Bonjour à tous ! Voici l'un des derniers chapitres de cette fiction, j'espère qu'il vous plaira ! :)

Désolée pour ce retard, je n'abandonne pas cette fiction, mais j'étais partie en vacances et je n'ai pas eu le temps d'écrire !

A bientôt et bonne lecture !


Il n'avait pas beaucoup dormi cette nuit là, tout comme les autres nuits d'ailleurs. Son sommeil était agité et rempli de cauchemars dans lesquels il voyait sa défaite. Il ne devait pas perdre, pas à nouveau, il ne pouvait pas se le permettre. Le soleil commençait à se lever et Stannis était déjà debout. Il ne se sentait pas fatigué malgré ses insomnies à répétition et depuis une bonne partie de la nuit, alors que l'obscurité envahissait encore le château, il était accoudé à la table militaire afin de peaufiner à nouveau sa stratégie. Voulant être sûr de remporter la victoire, il préférait s'épuiser à cette tâche que de se reposer en vain.

Melisandre et sa magie n'étaient plus présentes et c'est par la force militaire qu'il remporterait cette guerre. Il n'avait pas besoin de l'aide d'une prêtresse qui lisait l'avenir dans les flammes, son avenir n'était pas prédit et c'était à lui de l'écrire. C'était un homme qui ne se laissait pas abattre si facilement, il avait perdu une bataille mais pas la guerre, il avait su adopter une nouvelle tactique pour enrôler plus de soldats dans son armée, il s'était allié du Nord, et en avait tiré les avantages.

Le seigneur de Dragonstone était concentré et il n'abandonnerait pas ses objectifs et c'est déterminé qu'il déplaça un pion sur la table.

« Lord Stannis ! Pardonnez moi de vous déranger mais si vous pouviez me suivre, j'aimerai vous montrer quelque chose.. »

« Je n'ai pas le temps Manderly ! »

« Bien.. mon seigneur, mais dès que vous trouverez le temps, jetez un coup d'œil à l'extérieur.. »

Il se retourna violemment et dévisagea le petit homme, son visage se crispa alors qu'il cherchait une réponse dans son regard. Le seigneur l'invita d'un geste du bras à s'approcher de la fenêtre qu'il venait d'ouvrir. Un vent glacial pénétra dans l'enceinte de la pièce et des frissons parcoururent l'échine de Stannis. Méfiant, il avança vers la fenêtre sans quitter Manderly du regard puis il planta ses yeux dans le vide où une armée de Nordiens attendait en rang.

« STANNIS ! STANNIS ! »

« Ils sont à vous Stannis, votre mariage avec lady Sansa et votre détermination à libérer Winterfell, à rallier le Nord tout entier, même les Karstark se sont joins à vous »

Un sourire satisfait apparu sur son visage, il ne souriait pas beaucoup et le peu de fois où son visage se détendait était signe de victoire personnelle. Le seigneur de Dragonstone salua l'homme puis partit trouver sa nouvelle armée de plus près. En se dirigeant vers les escaliers, il croisa Theon qui, une nouvelle fois, essayait tant bien que mal de rester digne devant le cerf. Certes il faisait des progrès, mais ce traumatisme qu'il avait subi face à Ramsay resterait à jamais ancré en lui et c'est une peur panique qui le dévorait dès qu'il croisait le seigneur à qui il était rattaché. Stannis s'arrêta un instant et le toisa du regard, pendant que Theon attendait, tête baissée.

« Dites à lady Sansa de préparer ses affaires, je veux qu'elle vois les yeux dépités des Bolton au moment où je prendrai le château.. »

« Allez vous les tuer mon seigneur ? »

« Ils ne méritent pas la pitié.. préparez les chevaux»


Sansa s'était vu obligée d'accompagner Stannis et c'est anxieuse qu'elle préparait ses affaires. Elle avait peur de se rapprocher de Winterfell et la simple idée d'imaginer Ramsay près d'elle la faisait frissonner. Theon était au fond de la chambre et attendait les yeux perdus dans le vide. Il devait aller préparer les chevaux au plus vite sur ordre du seigneur de Dragonstone et se dirigea vers la porte afin de quitter la pièce

« Theon, attends ! Reste avec moi s'il te plaît.. »

« Lady Sansa, j'ai reçu l'ordre de seller les cheveux, lord Stannis ne va pas apprécier si je ne le fais pas de suite »

« Les chevaux peuvent attendre et je m'occupe de Stannis, reste avec moi, le temps que je prépare mes affaires, je ne supporte plus la solitude. Quand je suis seule, je revois Ramsay et ses yeux perfides.. »

La louve en eut la nausée et elle arrêta subitement son récit. Elle essaya de lancer un timide sourire à son interlocuteur alors qu'elle pliait ses vêtements.

Quelques minutes plus tard, alors qu'un silence de plombs avait envahi la chambre, on vint frapper à la porte. Theon sursauta et Sansa ouvrit doucement pour se retrouver face à Davos.

Ce dernier la salua puis entra. Il dévisagea l'homme puis le salua aussi et se tourna vers la fille Stark.

« Ma dame, vous devriez me suivre, nous allons bientôt partir, quant à vous, hâtez vous de préparer les chevaux, lord Stannis n'est pas un homme de patience »


Après de longues heures de marche dans le froid hivernal du Nord, l'armée de Stannis arriva aux alentours de Winterfell. Le vent glacial dévorait le corps fatigué du seigneur qui n'était pas habitué au froid extrême. Il avait quitté sa canne depuis peu mais se sentait apte à combattre malgré la large cicatrice qui s'emparait désormais de sa jambe. L'homme ordonna à ses hommes de monter les tentes et de laisser la plus grande et la plus confortable à sa femme.

Voir ses soldats dans la neige lui rappela la tragédie qui s'était abattue sur lui quelques temps plus tôt et il grimaça sous l'immense peine qui venait de le submerger. Stannis décida de s'isoler dans sa propre tente en attendant que son armée soit prête, ils partiraient dès le levé du soleil.

« Mon roi, lady Sansa est dans sa tente et se repose, si vous voulez.. »

« Laissez moi seul ser Davos, préparez vous pour la bataille et restez concentré, je ne pardonnerai pas la défaite »

Davos n'avait pas eu le temps de finir sa phrase et il se retrouvait face à un mur qu'il ne pouvait franchir, coincé entre l'autorité de son seigneur et sa volonté de le conseiller. Il aurait voulu l'encourager à rendre visite à la louve car la guerre approchait et on ne se savait pas à l'avance si on reviendrait vivant. Il observa longuement Stannis dont les traits durcis par l'anxiété l'avait fait vieillir de quelques années. Sa barbe épaisse grisonnante avait repoussé et lui donnait une allure de vagabond, contrastant avec le sang royal qui coulait dans ses veines. Les horreurs de la guerre et celles qu'il avaient connu dans sa vie personnelle l'avait marqué autant mentalement que physiquement. Il n'avait jamais été aussi austère plus jeune, certes il n'était pas très souriant ni joyeux mais jamais il n'avait été aussi sombre. Ces détails, Davos s'en moquait car il restait persuadé que le trône avait besoin d'un roi tel que lui, un roi qui ne se laissait pas abattre et qui savait se montrer honorable mais aussi intransigeant. Cette scène lui rappelait celle qu'il avait vécu lorsqu'il était entré dans la tente de son seigneur peu avant le début de la bataille. Face à la prêtresse rouge, il n'avait pas fait le poids et avait du se résoudre au repli, quittant la tente pour avoir comme seule réponse un long silence. Stannis ne voulait rien entendre, lorsqu'il était d'une humeur massacrante, sa Main ne servait à rien et il préférait s'isoler plutôt qu'écouter ses conseils avisés.

Le lendemain, il fut le premier à seller son cheval, préférant rester digne si cette journée devait être sa dernière. Le Chevalier Oignon le rejoignit rapidement et il quittèrent le campement à la tête de l'armée. Le roi se retourna à nouveau et jeta un regard à sa bannière qui flottait dans le vent, il l'a représenterait fièrement jusqu'à la fin de la bataille.


Sansa attendait assise dans sa tente, son cœur frappait fort dans sa poitrine et elle ne savait pas si la cause était le combat et la défaite qui planait ou s'il s'agissait de la potentielle libération de son château. Elle n'avait pas fermé l'œil de la nuit et avait pensé à son père, elle aurait tant aimé qu'il soit présent. La jeune femme se revoyait à ses côtés à Port Réal, lorsqu'elle l'ignorait, préférant écouter ses sentiments plutôt que sa raison. Elle aurait aimé qu'il soit présent pour lui dire combien il était fier d'elle face à tout ce qu'elle avait enduré, elle aurait aimé qu'il l'a conseille, comme avant et cette fois-ci, elle l'écouterait sans hésiter. Si seulement il pouvait être là.. une larme avait perlé le long de sa joue alors qu'elle cherchait le sommeil.

Entendant les chevaux quitter le campement, elle se leva pour ouvrir le pans de la tente et observer les soldats au loin. La bannière Baratheon s'éloignait peu à peu et une sensation de vertige l'a saisit soudainement, elle se rendit compte qu'elle avait peur. Son visage était serré alors que Theon l'a rejoignait pour veiller quelque peu sur elle.

Il lui tendit la main et ensemble, ils s'avancèrent pour observer de loin l'armée qui s'était dangereusement approchée de Winterfell. Sansa aperçu les soldats Bolton arriver au galop et elle serra involontairement la main de Theon, de peur de ce qui allait arriver. Les deux armées se faisaient face et, à pleine vitesse, elles se rencontrèrent. Des cris retentirent alors qu'elle voyait les hommes de Stannis tomber petit à petit. C'est en priant mentalement qu'elle s'avança de nouveau afin de voir un peu plus la scène, elle avait peur de se retrouver à nouveau seule et Stannis ne devait pas mourir. Si elle se retrouvait seule, un seigneur pourrait à nouveau abuser d'elle, alors la protection du cerf était pour elle, même si elle devait le supporter, une bénédiction. A ses côtés, elle ne risquait rien.

« Sansa, revenez ! »

Elle stoppa net et fut surprise en distinguant que les hommes de Stannis étaient au final plus nombreux que ceux des Bolton, elle se sentit mieux, malgré un soupçon de peur toujours présent.


Stannis observa autour de lui et constata le nombre de corps qui gisait à ses pieds, il avait perdu beaucoup d'hommes, mais il s'agissait d'une guerre et il était normal que des soldats tombent au combat. Autour de lui se trouvait aussi des Bolton et c'est en slalomant entre les morts qu'il rejoignit Davos. Ce dernier avait subi une blessure à la poitrine et c'est grimaçant de douleur qu'il avança péniblement vers son roi. Le seigneur lui ordonna de quitter le champ de bataille pour se faire soigner au camp avant que la blessure ne s'aggrave d'avantage, mais face au refus catégorique de sa Main, il dut renoncer à son autorité.

« Stannis Baratheon ! »

Il se retourna brutalement pour voir avancer dans sa direction, Ramsay Bolton, qui le dévisageait d'un regard empli de haine. Le seigneur de Dragonstone dégaina son épée et avança à son tour. Il avait rêvé de sa mort mais ce n'était pas ce combat qui lui ôterait la vie. Il tuerait le bâtard des Bolton pour sa perfidie, pour son arrogance, pour sa cruauté, pour ses vices et pour son Royaume.

Le visage glacial et déterminé, il se retourna pour faire un signe de tête à Davos. Ce dernier ordonna à tous les soldats du cerf de s'éloigner pour laisser les deux hommes combattre en duel.

Stannis prit une longue inspiration et eut une pensée pour Shireen, puis, dans un hurlement de colère, il chargea, l'épée levée, un Ramsay Bolton toujours aussi convaincu de sa victoire.

Alors que les coups fusaient violemment et que la rage était au plus haut point, l'un des deux combattants s'écroula dans la neige, la poitrine ensanglantée.