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Chapitre 2 : Un Nouvel Endroit
La lumière du jour pénétrait lentement entre les branches entassées devant son repère, permettant à l'estropiée d'ouvrir délicatement ses paupières engourdies. Inspirant une bouffée d'air elle s'étira de tout son long la nuit était enfin terminée. Elle n'avait pas bien dormi, elle sentit ses muscles raidies par la position qu'elle avait prise pour dormir mais aussi par la douleur tenace qu'Ellen subissait depuis la veille. La jeune femme se sentait faiblarde, mais déjà plus en forme que la veille.
Après avoir longuement papillonné des yeux, sa vision devint plus claire. Elle se redressa doucement. Malgré ses efforts pour ne pas trop remuer sa jambe amochée, la douleur était insoutenable. Sa jambe était remplie de spasmes et elle ne pouvait pas compter sur cette dernière pour la soutenir.
Ellen commença à déblayer l'entrée de son abri difficilement pour pouvoir en sortir. Les rayons du soleil pénétrèrent son âme et son corps abîmé. Cette sensation de chaleur lui permettait de ressourcer ses chakras. Ellen sentit instantanément les bienfaits des vertus solaires.
Ni une ni deux, après avoir rouvert les yeux en s'extirpant de ce délicieux moment, elle prit la décision d'aller chasser un peu de gibier pour le petit déjeuner. Heureusement, dans son sac, il lui restait suffisamment de matériel pour préparer un piège avec de la corde et des pierres.
Agrippant son canif, elle marqua du bout de la lame l'arbre d'une croix pour pouvoir se repérer dans la nature environnante qui était suffisamment vaste pour s'y perdre.
Et elle partit, son attirail sur le dos et la faim au ventre.
La survivante eu un mal fou à avancer. Sa jambe devait restée un maximum inerte pour que la douleur soit légèrement moins présente. Heureusement la jeune femme avait trouvé un grand bout de bois pour s'y maintenir dessus. La sensation de sentir qu'elle était à moitié estropiée provoqua une haine si intense de se sentir inutile, qu'elle grinça des dents. Ellen ne supportait pas se dire qu'elle n'était pas en bonne posture, qu'elle était autant vulnérable qu'un vulgaire insecte.
Après quelques arbres inspectés la jeune femme trouva à leur pieds quelques glands, quelques marrons et les parsema de façon assez flagrante pour que les animaux est la possibilité de les repérer d'assez loin.
Elle disposa plusieurs pièges par ici par-là dans la forêt pour au moins espérer avoir quelques chose de consistant à manger pour un repas.
Le soleil tapait fort en cette matinée, elle se sentait déjà très faible. Posant sa main sur son front, la chasseuse se rendit compte qu'elle avait la peau sacrément brulante. Et merde, la fièvre commençait à faire son apparition.
Elle prit le temps de s'assoir contre le tronc d'un arbre, cette jambe, sa jambe, la fit hurler de douleur. C'était idiot de sa part, elle aurait dû rester debout.
Ellen ouvrit son sac et empoigna sa bouteille d'eau tellement fort que sous la pression de ses doigts la bouteille se déforma. La jeune femme était décidément de mauvaise humeur.
Elle arracha un bout de son t-shirt et l'humidifia puis elle le colla sur son front.
La fraicheur lui fit défroncer légèrement les sourcils, cela lui faisait du bien.
Quelque temps après cette assise auprès de cet arbre, elle alla cueillir quelques baies de saison.
Après avoir englouti ces quelques fruits, Ellen creusa la terre pour y trouver quelques lombrics, vers ou tous autres insectes comestibles pour se mettre en appétit.
Ayant fini sa cueillette assez généreuse, Ellen retourna près des quelques pièges qu'elle avait dispersé, toujours avec cette douleur tenace qui lui tiraillait la peau.
Elle eut le droit à un lièvre grassouillet ainsi qu'un écureuil. Ce dernier était plutôt maigrichon, mais elle était quand même satisfaite de sa chasse, surtout qu'aucun rôdeur n'eut la brillante idée d'avaler son festin avant même qu'elle n'y eu goutté.
La jeune femme reprit son cordage et rentra, le sourire aux lèvres, heureuse de pouvoir se nourrir un peu mieux que la veille.
Finalement, la jeune femme ne mit pas beaucoup de temps à retrouver son campement de fortune, ce qui la surprit un tant soit peu car en général, elle n'avait pas un grand sens de l'orientation.
Ellen déposa son sac dans le creux de l'arbre et attrapa son couteau rangé au préalable dans son étui. Elle dépeça les animaux de leur pelage et leurs organes, puis s'empressa de refaire brûler le bois qui c'était éteint depuis un petit bout de temps maintenant, pour pouvoir faire cuire leur chair si appétissante.
La douce odeur de la viande rôtie ne fit qu'accentuer son envie de les dévorer tout cru.
Cette pensée la fit pouffer de rire, un rire nerveux. Évidemment, cette dernière pensait aux rôdeurs. Leur faim avide de chair fraîche qui les rendait, quand ils trouvaient de quoi se nourrir, constamment rassasiés mais aussi constamment affamés.
Elle avala presque sans mâcher la chair tendre et grasse de ses petits rongeurs.
Sa faim enfin assouvie elle sentait son corps absorbé les nutriments qu'elle ingurgitait, il l'avait bien mérité.
Après avoir bien savouré son festin, Ellen songea à sa cuisse amochée qui la tiraillait atrocement.
La jeune femme devait absolument retirer la balle qui était enfouie dans sa chair. Elle n'avait pas vraiment le choix d'ailleurs, cette dernière devait le faire ici et maintenant si elle ne voulait pas choper une infection ou même pire, la gangrène.
Ellen le savait, elle devait être organisée.
Cette dernière spécula un moment avant de trouver des solutions à ses contraintes.
La jeune femme avait entrevu une autoroute non loin de la forêt et comme c'était là l'une des seules issues qu'elle disposait, cette dernière prit l'amère décision d'aller se confronter à la ville et à ses dangers. Ellen opta donc avec regrets de prendre cette direction et de tenter sa chance pour trouver un autre refuge avant que la nuit pointe le bout de son nez.
Il fallait aussi qu'elle soit le plus discrète possible, car une manifestation de bruit trop importante pouvait causer sa détection et lui amener de sérieux ennuis. Car ce qu'Ellen voulait éviter à tout prix, c'était de revoir les têtes sadiques et lucifériennes des trois jeunes hommes de la veille. Ils avaient causé la perte d'une partie de sa famille, la chose la plus précieuse qu'elle détenait. Maintenant elle était seule, luttant contre la faim, le froid et les rôdeurs.
Enlevant délicatement le sparadrap qui recouvrait sa plaie, elle songea un moment à la douleur qu'elle allait ressentir lors de l'extraction de la balle et à la cautérisation de sa blessure. Cette pensée lui fit légèrement monter les larmes aux yeux, elle savait qu'elle allait souffrir le martyre. Mais Ellen était forte, elle secoua violemment la tête pour enlever toutes traces d'anxiété sur son visage. La jeune femme n'avait pas le choix, c'était soit souffrir pendant vingt minutes et garder sa jambe, soit perdre sa jambe et se faire bouffer vivante par les rôdeurs. Son choix était vite vu.
Elle scruta sa crevasse avec insistance elle cherchait la balle enfouie. Au bout de quelques minutes, grâce à la lumière de sa lampe frontale qu'elle tenait d'une main, elle arriva à distinguer le projectile. Heureusement pour elle, il ne s'était pas trop enfoncé dans sa peau.
Empoignant son couteau de chasse la survivante le désinfecta avec minutie.
Un bout de bois entre ses dents, elle s'apprêtait à y laisser de grosses traces de dents bien profondes.
Elle fit pénétrer lentement le bout pointu et coupant de son surin dans sa peau meurtrie. Ellen commença à serrer les dents de plus en plus fort. Elle souffrait.
La lame aiguisée de son canif lui taillait les tissus musculaires un par un. Elle ne voyait plus la balle, le sang s'était engouffré dans la cavité créé par le projectile.
Des larmes coulaient à grosse gouttes sur son visage, la jeune femme suffoquait, sa vision se troublait peu à peu. Elle sentit du bout de son couteau qu'elle touchait une partie dure. Elle y était.
Après ce qui lui semblait une éternité, elle trouva le projectile. Malheureusement sa main tremblait tellement fort qu'elle s'entailla encore plus la chair.
La survivante tapa sa tête violemment contre l'intérieur du tronc de l'arbre elle était au bout de sa vie, elle crevait de douleur.
Après quelques tentatives, elle réussit à extirper de sa chair la balle qui y était engouffrée.
La balle était enfin hors de son corps, sa lame était pleine de sang. De son sang.
Elle sanglota à chaudes larmes, la douleur était tellement intense et c'était bien le seul moyen d'évacuer ce mal. Sauf que la partie n'était pas finie.
Au bout de quelques temps, Ellen avait repris ses esprits. Cette dernière devait cautériser sa plaie le plus rapidement possible. Elle essuya proprement sa lame et la laissa au-dessus du petit feu qui brûlait encore. Après un petit moment, elle approcha la lame de sa peau fraîchement ensanglantée. Elle y apposa sa lame, brûlant la crevasse qu'avait laissée la balle maintenant extirpée. Sa jambe tremblait, sursautait la jeune femme avait de plus en plus de mal à ce concentré.
Elle ne pût retenir ce cri. Un cri, long et strident.
« Soit forte Ellen, ne te laisse pas submerger par la douleur. Soit forte Ellen, soit forte ! Fait comme on t'a toujours apprit, ne pleure pas, ne pleure pas ! »
Elle sentait sa peau bouillir sous la chaleur, la jeune femme rongeait le bois qu'elle avait sous ses dents, « Aller encore un peu ma fille, tu peux le faire, tiens bon c'est bientôt fini.»
Ça peau commençait à laisser transparaître une fine croûte. Ellen balança le couteau à côté d'elle, reprit sa respiration, et expira longuement.
C'était fini, elle l'avait fait. Des gouttes de sueurs perlaient sur son front et glissèrent le long de son nez pour s'écraser gouttes par gouttes sur le sol terreux.
Il devait être approximativement dix-sept heures quand elle se réveilla de son sommeil non désiré. Elle était tombée dans les vapes, et merde.
La lumière du soleil c'était légèrement tamisée, mais il faisait encore assez chaud et clair.
Ayant rassemblé toutes ses affaires, elle enfila son sac à dos et partit à la recherche d'un endroit plus sûr et si elle avait de la chance, mieux protégé.
Elle avançait d'un pas trainant devant s'efforçait de ne pas s'appuyer sur sa jambe défectueuse. La jeune femme n'avait pas le temps de s'extasier sur une petite maison abandonnée ou à des magasins, la ville était trop dangereuse pour y rester trop longtemps.
Elle pénétra dans une ruelle légèrement éloignée du centre-ville, canif à la main.
La jeune femme inspecta la zone brièvement. Une supérette, était à quelques pas de sa position, déjà un point positif. Quelques immeubles étaient à proximité mais malheureusement pour elle, ils étaient inhabitables. Soit ils étaient délabrés soit recouverts de grosses branches de lierre qui bloquaient l'entrée du bâtiment et il aurait fallu quelques heures avant de tout déblayer, mais il ne lui restait pas assez de temps et surtout, Ellen ne savait pas ce qu'il pouvait l'attendre à l'intérieur de ces murs. La mort ? Une belle surprise ? La fraîcheur du soir commençait à se faire doucement ressentir, elle devait trouver un abri au plus vite.
En arpentant rapidement la zone, Ellen fut attirée par une maison.
Un portail écru se postait devant un jardin mal entretenu et entourer de fils de barbelai et de planches en bois coupées à la vas vite. Les fenêtres elles aussi étaient solidement barricadées ainsi que la porte d'entrée, qui était déjà avant tout ça une porte très résistante.
La jeune femme s'avança doucement, elle se doutait que des personnes domiciliaient ici. Et quand bien même elle aurait été vide depuis un bout de temps, elle devait se mettre en garde, ne pas se laisser prendre au piège bêtement.
Fusil à la main, il lui restait trois cartouches. Etre en détention d'une arme était déjà un exploit, même si il n'y avait pas de munitions, cela pouvait toujours effrayer les personnes avec de mauvaises intentions.
Ellen s'accroupit discrètement, elle voulait cet endroit, c'était sa seule priorité pour l'instant.
Elle ouvrit d'une main tremblante le portail. Les hautes herbes lui permettaient d'être plus fondu dans la masse et de lui éviter donc une intrusion ratée.
La jeune femme fit le tour pour se retrouver face à un obstacle qu'elle n'avait certainement pas envie de se confronter, une clôture. Elle devait servir de séparation entre le jardin de devant et celui de derrière. Elle s'appuya sur la palissade pour essayer d'analyser le jardinet qui s'y trouvait derrière. Elle poussa sur sa jambe valide pour se surélevé et elle y trouva un toboggan en plastique vert, ainsi qu'une cabane et un tas de bois empilé dans un coin. Surement des réserves pour l'hiver, mais ils étaient prévoyant. Un porte baie-vitrée ornait la façade décrépie de la maison.
La jeune femme essaya de casser la serrure avec la crosse de son arme, en vain. La seule option était celle qu'Ellen redoutait. Autant que pour la douleur qu'elle lui procurerait, autant par le fait qu'elle devra se retenir de hurler la mort et d'être le plus discrète possible, à ce stade-là elle ne pouvait pas faire pire.
-Vas chier jambe de merde, souffla t'elle agacée.
Le fait d'être diminué l'angoissait. La faiblesse ? Elle ne voulait pas entendre parler de ce mot, elle avait bien trop de fierté pour ce laissé écraser par une jambe pourrie et inusable.
Elle regarda avec insistance la palissade en bois, elle était assez basse, mais assez haute pour devoir fournir un effort avec sa jambe estropiée.
Prenant appui sur ses bras, elle exerça une poussée pour faire passer sa jambe saine au-dessus du portail, l'escaladeuse était maintenant à califourchon sur cette lignée de bois étroite et très inconfortable.
Essayant de faire passer sa jambe destroy de l'autre côté de la palissade en s'aidant de ses mains, elle bascula face contre terre. Sa jambe en mauvais état buta violemment le sol. Elle se gifla pour éviter de hurler, la douleur lui terrassait les tripes, elle n'arrivait plus à réfléchir, à se concentrer. Elle donna un coup de poing tellement haineux dans la clôture qu'elle en avait ouvert la serrure. Putain, ça c'était vraiment le comble du comble.
Elle maintenait sa cuisse aussi fort qu'elle le pouvait, des spasmes envahissait son corps meurtri et endolori. La plaie. La plaie recommençait à saigner, elle enleva sa chemise à carreaux rouge et noir pour la serrer autant que possible autour de sa jambe. Son garrot de fortune, son courage et sa détermination au ventre, elle se releva s'aidant de son bâton, avec une douleur atroce, presque insoutenable.
Mais comment cette femme pouvait-elle résister autant à la douleur ? Même elle restait sous le choc, est est-ce peut-être cet espoir qui rugissait au fond d'elle, de pouvoir revoir son père ? Elle ne savait pas et elle n'avait pas envie de s'attarder sur ses sentiments, elle ne voulait pas être déçue.
Poussant le loquet d'un doigt l'unijambiste fit doucement reculer vitre. Sa jambe lui faisait un mal de chien, mais qu'elle idée d'avoir escaladé cette foutue clôture, tout lui voulait sa mort en ce moment. Elle se stoppa en grimaçant et en plissant les yeux.
La jeune femme attendait un signal, un bruit, un signe de vie.
Ayant patiemment attendu quelques minutes, Ellen entra d'un pas incertain mais léger.
Un belle cuisine-bar s'offrait à elle. Les couleurs étaient sobres, élégantes, cette famille avait eu auparavant du goût. Un grand sofa écru entourait une table basse en verre. Cet endroit était propre, bien rangé, elle avait l'impression d'être dans les cuisines des magasins Ikea. La maison était de plein pied et ne possédait aucuns étages. Ellen avançait difficilement dans un couloir, qui devait probablement contenir les chambres ainsi qu'une salle de bain.
Toutes les portes étaient fermées, mais une attira son regard. Sur l'une d'entre elles, il y avait de grosses lettres colorées avec des formes d'animaux. Un nom était inscrit « Weasley ». La gorge de la jeune femme se serra violemment. Un enfant vivait ici, était-il mort ? Etait-il vivant ? Ellen était dans le trouble le plus total.
Posant sa main sur la poignée en la descendant délicatement, elle entendit un légers « cric cric » dans son dos. Elle comprit instantanément de quel bruit il s'agissait, elle l'avait entendu des centaines de fois. Elle leva les bras vers le ciel lentement.
- Tu as deux options, dit très sèchement la voix d'un homme, soit tu fais ce que je te dis et on négocie, soit tu ne coopères pas et je serai obligé de te tuer. Je n'ai envie de tuer personne aujourd'hui, alors tâche de te tenir à carreau, mam'zelle.
Et merde.
