, même s'il insistait.

« Attendez, je dois d'abord détruire la pierre, dit Hermione quand il s'apprêta à prendre le miroir. Ça ne devrait pas causer de réaction trop forte. »

Harry haussa un sourcil sceptique, mais recula tout en observant son amie prendre précautionneusement le bocal, avant de lâcher la pierre dans la concoction nocive. La potion réagit bruyamment, mais Hermione avait raison, et il ne sembla pas y avoir d'autre réaction, même après plusieurs minutes.

« Bien, passons maintenant à ces Horcruxes », dit Ron dans un souffle.

Hermione prit le médaillon et le roux s'empara de la coupe. Aucun d'eux ne voulait avoir affaire au miroir.

Harry prit le manche du miroir avec fermeté, le regardant prendre vie, comme tout à l'heure. Il était conscient des regards horrifiés de Ron et Hermione posés sur lui, mais il ressentait un sentiment de satisfaction morbide à l'idée d'envoyer Tom Jedusor, conscient, à sa mort.

« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda Tom.

Harry prit soin de permettre à la réflexion du miroir de voir la concoction nauséabonde et bouillonnante dans le chaudron.

« Il est temps pour toi de mourir, Tom, ricana Harry. À trois », dit-il à Ron et Hermione, qui avaient déjà pris position autour du chaudron.

Ignorant les hurlements de Tom qui lui intimait d'arrêter, Harry compta, et ils laissèrent tomber les trois reliques dans la substance corrosive. Celle-ci gargouilla de façon alarmante et ils reculèrent de plusieurs pas en arrière, fixant le phénomène avec une fascination horrifiée.

« Courez ! » cria Harry quand la surface de la potion commença à monter.

Ils se retournèrent et coururent, mais ils n'allèrent pas bien loin. Ils furent tous les trois projetés sur le sol de pierre et la chambre fut submergée d'une explosion de magie et de lumière blanche.

Cinq secondes. Dix. Vingt. La lumière s'estompa, les laissant étourdis et clignant furieusement des yeux, tandis que la chambre revenait peu à peu à la normale.

Grinçant des dents en sentant l'élancement de douleur dans son épaule quand il se releva, Harry jeta un regard à ses amis pour être sûr qu'ils allaient bien. Tout comme lui, ils ne purent s'empêcher de grimacer quand ils s'assirent. Ils se tournèrent pour voir le chaudron. Harry fut surpris de le voir en train d'émettre des glouglous exactement comme avant qu'ils n'y jettent les Horcruxes. Il fut encore plus surpris quand Fumseck prit son envol et atterrit juste à côté.

« Qu'est-ce qu'il fait ? murmura Ron.
— Il y verse une larme. Je crois, fit Harry, hésitant.
— Il neutralise le poison, leur répondit Hermione. Pour qu'il ne soit plus nocif. »

Quand Fumseck poussa un léger cri, la jeune fille s'approcha précautionneusement du chaudron. La potion s'était déjà calmée et, quand elle la remua, celle-ci changea du verdâtre, qu'elle avait jusqu'alors arboré, à un jaune pâle. Elle prit toutefois la précaution d'enfiler un gant épais et protecteur avant de plonger la main dans le chaudron.

Elle en sortit trois formes reconnaissables et les posa par terre avant de faire disparaître le contenu du chaudron. Harry les regarda. Il pouvait dire ce qu'ils avaient été, mais cela seulement parce qu'il les avait déjà vus avant qu'ils ne soient détruits.

« Mission accomplie, mon pote, dit Ron, un grand soulagement transparaissant dans sa voix.
— Ouais », approuva Harry, se sentant lui-même énormément soulagé.

Ils seraient capables de mener à bien leurs plans, et avec un peu de chance, Voldemort serait mort dans juste cinq jours.

« Vous allez bien, tous les deux ? demanda Hermione avec inquiétude, maintenant que le danger était passé.
— Je me suis cogné au genou, mais je vais bien, dit Ron.
— Juste mon épaule, répondit Harry.
— Et ta tête », fit le roux en pointant le front de son ami.

Surpris, Harry leva la main, et grimaça en sentant l'énorme bosse qu'il trouva. Ses doigts devinrent poisseux de sang.

« Tu ne t'en es pas rendu compte ? demanda Hermione, incrédule.
— Je suis habitué à avoir mal à la tête, répondit le concerné, sur la défensive. Je ne suis pas habitué à ce que mon épaule me fasse mal, par contre. »

Sa tête lui faisait mal, mais ce n'était rien comparé à son épaule.

Ron et Hermione secouèrent tristement la tête, cette dernière elle-même arborait quelques ecchymoses d'un côté. Aussi durent-ils avaler des potions d'antidouleurs avant de tout remballer.

Ils furent tous les trois soulagés une fois sortis et parvenus à Pré-Au-Lard, sous les rayons du soleil. Ils ignorèrent délibérément les regards étranges que leur jetèrent les quelques passants qu'ils croisèrent.

« L'appartement de Fred et George ou directement au Terrier ? » demanda Ron.

Harry secoua la tête.

« Vous devriez aller chez les jumeaux vous nettoyer un peu avant que ta mère ne vous voit, moi je vais aller voir Remus.
— Mais, Harry, il faut qu'on parle de ce qu'on doit faire », protesta Hermione.

Il s'était arrangé pour repousser la plupart de leurs questions à propos de ce qui s'était passé au Ministère, leur répétant qu'il leur en parlerait plus tard. Hermione semblait considérer que "plus tard" signifiait maintenant – leur tâche étant terminée – mais Harry n'était pas du tout d'humeur à en parler.

« Je sais déjà ce que je devrai faire, dit-il. Je vous contacterai bientôt. »

Ne leur laissant pas l'opportunité de protester, il Transplana immédiatement à Grimmauld Place. Il savait que Ron et Hermione seraient mécontents de son départ, mais il n'avait pas vraiment envie de s'en soucier. Les autres, qui l'attendaient sûrement de pied ferme à la maison, ne le laisseraient probablement pas s'en tirer, alors que tout ce qu'il voulait était de rejoindre son lit et se reposer.

Il se traîna à l'intérieur et, bon gré mal gré, descendit les escaliers menant à la cuisine. Il ne fut pas beaucoup surpris d'y trouver tout le monde, occupés à élaborer des stratégies en tout genre.

« Harry ! Que s'est-il passé ? »

Ignorant Draco, le Gryffondor sortit la fiole de poison et la tendit à Severus.

« J'aimerais que vous teniez ça pour moi, dit-il.
— Harry, qu'est-ce que c'est ? demanda sèchement l'adulte.
— Poison acide combiné à du venin de Basilic, répondit le brun avec lassitude. Mortel.
— Je croyais que tu avais dit que ce que tu allais faire aujourd'hui ne serait pas dangereux, intervint son petit ami en élevant la voix. Que ce serait "facile".
— J'ai menti, bien évidemment », fit Harry, se laissant tomber sur une chaise.

Narcissa fut instantanément à ses côtés avec une serviette fraîche, essuyant son front.

« Qu'est-il arrivé à ta tête ? » demanda-t-elle, l'examinant de près.

Harry voulut hausser les épaules, mais grimaça en sentant la douleur dans son épaule et changea d'avis.

« Je suis tombé, dit-il. Je me suis cogné la tête et l'épaule. »

Lucius disparut dans le laboratoire, probablement en quête de potions diverses. Remus versa du thé dans une tasse et la tendit à Harry.

« Bois, dit-il. Tu as l'air d'en avoir besoin. »

Harry sirota son thé pendant que Narcissa lançait des sorts qui soignèrent son front et nettoyèrent son visage.

Sa chemise fut déchirée sans avertissement.

« Hé ! protesta-t-il.
— Je dois examiner ton épaule, et de toute façon ta chemise était perdue, fit calmement Narcissa.
— Merlin, Harry ! s'exclama Draco, regardant l'épaule du jeune homme. Qu'est-ce tu as fait, exactement ? »

Harry baissa le regard et grimaça en voyant l'état de son épaule. Elle était sévèrement enflée, égratignée, et un hématome en couvrait une large partie.

« J'ai fait une assez mauvaise chute », admit-il.

Narcissa prit le baume que lui tendait son mari et commença à le lui appliquer. Lucius lui tendit les autres potions, affichant un petit sourire narquois quand Harry avala la potion antidouleur en premier.

Severus s'assit en face de lui et posa la fiole de poison au milieu de la table.

« Explique, ordonna-t-il.
— J'en ai besoin pour Nagini, répondit le brun. J'ai l'intention de la tuer avec l'épée, et déverser ce poison sur la blessure pour faire bonne mesure. M'assurer qu'elle soit détruite une bonne fois pour toutes. J'ai seulement besoin de la tuer, et alors je pourrai tuer Voldemort. Le reste de ma mission est accompli. »

En dépit de son épuisement, une grande satisfaction transparaissait dans sa voix.

« Qui a préparé ça ? » demanda Severus.

Harry lui jeta un regard en biais.

« Hermione, bien sûr, répondit-il. Ron et moi nous sommes contentés d'extraire le venin du Basilic. »

Les yeux de Severus se fermèrent, donnant l'impression qu'il s'exhortait à la patience.

« Tu as dû combattre un fichu Basilic ? demanda Draco d'une voix forte.
— Non, nous avons juste pris le venin à partir de celui que j'avais tué avant », fit Harry.

Le blond le regarda avec une incrédulité stupéfaite.

« Ainsi donc les rumeurs sur le monstre de la Chambre étaient vraies », fit Lucius.

Harry ricana.

« Ouais, c'était vrai. Et ce n'est nullement grâce à vous que j'ai survécu à ma deuxième année.
— Je suis certain que tu es conscient que j'essayais seulement de discréditer les Weasley », fit l'adulte d'une voix calme.

Le Gryffondor ne voulait vraiment pas entamer une dispute. Il soupira lourdement.

« Ouais, je sais, dit-il. Je sais également que vous avez été sévèrement puni pour ce que vous avez fait et que vous ne savez toujours pas ce que représentait le journal pour Voldemort. »

Draco les regardait tous les deux avec une certaine méfiance.

« Pourquoi est-ce que j'ai toujours l'impression de manquer quelque chose ? demanda-t-il.
— Parce que c'est le cas, répondit simplement Harry.
— Draco, fit Narcissa. Ton père et moi avons jugé qu'il n'était pas nécessaire de te mettre au courant de certains évènements. Nous pensions que tu étais trop jeune, et avons estimé que moins tu en saurais, moins tu serais en danger.
— Et je ne t'ai rien dit à propos de ce qui s'est passé dans la Chambre parce que ce n'est pas un de mes sujets favoris, intervint Harry, incapable de chasser l'amertume de sa voix. Et tu le prends mal quand je traite ton père de bâtard. »

Les mâchoires de Draco se crispèrent automatiquement.

« Harry a raison sur ce point », dit calmement Lucius en s'adressant à son fils.

Harry et Draco le regardèrent, surpris.

Harry secoua la tête.

« Écoutez, dit-il, je n'ai pas envie d'en parler. C'est fini. Je n'aurai plus jamais besoin de retourner dans cette foutue Chambre.
— Si nous pouvions ne serait-ce que revenir à la situation actuelle », ricana Severus.

Harry prit une profonde inspiration.

« Hermione a préparé la potion. Ron et moi avons extrait le venin. J'ai retrouvé les dernières reliques de Voldemort. Nous avons identifié les protections qui y étaient encore apposées. J'ai lancé les contre-sorts en Fourchelang. Nous les avons détruits en les jetant dans ce poison. L'explosion de magie nous a tous jetés à terre. Fumseck a neutralisé la potion. Chacun est retourné chez lui. Fin. »

Et il ajouta :

« Oh, et Hermione s'est occupée de la malédiction posée sur le poste de professeur de DCFM. Les professeurs seront capables d'enseigner pour plus d'un an maintenant.
— Y avait-il vraiment une malédiction sur le poste ? demanda vivement Severus.
— Oui, fit le brun. Voldemort était furieux quand Dumbledore le lui avait refusé à l'époque. »

Il leur expliqua à propos de la pierre qu'il avait trouvée et comment Hermione s'en était occupée avant qu'ils ne la détruisent avec les autres répliques de Voldemort.

« Pourrais-je rejoindre mon lit, maintenant ? » demanda-t-il avec mauvaise humeur, brisant le silence qui s'était installé dans la pièce.

Il était seulement cinq heures, mais il ne s'en souciait pas vraiment.

« Combien de Magie Noire as-tu utilisée aujourd'hui ? demanda Severus, les yeux plissés.
— Assez pour accomplir notre tâche », répondit le brun.

Severus l'observa d'un air pensif pendant de longues secondes.

« Draco, accompagne-le au lit », ordonna-t-il.

Harry voulut répliquer qu'il était parfaitement capable de le faire lui-même, mais se ravisa. Il aurait probablement besoin d'aide pour se laver, étant donné que son épaule continuait à le lancer malgré les potions et le baume.

« Je suis en colère contre toi », dit nonchalamment Draco tandis qu'ils montaient les escaliers.

Il avait enroulé un bras autour de la taille du Gryffondor, le tenant fermement malgré le baume gluant.

« Ouais, c'est correct, fit Harry d'une voix fatiguée. Je savais que tu le serais.
— Tu ne feras plus rien de dangereux, n'est-ce pas ? demanda le blond.
— Pas avant samedi », acquiesça Harry.

Draco renifla légèrement.

« Ouais. Samedi, nous serons tous mêlés à tes agissements dangereux. »


Harry se réveilla seul, grimaçant de douleur. L'état de son épaule aurait dû s'améliorer, mais elle était encore toute enflée et brûlante. Cependant, les éraflures et les hématomes étaient guéris. Un coup d'œil au miroir dans la salle de bain lui montra que sa tête avait l'air normale. Enfin, aussi normale qu'elle l'avait toujours été avec une cicatrice en forme d'éclair sur le front.

Il soupira. Il se sentait au moins reposé, sachant qu'il avait dormi une partie de la soirée et toute la nuit. Et une partie de la matinée. Il ne se donna pas la peine de s'habiller, pas avant qu'il ne trouve quelqu'un pour examiner son épaule. Se demandant pourquoi les autres l'avaient laissé dormir aussi longtemps, il entreprit de descendre les escaliers.

Il se tint brusquement debout à la porte de la cuisine, regardant devant lui d'un air choqué et incrédule. Il eut l'impression que toute la foutue table de la Maison Serpentard à Poudlard avait atterri à Grimmauld Place. Draco était assis au milieu du large groupe d'élèves, ayant l'air aussi arrogant et hautain que jamais.

Harry devait admettre qu'il exagérait un peu, considérant qu'ils étaient seulement une quinzaine d'élèves agglutinés autour de la table, mais cela représentait suffisamment trop d'élèves Serpentard à son goût. Le plus gros choc fut de voir Crabbe et Goyle assis en bout de table. Il était sûr qu'ils n'avaient pas été sur la liste des Serpentards neutres.

Il resta figé sur place, attendant que Draco, n'importe qui, lui explique ce qui se passait. Cela lui apprendrait à dormir autant.

« Oooh, alors c'est vrai, Potter vit vraiment ici. »

Harry regarda la fille qui venait de parler, la reconnaissant finalement comme étant Daphné Greengrass. Elle le regardait de haut en bas et il trouva ça assez dérangeant. Fouillant la table, il localisa Blaise, qui roulait des yeux face au comportement de la blonde.

« Malfoy, voudrais-tu m'expliquer ce qui se passe ici ? » demanda Harry, sa voix s'élevant à chaque mot qu'il prononçait.

Draco était occupé à regarder Daphné, pendant que tout le monde regardait le Gryffondor.

Techniquement, Harry savait déjà qu'ils avaient prévu de faire venir les Serpentards neutres à Grimmauld Place. Winky avait préparé deux larges chambres en guise de futurs dortoirs pour eux. Severus et Lucius les avaient tous les kidnappés. Les familles en seraient malheureusement très inquiètes, mais Voldemort, lui, croirait tout simplement que Severus faisait son travail.

Quand Harry s'était demandé s'il ne serait pas suspect que seuls les Serpentards neutres disparaissent, Severus l'avait informé que Voldemort penserait qu'ils les avaient enlevés pour un entraînement préalable avant de recevoir leur Marque, précisément parce qu'ils étaient neutres.

La procédure dans son ensemble rendait Harry malade, et il s'était férocement opposé à ce plan dimanche dernier. Mais Severus avait insisté sur le recours à cette méthode, dans le but de ne pas provoquer de soupçons alors qu'ils étaient encore capables de protéger les plus vulnérables. Ce groupe de Serpentards resterait en sûreté à la maison jusqu'après la confrontation avec Voldemort.

Harry le savait, mais... selon lui, l'arrivée des élèves aurait dû se dérouler petit à petit tout au long de la semaine. Pas cet afflux soudain. Et Crabbe et Goyle n'étaient pas supposés être là.

Harry voulait juste que quelqu'un s'occupe de son épaule, et il voulait manger, aussi. Il était bien trop tôt pour lui pour digérer le fait qu'il y avait tout un groupe de foutus Serpentards dans sa maison.

« Draco !
— Quoi ? » demanda le blond d'une voix irritée.

Harry le regarda.

« Qu'est-ce qui se passe ici, bordel ?
— Oh, eh bien, je suis trop occupé à te haïr », répondit ostensiblement Draco, roulant des yeux.

Harry le regarda avec incrédulité, et cela lui prit plusieurs secondes pour saisir ce qu'il sous-entendait par là.

« Une idée de Severus ? » demanda-t-il pour en être sûr.

Draco hocha la tête. Severus voulait qu'ils prétendent qu'ils se haïssaient toujours ? Pourquoi ? Cela n'avait aucun sens, alors qu'il était évident qu'ils étaient devenus des alliés dans la même maison. Ce qui voulait dire que Severus ne voulait pas qu'ils montrent aux autres qu'ils sortaient ensemble.

« Non », dit Harry sur un ton catégorique.

Draco eut un large sourire.

« J'ai essayé de lui dire que tu ne serais pas d'accord, dit-il.
— Est-ce que tu avais l'intention de l'écouter ? demanda Harry.
— Oh que non, répondit le blond.
— Où est Severus ? demanda Harry, parcourant la pièce des yeux une deuxième fois (toujours que des élèves Serpentards). Ou n'importe qui d'autre, d'ailleurs.
— Ils se sont tous enfermés dans le labo, répondit son petit ami. Puisque tu as fini ta mission hier, Severus et Père n'ont pas voulu perdre de temps en allant chez tout le monde. Je pense qu'ils discutent surtout de comment les choses ce sont passées hier et ce qu'il faut faire concernant les autres Serpentards pendant la bataille. »

Il balaya la pièce d'un mouvement de bras.

« Nous avons déjà eu une grande réunion tôt ce matin où nous leur avons tout expliqué.
— Ravi de l'avoir manquée », fit Harry.

Il fronça les sourcils en avisant le groupe d'élèves qui écoutait avidement leur conversation. Ils venaient juste de se faire enlever de chez eux – jetés dans une maison avec quatre Mangemorts, un loup-garou, un bébé et Harry Potter – mais ils semblaient largement l'accepter et avaient même l'air détendu, d'après ce que pouvait voir Harry. Était-ce juste un truc de Serpentard qu'il ne comprenait pas ? Il se demanda si une quantité de Potion Calmante devait être préparée.

« Oh, et, je te préviens, Severus n'a pas dormi de la nuit, ajouta Draco.
— Charmant, fit Harry sur un ton sarcastique.
— Ça l'est, pourtant, non ? ricana le blond, s'approchant du Gryffondor. Il y aura une formidable explosion quand il saura que tu as choisi d'ignorer ses ordres. »

Harry leva un sourcil.

« Je ne serai pas le seul, fit-il remarquer.
— Ah, mais tu es le seul qui veut faire face à son courroux, fit Draco tout en enlaçant la taille de Harry de ses bras.
— Hé, fais attention à mon épaule », prévint Harry.

Le sourire de Draco se transforma instantanément en une expression inquiète, et il regarda ladite épaule.

« Je pensais qu'elle serait guérie, maintenant », dit-il.

Harry renifla.

« Ouais, je le pensais aussi, dit-il. Mais je prendrai quand même le baiser que tu comptais me donner. »

Ignorant les hoquets choqués des Serpentards, Draco obtempéra. La main libre de Harry s'accrocha à l'épaule du blond tandis qu'il se faisait goulûment embrasser. Les autres n'auraient aucun doute sur leur relation après ça.

« Eh bien, haleta Harry, c'est une façon d'annoncer les choses. »

Draco s'approcha de son oreille et murmura :

« De toute façon, la plupart d'entre eux auraient tôt fait de le deviner quand ils auront reconnu les bagues que tu portes à ton cou.
— Oh », fit Harry, les yeux s'élargissant.

Sachant qu'il portait seulement un bas de pyjama – le pyjama de Draco, d'ailleurs – les bagues étaient apparentes sur sa poitrine nue.

Draco eut un petit rire, rire qui chatouilla son oreille et le fit frissonner.

« Pas trop envie de t'habiller, aujourd'hui ? demanda-t-il.
— Je n'ai juste pas voulu le faire avant que quelqu'un ne jette un œil à mon épaule d'abord », répondit Harry.

Draco se recula immédiatement, y jetant un autre regard.

« Ça a l'air d'aller mieux, mais c'est toujours aussi enflé qu'hier.
— Ça fait doublement plus mal, pourtant, fit Harry d'un ton sec.
— Bien sûr que ça fait mal, fit le blond d'une voix traînante. Tu as pris beaucoup de potions hier. »

Il lui prit sa main libre.

« Viens, dit-il. Allons voir Maman pour qu'elle y jette un œil. »

Harry resta sur sa position.

« Euh, tu ne crois pas qu'on devrait d'abord voir avec eux ? demanda-t-il. Même si je trouve ça assez drôle de voir des Serpentards en état de choc avec la bouche grande ouverte. »

Draco ricana quand ils se tournèrent vers les Serpentards. Seul Blaise affichait un sourire désabusé en retour. Tous les autres étaient bouche bée et avaient les yeux grands ouverts.

Crabbe fut le premier à briser le silence.

« On n'aura plus à supporter Pansy, alors ? » demanda-t-il à Draco.

Le blond hocha simplement la tête. Harry sentit la soudaine tension qui émana de lui sans pour autant en comprendre la raison.

Crabbe et Goyle hochèrent la tête.

« Bah, s'il peut nous sauver d'elle, alors je n'hésiterai pas à admettre que tout le monde avait raison quand ils disaient que Potter était le Sauveur », fit Goyle.

La tension fut instantanément brisée quand tous éclatèrent de rire. Pansy était manifestement peu appréciée par ce groupe. Le rire de Harry se transforma rapidement en gémissement tant son épaule lui fit mal.

« Que signifie tout ceci ? s'agaça Severus quand il entra dans la pièce, les yeux passant rapidement sur les occupants avant de se poser sur le Gryffondor. Harry ? demanda-t-il brusquement.
— Mon épaule, fit ce dernier en grimaçant. Quelque chose ne va pas, je me suis fait mal juste parce que je riais trop fort.
— Vous riiez ? questionna Severus. Vous tous ?
— Hum, ouais, acquiesça Harry. Crabbe et Goyle ont dit certaines choses qui étaient vraiment drôles. »

Severus arqua un sourcil mais laissa rapidement tomber le sujet. Il regarda ostensiblement les mains enlacées de Harry et Draco, qui bien évidemment ne cachaient pas la nature de leur relation.

« Vous vous rendez compte, tous les deux, que ma suggestion était pour votre propre sécurité.
— Je ne compte pas cacher ma relation plus longtemps que nécessaire, trancha Harry.
— Honnêtement, je n'en attendais pas moins de toi, admit Severus avec calme, choquant Draco. Tu as toujours été honnête. Maintenant, assieds-toi pour que j'examine ton épaule », ordonna-t-il.

Les occupants des chaises les plus proches s'éloignèrent rapidement, permettant à Harry d'obéir à l'ordre.

Severus procéda à quelques vérifications avec sa baguette, donna un petit coup à son épaule et tenta de la faire pivoter.

« Merde, Severus, siffla Harry. Ça fait un mal de chien. »

Severus se contenta de froncer les sourcils.

« Je n'arrive pas à déterminer ce qui ne va pas, admit-il. Avec les potions que tu as prises hier, la douleur aurait dû s'estomper il y a longtemps. »

Harry voulut rouler des yeux, mais se retint.

« Je n'ai plus qu'à aller voir Mme Pomfresh, alors », dit-il d'un ton résigné.

Severus lui fit un petit sourire satisfait. Sourire qui avait plutôt l'air démoniaque, de l'avis du brun.

« En effet, dit l'adulte. Je suis certain qu'elle sera capable de mettre le doigt sur ce qui cloche.
— Je devais retourner à Poudlard de toute façon, admit le Gryffondor. J'y ai oublié l'épée hier. Bon, je ne l'ai pas oubliée, mais je ne voulais pas faire face à McGonagall dans l'état où j'étais. »

Severus fronçait les sourcils d'un air pensif.

« Peut-être que je devrais y aller avec toi.
— Est-ce que vous comptez le lui dire ? demanda Harry avec curiosité. Ça rendra les choses plus faciles pour plus tard. »

Severus hocha la tête.

« Prends ton petit-déjeuner, et pendant ce temps-là, j'en discuterai avec les autres », ordonna-t-il avant de sortir de la pièce.

Harry marmonna :

« Mais bien sûr, je ne peux même pas bouger mon putain de bras et il veut que je prenne mon petit-déjeuner. »

Draco sortit une fiole de potion Antidouleur de la poche de son pantalon et la tendit à Harry après l'avoir débouchée, manifestement sans même y penser.

« Devrais-je te nourrir comme on nourrit Victoria ? » demanda-t-il avec un sourire troublant d'insolence.

Harry lui jeta un regard mauvais.

« Je ne suis pas un foutu bébé », rétorqua-t-il.

La fille assise en face de lui couina soudainement, surprenant Harry aussi bien que les autres. Daphné, se souvint le brun.

« Quoi ? » demanda abruptement Draco.

Daphné regardait la poitrine de Harry.

« C'est la bague du bébé, n'est-ce pas ? »

Ses yeux s'élargirent avant de se lever et de rencontrer ceux de Draco.

« Et ta bague, souffla-t-elle avec étonnement.
— Oui, alors tiens-toi à carreaux », prévint Draco, le regard menaçant.

Elle hocha la tête avec ferveur.

« Je ne savais pas », dit-elle.

Draco continua à la fixer.

« C'est bon, Draco. Je crois qu'elle a compris, dit sèchement Harry. Et tu avais raison à propos des bagues », ajouta-t-il.

Cela attira l'attention de Draco qui lui fit un sourire ironique.

« Je t'avais dit que ça ne leur prendrait pas longtemps pour le deviner », dit-il.

Blaise ricana.

« Si Potter ne se promenait pas à moitié nu, dit-il, cela aurait pris plus de temps.
— Ouais, ouais », fit Harry, sentant ses joues chauffer.

Draco se pencha et l'embrassa doucement.

« Aurais-tu honte de moi, Harry ? murmura-t-il contre ses lèvres.
— Non, bien sûr que non », dit Harry.

Il se sentait juste extrêmement nerveux à être assis là au milieu d'un groupe de Serpentards en train d'admettre à quel point il était attaché au blond, alors qu'il ne portait que son bas de pyjama.

Draco souriait largement quand il s'éloigna.

« Décale-toi un peu, que je puisse m'asseoir.
— Dégage, Draco, dit Harry. Je ne suis pas assez stupide pour te laisser t'asseoir du côté de mon épaule blessée. »

Draco ricana et s'assit de l'autre côté de son petit ami.

« Ça valait le coup d'essayer », dit-il.

Winky apparut avec un plat de nourriture pour Harry, et celui-ci sourit quand il le regarda. Tout ce qu'elle lui avait apporté pouvait être mangé avec les doigts.

« Merci, Winky.
— De rien, Maître Harry, dit-elle, lui offrant un large sourire avant de disparaître.
— T'es pas drôle, Harry », se plaignit Draco de sa voix traînante.

Le Gryffondor grimaça avant de fourrer une saucisse dans sa bouche.

Daphné parla de nouveau, les regardant avec fascination.

« Est-ce que c'est toujours comme ça, par ici ? demanda-t-elle, perplexe.
— Oh, non, répondit Draco d'un air innocent. Aujourd'hui est un bon jour. »

Harry s'étouffa avec sa saucisse et Draco lui tendit doucement un verre d'eau.

« Tiens, mon amour », dit-il, la voix traînante.

Harry leva les sourcils tandis qu'il avalait. Il but tout le verre pour faire passer la nourriture et éviter de s'étouffer pour de bon.

« Même Potter se demande qui tu es, Draco », dit Blaise avec ironie.

Draco roula des yeux avant de se lever.

« Je suis Draco Malfoy », annonça-t-il avec hauteur.

Il posa une main sur l'épaule de Harry.

« Et voici mon petit ami, Harry Potter.
— Et voici mon petit ami, Draco Malfoy, quand il est dans son trip de pouvoir, marmonna Harry.
— Ferme-la, Harry, dit calmement Draco tandis qu'il se laissait tomber sur sa chaise et que les autres se mettaient à ricaner. Tu ruines ma réputation. »

Harry arqua un sourcil.

« Draco, dit-il, tu as toi-même ruiné ta foutue réputation.
— Ouais, bon, je suppose qu'il était temps que j'en aie une nouvelle, de toute façon, admit celui-ci. L'autre devenait un peu désagréable, en fait.
— Tu crois ? demanda Harry, sarcastique. Tes brutes ne supportaient même pas d'être avec toi, mais ça doit être parce que tu as décidé de les habiller en filles. »

Il fit une pause, se remémorant la fête de l'enterrement de vie de garçon de Bill.

« Euurk ! Je n'avais vraiment pas besoin de mélanger ces images. »

Il avait apparemment trop bu cette nuit-là pour se souvenir de ce rapprochement.

Draco sourit d'un air diabolique.

« Ah, je crois que je vais garder certains aspects de mon ancienne réputation, finalement.
— Draco, t'es dégoûtant, dit Harry, fronçant le nez.
— Non, ils étaient dégoûtants, corrigea le blond. Mais tu es sexy en jupe », murmura-t-il dans l'oreille de Harry, le faisant frissonner.

Ce dernier le repoussa.

« Va jouer avec tes copains, que je puisse manger en paix. »

Draco se contenta de rire.

« Tu sais, Draco, dit Blaise d'un air songeur. Ça fait longtemps que je ne t'ai plus vu te comporter comme ça. »

Les autres Serpentards hochèrent la tête. La plupart semblaient être encore éberlués. Cependant, quand Harry retourna à son petit-déjeuner, les conversations reprirent lentement çà et là. Il songea que beaucoup d'entre eux, bien qu'ils soient Serpentards, avaient probablement peur de Draco.

Il fronça les sourcils en direction de son petit ami. Il était plus joyeux aujourd'hui, et Harry comprit finalement qu'il essayait d'aider les autres à se détendre. Il essayait également de leur donner une impression sur lui qui était totalement différente de celle que l'ancien dégageait. Draco restait toujours un leader, mais il dirigeait de façon un peu différente maintenant.

« Quoi ? » demanda Draco avec circonspection, captant le regard du brun.

Harry se pencha pour lui chuchoter à l'oreille :

« Je t'aime », dit-il simplement.

Draco se recula, surpris. Ce n'était pas quelque chose qu'ils se disaient très souvent, et il ne s'attendait certainement pas à l'entendre à cet instant. Draco lui donna un lent sourire, un rapide baiser, avant de retourner à son débat sur les réputations auquel participait Blaise et quelques autres Serpentards.

Harry secoua la tête d'amusement, avant de retourner à son petit-déjeuner.

À suivre...