Titre : Secrets
Auteur :
Vorabiza
Traductrices : merryme, Miss Sona
Bêta : Mounette
Genre : Romance, Aventure
Rating : M
Avertissements : Slash, HPDM & SSRL
Disclaimer : rien n'est à moi, etc. Je ne suis que la traductrice. God bless J.K. Rowling, Vorabiza and cosmos12399.

Note : encore en retard, ahem. Ça commence à devenir une (très) mauvaise habitude. J'espère que vous me pardonnerez ! J'ai eu un semestre très chargé et pas beaucoup de temps libre (ni d'énergie, j'avoue) pour traduire. J'ai horreur des contrôles continus et j'en ai juste eu plein. D'ailleurs, mes examens finaux sont programmés pour juste après les vacances, et à l'heure où j'écris ces mots, je suis censée réviser. Misère. Mais pas de quoi vous sentir coupables, je suis aussi un peu procrastinatrice sur les bords, huh.

Pas de réponses aux reviews cette fois aussi. Mille pardons. J'espère me faire pardonner avec ce chapitre – quelque chose me dit qu'il vous plaîra, hu hu hu.

Voilà, bonne lecture !

- Secrets -
Chapitre 45

« Reste tranquille, ordonna Draco.
— Tes mains sont posées sur mon pantalon et tu veux que je reste calme », grommela Harry.

Draco fit une pause.

« Touché (*), fit-il.
— Merde, Draco ! s'exclama Harry avec exaspération. Je devrai enlever cette foutue chemise une fois à Poudlard, de toute façon.
— Tu ne peux pas porter une chemise boutonnée et ne pas la faire rentrer dans ton pantalon, dit Draco sur un ton bien trop raisonnable au goût du brun. Et tu dois porter une chemise à cause de ton épaule. »

Soupirant d'impatience, Harry abandonna et se laissa faire.

« Est-ce que tu comptes m'habiller dans l'infirmerie de Poudlard, aussi ? demanda-t-il sarcastique.
— Si besoin est », dit le blond.

Il le regarda à travers ses cils.

« Tu devrais déjà savoir que tu n'auras pas le dernier mot quand il s'agit de vêtements. »

Harry lui tira la langue d'un air gamin. Souriant, Draco secoua la tête et reprit là où il s'était arrêté, rentrant la chemise du brun dans son pantalon et attachant sa ceinture.

« Voilà », dit Draco avec satisfaction.

Harry roula des yeux. La fascination de Draco pour les vêtements l'irritait quelques fois, mais il devait bien admettre qu'il était très agréable de voir comment celui-ci le parcourait des yeux. Comme maintenant.

« Pourquoi est-ce que je me suis donné tant de mal pour te faire porter ces vêtements ? » demanda Draco.

Harry sourit, décidant que ça avait valu le coup.

« Parce que tu m'aimes », dit-il d'un air suffisant, se dirigeant nonchalamment vers la porte tout en sachant que Draco le suivait des yeux.

« Ouais, c'est ça, fit celui-ci d'un voix traînante. Cela n'a absolument rien à voir avec ce pantalon qui moule ton derrière. »

Harry rit, ses soupçons confirmés. Cependant, il sentit la nervosité le tenailler, tandis qu'ils s'approchaient de l'entrée où Remus et Severus les attendaient, Capes d'Invisibilité en mains. Pourquoi rien n'était jamais simple ?

Draco et Severus dissimulés sous les capes, ils se mirent tous les quatre en route vers Poudlard.


« M. Potter, que faites-vous ici ? » s'exclama Pomfresh quand il entra dans l'infirmerie.

Accompagné de Severus, Remus était parti devant pour parler avec McGonagall. Draco était resté avec lui, bien qu'encore caché sous la cape.

« Je me suis blessé à l'épaule », admit-il.

Il lui raconta comment elle avait été soignée la veille, sans grand succès. Elle procéda à quelques examens avant de claquer la langue d'un air désapprobateur.

« Vous auriez dû venir me voir en premier lieu, Harry, reprocha-t-elle. Ce sera assez douloureux à remettre en état. »

Harry grimaça.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda-t-il.
— Vous vous êtes déboîté l'épaule, dit-elle, mais pas de la manière à laquelle on pourrait penser dans ce genre de cas. Généralement, quand une personne se déboîte l'épaule, le bras se décroche de la cavité articulaire. Vous, par contre, vous avez rentré l'os dans la cavité articulaire. Ce sera assez douloureux de la remettre en place. Après, les potions et le baume serviront à compléter la guérison.
— Charmant, marmonna Harry, sarcastique.
— Je vais devoir vous immobiliser, prévint Pomfresh.
— Quoi ?!
— Je ne peux risquer que vous bougiez pendant que je remets les os en place », dit-elle avec brusquerie.

Elle s'affaira dans un placard de fournitures et rassembla plusieurs fioles.

« Tenez, buvez ça, ordonna-t-elle quand elle retourna vers lui.
— Qu'est-ce que c'est ? demanda prudemment Harry.
— Un analgésique très concentré », dit-elle.

Elle leva une fiole en l'air pendant un instant.

« Ceci est un puissant anesthésique. Je vais le passer sur votre épaule, ça aidera aussi à soulager la douleur, expliqua-t-elle. Vous la sentirez toujours, mais ce sera moins douloureux. »

Harry n'était pas particulièrement rassuré quand elle le poussa à s'allonger sur le lit avant de l'immobiliser. Il avait l'impression qu'il se serait senti plus à l'aise si elle l'avait simplement stupéfixié.

Deux minutes plus tard, quand elle remit les os en place, il cria.

« Le plus dur est passé », le rassura-t-elle quand elle le libéra des liens et commença à nouer une écharpe pour soutenir son bras.

Harry la regarda, haletant fortement. Il évita tant bien que mal de penser à ce que cela aurait été sans les fichus analgésiques. Même après les avoir pris, il pouvait toujours sentir un élancement sourd.

« Vous devriez vous sentir mieux demain, dit-elle. Je n'essaierai pas de vous retenir ici, contrairement à ce que j'aurais voulu. Mais vous prendrez ces potions ce soir pour aider la guérison. Pas d'activité intense, et modérez les mouvements de votre épaule au plus strict minimum pour le reste de la journée.
— Oui, ma'am », soupira Harry, acceptant les potions et les enfouissant dans sa poche d'un air gêné.

« Merci. »

Elle lui offrit enfin un sourire.

« De rien, M. Potter, dit-elle. Essayez quand même d'éviter les problèmes. »


« Draco ? » murmura Harry.

Même son chuchotement sembla résonner trop fort dans les couloirs vides.

« Où es-tu ? »

L'air chatoya près de lui avant que Draco n'enlève la capuche de la cape. Harry contempla la couleur vaguement verdâtre du visage de son petit ami.

« Tu vas bien ? demanda-t-il avec inquiétude.
— J'aurais dû aller avec Remus, et Severus aurait dû venir avec toi », dit Draco, déglutissant péniblement.

Harry le regarda avec incrédulité.

« Tu te sens mal à cause de ce que j'ai enduré dans l'infirmerie ? »

Draco le fixa d'un air penaud.

« Ouais », admit-il.

Harry commença à rire. Il pouvait se le permettre avec les analgésiques que Mme Pomfresh lui avait donnés.

« Arrête de rire, dit Draco, l'air renfrogné. C'était horrible de t'entendre souffrir autant. »

Harry s'arrêta.

« Je suis désolé, dit-il. Je me sentirais mal aussi, si je devais te regarder subir quelque chose du même genre. »

Draco haussa les épaules.

« Je mourrais probablement de douleur », dit-il.

Harry tourna la tête de sorte que Draco ne puisse pas le voir sourire. Le blond devenait une chochotte quand il était question de souffrance physique.

« Je croyais t'avoir dit d'arrêter de te moquer, dit ce dernier d'un ton contrarié.
— Bon, penses-y de cette façon, dit Harry. Tu as fait un excellent travail en me remontant le moral après que j'aie dû endurer ça.
— Je te déteste, Potter, grommela Draco.
— J'te déteste aussi, Malfoy », dit Harry, souriant largement.

Draco lui jeta un regard en biais avant de lui offrir un demi-sourire en retour.

Quand ils s'approchèrent du bureau du Directeur – de la Directrice, Harry se força mentalement à accepter ce changement – Draco se couvrit totalement avec la cape. La gargouille de pierre était déjà déplacée quand ils montèrent les escaliers en silence.

« M. Potter, l'accueillit McGonagall. Nous vous attendions. Comment se porte votre épaule ?
— Hum, je me la suis déboîté, dit-il. Ça n'a pas été très plaisant de la remettre en place, mais Mme Pomfresh a dit que ça devrait aller mieux d'ici demain. »

Il s'assit sur la chaise qu'on lui offrit.

« Remus me disait que vous êtes ici pour prendre l'épée, dit-elle, l'air désapprobateur. Vous êtes conscient que je ne peux pas vous laisser la sortir du château.
— Vous changerez d'avis, fit Harry d'un air grave.
— M. Potter, cette épée est d'une valeur inestimable, insista-t-elle.
— J'en suis conscient, concéda Harry. C'est l'épée de Gryffondor et son unique relique encore restante. Voldemort l'a aussi voulue désespérément depuis plusieurs années. »

Elle cligna des yeux, l'air étonné.

« Eh bien, il semblerait que vous soyez encore plus conscient que moi de son importance. »

Harry prit une longue inspiration. Il était temps de se jeter à l'eau.

« J'en ai besoin parce qu'on compte mener la bataille finale samedi prochain. Dans quatre jours, je devrai utiliser cette épée pour tuer Nagini et pour pouvoir ensuite tuer Voldemort. »

McGonagall le regarda dans un silence ahuri, et Harry continua :

« J'ai passé tout l'été à y travailler, dit-il. Mais on m'a plus aidé que ce que la plupart des gens pensent. J'ai travaillé avec Severus. J'habite à Grimmauld Place avec lui et les Malfoy. Les Serpentards neutres aussi s'y sont réfugiés vu que Voldemort compte les marquer, et nous sommes en train de tout mettre en place pour que je puisse tuer Voldemort samedi.
— Harry ! s'exclama Remus. Est-ce que tu as l'intention de donner à cette pauvre femme une attaque cardiaque ? »

Harry sourit d'un air contrit.

« Euh, non. J'ai juste pensé qu'il serait préférable de tout mettre au clair une bonne fois pour toutes, dit-il.
— En effet, dit sèchement Severus, s'écartant de la cape.
— Je suppose que ceci veut dire que je dois sortir aussi », fit Draco de sa voix traînante, enlevant sa cape et se juchant sur le bord de la chaise de son petit ami.

Remus grogna de désespoir alors que la pauvre McGonagall les regardait, bouche bée et en état de choc.

« Severus, mon garçon, c'est un plaisir de te voir. »

Harry se figea, de même que Severus et Draco. Il tourna lentement la tête en direction du portrait le plus proche. Il avait évité de le regarder jusqu'à présent, mais dans son état de choc, il fut irrésistiblement attiré vers lui.

« Ah, et M. Malfoy, je suis ravi de vous voir ici, continua Dumbledore. Et il semblerait que tu te portes bien, Harry, s'adressa-t-il au Gryffondor... Remus, quelle surprise de te voir », dit-il sur un ton jovial.

Harry sentit qu'il allait être malade. Il jeta un regard prudent en direction de Severus et Draco. Ils étaient tous les deux devenus blancs. Il chercha la main de Draco à l'aveuglette, la serrant dans un geste rassurant une fois qu'il l'eut trouvée. Seulement, il ne savait pas si c'était pour se rassurer lui-même ou son petit ami. Draco serra sa main en retour et le brun décida que le geste avait marché pour tous les deux.

Il se sentait étourdi et pas vraiment préparé pour ça.

« Je pense qu'un thé est de rigueur, Minerva, dit Dumbledore avec douceur.
— Mais Albus - », elle s'interrompit, semblant renoncer à argumenter avec le portrait.

Elle fit apparaître du thé, et le silence régna tandis que tous, y compris Severus, sirotaient docilement leurs thés. Severus en particulier, peut-être, pensa Harry. Le Mangemort semblait largement plus ébranlé qu'eux tous réunis. C'était perturbant, sachant qu'il était d'habitude posé et toujours en possession de ses moyens.

Harry termina son thé et reposa sa tasse. Immédiatement après, Draco reprit sa main et la serra. Le blond était encore juché sur le bord de la chaise et Harry le regarda avec inquiétude. Lui-même commençait à se sentir un peu mieux, mais Draco semblait encore bouleversé. Décidant qu'il ne se souciait pas de ce que penserait McGonagall ou Dumbledore, il se leva abruptement avant de pousser Draco à s'asseoir sur la chaise et de se pelotonner sur ses genoux. Ils seraient alors tous les deux à l'aise.

McGonagall haleta de surprise, mais le portrait de Dumbledore se contenta simplement de glousser.

« Dehors. Tous, dit Severus, le ton dur.
— Severus, je ne peux... »

La vieille femme regardait Severus avec un mélange de sympathie et de désapprobation.

« Dehors, répéta-t-il.
— Professeur McGonagall, laissez-le faire, dit doucement Harry. S'il-vous-plaît. »

Elle étudia la tête inclinée de Severus pendant plusieurs secondes, avant de faire de même avec Harry.

« Très bien, dit-elle.
— Harry, reste, fit Severus.
— Severus, je devrais y aller aussi », dit l'adolescent.

Il ne voulait pas assister à cette confrontation.

« Reste », ordonna Severus.

Harry regarda Draco et Remus d'un air impuissant, mais ils l'encouragèrent silencieusement à rester avec le Mangemort. Draco semblait soulagé de quitter la pièce, bien qu'il ne détournait pas son regard inquiet de son petit ami. Remus lui dit alors qu'ils seraient dans la classe la plus proche et qu'ils expliqueraient tout à McGonagall.

Harry fut soudainement laissé seul avec Severus... et Dumbledore.

« Severus, tu ne veux sûrement pas que je sois présent, dit-il, tentant de le dissuader une dernière fois. Ceci devrait être privé. »

Severus l'ignora. L'homme était resté debout, mais maintenant il transforma deux chaises en canapé qu'il fit léviter jusqu'en face du portrait. Il s'y assit et fit signe à Harry de venir s'asseoir avec lui. Non sans réticence, celui-ci obéit.

« Mes chers garçons, vous ne pouvez vous imaginer combien vous voir ici me remplit de joie », dit Dumbledore.

Ni Harry ni Severus ne répondit. Harry ne savait pas ce qu'il était supposé dire à un homme à la mort duquel il avait contribué, et il pensa que Severus devait avoir le même problème.

Dumbledore soupira.

« Minerva a eu l'amabilité de me mettre au courant des événements, dit-il. Je suis conscient que vous vous reprochez probablement ma mort. Je me demande si vous avez tous les deux, peut-être, oublié que j'étais un vieil homme, mais capable de faire mes propres choix. Je savais que ma mort était proche et j'ai pris les meilleures décisions possibles.
— Vous m'avez forcé, ainsi qu'un enfant, à contribuer à votre assassinat », dit férocement Severus.

Harry se tassa sur les coussins quand Severus se leva abruptement. Là où il avait été sombre et docile, il était maintenant un homme cédant à une fureur extrême. Severus déchaîna alors toute sa rage sur le portrait, crachant d'horribles et abominables paroles de colère et de haine contre lui-même.

Pour la première fois, Harry entendit tout du point de vue de Severus. Il en avait déjà deviné la plus grande part, mais l'entendre, surtout de cette manière, était extrêmement difficile à endurer. Severus décrivit tout depuis cette nuit fatidique de la mort de Dumbledore.

Ses soupçons à propos des tentatives de Severus pour sauver Flitwick, Hermione et Luna se confirmèrent. Il entendit sa peur pour son filleul qu'il s'était senti incapable de sauver. Il écouta son mépris pour lui-même pour avoir été forcé à tuer le seul homme à avoir jamais eu foi en lui. La rage de Severus reprit de nouveau le dessus pour avoir été traité de lâche par Harry. Sa certitude que sa vie était finie quand il avait Transplané en dehors de Poudlard. Sa détermination absolue à aller jusqu'au bout.

Harry se recroquevilla au bout du canapé, incertain quant au fait que Severus se souvienne même qu'il était là. Il se sentait comme un intrus, mais il ne tenta pas de partir et d'attirer l'attention. Un Severus en rage n'était pas quelqu'un à prendre à la légère. Des larmes silencieuses roulèrent sur les joues du Gryffondor, celui-ci ne pouvant rien faire, hormis regarder et écouter en silence.

Harry revit la nuit dans sa totalité de la perspective de Severus. Pourtant, celui-ci avait clairement plus de choses à dire à Dumbledore, car Harry l'entendit évoquer un certain nombre d'anciennes conversations. Il était forcé de l'écouter, avec horreur, décrire ses devoirs de Mangemort. La peur constante et le dégoût de soi.

Finalement, l'adulte se laissa tomber sur le canapé, le corps secoué de sanglots. Incertain, Harry se demanda ce qu'il devait faire. Il se sentait déjà perdu dans une sorte d'univers alternatif à la vue de Severus s'effondrant d'une façon au delà de tout ce qu'il avait imaginé. Il se rapprocha et s'appuya simplement sur lui, lui offrant un réconfort silencieux.

Harry jeta un regard au portrait de Dumbledore. L'homme donnait l'impression d'être une entité divine, projetant une impression de sérénité tandis qu'il les regardait avec une inquiétude bienveillante. Harry frissonna. C'était juste un portrait. Ils étaient en train de faire la paix avec un foutu portrait. Il y avait quelque chose de perturbant dans cette simple idée, mais... c'était reposant, malgré tout. N'importe quelle paix était la bienvenue, peu importe d'où elle venait.

Dumbledore hocha la tête en sa direction d'un air approbateur, et Harry sentit un peu de cette paix l'envahir. Ce n'était pas toujours facile, mais il semblait qu'il prenait les bonnes décisions.

La respiration de Severus se fit plus calme.

« Je suis désolé, Albus, murmura-t-il.
— Tu n'as pas à t'excuser, Severus, dit gentiment Dumbledore. Je suis vraiment fier de toi. Je pense que tu cherches encore le pardon de deux autres personnes, et je suis sûr que Harry t'a déjà pardonné. Tu as seulement besoin de te pardonner à toi-même, désormais. »

Severus garda le silence pendant de longues secondes.

« Je m'étais toujours considéré comme quelqu'un qui apprend vite, dit-il. Mais je pense que Harry a appris une grande partie de vos leçons plus vite que je ne l'ai fait.
— Vous avez chacun appris des leçons différentes pour survivre, répondit Dumbledore. Cependant, je pense que les choses sont en train de changer, maintenant.
— En effet, acquiesça Severus, l'humour pince-sans-rire de nouveau perceptible dans sa voix. Si vous voulez bien m'excuser. Je suis sûr que Harry a certaines choses dont il voudrait vous parler. »

Surpris par le changement abrupt d'atmosphère, Harry s'assit droit avant d'être aussitôt déconcerté par Severus faisant une pause pour lui embrasser le front. L'adulte lança alors un sort de Silence pour lui, disparaissant ensuite dans un tourbillon de robes.

Dumbledore gloussa devant l'expression confuse de Harry.

« Severus et toi en avez fait bien du chemin pendant ces derniers mois.
— Hum, oui », dit Harry, le regard toujours fixé sur la porte par laquelle Severus était sorti.

Harry supposa qu'elle menait aux quartiers privés du Directeur – Directrice.

« Aurais-tu toi aussi besoin de dire ce que tu as sur le cœur ? » demanda Dumbledore avec gentillesse.

Ramenant son regard vers le portrait, Harry expira lourdement. Il n'avait pas voulu lui faire face. Il lui rappelait seulement la mort de Dumbledore. Maintenant, il se sentait plutôt stupide d'en avoir été effrayé. Il rappelait davantage la vie de l'homme et tout le bien qu'il avait fait, notamment en tant que Directeur de Poudlard. Toutes les leçons importantes qu'il avait enseignées tout au long de sa vie.

« Non, je pense que ça ira, dit Harry, et il le pensait vraiment. Mais... vous... vous m'avez manqué – il regarda en direction de la porte – et à Severus aussi.
— Vous avez l'air d'avoir appris, durant mon absence, à aller l'un vers l'autre à chaque fois que vous aviez besoin de conseils, dit Dumbledore, dont les yeux semblaient scintiller même à travers le portrait. Cependant, le Sort de Silence semble indiquer que tu n'as pas mis Severus au courant de tout.
— Euh, non », admit Harry.

Tentant d'ignorer l'étrangeté de discuter avec un portrait, il lui expliqua tout ce qu'il put concernant les Horcruxes. Severus revint avant qu'il n'ait fini, l'air calme et revenu à la normale, et il s'assit en attendant patiemment que Harry ait terminé.

« Harry, tu as vraiment fait du bon travail », dit Dumbledore, sa fierté clairement perceptible dans ses mots.

Harry se sentit rougir de fierté et de plaisir à l'entente de ces mots. Il enleva le Sort de Silence et laissa Severus expliquer le reste.

Enfin, Harry et Severus rejoignirent les autres. L'adulte fit une pause en bas des escaliers.

« Merci, Harry, dit-il, solennel.
— Hum, de rien », dit ce dernier, pas exactement sûr de ce qu'il avait fait pour mériter des remerciements.

Severus lui sourit d'un air désabusé.

« Tu as grandement contribué à améliorer mon bien-être pendant cet été », dit-il.

Harry haussa son épaule valide, mal-à-l'aise.

« Je n'ai rien fait de particulier », dit-il.

Severus secoua la tête.

« Viens, gamin », dit-il affectueusement, menant le chemin vers leur destination.

Harry tourna la tête en direction des escaliers. Ce matin, Severus avait finalement trouvé la paix, la vraie, là haut. Il ne serait probablement jamais considéré comme quelqu'un de sympathique selon les standards des autres, mais peut-être que l'adulte serait finalement capable de vivre sans cet amer dégoût de lui-même qui l'avait toujours animé.

« Harry », l'appela Severus avec un brin d'impatience et en roulant des yeux.

Harry sourit.

« J'arrive, Monsieur », dit-il.

Severus ne serait pas Severus s'il devenait trop gentil, mais avoir un côté plus humain était quand même un bon changement.

Quand ils entrèrent dans la pièce où se trouvaient Draco, Remus et McGonagall, ceux-ci se tournèrent nerveusement vers eux. Tous les trois plissèrent les yeux en avisant l'apparence de Harry.

« Ne dites rien, j'ai l'air débraillé », dit Harry, sarcastique.

Severus sourit d'un air amusé.

« Oh, j'avais oublié de te suggérer de te nettoyer un peu », dit-il doucement.

Harry roula des yeux.

« Vous avez juste pensé qu'il serait amusant de voir leurs réactions, accusa-t-il.
— Possible », concéda Severus.

Remus se frotta le côté du visage.

« Bon, au moins vous avez l'air d'aller bien », dit-il avec un mélange de résignation et de soulagement.

Tandis que Severus se dirigeait vers Remus et McGonagall pour leur parler, Draco tira Harry de l'autre côté pour arranger ses vêtements.

« Merlin, Harry, tu fais peur à voir », dit le blond.

Harry resta immobile tandis que son petit ami remettait sa chemise dans son pantalon, lissant ses vêtements et nettoyant son visage avant de lancer des glamours pour cacher ses yeux rougis.

« Tu as bientôt fini de me traiter comme un garçon de cinq ans ? » demanda-t-il amusé.

Draco souffla.

« Tu ne peux pas le faire toi-même à cause de l'état de ton bras. »

Harry ricana.

« Draco, dit-il, tu essaies de m'habiller même quand je suis parfaitement capable de le faire moi-même.
— Bah, il te faut quelqu'un pour t'apprendre à le faire correctement », dit Draco avec hauteur.

Harry secoua la tête.

« Rappelle-moi encore pourquoi je te supporte », dit-il.

Draco lui donna le baiser qu'il attendait, et Harry fut physiquement rappelé pourquoi il supportait les habitudes de Draco. Aucun des deux ne voulait que ça aille trop loin avec trois adultes dans la pièce, aussi Harry posa sa tête sur l'épaule de Draco, parfaitement enveloppé dans son étreinte.

« Severus a l'air... satisfait, murmura le blond. Que s'est-il passé là-haut ? »

Harry bougea de sorte qu'il puisse voir les autres. Severus n'avait pas l'air heureux, compte tenu du sérieux de leur conversation, mais il avait effectivement l'air plus satisfait. Il y avait en lui une nouvelle sérénité qu'il n'avait jamais eue avant.

« Je pense, peut-être, que Severus a finalement été capable de se pardonner pour tout ce qui était arrivé », dit doucement Harry.

Cela prenait du temps pour Harry, et il en serait certainement de même pour Severus, mais au moins c'était un début.

« Le pardon n'est pas une chose facile, pas vrai ? » demanda Draco.

Harry se recula suffisamment pour le regarder dans les yeux.

« Tu veux monter avec moi dans la tour d'Astronomie ? » demanda-t-il.

Draco écarquilla les yeux, et il commença automatiquement à secouer la tête, avant que ses yeux ne se posent sur Severus. Il fixa l'adulte pendant de longues secondes avant de regarder son petit ami et de hocher la tête.

« On revient », annonça Harry, sans plus s'expliquer.

Tenant fermement la main de Draco, il le mena hors de la pièce. Draco méritait de ressentir un peu de la même paix que lui et Severus avaient ressentie, et le Gryffondor était déterminé à faire tout ce qui était en son pouvoir pour l'y aider.

Ce qui équivalait à une visite à la Tour d'Astronomie. Harry s'assit sur les marches et laissa Draco continuer seul, parce qu'il lui semblait que c'était ce qu'il voulait. Harry s'était attendu à être plus perturbé, cependant il réalisa que rien n'était susceptible d'être aussi intense que d'écouter Severus laisser libre cours à sa rage et s'effondrer presque aussitôt.

Harry fut sur ses pieds en un instant quand Draco prononça son nom. Il ne fut pas surpris de le trouver en train de pleurer, ni qu'il se jette dans ses bras. Il ignora l'inconfort occasionné à son épaule et l'enlaça étroitement.

Il parcourut la tour des yeux, s'attardant sur l'endroit d'où Dumbledore était tombé. Il déglutit difficilement, mais cette fois ses yeux restèrent secs.

« J'ai besoin de parler avec Severus », dit Draco d'une voix étranglée.

Harry hocha simplement la tête. Il mena son petit ami en bas et ils se séparèrent brièvement, le temps que Harry aille chercher Severus.

« Draco voudrait vous parler », dit-il doucement.

Severus le regarda d'un air sévère, mais sortit immédiatement de la salle de classe sans poser de question. Harry regarda en direction de la porte et espéra que Draco se ferait pardonner par Severus.

« Harry, tout va bien ? » demanda Remus avec inquiétude, détournant son attention de la porte.

L'adolescent le regarda avant de s'asseoir et de l'étreindre.

« Ouais, je pense, dit-il.
— Il semblerait qu'aujourd'hui se soit transformé en session de thérapie pour vous trois, pas vrai ? » demanda Remus.

Harry hocha la tête.

« Est-ce que les sorciers y ont recours ? » demanda-t-il avec curiosité.

Il n'en savait pas grand chose, mais il avait lu un peu à ce propos quand Oncle Vernon avait menacé de l'envoyer chez un psychiatre dans l'espoir que ça aiderait à le débarrasser de son 'anomalie'. Tante Pétunia l'en avait dissuadé, affirmant qu'avoir un aliéné dans la famille en entacherait la réputation.

Remus eut un petit rire.

« Tu veux dire, comme des psychiatres ? demanda-t-il.
— Bah, oui, dit Harry.
— Il existe effectivement une branche de Médico-magie qui se concentre sur l'esprit, dit Remus – Il fit une pause – Même si je ne suis pas sûr que Severus soit conscient de leur existence. »

McGonagall renifla, approuvant ses dires.

Harry la regarda.

« Est-ce que vous, euh, n'avez pas d'objections concernant tout ça ? demanda-t-il, nerveux.
— Harry, j'ai été très étonnée d'apprendre tout ce que tu as décidé de faire durant cet été, dit-elle. Néanmoins, je reste extrêmement fière de tout ce que tu es parvenu à accomplir. »

Elle regarda en direction de la porte.

« Et oui, je te suis reconnaissante d'avoir réussi à ramener Severus, ainsi que M. Malfoy, de notre côté.
— Severus n'était jamais parti », dit Harry.

McGonagall le fixa d'un air pensif.

« Tu n'as pas tort, Harry, dit-elle. Et il est préférable que je ne l'oublie pas. »


Harry fut de nouveau surpris quand il revint à Grimmauld Place et entra dans la cuisine. Comment avait-il fait pour oublier que la maison avait été envahie par une horde de Serpentards ? Ça le dépassait complètement. Il salua Narcissa et permit à Draco de le pousser dans une chaise quand celui-ci perçut son hésitation.

L'apparence de Harry et Severus jeta un silence dans la pièce. L'homme les congédia poliment, puis le groupe habituel se réunit autour de la table. Quand plus aucun Serpentard ne resta dans la pièce, Harry regarda en direction de Severus, assis de l'autre côté de la table.

« Bien, et maintenant ? » demanda-t-il.

L'entraînement était hors de question à cause de l'état de son épaule, et il n'était pas sûr de ce qu'il pourrait faire d'autre.

Severus grimaça, suscitant un regard méfiant de la part du Gryffondor.

« Maintenant que nous disposons du soutien du Ministère et de la Directrice, dit-il, peut-être qu'il est temps d'avoir celui des Weasley. »

Harry écarquilla les yeux, alarmé. Pourtant, ils avaient prévu de le faire un peu plus tard dans la semaine. Il savait que ce moment arriverait, mais il n'était pas préparé à ce que ce soit maintenant. Il n'était pas pressé d'expliquer les choses à Ron et Hermione.

« Est-ce que tu préférerais le leur dire après l'avoir fait avec le reste de l'Ordre ? demanda Severus sur un ton doucereux.
— Euh, non, admit Harry.
— Nous n'avons pas besoin d'y aller, pas vrai ? demanda son petit ami.
— Tu survivras, l'informa Severus.
— Harry ne peut même pas se défendre maintenant, tenta de nouveau son filleul. Nous devrions attendre un peu.
— Harry n'aura pas besoin de se défendre contre ses propres amis, fit remarquer Severus.
— Mais il ne pourra pas me protéger d'eux », lâcha le blond.

Harry le regarda avec incrédulité pendant quelques secondes avant de commencer à ricaner. Il enveloppa la taille de son petit ami avec son bras valide.

« Je trouverai un moyen de te protéger, mon amour », dit-il, sans cesser de ricaner.

Draco lui lança un regard noir, les joues légèrement roses.

« Je t'ai sûrement enseigné comment te défendre, Draco, intervint Lucius d'une voix traînante.
— Oui, mais croyez-vous vraiment que Harry et Severus me laisseront attaquer les Weasley ? » demanda son fils, sa voix s'élevant.

Lucius acquiesça de la tête.

« Ceci te met dans une situation légèrement délicate », admit-il.

Draco commençait à avoir l'air malade, et désespéré. Harry ne se sentait pas mieux.

« Harry, envoie un message aux Weasley les informant d'une réunion ce soir à sept heures, dit Severus. Vous deux, vous êtes libres pour l'après-midi », fit-il, les congédiant.

Draco se retira pour aller passer un peu de temps avec les Serpentards, et Harry décida d'aller en passer avec Victoria.

« Coucou, citrouille, fit-il.
— Dada ! » couina joyeusement Victoria.

Winky sourit et disparut, laissant Harry se positionner sur le sol. Il câlina Victoria pendant quelques minutes, jusqu'à ce que la fillette commence à se tortiller pour se dégager. Il était passé prendre Lissa avant d'entrer dans la nurserie, et il surveilla Victoria tandis que celle-ci jouait avec le serpent. Ou plutôt, tandis que celui-ci jouait avec elle. Harry n'en était pas très sûr, Lissa ayant l'air de prendre du plaisir à onduler autour de la petite fille, changeant constamment de couleur. Il n'avait même plus besoin de lui donner des instructions.

Il sourit, observant leur petit manège tandis que Victoria poursuivait le serpent à quatre pattes. Il ne sut pas combien de temps il resta là, mais à un certain moment il fut évident que Victoria commençait à se fatiguer. Il siffla Lissa, qui ramena alors la petite fille vers lui.

« Fatiguée, Victoria ? » demanda-t-il.

Sa réponse fut un large bâillement, et Harry sourit. Il la changea, soulagé qu'elle soit suffisamment fatiguée pour coopérer, sachant que c'était beaucoup plus difficile avec un bras en écharpe. Winky sembla sentir instinctivement qu'il avait besoin d'un biberon, car elle le lui apporta avant même qu'il n'en fasse la demande. Il sentit un bref moment de tristesse l'envahir à l'idée que l'elfe connaisse l'agenda de Victoria mieux que n'importe qui. Il devait admettre, cependant, que Winky faisait de son mieux pour prendre soin de tout le monde. Il était devenu habitué à avoir un elfe de maison, et il lui semblait que ce n'était pas si mal de demander son aide, finalement.

Harry s'assit dans le rocking-chair avec Victoria, lui parlant doucement tandis qu'elle buvait son lait.

« Je ne sais pas comment je vais devoir expliquer Winky à Hermione, dit-il. Ça semble ridicule, mais ça sera probablement presque aussi difficile qu'essayer d'expliquer ton papa, Severus et tes grands-parents. »

Le biberon se détacha de la bouche de Victoria.

« Dada ! » dit-elle.

Harry sourit tristement.

« Oui, daddy, dit-il. Bois ton lait, Victoria. Je sais que d'ici peu de temps, tu ne boiras plus au biberon. Je ne sais pas vraiment quand les bébés passent aux verres, mais tu manges déjà la nourriture ordinaire. Principalement de la purée, mais ça reste de la nourriture. »

Il la déplaça, essayant d'amoindrir la pression sur son épaule. Elle était appuyée sur son bras valide, mais il avait quand même essayé de la tenir avec ses deux bras et cela ne marchait vraiment pas bien. C'était une bonne chose qu'elle puisse tenir son biberon toute seule.

« Je reconnais que je devrai m'expliquer davantage par rapport à toi, réalisa-t-il. Ils savent déjà à propos de toi, mais ils ne savent pas que Draco est ton daddy – son front se plissa. Ou que je suis un peu comme ton daddy. »

Il secoua la tête, n'étant toujours pas habitué à cette idée.

Il réalisa que cette fois, elle n'avait pas répondu en disant 'daddy', et il sourit en voyant ses yeux se refermer. Elle avait déjà avalé tout le lait. Il parvint à éloigner le biberon de sa bouche et le laissa tomber au sol.

Il la regarda puis son épaule puis son petit lit, et continua à la bercer. Trente minutes plus tard, il était toujours dans la même position quand Narcissa se faufila silencieusement dans la pièce.

« Bloqué ? » demanda-t-elle.

Harry sourit d'un air piteux.

« J'avoue que j'aurais pu le faire, ou appeler Winky, mais..., il s'interrompit.
— Il y a un plaisir certain dans le simple fait de bercer un enfant, dit Narcissa avec compréhension. Es-tu prêt à ce que je la prenne ? »

Harry hocha la tête. Il étira son bras, sentant le picotement déplaisant alors que la circulation y revenait, mais il ne bougea pas, regardant Narcissa transférer sa petite-fille vers son petit lit.

« J'avais l'habitude de m'asseoir et de bercer Draco pendant des heures », dit-elle, ses yeux s'attardant sur Victoria.

Les yeux de Harry s'élargirent complètement. En fait, il avait beaucoup songé à ce que son enfance avait été, mais pas une seule fois à celle de Draco.

« Tu serais surpris, continua Narcissa, mais j'avais l'habitude de descendre dans la nurserie en pleine nuit et parfois je trouvais Lucius en train de le bercer. Il le tenait rarement dans la journée, mais sous le couvert de la nuit, il avait l'habitude de s'asseoir et bercer Draco exactement comme moi. »

Harry tenta de s'imaginer un Lucius Malfoy berçant son fils, mais n'y parvint pas vraiment. Il n'était même pas sûr que l'homme ait un jour porté Victoria.

Narcissa le regarda d'un air complice.

« Lucius est venu plus d'une fois ici durant la nuit pour bercer Victoria », dit-elle.

Harry essaya d'assimiler cette information. Il réalisa alors que l'autre nuit, Lucius était probablement venu pour voir Victoria, ne sachant pas qu'il trouverait Harry déjà présent dans la nurserie. Il repensa à la manière avec laquelle l'adulte l'avait tenu dans ses bras dans les circonstances assez extrêmes ce jour-là au Ministère, et décida que ça lui allait assez bien, finalement. Il avait fini par réaliser qu'il avait eu tort de juger durement les Malfoy pendant toutes ces années. À juste titre, peut-être, mais... ils étaient largement mieux qu'il ne l'avait imaginé.

Narcissa lança un charme pour qu'ils ne réveillent pas Victoria et fit apparaître un autre rocking-chair pour s'asseoir à côté de lui.

Ses pensées se concentrèrent sur Draco.

« Draco vous ressemble à tous les deux, n'est-ce pas ? dit-il.
— Oui, c'est exact, répondit-elle. J'ai toujours été un peu amusée d'entendre que Draco était le portrait craché de son père. »

Harry grimaça. Combien de fois avait-il dit quelque chose comme ça pendant toutes ces années ?

Narcissa sourit d'un air complice.

« Tu vois maintenant le Draco que j'ai toujours connu, dit-elle. Je ne crois pas que tu étais autorisé à le voir avant cet été.
— Nous n'étions pas, euh, en très bons termes avant, admit le brun. Tout ce que j'ai toujours vu était un gamin détestable qui se moquait toujours de moi et de mes amis, et je ne me suis jamais donné la peine de voir au-delà. Je n'étais pas très sympa en retour.
— Et tu as peur que ce soir les choses redeviennent ce qu'elles étaient, avec vos rivalités d'enfance, dit-elle.
— Si Draco se comporte comme il le fait ici, je pense que ça se passera bien, répondit Harry. A la fin, tout du moins. Mais s'il se comporte comme il avait l'habitude de le faire à Poudlard, j'ai peur de penser à quel point ça tournera mal.
— Ne penses-tu pas que tu es peut-être en train de sous-estimer Draco ? » demanda-t-elle.

Harry observa pensivement le sol.

« J'ai l'impression que je perdrai au moins une personne ce soir, dit-il. J'ai menti à mes amis. Ils n'ont jamais aimé Draco, et il ne les a jamais aimés non plus. Mon Dieu, Draco et Ron se sont haïs l'un l'autre depuis qu'ils avaient l'âge de Victoria, pour ce que j'en sais. »

Narcissa grimaça, lui indiquant qu'il n'était pas loin de la vérité.

« Oui, je vois très bien ce que tu risques d'endurer », dit-elle.

Harry en resta bouche bée, avant de secouer la tête.

« Très encourageant », dit-il sarcastique.

Elle lui sourit.

« J'ai foi en toi, Harry », dit-elle.

Harry ouvrit la bouche pour rétorquer, mais se contenta de sourire piteusement.

« Merci, dit-il. Ça fait du bien de savoir qu'il y a au moins quelqu'un qui est optimiste concernant tout ça. »

Ils continuèrent à parler pendant quelques minutes avant qu'elle ne l'envoie chercher Draco.

Harry jeta un coup d'œil prudent au salon. Il ne fut nullement surpris de voir Draco entouré de sa cour. Il était juste heureux de constater qu'ils n'étaient pas très nombreux. Il fronça les sourcils quand il réalisa qu'il ne savait toujours pas pourquoi Crabbe et Goyle étaient là. Ils étaient assis tous les deux à l'écart des autres, alors que tout le monde écoutait Draco racontant une quelconque histoire.

Harry n'eut pas à hésiter plus longtemps. Il laissa Draco à sa gloire et alla s'asseoir près des deux larges Serpentards. Peut-être qu'il pourrait enfin comprendre ce qu'ils faisaient là. Il s'approcha d'eux avec méfiance, soudainement ressentant plus de respect envers les propos de Draco sur le besoin d'avoir une protection. Il regarda derrière lui et rencontra le regard de son petit ami. Les yeux de celui-ci se plissèrent, mais il n'arrêta pas son histoire.

« Alors, est-ce que je peux m'asseoir avec vous ? » demanda Harry.

Crabbe et Goyle échangèrent un regard avant de hocher la tête. Harry s'assit et tous les trois regardèrent Draco et les autres. Ce n'était pas vraiment un silence confortable.

« Est-ce que Draco fait souvent ça ? » demanda Harry.

Crabbe l'ignora et posa sa propre question, le ton bourru :

« Qu'est-ce que tu veux, Potter ? »

Harry se tourna lentement pour leur faire face.

« Je veux juste savoir pourquoi vous êtes ici, admit-il.
— Parce que tout le monde croyait qu'on voulait être des Mangemorts ? » demanda Goyle avec amertume.

Harry fronça les sourcils.

« Hum, ce n'était pas le cas ? » ne put-il s'empêcher de demander.

Crabbe et Goyle échangèrent un autre regard, donnant à Harry la nette impression qu'un message était silencieusement passé entre eux.

« Snape a dit qu'on allait probablement devoir te le dire, admit Crabbe.
— Il a seulement dit que Potter comprendrait si on lui disait, corrigea Goyle.
— Me dire quoi ? demanda Harry, confus.
— Nous étions les amis de Draco, Potter, dit Crabbe, avec la même amertume que Goyle. Nous aurions fait n'importe quoi pour lui.
— Même boire du Polynectar et vous transformer en filles », murmura Harry.

Ils grimacèrent de dégoût.

« Ouais, et quelle récompense avons-nous obtenue ? demanda Goyle de façon purement rhétorique. Draco nous a abandonnés à la première occasion qu'il a eue. »

Harry les regarda, complètement confus et essayant de comprendre.

« Draco a dit que vous étiez - », il s'interrompit abruptement. Ce n'était probablement pas très sage de les insulter aussi franchement.

« Des pions, laquais, esclaves ? cracha Crabbe.
— Brutes ? » suggéra Goyle.

Harry grimaça, se souvenant que c'était ainsi qu'il les avait désignés ce matin.

« Écoute, Potter, dit Crabbe. Nous n'avions rien contre le fait d'être les gardes du corps de Draco, nous étions juste loin d'imaginer qu'il nous abandonnerait comme il l'a fait.
— ... Il était aussi votre garde du corps, réalisa Harry.
— Draco avait plus d'influence sur la maison Serpentard que n'importe qui d'autre, dit Goyle.
— Est-ce vous vouliez être Mangemorts ? demanda Harry.
— Non, répondit Crabbe, haussant les épaules. C'était ce qu'avait voulu Draco.
— Alors, vous l'avez suivi, marmonna Harry.
— T'as un problème avec le fait de suivre les choix de tes amis ? » demanda Goyle avec colère.

Harry le regarda avec calme et secoua la tête.

Goyle s'encastra dans sa chaise.

« Vous savez, tout le monde était sûr que vous vouliez être Mangemorts, fit Harry.
— Pas Snape, dit fièrement Crabbe, il savait qu'on voulait pas. »

Harry sourit faiblement. Snape semblait bien connaître ses Serpentards. Et il réalisa que c'était une bonne chose pour lui.

« Ça vous dit une partie de Bataille Explosive ? » demanda-t-il.

Ils le regardèrent avec un air ahuri pendant quelques secondes. Harry fit venir Winky et lui demanda de leur apporter le jeu de cartes. Crabbe et Goyle se joignirent à lui sans même lui répondre. Harry avait le sentiment que les deux garçons devaient penser avoir eu une assez longue conversation.

Il entendit les chuchotements des autres, mais les deux Serpentards et lui les ignorèrent, se concentrant silencieusement sur leur jeu. Non que la Bataille Explosive soit en général un jeu tranquille, mais c'était différent et assez amusant, décida-t-il.

Un moment plus tard, Draco vint à eux et murmura à son oreille :

« En train de prendre sous ton aile plus de chiots égarés, Harry ? »

Il ne semblait pas vraiment ravi.

Harry se tourna et lui jeta un regard mauvais.

« À moins que ce ne soit un malentendu, je te préviens maintenant, ne me traite jamais de la même manière avec laquelle tu as traité tes amis », siffla-t-il.

Les yeux de Draco s'élargirent sous l'outrage, avant qu'il ne jette un regard à ses amis.

« Tu défendrais n'importe quelle sous-merde, hein, Harry ? dit-il avec dégoût.
— Dégage, Draco, cracha Harry. C'est toi le con, ici. »

Draco tourna les talons et retourna à sa place, à l'autre côté de la pièce.

« Ça s'est super bien passé, marmonna Harry, sarcastique.
— Tu n'étais pas obligé de faire ça », dit doucement Crabbe, regardant Harry avec un mélange de respect et de crainte.

Harry se sentit légèrement alarmé. Dans quel pétrin s'était-il encore fourré ? Il ne voulait pas être vénéré par Crabbe et Goyle.

« Je ne l'ai pas fait pour vous », trancha-t-il, frustré par la situation.

Il n'avait pas eu l'intention de se quereller avec son petit ami. Draco n'était-il pas supposé être celui qui les défendait ? Bon, ce n'était pas le cas, et il semblait que quelqu'un devait le faire.

« Désolé, marmonna-t-il. C'est juste que je suis d'accord avec vous sur le fait que Draco devrait mieux que ça traiter ses propres amis. »

Bordel, pensa-t-il misérablement en les regardant. Maintenant, ils clignaient des yeux stupidement, probablement parce qu'il s'était excusé envers eux. Est-ce que personne ne les avait jamais bien traités ? Il fronça les sourcils, se sentant malade à l'idée plus que probable que ce soit effectivement le cas.

« Reprenons », dit-il.

Il continua à jouer avec eux pour le reste de l'après-midi. Le dîner ne fut pas plaisant, dîner que les autres passèrent à le regarder lui et Draco d'un air prudent. Les adultes avaient une fois de plus pris leur repas dans la pièce réservées aux potions. Quand Severus revint à la cuisine, il les regarda tous avec suspicion.

« La soirée s'annonce merveilleuse », ricana-t-il.

Harry et Draco le regardèrent, mais aucun de pipa mot. L'estomac de Harry était noué. Il avait été suffisamment inquiet auparavant, mais maintenant qu'il était en froid avec le blond... ça s'annonçait mal pour la soirée.

À suivre...


(*) : en français dans le texte.


Alors comme vous vous en doutez sans doute, le chapitre suivant sera LE chapitre des révélations. J'ai hâte ! Surtout, n'oubliez pas de préparer le pop-corn, hu hu hu.

J'essaierai de faire vite, promis.

À bientôt !
~Sona