Disclaimer : Le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Flûtiau et ses amis sont à moi.

Rating : K+

Personnages : Pour les sorciers Albus, Minerva, Severus - Pour les amis de Flûtiau, ceux du dix-neuvième parallèle.

Correctrice : Fantomette34


Un salut particulier à mes fidèles revieweuses : Fantomette, Lilou et Mary. Gros bisous.

BONNE ANNÉE À TOUTES ET À TOUS !


CONTE DE NOËL

CH 5

o-o-o

Amis, amitié

O-O-O

Les deux compères avançaient sans hâte en direction du logis quand Flûtiau, malgré l'air marin qui saturait son nez, perçut une odeur inquiétante.

"Severus ?... Severus !... cria-t-il en se dressant sur les épaules de sa récente connaissance, quelque chose brûle droit devant.

- Hum... Tu es sûr ?

- Certain !... Y'a une fumée noire qui nous arrive dessus et qui envahit tout.

- Tiens ! Mes élèves auraient-ils purgé leur cerveau d'un seul coup ?

- Euh...

- Non, tu as raison, c'est impossible. Mais je ne crois pas que tu doives t'inquiéter.

- Pas m'inquiét... mais c'est pestilentiel ! Tout comme quand Grand-Père Barbekiouw a des flatulences.

- Il émet aussi une fumée noire ?

- Severuuuus..."

Le petit Dragon désespérait de ce dialogue sans queue ni tête, du moins pour lui, mais comme l'homme en noir ne semblait pas prendre la chose au tragique, il sauta sur le sol et marcha derrière lui, le museau au ras de l'herbe pour éviter de s'asphyxier. Ils arrivaient dans une allée menant aux sources du sinistre quand soudain...

BOUM !

Un Objet Volant Non Identifié les frôla en sifflant furieusement.

"Qu'est-ce que c'était, ça ?!

- Oh, juste le chaudron de dix-sept heures quarante-cinq qui est en avance.

- Le... Par les dents de Fafnir, qu'est-ce que cela veut dire ?!

- Qu'Alistair est à la maison" dit Severus comme si ça allait de soi.

.

Maintenant que les deux amis étaient arrivés sur le lieu de la catastrophe - avec une tendance au pluriel - le petit Dragon avait une vue d'ensemble sur un cratère assez profond, signe du cataclysme passé, et sur un chaudron dont les velléités explosives annonçait le cataclysme à venir.

Et sur celui qui utilisait ce dernier.

Le regard de Flûtiau monta... monta... monta. Le corps de l'homme semblait interminable et tout en haut...

La tête appartenait, sans conteste, à la race bovine. Vissée - sans jeu de mots - sur un cou de taureau.

Il avait devant lui le représentant d'un mélange unique et mythique.

Un Minotaure.

...

"Qu'essayais-tu de faire cette fois ? demanda Severus d'un ton blasé, du carburant pour fusées ?

- Seeev ! Elles n'ont pas encore été inventées. Et la NASA n'existera pas avant des siècles. Ceci dit, tu n'es pas tombé loin.

- Alors, c'était quoi ?

- Je voulais fabriquer des feux d'artifices multicolores.

- Bon, au moins ton récipient a été propulsé dans l'espace, le problème c'est qu'il le fut horizontalement. Au prochain essai tente la verticalité, on ne sait jamais."

.

Le Minotaure, un peu découragé, fit une chose que tout bon Potionniste, Chimiste ou assimilé ne devrait JAMAIS faire.

Lâcher une expérience des yeux.

Le chaudron, se sentant libre de n'en faire qu'à sa tête, explosa en tournant sur lui-même et, de ce fait, monta dans les airs en expulsant des gerbes d'étincelles.

"OUÉÉÉ ! hurla l'Homme-Taureau, j'ai réussi, j'ai réussi !" Et il souleva l'austère Professeur, gonflant la cape noire qui le fit ressembler à une chauve-souris.

Mais comme chacun sait, la Loi de Newton s'applique partout, même dans les contes, et l'attraction terrestre fit son office : le chaudron, ayant manqué son évasion, retomba.

Devinez où ?

Sur la tête d'Alistair... Bravo, Madame ! Vous gagnez un cours particulier de Potion avec le Professeur Snape. Allô ?... Allô ?!... Ah ben mince ! Elle a raccroché.

Mais revenons à nos chaudrons ou plutôt à celui qui se prenait pour un émule de Papillon.

Le récipient métallique chuta brusquement sur l'occiput du Minotaure. Il y eut un horrible craquement et les deux se retrouvèrent au ras des pâquerettes.

"Oh là là, gémit Flûtiau, il doit être gravement blessé !

- Mais non ! le rassura Severus, Alistair a la tête dure, il s'en tirera avec une bosse. Vois toi-même... C'est le chaudron qui s'est fendu."

Le professeur tendit l'objet vers le petit Dragon pour qu'il puisse constater les dégâts. La crevasse était aussi profonde que le Rift africain.

"Je ne pensais pas qu'un récipient en bronze puisse être abîmé comme ça !

- Il ne devrait pas. Fichu Alistair ! Il a dû se faire refiler un chaudron de contrefaçon."

Et c'est en grommelant contre les productions frauduleuses en provenance des pays lointains que Severus ramena un Minotaure évanoui dans sa demeure.

...

Une heure plus tard, au grand soulagement de Flûtiau, l'homme-taureau s'était remis du choc et discutait de tout et de rien avec lui. Severus s'était isolé dans la cuisine.

"Alors, tu veux aller à l'île des Merveilles ?! No problemo, p'tit ! Demain on t'emmène jusqu'au bateau de notre pote Nemo, il t'y conduira.

- Je ne veux pas vous déranger. Indiquez-moi seulement la direction et je me débrouillerai.

- Tut tut, pas question ! Et puis tu ne nous déranges pas, les amis c'est fait pour ça."

Les amis, c'est fait pour ça...

Cette petite phrase rendait notre petit dragon tout mélancolique.

.

"Dis, Alistair...

- Oui ?

- C'est quoi, un ami ?"

Le Minotaure sursauta.

"Alors là, j'en reste comme un Strangulot hors de l'eau ! Tu ne sais pas ce que c'est, un ami ? Tu n'en as jamais eu ?

- Ben non, c'est difficile de se lier avec des Dragons géants quand on est tout petit et qu'en plus... ils vous méprisent pour ce que vous êtes.

- ... ?

- Différent d'eux. Un mélange de deux races."

.

Alistair soupira, puis il prit le petit hybride dans ses bras.

"Tu sais, tu n'es pas le seul dans ce cas. Considère les deux étages de ma personne : tu remarques bien une petite différence ?

- Oui mais... tu es moitié taureau, moitié humain. C'est plus facile pour toi d'être accepté.

- Si seulement... Non, Flûtiau, la plupart des hommes ont peur la première fois qu'ils me voient et si certains font l'effort de me connaître, aucun ne veut être mon ami et je n'ai jamais eu envie d'être le leur.

Et puis un jour, je me suis retrouvé mêlé à une bagarre de taverne, Merlin seul sait où, et le tenancier m'a jeté dehors. Et une sombre silhouette a croisé ma route.

Quand il m'a regardé, je m'attendais à tout : du dégoût, de l'aversion, de la répugnance même.

Rien de tel dans ses yeux et surtout...

Aucune peur.

- C'était Severus ?

- Oui, c'était lui. Depuis, à notre rythme, nous cultivons notre amitié. Il passe outre mon exubérance et mes idées foireuses, je fais de même pour ses sarcasmes et son caractère ronchon. Nous nous connaissons par coeur, désormais.

- Dans ce cas, tu sais ce qui t'arrivera si tu tardes à rejoindre la cuisine, lança une voix froide derrière eux, les Spaguettis Bolognaise n'attendent pas."

.

Alistair et Flûtiau se retournèrent. Sur le seuil du salon se tenait le sombre Professeur, le visage caché dans l'ombre. D'aucuns auraient pu croire en l'entendant qu'il était fâché contre le Minotaure mais, Flûtiau le sentait, ce n'était pas le cas.

Alistair se leva.

"J'arrive, Sev de mon coeur ! répondit-il avec un grand sourire, je ne voudrais pas priver notre invité de son plat favori."

Et, en trois grandes enjambées et Flûtiau sous le bras, il rejoignit son ami dans la cuisine où flottait un parfum prometteur de délices.