Merci à ma béta-lectrice : Salamendera à qui je dédie ce chapitre.

Un indice a été caché dans le précédent chapitre, pour déterminer une suite prochaine à mon histoire. Sauras-tu le trouver ?


Chapitre 4 – Rapprochement et Balade Dangereuse.

« Mes titres seront à présent en français »


Joshua fut pris de court quand il vit la jeune femme s'effondrer tel un marteau sur un clou. Pendant sa chute, sa tête butta violement contre la table basse laissant apparaître quelques secondes plus tard une bosse qui ressemblait fortement à un œuf.

Le barbu ne savait pas comment réagir, il paniquait, il ne savait pas quoi faire. L'homme n'avait pas vraiment envie de l'aider. Le pire est qu'il ne s'était pas douté un seul instant que cette emmerdeuse avait été dans un état aussi déplorable. Et le balafré comprit instantanément, comme si un éclair venait de lui foudroyer la vérité : Ellen avait essayé de retenir sa douleur devant l'homme pour ne pas qu'il la croit faible. Et sans le vouloir, son regard changea vis-à-vis de la comateuse. Elle devait être sacrément robuste, car pour faire tomber quelqu'un dans les vapes, surtout dans l'état où elle se trouvait, il fallait vachement encaisser la douleur.
Un frisson lui parcourra l'échine, la douleur… La douleur et la souffrance, il ne se rappelait que trop bien ce que c'était. Avant d'arriver dans ce « paradis », son fils et lui avaient tant souffert pendant des années. Personne n'avait eu le cran de les aider à se sortir des griffes de cette vipère. Personne ne leur avait tendu la main après tout ce qu'il avait fait pour cette femme et ces personnes, jamais il n'eut de gratitude quelconque. Il y avait gouté tellement de temps à cette solitude et à cette désunion, que de se le remémorer, son pied cogna brutalement et machinalement le canapé. Et une masse inconsciente bougea sous l'effet du reculement du divan. Merde, il c'était tellement concentré sur sa pensée qu'il en avait oublié cette connasse.

Il la regarda pendant plusieurs minutes, la sans rien faire pour l'aider. Comme si il voulait se venger de l'abandon qu'il avait subis pendant tant de temps. Mais son bon côté refit surface, malgré lui malheureusement. Il ne savait pas pourquoi, mais cette femme, Ellen, elle avait quelque chose de…Différent. Joshua ne se fiait jamais à son intuition, pour lui, c'était comme vendre son âme au diable. Mais, à ce moment précis, sa vision changea, sans qu'il ne puisse expliquer pourquoi.
Ce qu'il ressentait à présent fut comme un instinct du survivant et tous ses sens furent à l'affut. Et son subconscient lui disait qu'elle n'était pas un danger pour sa famille, comme l'instinct d'une mère loup protégeant sa meute de petits.
Il prit, après une attente interminable de remise en question, l'initiative d'aider enfin cette pauvre femme qui avait refait pendant quelque temps le nouveau tapis de la pièce.
L'homme entreprit de pousser la table basse pour pouvoir laisser de l'espace à son corps et à celui de l'inconsciente pour pouvoir la déplacer plus librement.
Son avant-bras droit sous ses genoux et son gauche sous sa nuque il la balança presque sur le canapé taché de sang coagulé.

- Et merde putain je lui avais dit de pas faire de tâche. Tu vas voir quand tu seras réveillée saloperie…Grogna-t-il entre ses dents. Il avait beau avoir eu un deuxième élan de générosité, ce n'était pas pour autant qu'il n'allait pas lui faire la peau quand elle serait de nouveau dans le monde des vivants. Enfin, des vivants et des morts-vivants.

Il passa en premier sa main sur le front de sa « patiente » et eut un hoquet de surprise quand il constata la fournaise qu'était sa peau. Elle transpirait à chaudes gouttes et balbutia quelques mots incompréhensibles qu'il ne cherchait même pas à en comprendre la signification. Il réfléchissait à quel médicament lui donner pour stopper la fièvre, sans devoir utiliser ses ressources les plus précieuses. Puis il se dit enfin qu'il regarderait les notices et qu'il trouverait bien quelque chose. Un fous-rire nerveux le prit, en se rappelant cette grosse enfoirée. « Toujours faut viser le ventre Josh ouais ? Sinon ça agit pas assez vite hein ! Les intestins, c'est des malins et les bras ça marche pas!» disait-elle sans cesse en s'injectant des doses presque létales de morphine et d'autres merdes qu'il ne préférait pas se rappeler. La haine envers cette femme était si grande que si elle était encore de ce monde il la ferait tellement souffrir qu'elle en demanderait de mourir.
Se redressant, il alla dans les toilettes avec fainéantise et lenteur chercher dans le placard du dessus les médicaments pour cette conne. Il n'avait pas envie de se dépêcher pour elle, déjà qu'il perdait son temps à la soigner. A nouveau un rictus de moquerie cette fois prit place sur son visage « Elle a même pas eu le temps de les chercher seule, ces putains d'antalgiques de mes couilles ».
Passant en revue toutes les boîtes et trouva une boîte d'ibuprofène.

- Han han. Bah alors vas pour ça. Joshua eu un soupir de soulagement en voyant que cela ne lui avait pas pris trop de temps.

Il retourna voir la jeune femme, toujours en train de transpiré comme un bœuf. Il prit sans gêne la bouteille d'eau en fouillant dans le sac de la comateuse.
Cassant en petit bout deux comprimés, il ouvrit la bouteille d'eau et engouffra les médicaments dans la bouche de la jeune femme. Après avoir fait couler le liquide sans que l'autre comateuse ne s'étouffe comme une abrutie, Joshua voulut prendre le pouls d'Ellen avant et quelques minutes après l'ingestion des pilules.
Entourant le poignet de cette dernière avec sa main il pressa son pouce sur l'intérieur.
Essayant de détecter la vitesse cardiaque, elle se débâtit sauvagement comme si sa vie en dépendait. Josh put enfin la maitrisée au bout de quelques secondes.
Il n'avait pas besoin d'appuyer fort pour sentir son cœur battre, il battait tellement vite et tellement fort.
D'une main, il la passa sous son pull pour sentir plus exactement sa respiration. Il lui remonta légèrement son t-shirt sale et d'une couleur marron-rougeâtre qui n'était pas celui du tissus original. Il comprit qu'elle avait de passer du temps dehors et surtout dans un endroit sale.
Son pouce frôlant sa peau, il remarqua qu'Ellen avait la peau étrangement douce pour quelqu'un qui n'avait pas pris de douche depuis longtemps.
La jeune femme avait une peau légèrement bronzée aux sous tons dorée.
Après avoir déterminé la vitesse de sa respiration, il plaça ses deux doigts sur sa carotide pour voir si la température et son battement de cœur se ralentissait.
Elle se mit à suffoquer étrangement, ce qui déstabilisa complètement Joshua.
L'homme au bout de quelques secondes régissait enfin sortant de sa tétanie momentanée. Le balafré la mit en position latérale et lui tapota le dos, elle toussa un grand coup et reprit une respiration normale.

C'est pas trop tôt bordel de merde.

Il replaça ses doigts dans son cou et vit que son pouls ralentissait progressivement.
Sauf qu'un autre problème survenu. Elle grelotait de froid, la fièvre commençait à gagner du terrain.
Allant chercher une couverture légère à Ellen, il lui étendit le drap à la vas-vite. Il n'avait pas envie de gaspiller trop de son temps pour une fille qui était à moitié le pied dans la tombe.
Ceci étant dit, à force de faire des allés retours pour sa salope de femme à l'hôpital il avait appris quelques trucs. Dont une chose : quand quelqu'un avait de la fièvre, il ne fallait pas le couvrir énormément quand il avait froid. Car la température du corps doit se réguler seule.
Soulagé d'avoir enfin réussi à la mettre dans un état plus ou moins normal, il s'affala sur le fauteuil d'à côté, étendit ses jambes sur l'accoudoir et regarda le plafond.
Même si il ne l'appréciait pas tant que ça et qu'il ne la connaissait que très peu, au fond de lui, le balafré se disait que sauver une vie était surtout bénéfique pour lui, pour son orgueil. Il ne cherchait pas quand même à recevoir quelque chose en retour, de toute façon, cela faisait bien longtemps qu'il n'attendait plus rien de personne. Aussi égoïste que cela puisse paraître, cela lui avait fait du bien, à lui avant tout. De se sentir plus haut, plus robuste qu'elle. Mais il se sentait aussi clairement soulagé de ne pas avoir une autre mort dans sa conscience mais aussi de devoir expliquer à son fils pourquoi la « madame » n'était plus là.
Après avoir bien vérifié que la maison était tranquille, qu'aucun rôdeur n'ait eu la brillante idée de se faufiler jusqu'à la maison il se rasseyait dans sa position initiale et cogita longuement sur ce qu'il venait de se passer en si peu de temps. Au bout d'un moment, sans s'en rendre compte, ses yeux furent de plus en plus lourds et malgré la résistance qu'il essayait de donner, il finit par s'endormir de fatigue.


Le lendemain matin, quand il ouvrit ses yeux engourdis, il s'aperçut qu'Ellen n'était plus sur le canapé. Ah et que la tâche non plus d'ailleurs. Furieux qu'elle se soit levée avant lui et qu'il n'ait même pas remarqué qu'il ne l'avait plus sous les yeux, il sauta avec rage du fauteuil et la chercha dans la maison. Quand il comprit qu'elle n'était nulle part ailleurs que dans la chambre de son petit garçon, son sang se glaça et une pensée le fit paniquer « Non…Ne me dis pas que cette salope est dans la chambre de mon fils ! Putain si elle l'a tué jamais je ne m'en remettrai…PUTAIN espèce de con si elle l'a tué ce sera TA faute…Bordel, bordel, bordel, pourquoi tu l'as sauvé espèce d'enfoiré ? Fait chier… »
Il s'apprêtait à hurler de rage et de douleur quand il fut stoppé en entendant son fils et la nouvelle habitante en train de parler :

- Tu veux qu'on joue à quoi d'autre alors ? Moi quand j'étais petite, j'adorais jouer aux voitures de courses avec mon frère, d'ailleurs c'était toujours moi qui gagnais ! Alors ça te dis une petite course pour voir qui est le meilleur des meilleurs de tous les temps ?

- Oh oui alors ! S'enquit le petit garçon.

Le père décida d'ouvrir la porte de la chambre de son enfant à ce moment-là.
Weasley lui sauta au cou et le couvrit de bisous sur la joue. Son stress redescendit en flèche et afficha un sourire soulagé en voyant son fils.
Après s'être détaché de son cou Ellen souriait chaleureusement à son sauveur.
L'homme lui, fronça les sourcils. Il lui en voulait énormément d'être partie sans qu'il s'en aperçoive, qui plus est, pour être dans la chambre de son fils. Il sera le poing en voyant le grand sourire que faisait cette pétasse.

- Ah ! Enfin voilà papa ! C'est un vrai ours tu sais ? Il a beaucoup dormi !

Weasley rigola à pleine voix et charia son père :

- C'est vrai qu'avec ta barbe papa on dirait un ours ! Rigola-t-il.

- Je dirais même un Grizzly ! Pouffa-t-elle.

- Ellen ! Sursauta le petit roux.

- Oui bonhomme ?

- J'ai une idée ! Je vais dessiner papa en ours ! Et comme ça je vais l'afficher sur mon mur ! Tu sais ou qu'ils sont mes crayons de couleur ? Questionna-t-il impatient.

Ellen chercha dans une commode, puis dans l'armoire et finalement Joshua les trouva avant même qu'elle n'est fini ses recherches.

- Tiens mon grand, mais tu sais que tu peux dessiner aussi Ellen en Grizzly. Essaya-t-il d'ironiser pour camoufler sa colère immense contre cette dernière devant son fils.

- Mais enfin papa, c'est une fille ! Alors ce sera une oursette.

La jeune femme fut prise d'un fou rire.

- Mais, arrête de rire, t'as pas compris que j'ai raison ! Bon, je vais faire mon travail à toute !

Le père empoigna gentiment le bras de son fils et dit :

- T'as oublié quelque chose je crois.

- Ah oui c'est vrai… Bougonna Weasley.

Il lui fait un énième bisou sur la joue et parti joyeux en direction du salon pour faire son petit dessin.

Ellen prit un peu gênée la parole :

- Mh…Je me suis permise de fouillée dans les placards pour faire un petit déjeuné au petit…Je t'ai mis ta part dans le frigo, je sais que c'est bête parce qu'il ne marche pas mais, bon…Au moins on peut y stocker des trucs. Voilà, voilà. Termina-t-elle avec un peu d'appréhension vis-à-vis de la réaction de son interlocuteur.

La tête du père devenait tellement écarlate qu'elle aurait pu exploser sur le champ.
Le balafré lui administra une baffe si forte qu'elle claqua très fort. Il lui empoigna le coup et souffla de colère :

- Tu te souviens de ce que je t'ai dit sale pute ? C'est moi qui fais les règles ici. Tu ne t'approches pas de mon fils, tu ne joues pas avec lui et tu ne bouges nulle part sans moi, t'as compris ? Et surtout, tu ne fais pas la bouffe et tu ne fouilles nulle part. Si il n'y avait pas mon fils, je t'aurais déjà buté tu m'entends ? Alors tiens-toi à carreaux, sinon je n'hésiterai pas à te tuer.

Ellen serra les dents et fronça les sourcils. La jeune femme en avait sacrément marre de devoir se retenir de le tabasser. Sauf que, si elle levait la main sur lui, elle n'aurait aucune chance. Pas parce qu'il était plus fort qu'elle, ce genre de connards ne lui faisait pas peur. Ce qu'elle redoutait c'est qu'il lui casse sa deuxième jambe valide.
Il serra tellement fort qu'elle avait du mal à réfléchir, une brume commençait à se formée devant ses yeux mi-clos.
Usant de ses dernières forces, elle articula très péniblement une phrase qu'elle ne voulait pas prononcer, mais elle y était forcée.

- Lâche… Moi…

Joshua se félicita d'avoir pris le dessus sur elle, enserra une dernière fois sa main autour de son cou et la balança à terre.
Son dos chuta contre une petite voiture qui trainait dans la chambre du petit.
Elle poussa un léger bruit de douleur et jeta rageusement l'automobile qui butta contre l'armoire de Weasley.
« Sac à merde, si j'étais pas blessée comme un chien je t'aurais fait la peau depuis longtemps » se pensa-t-elle en colère.
Elle en avait clairement marre de passer pour une faible et elle se jura que le jour où cette putain de jambe ne la ferait plus souffrir elle lui règlerait son compte.
La jeune femme se propulsa lentement en position assise à l'aide de ses bras puis s'aida du lit de l'enfant pour se tenir en position verticale.J
Josh remarqua que la jeune femme avait des énormes cernes sous les yeux, elle était pâle et dans un état déplorable. Elle avait les cheveux en bataille et le pire c'est qu'elle avait vraiment du mal à se déplacer, elle titubait comme une macchabée ou une bourrée au choix. Elle s'accrochait tous les deux mètres à des meubles. Un de ses pieds butta contre l'autre et elle tomba à genoux sur le parquet. Essayant de se relevée avec la force de ses bras elle retomba cette fois-ci de tout son long. Joshua, désespéré lui empoigna l'avant-bras pour la relever. Aussi parce que, au fond de lui, il avait du remord. Il savait que c'était de sa faute et il n'aimait pas que des actes mal fait trainent dans sa conscience et le dérange dans ses pensées. Mais Ellen eut le réflexe de se détacher de l'homme et avança toute seule, avec un excès de rage qu'il lui permettait d'arriver à quatre pattes jusqu'au fauteuil sans trop vaciller.

Ellen était déjà très gênée et vexée d'avoir prouvé à Joshua qu'elle était vraiment mal en point, enfin, c'était plutôt son corps qui l'avait trahi.
Se mettant la main sur le front, la jeune femme souffla laborieusement pour retrouver son souffle.
Le petit garçon avança près d'Ellen interrompant son dessin pour lui parler après avoir remarqué qu'elle ne se sentait pas très bien :

- Tu veux que je te prête Lapinou ? Il est très bien tu sais, c'est un gentil doudou. Moi quand j'ai peur des fois, il me fait des bisous et après je vais mieux.

La jeune femme attendrit par l'attention, lui acquiesça un petit sourire timide.

- Garde le, c'est le tiens, il t'aime toi.

Sans demander son avis l'enfant glissa son doudou entre ses jambes.

- Mon doudou est docteur, il va te soigner. Affirmait-il très sûr de lui.

La jeune femme le remercia avec un sourire.
Et elle se rendit compte que quelques instants auparavant elle était bien et tout d'un coup, elle se sentait terriblement mal.
Elle questionna Joshua si elle pouvait reprendre le médicament qu'elle avait trouvé sur la table car elle commençait à ressentir sa tête lui jouer des tours.
Il accepta avec un ton ailleurs, son passé ressurgissant d'un coup de sa mémoire.
Ellen resta indifférente trop souffrante pour arriver à analyser son comportement.
La jeune femme prit la boîte de comprimés, la même que celle que Joshua lui avait donné, sauf qu'elle fit tomber les pilules sur le sol.
Joshua la stoppa d'un « Laisse-moi faire » et la malade fut assez surprise de sa réaction. Elle demanda en essayant d'articuler au maximum la dose qu'elle devait prendre.
Joshua sortit brutalement de ses pensées et serra les dents et le poing. Cette question le mit automatiquement en rogne en se rappelant cette femme, sa femme. Cette chose droguée et toxicomane qui était imprégnée d'une odeur d'alcool et d'autre substances totalement illicites. L'épidémie l'avait emportée, mais son cœur à cette connasse, il était déjà mort depuis longtemps. Elle n'avait aucune pitié, un cœur de pierre.
Voyant Ellen commençant à avoir la tête qui partait vers l'avant, il se leva de table et décida de le refaire une deuxième fois. Vu dans l'état ou elle était, cette conne allait se foutre les médocs dans le cul. Il demanda gentiment à son enfant de regagner sa chambre, ce qui marcha avec une petite mine triste en cadeau. Feuilles et crayons sous le bras le petit garçon rejoignit lentement sa chambre avant de dire :

- Il faut la guérir papa, je l'aime bien Ellen.

Cette phrase résonna dans sa tête comme un écho « Je l'aime bien », il c'était déjà attaché à elle. Et merde…
Son fils enfin dans sa chambre, Ellen avait déjà tourné de l'œil trois fois.
Il ouvra la bouche de la malade et y inséra deux pilules avec une rasade d'eau pour les faire descendre plus rapidement.
Il l'allongea sur le canapé et lui rabattit son bras qui était tombé, sur sa poitrine.


La journée était presque terminée, le soleil était doucement en train de faire place à la demi-lune qui l'accompagnait. Joshua était toujours sur le même fauteuil, dans la même position et il fumait une cigarette avec une légère odeur de menthe.

Ouvrant les yeux un par un, elle changea de posture et lança à Josh :

- Ah, je croyais que les cigarettes à la menthe c'était soit pour les femmes, ou les tafioles. T'es une tafiole ?

En guise de réponse il prit une grande bouffée de nicotine et la lui cracha en pleine face. Ce qui eut pour effet de la faire tousser à s'en étouffer.

- La prochaine fois tu fermeras ta gueule.

Elle lui arracha la clope des mains et tira une taffe et la dégusta puis souffla délicatement la fumée blanchâtre de sa bouche.

- Ouais, ouais, c'est pas mal. Avoua-t-elle.

Songeant à l'heure qu'il devait être et sachant qu'elle ne voyait pas Weasley elle questionna :

- Vous avez mangez ? Je vois que Weasley est au lit.

- Ouais enfin, le p'tit à bouffé, moi j'avais pas trop faim du coup j'ai fait à bouffer pour lui.

Ellen hocha la tête et lui annonça qu'elle revenait. Levant un sourcil, le balafré se questionna sur ce qu'elle allait pouvoir bien faire. Elle prit la peluche de son fils de sur le canapé. Il la stoppa, en lui rappelant méchamment qu'elle ne devait pas approché son fils. Joshua avança donc vers la chambre de son enfant tandis qu'Ellen repartit vers le divan avec un pas beaucoup plus affirmé que le matin même, mais en boitillant légèrement. Déverrouillant délicatement la porte de la chambre il s'engouffra à l'intérieur. Quelques secondes plus tard il ressortit et regagna sa place.
Elle demanda à Joshua si elle pouvait faire à manger. Il n'allait tout de même pas refuser, pour une fois qu'il n'était pas obligé de faire la bouffe. Il la laissa aller dans la cuisine, elle ouvrit les placards et prit deux trois trucs à manger, des casseroles et referma le placard.
Après avoir terminé sa troisième cigarette, Joshua alla fureter à la cuisine voir ce que trafiquait Ellen.

- Tiens, tu arrives justement quand j'ai terminé ! A table !

- Je t'ai dit que j'avais pas fin, abrutie. Ronchonna-t-il.

- L'appétit vient en mangeant comme on dit.

La jeune femme dressa la table de deux assiettes, deux fourchettes, deux couteaux et deux verres (en plastique c'est plus pratique !), et garnit les plats de nourriture.

- Des pâtes et un bon lait chaud avec du miel !

Joshua fronça les sourcils :

- Ou tu as trouvé du lait au juste ?

- C'est du lait déshydrater, un peu d'eau bouillie et le tour est joué !

- Mouais…

Il commença à engloutir ses pâtes à grosses bouchées.

- Eh bah pour quelqu'un qui à pas faim, tu manges comme un affamé ! Ironisa-t-elle.

- J'ai mangé alors l'appétit m'est venu, comme on dit.

Après avoir mangé dans le silence, Ellen débarrassa la table et jeta tout à la poubelle.
Elle prit son lait encore bouillonnant et s'avança vers le canapé avec une concentration qu'un être humain non malade n'avait pas besoin d'avoir pour aligner un pied devant l'autre. Joshua la suivit très peu de temps après s'asseyant toujours sur son fauteuil.
S'allumant une nouvelle cigarette, il en proposa une à Ellen qui accepta avec plaisir.
Après quelques bouffées, la jeune femme se sentit, plus détendue. La nicotine qui brûlait dans ses poumons lui fit du bien, elle n'avait pas touché à une cigarette depuis tant de temps, qu'elle prit le temps de la déguster.
Aucun des deux ne ressentait le besoin de communiquer, comme si le silence était une vertu apaisante.
Fouillant dans son sac, elle prit un bouquin qu'elle avait chipé à son ancien camp de réfugiés. Il était corné, avait pris l'eau les pages étaient jaunies et les lettres étaient quelques fois manquantes.
Le posant au creux de ses genoux, elle prit sa tasse et la monta jusqu'à ses lèvres et sirota avec délice le lait encore brûlant.
Joshua se cala confortablement sur son fauteuil, bu d'un trait sa tasse de lait et ferma ensuite les yeux en essayant de penser à des choses agréables.
Après environ une dizaine de pages, la jeune femme commença à sentir la fatigue lui monter jusqu'à la bouche et bailla comme une impolie.
La jeune femme tapota délicatement le bras de Josh et celui-ci eu un sursaut de surprise.

- Vas dans ta chambre si tu veux. Chuchota-t-elle pour ne pas le brusquer.

Joshua la scruta d'un air noir et répondit entre ses dents :

- T'as oublié je crois poufiasse, je reste ici.

- Ok…Ok. Moi c'était pour toi pour pas que tu restes dans un fauteuil pas confortable. En tout cas Joshua, entre toi et moi, si je le voulais ça ferait longtemps que je t'aurais tué. Bref, 'nuit.

- T'inquiètes pas que je t'aurai buté le premier, de même.


Après cinq jours de cohabitation sans vraiment de conflits, enchainant les repas, les médicaments, les crises et les désinfections de peau trois fois par jours, Ellen et Joshua commençaient à trouver une entente mutuelle. Elle devait se plier à ses règles, ce qu'elle fit sans broncher et lui devait protéger son enfant et être légèrement plus agréable avec la femme. Pourquoi ? Parce que son fils lui avait fait promettre d'être gentil avec elle. « Raah putain de gosse, heureusement que tu es mon fils, tu es la seule personne qui peut me faire promettre des choses pareilles » se pensa-t-il.
Aujourd'hui, allait être un jour de test pour Joshua envers l'estropiée.
Il devait sortir se ravitailler en médicaments en bouffe et savon.
Avant de partir, Joshua mis très clairement en garde Ellen, que quand il reviendrait, le moindre écart qu'elle ferait serait sanctionné par la mort. Mais il profitait de sa présence pour être à moitié tranquille sur le fait que son fils serait en pseudo sécurité.
Il avait fait promettre à son fils de faire attention avec Ellen, que si il trouvait qu'elle avait un comportement bizarre, qu'il n'hésite pas à lui faire peur et à verrouiller sa chambre à double tours pour qu'elle ne l'attaque pas.
Armé des deux fusils (le siens et celui d'Ellen), portant un gros sac de montagne et ses chaussures solides il s'avança vers la porte d'entrée. Ellen l'interrompit calmement avant de lui demander une faveur :

- Ecoutes mh, je vais pas y aller par quatre chemins j'ai mes règles. Là encore, c'est quelques gouttes, mais si tu veux pas que je salisse ta baraque, j'aimerais que tu me ramène des serviettes hygiéniques. Et aussi, si tu veux pas avoir de problèmes de devoir encore me ramasser à la petite cuillère, je peux t'emprunter un cachet pour faire passer la douleur ? Merci.

- Putains de femmes, si vous êtes pas enceintes vous foutez du sang partout, bandes de sagouines. Il lui balança un comprimé qu'il avait dans la poche et sortit de la maison. Ellen verrouilla à double tours la porte de la maison et se dirigea vers la chambre de l'enfant.

Joshua se déplaça le plus rapidement et furtivement possible dans les contours de la ville. Quelques rôdeurs déambulaient sans buts dans tous les coins. Il le savait, le moindre bruit allait être fatal. Il était assez anxieux, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu à sortir dehors, heureusement d'ailleurs.
Assez rapidement, il arriva à la supérette qu'avait rencontrée Ellen avant d'arriver chez lui. Les portes vitrées à ouvertures automatiques de la supérette étaient fracassées et quelques étagères étaient au sol, poussiéreuses et à moitié détruites.
Il entra discrètement et vis trois rodeurs accroupies sur quelques chose. De la viande, mais quel type de viande ? Humaine ? Animale ? Il n'en savait rien. Après avoir regardé dans d'autres étalages qu'il n'y avait personne d'autre, il se rapprocha d'eux discrètement, prit le couteau qu'il cachait dans sa chaussure et enfonça violemment la lame dans le premier rodeur. Les deux autres alertés par le bruit se dirigèrent mollement vers le balafré. La lame se planta dans le deuxième crâne et le troisième avec une fluidité de mouvement qui choqua l'homme. Il n'avait pas perdu son endurance et son agilité. Bon point pour lui.

Fouillant les étalages et le sol, il eut assez rapidement trouvé ce qu'il cherchait de la nourriture, des serviettes pour l'autre conne et même de l'eau et une nouvelle peluche pour son fils. Il était satisfait de voir que pas grand monde n'avait pillé le magasin.
Sauf que ce n'était pas fini. Il devait à présent chercher les médicaments pour son enfant pour lui et l'autre. Une boutique se trouvait au fond du magasin, c'était une pharmacie de garde.
Sauf qu'un énorme problème auquel il n'avait pas pensé se montait devant lui.
En général, les pharmacies étaient équipées d'alarmes. Et cette fois-ci, la porte était totalement verrouillée « ça aurait été trop simple » se pensa-t-il.
Se confrontant à la réalité et à l'ironie de la situation, il prit à contrecœur l'initiative de pivoter son sac sur son torse et de l'ouvrir en grand. Il pourrait comme ça facilement faire tomber les médicaments dans son sac et s'échapper plus vite.

Avançant vers la porte, il vit sur la rue adjacente une vingtaine de morts marchaient sans but « Et merde bordel fait chier ! T'as intérêt à courir vite ducon ».
Avant que la peur de ce qu'il allait faire ne le paralyse, il défonça la porte à grands coups de pieds et l'alarme sonna terriblement fort. Les morts commençaient à tituber dangereusement vers la supérette comme si l'heure du repas avait sonné. Il songea qu'il ne pourrait plus jamais remettre les pieds dans cette partie de la ville.
Aussi rapidement qu'il pouvait, il ramassa les boîtes de médicaments sans savoir ce que c'était et qu'est-ce qu'elles soignaient et il les fourra dans le sac.

Sauf qu'un évènement imprévu venait compromettre tous ses plans. Au fond de la pharmacie devant la porte de secours se trouvait des rôdeurs, des rôdeurs enfants.
Tétanisé à la vue de ces petits qui se relevaient difficilement et titubaient vers lui, il perdit du temps pour s'échapper. La peur lui monta de suite au cou. Il était paralyser, une pensée lui fit perdre tous ses moyens. Il avait imaginé que son fils était avec ces enfants. Une envie de vomir lui prit les tripes. Pendant ce temps précieux qu'il perdait secondes après secondes, les enfants avançaient dangereusement de lui. Derrière lui, il entendit des bruits de verre brisé s'écrasant sur le sol faisant crisser le carrelage de la supérette. Réalisant enfin la gravité de la situation ou il s'était mise, il referma le sac et le replaça sur son dos. Il prit ses jambes à son cou, et courut comme un dératé vers l'entrée de la supérette.
Cinq zombies se postaient devant, suivit de dix autre qui avançaient lentement mais agressivement vers lui. Il sortit son fusil et reprit son sang-froid pour tuer ceux qui lui barraient la route. Ils faisaient des bruits putrides, des gargouillis d'estomac écœurant.
S'avançant hasardeusement vers l'entrée, les dix autres commençaient à rentrer, et les enfants de la pharmacie le prenaient en sandwich.

Un putréfié lui agrippa le bras brutalement et le tira le plus près possible de sa bouche décharnée et édentée. Le macchabée tirait, tirait à lui déboiter l'épaule. Ses dents n'étaient qu'à quelques centimètres de sa peau, et les autres rôdeurs commençaient à s'agglutiner tous les uns sur les autres. Joshua hurla comme une bête sauvage. Il poussa le mort avec son pied droit aussi fort qu'il le put. Le rôdeur fut obligé de lâcher sa prise, car son bras ne suivit pas le reste de son corps. Le mort manchot tomba à la renverse sur ses collègues, ce qui avait littéralement l'air d'un circuit de dominos géant.
Arrivant enfin à se dégager, en tuant deux autres rôdeurs, il sortit en sprintant de la supérette.
Voyant une échelle qui partait du sol et qui montait jusqu'au toit d'un immeuble à quatre mètres de lui, il décida de se diriger vers celle-ci. Malheureusement, un rôdeur sans jambes rampant sur le sol lui agrippa violemment la cheville et l'entraina par terre. L'homme perdit son couteau et ses armes étaient toutes deux accrochés aux sangles de son sac à dos qui lui-même dans son dos. Le mort se propulsa à l'aide de ses bras vers le mollet de Joshua.
Poussant de toutes ses forces avec son pied, Josh essayait de repousser la créature, mais elle aussi forçait comme un âne. L'homme lui avait décalé le bas de la mâchoire et lui avait cassé quelques dents, mais il entendait le claquement de celles qui lui restaient se rapprocher de plus en plus de sa peau.

Pendant ce temps, les autres rôdeurs venant de la route s'avançait gravement de lui, le macchabée le plus près était à dix mètres de sa position talonné par ses acolytes. Il tourna la tête de l'autre côté de la route et vit d'autres morts s'avancer vers lui.

- Bordel de merde enfoiré de fils de pute tu vas me lâcher ! Hurla-t-il à son agresseur.

Le putréfié gagnait du terrain, il était maintenant tout près de la jugulaire de Joshua. Ce dernier le poussa d'un bras en essayant de tendre le bras pour ramasser son canif, en vain. Le macchabée en profita pour pousser encore plus et le bras du balafré se plia de plus en plus de son torse.
Sa liberté était seulement à quatre mètres de lui et il était piégé, par un putain de démembré puant et défiguré, il pensa soudainement à son fils et il eut peur pour lui. Il ne voulait pas le laisser seul, il ne pouvait pas se le permettre.
Une larme rageuse perla sur sa joue, et le mort sortit sa langue comme pour la lécher.

C'était la fin.