Bonjour les louloups
C'est encore moi pour un nouveau chapitre
Il est un peu moins doux que le précédent mais j'espère qu'il vous plaira
Bonne lecture
Chapitre 7
L'empire de l'homme est intérieur.
Deux semaines, deux semaines que Derek se battait avec les deux énergumènes que composait sa famille. Bien sûr, il était heureux que Stiles soit revenu d'il ne savait où. Mais cela restait une bataille constante.
Dès le matin, il devait se battre avec le renard. Souvent, il retrouvait Noa lové contre Stiles, lui-même blotti contre le loup alors qu'il était pourtant sûr qu'il avait couché le petit dans son lit et qu'aucun des deux ne s'était levé pour se retrouver.
Quand venait le moment de la toilette, le druide prenait sa forme animale pour se laver à sa manière et le regardait d'un air de dire « C'est encore moi qui décide ». Et ne parlons surtout pas de l'habillage. D'accord, d'une certaine manière, il comprenait tout ces pauvres animaux domestiques que l'on obligeait à porter des vêtements, mais Stiles était humain, enfin, non, mais vous avez compris. Il ne pouvait décemment pas déambuler nu partout où il allait. Et puis... il était beaucoup trop possessif pour ça. Le druide avait fini par considérer les propos (beuglements) de Derek, car maintenant, il se créait une sorte de « vêtement magique » tous les matins. Appellation de Noa, approuvée par Derek. Le phénomène était juste trop étrange pour ne pas l'appeler autrement.
Au repas, le renard ne comprenait pas l'utilité des couverts ou encore des verres. Si au départ, il eut peur que Noa suive son exemple, il se rendit vite compte que le gamin regardait souvent son père manger avec un air dégoûté sur le visage. Il lui arrivait même de repousser son assiette, trop rebuté par le spectacle.
Heureusement, Stiles avait réussi le tour de force de réconcilier le petit avec Peter. Bien qu'il trouve son oncle extrêmement étrange, et que, la plupart du temps, lui-même avait encore des réflexes offensifs, il lui était d'une grande aide. A bon entendeur, il ne l'avouerait jamais, même sous la torture. Le seul inconvénient, Noa était infoutu d'appeler son oncle par son prénom. Ils avaient toujours droit à « Alfred » par-ci et « Alfred » par-là. Et le premier intéressé ne semblait y prêter que peu d'attention. Parfois, il avait l'impression d'entendre ces deux-là jouer ensemble. Mais quand il arrivait dans la pièce, Peter était toujours occupé à une tache ménagère et Noa avec ses jouets. S'il était paranoïaque, il se dirait que ces deux-là se payaient sa tête.
Noa adorait toujours autant passer du temps avec son père. Que ce soit pour jouer ou pour se balader en forêt. Il pouvait les laisser pendant des heures, quand il revenait, c'était toujours comme s'il venait de les quitter.
Quand Lydia était dans la pièce, étrangement, le renard n'avait d'yeux que pour son amie. Ce qui avait le don de vexer Derek. Malgré le fait que la jeune femme n'ait de cesse de lui répéter que c'était bien plus évident avec lui. Le loup n'en avait cure, il était persuadé que la banshee menait Stiles à la baguette alors qu'il s'épuisait sans arrêt pour obtenir la moindre chose du renard. Bien sûr, il ne remarquait pas que si Stiles ne l'écoutait que peu, c'est bien parce que la plupart du temps, il était trop occupé à le câliner, le regarder avec adoration ou encore lui embrasser le visage ou le torse. De même que lorsqu'il le trouvait sous sa forme vulpine, celui-ci lui débarbouillait le visage ou se frottait joyeusement au loup.
En un mot, Stiles ne fonctionnait qu'à l'instinct.
Deaton ne savait toujours pas ce qui était arrivé à Stiles, ce qui désespérait Derek. A croire que rien ne pouvait être simple entre eux. Et le renard qui n'avait de cesse de bramer des « Stiles » à chaque fois qu'il essayait de communiquer. Fort heureusement, ce dernier communiquait aussi avec ses yeux, ce qui était beaucoup plus évident pour le loup, qui lui-même, n'était pas le roi des grands discours.
Aujourd'hui, il ne rêvait que d'une chose. Dormir, se reposer. La vie de père célibataire était plus fatigante qu'il ne s'était imaginé.
OoO
Un cri.
Il avait entendu un cri d'enfant. Noa. Le cri lui avait paru lointain, comme sorti de son rêve. Il avait ouvert les yeux brusquement en l'entendant. Mais une fois réveillé, il n'entendit plus rien. Il se redressa doucement, toujours assis dans son lit, et même si la chaleur bienveillante des couvertures était un réconfort encore chantant, il s'en détourna. Reportant ainsi toute son attention sur un potentiel problème avec Noa.
De nouveau, un cri.
Il bondit hors du lit. Et sauta dans les escaliers avant de se décider à les descendre doucement pour ne pas éveiller les soupçons d'un potentiel kidnappeur. Il entendit du vacarme venant du salon, aussi se précipita-t-il pour trouver Noa coursé par Peter.
_ Noa ! Viens ici ! cria le père en attrapant l'enfant.
Il partit en courant jusque dans sa chambre, et s'enferma à clé alors qu'il se laissait glisser contre le panneau de bois. Son fils encore dans ses bras.
_ Papa, tu n'es plus bloqué ! s'enthousiasma Noa en faisant un câlin à son père.
Stiles regardait son fils sans comprendre alors qu'il essayait tant bien que mal de ne pas faire de crise de panique. Le petit le sentit car il se redressa et observa son père inquiet.
_ Papa, tu ne dois pas avoir peur. Alfred est gentil, c'est toi qui l'as fait.
_ Quoi ? réussit à lâcher Stiles qui avait du mal à se concentrer sur sa respiration.
Il entendit toquer à la porte doucement.
_ Monsieur Stiles, je suis navré. Maître Derek ne m'avait pas tenu informé, je...
_ Va-t-en ! Va-t-en Peter, je... je ne suis pas prêt, coupa le druide en tapant sur la porte avec sa tête. Des larmes coulaient le long de ses joues.
_ Bien Monsieur.
Il entendit l'ancien loup partir et descendre les escaliers, et dans un réflexe de pure protection, il resserra son fils contre lui.
_ Papa... souffla le petit garçon en espérant apaiser son père dans sa tourmente.
Il resta, ce qui lui sembla être des heures, assis là, à câliner son fils. On toqua de nouveau à la porte. Mais il ne bougea pas d'un millimètre.
_ Stiles, c'est moi, Peter m'a appelé. Derek attendit quelques secondes mais personne ne répondit. Stiles, ouvre-moi, je sais que tu es derrière cette porte.
Il entendit un bruit sourd et le cliquetis de déverrouillage.
Derek poussa doucement la porte. Noa était sur le lit, endormi. Stiles, lui, était au milieu de la pièce, tremblant,les cheveux collés par des sueurs froides, les yeux marqués de larmes séchées, le regard hagard et troublé, comme une bête traquée.
Derek fit quelques pas vers le renard, mais celui-ci eut un mouvement de recul. Le loup s'arrêta donc. Il avait d'abord cru que Peter se trompait, mais en le voyant là, tellement différent de ce qu'il avait connu ces deux dernières semaines, il comprit. Stiles était revenu. Mais dans quel état ?
_ Stiles, souffla le loup en tendant un bras vers lui.
_ Je... Le druide déglutit et regarda autour de lui. Il fit un autre pas en arrière.
Derek regarda Noa, il dormait profondément. Ce qui était inhabituel pour l'enfant, surtout à cette heure de la journée.
_ Stiles, qu'est-ce que tu as fait à Noa ? demanda doucement le loup en faisant un autre pas vers le renard.
_ Non, t'approche pas, paniqua son interlocuteur. L'Alpha s'arrêta.
_ Pourquoi tu m'as laissé rentrer ?
_ Je... je ne sais pas.
Le druide commençait à se recroqueviller sur lui-même, mais Derek ne lui en laissa pas l'occasion.
_ Stiles, pourquoi Noa dort ?
L'interpellé redressa la tête pour regarder son fils.
_ Il va bien, il va bien, je te le promets.
_ Je n'en doute pas un seul instant, mais j'aimerais savoir ce qu'il s'est passé, expliqua doucement Derek.
Et déjà les larmes commençaient à affluer. C'était dur pour Derek, il sentait toute la détresse de son compagnon, et pourtant, il devait être très prudent. Il sentait que s'il ne l'obligeait pas d'une manière ou d'une autre à se réfugier dans ses bras, il le perdrait. Il devait trouver le détail qui ramènerait le druide dans la réalité. Le jeune père, lui, commençait à balbutier des paroles que Derek n'aurait pas entendu s'il n'avait pas été un loup.
_ C'est un rêve, c'est rien qu'un rêve. Il va revenir, ne perds pas pied, Stiles, c'est juste un rêve. Concentre-toi sur la douleur, la douleur.
_ Quelle douleur Stiles ? Tu ressens de la douleur ?
Le jeune homme le regardait toujours comme s'il allait le dévorer. Il fronça les sourcils un instant, perdu dans ses réflexions. Il ne remarqua pas que Derek avait fait un pas de plus vers lui. Juste un. Puis le druide reporta son attention sur le loup.
_ Non, répondit Stiles.
_ Tu es en sécurité...
_ C'est faux ! cria le jeune homme.
_ Regarde autour de toi, tu es chez toi, Noa est endormi sur le lit et le svartálfar est mort.
_ Non ! C'est encore une illusion, il... il veut prendre le contrôle de ma tête. Il le fait tout le temps avec Erica.
Derek grimaça. Il ne savait pas que leur ennemi avait également torturé psychologiquement son compagnon. Et il n'imaginait que trop bien ce qui avait bien pu se passer dans cette salle putride. Derek fit encore deux pas.
_ Non... ne viens pas, ne me touche pas, gémit lamentablement Stiles.
_ Pourquoi tu m'as ouvert la porte si tu ne veux pas que je m'approche ?
_ Je... j'en sais rien, j'ai eu... envie de le faire, répliqua le druide entre deux sanglots alors qu'il sentait le mur contre son dos.
_ Pourquoi as-tu eu envie de le faire ?
Stiles le fixait, il déglutit, et regarda un instant Noa avant de poser ses yeux de nouveau sur le loup, la respiration haletante, il faisait de nouveau une crise de panique.
_ Concentre-toi Stiles, respire, calque ta respiration sur la mienne, comme ça, voilà, montra le loup avant de reprendre. Respire doucement et concentre-toi sur ma question. Prends ton temps.
Le druide se concentrait sur la bouche de son interlocuteur, en reproduisant les mêmes gestes. On lui avait posé une question, oui, il se souvenait.
_ Parce que... parce qu'il ne connaît pas ta voix, mais...
_ C'est ça, il ne connaît rien de moi, de nous.
_ Mais il ne connaissait pas Erica non plus, je m'en suis rappelé quand je t'ai ouvert, l'interrompit Stiles.
_ C'est vrai. Mais je mettrais ma main à couper qu'Erica ne t'a jamais rien dit de réconfortant, parce que ce n'était pas elle.
_ Oui, tu as raison. Mais tu ne l'es pas non plus. Tu t'approches alors que je te dis de ne pas le faire.
_ Tu sais très bien pourquoi je fais ça, rétorqua Derek alors qu'il s'approchait dangereusement de Stiles. Celui-ci d'ailleurs commençait à se laisser glisser au sol dans le maigre espoir d'échapper à son tourmenteur.
_ Non, non... recule-toi, je ne veux pas... je ne veux pas utiliser...je ne veux pas te faire de mal, balbutia le druide toujours paniqué.
_ Alors ne le fais pas, souffla Derek en se penchant sur lui.
Le loup prit Stiles dans ses bras. Ce dernier était complètement tétanisé. Il ne bougeait pas d'un cheveu. Peut-être avec la certitude qu'ainsi, il partirait.
_ Touche-moi Stiles, sens-moi, sens mon odeur, écoute les battements de mon cœur, je suis bien réel.
Mais Stiles replongea de plus belle dans sa détresse.
_ NOOOoooon, cria-t-il à moitié en voulant repousser Derek. Mais l'Alpha tint bon. Et alors que l'autre tentait d'échapper à son étreinte, il réussit le tour de force de l'avoir bien calé autour de son corps.
Son cœur pleurait de le voir dans cet état. Il l'obligea à placer sa tête dans son cou et lui massa le dos alors qu'il prenait une position plus confortable. A la fois pour lui éviter toute gène mais également pour soutirer toute retraite possible à son compagnon. Stiles tapait désormais plus mollement le dos du loup, pour finalement laisser retomber ses membres le long de son corps.
_ Qu'est-ce que tu as fait à Noa, Stiles ? redemanda doucement Derek alors que celui-ci pleurait silencieusement dans son cou.
_ Je l'ai endormi dans une bulle de verre pour le protéger, répondit-il la voix grésillante.
_ Le protéger de qui ? De moi ?
_ Nooon... de lui, souffla le jeune père avec émotion.
_ De qui, Stiles ?
_ Je ne connais pas son nom.
_ Et Peter, tu as voulu l'éloigner de Peter ?
Le renard se redressa dans les bras du loup pour pouvoir le regarder droit dans les yeux.
_ Oui, mais...quand Peter est venu me parler... Il ne met jamais Peter dans les illusions. Peter est toujours réel et... pervers. Il ne veut jamais s'en aller.
_ Tu te souviens de ce qui est arrivé à Peter ?
Le jeune homme hocha la tête en signe d'affirmation.
_ Oui, couina-t-il.
_ Et Peter est toujours réel n'est-ce pas ? renchérit le loup alors que son compagnon répondait de nouveau par un hochement de tête.
Il passa une main dans la chevelure du druide plusieurs fois, l'obligeant à accepter son toucher.
_ Tu te souviens donc de ce qu'il s'est passé ensuite, souviens-toi.
_ Il voulait tuer Noa sur le Nemeton. On l'a arrêté, murmura Stiles, effrayé par ses propres paroles.
_ Oui. Oui, c'est ça, tu m'as envoyé là-bas avant qu'il n'arrive pour l'intercepter. Tu es arrivé ensuite.
Soudain Stiles inspira, choqué.
_ Je suis mort.
_ Oui.
Le druide éclata alors dans un sanglot franc et s'accrocha désespérément à Derek. Après ce qui sembla une éternité à l'Alpha, il entendit de nouveau, la petite voix cassée de Stiles.
_ Je, je suis mort. Pou... pourquoi je suis là ?
_ On ne sait pas Stiles.
Le renard prit alors, le visage de Derek en coupe, caressant plusieurs fois sa peau alors que le loup fermait les yeux, soupirant d'exaltation.
_ Tu es réel, constata soudain Stiles, comme frappé par l'évidence.
_ Oui.
_ Tu es réel, répéta le druide en riant entre deux sanglots.
_ Tu es vivant, souffla Derek.
Stiles le regarda les yeux exorbités, il cligna des yeux plusieurs fois avant de rire. Rire nerveusement. Rire pour lâcher la pression. Rire pour ressentir. Rire pour vivre.
Il se pencha alors pour poser doucement ses lèvres sur celles du loup. Il recommença plusieurs fois, pour bien imprégner les sensations et rit de nouveau entre deux baisers.
_ Je suis vivant.
OoO
Alan regardait Stiles, assis sur la table d'auscultation. Il prit la petite lampe posée sur la table médicale et son apprenti se tendit. Le renard chercha la main du loup qui lui accorda de bonne grâce pour le détendre. Quand le vétérinaire avança avec l'outil médical Stiles resserra son emprise sur le membre de Derek. Celui-ci s'approcha donc davantage pour coller le dos du jeune homme contre son torse.
_ Détends-toi Stiles, je ne te ferai aucun mal, pria Alan.
_ Je sais, mais c'est plus fort que moi.
_ Il arrive à discerner correctement les hallucinations de la réalité ? demanda Deaton à Derek.
_ Oui, de temps en temps, il se perd, mais quand je le touche, ça passe.
_ Bien, c'est très bien.
Le vétérinaire continua sa consultation. Derek s'appliquait à détendre consciencieusement le renard qui se tendait à chaque fois que Deaton approchait quelque chose de lui. Une fois terminé l'émissaire, regarda Stiles.
_ Stiles, quand tu étais sur le Nemeton avec le svartálfar, que s'est-il passé ?
Son apprenti descendit de la table et regarda Derek qui hocha la tête.
_ Je... J'étais grièvement blessé alors, j'ai fait, la dernière chose qui était en mon pouvoir. Je me suis sacrifié pour le détruire.
_ Oui, mais... qu'as-tu fait exactement ? renchérit son mentor.
Stiles fronça les sourcils, il se concentra pour se souvenir.
_ J'ai fait une incantation pour transformer chaque particule de son être en énergie positive. C'était extrêmement épuisant. Et difficile.
_ Oui, ouiiii, je comprends maintenant.
Deaton retourna à son bureau ignorant les deux protagonistes qui se regardaient perplexes.
_ Si sacrifier un ljósálfar apporte des bénéfices au svartálfar, l'inverse est vrai également. Tu ne l'as pas tué, tu l'as recyclé. La vie te quittant, on t'a accordé la sienne, en plus de l'énergie produite. Donc plus de puissance.
_ Oh. Mais qu'est-ce qu'un ljósálfar au juste ? demanda le druide.
Alan se figea, regarda Derek qui haussa les épaules, et rit franchement gêné.
_ Oui. Hum... C'est ce que tu es, un elfe d'une race très ancienne, la plus ancienne jamais recensé. Très puissant. Les svartálfar sont leurs antagonistes.
_ Oh.
_ C'est tout ce que tu as à dire ? Tu ne t'énerves pas ? questionna Derek surpris.
_ Non, j'ai commencé à avoir des doutes quand Isaac a dit que je n'étais pas humain. Et puis... avec ce qui s'est passé... franchement c'est bien de le savoir, mais je m'en fous un peu. Mon fils est vivant. Tu es vivant. Je suis vivant, même si la raison paraît totalement absurde. Mais pourquoi pas. Ça explique certainement beaucoup de choses je suppose.
Derek soupira légèrement, oui vraiment très peu, exaspéré.
_ Alan, non mais, est-ce qu'il est foutrement possible d'accumuler autant d'injustice ?
_ Qu'est-ce que tu as ? demanda Stiles décontenancé.
_ Ce que j'ai ? Tu nous hurles dessus dès qu'on te cache quelque chose ce que je peux comprendre dans une certaine mesure et quand Deaton te fait comprendre qu'il t'a caché ta nature, tu ne réagis pas d'un poil.
_ Serais-tu jaloux, Derek ? demanda son compagnon très amusé.
_ Non.
_ Tu es jaloux, affirma Stiles avant de lui voler un baiser.
OoO
_ Qu'est-ce que tu as ? cria Derek sans le vouloir.
_ Rien.
_ A d'autre, tu m'évites depuis une semaine maintenant, s'énerva davantage le loup.
_ Je... ce n'est rien.
_ Stiles, je t'en prie, parle-moi. Tu sens la peur, tu es fébrile dès que je te touche, qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que... Est-ce que j'ai eu un comportement qui te laisse à penser que je te voudrais du mal ?
_ Non ! répondit précipitamment le renard.
_ Alors quoi ? Encore des réminiscences ? Des cauchemars ?
_ Comment tu...
_ Stiles, je dors avec toi toutes les nuits et je suis un loup. Si tu n'avais pas remarqué, je m'occupe de toi à chaque fois et tu te réveilles tous les matins accroché à moi comme une bouée de sauvetage, si tu n'es pas parti te réfugier dans la chambre de Noa pour vérifier qu'il est toujours là.
Les yeux du renard se voilèrent. L'amertume l'envahit et Derek se fustigea intérieurement. Ce n'est pas comme ça qu'il obtiendrait des aveux.
_ Je... je vais aller chez Lydia cette nuit, je crois que ça vaut mieux pour tout le monde. Je prends Noa avec moi.
_ Quoi ? Non !
_ Si, Derek ! J'ai besoin de réfléchir, et toi aussi.
Le jeune père prit quelques affaires, son fils et partit chez son amie après l'avoir appelé pour signaler sa venue.
Vingt minutes plus tard, la blonde vénitienne l'accueillait chez elle, un grand sourire aux lèvres.
_ Hey ! Que me vaut cette visite tardive ? S'enquit la banshee.
_ Noa, va jouer à coté s'il te plaît, lui demanda Stiles.
_ Pourquoi on est parti sans papalou ?
_ Parce que ton papa a plein de secrets à me raconter que papalou n'est pas prêt à entendre.
_ Oh ! Mais tu ne vas pas quitter papalou, hein ?
Stiles soupira, si même Noa s'y mettait.
_ Non Noa, je ne vais pas quitter papalou, j'ai juste besoin de réfléchir sans l'avoir dans les pattes.
_ D'accord, capitula le gamin toujours pas rassuré.
Les deux adultes partirent dans la pièce à côté, Lydia invitant Stiles à prendre ses aises.
_ Bon ! Que se passe-t-il ? questionna-t-elle tout à trac.
Stiles soupira et posa sa tête contre la table.
_ Je suis un cas désespérant.
_ Rien de nouveau Stiles, rien de nouveau.
_ Merci pour ta sollicitude, rétorqua le concerné amer.
_ C'est toujours un plaisir, tu le sais.
Un blanc laissa le sarcasme de la jeune femme s'effacer mais déjà, elle s'impatientait.
_ Tu sais que je t'adore mon chou, mais si tu ne me dis pas ce qui se passe maintenant, je te renvoie là-bas avec un bon coup de pied aux fesses !
_ Tu n'oserais pas ?
_ On parie ?
Il la regarda quelques secondes. Elle avait les yeux plein de défis. Oh oui, bien sûr qu'elle le ferait, et elle y prendrait un malin plaisir.
_ D'accord ! D'accord ! J'ai peur, j'ai peur de devenir un boulet. Que Derek se réveille un matin et se demande ce qu'il fout avec moi. J'ai peur parce que j'avance difficilement et je vois bien que ça le mine, j'ai peur que ce que je dise ou fasse l'éloigne de moi et j'ai peur parce que j'ai envie de plus avec lui et qu'il ne me touche jamais comme ça.
Un grand silence s'installa. Lydia le regardait d'une manière dont il était impossible pour le druide de savoir ce qu'elle pensait.
_ C'est une blague ? demanda-t-elle entre l'interrogation et l'affirmation, la voix neutre.
_ Non.
La réaction ne se fit plus attendre. La banshee explosa littéralement de rire. Elle riait tant et tant qu'elle s'en tenait les côtes et des larmes poussaient de chaque côté de ses yeux. Le jeune homme se vexa. Lydia finit par réussir à se calmer et essuya les larmes qu'elle avait aux coins des yeux, un sourire rayonnant sur le visage.
_ Non mais ce qu'il faut pas entendre comme conneries. Tu vas me tuer un jour.
_ Eh bien tu serais priée de mourir maintenant, traîtresse.
_ Sois poli mon chou. Non mais franchement ! Derek, te quitter ? Il se meurt d'amour pour toi ! Allooo. Tu es son compagnon, il ne vit que pour toi. Il a été fait pour toi comme tu as été fait pour lui. Et s'il ne te touche pas comme tu le souhaites, c'est bien parce que s'il se laisse aller, il te revendiquerait, et il ne sait pas si tu pourrais gérer. Je veux dire, c'est une revendication quoi !
_ Oui et bien ?
_ Ah ! J'oubliais que tu n'étais pas à Beacon Hills quand Scott a revendiqué Kira. Tu sais ce que c'est au moins ?
_ Oui ! Je te rappelle que je suis druide. Mais je ne vois pas pourquoi on en fait tout un fromage. C'est juste une morsure, plus de pouvoir et basta !
_ Non, c'est justement ça le truc, c'est pas juste une morsure, plus de pouvoir et basta, c'est plus que ça.
_ C'est quoi alors ?
_ C'est chaud, c'est très chaud, répondit-elle avec un sourire goguenard.
_ Oh.
_ Oui. Alors, tu vas me faire le plaisir de me laisser mon filleul, et vivre une nuit de débauche avec ton Alpha transi, renchérit la jeune femme tout en se levant pour attraper son ami et l'emmener jusqu'à l'entrée.
_ Mais...
_ Pas de mais ! File avant que je ne crie, le coupa-t-elle avant de le mettre dehors sous la pluie.
_ Tu as omis le fait que le lien créé a des conséquences irréversibles, que ça ne s'arrêtera pas à une nuit de débauche et que tous les loups seront touchés par le phénomène. Avec la puissance de Stiles, je comprends les réticences de Derek à le toucher.
_ Je sais Jordan, mais je n'en peux plus de cette frustration sexuelle entre eux.
Voilà! C'est fini pour aujourd'hui.
Je vous posterais le prochain chapitre vendredi soir.
A bientôt.
