Un grand merci à ma béta-lectice : Salamendera.


Chapitre 3 : Étrange Personne


Ellen pivota doucement face à son interlocuteur, il avait un regard qui se voulait sévère et dur mais qui renfermait une douceur naturelle enfouie au fond de ses prunelles. Malgré cela il fallait se méfier tout de même, les apparences sont souvent très trompeuses.

La jeune femme analysa brièvement l'homme qui se postait juste en face d'elle.
Il fallait l'avouer, il avait une carrure assez massive, il était grand et robuste, ce qui pouvait être intimidant pour quelqu'un qui n'avait pas l'habitude de se faire menacer par une personne de cette envergure. Cette dernière n'était nullement impressionnée par son charisme, des hommes elle en côtoyait toute la sainte journée avant que le monde parte en couille.
Ses yeux noisette la regardaient, glacialement, sans une once de peur ou de crainte.

La jeune femme fit de même, elle ne voulait pas qu'il s'imagine qu'elle était faible et chétive. Enfin, elle s'avoua que s'il voulait la tuer, il aurait pu le faire sur le champ, surtout qu'en plus de ça, sa jambe était aussi utile qu'une chambre froide en Antarctique.

- Ton nom. Dit l'homme d'un ton sec.

- T'aimerais bien le savoir hein. Renchérit la jeune femme avec un ton de défi.

L'homme pointa son fusil cette fois si entre les deux yeux de la concernée, qui ne sourcilla pas pour autant.

- Ton nom j'ai dit, bordel. Dit-il gravement.

- Détends-toi, mec. Si j'avais vraiment l'intention de te tuer ou de te faire la misère ça ferait un bail que je l'aurais fait. Elle renchérit d'un ton plus calme, voyant que l'ironie ne le faisait pas rire. Donnes ton nom et j'donne le mien. Essaya-t-elle, peu convaincu que ça fonctionne.

Il la dévisagea un moment, cherchant probablement une faille dans son regard, n'importe quoi qui pourrait la déstabiliser. Mais elle était habituée, elle resta de marbre, aussi inexpressive qu'elle le pouvait.

Il spécula un moment, surement pour se demander si elle était un danger ou si elle était inoffensive, le barbu hésita un instant et baissa son arme lentement, pour voir comment la femme en face de lui allait réagir. Au bout de quelques instants, voyant que son interlocutrice ne fit aucun geste, l'homme déposa son arme au sol.

Ellen était sacrément tentée de le butter, cet emmerdeur lui inspirait à moitié confiance, mais cette petite voix dans sa tête lui disait « il peut être utile à ta survie, tu peux t'en servir ».

Réfléchissant un moment sur ce qu'elle pouvait faire, elle décida alors de poser son arme à terre, lentement elle aussi.

Les deux armes à présent au sol, la jeune femme fit à contre cœur le premier pas. Elle tendit doucement sa main vers cet inconnu, qui l'impressionnait légèrement, finalement. Elle se devait de faire ce geste, c'était une intruse et si elle tenait à rester en vie il fallait le mettre en confiance.

Il hésita quelques secondes et lui empoigna la main, avec un regard un peu moins intimidant qu'au début.

- Ellen, commença t'elle dubitative.

- Joshua, répondit-il légèrement moins sur la défensive.

- Enchantée Joshua. Dis-moi, questionna t'elle, tu as toujours le fusil aussi facile ?

- On sait jamais sur qui on va tomber, je suppose que tu vois de quoi je parle, alors ne me pose plus de questions, pigé grognasse ?

Répondit-il agacé.

La jeune femme songea un instant à Joshua, c'était pas un rigolo et de toute évidence, il n'aimait pas rire ou du moins pas avec elle, ce qui au fond était compréhensible il ne la connaissait pas.

Josh scruta la cuisse d'Ellen, avec insistance. Il vit une énorme tâche de sang coagulé sur le pantalon ainsi qu'un trou assez large. Il fit un léger signe interrogateur du menton.

L'estropiée suivit du regard l'endroit qu'examinait l'homme, il s'agissait bel et bien de sa jambe amochée.

- Morsure ? Interrogea Joshua d'un air très sérieux. Elle sentait dans le ton avec lequel il avait parlé qu'il ne voulait vraiment pas d'ennuis avec une gonzesse qui allait de toute façon crever.

- Nah, balle.

Il la dévisagea violement. La mitraillée reprit son explication en voyant l'homme la regarder d'une telle manière.

- T'inquiètes pas, crois pas que j'suis une meuf à problèmes. Cette balle j'l'ai reçue parce que des connards voulaient ma peau parce que j'me suis pas pliée à leurs règles de « vivre en communauté » de mes couilles.

Sa voix était sincère, elle répondit d'une traite, sans réfléchir à inventer un baratin qui ne tiendrait pas la route. Quelques fois, la vérité, ça pouvait sauver ton cul.

- Mouais, comment je peux te croire ? Questionna-t-il sur la défensive.

Elle haussa les épaules, à vrai dire elle ne pouvait pas vraiment plaider son innocence, pas de preuves ni d'avocat...

- De toute façon t'es bien obligé de me croire, à moins que t'ais un détecteur de mensonges ou un truc du genre.

- Je comptais pas t'aider t'manière, chacun sa merde.

- Drôle et attentionné, t'as tout pour plaire, répondit-elle d'un ton moqueur.

Il lui empoigna le bras violement et approcha son visage très près du siens, un regard noir envahissait son faciès. Cette dernière put brièvement remarquer sur le visage de son adversaire qu'il avait une longue cicatrice boursouflée qui partait de sa tempe et qui finissait juste sous le nez. Au vu de cette cicatrice, la jeune femme comprit directement, à l'épaisseur et la longueur, que ce devait être soit une machette, soit un katana qui l'avait blessé. Ce qui renforçait son côté survivant mais aussi aventurier.

- Ecoutes moi bien Ellen d'mes deux, si jamais tu fous le bordel ici, je n'hésiterai pas à te casser les os jusqu'au dernier et te donner à bouffer aux…

La porte de la chambre d'enfant se déverrouilla laissant apparaître une petite tête rousse.

- Papa…Une petite voix fluette prit timidement la parole.

Le petit garçon sortit son corps délicatement à travers la porte, laissant apparaître un petit être frêle et maigrichon, tenant un lapin en peluche (à qui il manquait une oreille) de sa main droite.

Joshua agrippa son enfant sous ses aisselles pour le faire grimper jusqu'à sa hauteur.

La jeune femme laissa chaleureusement se poser un sourire sur son visage tiré et fatigué.

- Papa, c'est qui la madame ? Pourquoi tu fais que crier sur elle ?

Le père changea brutalement de comportement. Il passa d'un homme froid et grincheux à un homme remplit d'amour et de tendresse. Elle scruta les deux habitants des lieux.

La jeune femme comprit instantanément pourquoi l'homme en face d'elle était si dur. Son fils. Son fils était apparemment le seul être de sa famille qui lui restait et il voulait absolument qu'il ne lui arrive aucun mal. C'était son seul but à présent garder son fils en vie et lui apprendre plus tard à se défendre, à devenir un homme. Plus précisément, un survivant.

- Ah bah oui, je comprends mieux maintenant, sourit-elle.

- Weasley, tu as oublié ce qu'on avait dit ? Dit-il à son enfant à moitié énervé.

L'enfant fit une mine boudeuse.

- Y faut pas sortir de ma chambre à part quand c'est papa qui dit oui…

- Exactement mon fils, alors tu vas aller sagement te recoucher pendant que papa discute avec la dame.

- Appelle-moi Ellen, ajoutait-elle avec un petit clin d'œil.

Posant son enfant à terre, Weasley cacha précipitamment sa petite bouille contre le pantalon de son père. Ce dernier lui ébouriffa sa crinière et lui prit gentiment la main pour le raccompagner jusqu'à son petit lit.

Joshua glissa son enfant dans la couette et lui fit un bisou sur le front avant de sortir de la pièce et de fermer la porte.

Ce dernier se sentait très mal à l'aise. Une inconnue, avait découvert ce qu'il essayait de cacher depuis le début de leur rencontre. Son fils. Il se sentit tout d'un coup d'une vulnérabilité qu'il en devenait presque malade. Comment cette étrangère devait le percevoir à présent ? Il ne pouvait plus rien faire, elle était au courant. L'angoisse lui monta à la gorge, formant une boule tellement oppressante qu'il avait du mal à déglutir.

La jeune femme sentit sa détresse et elle ne comprenait que trop bien le ressentit de Joshua, il se sentait mis à nu, comme fragile, dénué d'autorité. Comme si plus jamais personne n'allait le craindre, ou qu'il ne pourrait plus mettre la pression à son ennemi.

Mais elle ne voulait pas être son ennemi. Ellen avait déjà vécu ça auparavant dans son ancien camp de réfugiés. Ces fils de putes l'avaient humiliés, blessée dans son orgueil, souillée et lui avaient ôté la chose la plus précieuse qu'elle détenait sa famille. Seul son père s'en était sorti, mais elle ne savait pas où il était, si il était mort ou vivant, peut-être même les deux à la fois.

Elle se doutait que la vie de cet homme, qui n'était encore qu'un inconnu, était difficile. Devoir s'occuper d'un enfant dans des conditions de merde comme celles où ils étaient forcés de vivre était un challenge quotidien. La bouffe, l'eau, les jeux, la protection…Il était plus facile de s'occuper de soi-même que des autres, c'était un fait.

La jeune femme lui tapota le bras fraternellement en signe d'empathie et de compréhension.

Il eut le réflexe de se reculer et de secouer violement son bras pour enlever la main tendue d'Ellen. Il ne voulait pas qu'elle s'imagine qu'il était faible ou en mauvaise posture. Il ne supportait pas que les gens éprouvent de la pitié pour lui, il ne voulait pas non plus se sentir en infériorité. Pour lui l'homme était au-dessus de la femme et il se devait de garder son image de survivant dur et antipathique.

Pourtant, il avait apprécié ce geste qui était anodin dans la forme mais qui dans le fond était emplit de sens. Josh comprit de suite et la gêne dans sa gorge fut moins présente, il avait ressenti qu'elle avait deviné, ce qui le tracassait. Même si le balafré ne voulait pas qu'elle puisse découvrir ce qui le turlupinait, il avait senti que ce geste n'était pas un geste hypocrite, plutôt un geste franc, très masculin et distant, mais franc.

- Ça sert à rien d'me faire faire un tour du propriétaire, j'suppose. Pouffa-t-elle.

- Ma main dans ta gueule, plutôt. Répondit-il avec une pointe d'énervement.

- Tu sais, je dois déjà avoir une sale gueule, alors si t'en rajoute, je vais plus ressembler à rien, plaisanta-t-elle. La jeune femme essaya tant bien que mal de se contenir, mais son ironie naturelle revenait toujours au galop. C'était en réalité, la seule chose qui arrivait à la maintenir sociable.

- C'est vrai que t'es pas belle à voir, t'as du sang plein la gueule et le froc est pire c'est que tu schlingue à trois kilomètres, c'est insoutenable. Le barbu ne mâcha pas ses mots.

- J'm'en fous, je sens pas mon odeur, alors tant que ça m'dérange pas moi, rétorqua-t-elle avec entrain. Bon, c'est pas tout ça, mais je peux m'allonger un peu ? Faut que j'me désinfecte avant d'avoir la jambe pourrie. Elle ne voulait pas préciser qu'elle avait mal, la jeune femme ne voulait pas montrer à son interlocuteur qu'elle souffrait énormément.

- Ouais ouais, mais si tu fous une seule tâche ou quoi, tu nettoies illico presto, j'veux pas d'ta merde.

- T'inquiète pas, Josh.

Il serrât le point et répondit entre ses dents

- Ne m'appelle pas Josh.

Cette fille l'agaçait vraiment. Elle était odieuse et impolie. Non mais elle se pensait où la ? Chez Mamie Thérèse ? Mais l'homme se questionna, pourquoi il ne la foutait pas dehors. Pourquoi il ne l'avait pas tué, pourquoi il lui avait dit qu'elle pouvait s'assoir sur SON canapé.

Peut-être par peur qu'elle ne touche à son enfant, ce petit bonhomme qui lui permettait de croire encore, à un semblant de vie d'avant. Son fils n'était pas seulement, son enfant, non. Il était toute sa vie, l'être le plus important à ses yeux, c'était son bijou, son sang, sa chair. Peut-être aussi parce que en l'acceptant elle ne chercherait pas à lui faire du mal en buttant son gosse.

Mais malgré sa crainte, quelque chose chez cette chieuse lui donnait l'impression qu'elle n'était pas une mauvaise personne.
Elle ne l'avait pas tué, n'avait pas essayé d'être violente, elle n'avait juste pas baissé le regard, elle avait été droite et imperturbable. Elle avait même fait un pas vers lui et au fond, il lui en était reconnaissant.

Il n'avait jamais encore rencontré un survivant étant aussi, direct. Mais dans le bon sens pour changer, il avait senti que cette dernière n'avait pas fait ce geste par peur, mais pour essayer de lui faire comprendre qu'au fond, elle ne voulait pas faire couler le sang.
Il n'avait d'ailleurs aucune envie d'encore tuer, il en avait assez de cette tension à chaque sortie, assez d'avoir peur de son prochain, de devoir se méfier de chaque homme vivant, réellement vivant.

Ellen avança difficilement jusqu'au canapé, sa jambe lui brulait atrocement. La jeune femme avait besoin de se poser, d'allonger sa jambe et de ne plus bouger. L'unijambiste prit le temps de s'assoir délicatement, en serrant les dents aussi fort qu'elle le pouvait, comme pour faire diminuer la douleur, ce qui ne changea rien, évidemment. Elle déposa son arme sur la table basse ainsi que son sac à dos et en sortit le désinfectant et un bout de tissus déchiré. Elle imbiba un mouchoir de la solution antiseptique, déboutonna son pantalon et le descendit délicatement.

Joshua, la regarda faire, sans dire un mot. A la vue de sa peau meurtrie, il eut un regard de stupéfaction. Une crevasse difforme c'était formée dans sa cuisse. La peau autour de la plaie était ecchymosée d'un noir bleuté. Une fine croûte de sang s'était formée sur le trou. Une pensée lui traversa l'esprit brutalement elle avait dû sacrément douillé cette conasse.

Il ne savait pas trop comment réagir, il n'avait pas envie de l'aider. La blessure devait faire atrocement mal c'est vrai mais après tout, il s'en foutait. Lui aussi il avait douillé, comme tous les survivants à vraie dire. Mais, il ne savait pas pourquoi, il avait ressenti une légère peine. Peut-être parce qu'au fond il se mettait à sa place. Une phrase qu'il n'aurait jamais cru sortir un jour de sa bouche fit sortir les deux survivants d'un silence morbide.

- Mh.. T'veux d'laide ? Il prononça ces mots très doucement, à tel point que cela fut presque inaudible.

Ellen le dévisagea, la jeune femme ne s'attendait surement pas à que cet enfoiré réagisse de cette façon. Au fond, elle était un peu vexé. Elle ne savait pas si c'était une proposition sincère ou si c'était parce qu'elle faisait peine à voir. Elle ne voulait de l'aide de personne, elle savait se débrouiller toute seule. Pour elle, se laisser aider, c'était un énorme signe de faiblesse et de vulnérabilité. Paradoxalement, l'aide de son prochain lui paraissait indispensable.

- Nah, ça ira. J'sais m'débrouiller tout' seule. Par cont', t'aurais pas des anti-inflammatoires ou un bordel du genre ? Renchérit-elle.

- P'tet bien. T'as qu'à chercher, j'vais pas non plus tout faire pour toi, merdeuse. Essayant de se rattraper de sa gentillesse précédente.

- Même pas un p'tit indice ? La blessée affichait un légers sourire, pour cacher son appréhension de devoir déplacer sa jambe écorchée à vif, elle s'attendait à devoir redoubler d'efforts pour essayer de camoufler devant Josh, le mal et la douleur qu'elle éprouvait.

- Tu peux aller te coucher s'tu veux. Dit-elle pour essayer de le faire déguerpir avant qu'elle ne galère à se lever du divan.

- T'es dingue ? Et si tu m'tue pendant que j'dors ? J'ai jamais entendu une connerie pareille. En plus, qui va faire la garde pendant la nuit ? Non mais la t'as vraiment rêvé.

- Bah vas pisser un coup alors j'sais pas moi fait un truc. Cette phrase fusa sans même qu'elle eut le temps de réfléchir. Et elle se rendit compte que l'armée l'avait vachement masculinisé. Cette dernière aimait aussi titiller le balafré. Elle savait qu'il n'aimait pas qu'on le taquine et elle prenait un malin plaisir à le foutre en rogne. Ce qui marcha avec brio.

Joshua eu soudain le visage qui virait au rouge, il l'empoigna par la gorge en la regardant très intensément et méchamment.

- Je t'ai dit que je ne bougerais pas, là où tu iras dans cette putain de baraque je te suivrais, fusil à la main si il le faut, mais jamais tu te déplaceras sans moi. Elle commençait à suffoquer et il lâcha sa prise. Il était fier de lui avoir enfin cloué le bec.

La jeune femme reprit lentement sa respiration et le dévisagea. Elle sentait encore la brûlure de la pression de ses doigts autour de son cou. Le voyant s'assoir sur l'accoudoir du canapé juste à côté d'elle, Ellen eu une envie folle de le tuer. Ses dents se serrèrent les unes contre les autres et son poing se crispa laissant des traces d'ongles dans la paume de sa main.

Une guerre de regards débuta entre les deux jeunes gens, ce qui eut pour effet de plomber littéralement l'ambiance. Ils se scrutèrent de longues minutes, à chercher celui qui cèderait le premier. Ils essayaient tous deux de marcher sur les pieds de l'autre, mais ils se tenaient tête, aucun des deux personnages ne baissèrent les yeux.

Malheureusement, l'estropiée perdit le duel. Sa jambe la rappela à la réalité et la détresse dans laquelle elle se trouvait. Elle avait l'impression que sa crevasse était en train de se perforer de plus en plus, ce qui eut pour effet de la faire grimacer.
Prenant son courage à deux mains, elle poussa le plus fort possible sur ses bras pour se propulser en position verticale.

Ses tympans bourdonnaient très fort dans ses oreilles et un mal de tête extrême lui prit le crâne instantanément. Des petits points brillants dansaient devant ses yeux puis le noir fut total.


Elle se sentait d'un coup, tout à fait bien. Sereine à vrai dire. Sa famille était autour d'elle, sa mère, son frère et son père. Ils étaient tous trois autour d'une table, avec un grand festin comme sa mère avait l'habitude d'en faire. Cette femme était un vrai cordon-bleu. Ils riaient, discutaient. Ellen se sentit vraiment rassurée. La main de sa mère venait se poser sur son front, mais au touché de cette dernière elle remarqua une différence. La main était loin d'être douce, elle était plutôt rappeuse. Mais, elle s'en fichait au final, elle avait retrouvé sa famille, la convivialité des repas et la sécurité et la protection de son toit.

Elle eut tout d'un coup une question qui lui brûla les lèvres et elle s'empressa de la poser, comme si elle n'aurait plus jamais l'occasion de parler, ou bien même de les revoir.

- Maman, papa, Rayan...Commença-t-elle, pourquoi vous êtes partis… ? Je me sens seule sans vous…

Aucun des trois concernés ne répondirent, elle se sentait étrangement mal, elle avait envie de hurler, de demander une réponse, mais ça gorge le lui en empêchait.

La main de sa mère, toujours aussi sèche et rappeuse, lui prit le poignet et le serra fort.

La jeune femme en voyant sa génitrice défigurée et désossée essayant d'agripper cette fois-ci sa gorge se débâtit comme elle le pouvait mais sa mère eut le dessus, la jeune mordue sentait sa peau se déchirer violement de sa gorge. Le sang coulait à flot, Ellen n'arrivait plus à respirer, elle suffoquait, baignant dans son sang et son incompréhension. Son frère et son père la regardaient en rigolant, inerte et elle tomba dans un néant de vide sombre sans fond et froid, un vide dénué de vie, de sentiments, de joie.