Bonsoir, tout le monde.
De retour pour la suite. Je ne vais pas m'étendre dans des diatribes de dix mètres alors, merci encore à tout ceux qui sont arrivé jusqu'ici. En espérant ne pas vous perdre en cour de route.
Corrigé par Sham.
Bonne lecture
Chapitre 3
La vérité, c'est ce qui simplifie le monde et non ce qui crée le chaos.
Une semaine que Derek l'avait embrassé et Stiles y pensait sans cesse. Il nettoyait mécaniquement les box des chats, se rejouant la scène dans sa tête inlassablement. Pour être honnête, il y pensait toutes les minutes de chaque heure, de chaque jour, depuis que c'était arrivé. Deaton l'avait d'ailleurs surpris à plusieurs reprise soupirer, les yeux dans le vague avec un petit sourire niais. Il fallait qu'il se reprenne et vite. Plus il y pensait et plus il se demandait quand est-ce qu'il avait viré gay. Après tout, il avait été amoureux de Lydia pendant plus de la moitié de sa vie, il était sorti avec Malia... c'était peut-être un truc de famille, une histoire d'hormones, ou alors...
_ Putain de merde ! Stiles ! Depuis quand t'es aussi canon ? éructa une voix qu'il connaissait.
_ Depuis que je me suis transformé en licorne. Franchement, Jackson, t'es toujours aussi con ! scanda l'autre, fâché d'avoir sursauté parce qu'une fois de plus, il était ailleurs.
_ Regarde-moi ça, c'est carrément une aura qui se dégage de lui, je comprends maintenant pourquoi Derek passe son temps ici, commenta Jackson à Ethan qui semblait déjà fatigué.
Le blond continua de plus belle.
_ Et cette odeur, je crois que je n'ai rien senti qui sente aussi bon que ça. Mec, comment tu fais pour ne pas lui sauter dessus ? Je suis un foutu hétéro et j'ai trop envie de lui faire sa fête, alors toi...
_ On appelle ça le self-control Jackson, ou dans ton cas,le manque d'éducation, répondit Ethan placide.
_ Les mecs, vous vous rendez compte que je suis dans la pièce et que j'entends tout ce que vous dites, trouva bon de signaler le druide.
_ Pourquoi c'est toujours l'Alpha qui a droit au morceau de choix ? Tu crois que Derek m'en voudra si je goûte ?
_ Je te le déconseille fortement.
_ Ouaip, non c'est cool de voir qu'on m'écoute, c'est toujours un plaisir de parler avec vous, constata Stiles en gesticulant sur place, hyperactivité quand tu nous tiens.
_ Désolé Stiles, Deaton n'est pas là ? s'excusa Ethan.
_ Non, c'est sa tournée à domicile en ce moment, qu'est-ce que vous lui voulez ? interrogea Stiles, soudain très curieux.
_ Oh ! On avait besoin d'aconit et de sorbier.
_ Qu'est-ce que vous allez faire avec ça ? Un entraînement de super loup mal léché ? taquina le druide avec un sourire espiègle.
_ Il faut vraiment que je le touche, souffla le blond, hypnotisé, s'approchant en se léchant la lèvre inférieur.
Mais déjà, une petite boule fonçait sur l'ancien camarade de Stiles en grognant, vêtue d'une cape et d'un masque de fortune, faits avec du papier jetable.
_ Va-t'en Cobalt Blue ! C'est Derek le Prince de Papa, va te trouver une autre princesse ! cria l'enfant alors que ses yeux et ses dents avaient changé.
_ Co quoi ? demanda bêtement Jackson.
_ Je te déteste ! T'as pas le droit de voler mon papa ! cria Noa encore plus fort.
Stiles pouvait voir le petit commencer à se transformer, aussi il s'approcha de son fils et lui attrapa la nuque pour lui masser la base de l'os occipital.
_ Chuuuut... Personne ne me volera à toi, calme-toi, voilà, doucement, concentre-toi, tout va bien, le monsieur est juste un idiot qui dit beaucoup de bêtises.
_ C'est pas vrai, il voulait faire des choses pas belles avec toi, je le sais, protesta mollement le renardeau rendu complètement groggy par le massage de son père.
_ Tu oublies que ton papa est le plus fort, plus fort que Batman ou Superman, souffla-t-il à son oreille.
_ Ouiii, répondit doucement Noa avant de s'endormir dans les bras de son père.
_ Woh ! Comment as-tu fait ça ? Les louveteaux sont totalement instables, je n'ai jamais vu un humain, non en fait, je n'ai jamais vu quiconque stopper une transformation comme tu viens de le faire, s'exclama Ethan impressionné.
_ Je ne vois pas ce qu'il y a d'extraordinaire, il lui a juste massé la tête, dit Jackson blasé.
_ Je vais coucher Noa.
_ Non, tu ne mesures pas l'improbabilité de ce qui vient de se passer, rétorqua Ethan à Jackson alors que le druide sortait déjà de la pièce.
Stiles venait tout juste de fermer la porte de la chambre de fortune qu'il perçût un grand fracas à l'entrée de la clinique.
_ Vite ! La table ! entendit-t-il crier. Isaac.
Il se précipita dans la salle d'auscultation et trouva Derek, Isaac, Ethan et Jackson autour de Malia. Il accourut devant elle et constata qu'elle était très mal en point.
_ Mais que s'est-il passé ? s'affola-t-il à moitié, fébrile, en prenant sa fréquence cardiaque et ses constantes respiratoires.
_ On a voulu la maîtriser avec le spray d'aconit...
_ Quoi ? Mais pour quoi ? cria Stiles, outré, coupant la parole à Isaac.
_ Elle est malade Stiles, répondit Derek calmement.
_ Pourquoi vous ne l'avez pas soigné dans ce cas ?
_ Parce que nous sommes dans l'incapacité de le faire, c'est sa mère, je ne sais pas ce qu'elle lui a fait, mais elle a totalement perdu la tête, continua d'expliquer Derek.
_ Et tu comptais me le dire quand au juste ? C'est mon amie, Derek !
_ On ne peut pas dire que tu sois d'une sociabilité à toute épreuve ces dernières années. On ne savait pas comment tu réagirais quand on te l'annoncerait, répondit Isaac à sa place.
Stiles passa une main dans ses cheveux, regarda sur le côté, réfléchit, puis reporta son attention sur la jeune femme évanouie.
_ Ok, ok. Il secoua la tête, posa ses deux mains sur la table, regarda ses pieds un instant avant de relever la tête pour invectiver les quatre loups. Je vais avoir besoin que vous la teniez tous fermement, ça va pas être joli à voir. Quoi qu'il se passe, vous ne lâchez rien, mais surtout, ne prenez pas sa douleur, ordonna le druide.
Il retira sa blouse et son T-shirt pour plus d'aise alors que les quatre hommes se positionnaient pour maintenir les membres de Malia. Derek vit alors le gigantesque tatouage de Stiles qui lui prenait une partie de l'avant-bras gauche pour remonter sur son épaule, se cacher dans son dos et lécher les flancs de son abdomen. Il posa une main ferme sur son front et se concentra. Ses tatouages s'illuminèrent d'un bleu si éclatant qu'il en était presque blanc. Le jeune druide grimaça. C'était plus compliqué que ce qu'il pensait. Mais rien d'insurmontable. Juste. Bien se concentrer. Il y était.
Son amie ouvrit soudainement les yeux, grognant et hurlant, les yeux luisants, crocs et griffes toutes sorties. Elle se débattait comme un beau diable et les loups durent user de toutes leurs forces. Ils pouvaient sentir chaque cellule de son corps vibrer, une sorte d'énergie vrombir dans tout son corps pour se ramasser dans son crâne. Ils pouvaient percevoir sa sensation dilatation et d'oppression. Comme s'il était prêt à éclater. Son corps ne savait pas quoi faire de tout cela. Elle souffrait. Énormément. Ses os craquèrent, se déformèrent, ses muscles se déchirèrent sous la pression, tout son corps se métamorphosait, elle hurla encore plus fort si c'était possible. Ses os crâniens s'allongèrent un peu, sa mâchoire s'ouvrit démesurément pour laisser apparaître le museau d'un coyote qui ouvrit également la gueule pour laisser sortir une fumée noire et dense. Stiles la dirigea de son autre main, dans une sorte de vortex qu'il avait fait apparaître juste au-dessus de sa tête.
Une fois la fumée disparue, le museau ferma la gueule et se réinséra à l'intérieur de la mâchoire de la jeune femme. Tout son corps reprit peu à peu sa forme initiale. Malia était tremblante, elle respirait bruyamment et la sueur avait collé ses cheveux partout sur son visage, des traînées de sang restaient ici et là.
_ Stiles, murmura-t-elle avant de s'évanouir.
Le druide s'appuya difficilement sur la table, la respiration hachée. Il était exténué et avait sûrement transpiré bien davantage. La lumière qui émanait du tatouage s'épuisa pour s'éteindre totalement. Les quatre loups, eux, étaient estomaqués.
_ Mais qu'est-ce que c'était que ça ? C'était... dégueulasse. Répugnant, vraiment écœurant, cracha Jackson.
_ Pas plus que... ta, gueule... de mollusque baveux... le matin, au réveil... répliqua difficilement Stiles.
_ Tu lui as dit, accusa Jackson en regardant Derek.
_Oh merde... parce que c'est le cas ? demanda le druide, qui commençait à reprendre son souffle.
Derek lança un regard à Jackson qui voulait dire « Tu t'es grillé tout seul, mec » et le blond se sentit soudain très con.
Isaac qui regardait fixement Stiles depuis que la jeune coyote s'était évanouie, finit par intervenir.
_ Qu'est-ce qu'il vient de se passer Stiles ?
_ J'ai guéri Malia.
_ Non, je ne parlais pas de ça, qu'est-ce qui ce passe avec toi ? La dernière fois que je t'ai vu, tu étais encore humain.
_ Je suis humain, un humain druide, un putain de « chêne sage », merde ! C'est quoi ton problème ? Je viens de vous rendre, genre, le meilleur service de l'année, et je passe un foutu interrogatoire ?
_ Excuse-le Stiles, c'est juste que c'est... y a pas de mot pour décrire la situation en fait, expliqua Ethan.
_ C'est surtout qu'il n'est pas humain, continua Isaac.
_ Isaac, grogna Derek en signe d'avertissement.
_ Non Derek, tu l'as bien vu comme moi. Aucun druide n'a jamais eu la capacité de faire ce qu'il vient de faire à Malia. Quand Scott nous a dit que Stiles pouvait quelque chose pour elle, je me suis juste dit « Ok ! Il a fait une sorte de pèlerinage, et a reçu des connaissances que Deaton ne possède pas » Mais ça ? Et son odeur... c'est pas humain de sentir comme ça.
_ Mais vous me faites tous chier avec mon odeur ! râla le concerné. Vos parents ne vous ont jamais appris que c'est malpoli de renifler les gens ?
_ Ce n'est pas non plus comme si on pouvait faire autrement. On a même pas à te « renifler » pour la sentir, commenta Jackson.
_ Qu... ? fit Stiles choqué.
_ C'est bien ce que je dis, il n'est pas humain. Tu crois que ça a un lien avec Derek qui s'est mis peu à peu à vouloir de plus en plus rentrer depuis un an ? demanda Isaac à Ethan.
_ C'est possible.
_ Est-ce qu'ils font souvent ça ? Parler comme si nous n'étions pas dans la pièce ? Non, parce que c'est la deuxième fois aujourd'hui, alors je me dis que c'est une habitude chez eux, demanda l'apprenti vétérinaire à Derek.
_ Non. C'est toi, répondit le loup en s'approchant de lui pour voir comment il allait.
_ Je ne sais pas si ça doit me rassurer ou m'énerver.
_ Merci.
_ Pour ?
_ Malia.
_ Ooh... je t'en prie, répondit le jeune homme, maintenant assez gêné.
_ Tu sais, ils ont raison.
Derek ne laissa pas le temps à Stiles de protester et posa un doigt sur ses lèvres entrouvertes pour s'expliquer.
_ Tu es incroyable. Et je me fiche de savoir si tu es humain ou pas.
Le druide se fit la réflexion que ce mec avait vraiment le don pour l'apaiser. Où était passé Derek, Sourwolf de son état ? Pas qu'il lui manque spécialement, mais il ne pouvait pas s'empêcher de se poser la question. Son regard tomba sur son ex-copine et il partit chercher une couverture pour la maintenir au chaud. Il se rhabilla ignorant parfaitement la discussion encore animée des trois bêtas de Derek pour essayer de déterminer la nature réelle de Stiles. Il était vraiment doué pour ignorer un problème tant que c'était humainement possible. La politique de l'autruche, il gérait bien. Mais plus de magie aujourd'hui, il était si fatigué qu'il ne savait pas par quel miracle il tenait encore debout. Il soupira et s'enquit de l'état de Malia, encore endormie sur la table.
_ Qu'est-ce que vous allez faire d'elle ? demanda-t-il à l'Alpha.
_ Je vais la ramener au loft et attendre qu'elle se réveille. En espérant qu'elle se souvienne de ce qu'elle a fait pendant ses fugues à répétition. Même si on a notre petite idée. On voudrait avoir une confirmation pour ne pas brasser de l'air inutilement, et puis on gagnerait aussi du temps.
_ D'accord. Tu m'excuses, mais je vais fermer la clinique. Je suis épuisé. Je vais chercher Noa.
_ Ok, je vais demander aux autres de ramener Malia, je reste avec toi ce soir.
_ Ne te donne pas cette peine...
_ J'insiste.
Stiles le regarda un instant, essayant de comprendre, puis abdiqua avant de partir chercher Noa.
_ Comment Scott peut-il ne pas se poser de questions ? Je veux dire, ce mec s'est transformé en luciole avant de nous faire un remake de la Ligne verte ! demanda Isaac scandalisé. Les soirées ciné au loft laissaient des traces.
_ Parce que Scott connaît déjà la réponse à cette question. Le seul qui ne sache pas, c'est Stiles lui-même, gronda Derek.
_ Et nous ! Sans dec' j'ai jamais vraiment porté Stiles dans mon cœur. J'ai toujours trouvé que c'était un guignol de geek, infoutu de jouer correctement au Lacrosse, mais franchement, tu crois pas qu'à force de lui cacher des trucs, ça va pas se retourner contre vous ? interrogea Jackson.
_ Ce n'est pas notre décision, c'est celle de Deaton.
Mais Derek ne faisait plus attention à ces bêtas. Il sentait Stiles paniqué au point de rupture. Il l'entendait retourner la pièce dans laquelle se trouvait Noa. Noa... il n'était plus là. Il n'entendait plus son petit cœur dans la clinique ou aux alentours. Ni quoi que ce soit d'autre qui pouvait encore indiquer la présence de l'enfant.
_ Rentrez, ordonna Derek en grognant.
_ Que se passe-t-il ? questionna Ethan.
_ Rentrez ! cria leur Alpha.
Ils ne se le firent pas dire une troisième fois. Ils prirent Malia et décampèrent aussi rapidement que possible.
Derek lui était déjà parti à la rencontre de Stiles. Il le trouva en train de fouiller, fébrile, toutes les cachettes du petit garçon. Il gémissait comme un animal blessé et avait les yeux rouges de larmes.
_ Dis-moi qu'il est avec vous, dis-moi que tu sais où il est, le supplia Stiles.
Derek l'attrapa par les épaules pour le forcer à le regarder.
_ Il n'est pas dans la clinique, Stiles.
_ Noooon... protesta le druide la voix cassée.
Le jeune père commença à se débattre méchamment, et s'il n'avait pas déjà utilisé une importante quantité d'énergie pour guérir Malia, probablement qu'il se serait servi de ses dons pour s'en prendre à Derek.
Heureusement pour le loup, il lui suffit de maintenir fermement Stiles et de lui asséner un coup pour l'endormir. Il le réceptionna avant de prendre son portable.
_ Scott, on a un problème. Quelqu'un a kidnappé Noa.
OoO
Stiles se réveilla en sursaut dans son lit. Il avait des sueurs froides dans le dos et la respiration hachée. Il sentit une présence à côté de lui, aussi tourna-t-il la tête pour voir si ce n'était pas Noa. Derek. Ils s'observèrent quelques secondes, Stiles attendait, le cœur battant, que Derek lui annonce quelque chose.
_ Nous avons pisté sa trace jusque dans la forêt, mais malheureusement, arrivés au cœur, c'est comme s'il n'avait jamais été là. Volatilisé.
Le renard détourna son regard du loup. Il regarda ses mains et releva la tête pour observer le mur devant lui.
_ Quand mon père est mort... enfin, après sa mort, après son enterrement et après les Dread Doctors, bien que Deaton m'ait recueilli chez lui, j'ai souvent pensé à mettre fin à mes jours, expliqua-t-il d'une voix blanche.
Il fit une pause, regarda Derek qui l'observait toujours silencieusement, attendant patiemment qu'il dévoile ce qu'il avait à dire, puis reporta son attention dans le vide.
_ Chaque jour qui passait, Scott me regardait avec cette déception qui ne quittait pas ses yeux. Je n'aurais jamais supporté de vivre sous le même toit que lui. C'est pour ça que... Un peu plus tard, Deaton, a découvert que j'avais des dispositions pour devenir un puissant druide. Sincèrement, je n'en avais rien à faire. Mon père était mort. Lydia était catatonique. Et mon meilleur ami me détestait. Il émit un rire désabusé et secoua la tête.
_ Je me souviens qu'à ce moment j'enviais souvent Lydia. Mais la menace persistait. Alors... J'ai exploité de manière excessivement assidue mes capacités qui étaient, au départ, assez faibles. Mais je me suis vite aperçu que travailler m'aidait à ne pas penser. C'était encore plus vrai avec le druidisme. Quand j'ai réussi ma première transformation en renard insulaire, c'était complètement dingue. Deaton en a lâché son bestiaire. Des runes ont commencé à apparaître dans mon dos. On a mis du temps à s'en rendre compte d'ailleurs. Et puis... Théo s'en est pris à Mason. Scott l'a transformé pour le sauver. Je ne sais pas pourquoi, mais pendant un temps, il m'était sorti de la tête. Deaton m'a avoué plus tard que c'était dû à un choc post-traumatique. Toujours est-il que ma haine envers lui a suffi pour me motiver à rester en vie, le temps qu'il faudrait pour me venger. J'ai d'abord sorti Lydia de sa catatonie. Ensuite, nous avons retrouvé Kira qui se débattait avec son kitsune.
_ Et tu l'as sauvé.
_ Je l'ai sauvé et je lui ai tout avoué avant que Scott ne le fasse. Elle est revenue à Beacon Hills et nous avons compris peu de temps après son retour que les Dread Doctors avaient fomenté un combat à mort entre Scott et Théo pour un sacrifice au Nemeton. Un sacrifice pouvant ouvrir la porte des enfers. Pourquoi faire ? On ne l'a jamais su. Peut-être que tuer Théo sur le Nemeton alors que Kira avait shooté Scott à coup d'aconit y était pour quelque chose. Après, je ne me souviens de rien. Je me suis réveillé sur cette foutu souche d'arbre qui nous rend tous dingues. Les Docs étaient tous là, la vie les ayant quittés pour une raison que j'ignore. Et... il rit faiblement une nouvelle fois avant de reprendre.
_ Scott et Kira me regardaient comme si j'avais deux têtes. Mais voilà. Plus rien ne me donnait le goût de vivre. Scott était toujours distant et même si à un moment, c'est lui qui avait essayé de reprendre le contact, la mort de mon père était encore trop douloureuse. Je sais que ce n'est pas lui qui l'a assassiné. Mais à cette période, pour moi, c'était tout comme.
Le jeune homme se tourna vers Derek et le regarda de nouveau
_ Tu sais, je me disais souvent que si tu avais été là, rien de tout ça ne se serait passé. Pour moi, ça a toujours été toi, le véritable l'Alpha. Pas que Scott ne soit pas bon dans ce rôle-là. Mais toi, j'ai souvent l'impression que tu savais et que tu aurais su gérer cette situation. Mieux qu'il ne l'a fait. Toi, tu m'aurais écouté. Je n'aurais pas frôlé la mort à cause d'une chimère dévoreuse d'hommes. Mon père ne serait pas mort. Et même si les Dread Doctors auraient réussi une partie de leur plan. Tout ce serait mieux passé.
_ Je n'aurais jamais pensé que tu me donnais tant d'importance.
_ C'était et c'est d'ailleurs encore le cas. Tu pensais vraiment que je t'avais maintenu hors de l'eau pendant deux heures, juste parce que tu étais le seul de nous deux à pouvoir combattre le Kanima ? questionna Stiles incrédule.
_ Oui. Je ne te faisais pas confiance à l'époque alors, j'en ai conclu que toi aussi.
_ Abruti.
_ Je pense que ça aurait été différent, mais je ne sais pas si j'aurais pu sauver ton père.
_ On ne le saura jamais. Et puis, je ne peux pas le ramener à la vie. J'ai découvert peu de temps après que je ne peux pas ramener les morts à la vie, et je ne peux effacer les sentiments des autres. Mon envie de mourir était encore plus présente maintenant que je m'étais vengé. Malgré le fait que Lydia me rendait souvent visite et que Deaton m'enseignait tout ce qu'il savait, pour me vider la tête de mes idées noires, elles ne me quittaient jamais. Un soir, je me sentais tellement seul que je suis allé chercher un cutter. Je me suis coupé le bras, bien à la verticale, pour ne pas me rater comme ces idiots qui se coupent juste les tendons à l'horizontale. Ce soir-là, j'ai juste pensé que mon seul regret serait de ne pas te revoir une dernière fois. Et je me suis lentement endormi. Le lendemain, quand je me suis réveillé, je n'avais plus de cicatrice. Je me souviens que je me suis tourné d'un bond vers la table de chevet pour voir le cutter toujours maculé de mon sang. Je n'étais pas fou. Et j'ai senti quelque chose à côté de moi. Je me suis retourné très lentement. Avec tout ce qui arrive dans cette ville, tu comprendras que je n'étais pas rassuré. Il était là, devant moi. Il s'était redressé sur ses deux petits bras, et me regardait avec ses incroyables yeux verts. Un petit garçon de deux ans. Juste là. Je l'ai vite attrapé dans mes bras et j'ai dévalé les escaliers comme un dingue. J'ai brandi le petit devant les yeux de Deaton en lui criant que si c'était une blague, elle n'était pas drôle. Tu aurais dû voir ça. Il est resté comme un con à regarder le petit, la bouche grande ouverte et les yeux exorbités. Rien à voir avec le calme dont il fait preuve. Plus tard, on a fait toutes sortes d'examens. Tellement que par moments, je me sentais mal et qu'à d'autres je pleurais avec lui. Alan me l'a alors annoncé. C'est mon fils biologique, c'est... mon fils.
_ C'est incroyable, souffla le loup.
_ C'est mon fils Derek, ma raison de vivre, si on ne le retrouve pas, je...
_ Je te le ramènerai Stiles. Je vais le retrouver et te le ramener.
Stiles s'effondra en larmes dans les bras de Derek et à cet instant, il avait tout d'un garçon perdu.
Voilà, terminé pour aujourd'hui.
Ne me lapidez pas sur la place public je vous en pris.
A bientôt les louloups
