Titre : Secrets
Auteur : Vorabiza
Traductrices : merryme, Sona
Bêta : Mounette
Genre : Romance/Action/Aventure
Rating : M
Avertissements : Slash, HPDM & SSRL
Disclaimer : rien n'est pas moi, tout ça. Je ne suis que l'humble traductrice !
Note : et voilà LE chapitre tant attendu ! Je vous ai surpris, hein ? Pour une fois que je poste la suite à temps (fait semblant d'ignorer qu'elle est en retard de 3 jours), hé hé. Nan, plus sérieusement, je suis vraiment fière de moi, vous savez. Je n'ai pas attendu un autre mois entier pour poster la suite. Et j'ai répondu aux reviews. Et le chapitre est assez long. Et puis je n'ai pas voulu vous faire attendre !
Bref bref, je ne vous retiens pas plus. Place au chapitre pop-corn ! Enjoy !
- Secrets -
Chapitre 46
« Harry ! »
Une fois Remus et lui parvenus au Terrier, Harry n'eut pas d'autre choix que de se soumettre, avec une certaine raideur, à l'habituel et inévitable enchaînement d'étreintes et de salutations. Draco et Severus étaient également venus, mais cachés sous les Capes d'Invisibilité. Après avoir salué tout le monde, Harry expliqua aux Weasley les circonstances entourant l'état de son épaule. Quelques minutes plus tard, ils se dirigèrent tous vers le jardin.
Il ne put s'empêcher de sourire quand il aperçut les jumeaux en train de se mettre à l'aise sur une couverture, avec leur fameux pop-corn. Il ne fut pas surpris quand Ginny les rejoignit. Les autres, pour leur part, prirent chacun une chaise confortable, avant de rapidement tourner leurs regards curieux vers lui. Il se mit debout, leur faisant face, se demandant par où commencer.
« Pourquoi cette réunion, Harry ? » demanda Ron avec curiosité.
Nerveux, Harry jeta un regard en direction de Remus, recevant un hochement de tête encourageant en retour. Ou tout du moins ainsi en interpréta-t-il la signification.
« J'ai, euh, certaines choses à vous dire, commença-t-il. Pendant cet été, j'ai, euh, été occupé. »
Fred, George et Ginny ricanèrent. Harry leur jeta un regard noir, plus du tout amusé. Mais ils ne répondirent pas, se contentant simplement de s'empiffrer avec leur pop-corn.
« Et merde, marmonna-t-il. Je suppose que je devrai juste raconter tout depuis le début.
— Probablement ce qu'il y a de mieux à faire, mon pote », dit plaisamment Fred.
Harry lui jeta un regard mauvais, regard qui fut aussi inefficace que le premier. Ne lâchant pas les jumeaux des yeux, et déterminé à leur fermer le clapet, il déclara avec calme :
« J'ai travaillé avec Severus pendant presque tout l'été. »
Il eut un sourire narquois quand les jumeaux, ainsi que Ginny, s'étouffèrent avec leur foutu pop-corn. Cependant, il ne put s'empêcher de vérifier qu'ils ne s'étaient pas étranglés avant d'enfin détourner le regard.
« Tu as travaillé avec Severus ? demanda M. Weasley, clignant furieusement des yeux. Severus Snape ?
— Eh bien, oui, le seul et unique, admit-il.
— Tu veux dire que tu as passé l'été à étudier les potions du livre, n'est-ce pas ? » demanda à son tour Hermione, dont l'expression semblait le supplier de répondre par l'affirmative.
Harry secoua la tête.
« Non, nous avons pris l'habitude de nous donner rendez-vous au Square Grimmaurd depuis le début du mois de juillet, même s'il m'y avait effectivement laissé un livre sur l'Occlumencie quelques semaines plus tôt. En fait, nous vivons là-bas, maintenant.
— Harry, il a tué Dumbledore ! » cria Ron, à la fois furieux et incrédule.
Harry soupira, passant une main frustrée dans ses cheveux.
« Ron, dit-il. Réfléchis. Tu sais où je suis allé avec Dumbledore cette nuit-là et ce que j'ai fait. Dis-moi, qui l'a tué ? »
Ron eut l'air affligé et pâlit fortement, ce qui fit d'autant plus ressortir ses tâches de rousseurs. Hermione arbora un air identique, exception faite des tâches de rousseur.
« Oh, Harry, j'avais peur que tu ne penses exactement ça ! s'exclama-t-elle, l'air peiné. C'était Snape, Harry. »
Harry la regarda, comprenant soudainement.
« Tu sais très bien que ce n'était pas sa faute, pas vrai ?
— Mais même, Harry, ce qu'il a fait n'était pas bien, insista la brune.
— Tu essayais de me protéger, n'est-ce pas ? continua-t-il. Si je tiens Severus pour responsable, alors je ne me blâmerai pas moi-même. »
Hermione grimaça, mais elle ne tenta pas de nier.
« Si Snape était toujours de notre côté, dit-elle, il serait retourné à l'Ordre bien avant maintenant. »
Harry sourit.
« Il l'a fait. A ton avis, qui m'a prévenu pour les affrontements ? Ron, tu n'as sûrement pas cru que j'avais moi-même pensé à ces stratégies de combat ? Qui crois-tu m'a appris le sort que j'ai utilisé pour guérir tes blessures ? » demanda-t-il, s'adressant cette fois à Bill.
Il se tourna vers Charlie :
« Et ne penses-tu pas que tu aurais pu être plus gravement blessé que tu ne l'as été, sachant combien de sorts vicieux Snape a en réserve ? »
Tout le monde avait les yeux grands ouverts alors qu'ils tentaient d'assimiler ce que Harry leur disait.
« Severus ne s'est pas retourné contre l'Ordre ? demanda Mme Weasley, la voix étranglée. Il a continué à te protéger, ainsi que le reste de la famille ? »
Harry hocha la tête.
« Mais Harry, il a tué Dumbledore », insista Bill, regardant le Trio à tour de rôle.
Ces derniers échangèrent un regard, Harry suppliant Ron de comprendre.
« Ce n'était pas ta faute ! cria Ron, à la fois furieux et sur la défensive.
— Non, ça ne l'était pas, acquiesça Harry. Dumbledore m'a forcé à faire quelque chose que je ne voulais pas faire. Snape s'était retrouvé dans la même position, mais il était encore plus piégé, par Voldemort et Narcissa.
— Narcissa ?! » s'exclamèrent-ils tous, confus.
Harry soupira, sentant qu'ils allaient tourner en rond avant de parvenir au plus important.
« Oui, Narcissa », dit-il.
Il leur expliqua rapidement le Serment Inviolable que Severus avait été forcé de faire pour protéger son statut d'espion. Il ne manqua pas de préciser que l'adulte essayait également de protéger son filleul.
« Filleul ?! s'exclamèrent-ils de nouveau.
— Le sale graisseux est lié à la fouine ? » demanda Ron, le visage tordu dans une horrible grimace.
Harry parvint à la fois à grimacer et ricaner en même temps, et reçut un léger coup de la part d'un Draco invisible.
« Hum, oui, Severus est le parrain de Draco », dit-il, tentant désespérément de ne rien laisser transparaître sur son visage, mais n'y parvint pas vraiment.
Il reçut plusieurs regards confus, mais les jumeaux et Ginny, joyeux, en étaient retournés à fourrer leur pop-corn dans leurs bouches, suivant l'évolution de la conversation avec un intérêt avide. Il ne put s'empêcher de penser qu'ils s'étaient rapidement remis de leur surprise concernant Severus. En même temps, ils avaient été plutôt habitués à ses surprises durant cet été, et ils semblaient enclins à accepter sans même broncher n'importe quelle révélation. S'ils faisaient confiance à son choix pour Draco, il n'y avait aucune raison pour qu'ils n'en fassent pas de même avec Severus.
Hermione dut remarquer qu'il les regardait, car elle leur demanda, le ton accusateur :
« Vous étiez au courant, pas vrai ?
— Euh, non, pas du tout, en fait, dit Ginny avant de jeter un regard à Fred et George. Vous ne saviez rien à propos de Snape, hein ? »
Ils secouèrent la tête, mais ils souriaient d'une oreille à l'autre.
« Non, dit Fred. Nous savions juste à propos de l'ami imaginaire de Harry.
— Et sa mère, ajouta George, jetant un regard faussement réprobateur à son jumeau pour son oubli.
— Ami imaginaire ? demanda Ron, regardant ses deux frères avec horreur. Il y en a vraiment un ? Mais, ce n'est pas possible. L'ami imaginaire de Harry est supposé être blond, sexy, et risquant sa vie tous les jours pour le sauver », dit-il, la voix s'élevant à chaque mot prononcé.
Harry jeta un regard incrédule aux jumeaux. Il n'avait pas entendu les histoires qu'ils avaient inventées ce jour-là à Godric's Hollow. Il écouta avec intérêt tandis que Ron continuait, s'étonnant vaguement du fait que son meilleur ami se rappelle avec tant de précision des sornettes racontées par ses frères.
« Vous nous avez dit que l'ami imaginaire de Harry ferait n'importe quoi pour lui, dit Ron. Qu'il était son héros, parce que Harry a besoin d'un héros, lui aussi. Et tout un tas d'aventures où il le sauve de l'ennui et fait toujours en sorte qu'il ne prenne pas la grosse tête. Vous nous avez raconté que le travail de son ami imaginaire était difficile parce que Harry oublie souvent de prendre soin de lui, voilà pourquoi il devait le sauver de lui-même pendant que lui sauvait le reste du monde. »
Harry sourit doucement. Ces foutus connards avaient dit la vérité. Sauf que cet ami blond et sexy n'était pas imaginaire. Harry pouvait sentir le poids confortable et familier de la main de Draco posée sur le bas de son dos.
Hermione plissa les yeux.
« Harry, qu'est-ce que tu nous caches ? »
Il leva les yeux au ciel, prétendant la réflexion.
« Oh, je dirais que j'ai à peine commencé à tout expliquer à propos de cet été, admit-il.
— A peine commencé, s'étrangla Ron.
— Pourquoi ne commencerais-tu pas par ce que Fred, George et Ginny savent déjà ? » suggéra Hermione avec irritation.
Harry souffla bruyamment.
« Ils savent que j'ai aussi passé l'été à travailler avec Draco, confessa-t-il. Plus longtemps qu'avec Severus, en fait. »
Les Weasley en restèrent bouche bée.
« Malfoy ?! hurla Ron.
— Hum, ouais », fit Harry, tendu par anticipation de plus de cris.
Cependant, la plupart des membres de la famille Weasley avaient encore la bouche toute grande, choqués, et ayant manifestement perdu l'usage de la parole. Des lèvres bougeaient, mais aucun son n'en sortait.
Pendant ce temps, Ginny et les jumeaux se roulaient de rire à la vue du reste de leur famille, et Harry comprit soudainement pourquoi ils avaient opté pour s'asseoir sur le sol. Cela leur évitait de tomber de leurs chaises.
« Dis-leur la meilleure », haleta Fred.
Harry sentit la chaleur lui monter au visage, mais se jeta à l'eau.
« Draco et moi sommes, euh, ensemble, admit-il.
— Il est ton petit ami ?! » s'exclama Hermione dans un cri perçant, les yeux tellement larges qu'ils eurent l'air d'être sur le point de littéralement lui sortir par la tête.
Elle tourna vivement la tête vers Ron, le regard accusateur.
« Pourquoi tu ne m'as rien dit ?! vociféra-t-elle.
— Et comment aurais-je pu savoir à propos de ça ?! cria-t-il en retour.
— Vous étiez tellement cachottiers hier dans la Chambre ! s'exclama-t-elle. Tu es celui qui a dit que Harry pouvait sortir avec la personne qu'il voulait !
— Pas Malfoy ! hurla Ron avec dégoût. Je savais seulement qu'il voyait un mec ! »
Harry cligna des yeux. A la façon dont Ron l'avait dit, ça donnait l'impression que le roux ne considérait pas Draco comme étant un mec.
« Harry est gay ?! Hermione cria, incrédule. Mais il sortait avec Ginny !
— Harry est bisexuel, claironna Fred.
— Ça veut dire qu'il aime les deux sexes, ajouta George.
— Je sais ce que ça veut dire ! » dit Hermione d'un ton sec.
Elle gémit de désespoir.
« Oh, Harry, mais qu'est-ce que ça signifie ?
— Euh, que je sors avec Draco », dit Harry, répétant ce qui était évident.
Il se tassa, attendant d'autres explosions.
« Victoria est sa fille », ajouta-t-il.
Hermione eut l'air d'être sur le point de s'évanouir, et Mme Weasley afficha un air similaire. Le visage de Ron était d'un rouge profond et Harry était certain qu'une explosion était sur le point de se produire. Charlie était un dresseur de dragons, et le savoir le rendit soudain inconfortable.
M. Weasley clignait furieusement des yeux tandis qu'il essayait de tout assimiler. Bill n'eut pas l'air trop secoué, décida Harry, fronçant simplement les sourcils d'un air songeur. Remus le regardait avec sympathie. Les jumeaux et Ginny s'amusaient toujours autant, des larmes de rire roulant sur leurs joues.
Harry grogna. Il leva la tête quand Severus apparut près de lui.
« Ça allait plutôt bien, jusqu'à ce que je mentionne Draco, dit-il misérablement.
— En effet », fit Severus, jetant un regard noir en direction des jumeaux et de Ginny, bien qu'ils s'étaient arrêtés au moment où il avait enlevé la cape.
« Draco », commanda-t-il d'un ton sec.
Draco apparut au côté droit de son petit ami, jetant un regard mauvais aux jumeaux. Jusque là, Harry s'était senti étrangement bien à l'idée d'avoir son propre héros, mais il fut abruptement rappelé à la réalité : Draco et lui étaient toujours en froid.
« Oh, ne commence pas, Draco, trancha Harry.
— Harry, l'avertit Severus. Nous avons mieux à faire que de vous écouter vous disputer.
— Ouais, dit Harry. Je suis supposé convaincre tout le monde que Draco n'est pas un sombre connard. Mais comment suis-je supposé le faire alors qu'il agit comme un putain d'abruti ?
— Moi ?! s'exclama le blond. C'est toi qui te mets en danger en te liant d'amitié avec l'ennemi !
— En jouant à un putain de jeu de cartes ? demanda Harry, incrédule.
— Tu ne les connais pas comme moi, gronda Draco.
— Tu as raison, parce que j'ai la putain d'impression que tu ne les connais pas du tout ! cria Harry.
— Ceci concerne-t-il Crabbe et Goyle ? intervint Severus.
— Oui ! » crièrent-ils en même temps, échangeant des regards furieux.
Ils ne virent pas Severus rouler des yeux. Ni le regard indulgent de Remus. Ni même le groupe figé devant eux, dans un état de choc face à leur dispute. Ni les sourires joyeux des jumeaux et leur petite sœur tandis qu'ils continuaient à mâchouiller leur pop-corn.
« Harry, je suppose que tu as pris le temps de leur parler pendant cet après-midi ? » demanda Severus.
Harry hocha la tête.
« Draco, je présume que tu n'as pas pris le temps d'en faire de même ? redemanda-t-il.
— Ils veulent être des Mangemorts, cracha le blond.
— Putain, Draco, fit Harry, exaspéré. Tu es un putain de Mangemort et je couche quand même avec toi. Ils n'ont pas la Marque. Tu ne penses pas que tu devrais au moins leur parler ?
— Pourquoi le devrais-je ? demanda son petit ami avec colère. Ils ont été entraînés pour te faire du mal, espèce d'idiot.
— Tu es l'idiot qui les a entraînés, trancha Harry. Et d'abord, crois-tu que Severus les aurait introduits dans la maison s'ils avaient vraiment l'intention de me faire du mal ? »
Draco se renfrogna, mais il écoutait toujours.
« Écoute, continua Harry. D'après ce que j'ai compris, ils se fichent pas mal d'être Mangemorts. Ils veulent juste être comme leur foutu ami. L'ami qui les a traités comme des sous-merdes avant de les abandonner, fit-il remarquer. Merlin seul sait pourquoi, mais ils te respectent.
— Putain de merde, Harry ! s'exclama Draco avec irritation. Tu veux que je les prenne sous mon aile, c'est ça ?
— Ce sont tes amis ! protesta Harry. Ils sont un peu lents à la détente, c'est vrai, mais ils semblent être assez sympas. Je ne sais pas pourquoi tu es aussi injuste envers eux. Et d'ailleurs, tu devrais vraiment les reprendre. Parce que Crabbe m'a donné une de ces trouilles tout à l'heure quand il m'a regardé ! Comme si j'étais une sorte de sauveur divin qui aurait pris leur défense. »
Draco ricana.
« Ils sont habitués à ce que je les protège, admit-il.
— Exactement, fit aussitôt Harry. Et après tu les as abandonnés cet été. Severus a dû les sauver, et ils sont déçus parce qu'ils croyaient vraiment qu'ils valaient mieux que ça à tes yeux.
— Bordel, marmonna le blond. Très bien, je leur parlerai.
— Ça y est, vous avez fini ? demanda Severus, le ton moqueur.
— Hum, ouais, répondit Harry, piteux.
— Pourquoi n'iriez-vous pas vous occuper avec vos petits copains pendant que je parle avec les adultes ? » fit Severus, sarcastique.
Harry eut un rictus.
« Soyez gentil, Severus, lança-t-il.
— Partez, ordonna l'adulte. Et pas de maléfices, Draco », prévint-il.
Draco roula des yeux.
« Je ne suis pas sûr de ce je voudrais vraiment : être considéré comme l'un des enfants ou comme un adulte », dit Bill, retrouvant sa voix et son sens de l'humour.
Harry sourit.
Les 'enfants' se dirigèrent vers le terrain où ils avaient l'habitude de jouer au Quidditch. Ron et Hermione étaient toujours sous le choc, Ginny avait amené avec elle des couvertures qu'elle étendit au sol, et les jumeaux vinrent avec dans les mains des bouteilles de Bièreaubeurre et plus de pop-corn.
Ils n'eurent pas le temps de s'asseoir avant que Ron n'ait soudainement l'air de sortir de sa transe et de décider qu'il ne voulait absolument pas être poli envers Draco. Avant que quiconque ne prenne conscience de qui se passait, Ron lui avait asséné un coup et pris par le devant de sa chemise.
« Qu'est-ce que tu as fait à Harry ?! hurla-t-il.
— Tu ne veux pas le savoir, belette », répondit Draco.
Ses mots railleurs furent ponctués par un coup de poing dans le ventre de l'autre garçon.
« Espèce de tête de fouine ! » explosa Ron, répondant à l'insulte, et lui collant un autre coup en réponse.
« Harry ! cria Hermione. Est-ce que tu ne vas pas au moins tenter de les arrêter ? »
Harry haussa son épaule valide.
« Non », dit-il simplement.
Fred, George et Ginny le regardaient, prêts à suivre ses directives, mais ils reculèrent en entendant sa réponse.
« Et pourquoi pas ?!
— Parce que c'est ce qu'ils voulaient. Et que je refuse que l'un me mette en travers du chemin de l'autre. Avec un peu de chance, Severus voudra me donner quelques potions pour soigner leurs blessures quand ils auront fini – il fit une pause, fronçant les sourcils d'un air songeur – A la réflexion, je ne les soignerai probablement pas, non plus. Alors ils se battront sur qui je devrais soigner en premier. »
Il hocha la tête, décision prise.
« Qu'ils se débrouillent », dit-il fermement.
Ron et Draco, qui l'avaient entendu, s'étaient arrêtés pour lui lancer des regards incrédules. Draco retrouva l'usage de sa langue en premier.
« Tu as l'intention de me laisser souffrir ? Abandonner le sexe jusqu'à ce que je me rétablisse ? » s'exclama-t-il, outré.
Ceci n'aida certainement pas Ron à retrouver sa voix.
« Je n'en ai pas vraiment envie, admit le Survivant. Mais ce n'est pas comme si j'étais celui qui essaie activement d'interrompre notre vie sexuelle.
— Harry, râla Draco. C'est une belette.
— Donc tu insistes, dit platement Harry.
— Harry ! mugit Ron, aussi outré que Draco et ayant visiblement enfin retrouvé sa voix. Tu ne vas quand même pas le laisser m'appeler comme ça ?!
— Je ne le laisse rien faire du tout, dit sèchement Harry. Même si j'ai parfois la très forte envie de lui mettre la main dessus et le tenir en laisse, il n'est pas un animal de compagnie. »
Ron, Draco, Hermione et Ginny ouvrirent grand la bouche, incrédules.
« Allez, Harry ! » encouragèrent Fred et George en chœur.
Harry les regarda tous, avec un sourire narquois.
« Je parie que vous vous demandez tous si je le pensais vraiment », dit-il.
Ils hochèrent tous la tête.
Le sourire de Harry s'élargit.
« Dommage que je ne vous le dise pas, alors, hm ?
— Harry ! s'exclama Draco. Tu dois retirer ce que tu as dit. Maintenant », insista-t-il.
Harry lui souffla un baiser.
« Désolé, mon cœur, dit-il d'une voix sucrée. Impossible, ça ruinerait trop mon plaisir. »
Draco plissa dangereusement les yeux.
« Je te déteste, dit-il.
— Viens ici et prouve-le, alors », le défia Harry, sourcils levés.
Draco se dirigea aussitôt vers lui d'un pas vif, et se mit en devoir de lui dévorer la bouche et de lui sucer la langue.
« Putain, mais c'est quoi ce délire ?! cria Ron.
— Hum, je crois que Harry m'a menti, admit Hermione.
— A propos de la laisse ? demanda Ginny avec curiosité.
— Non, à propos de ne rien faire pour mettre fin à la querelle », dit Hermione avec regret.
Draco les avait probablement entendus, car il se recula brusquement et lança un regard noir à son petit ami.
« Est-ce que tu viens tout juste de me manipuler ? » demanda-t-il.
Harry sourit d'un air innocent.
« Je le ferais vraiment ?
— Oui, dit Draco avec irritation.
— Oh, et bien, peut-être bien que c'est ce que j'ai fait, admit le Gryffondor avec un demi-sourire – il se mit sur la pointe des pieds pour lui murmurer à l'oreille – Je t'ai bien dit que je ferai n'importe quoi pour te protéger. »
Draco souffla, touchant sa paupière – qui commençait déjà à enfler – avec précaution.
« Ouais, quel bon travail tu as fait, grogna-t-il.
— Ça aurait pu être pire, fit Harry, loin d'être désolé.
— Je n'en ai pas encore fini avec toi », dit le blond d'un ton vaincu.
Ron eut soudainement l'air de comprendre quelque chose.
« Oh, Merlin, souffla-t-il. Mec. Sécurité. Pouvais rien me dire. Harry, tu sors avec Malfoy ! »
Draco ricana, et Harry le frappa légèrement.
« Euh, ouais, Ron, c'est ça », dit-il.
Ron se laissa soudainement tomber au sol.
« Je t'avais dit que ton petit ami ne serait pas en danger si tu me disais qui il était, dit-il. Mais tu ne voulais toujours rien me dire. »
Harry s'assit sur l'une des couvertures, et les autres en firent de même. Ron grimaça quand il vit Draco s'asseoir prudemment auprès de son meilleur ami.
« Ton petit ami, dit-il en déglutissant difficilement, était en danger, pas vrai ? De moi.
— Je ne savais pas comment tu réagirais quand tu l'apprendrais, admit Harry. Je ne, euh, sais toujours pas ce que tu vas faire. Tous les deux, vous avez toujours été capables de m'affecter... ou juste de vous retourner contre moi », ajouta-t-il à voix basse.
Ron soupira, vaincu.
« Je t'écoute, dit-il.
— Moi aussi, ajouta Hermione, la voix déterminée.
— Merlin, Harry, dit Draco avec dégoût. Tu sais comment manipuler les gens, hein ?
— Je ne les manipule pas, protesta Harry.
— Alors pourquoi est-ce que je me sens coupable pour avoir frappé le visage de Malfoy ? » demanda Ron, maussade.
Hermione sourit faiblement, mais elle ne dit rien.
Harry passa une main dans ses cheveux, frustré. Il ne voulait pas manipuler ses amis. Il voulait simplement qu'ils l'écoutent.
Draco roula des yeux, comme s'il avait entendu ses pensées.
« Dépêche-toi et raconte-leur, alors. J'ai déjà envie de rentrer, et à ce rythme on aura besoin de plusieurs heures pour en finir. Et ça prendra encore plus de temps si tu ne commences pas tout de suite. »
Hermione prit une grande inspiration.
« On t'écoute, Harry, dit-elle. Quel que soit ce que tu as à nous dire, on t'écoute.
— Ouais, mec », dit faiblement Ron, ayant toujours l'air vaguement dégoûté par la présence du blond.
Soupirant, Harry commença. Cette fois, il commença au tout début de l'été, et il ne laissa presque rien de côté.
Il passa sous silence tout ce qui avait trait aux Horcruxes, au grand soulagement de Ron et Hermione. Il évita également d'évoquer tout ce qui était trop personnel concernant sa relation avec le blond, à la grande déception de Ginny et des jumeaux. Il ne parla pas des fois où il avait pleuré, à cause de son propre embarras. Il en fit de même avec Severus, ne voulant pas que celui-ci le tue si jamais il révélait quoi que ce soit de trop personnel sur lui.
Il leur raconta presque tout le reste. Il souligna le rôle de Draco et Severus dans les batailles. Il leur expliqua la situation de Victoria en totalité. Il évoqua sommairement le lien avec Winky. Il leur montra les bagues qu'il portait autour du cou. Il expliqua comment Narcissa et Draco avaient fini par vivre avec lui chez les Dursley. Il mentionna les rendez-vous avec Severus. Il décrivit la situation des Serpentards neutres au Square Grimmaurd.
Cependant, il eut plus de difficulté avec d'autres détails plus délicats qui pouvaient être expliqués, et devaient l'être, d'une façon ou d'une autre. Plus tard, il devrait expliquer le fait qu'il planifiait la bataille finale, avec l'aide de Severus, mais il devait toujours leur expliquer à propos de Lucius. Ce qui revenait à admettre à ses meilleurs amis qu'il était un meurtrier.
Il ne savait pas pour combien de temps il parla, mais ils étaient tous restés silencieux. Même Hermione s'était abstenue de poser la moindre question. Ron et elle eurent l'air d'essayer de tout assimiler. Ginny et les jumeaux aussi, étant donné que les trois Weasley, n'étaient, eux aussi, pas au courant de ce qu'il avait raconté. Harry lança un regard en biais à son petit ami, qui fronçait fortement les sourcils.
« Tu ne leur as pas tout dit », dit-il d'un air entendu.
Harry se massa les tempes, essayant d'ignorer la raideur dans son épaule. Son état s'était beaucoup amélioré, mais elle n'était pas encore totalement guérie.
« Pomfresh a dit que tu ne devais pas bouger ton épaule pour le reste de la journée », le réprimanda Draco, lui frappant les mains.
Harry lui jeta un regard noir, et il ne fut pas surpris quand ce dernier sortit une potion d'Anti-Douleur, en arracha le bouchon avant de la lui tendre. Harry la but, peu optimiste quant à son efficacité. Bien sûr, elle pourrait soulager son épaule et son mal de tête, mais elle ne l'aiderait probablement pas à savoir comment avouer à ses amis qu'il était un meurtrier.
« Allonge-toi un peu, ordonna Draco.
— Non, je dois en finir avec ça, je ne peux pas m'endormir maintenant, s'obstina Harry.
— Je veillerai à ce que tu ne t'endormes pas, une pause de quelques minutes de te fera pas de mal, contra Draco – il plissa les yeux – D'ailleurs, quelque chose me dit que tu pourrais en profiter pour décider comment leur expliquer le reste. »
Harry grimaça. Il enleva l'écharpe et s'allongea, posant sa tête sur les genoux de son petit ami. Il risqua un regard en direction de Ron. Le roux grimaçait, mais il n'y avait pas beaucoup de haine dans son regard quand il observa Draco. Harry dut admettre, après tout ce qu'il venait de leur révéler, que Ron était sûrement trop choqué et confus pour réagir correctement.
Il leva les yeux vers Draco, et grimaça, réalisant que Ron était au moins parvenu à faire sortir un peu de sa colère. Sa paupière commençait déjà à bleuir.
« Blessure de guerre », fit Draco avec sérieux, le surprenant sur le fait.
Harry rit.
« Tu as été plutôt courageux », dit-il.
Draco grimaça à la simple idée.
« Je m'en passerais volontiers, merci bien, dit-il. Je suis juste là... bon, je ne sais pas pourquoi je suis ici.
— Tu es ici parce que Harry te mène par le bout du nez, fit Ginny avec un sourire effronté.
— Je ne me souviens pas d'avoir demandé ton avis, Weaslette, dit Draco avec hauteur.
— Ne l'appelle pas comme ça ! » cria Ron.
Harry et Ginny sursautèrent, et se regardèrent.
« Uh, Ginny, j'ai oublié - »
Harry tenta de trouver un moyen de s'excuser pour avoir oublié que c'était une insulte. Il l'avait automatiquement traduite dans sa tête, parce qu'il ne le remarquait même pas quand Draco l'appelait comme ça. C'était juste... Draco.
« C'est rien, fit Ginny, perplexe et haussant les épaules. Moi aussi j'ai oublié.
— Oublié quoi ? demanda vivement Hermione, regardant le sourire narquois de Draco avec suspicion.
— Oublié que Malfoy m'insultait, admit Ginny.
— Comment est-ce que tu peux l'oublier ? » s'exclama Hermione.
Ginny sourit faiblement.
« Peut-être que cela a à voir avec le fait que je l'ai mérité, la première fois. »
Harry grogna, se redressant et jetant un regard prudent à Draco.
« Tu, euh, m'as pardonné pour ce jour-là, pas vrai ? » demanda-t-il.
Draco roula des yeux.
« Tu sais bien que oui, Harry – il sourit d'un air narquois en direction de Ginny – ça ne veut pas dire que j'ai pardonné Weaslette, par contre. »
Ginny lui sourit.
« Je ne vois pas pourquoi, puisque tu en as largement profité, dit-elle. Et il est évident que tu peux toujours manipuler Harry et le culpabiliser n'importe quand. En fait, je t'ai fait une sacrée faveur, Malfoy.
— Je ne le laisse pas me culpabiliser ! protesta Harry.
— Est-ce que tu as fait quelque chose d'inapproprié avec Weaslette, oui ou non ? demanda Draco, se penchant vers le brun.
— Draco, râla Harry. Tu sais bien que ça ne voulait rien dire. »
Draco leva un sourcil. Harry l'embrassa. Draco se recula avec un sourire suffisant.
« Connard, dit Harry, boudeur.
— Alors vous voyez, dit Ginny sur un ton docte, expliquant les choses à Ron et Hermione. Je fais une faveur à Harry en laissant Malfoy m'appeler comme il le fait. Il se fait probablement rouler une pelle presque à chaque fois. »
Ron et Hermione ouvraient grand la bouche, déconcertés.
« Vous êtes tous devenus fous », souffla Ron.
Il regarda les jumeaux, qui continuaient tranquillement à mâcher leur pop-corn. Ils sourirent d'un air fou, et Ron frissonna.
« Hermione, implora-t-il. Dis-moi que c'est un cauchemar.
— Non, ça ne l'est pas, répondit la brune d'une voix incertaine. Je pense que ça me prendra au moins une semaine pour tout digérer. »
Mais ils n'avaient pas toute la semaine. Harry fut abruptement rappelé aux choses qu'il devait encore leur dire.
« Il y a encore d'autres choses que je dois vous dire, dit-il platement. Mais vous ne devez en parler à personne », ajouta-t-il tout en jetant un regard à Ginny et aux jumeaux.
Ceux-ci froncèrent les sourcils de confusion, mais hochèrent néanmoins la tête. Jusque là, ils avaient gardé les secrets de Harry, et ils ne pouvaient pas imaginer ce qui pourrait être plus important au point d'être gardé secret, plus encore que ce qu'il leur avait déjà dit.
Harry jeta un regard à Draco.
« Tu n'es pas obligé de rester », dit-il doucement, peu sûr que Draco veuille l'entendre dire à ses amis qu'il avait tué sa tante.
Draco lui jeta un regard noir rien que pour avoir fait la suggestion.
« Je me fiche de ce que tu as fait, cracha-t-il. Tu es toujours toi, Harry. Tu n'es pas mauvais, et tu ne seras jamais comme ce bâtard. Si tes amis ne peuvent pas le voir, alors ils ne méritent pas de se considérer comme tels.
— Qu'est-ce que tu as fait, Harry ? » murmura Hermione avec crainte.
Harry expira lourdement.
« Je suis un meurtrier », parvint-il à dire.
De tous, Draco fut le seul à ne pas sursauter. Ce dernier roula simplement des yeux.
« Il va falloir éclaircir ça, Harry, dit-il ironique.
— Ben quoi, j'ai été clair, non ? dit Harry, sur la défensive. J'ai tué Pettigrow et ta tante, et ces hommes dont je dois encore découvrir l'identité.
— Tu as tué Pettigrow ? demanda Ron, les yeux grand ouverts.
— Et Bellatrix ? » ajouta Hermione, clignant furieusement des yeux.
Harry acquiesça et, d'une voix basse, commença à leur expliquer comment cela s'était produit. Il leur raconta tout, de son voyage à Azkaban à la bataille au Ministère. Quand il eut fini, un silence inconfortable s'installa.
« Tu as fait entrer Severus Snape, Peter Pettigrow et Lucius Malfoy dans notre appartement ? demanda Fred d'un air perplexe.
— Hum, ouais, admit prudemment Harry.
— Eh bien, ça, ça dépasse largement tout ce qu'on a fait jusqu'ici », fit George, donnant l'impression d'être plus impressionné qu'en colère.
Draco regardait son petit ami avec un air ahuri.
« Tu as emmené Père à l'appartement des copies conformes ? demanda-t-il, aussi étonné que Fred.
— Il n'y avait pas d'autre endroit où j'aurais pu l'emmener, dit Harry, de nouveau sur la défensive. Je m'étais dit que ta mère et toi apprécieriez de le voir comme il l'avait toujours été, et ce n'était pas comme si je pouvais le laisser se laver au Manoir.
— Oh, Harry, tu auras des ennuis à cause de ça, fit Hermione d'une voix angoissée.
— Kingsley est déjà au courant, la rassura Harry.
— Tu as mis Shacklebolt dans la confidence ? » s'écria-t-elle.
Harry l'observa. Il ne pensait pas l'avoir déjà entendu hausser la voix autant en une seule journée.
« En fait, non, Lucius l'a fait, précisa-t-il. Je n'ai pas eu grand chose à faire, à part me porter garant de lui. »
Hermione secoua la tête, l'air stupéfait.
« Quand est-ce que c'est arrivé ? demanda-t-elle, tentant de donner un sens à tout ce qu'elle venait d'apprendre.
— Severus et moi avons sorti Lucius d'Azkaban il y a une semaine, le jour avant mon anniversaire, expliqua le brun. Il était un peu comme mon garde du corps pendant la cérémonie de mariage, et il m'a aidé pendant la bataille au Ministère. Ensuite, il a révélé son identité à Kingsley. Nous avons dû expliquer comment tous ces Mangemorts se sont retrouvés morts, et après, nous avons demandé le soutien de Kingsley pour la bataille finale. »
Autant qu'il en finisse maintenant.
« La bataille finale aura lieu dans quatre jours, annonça-t-il. C'est pour ça qu'on est venu le dire à tout le monde. J'aurai besoin de l'aide de chacun d'entre vous. »
Il était en train d'essayer d'expliquer comment ils étaient parvenus à cette décision quand Charlie s'approcha. Ils levèrent des yeux interrogateurs vers lui.
« Harry, dit Charlie, on m'a envoyé te chercher. Je crois que nous recevons plus de visites, ajouta-t-il en roulant des yeux.
— Ça s'annonce bien », fit Harry, sarcastique.
Charlie se contenta de hausser les épaules, attendant qu'ils le suivent. Il s'approcha de Harry et Draco. Ils se tendirent, ne sachant pas à quoi s'attendre. Charlie avait été extrêmement en colère contre Draco pour ce qu'il avait fait à sa famille. Ils furent surpris quand il tendit la main au blond.
« N'importe quel ami de Harry est mon ami également », dit-il.
Les yeux élargis, Draco lança un regard hésitant à son petit ami. Son expression disait clairement : ''Qu'est-ce que je suis censé faire ?''.
« Serre-lui la main, Draco, suggéra doucement Harry.
— Il voulait me tuer ! siffla le blond.
— Moi aussi, répliqua Harry, haussant son épaule valide. Je n'en ai plus tellement envie. Ou presque », ajouta-t-il avec un sourire effronté.
Draco grimaça de mépris avant de faire face à Charlie, qui lui tendait toujours patiemment la main. Draco se reprit avant de la lui serrer, allant même jusqu'à hocher la tête une fois en guise de politesse.
Harry pensa que peut-être, tout irait bien, finalement.
Il changea d'avis quand Remus fit venir Lucius et Narcissa, laissant Winky 'surveiller' les Serpentards pour quelque temps.
Harry observa la corbeille que tenait Narcissa. Entre autres choses, elle contenait plusieurs bouteilles de vin.
« Narcissa, siffla-t-il. Ils vont croire que vous essayez de les empoisonner.
— Harry, offrir un présent à tes hôtes est la moindre des choses », dit calmement Narcissa.
Harry supplia Lucius du regard.
« Lucius, n'avez-pas pu l'en empêcher ? » demanda-t-il.
Lucius eut un sourire en coin.
« Je ne suis pas parvenu à l'en dissuader, dit-il. Elle était bien décidée à faire bonne impression pour votre bien. »
Harry se tourna vers un Draco rougissant.
« Arrête de me regarder, fit-il. Tu sais très bien que je n'ai rien à voir avec ça. »
En désespoir de cause, Harry se tourna vers Severus. L'adulte haussa un sourcil sans piper mot.
Très bien, alors. Il se tourna vers Remus. Celui-ci sourit.
« Un peu de bonnes manières de te fera pas de mal », dit-il amusé.
Harry se renfrogna avant de faire face à Narcissa, extrêmement conscient des Weasley et Hermione, qui regardaient et écoutaient leur échange avec fascination.
« Narcissa, j'apprécie votre geste, vraiment, dit-il. Je pense juste que ce n'est pas le cadeau le plus adéquat.
— Harry, je suis consciente des implications, compte tenu des choix regrettables que Draco a faits par le passé, dit calmement Narcissa.
— Choix regrettables ? s'écria Harry. Il a presque tué Ron avec cette farce. Si nous n'avions pas eu le livre de Severus, Ron serait probablement mort.
— Dommage que je n'aie pas réussi, marmonna faiblement Draco, touchant son œil au beurre noir avec précaution.
— Draco », réprimanda sa mère.
Harry lui donna une claque à la tête, sans détourner son attention de Narcissa.
« Narcissa, je sais que c'était un accident, mais pas les Weasley, insista-t-il.
— Ouais, je n'essayais pas vraiment de tuer Weasley, contrairement à quand tu as essayé de me tuer, ricana le blond, se frottant la tête avec irritation. Brute.
— Bordel, Draco, ferme-la ! cria Harry. Tu sais très bien que je n'essayais pas de te tuer, pas plus que tu n'essayais de tuer Ron. Et tu ne m'aides pas, là.
— Oh, comme si tu te débrouillais, rétorqua le blond. Tu ne gagneras pas contre Maman, je ne sais même pas pourquoi tu t'obstines. »
Harry reporta son attention vers elle, soufflant lourdement, exaspéré.
« Ceci est un présent traditionnel, dit-elle fermement. J'ai senti que je devrais poursuivre la tradition et d'être franche quant à ce qui s'est passé. Ceci représente à la fois nos excuses et un présent de la part de notre famille à la leur. »
Elle le pressa gentiment de prendre le panier.
« Maintenant, considérant le lien évident entre nos deux familles, et étant donné que tu appartiens à l'une comme à l'autre, je pense qu'il serait préférable que tu le leur offres toi-même.
— Y a-t-il une façon particulière avec laquelle je suis supposé le faire ? » demanda Harry avec une grimace, cédant finalement à l'inévitable.
Draco se pencha vers et lui murmura à l'oreille :
« Tu le tends simplement en t'inclinant, et tu dis 'De notre famille à la vôtre'. »
Harry le regarda avec incrédulité.
« C'est pas un peu étrange ? demanda-t-il.
— Oh, je pense que ça dépasse de loin le reste, acquiesça Draco.
— Narcissa, je n'arrive pas à croire que vous me faites faire ça, marmonna-t-il.
— C'est pour ton bien, Harry », dit-elle.
Harry lui jeta un regard mécontent, montrant clairement qu'il n'était pas d'accord. Il y avait une seule chose claire à ses yeux. Il ne comprendrait jamais rien à la folie de Narcissa.
Il tendit la corbeille à Mme Weasley. Celle-ci le regarda avec un mélange de choc et de fierté, et il soupira. Il tenta d'ignorer les autres, se sentant comme un idiot.
« Voilà, Mme Weasley. De notre, euh, famille à la vôtre. »
Elle prit la corbeille, la mit entre les mains d'Arthur avant de le prendre dans ses bras.
« Oh, Harry, je suis tellement fière de toi, s'exclama-t-elle. Tu nous as tellement inquiétés, mais c'était pour la bonne cause, d'après ce que je vois. Je suis soulagée d'apprendre qu'on s'est occupé de toi pendant cet été. Mais tu aurais dû venir plus tôt, Harry. Je suis heureuse de voir que tu vas bien.
— Lâche ce pauvre garçon, Molly, dit Arthur.
— Mais il s'est exposé à tant de danger », fit-elle, le serrant plus étroitement pour un moment avant de finalement le lâcher.
Harry regarda le ciel, évitant le regard des autres. Il y avait eu beaucoup d'étranges événements dans sa vie, mais cette soirée devait être la plus étrange de tous, ou presque. Apprendre qu'il était un sorcier avait été étrange. Voir son nom se former au-dessus de la Coupe de Feu et être le quatrième participant d'un Tournoi à trois participants avait été étrange, aussi. Voir Draco Malfoy, le Mangemort, au pas de la porte des Dursley. Tant d'événements étranges durant cet été. Mais ça... c'était très, très bizarre.
Bill déclara qu'ils devaient ouvrir une des bouteilles de vin et boire à la nouvelle alliance. Bien sûr, même les 'enfants' avaient droit à un verre, à l'exception de Harry.
« L'alcool va interférer avec les potions que tu as prises, Harry », dit Severus, lui arrachant son verre.
Harry se renfrogna, maussade. Ils semblaient tous croire qu'ils méritaient de boire un verre après cette éprouvante soirée, mais à lui, bien sûr, ce plaisir-là lui était refusé.
« C'est pas grave, Harry, le réconforta Ron. Je boirai du jus de citrouille avec toi. »
Chose assez surprenante, il n'avait rien dit, bien qu'il continuait à regarder les verres emplis de vin avec une profonde méfiance. Harry ne pouvait pas l'en blâmer.
« OK, très bien », dit-il.
Il observa les autres qui, pour la plupart, observaient attentivement le couple Malfoy. Quand ces derniers prirent une gorgée de leurs verres, sans que rien ne se passe après, les autres les imitèrent avec hésitation.
Ils avaient encore besoin de parler des plans concernant la bataille finale, mais personne n'osait aborder le sujet. Le jardin était silencieux tandis que tous savouraient ce petit intermède, tentant de se familiariser avec ce qu'ils avaient déjà appris cette soirée. Severus eut l'air d'être légèrement impatient de passer aux choses sérieuses, mais même lui attendait en silence.
Lucius était assis à côté de Severus, l'allure calme, mais Harry sut, au sourire ironique qui étirait ses lèvres, qu'il s'était résigné à la situation. Il était un homme politique qui s'adaptait au besoin, et cette réunion était nécessaire à sa survie. Plutôt que d'être en colère quant au fait d'être forcé de sociabiliser avec les Weasley, il avait clairement décidé d'être amusé par la situation. Harry ne put s'empêcher de penser que si Lucius avait été un homme enclin à se divertir des choses les plus communes, il aurait sûrement sa propre boîte à pop-corn entre les mains pour l'occasion.
M. Weasley était assis en face de lui, l'air incertain quant à comment gérer la situation. Il ne s'était pas attendu à être confronté à Lucius Malfoy, son ennemi, dans son jardin. Cependant, il n'était du genre à refuser d'accueillir quelqu'un chez lui, particulièrement si ce quelqu'un était un allié dans des temps aussi difficiles.
Remus, qui était également assis avec eux, amorça à voix basse une conversation concernant la guerre. Harry l'entendit mentionner le nom de Kingsley et se demanda si Remus insistait sur l'implication de Lucius dans la bataille du ministère. Soudain, les quatre hommes regardèrent en sa direction.
Narcissa parut calme, imperturbable, et aussi sophistiquée que d'habitude – elle intimidait la plupart des Weasley sans même essayer. En fait, elle tentait d'apaiser la tension, mais ses sourires aimables semblaient les rendre plus nerveux qu'autre chose.
Mme Weasley prit son courage à deux mains et demanda :
« Vous vous êtes occupée de Harry durant cet été ? »
Les yeux de Harry s'élargirent.
« Autant que possible, acquiesça Narcissa, souriant chaleureusement en direction du concerné. Il est assez difficile à contenir, parfois. »
Bien que le ton était quelque peu guindé, cela amorça leur conversation.
« Est-ce que maman est en train de se lier d'amitié avec la mère de Malfoy... à cause de toi ? murmura Ron.
— Euh, oui, je crois, fit Harry, soupirant.
— On te remercie pour nous avoir soulagés d'un poids, mon pote, intervint George, souriant largement.
— Tu es devenu le fils de plus difficile de la famille, après tout », approuva Fred.
Harry se renfrogna, ce qui les poussa à rire.
« Tu vis vraiment avec les Malfoy ? » lui demanda Hermione avec incertitude, observant Draco.
Le blond avait fini par se retrouver entre les jumeaux, et pour l'instant il était en train de chiper un peu de leur pop-corn. Il était bon de savoir qu'il n'était pas indifférent au divertissement commun, pensa sèchement Harry.
« Harry est le chef de famille », dit Draco de sa voix traînante avant de jeter dans l'air un pop-corn et de l'attraper avec sa bouche.
Hermione eut l'air complètement perdue. Harry voyait qu'elle avait des tonnes de questions mais qu'elle ne savait pas comment les poser.
« Il a juste voulu dire que c'est ma maison parce que Sirius me l'a léguée, expliqua-t-il.
— Non, je veux dire que tu es celui qui est en charge, dit Draco, souriant d'un air satisfait.
— Ce n'est pas moi, protesta le brun. C'est Severus. »
Draco arqua un sourcil peu convaincu.
« Eh bien, disons qu'il est le seul auquel tu prêtes l'oreille – quand l'envie t'en prend, admit-il.
— Comment... comment est-ce possible ? » demanda Hermione, lançant un regard à l'autre bout de la table, où les adultes étaient assis.
Le sourire de Draco était carrément dément.
« Severus et Remus sont les parents de Harry », dit-il.
Harry grogna quand ses amis ouvrirent grand la bouche, encore. Draco se laissa aller contre sa chaise et enfourna joyeusement une poignée de pop-corn dans sa bouche, mission accomplie.
« Snape et Lupin, ensemble, reprenant le rôle des parents de Harry ? » demanda Bill.
Draco acquiesça.
« Severus te tuera pour avoir dit ça, siffla Harry.
— Non, il ne le fera pas, dit Draco avec dédain. Tu me protégeras.
— Pourquoi est-ce que je devrais ?
— Parce que ça te manquerait de ne plus m'avoir dans ton lit », répondit aussitôt le blond.
Harry lui lança un regard noir, incapable d'argumenter contre ça.
« Alors, nouvelles alliances », dit Bill avec un sourire entendu.
Harry rougit, se remémorant bien trop clairement avoir proclamé cette fois-là devant tout le monde qu'il s'était joyeusement fait sauter. Il risqua un coup d'œil vers Draco, qui affichait un air indubitablement suffisant.
« Je suppose que le serpent dans ton dos a une autre signification, dit sèchement Charlie.
— Malfoy est le bras droit de Harry », acquiesça joyeusement Fred.
Harry ouvrit grand les yeux, lançant un regard inquiet en direction de Ron. Le roux n'était pas du tout ravi.
« Harry, ça te dit qu'on aille marcher un peu ? » demanda-t-il abruptement.
Harry soupira.
« Ben sûr, Ron », dit-il.
Il baissa le regard en direction de son petit ami quand il se leva de sa chaise. Draco n'avait pas plus l'air ravi que Ron, mais il ne dit rien. Harry se sentit absolument déchiré. Il savait que ce moment arriverait, mais il ne voulait toujours pas perdre son meilleur ami.
« Harry, nous ne tarderons pas à parler des plans de bataille, le prévint Severus.
— Je ferai vite », promit le brun.
Il doutait que Ron mettrait du temps à lui jeter au visage qu'il était un connard.
Laissant derrière eux des regards inquiets braqués sur eux, Ron et lui sortirent dans le jardin.
« Je croyais que j'étais ton meilleur ami, lâcha soudainement le roux.
— Et tu l'es toujours, répondit Harry.
— Mais Malfoy est soudainement devenu ton bras droit ? » imita-t-il, furieux.
Harry ne sut comment expliquer ça.
« Fred n'a rien voulu dire de particulier en disant ça, dit-il impuissant. Draco est juste... il est avec moi constamment. Il est mon petit ami, Ron.
— Et je suis juste ton meilleur ami, dit platement le roux.
— Tu n'es pas juste mon meilleur ami, insista Harry, commençant lui-même à s'énerver. Tu es important pour moi, mais c'est autant le cas de Draco.
— Je ne comprends rien, fit Ron en secouant la tête. Je ne te comprends pas. Je ne comprends pas Malfoy. Je ne comprends pas Snape. Je ne comprends rien de ce que tu as fait jusqu'à présent.
— Je suis désolé, dit misérablement Harry.
— Pour quoi exactement es-tu désolé ? demanda Ron.
— Je suis désolé pour t'avoir menti pendant tout l'été, fit Harry.
— Mais tu n'es pas désolé de sauter l'ennemi, dit Ron sans mâcher ses mots.
— Il n'est plus notre ennemi, Ron, dit Harry, espérant ardemment que son meilleur ami comprenne. Même si je ne m'attends pas à ce que tu l'apprécies. Je sais que j'ai eu beaucoup plus de temps pour le connaître vraiment. »
Ron renifla de dégoût.
« Ouais, c'est ce que je vois, dit-il.
— Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda Harry.
— Ça veut dire que Celui-Qui-T'a-Joyeusement-Sauté doit être bon au lit, dit Ron avec colère. Parce que Merlin seul sait qu'il n'est bon à rien d'autre.
— Est-ce que tu m'as seulement écouté ? Il a passé tout l'été à m'aider, dit Harry d'un ton sec.
— Comment je peux savoir que ce que tu as dit ce soir est vrai, Harry ? cria le roux. Tu as déjà admit que tu nous mentais à propos de tout.
— Je dis la vérité maintenant ! se défendit Harry.
— J'ai entendu, répondit Ron. Je me suis assis ici et je t'ai écouté toute la nuit. C'est tellement irréel que je ne sais pas comment ça pourrait être vrai. S'il est bon au lit, alors au moins ça expliquerait pourquoi tu es avec lui.
— On dirait presque que tu essaies de le traiter de pute », dit dangereusement Harry.
Ron renifla bruyamment.
« Il semblerait que ça ait marché pour lui, non ? » dit-il avec dégoût.
Aussitôt, et sans même y penser, Harry lui donna un violent coup de poing dans la mâchoire. Ron le regarda avec un air choqué pendant à peine une demi-seconde avant que sa propre colère, sa frustration, ne prennent le dessus.
Ils passèrent les cinq minutes qui suivirent à échanger des coups de poing, parler n'étant même plus nécessaire. Ils tombèrent et roulèrent par terre, et Harry se faisait dominer. Mais à cause de sa propre colère, il lui fallut presque ces cinq minutes entières pour finalement le réaliser. Ils se retrouvèrent finalement de nouveau face à face, prêts à en découdre, respirant bruyamment, couverts de bleus, sales et saignant du nez. Et Harry serrait inconsciemment son bras droit contre lui.
« Déteste Draco pour tout ce qu'il a fait, mais ne t'avise jamais de dire ce genre de choses sur lui », dit froidement Harry.
Il tourna les talons et commença à s'éloigner.
« Qu'est-ce que je suis supposé penser, Harry ? s'exclama le roux. I peine deux mois tu voulais lui faire du mal. Et maintenant je suis censé croire que tu es tombé amoureux de lui ?! »
Harry se retourna pour lui faire face.
« Je sais que ça fait beaucoup à digérer d'un seul coup, dit-il. Je sais que ça n'a aucun sens, mais c'est ainsi. J'ai gardé Draco en lieu sûr durant tout l'été, mais ça ne veut pas dire qu'il me donne des faveurs sexuelles en échange. Je n'arrive pas à croire que tu aies pensé que je consentirais à ce genre de procédés.
— Je ne le pense pas, vraiment. C'est juste que... c'est trop », dit Ron, la voix empreinte de confusion et de frustration.
Harry inclina la tête.
« Je suis désolé pour ça », dit-il doucement.
Il se dirigea vers l'intérieur de la maison, et Ron le suivit. Ils marchèrent péniblement, en silence. Harry n'en était pas sûr, mais quelque chose lui disait que ce qui venait de se passer ferait encore marmonner Hermione dans son coin sur les garçons stupides.
Il se sentait stupide. Ron et lui ne s'étaient jamais battus comme ça auparavant. Il chancela. Comme toujours, les coups de poing avaient volé quand il s'agissait de Malfoy. Qui était maintenant Draco. Il traîna des pieds, maussade. Il avait certes suscité cette confusion, mais était-ce vraiment sa faute ?
Il ne blâmait certainement pas Ron pour être encore plus confus qu'il ne l'était lui-même. Il savait que le roux faisait de son mieux, mais c'était juste trop dur à digérer d'un seul coup. Il était inutile d'ajouter quoi que ce soit avant que Ron n'ait un peu de temps pour au moins surmonter le choc initial causé par toutes ces révélations.
Par un accord tacite, ils firent un cercle de sorte qu'ils puissent être hors du champ de vision des autres jusqu'à ce qu'ils ne soient plus qu'à quelques mètres d'eux. Malheureusement, ils ne purent cacher le fait qu'ils s'étaient battus.
Draco et Hermione furent les premiers à réagir. Même dans sa mauvaise humeur, Harry trouva la situation assez comique. Pendant une seconde, aucun des deux n'eut l'air de savoir vers qui se diriger en premier. Draco débattait sûrement entre deux possibilités : attaquer Ron ou s'occuper de son petit ami. Hermione avait l'air perdu, ne pouvant se décider entre ses deux meilleurs amis. Cependant, Harry avait le sentiment que les pensées de la jeune fille étaient bien plus similaires à celle de Draco que Ron ne voudrait jamais le savoir. Finalement, et après cette brève seconde d'indécision, les petits amis prirent le dessus.
« Bordel, qu'est-ce qui s'est passé ?! » demanda Draco, sa voix noyant les cris environnants, au moins pour Harry.
Draco était clairement furieux, mais sa main était douce quand il l'utilisa pour lui relever le menton afin de pouvoir examiner son visage.
Harry se dégagea, furieux contre Ron pour lui faire sentir que sa relation était quelque chose de sordide. Draco ne prit pas bien le geste. Il se figea pendant un instant avant de se tourner vers Ron, qui était à peine à un mètre de là, et de se jeter littéralement sur lui. Ils s'écrasèrent au sol, et cette fois Draco ne retenait plus ses coups, et le roux en faisait de même.
L'altercation ne dura pas longtemps, car Severus vint rapidement attraper Draco par le dos de ses robes et le relever, le poussant dans les bras de Lucius. La colère de Ron avait instantanément été renouvelée, car il essaya de donner un autre coup, mais Bill et Charlie le retinrent par ses robes et le tirèrent en arrière. Draco et lui essayaient tous les deux de se dégager pour attaquer de nouveau.
« Qu'est-ce que tu lui as fait, Weasley ?! cria furieusement Draco. Il est supposé être ton ami, et tu oses le frapper ? Allez, Weasley, je suis là. Je m'occuperai de toi, si c'est une bagarre que tu veux, mais personne ne lève la main sur Harry et s'en tire sain et sauf ! » continua-t-il à crier, se débattant toujours pour se libérer de la prise de son père.
Harry savait que les autres criaient, mais son attention était seulement concentrée sur Draco. Il voulait désespérément effacer son manque de confiance momentané. Indifférent aux autres, il se tint debout devant son petit ami. Il le regarda longuement, et Draco se calma, l'air profondément contrarié. Harry se mit sur la pointe des pieds et plaça un léger baiser sur ses lèvres.
Lucius le lâcha, et Draco s'empara du brun, l'enlaçant étroitement. Le blond tremblait, et Harry était sûr qu'il était toujours pâle, tout comme l'était Ron.
« Draco, calme-toi, murmura Harry. Tout va bien.
— Rien ne va bien, grogna le blond. Il t'a blessé.
— C'est moi qui ai commencé, mon ange, dit Harry.
— Je suis sûr qu'il l'a mérité », cracha Draco.
Tant pis, pensa Harry. Avec ou sans le sang et les blessures, il n'y avait qu'un seul moyen de calmer Draco. Il lui attrapa l'arrière de la tête, le tira à lui et l'embrassa. Il y avait le goût métallique de son propre sang, mais il y avait aussi le goût de Draco l'enveloppant de chaleur, de calme et de réconfort.
Il y avait quelque chose de sauvage dans ce baiser, avec le sang et la façon dont ils ravagèrent la bouche de l'autre, dissipant leur frustration. Draco mit fin au baiser et posa son front contre celui de Harry, respirant lourdement. Harry aspirait de grandes quantités d'air. Respirer n'avait pas été facile, compte tenu de l'état actuel de son nez.
« Peut-être qu'on pourrait maintenant examiner les blessures de Harry », dit Severus avec mépris.
Harry s'éloigna de son petit ami à contrecœur, ne voulant faire face à personne, ne voulant faire face à quoi que ce soit de plus. Il fut cependant surpris de voir Mme Pomfresh, se demandant comment ils avaient fait pour la faire venir de Poudlard aussi vite. Bien qu'elle avait l'air d'être bien plus choquée que lui.
La veille, Severus avait donné sa permission à McGonagall d'informer Pomfresh de sa situation et de celle des Malfoy, mais le fait de les voir – chez les Weasley, de tous les endroits imaginables – restait manifestement quelque chose de très surprenant.
Elle retrouva rapidement ses manières professionnelles, et ordonna aussitôt à Harry de s'asseoir sur la chaise la plus proche. Harry obéit, dans un état second, n'accordant aucune attention à son examen. Au lieu de ça, il laissa son regard vagabonder dans le jardin, essayant de comprendre ce qui se passait.
Mme Weasley avait acculé Ron et le réprimandait sévèrement. Il n'eut pas l'air de l'écouter, car ses yeux restèrent fixés sur Draco, l'évaluant du regard. Le roux rencontra brièvement le regard de Harry avant de tourner la tête.
Draco était en plein débat avec Severus, alors même que Narcissa le nettoyait et soignait ses blessures. Severus était sûrement furieux contre le blond pour avoir été à l'origine d'une autre querelle, et Harry ne doutait pas qu'il serait le suivant à recevoir des remontrances. Lucius discutait avec Remus et M. Weasley, ayant tous les trois l'air déçu. Lucius cacha mieux sa déception, mais Harry comprit que l'adulte étudiait son fils avec cette froide façon de faire. Tandis que Harry les regardait, Bill et Charlie les rejoignirent.
Ginny se disputait avec Hermione, et Harry avait peur de connaître la raison de leur dispute. Si Ginny était en train de défendre les actions de Draco, alors cela n'augurait rien de bon entre lui et Hermione. Il ne pouvait pas la blâmer d'être contrariée. Draco avait attaqué son petit ami, et ce n'était pas comme s'ils avaient été en très bons termes par le passé. Fred et George étaient assis un peu en retrait, mâchouillant encore et toujours leur pop-corn, sans cesser de regarder toutes leurs interactions.
« M. Potter, vous avez besoin de repos, dit sévèrement Mme Pomfresh, attirant son attention. Et comme je suis sûre que vous l'avez déjà réalisé, vous vous êtes de nouveau blessé l'épaule. J'ai soigné vos autres blessures, mais vous devez ménager votre épaule et limiter vos mouvements pour faciliter la guérison.
— Oui, m'dam », dit-il, soupirant lourdement.
Severus n'allait pas être ravi. Les choses s'étaient relativement bien passées, tout bien considéré – jusqu'à ce qu'il se soit battu avec Ron. Mme Pomfresh partit soigner Ron, et Severus et Draco s'approchèrent.
« Tu vas bien ? » demanda son petit ami, lançant un regard à son épaule, de nouveau en écharpe.
Il se pencha sur lui et l'embrassa chastement sur la bouche. Quand il se releva, il prit la main libre de Harry dans la sienne, la serrant légèrement en signe de réconfort.
Harry leva les yeux vers Severus, qui le regardait d'un air furieux.
« Laisse-moi deviner, railla-t-il. Demain encore, tu seras dans l'incapacité d'utiliser ton bras. Tu as prévu de tuer le plus puissant sorcier au monde dans quatre jours, mais tu ne peux te livrer à aucun de tes entraînements parce que tu as décidé de te lancer dans une chamaillerie stupide avec tes amis. »
La voix de l'adulte devenait plus froide à chaque mot prononcé. La colère de Harry grandit au fur et à mesure.
« Il y a encore certaines choses que tu dois apprendre avant samedi. Tous tes efforts ne seront pas suffisants jusqu'à ce que le Lord Noir soit détruit », ajouta Severus, la voix plus froide que jamais.
Harry tressaillit, blessé.
« Allez vous faire voir, Severus ! cria-t-il, lâchant la main de Draco et sautant sur ses pieds. Je fais de mon mieux et vous le savez. Je suis désolé si ce n'est pas encore assez pour vous et je suis désolé pour avoir oublié pour quelques putains de minutes que ma vie tournait autour de Voldemort ! »
La fureur de Severus fut remplacée par une fatigue évidente.
« Harry.
— Non ! cria le brun. Laissez-moi tranquille, bordel ! »
Il tourna les talons pour partir, mais ne fit pas plus de deux pas avant que Severus ne lui ordonne de s'arrêter.
« Quoi ? grogna-t-il, sans se retourner.
— Viens par ici, gamin », dit doucement Severus.
Harry se retourna avec circonspection, irrité contre l'homme pour avoir trouvé une nouvelle méthode de capturer son attention avec autant d'efficacité. Comment était-il supposé réagir quand l'adulte parlait aussi gentiment ? Severus s'approcha de lui, posant une main sur son épaule valide. Il se pencha vers lui, de sorte qu'il puisse parler sans que les autres ne l'entendent.
« Tu n'aurais pas dû te battre », dit Severus d'une voix égale.
Se renfrognant, et se sentant comme s'il s'était fait piéger, Harry tenta de s'éloigner, mais Severus raffermit sa prise sur son épaule.
« Cependant, continua-t-il, j'aurais dû savoir que le fait pour toi de défendre les autres ne se limite pas seulement à battre le Lord Noir.
— Mais c'est ce que je suis censé faire, non ? dit Harry avec amertume. Je suis supposé ne me soucier de rien d'autres hormis Voldemort.
— C'est ce que j'ai cru, autrefois », acquiesça Severus, mais son ton était songeur.
Harry fronça les sourcils, confus, tandis que Severus s'emparait des bagues pendues à sa poitrine, les examinant de près.
« Toutefois, j'ai fini par comprendre que Dumbledore avait raison dans son jugement, murmura-t-il. Tu as plus de pouvoir dans ton cœur que je ne pourrais jamais vraiment comprendre. »
Harry le regarda d'un air ahuri.
« Severus, est-ce que vous vous sentez bien ? » demanda-t-il, commençant à s'inquiéter.
Les lèvres de Severus se relevèrent aux extrémités, et il lâcha les bagues.
« Oui, Harry, je vais bien, dit-il sèchement. Dis-moi, qui au juste défendais-tu quand tu t'es battu avec Weasley ? »
Le regard du Gryffondor s'arrêta automatiquement sur Draco, qui les observait d'un peu loin, les yeux plissés.
« Ah », dit Severus, vaguement amusé mais pas du tout surpris.
Son regard grandit en intensité quand il ancra son regard dans le sien.
« Tu te bats avec ton cœur, Harry, dit-il.
— Je ne sais pas comment faire autrement, dit Harry, sur la défensive.
— Et c'est en cela que consiste le 'pouvoir que le Lord Noir ne connaît point', dit doucement Severus. Je t'ai critiqué et dénigré pour cette particularité d'avoir le cœur sur la main. Et pourtant, c'est ta compassion pour les autres qui a uni les alliés et les ressources dont tu as besoin pour battre le Lord Noir. Il n'y a certainement personne d'autre qui serait capable d'unir les Malfoy et les Weasley. »
Harry le regarda pendant de longues secondes, avant d'écarter la main de l'adulte de sur son épaule et de passer ses bras autour de sa taille, l'enlaçant étroitement.
« Potter, dit Severus. Juste parce que je commence à comprendre les effets considérables concernant le fait que tu as le cœur sur la main, ne veut pas dire que je veux en faire de même. »
Malgré ses mots, il retourna le geste, quoique avec précaution en raison des blessures de Harry, et avec raideur à cause de la présence des autres.
Harry sourit contre les robes de Severus.
« Si faire preuve d'un peu de bonnes manières ne me fera pas de mal, dit-il, alors un câlin ne vous fera pas de mal non plus. »
Severus le repoussa :
« Espèce de gamin insolent », bougonna-t-il.
Harry lui fit un large sourire.
« Ne vous inquiétez pas, murmura-t-il d'un air calculateur, je ne dirai à personne que vous avez un cœur. »
Severus plissa les yeux.
Riant, Harry s'éloigna prestement. Il s'arrêta quand il remarqua les autres. Remus et les Malfoy n'avaient pas l'air particulièrement surpris. Mais les Weasley, Hermione et Pomfresh les regardaient avec ébahissement. Ron était le seul qui l'inquiétait, mais Harry n'était pas sûr de comment interpréter son expression.
Draco vint derrière lui, l'enlaçant. Ce qui était une flagrante démonstration de la part du blond le proclamant comme sien. Harry ne savait pas quoi penser du fait que l'expression de son meilleur ami n'avait toujours pas changé. Il donnait toujours cette même impression de concentration et de réflexion, expression qu'il dirigeait habituellement vers l'échiquier.
« Rentre à la maison et repose-toi, ordonna Severus. Prends Draco avec toi, je m'occuperai de finir de leur expliquer les plans pour samedi. »
Harry hocha la tête à contrecœur. Il en avait eu assez pour la journée, mais il n'aimait pas laisser les choses comme elles l'étaient. Les bras de Draco se resserrèrent autour de lui, et tous les deux disparurent.
À suivre...
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