Titre : Secrets
Auteur : Vorabiza
Traductrice : Miss Sona
Bêta : Mounette
Genre : Romance, Action, Aventure
Avertissement : Slash, HPDM & SSRL
Disclaimer : rien n'est à moi, etc.

Note : navrée de vous avoir fait attendre pendant presque un an avant de poster la suite. J'espère que vous n'avez pas abandonné cette fic, tout comme je ne l'ai toujours pas abandonnée. Pas facile de trouver assez de temps libre pour traduire, j'ai l'impression d'être devenue un elf de maison de service de ma fac adorée (notez l'ironie). Mais bon, ce n'est une excuse pour lâcher cette fic pour autant, pas vrai ? Ouaip, entièrement d'accord. Après tout moi aussi je suis une lectrice assidue de fics et je ne comprends que trop bien votre frustration.

Honnêtement je ne promets pas de poster régulièrement ou même rapidement, mais une chose est sûre, je n'abandonne pas cette fic. J'espère tout de même être capable de gérer mon temps de façon à ne négliger ni cette fic, ni mes études - autrement j'y passerai probablement des années !

Enfin. Merci à tous pour vos reviews, elle me font toutes chaud au coeur, même si je n'y réponds pas toujours. Vous êtes super, je vous aime.

Bonne lecture !

- Secrets -
Chapitre 47

Quand Harry se réveilla, son épaule le tourmentait toujours, mais il estima qu'un autre tourment, situé dans son sexe, était une sensation bien plus agréable sur laquelle se concentrer. Il se tortilla un peu pour regarder en bas, et ne grogna pas que de plaisir.

Draco émit un son amusé, la bouche toujours autour de la verge de son petit-ami, alors que celui-ci inspirait avec force.

« Merlin, Draco, haleta-t-il. Tu comptes me tuer de douleur ou de plaisir, ce matin ? »

Tout en gardant sa bouche là où elle était, Draco lui tendit sa main fermée, lui indiquant silencieusement qu'il avait quelque chose à lui donner. Confus, Harry tendit la sienne, et Draco y laissa tomber une potion antidouleur. Harry ne savait pas pourquoi son épaule n'était toujours pas proprement guérie – il s'était pourtant bien reposé – mais il n'allait pas s'en inquiéter à ce moment précis.

Il sourit.

« Ah, je suis gâté aujourd'hui », dit-il, avalant rapidement la potion.

Et c'est alors que Draco le prit entièrement en bouche.

« Oh mon Dieu », gémit Harry, retombant sur son oreiller et se fichant complètement que son épaule soit toujours douloureuse. L'élancement qui montait dans son aine demandait largement plus d'attention. Il ne voulait pas que ça s'arrête.

Quand Draco avait-il appris à faire ça ? Harry décida rapidement qu'il devait avoir plus de respect pour la langue du blond. Elle faisait d'incroyables choses à son sexe. Il attira maladroitement un autre oreiller sous sa tête pour pouvoir regarder.

Ses yeux s'élargirent quand il vit les lèvres de son petit-ami serrées autour de son sexe, les joues creusées tandis qu'il suçait.

« Oh putain », haleta-t-il.

Draco était à califourchon sur la jambe du brun et s'y frottait sans vergogne. Sa main glissa sur les testicules de Harry, les serrant légèrement, avant de glisser plus bas. Les doigts du blond voyageant légèrement sur son entrée, cette extraordinaire fellation, cette vue incroyable. Harry ferma inconsciemment les yeux tandis qu'il se laissait emporter par la jouissance.

Ses yeux étaient à demi ouverts alors qu'il regardait Draco se masturber, son regard fixé lui.

« Dieu, t'es magnifique », murmura Harry.

Draco gémit, sa main bougeant plus vite avant qu'il ne jouisse sur le ventre et la poitrine de son petit ami. Le blond s'assit sur ses talons tout en essayant de reprendre son souffle.

Harry lui offrit un sourire en coin, avant de jeter un regard à son ventre.

« Tu adores jouir sur moi, pas vrai ? » demanda-t-il d'une voix ironique, passant ses doigts sur la substance collante.

Draco haussa les épaules, mais il souriait quand il tendit la main vers sa baguette pour les nettoyer.

« Tu sais que tu aimes ça, aussi, dit-il de sa voix traînante.
— Ouais, c'est vrai, admit Harry, ne prétendant même pas le contraire. J'adore te regarder. »

Draco lui fit un sourire éclatant, avant de lui gifler la cuisse.

« Allez viens, dit-il, on doit prendre une douche. On devrait probablement aller voir comment ça se passe en bas. »

Harry grogna.

« Draco, je veux pas quitter notre chambre, se plaignit-il. A chaque fois ça finit en catastrophe. »

Draco riait toujours quand il le tira du lit. Harry le suivit dans la salle de bain, mais n'arrêta pas de se plaindre.

« La maison est envahie de Serpentards, dit-il. Ce n'est sûrement pas quelque chose de bien pour moi. Et Severus est probablement en bas. Sans oublier des lettres furieuses de la part de mes amis – il fronça les sourcils – à supposer qu'ils sont toujours mes amis. »

Cette fois, Draco lui donna une claque sur le derrière, ce qui fit glapir le brun.

« Entre dans cette foutue douche, dit-il avec flegme. Et arrête de t'inquiéter. »


« Pourquoi est-ce mon épaule me fait toujours mal ? demanda abruptement Harry au beau milieu du petit-déjeuner.
— Parce que tu n'es pas normal », répondit aussitôt son petit ami.

Harry lui jeta un regard noir tandis que les Serpentards ricanaient.

« Tu es mon petit ami, tu es supposé être sympa », dit-il.

Draco haussa un sourcil.

« Je le suis vraiment ?
— Oui », fit Harry, maussade.

Draco roula des yeux, donnant au brun un baiser sur la joue.

« Je ne sais pas pourquoi ton épaule n'est pas encore guérie, dit-il consciencieusement.
— Peut-être parce que tu n'es pas censé t'engager dans des rixes alors que tu es déjà blessé, suggéra Blaise, pince-sans-rire.
— Tu aurais dû nous laisser nous occuper de lui à ta place », intervint Crabbe.

Harry grimaça. Draco s'étrangla.

« On peut toujours le faire », offrit Goyle.

Harry s'étrangla.

« Euh, ce n'est vraiment pas nécessaire », parvint-il à dire.

Ils eurent l'air déçu, mais haussèrent les épaules avant de retourner à leur petit-déjeuner.

Harry lança un regard suppliant vers son petit-ami.

Draco essayait d'avaler son rire, les yeux brillant d'amusement.

« Après le petit-déjeuner, Draco », insista le brun.

Le blond devait vraiment leur parler.

Draco prit un air faussement hésitant.

« Draco !
— Très bien, très bien », dit le blond en riant.

Blaise se pencha vers Harry et lui murmura à l'oreille :

« Peu importe ce qu'il leur dira, ils sont à toi maintenant.
— Non, protesta Harry.
— Si », contra Blaise, un sourire en coin.

Harry s'affaissa sur sa chaise. Ils étaient des êtres humains. Ils n'appartenaient à personne, et encore moins à lui. Il leur lança un regard et soupira. Le culte du héros était probablement préférable à se faire passer à tabac, mais il considérait que le sujet était hautement discutable.

Il croisa le regard de Daphnée, qui l'observait d'un air songeur, comprenant la conversation entre lui, Draco et Blaise.

« Observe-les », déchiffra-t-il sur ses lèvres.

Harry la fixa avec curiosité, mais elle secoua la tête en direction de Crabbe et Goyle. Il ne comprit pas où elle voulait en venir. Il les regarda ensuite mais ne vit rien d'anormal.

« Quelqu'un aurait-il des nouvelles de Pansy ? » demanda Daphnée d'un air innocent.

Harry vit les frissons que Crabbe et Goyle parvinrent à peine à cacher. Il fronça les sourcils en direction de Daphnée. Elle se contenta de lui faire un sourire triste avant de se tourner vers la fille qui répondait à sa question.

« Allons demander à Severus à propos de ton épaule », dit abruptement Draco, l'attirant avec lui.

Ils s'arrêtèrent au milieu du petit couloir qui séparait la cuisine du labo.

« Qu'est-ce que ça voulait dire ? demanda Harry.
— Pansy est une garce sans pitié, dit Draco. Elle utilisait Crabbe et Goyle pour tester des maléfices ou juste pour évacuer sa frustration.
— Et tu la laissais faire ?! » s'exclama Harry.

Le visage de Draco se fit suspicieusement inexpressif.

« Tu t'es joint à elle, dit Harry, comprenant soudainement.
— Je ne l'ai pas toujours fait, répondit Draco d'un ton sec, sur la défensive. Je les protégeais quand je le pouvais, mais nous vivions dans les cachots de Serpentard où la moitié des élèves voulait devenir des Mangemorts.
— Où tu voulais en devenir un, dit faiblement Harry, s'adossant contre le mur.
— On s'attendait à un certain degré de cruauté de ma part, ou je n'aurais pas survécu, dit Draco, tendu. Je ne serais pas ici si je les avais toujours traités gentiment. »

Harry se frotta les temples, tentant de trouver quoi dire. Il haïssait ce côté de Draco, mais ce n'était pas comme si c'était une surprise. Sa cruauté avait été dirigée vers lui pendant des années. Mais ça, au moins, avait eu un sens : ils avaient été des ennemis. Mais être cruel envers ses amis – il ne pouvait pas le comprendre.

Mais il réalisa qu'il aurait dû se rendre compte du fait que Draco ne les considérait pas vraiment comme ses amis, étant donné qu'il les appelait toujours par leurs noms de famille. Il se remémora la fois où, usant le Polynectar, il s'était fait passer pour Goyle. Même quand il avait été seul avec eux, Draco les avaient appelés Crabbe et Goyle.

Et il était ironique de penser qu'en dépit du fait qu'ils évoluaient en plein centre d'une guerre, Harry s'était soudainement senti comme s'ils vivaient dans une sorte de bulle. Etrange. Poudlard était en quelque sorte le monde réel, un monde très loin d'où ils se trouvaient actuellement. En reprenant contact avec les autres élèves, cette réalité les avait rattrapés.

« Tu iras leur parler, n'est-ce pas ? dit-il à voix basse.
— C'est ce que j'ai dit, non ? dit Draco sur un ton sec.
— Très bien, dit Harry.
— C'est tout ? demanda le blond avec suspicion.
— J'ai choisi d'avoir un petit ami qui voulait être un Mangemort, dit sèchement Harry. Ça ne me surprend pas d'apprendre que tu t'en prenais à de petits chiots sans défense. J'aurais été plus choqué d'apprendre que tu câlinais des chatons. »

Draco en resta bouche bée.

« Des chatons ?
— Oui, ces petites créatures tout adorables et mignonnes, dit Harry, roulant des yeux. Je suis actuellement plus inquiet pour les chiots, grimaça-t-il. Je préférerais que tu les reprennes, mais en t'abstenant de les molester.
— Harry, tu as perdu la tête, dit Draco simplement.
— Merci, fit le brun, le regardant d'un air morne. Pourrais-je maintenant aller voir si Severus peut faire quelque chose pour mon épaule ? »

Draco fronça les sourcils à son attitude.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda-t-il.

Il posa ses mains sur le mur, de part et d'autre du brun.

Harry se remit à se masser les tempes.

« Draco. Il est très probable que j'aie perdu mes meilleurs amis. J'ai gagné deux de tes amis en les défendant contre toi. Je me suis désagréablement rappelé que, toi et moi, nous avons des systèmes de valeurs très différents l'un de l'autre. Mon épaule est complètement défoncée et je ne sais pas pourquoi. Je n'ai aucune idée de ce que je dois faire aujourd'hui parce que Severus n'arrête pas de changer de programme. Il y a un certain Mage Noir que je dois tuer dans quelques jour. Et je suis entouré de foutus Serpentards. »

Draco haussa un sourcil.

« Tu as fini ?
— Tu as demandé », marmonna Harry.

Draco frotta la main droite du brun du bout du nez, plaçant un léger baiser sur sa tempe dès que son petit ami abaissa sa main. Il en fit de même avec sa main gauche. Harry ferma les yeux et pencha la tête en arrière tandis que Draco continuait de l'embrasser avec douceur, son souffle chaud caressant ses joues. Harry chercha les hanches du blond à l'aveuglette, l'attirant plus près, tandis que ce dernier posait chastement ses lèvres sur les siennes dans un baiser taquin.

« Je ne vais nulle part », murmura Draco.

Il détacha une main du mur, parcourant la poitrine du brun avant que ses doigts ne capturent les bagues cachées sous sa chemise, attirant ainsi l'attention sur elles alors même qu'ils s'embrassaient. Une promesse. Draco serait toujours là même quand tout s'effondrerait dans la vie de Harry. Ce rappel le réchauffa et les baisers intensifièrent le sentiment d'être aimé, en dépit de tout.

Ils s'embrassaient toujours quand la porte menant au laboratoire s'ouvrit.

« Si je peux me permettre, pourquoi n'êtes-vous pas dans la cuisine à prendre votre petit-déjeuner ? demanda Severus.
— Parce que j'avais l'habitude de molester des chiots et que Harry a besoin que vous jetiez un œil à son épaule », répondit Draco avec aise.

Harry rit légèrement tandis que Severus les regardait avec un air imperturbable.

« Il est clair que je n'aurais pas dû poser la question », dit-il.

Harry s'empressa de donner un baiser reconnaissant à son petit ami avant de le repousser.

« J'ai vraiment besoin que vous jetiez un œil mon épaule, dit-il. Mme Pomfresh m'a dit que je devais me reposer pour guérir proprement, mais j'ai dormi hier. Est-ce que ça ne devrait pas être déjà guéri ? Ça me fait moins mal qu'hier matin, mais elle n'est clairement pas encore complètement guérie.
— Harry, qu'est-ce qui te fait croire qu'une seule nuit de repos est suffisante pour compenser le stress que ton corps a subi durant ce dernier mois ? demanda doucereusement Severus.
— Mais toutes mes autres blessures sont guéries ! protesta le brun. Même ma tête va mieux après seulement quelques heures de sommeil.
— Discutable, marmonna Draco, souriant innocemment quand Harry lui jeta un regard irrité.
— Même la magie est incapable de corriger la stupidité », dit doucement Severus.

Harry soupira. Il savait qu'il ne voulait absolument pas faire face à Severus ce matin.

« Et donc, qu'est-ce que je ne comprends pas ? » demanda-t-il avec résignation.

Severus s'adoucit.

« Je suppose que tu as déjà dû laisser le temps aux os de se reformer ?
— Ouais, dit Harry, grimaçant. Mais quel est le rapport ?
— Mme Pomfresh m'a informé que tu as endommagé un nombre assez conséquent de tendons et de muscles quand tu t'es disloqué l'épaule, dit Severus. La simple explication est que tu as besoin que ces connections se reforment. Cela prend du temps. Temps que tu n'as pas.
— Mais je me suis reposé hier, protesta de nouveau Harry.
— Après avoir ré-endommagé tout ce qui a déjà été guéri, et ainsi avoir empiré les choses », dit Severus.

Harry se laissa aller contre le mur, découragé, et s'agaçant quand le mouvement provoqua un élancement dans son épaule.

Severus l'observa d'un air perspicace.

« L'épaule est l'articulation la plus mobile de tout le corps humain, expliqua-t-il. Tu continues à faire bouger ton épaule alors que tu devrais en limiter les mouvements. Même pendant ton sommeil. Le stress supplémentaire subi par ton corps a un impact sur la durée de guérison. L'usage constant de la potion antidouleur, bien que compréhensible, te donne l'impression erronée d'aller mieux, mais tu continues d'empêcher le progrès de la guérison en bougeant l'articulation plus que tu ne le devrais.
— Qu'est-ce que je dois faire pour que ça guérisse, alors ? demanda Harry.
— En plus des potions que tu prends, le remède courant serait un minimum de huit heures de Sommeil sans Rêve et immobilisation complète de l'articulation », répondit Severus.

Harry commença à secouer la tête avant même que l'adulte n'ait fini de parler.

« Je ne peux pas, dit-il. Pas encore une fois. Et je ne peux pas arrêter de tout faire juste parce que mon épaule me fait mal. Et qu'est-ce qui se passerait si quelque chose arrivait alors que mon bras était immobilisé ?
— J'en suis conscient, dit sèchement Severus. Aussi, tu devras te contenter d'une guérison plus lente et limiter au maximum les mouvements de ton épaule. Te lancer dans une rixe n'était pas la meilleure solution quant au problème.
— Très bien, j'ai compris, marmonna Harry. Donc, si je parviens à bien me comporter aujourd'hui, alors on pourra reprendre mon entraînement demain ?
— Il y a certains sorts que j'aimerais que tu maîtrises avant samedi », acquiesça Severus, un avertissement palpable dans sa voix.

Harry comprit le message – tiens-toi tranquille ou tu risques de tous nous faire tuer.

« Bon, qu'est-ce que je dois faire aujourd'hui ? » demanda-t-il.

La matinée avait déjà eu ses moments forts, mais il savait par expérience que la journée avait à peine commencé.

« Tu vas annoncer une réunion de l'Ordre », dit calmement Severus.

Harry grogna, regrettant d'avoir demandé, comme s'il aurait pu l'empêcher. Severus l'ignora.

« Nous avons le soutien de Kingsley, Minerva, et des Weasley, dit-il. Etant donné que l'entraînement aujourd'hui est hors de question, nous n'attendrons pas jusqu'à vendredi pour parler de nos plans à l'Ordre, comme nous l'avions initialement planifié. »

Il jeta un regard noir à Draco.

« Et tu ne te battras plus avec Weasley, l'avertit-il.
— Tant qu'il ne fera pas de mal à Harry », fit Draco.

C'est un vrai cauchemar, pensa Harry. Tuer Voldemort serait la partie facile de tout ce qu'ils prévoyaient de faire dans la semaine. Deux simples mots – Avada Kedavra – et c'était tout ce qu'il aurait à lui dire. Pas besoin d'explications.

Quand ils retournèrent à la cuisine pour finir leur petit-déjeuner, il jeta un regard aux autres, reconnaissant de voir qu'au moins, il n'aurait pas à répondre de ses actes devant eux. Fronçant les sourcils, il réalisa que ce groupe de Serpentards l'avait accepté. Personne ne l'avait provoqué, questionné, ou s'était disputé avec lui. Il était vrai que, exception faite pour Draco – et par association, Crabbe et Goyle – il n'avait jamais vraiment eu de problèmes avec ceux-ci par le passé. Mais ils étaient toujours des Serpentards, et il était toujours... bon, il était toujours Harry Potter, le typique Gryffondor.

Il accula Blaise plus tard quand Draco était enfin parti parler avec Crabbe et Goyle.

« Zabini, de quoi est-ce qu'on vous a menacés pour que vous me laissiez tranquille ? » demanda-t-il avec curiosité.

Blaise lui fit un sourire en coin.

« On ne nous a pas menacés, dit-il.
— Non ? dit Harry, surpris.
— Pas directement, précisa Blaise.
— Je ne comprends pas, admit Harry.
— Potter, tu as Draco, Snape, et même Lucius Malfoy derrière toi, dit Blaise en roulant des yeux. On n'a pas besoin de menace plus directe, merci bien. »

Harry fit une grimace, comprenant enfin.

« Tout le monde sait que nous faisons tout ça pour détruire Voldemort, pas vrai ? » demanda-t-il.

Blaise ricana.

« Oui, ça a été mis au clair, dit-il. Malgré ça, nous n'avons pas la moindre idée de comment tout ça est arrivé. Toi, nous avons compris. Draco, je comprends aussi, d'une certaine façon. Snape et les parents de Draco... et comment tu as fini par travailler avec eux... ou plutôt, comment ils ont fini par travailler avec toi...
— C'est une longue histoire, dit Harry, l'air impassible.
— Une histoire qu'on n'entendra probablement jamais dans sa totalité », dit Blaise d'un air entendu.

Harry secoua la tête.

« Non, probablement pas », admit-il.

Blaise l'observa alors d'un air pensif.

« On ne le comprend pas forcément, mais il est clair que Snape et toi êtes en charge de cette maison, dit-il. Ce seul fait t'octroie le respect des Serpentards. Tout du moins, ceux qui sont ici.
— Bien sûr, marmonna Harry. Ils respectent le pouvoir, et non le fait que je sois en train d'essayer de sauver les fesses de tout le monde.
— Et le naïf Gryffondor commence enfin à comprendre, fit Blaise, un demi-sourire aux lèvres.
— Dégage, dit Harry, sans réel venin. Le naïf Gryffondor doit se préparer pour une foutue réunion de l'Ordre. »


Quelques heures plus tard, Harry se sentit vraiment comme un naïf Gryffondor. Incertain de comment c'était arrivé, il s'était retrouvé en route vers le Terrier pour déjeuner – avec Draco, Victoria, et Blaise à sa suite. Il savait comment c'était arrivé, étant donné que Mme Weasley avait étendu l'invitation quand le brun lui avait parlé de la réunion. Mais il n'était pas sûr de ce qui l'avait poussé à accepter l'invitation. En fait, il connaissait la réponse – Severus avait insisté, pour une obscure raison connue de lui seul.

Il s'approcha de la porte arrière avec circonspection. Ils auraient pu utiliser la cheminette, mais il n'allait tout de même pas atterrir au beau milieu de la cuisine des Weasley avec Draco. Cette pensée lui donna quelques moments de plus pour se préparer. Il se tourna vers Draco une fois de plus.

« Draco, s'il-te-plaît, tiens-toi bien, supplia-t-il.
— Je le ferai s'ils le font aussi », déclara le blond avec hauteur, lui donnant la même réponse qu'il lui avait donnée les vingt fois où Harry avait tenté de lui en parler durant la matinée.

Harry soupira de défaite, et Draco roula des yeux en réponse.

« Je me tiendrai bien, dit-il. Et j'espère que tu es conscient du fait que je le ferai uniquement pour toi, ajouta-t-il.
— Quelle honnêteté ! », marmonna Blaise, lançant un petit sourire en coin à Harry derrière le dos du blond. Il était l'innocence même quand Draco lui jeta un regard mauvais par-dessus son épaule.

Souriant, Harry embrassa Draco sur la joue.

« Merci, dit-il.
— Tu ferais mieux de me donner un baiser mieux que celui-là », dit Draco, déplaçant Victoria sur son autre hanche.

Harry haussa un sourcil avant de se mettre en devoir d'accéder à sa demande. Ce n'était pas facile, compte tenu du fait que Draco portait Victoria et que son propre bras était en écharpe. Mais ils se débrouillaient suffisamment bien jusqu'à ce qu'ils ne se fassent interrompre par la porte qui s'ouvrait.

« Coucou, les garçons ! » s'exclama gaiement Ginny.

Contrarié, Draco lui lança un regard mauvais.

« Weaselette, dit-il. Permets-moi de te présenter officiellement à mon ami, Blaise Zabini. Blaise, va faire connaissance, elle est toute à toi.
— Draco ! s'exclama Harry, n'arrivant pas à croire à ce que son petit ami venait de dire.
— Hello, Ginny », dit Blaise de manière prononcée, lui offrant un sourire ironique.

Ginny lui fit un grand sourire, clairement ravie.

« Je suis contente que tu sois venu. Tu pourras t'asseoir avec moi et profiter du spectacle », ajouta-t-elle, lançant un sourire effronté à Harry et Draco.

Harry lui tira la langue avant qu'on ne les appelle de la cuisine. Mme Weasley le prit dans ses bras en guise de bienvenue, et Harry lui présenta Blaise. Draco fut cordial avec Mme Weasley, mais mis à part ça, il resta prudemment neutre avec les autres. Blaise n'eut pas l'air de leur déplaire, mais Harry réalisa rapidement que c'était parce que l'attention de tous était focalisée sur Draco et lui.

L'atmosphère était extrêmement tendue quand Mme Weasley les pressa de s'asseoir. Harry et Draco mirent Victoria entre eux, comme à leur habitude. Blaise et Ginny s'assirent de l'autre côté de Draco. Ron, Hermione, les jumeaux et Charlie leur faisaient face, avec Mme Weasley sur sa chaise en bout de table.

Charlie parlait avec sa mère en même temps qu'il mangeait, mais ils faisaient tous les deux clairement attention à tout le monde. Ginny et Blaise commencèrent une conversation tranquille, ce qui ravit Harry.

Draco se concentra presque entièrement sur Victoria ou son propre plat. Harry comprit qu'il adaptait le principe "Si tu ne peux rien dire d'aimable, alors ne dis rien du tout". Ce qui était probablement la meilleure chose à faire. Hermione et Ron semblaient adopter la même attitude.

Harry ne savait pas quoi faire. Il voulait voler Victoria et l'utiliser comme barrière, mais il était clair que c'était déjà ce que faisait Draco. Il leur jeta un regard, souriant faiblement. Draco était en train d'essayer de lui faire manger une salade de pomme de terre, la mélangeant avec le pudding de banane que Mme Weasley avait spécialement préparé pour Victoria. Il ne comprenait pas pourquoi, mais Victoria détestait tout ce qui était composé de pommes de terre. Et elle ne se laissait pas non plus duper par les tentatives de Draco visant à les lui faire manger.

La tactique du blond, consistant à l'utiliser comme barrière, se retourna contre lui quand elle recracha la salade de pommes de terre sur son visage.

« Urgh, Victoria ! bredouilla-t-il de dégoût, prenant rapidement une serviette pour s'essuyer le visage.
— Tu aurais dû t'y attendre, fit joyeusement remarquer Harry.
— Mais c'est de la bonne salade de pommes de terre ! s'exclama Draco sans réfléchir. Je ne comprends pas pourquoi elle n'en mange pas !
— Nana, demanda Victoria, tendant la main en quête de plus de pudding de banane.
— Oh, non, déclara Draco, la regardant un air déterminé. Tu n'en auras pas d'autre tant que tu n'auras pas mangé autre chose.
— Nana », dit-elle avec insistance, commençant à avoir l'air boudeur.

Harry sourit largement à la vue du visage du blond, qui prit la même expression que la fillette.

« Ne me regarde pas comme ça, dit-il, maussade. Ou je te passe à ton daddy pour qu'il se débrouille avec toi.
— Dada, dit Victoria. Nana.
— Tu es son daddy », fit gentiment remarquer Harry, essayant de garder une expression innocente.

« Et toi aussi, dit Draco avec irritation. Tu la nourris. »

Harry roula des yeux.

« Laisse tomber avec ces pommes de terre, dit-il. Ce n'est pas comme si je pourrai les lui faire manger, non plus.
— Est-ce qu'elle aime la salade de chou ? demanda Hermione avec hésitation. C'est un légume. »

Les yeux de Harry voyagèrent entre Hermione et Draco, avant de fixer ce dernier. Le blond ouvrit la bouche, la ferma, avant de réessayer :

« Je ne sais pas », admit-il, grimaçant légèrement.

Hermione lui passa le bol, et il l'accepta après une légère hésitation.

« Merci », dit-il.

Harry relâcha lentement un souffle qu'il n'avait pas réalisé avoir retenu. Etre civil était une bonne chose, et c'était un bon début. Il donna à Hermione un petit sourire de gratitude, et elle lui sourit en retour. Le front de Ron était froncé de manière pensive.

« Pourquoi est-ce qu'elle n'aime pas la salade de pomme de terres ? » demanda-t-il.

Harry cligna des yeux. Ron avait toujours cette habitude de le déconcerter avec des questions inattendues.

« On ne sait pas », répondit Draco, réussissant maintenant à nourrir Victoria avec de petites quantités de salade de chou. Ses yeux restèrent concentrés sur elle, mais il continua à s'adresser au roux :

« Elle n'aime rien qui soit mélangé avec des pommes de terre, sous aucune forme. Nous avons essayé de lui en donner en purée, cuites à la vapeur, sautées. Elle ne les aime pas.
— Oh », fit Ron.

Harry ne put s'en empêcher.

« Elle n'est pas comme toi, Ron, mangeant n'importe quelle nourriture posée devant toi, dit-il en souriant.
— Je mange pas n'importe quoi ! protesta le roux, alors même qu'il prenait le bol de Draco pour en verser plus dans son assiette. Je n'ai pas mangé cette... – il bougea sa main avec exagération, essayant de se souvenir – soupe française, ou peu importe ce que c'était.
— Oh, sérieusement, Ron, souffla Hermione. Fleur vit ici depuis tout ce temps et tu n'arrives toujours pas à te rappeler que ça s'appelle Bouillabaisse.
— Et tu t'en es rappelé pour en manger, dit Harry.
— Non, pas du tout, dit Hermione, irritée. Il en a offert à cette petite garce sans cesser de baver. »

Ron prit une teinte rouge pivoine. Hermione eut l'air chagriné. Harry ricana.

« Qui est-ce ? demanda Draco, un sourcil haussé avec curiosité. Brown n'a sûrement pas le moindre goût pour la cuisine raffinée. »

Les yeux de Harry s'ouvrirent en grand tandis qu'il se tournait vers le roux pour voir sa réaction. Mais il s'arrêta un moment sur Hermione en remarquant qu'elle fixait son petit-ami avec attention. Ron bredouillait. Il ne pouvait pas se défendre correctement sans défendre Lavande et Fleur par la même occasion. Ce qui donnerait alors raison à Hermione.

Ron baissa finalement la tête et reprit son repas sans rien ajouter. La jeune fille lança un sourire suffisant à Harry.

« Je crois que je commence à bien aimer ton petit ami », dit-elle.

Draco eut l'air horrifié par cette déclaration, avant qu'il ne soupire de résignation.

« Harry, je te déteste, dit-il tristement.
— Je sais, le rassura le brun, tentant d'afficher un air sérieux. Tu voulais juste savoir qui était la petite garce.
— Et donc, qui était-ce ? » demanda le blond.

Harry et Hermione lancèrent un coup d'œil au bout de la table pour voir si Mme Weasley écoutait leur conversation. Draco suivit leur regard avec curiosité. Celle-ci semblait toujours occupée par sa conversation avec Charlie. Par contre, les autres attendaient avec impatience de connaître l'identité de la fille en question.

Harry fixa Hermione. Ils s'observèrent pendant un instant, et le brun était sûr que son visage reflétait le même sourire malicieux qui étirait les lèvres de la jeune fille. Hermione lança un regard à Ginny et ne put s'empêcher de glousser. Le visage de Ron se fit rouge vif.

« Allez, tu dois nous le dire, implora Ginny.
— Harry, non, supplia Ron.
— Fleur », admit le brun, souriant largement.

Ginny, Fred et George éclatèrent aussitôt de rire. Draco et Blaise ricanaient. Hermione gloussait de façon incontrôlable. Mme Weasley et Charlie n'avaient visiblement rien entendu car ils furent surpris par leur brusque éclat.

« Quel bon ami tu fais, Harry », marmonna Ron.

Harry s'immobilisa. Pendant quelques minutes il s'était permis de se détendre, prétendant que c'était un rassemblement normal. Ce brusque rappel au fait qu'il pourrait perdre son meilleur ami, le rendit nauséeux. Lançant un regard aux autres, qui riaient toujours, il réalisa qu'il avait dû être le seul à avoir entendu. Mais à l'expression blessée de Ron, il réalisa les implications plus sérieuses de ce qu'il avait dit.

Par un accord tacite, ils se levèrent pour sortir. La pièce devint silencieuse presque instantanément.

« Où crois-tu aller ? siffla Draco au brun, son amusement envolé.
— J'ai juste besoin de parler à Harry pour un moment, dit doucement Ron. Je le ramènerai sans lui faire de mal. »

Harry tourna son regard vers le roux, mais Ron était focalisé sur Draco. Le plus surprenant était la dignité silencieuse dans la voix de Ron, et Harry ne fut pas le seul à le remarquer.

Les yeux de Draco étaient plissés tandis que son regard soutenait celui de Ron. Harry les fixa tous les deux, se demandant ce qu'ils pouvaient bien penser. Et se demandant dans quel univers alternatif il avait atterri quand Draco donna à Ron un brusque hochement de tête.

Draco se mit debout avant que Harry ne s'en aille et l'embrassa légèrement sur les lèvres avant de lui murmurer à l'oreille :

« S'il te fait du mal, je le traquerai jusqu'au bout du monde. »

Harry lui fit un sourire tendre, curieusement rassuré. Il l'embrassa en retour.

« Mon héros », murmura-t-il contre ses lèvres.

Rougissant légèrement, Draco se renfrogna :

« Va-t'en, dit-il avec hauteur. Tu ne me laisses pas manger tranquille. »

Souriant, Harry suivit Ron dans le jardin. Son sourire s'effaça quand celui-ci s'arrêta et lui fit face. Il remarqua que le roux ne les avait pas conduits hors du champ de vision de la fenêtre de la cuisine.

« Je ne l'aime pas, dit abruptement Ron.
— Je sais, dit Harry. Je ne m'attends pas à ce que tu l'apprécies. Draco étais un sale morveux et tu n'as aucune raison de l'apprécier. »

De façon inexplicable, Ron eut un sourire ironique à ces mots.
— Mais j'ai une raison, Harry », dit-il.

Harry fronça les sourcils, secouant la tête.

« Non, tu n'en as pas », dit-il.

Son froncement de sourcils s'accentua quand il réalisa qu'une sorte de renversement des rôles semblait s'être installé.

Ron eut un petit rire, remarquant lui aussi le changement.

« C'était pas toi qui nous donnais, hier soir, tout plein de raisons pour sympathiser avec lui ? demanda-t-il.
— Ouais, eh bien, j'ai juste besoin que tu acceptes le fait qu'il soit de notre côté, dit Harry. J'ai besoin que tu sois courtois avec lui pour qu'on puisse gagner cette guerre. Mais mis à part ça, je sais que tu as toutes les raisons du monde de le haïr personnellement. »

Le sourire de Ron se fit triste.

« Tu t'inquiètes vraiment pour tout le monde avant toi-même, pas vrai ? » dit-il.

Il secoua la tête d'un air mécontent.

« Écoute, je sais que j'ai plein de raisons pour haïr Malfoy, même après tout ce que tu as dit hier soir, dit-il. Je n'y comprends rien du tout – ou la plus grande partie – mais… putain, Harry, si même moi je suis capable de voir à quel point vous tenez l'un à l'autre, eh bien, c'est une putain de bonne raison d'apprécier Malfoy. »

Il continua, son expression reflétant son incompréhension :

« Avec toute cette guerre et ces magouilles d'espionnage, tu es au beau milieu de quelque chose qui est bien plus grand que tout ce que je peux comprendre. Mais d'une certaine façon, tu es quand même plus heureux que je ne t'ai probablement jamais vu auparavant.
— Je suis heureux », dit doucement Harry.

Ron ne dit rien, fixant pensivement la maison.

« Bon, est-ce qu'on est toujours amis ? demanda Harry avec hésitation après plus d'une minute de silence.
— Je refuse de perdre mon meilleur ami, dit Ron – il haussa les épaules – Je ne suis pas stupide. Je sais que si j'essayais de te pousser à choisir entre Malfoy et moi, je perdrais. »

Harry ouvrit la bouche pour nier, mais la ferma en réalisant qu'il ne pouvait pas le faire en toute honnêteté.

« Tu veux savoir pourquoi je sais à quel point tu es important pour Malfoy ? demanda abruptement le roux. A part le fait qu'il m'ait menacé pour t'avoir frappé », ajouta-t-il.

Harry leva les yeux vers lui.

« Parce que lui aussi refuse de te faire choisir, dit Ron. Draco Malfoy est venu déjeuner chez moi et se comporte poliment. Pour toi. Nous savons tous les deux très bien qu'il me déteste toujours, mais il accepte le fait que je suis quand même ton meilleur ami. »

Il haussa les épaules.

« Je suis capable de respecter ça. »

Harry ferma les yeux tandis qu'il se laissait submerger de soulagement.

« Ron, tu n'as pas idée…, il s'interrompit, ne sachant pas comment exprimer sa gratitude.
— Ouais, je sais, dit doucement le roux. Pendant que Harry Potter est occupé à essayer de sauver le monde, ses amis et sa famille font tout leur possible pour lui donner le monde entier. »

Harry ouvrit les yeux et arqua un sourcil.

« Ça, c'était… profond de façon assez troublante », dit-il.

Ron sourit largement.

« Des lèvres de Hermione à tes oreilles », dit-il.

Harry rit, et Ron rit avec lui. Ils se retournèrent quand Hermione sortit la tête de la porte arrière.

« Si vous riez, ça veut dire qu'on ne risque rien à sortir ? » demanda-t-elle.

Harry tendit le bras, quémandant silencieusement un câlin. Hermione courut et lui en donna un, ménageant sa mauvaise épaule toujours en écharpe, mais le serrant étroitement.

« Est-ce que tu n'as rien contre tout ça, Hermione ? demanda-t-il.
— Je m'y habituerai », admit-elle.

Elle s'écarta, le regardant d'un air solennel.

« Mais je compte faire confiance au jugement de mon meilleur ami quant à ce qu'il fait et ce qui est le mieux pour lui, dit-elle, laissant libre cours à ses larmes.
— Merci, dit-il, sa profonde reconnaissance transparaissant dans sa voix enrouée.
— De rien », dit-elle doucement.

Ils se tournèrent à l'approche des autres, Hermione tentant d'essuyer ses larmes.

« Potter, tu n'as pas de manières », dit Draco, enfonçant sa main dans la poche avant de son petit-ami pour en sortir le mouchoir qu'il avait lui-même placé. Il le tendit à Hermione, qui l'accepta, sa reconnaissance visible sur son visage.

Elle sourit à Harry à travers ses larmes.

« Eh bien, ça résout au moins un mystère », dit-elle.

Harry roula des yeux.

« Draco semble entretenir l'espoir de me transformer en gentleman, dit-il sèchement.
— Non, nia le blond. Tu perdrais de ton charme si tu le devenais, mais ça ne veut pas dire que tu dois être un rustre pour autant.
— Navré d'interrompre ce moment émouvant, dit George.
— Mais qui est partant pour une partie de Quidditch ? » demanda Fred.

Le visage de Harry se décomposa.

« Pas moi, soupira-t-il.
— Désolé, mon pote, dit piteusement Ron.
— Tu as tout intérêt à l'être, Weasley », dit Draco, mais ses yeux s'attardaient sur les balais que les jumeaux avaient apportés avec eux.

Ron eut l'air d'être prêt à lui sauter dessus, mais il se contenta de serrer la mâchoire.

« Bon, au moins sans Harry, nous aurons des équipes complètes, fit Ginny, recevant des regards noirs de la part de Ron et Draco.
— Draco et moi n'avons pas de balais, dit Blaise.
— Draco pourrait faire un saut à la maison à prendre les nôtres, dit simplement Harry.
— Harry », commença le blond.

Harry l'arrêta d'un baiser.

« Nous avons encore des heures avant la réunion. Va prendre nos balais, histoire que tu ailles voler un peu. »

Draco eut l'air incertain, mais il n'eut pas besoin de plus d'encouragements de son petit ami. Trente minutes plus tard, Draco, Ron et George faisaient équipe contre Ginny, Blaise et Fred.

Harry regarda, regrettant de ne pas être là-haut avec eux. Mais en même temps il prenait plaisir à voir la confusion de Draco et Ron à se retrouver dans la même équipe. Fred et George avaient prestement composé les équipes et s'étaient envolés dans les airs avant que quiconque ne puisse contester l'apparente insouciance de leur choix.

Les cris soudains de Victoria ramenèrent abruptement son attention au sol. Il la souleva dans ses bras, essayant de la calmer.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il, se sentant coupable pour ne pas avoir gardé un œil sur elle.

Hermione souriait.

« Elle essayait de se lever, dit-elle, mais elle a été surprise par un papillon et elle est tombée.
— Un papillon ? demanda Harry à Victoria, amusé. Tu joues tout le temps avec un serpent, mais tu as eu peur d'un papillon ?
— Tu l'as laissé jouer avec un serpent ?! » demanda Hermione, horrifiée.

Enlaçant Victoria, Harry expliqua comment elle et Lissa jouaient ensemble.

« Eh bien, ceci donne une toute nouvelle définition aux jouets animés », dit Hermione, déconcertée.

Harry lui fit un grand sourire, hochant la tête. Victoria se tortilla pour se libérer de ses bras, prête à entamer une autre quête d'exploration.

« C'est drôle, dit soudainement Hermione.
— Qu'est-ce qui est drôle ? demanda Harry.
— Tu as passé l'année dernière entière à essayer de nous convaincre, Ron et moi, que Malfoy était un vrai connard, mais nous refusions de t'écouter. Nous avons alors ignoré presque tout ce que tu nous disais à propos de lui et nous pensions que tu étais un idiot, à être ainsi obnubilé par lui. Maintenant, tu essaies de nous convaincre que Malfoy n'est pas un vrai connard, et c'est maintenant qu'on a fini par t'écouter. Ce n'est pas facile de tout digérer, mais nous n'ignorons rien de ce que tu nous dis. Et tu fais bien plus qu'être obnubilé par lui. »

Harry sourit, pensant à toutes les choses qu'il avait faites avec Draco. Hermione sourit tristement en retour.

« L'ironie est incompréhensible, dit-elle. Mais tu avais raison. Tu avais raison sur tout ce qui le concernait. »

Elle pencha la tête, l'air curieux.

« Tu l'aimes vraiment, Harry ? demanda-t-elle.
— Oui », répondit-il simplement.

Hermione hocha la tête, regardant Harry enlever le gazon du petit poing de Victoria avant qu'elle ne le porte à sa bouche, la reposant ensuite au centre de la couverture.

« J'étais fâchée hier soir, continua-t-elle, et je me suis disputée avec Ginny à cause de ça, mais je comprends pourquoi tu le lui as dit et pas à nous. Ron et moi n'avons pas vraiment été à ton écoute quand il s'agissait de Malfoy.
— Je ne l'ai même pas dit à Ginny, tu sais, dit Harry. Draco le lui a dit. Je crois qu'il essayait de marquer son territoire, ajouta-t-il.
— Oui, Ginny m'a raconté à propos de la douche », répondit Hermione.

Son expression sembla à la fois exprimer la désapprobation pour l'état dans lequel avait été Ginny, et de l'amusement vis-à-vis de la situation embarrassante dans laquelle s'était retrouvé Harry.

Harry écarquilla les yeux.

« Ron ne sait pas, n'est-ce pas ? demanda-t-il.
— Harry, dit-elle, je dois admettre qu'il vaut parfois mieux que certains secrets restent secrets. Ginny nue dans une salle de bain avec toi en est le parfait exemple. »

Harry soupira de soulagement, faisant rire sa meilleur amie.

« Tu t'es retrouvé dans pas mal de situations délicates, cet été, pas vrai ?
— Un peu trop à mon goût, marmonna Harry.
— Oui, bon, au moins tu avais Fred et George pour t'aider, ajouta-t-elle.
— Tu ne m'en veux pas de leur avoir dit ? demanda Harry, surpris.
— Non, ils ne comptent pas vraiment », dit Hermione d'un air indifférent.

Harry haussa les sourcils.

« Ils ne comptent pas ?
— Bon, ils comptent, concéda la brune, mais ils sont différents. Ils adorent enfreindre les règles et raffolent des farces et les secrets bien gardés. Et ils te mettent dans une catégorie de héros complètement différente.
— Je suis le maître du jeu, fit Harry, se remémorant la description que Draco avait utilisée.
— Oui, c'est ça, acquiesça Hermione. C'est un jeu et tu y es le meilleur, pour eux. Nous sommes en pleine guerre, et je parie que cet été est pour eux le meilleur qu'ils n'aient jamais vécu.
— Hm, probablement », dit Harry, incapable de ne pas être du même avis.

Victoria tomba à nouveau et commença à pleurer. Harry la souleva, lui frottant le dos et tentant de la calmer.

« Elle a l'air d'avoir besoin d'une sieste, dit Hermione.
— Ça doit être pour ça qu'elle est agitée », acquiesça Harry.

Il se mordit la lèvre. Victoria avait l'habitude d'un biberon avant qu'elle ne fasse sa sieste, et il réalisa qu'il avait pris l'habitude de simplement en demander un à Winky.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda Hermione, fronçant les sourcils.

Harry se demanda si c'était le bon moment pour parler de l'elfe de maison. Il ne voulait pas vraiment le faire avec Hermione, mais ils devraient en discuter à un moment ou à un autre. Regardant Hermione d'un air circonspect, il appela Winky.

Hermione se renfrogna de désapprobation, mais ne dit rien.

« Oui, Maître Harry ? fit Winky.
— Pourrais-tu m'apporter un biberon pour Victoria, s'il-te-plaît ? » demanda-t-il.

Winky s'inclina et disparut. Harry se concentra sur Victoria, la mettant à l'aise sur ses genoux, et il était prêt quand Winky revint avec le biberon.

« Quelque chose d'autre, Maître Harry ? demanda Winky.
— Winky ? » demanda gentiment Hermione.

L'elfe s'éloigna d'elle, se remémorant manifestement qui elle était.

« Tu as l'air d'aller bien, fit Hermione.
— Maître Harry prend soin de moi », dit fièrement Winky.

Harry renifla. Il n'avait pas fait une seule maudite chose pour elle.

Hermione le regarda, sourcils froncés, et il lui expliqua avec réticence.

« C'est Winky qui prend toujours soin de moi, admit-il.
— Elle a l'air d'aller tellement mieux », dit Hermione, le front froncé tandis qu'elle essayait d'assimiler cette constatation.

Harry donna le biberon à Victoria et vit sa meilleure amie observer chaque détail dans l'apparence de Winky. Elle se tenait fièrement, vêtue soigneusement dans un torchon rose. Il n'y avait pas une seule larme en vue et elle avait l'air en bonne santé. Elle ne ressemblait que très vaguement à l'elfe de maison soûl qu'ils avaient un jour vu dans les cuisines de Poudlard.

« Pourrais-je te poser quelques questions ? » demanda Hermione.

Winky regarda Harry pour sa permission, et celui-ci hocha la tête d'un air rassurant.

« Ne t'inquiète pas, Winky, dit-il. Elle veut juste s'assurer que tu es heureuse.
— Winky est très heureuse de prendre soin de Maître Harry et Maîtresse Victoria », dit Winky, indignée à l'idée que quiconque puisse douter d'une telle chose.

Victoria s'endormit et Harry l'étendit sur la couverture avant de s'étendre sur le dos à côté d'elle. Il regarda le match de Quidditch et écouta avec amusement Hermione interroger Winky. Cette dernière parviendrait à apaiser les inquiétudes de la brune bien mieux qu'il ne le pourrait jamais.

Le match de Quidditch semblait se dérouler relativement bien. Draco avait prêté son balai à Blaise et pris l'Éclair de Feu de son petit ami pour lui. Il avait l'air de grandement s'amuser, malgré lui. Et avec les deux principaux adversaires dans la même équipe, le match était resté détendu.

Aussi détendu qu'il pouvait l'être, Harry corrigea intérieurement. Il y avait encore plein de tensions dans le groupe, mais tout le monde faisait un vrai effort pour s'entendre. La menace de mort imminente était un fort élément de motivation, les influençant tous. Pendant quelques instants, il se demanda si ce serait leur dernier après-midi ensemble ainsi. Pas étonnant qu'ils tentaient tous de faire en sorte qu'il soit aussi paisible que possible.

Il mit de côté ces pensées. Les autres suivaient son exemple et ils ne devaient pas avoir de doutes maintenant.

Il ferma les yeux, écoutant les inflexions de la voix de Hermione, les cris excités du match de Quidditch et la respiration sereine de Victoria. Il n'allait pas ruiner tout ça en pensant à la mort. Se laissant envelopper par les bruits rassurants et les rayons chauds du soleil, Harry s'assoupit.

Il se réveilla aussi doucement qu'il s'était endormi.

« Mmmm », murmura-t-il, appréciant les doux baisers pleuvant sur son visage. Draco l'embrassa langoureusement, glissant sa langue dans la bouche du brun.

Harry laissa glisser sa main le long du flanc de Draco, finissant par la poser sur le bas de son dos. Quand sa main commença à descendre plus bas, Draco interrompit le baiser avec un petit rire.

« Réveille-toi, espèce de fainéant, dit-il. Nous avons un public. »

Harry ouvrit brusquement les yeux, et il se sentit rougir quand il vit ses amis l'observant avec différents degrés d'amusement. Draco roula sur le côté, se soutenant sur un coude.

Harry voulut se relever, mais Draco le poussa à se rallonger, le regard brillant et lui souriant d'un air satisfait. Harry le regarda longuement, happé par la pure joie évidente dans les yeux de son petit ami.

« Tu t'es vraiment bien amusé, pas vrai ? » dit-il doucement.

Draco hocha la tête.

« C'était même plus amusant que de t'embrasser, dit-il.
— Hé ! protesta Harry.
— Bon, voler n'a pas été aussi amusant que te réveiller ce matin, concéda le blond, souriant largement quand le brun rougit de nouveau.
— Oh, raconte, fit Fred avec impatience.
— Non ! s'écrièrent Harry et Ron.
— C'est bien assez d'être obligé de vous regarder vous rouler des pelles, fit Ron en grimaçant.
— C'est très drôle, venant de toi », rétorqua Harry.

Ron lança un regard inquiet en direction de Hermione tandis que Ginny gloussait.

« Harry a raison, renifla Hermione. Tu es mal placé pour te plaindre, Ron.
— D'ailleurs, avec toutes ces pelles que Harry et Malfoy se roulent, est-ce que ça veut dire que Harry est une garce ? » demanda Ginny d'un air innocent.

Harry la regarda avec incrédulité pendant quelques secondes avant d'éclater de rire, suivi de Hermione et des autres.

Les rires réveillèrent Victoria qui grimpa la poitrine de Harry, se blottissant contre lui et clignant des yeux endormis vers tout le monde.

« Tu as bien dormi, ma citrouille ? » demanda Draco, lui frottant le dos.

Harry sourit d'un air suffisant à l'usage du surnom, et Draco ricana avant de se pencher pour embrasser Victoria sur la tête. Harry tira le blond à lui pour quémander son propre baiser.

« Ugh, Harry, grimaça Ron. On te prendrait pour une fille, à te voir agir comme ça.
— Ron ! S'exclamèrent Hermione et Ginny.
— J'en ai l'air ? » demanda Harry, fronçant les sourcils.

Il ne se sentait pas différent de ce qu'il l'avait toujours été, mais il devait admettre qu'il n'avait aucune idée de comment il était supposé se comporter maintenant qu'il était dans une relation avec un autre garçon. Ce n'était pas comme s'il avait vu d'autres exemples pour faire la comparaison. Severus et Remus ne comptaient évidemment pas, puisque tout ce qui concernait leur relation restait aussi privé que possible. Harry se sentait d'ailleurs privilégié de savoir même qu'ils étaient ensemble.

« Non, tu n'es pas une fille, lui répondit Draco, lançant un regard furieux en direction du roux.
— Qu'est-ce que j'ai dit ? demanda Ron, alarmé par les réactions causées par son commentaire.
— Délicatesse, Ron, délicatesse, dit Hermione avec colère. On dirait que tu essaies de gâcher son bonheur.
— Non, pas du tout ! protesta Ron.
— Tu viens juste de le traiter de fille, Ron, dit Ginny, roulant des yeux.
— Non, ce n'est pas ça, se défendit le roux. C'est juste que je ne sais pas comment une relation entre deux garçons fonctionne.
— Tu ne peux même pas comprendre comment une relation entre un garçon et une fille fonctionne », dit Hermione d'un ton sec.

Ron eut l'air blessé par cette accusation, et Harry eut pitié de lui.

« Ce n'est rien, dit-il. Je ne sais pas comment je suis supposé agir non plus. »

Draco souleva Victoria et la donna à Hermione avant d'enjamber les hanches de Harry.

« Tu es supposé agir comme toi, dit-il férocement, le regardant longuement. Toi, avec toutes tes humeurs. Ce qui veut dire que tu es parfois doux et affectueux, et d'autres fois sombre et dangereux. Et je n'échangerai ça pour rien au monde. »

Harry le regarda, se sentant aussi surpris et abasourdi que Ron.

« Euh, d'accord, dit-il.
— Et parfois tu es un idiot », souffla Draco, avant de prendre le visage du brun en coupe et de l'embrasser goulûment.

Harry grogna sous l'assaut soudain. Alors que les baisers de tout à l'heure avaient été doux et plein de tendresse, celui-ci était possessif. Draco envahit sa bouche, le possédant, avant d'inviter la langue de Harry à l'intérieur de sa propre bouche pour qu'il en fasse de même à son tour.

« Putain, Draco, souffla Harry quand se séparèrent. C'était en quelle occasion, ça ?
— Ça, c'était pour te faire oublier, dit le blond, lui-même quelque peu essoufflé.
— Oublier quoi ? » demanda Harry d'un air hébété.

Draco eut un sourire en coin :

« Ravi de voir que ça a marché, dit-il.
— Mon Dieu, Draco, tu es un tel idiot parfois », dit le brun, mais d'une voix teintée de bien plus de tendresse que d'irritation.

Ayant oublié tout le reste, Harry sursauta quand tous éclaircirent leur gorge. Draco laissa tomber sa tête sur son épaule en riant.


« Tiens, Ginny, dit Draco, un sourire en coin. Surveille Victoria pour quelques minutes. Je dois préparer Harry. »

Ginny prit la petite fille dans ses bras, lançant un grand sourire en direction de Harry avant de se concentrer sur Victoria.

Harry poussa un cri en guise de protestation, incapable du moindre mot.

Hermione lança un regard curieux entre eux.

« Qu'est-ce que tu veux dire par "je dois préparer Harry" ?
— Dans quelques minutes aura lieu une réunion extrêmement importante de l'Ordre qu'il doit présider », dit Draco, comme si la réponse était évidente.

Ils étaient restés chez les Weasley pendant tout l'après-midi et venaient tout juste de dîner. Maintenant que la majorité des personnes présentes avaient fini leur travail, la réunion de l'Ordre commencerait dans peu de temps. De nouveau Harry sentait la tension grandir en lui. C'était d'autant plus déplaisant après le calme après-midi qu'ils avaient eu.

En voyant l'air d'incompréhension de Hermione, Ginny expliqua :

« Malfoy va aller jouer à la poupée avec Harry pour faire en sorte qu'il ait l'air plus présentable.
— Plus comme un homme de pouvoir », compléta Draco d'une voix traînante.

Hermione fronça les sourcils d'un air pensif.

« Plus comme lorsqu'il a assisté au mariage ? demanda-t-elle.
Exactement, comme lorsqu'il a assisté au mariage, acquiesça Draco d'un air suffisant.
— Pourquoi est-ce je dois me mettre sur mon trente-et-un ? protesta Harry.
— Parce qu'il n'y aura pas que la famille et les amis proches, Hermione entreprit de lui faire comprendre, parlant de sorte que ça paraisse parfaitement logique. Shacklebolt et McGonagall avaient encore espoir que Snape soit de notre côté, ils t'apprécient et te font confiance personnellement, c'est pourquoi il t'a été plus facile de les convaincre. La plupart de ceux qui viendront ici ce soir ne voudront pas te croire.
— Ce qui veut dire que tu dois leur montrer une image qui impose le respect, continua Draco quand Hermione fit une pause. Tu vas devoir faire attention, mais nous t'enlèverons cette écharpe aussi, pour que tu ne montres aucune de tes faiblesses.
— Et être moi-même, qu'est-ce que vous en avez fait ? marmonna Harry.
— Je ne doute pas que tu le seras, dit Draco, sarcastique. Je suis sûr qu'avant la fin de la soirée, tout le monde saura parfaitement où se tient Harry Potter vis-à-vis de tout ça. »

Harry fronça les sourcils, mais Hermione et Ginny hochaient la tête.

« Ça promet d'être intéressant », dit la brune.


« Bordel, s'exclama Draco avec dégoût. Est-ce même possible que ça soit plus orange que ça ?
— J'adore la chambre de Ron, s'hérissa Harry. On voit clairement qu'il vit ici, et c'est confortable. »

Draco le fixa brusquement, avant d'embrasser de nouveau la chambre du regard, ayant l'air cette fois de l'étudier avec intérêt.

« Très bien, j'ai compris, dit-il finalement.
— Tu as compris quoi ? demanda Harry avec suspicion.
— Cette chambre crie Ron Weasley, dit Draco. Que j'aime ce qu'elle crie ou non n'est pas la question », ajouta-t-il avec une grimace.

Il tourna son regard vers le brun.

« Et notre chambre me crie moi », soupira-t-il.

Harry haussa son épaule valide.

« J'aime notre chambre aussi », dit-il doucement.

Il eut un demi-sourire narquois :

« Et il se trouve que j'adore quand tu cries. »

Draco sourit narquoisement avant de s'assombrir.

Harry soupira.

« Draco, non, dit-il. Je veux juste en finir avec cette foutue réunion de l'Ordre. Si tu penses vraiment que d'autres vêtements m'y aideront, alors habille-moi comme tu veux, de n'importe quelle façon. »

Il sourit faiblement.

« Après on rentre à la maison et je pourrai m'entourer de dragons, dit-il. Il y en a un en particulier que j'aime beaucoup. »

Draco n'était pas content de ce changement de sujet. Néanmoins, il s'approcha de son petit-ami et lui donna un baiser tendre.

« Je t'entourerai n'importe quand », promit-il.

Il se recula.

« Maintenant déshabille-toi », ordonna-t-il.

Harry grogna.


Harry avança avec de grandes enjambées dans le jardin, sa confiance en lui bien en place, Draco à son côté.

« Wow, souffla Blaise, surprenant Harry.
— Quoi ? » demanda le brun, fronçant les sourcils.

Blaise secoua la tête.

« Je me demandais juste combien de couples sont capables d'irradier autant de puissance, de beauté et de confiance que vous deux. »

Draco hocha calmement la tête au compliment. Harry regarda Blaise, bouche bée.

« Tu ruines l'image, Potter », dit le blond d'une voix traînante.

Harry le dévisagea d'un air renfrogné avant d'écarter le compliment de Blaise, haussant le menton en l'air et promenant le regard sur le jardin. Ron et les jumeaux finissaient de mettre la table. Hermione et Ginny étaient en train de parler avec McGonagall et Kingsley, mais ce dernier s'éloigna et s'approcha du Survivant.

« Bonsoir, Harry, dit-il d'un air agréable.
— Bonsoir, Kingsley, dit laconiquement Harry. Permettez-moi de vous présenter Draco Malfoy et Blaise Zabini. Draco, voici Kingsley Shacklebolt, notre nouveau Ministre de la Magie. »

Prouvant qu'il était un Serpentard et un Malfoy, Draco ne cilla pas en secouant la main de l'homme qui devait techniquement le mettre en état d'arrestation.

« Bonsoir, Monsieur le Ministre », dit-il tout aisément.

Blaise en fit de même.

« Bonsoir, M. Malfoy, M. Zabini », dit Kingsley, un amusement perceptible dans sa voix, si ce n'était déjà le cas sur ses traits.

Harry se demanda cette situation se positionnerait dans son classement des choses les plus bizarres dans sa vie. Il devrait encore y assigner une numérotation, et il regrettait à cet instant de ne pas l'avoir déjà fait. Mais quelque part dans sa tête, il imagina que la situation gagna de nombreuses places sur les autres quand Severus, Narcissa et Lucius transplanèrent dans le jardin.

Ne perdant pas de temps avec des salutations, Severus ordonna sans cérémonie au groupe Serpentard d'entrer dans la maison avant que les autres ne commencent à arriver. Harry se sentit vide quand Draco le quitta. Il avait reçu un effleurement de lèvres froid et il sentait qu'il devrait être reconnaissant de l'avoir même obtenu. Il fronça les sourcils en direction de la maison pendant un moment, mais il n'eut pas le temps de s'y attarder car McGonagall attira son attention.

Et il fallut peu de temps aux autres membres de l'Ordre pour commencer à arriver.

A suivre...