La nuit était tombée depuis plusieurs heures mais pourtant, la petite princesse ne dormait toujours pas. Elle n'y arrivait pas. L'après midi s'était écoulé lentement, elle avait achevé avec Kouen puis avait été rendre visite à Hakuei. Et le soleil s'était couché plus vite qu'elle ne le voulait. Plus que quatre jours... Il fallait qu'elle trouve une solution avant ce délai ou bien... Elle pinça les lèvres, n'osant pas formuler ses pensées jusqu'au bout. Non, elle ne laisserait pas ça arriver ! Jamais ! Mais... comment ? Cette seule question suffisait à lui faire perdre son aplomb. Que pouvait-elle faire pour éviter ça...

Poussant un soupir, elle sortit de son lit pour aller ouvrir la fenêtre. Inutile de rester allongée si le sommeil ne venait pas. Elle croisa les bras sur le rebord de celle-ci et y posa son menton, regardant les étoiles qui parsemaient le ciel sombre de points lumineux. Elle trouvait ça beau...

Elle quitta sa contemplation en remarquant un mouvement plus bas. Un peu surprise, elle plissa les paupières pour essayer de discerner quelque chose. Rien... sans doute un petit animal. Alors qu'elle s'apprêtait à refermer la fenêtre, elle s'arrêta et tendit l'oreille. Elle entendait... des voix ? A cette heure de la nuit ? D'habitude, il n'y avait personne par ici à une heure pareille. Ses appartements se trouvaient vers le fond du palais, loin des entrées... Intriguée, elle hésita. Devait-elle aller voir de quoi il s'agissait ? Si ça se trouve, ce n'était que quelques résidents du palais qui profitaient d'un peu de temps pour se reposer. Après tout, rien n'interdisait d'aller se promener la nuit... Pourtant, elle alla jusqu'à la porte qu'elle ouvrit doucement, se glissant hors de ses appartements une fois sûre qu'il n'y avait personne à l'horizon. Pourquoi faisait-elle ça ? Elle n'en avait pas la moindre idée. Ce n'était pourtant pas son genre d'espionner les gens ainsi. Mais elle avait le sentiment qu'elle devait jeter un œil. Et si vraiment elle voyait que ce n'était rien, elle repartirait aussitôt. Elle ne faisait rien de mal... non ?

Elle ouvrit prudemment une porte donnant sur l'extérieur, guettant le moindre bruit qui signalerait quelqu'un en approche. Rien. Elle passa sa tête dans l'ouverture. Pas un chat. La cour était déserte tandis que les feuillages des arbres remuaient doucement au gré d'une légère brise. Sortant, elle longea le mur lentement jusqu'à arriver sous les fenêtres de ses appartements. Elle se sentait un peu tendue devant ce qu'elle était en train de faire mais se força à inspirer pour se calmer. Allez, ce n'était rien, elle allait juste jeter un coup d'œil puis elle partirait. Elle tendit à nouveau l'oreille pour capter les voix et attendit. Il n'y avait rien... Avait-elle mit trop de temps à venir ? Ils avaient du partir... Poussant un soupir résigné, elle commençait à rebrousser chemin quand elle vit une silhouette traverser la cour pour s'engouffrer dans le jardin. Elle cligna des yeux. C'était un homme entièrement vêtu de noir avec un voile blanc sur le visage... Exactement comme ceux qu'elle avait rencontré quelques mois plus tôt alors qu'elle cherchait Hakuei ! Elle sentit un frisson lui traverser le dos. C'était étrange... lors de sa précédente rencontre avec eux, elle avait éprouvé une sensation de malaise en leur présence... et encore maintenant, elle se sentait mal à l'aise. Pourquoi ? Secouant la tête, elle se rappela brusquement de la raison de sa sortie et se précipita à sa suite. Elle s'attendait à voir n'importe qui sauf ces personnes. Elle ne les avait pas revu depuis cette fois là... pourquoi refaisaient-ils brusquement surface ? Elle ralentit sitôt la silhouette de l'homme dans son champ de vision. Celle-ci avançait à pas réguliers, semblant savoir ou aller. Elle continua ainsi quelques minutes avant de s'arrêter sur une petite aire entourée par des arbres. Plusieurs autres hommes vêtus à l'identique attendaient.

La petite princesse resta en retrait, à l'abri derrière les larges troncs sombres qui entouraient le groupe d'hommes. Mais qui étaient-ils ? Pourquoi étaient-ils tous habillés de la même manière ? Et que faisaient-ils rassemblés là à une telle heure de la nuit ? Elle se sentait tendue. Que dire d'elle qui était sortie espionner des gens... Inspirant pour se calmer, elle se risqua à jeter un œil. Il faisait sombre aussi ne discernait-elle que vaguement les membres du groupe. Mais le silence des lieux lui permettait d'entendre sans mal leur discussion.

« Les derniers préparatifs seront terminés d'ici deux jours...

_Ce qui nous laissera encore un peu de temps pour agir.

_Tout se passe comme vous le désiriez ma Dame... »

Kougyoku fut surprise en entendant une voix féminine s'élever parmi eux. Il n'y avait donc pas que des hommes ?

« Ne nous précipitons pas, ils ne sont pas idiots. Ils tiennent de leur père et le fait qu'il se soit fait tuer ne veut pas dire que ce sera facile avec eux. »

La petite se raidit. Se pouvait-il qu'ils parlent de Hakuyuu et Hakuren ? Non... Mais... leur père était mort et... ils parlaient de quelque chose qui se préparait pour les jours à venir... Elle secoua la tête et écouta. Peut-être qu'elle pourrait en apprendre davantage en écoutant encore.

« Il est vrai qu'ils semblent se montrer réticents à nous accorder leur confiance.

_Ils nous suspectent concernant le décès de l'empereur.

_Mais le problème sera résolu d'ici quatre jours... »

Kougyoku sentit les battements de son cœur accélérer. Quatre jours ! C'était bien ça ! C'était ces gens qui voulaient tuer Hakuyuu et Hakuren ! Il fallait qu'elle fasse quelque chose ! A tout prix !

« Dans ce cas, peut-être devrions nous... »

Il s'interrompit, intriguant la petite princesse. Le groupe formant un cercle, il lui était impossible de voir ce qu'ils faisaient. De nouveau, la voix de femme s'éleva.

« Dans un premier temps, il serait bon de s'occuper d'une petite souris qui a cru bon de venir nous espionner. »

Kougyoku sentit son sang se glacer et se plaqua contre le tronc derrière elle. Elle... parlait d'elle ? Impossible, elle n'avait pas fait le moindre bruit ! Pourtant, les pas venaient bel et bien dans sa direction. Elle sentit ses jambes trembler. Que devait-elle faire ? Que devait-elle faire !? Elle sursauta alors qu'une main se posait sur le tronc qui lui servait d'abri.

« Allons allons, petite souris, si tu sortais de derrière cet arbre ? »

Cette voix débloqua son esprit et son corps pétrifiés par la peur. Elle se jeta en avant, plongeant dans la végétation pour tenter de se dissimuler et couru de toutes ses forces. Partir ! Il fallait partir ! Mais elle pouvait entendre par dessus les battements affolés de son cœur et sa respiration sifflante des voix et bruits de course derrière elle. Ils la poursuivaient ! La princesse sentit les larmes lui monter aux yeux alors qu'elle continuait de courir à l'aveuglette sans savoir ou elle allait. Impossible de se repérer dans l'obscurité, parmi les arbres et plantes. Elle était complètement perdue ! Elle ne savait pas où elle se rendait ! Et ses poursuivants se rapprochaient eux ! Elle entendait de plus en plus distinctement leurs voix. Elle avait peur, tellement peur ! Courant encore, elle sentait ses poumons la brûler. Combien de temps pourrait elle encore tenir comme ça ? Elle voyait un chemin se profiler au devant. Ils allaient la voir... mais elle n'avait pas le choix, ils l'attraperaient quand même si elle restait ici ! Accélérant autant qu'elle le pouvait, elle poussa un cri en sentant son pied se coincer dans une racine et bascula, tombant lourdement, roulant un peu à cause de son élan. Sonnée par sa chute aussi brutale que inattendue, elle mit du temps avant de se reprendre, tentant de se relever avant de retomber lorsqu'une vive douleur lui traversa la cheville. Non. Non non non ! Pas maintenant ! Ce n'était pas possible, pas ici, pas maintenant ! Elle essaya une nouvelle fois mais la douleur l'empêcha de faire ne serait ce qu'un pas. Elle sentit ses mains trembler alors que les bruits de pas approchaient dangereusement. C'était fini ? Elle avait trouvé qui voulait du mal aux deux princes, elle savait quand ça allait se passer et elle allait échouer comme ça ? Non. Non, elle ne voulait pas. Elle sentit malgré tout la peur lui nouer le ventre alors qu'elle distinguait leurs silhouettes avancer entre les arbres. Elle se tassa sur elle même, fermant les yeux. Elle avait peur, tellement peur ! Elle poussa un cri en sentant deux mains la saisir fermement et se débattit, sentant les larmes couler sur ses joues.

« Calmes toi, je suis là... »

Kougyoku se raidit en se retrouvant calée contre un torse et leva les yeux pour voir Hakuyuu qui regardait en direction du groupe qui arrivait. Que... faisait-il ici à une heure pareille ? Elle se mordit la lèvre, peinant à réaliser que c'était bien son cousin qui la tenait ainsi contre lui, encore tremblante. Voyant les hommes sortir des fourrés, elle enfouit son visage dans le torse du prince qui passa doucement sa main dans ses cheveux pour l'apaiser. Les hommes masqués posèrent un genou à terre avant de croiser les mains devant eux.

« Votre altesse... »

Le prince leur adressa un signe de tête en guise de réponse. La petite princesse elle restait immobile contre lui, n'osant pas bouger le moindre muscle ni même les regarder.

« Pouvons nous vous demander ce que vous faîtes ici si tardivement mon prince ?

_Mon père n'étant plus là, il m'incombe de prendre sa suite et de m'occuper des affaires qui étaient de son ressort. Cela me prend un peu de temps...

_Nous en sommes navrés mon prince. N'hésitez pas à nous solliciter si un jour vous ressentez le besoin d'avoir un peu d'aide... »

Le prince sourit et acquiesça lentement, gardant néanmoins le silence quant à leur proposition.

« Puis-je vous demander pourquoi la princesse se trouve ici également ? »

Kougyoku se raidit malgré elle à cette question, sentant la peur se raviver d'un coup, la faisant trembler de tous ses membres. Elle n'avait pas de raisons d'être là. Aucune autre que d'être celle qui les avait espionné. L'obscurité et la végétation avaient joué en sa faveur en la dissimulant, la mettant à l'abri de leurs regards mais ils devaient se douter que c'était elle. Couverte de terre et écorchée comme elle l'était, qui pourrait s'y tromper ? Puis elle sentit la main de son cousin lui caresser lentement les cheveux alors qu'il parlait de sa voix calme.

« Elle a visiblement fait un cauchemar et a cherché à aller voir ses frères pour se rassurer. Mais elle a prit peur en me voyant et s'est enfuie et je l'ai suivit pour la rattraper.

_Vous avez dû peiner à la retrouver, elle se serait cachée parmi les buissons ?

_Les enfants sont redoutables dès qu'il s'agit de se faufiler quelque part, j'ai heureusement l'habitude grâce à mes jeunes frère et sœur. Maintenant excusez moi mais je vais aller la mettre au lit avant d'en faire de même. J'aimerais dormir un peu avant le travail qui m'attends demain matin. »

Et il tourna les talons, laissant les hommes masqués s'agenouiller une nouvelle fois. Kougyoku se risqua enfin à se détacher un peu du prince, restant malgré tout agrippée au kimono de celui-ci. Elle... ne risquait plus rien alors ? Elle était hors de danger ? Elle peinait encore à le croire. Elle l'avait vraiment échappé belle cette fois. Elle poussa un soupir de soulagement.

« Kougyoku... »

La petite leva les yeux et croisa ceux de son cousin qui la regardait. Celui-ci continuait d'avancer tranquillement dans le long couloir qu'il avait emprunté.

« … Que faisais tu dehors si tard ?

_... Je... J'ai entendu des voix... alors je suis allée voir...

_Ne fais plus jamais ça. »

Elle baissa les yeux. Il ne lui parlait pas méchamment, mais le ton qu'il employait signifiait clairement qu'elle n'aurait jamais du le faire et qu'il valait mieux pour elle qu'elle ne recommence pas. Elle se risqua malgré tout à demander.

« Qui sont ces personnes ?

_... Ce sont... des conseillers en quelque sorte. »

Elle pencha un peu la tête. Elle n'en était pas certaine mais à en juger par l'expression sur son visage, il ne semblait pas particulièrement les apprécier.

« Quoiqu'il en soit, évite d'aller les voir, d'accord ?

_... Mais... pourquoi ? »

Elle sursauta quand le regard de son cousin se posa à nouveau sur elle. Posait-elle trop de questions ? Elle baissa aussitôt les yeux.

« Pardon... Je ne voulais pas vous embêter...

_ « Vous » ? »

Le prince la regardait d'un air surpris.

« Pourquoi me vouvoies tu ?

_Eh bien... Tout le monde dit que vous alliez devenir empereur... alors... »

Oui, depuis le décès de son père, il semblait évident qu'il lui succéderait. Tout le monde le disait. Elle fut surprise de l'entendre rire et le regarda sans comprendre. Ce dernier entra dans une pièce et alla fouiller dans une armoire pour revenir avec une compresse qu'il passa sur les genoux écorchés de la petite.

« Tu veux me faire plaisir Kougyoku ? »

La petite qui grimaçait au contact de la compresse sur ses plaies acquiesça vivement.

« Oui !

_Alors dans ce cas, je voudrais que tu fasse plusieurs choses pour moi.

_Lesquelles ? »

Mettant un pansement sur son genou, il continua tout en désinfectant les autres écorchures avant de lever un doigt.

« Premièrement, promets moi que tu n'iras plus voir ces personnes. »

Mais... si c'était eux qui lui voulaient du mal ? Elle pinça les lèvres en repensant à la frayeur qu'elle avait eu et n'osait imaginer ce qu'il se serait passé si son cousin n'était pas venu...

« D'accord.

_Bien. Ensuite, je veux que tu oublies l'idée d'escapades nocturnes de ce genre. On ne sait jamais ce qui peut arriver à une enfant de ton âge et s'il y a un problème, personne ne pourra t'aider.

_... Pardon... Et d'accord... »

Le prince sourit doucement avant de lui passer un gant humide sur le visage pour la débarrasser de la terre qui colorait ses joues.

« Dernière chose. Je veux que tu ne perde pas de vue que, quels que soient les titres que nous pouvons avoir, nous restons les membres d'une seule et même famille. Alors plutôt que de me parler comme tu le ferais à un empereur, parles moi comme tu le ferais à un cousin.

_M-Mais...

_J'ai déjà bien assez de personnes à me parler ainsi. J'aimerais au moins que ma famille me parle normalement tu sais? »

Mais... elle avait le droit de faire ça ? Oui, c'était son cousin mais... Elle rougit. Elle se voyait mal lui parler de la sorte si tout le reste du palais à l'inverse, lui parlait comme il convenait de faire à un empereur. Elle finit malgré tout par murmurer.

« J-Je vais essayer...

_Merci... »

Le prince rit doucement. Dire qu'il avait le même problème avec Kouen. Ils étaient bien frères et sœurs... Il se redressa et rangea les compresses et autres produits qu'il avait sortit pour la soigner avant de la regarder à nouveau.

« Maintenant, il est grand temps pour toi d'aller te coucher. »

La voyant balancer doucement ses jambes d'avant en arrière sans lever la tête, il haussa un sourcil. Quelque chose n'allait pas ? Il approcha doucement et s'accroupit pour se mettre à sa hauteur.

« Qu'est ce qu'il y a Kougyoku ? »

La princesse garda les yeux rivés au sol. La vérité était qu'elle avait peur de se retrouver toute seule après ce qu'il s'était passé. Peut être que les hommes en noir la soupçonnait encore. Et si oui, peut être viendraient ils une fois qu'elle serait seule... Elle se sentait à la fois honteuse et effrayée. Effrayée parce qu'elle avait peur qu'ils viennent réellement. Et honteuse parce qu'elle n'osait pas le dire au prince. Elle ne voulait pas qu'il pense avoir en face de lui une trouillarde qui ne faisait que pleurnicher. Pourtant n'était ce pas ce qu'elle était ? Elle se mordit la lèvre avant de rougir quand le prince glissa sa main sous son menton pour lui faire lever la tête.

« Tu veux qu'on dorme ensemble ? »

Elle rougit vivement avant de bafouiller quelques syllabes. Dormir avec lui ? Non elle ne pouvait pas ! Pas du tout ! Pourtant, quelque part au fond d'elle, c'était bien ce qu'elle avait espéré. Ne pas avoir à dormir seule...

« Je le fais souvent avec Hakuei ou Hakuryuu donc ça ne me dérange pas tu sais ? »

Et sans attendre davantage, il la prit dans ses bras avant de prendre la direction de ses appartements.

« Tu auras du mal à dormir après ce qu'il t'est arrivé non ? Tu ne risqueras rien si tu reste avec moi.

_Mais je... ne veux pas déranger...

_Et je te répondrais à chaque fois la même chose : nous sommes une famille. Je ne te considérerais jamais comme une gêne. Tu as le droit de demander de l'aide si tu te sens dépassée ou effrayée. »

Kougyoku le regarda avant de laisser tomber sa tête contre l'épaule de son cousin. Si gentil... Comme pour confirmer cette pensée, elle sentit sa main lui caresser tendrement les cheveux. Elle sentait déjà ses paupières s'alourdir. Comment faisait-il pour la rassurer comme ça ? Elle se sentait si bien dans ses bras chauds.

« J'espère qu'un jour, je m'entendrais avec tout le monde...

_Ce n'est pas le cas ? »

La petite secoua mollement la tête.

« Je ne connais pas toutes mes sœurs... et on ne s'entend pas très bien. Et je ne connais pas beaucoup mes frères non plus. Ils sont gentils mais on ne passe pas beaucoup de temps ensemble...

_C'est vrai que nous sommes tous occupés, nous sommes rarement ensemble... »

La petite acquiesça doucement, sentant la fatigue gagner peu à peu du terrain. Le prince sourit doucement en la regardant.

« On essayera de passer du temps ensemble, tu pourras faire plus ample connaissance comme ça... »

Kougyoku leva les yeux vers lui.

« Promis ?

_Oui. Quand tu veux.

_Dans quatre jours. »

Le prince manqua de s'étouffer. Il ne pensait pas à un délai aussi court. Et pourquoi dans quatre jours précisément ?

« Ça... risque d'être un peu court tu sais ? Nous avons tous beaucoup de responsabilités alors... »

Il se maudit intérieurement devant la mine déçue que la petite afficha. Comment les enfants faisaient-ils pour faire culpabiliser ceux qui leur refusaient quelque chose ? Il veillait à ne pas trop céder à son petit frère, mais quand il faisait ce genre de bouille, c'était relativement difficile. Et il en allait de même pour sa petite cousine apparemment. Il poussa un soupir. Ça lui apprendrait à s'avancer comme ça.

« D'accord, d'accord, je vais voir ce que je peux faire. Ne fais pas cette tête... »

Il fut surpris de sentir la petite l'enlacer sitôt ces mots dits. Ça lui tenait donc à ce point à cœur? Il lui caressa doucement le dos avant de remarquer qu'elle s'était endormie. Souriant un peu, il continua son chemin.


« Bien joué Kougyoku! »

La petite princesse souriait. Elle avait réussi à convaincre le prince de quitter le palais le jour fatidique, prétextant une sortie familiale. Le lendemain de cette promesse, elle était nerveuse. Après tout, peut être que Hakuyuu avait oublié sa promesse ou qu'il viendrait lui annoncer que c'était finalement impossible. Mais au lieu de ça, il était venu lui dire que c'était bon, ils passeraient la journée hors du palais. Kouen, Koumei et Kouha viendraient eux aussi, de même pour Hakuren, Hakuei et Hakuryuu. Rien n'aurait pu faire plus plaisir à la petite. Elle avait sentit le poids qui lui nouait le ventre s'envoler d'un coup. Trépignant d'impatience chaque jour, elle avait décidé de raconter cette décision à son amie.

« On va passer toute la journée ensemble.

_Vous partez bientôt ?

_Dans une heure, le temps de préparer les affaires à emmener.

_Tant mieux. Amusez vous bien surtout ! »

C'était bien son attention. Réussir à éloigner ses cousins était sa principale motivation mais si en plus, ils pouvaient passer un bon moment tous ensemble... Elle sourit avant de refermer son journal pour rejoindre ses proches qui se préparaient. Il ne leur fallu guère de temps pour se mettre en route, montant dans une calèche, accompagnés par une escorte chargée de garantir leur sécurité.

Kougyoku se sentait toute excitée, discutant activement avec sa cousine, regardant ensuite le paysage qui défilait sous ses yeux et surtout, le palais qui s'éloignait peu à peu. En s'en éloignant, ses cousins ne périraient pas. Et en plus de ça, elle pourrait rester avec eux. Que pouvait-elle demander de plus ? Rien, elle était ravie !

Quand enfin leur véhicule s'arrêta, elle descendit à son tour avant de lever les yeux vers la vaste surface qui scintillait sous les reflets du soleil, un vent frais et iodé soufflant dans ses cheveux. La mer ? Son cousin avait choisi de les emmener à la mer ? Elle sentit son cœur vibrer devant les vagues qui venaient s'échouer sur une petite plage de sable blanc, la recouvrant d'écume. C'était la première fois qu'elle allait à la mer ! Et à en juger par les mines de Kouha et Hakuryuu, il en allait de même pour eux aussi. Hakuren s'étirait lentement pour chasser les courbatures du voyage avant de leur sourire.

« Alors ? Que voulez vous faire maintenant ?

_Se baigner ! »

Kouha secoua la tête.

« Non, pêcher ! »

Koumei bailla un peu avant de caresser doucement les cheveux de son jeune frère.

« Nous avons le temps de faire les deux... »

Et très vite, ils se retrouvèrent chacun avec une canne, les aînés se réservant le droit d'accrocher les appâts sur les hameçons. Mais ils finirent également par encadrer les lancés lorsque Hakuryuu poussa un cri, l'hameçon de Kouha s'étant accroché dans ses vêtements alors que celui-ci visait la surface de l'eau.

« Mais tire !

_Je ne peux pas, je suis accroché ! »

Kougyoku regardait sa canne sans trop savoir quoi en faire. On lui avait accroché un appât... et maintenant ? Elle devait faire comme Kouha ? Elle tourna la tête en voyant Hakuren s'agenouiller près d'elle, attrapant une poignée d'appâts dans sa main.

« Regarde... On jette les appâts à la surface, ensuite, on lance sa ligne au milieu... Et quand le bout se met à remuer, on tire sur la ligne ! »

Ce faisant, il lui montra deux petits poissons accrochés sur les hameçons qui frétillaient sous les yeux captivés de la petite. Acquiesçant vivement, elle recommença sous les yeux vigilants de son aîné, tirant lorsqu'il le lui indiqua et sauta presque sur place en voyant sa prise s'agiter devant elle. Deux poissons ! Puis, elle grimaça un peu. Pour les décrocher, il fallait les prendre dans ses mains et... ça ne l'emballait pas vraiment ça... c'était tout visqueux...

« H-Hakuryuu... tu m'aide ?

_D'accord ! »

Elle regarda son cousin s'en emparer sans mal avant de les mettre dans le seau à coté de lui. Kouha se tourna vers eux avec un sourire fier.

« Regardez, j'en ai eu trois d'un coup moi ! »

Les deux petits sursautèrent avant de s'armer à nouveau de leurs cannes, déterminés. Kougyoku fit la moue en lançant sa ligne.

« Je ne me laisserais pas faire !

_Moi non plus ! »

Et les poissons s'enchaînaient les uns après les autres, chacun essayant d'en pêcher plus que l'autre sans plus aucune retenue. Ils n'étaient plus des princes et princesses qui agissaient selon leurs rangs, juste des enfants qui s'amusaient et tentaient de se surpasser, riant à chaque nouvelle prise. Puis Hakuren leur apprit à accrocher des hameçons et si la plupart s'en sortait bien, celui que Kouha avait monté était un peu à l'opposé. Tous ses hameçons étaient rassemblés en un tas au bout de la ligne au lieu d'être répartis sur sa longueur, faisant rire son professeur.

« Aucun poisson ne voudra s'en approcher Kouha.

_Je ne suis pas convaincu que ça marche... »

Koumei s'était penché pour inspecter le travail de son jeune frère. Non vraiment... aucun poisson n'en voudrait. Puis il regarda son cousin qui riait encore devant cette création originale.

« Arrête de rire, c'est encore un enfant ne l'oublie pas...

_Je sais bien mais... c'est tellement horrible !

_Fais attention ou tu vas le froisser... »

Kouha se renfrogna. Son hameçon, horrible ? Il allait voir ce qu'il en coûtait de se moquer de lui comme ça ! Se mettant à courir, il poussa de toutes ses forces Hakuren, le faisant basculer en arrière, entraînant Koumei et Kouen avec lui dans sa chute qui s'acheva dans l'eau. Il attendit que sa tête émerge de l'eau avant de lui tirer la langue. Hakuren marmonna en le regardant.

« Tu vas voir petite peste, prépares toi à faire un plongeon aussi... »

Et ce disant, il l'aspergea brusquement avec son bras, le regardant dégouliner des pieds à la tête. Il cru à sa mine qu'il allait pleurer... mais il le vit courir dans l'eau pour lui rendre la pareille en riant et fut rassuré, jouant avec lui. Puis ils furent rejoint par le reste de la fratrie qui avait visiblement mit la pêche de coté pour se consacrer à une bataille d'eau. Hakuei se retrouvait perchée sur les épaules de Hakuyuu, Hakuryuu sur celles de Hakuren tandis que Kouha rigolait sur celles de Koumei. Kougyoku se tenait à celles de Kouen tout en rigolant. Comme c'était étrange. Au palais, elle n'osait pas aller leur parler, c'était à peine si elle réussissait à les regarder. Pourtant, depuis qu'ils étaient arrivés ici, elle avait joué avec Kouha, Hakuryuu et Hakuei sans le moindre mal, riant avec eux, se mettant en compétition avec eux... Et maintenant, ils se battaient, perchés sur les épaules de leurs aînés qui n'étaient pas en reste non plus. Comme elle se sentait bien à cet instant. Si seulement cette journée pouvait ne jamais s'arrêter...


Kougyoku ouvrit doucement les yeux, se les frottant tout en se redressant lentement. Elle s'était endormie ? Elle ne se souvenait pas vraiment... Mais il était vrai qu'ils s'étaient beaucoup agités. La pêche avait été vraiment fructueuse, suivit ensuite par cette baignade tirant sur une bataille aquatique plus qu'autre chose... Puis ils avaient fait griller leurs prises du jour afin de récupérer un peu de forces tout en séchant leurs vêtements. C'est là qu'elle avait du s'endormir... Puis elle regarda Koumei qui lisait tranquillement un parchemin au coin du feu. Il était tout seul ? Baillant de nouveau, elle hésita un peu avant de se lancer. C'était son frère aussi après tout...

« K-Koumei ?

_Oui ? »

Celui-ci leva les yeux de ses écrits pour la regarder, attendant visiblement qu'elle poursuive.

« … Où sont Hakuyuu, Hakuren et Kouen ?

_Ils sont partis depuis bientôt une heure. »

La petite se figea, sentant son sang se glacer en une seconde, toute trace de fatigue disparaissant immédiatement alors qu'elle assimilait ses paroles.

« C-Comment ça ?

_Un messager a été envoyé pour les trouver. Apparemment, il était important qu'ils rentrent au palais, Kouen les a accompagné sur un bout de chemin mais il ne va pas tarder à revenir je pense... »

Mais la petite n'écoutait déjà plus. Non... Non ! Elle avait réussi à les éloigner du palais, alors pourquoi y retournaient-ils ? Pourquoi n'avait-elle pas envisagé ne serait ce qu'un instant que ça pourrait arriver ? Pourquoi s'était-elle endormie !? Elle se mordit la lèvre, la panique la gagnant au fil des secondes. Que devait-elle faire ? Que pouvait-elle faire ? Elle sentit ses mains trembler à mesure qu'elle réalisait l'ampleur de la situation. Sans perdre de temps, elle se mit à courir, l'esprit complètement vidé par la panique qui l'envahissait. Une heure. Ils avaient une heure d'avance sur elle. Et ils étaient à cheval eux, alors qu'elle se contentait de courir à pieds ! Mais c'était la seule chose qui lui venait à l'esprit pour le moment. Elle ne savait pas monter à cheval. Et comment expliquer à Koumei que ses cousins allaient mourir et qu'il fallait rentrer de toute urgence ? La princesse sentit rapidement ses poumons la brûler, sa gorge devenant sèche à mesure qu'elle continuait. Elle avait déjà mal aux jambes. Elle n'y arriverait jamais ! Elle ne voyait pas le palais se profiler au loin. Était-elle seulement dans la bonne direction ? Toutes ces questions se bousculaient dans sa tête, se mêlant à l'angoisse sourde qui lui tordait l'estomac. Elle allait échouer ! Pourquoi ? Pourquoi est ce que ça tournait comme ça ? Alors que son amie du futur avait pris la peine de lui envoyer le journal pour la prévenir de ce qui allait arriver ! Elle aurait fait ça pour rien ? Elle allait perdre ses cousins alors qu'elle avait réussi à se rapprocher d'eux, à les connaître, à les aimer ? Elle sentit ses jambes s'affaisser sous son poids. Elle n'y arrivait plus, elle ne pouvait pas courir plus loin. Elle avait échoué... Serrant les dents, elle éclata en sanglots. Elle était si inutile ! Alors qu'elle savait ce qui allait se passer, elle échouait ! Elle n'aurait jamais dû essayer ! Elle n'aurait jamais dû se lier à eux, si ce n'était que pour les voir mourir et disparaître de sa vie ! Si faible, si pitoyable...

« Kougyoku ! »

La petite tourna la tête lentement pour voir Kouen descendre de son cheval, la rejoignant rapidement.

« Qu'est ce que tu fais ? Koumei m'a dit que tu t'étais sauvée !

_Il faut rentrer maintenant ! »

Kouen haussa un sourcil alors que la petite princesse s'agrippait à lui de toutes ses forces, le visage ravagé par les larmes.

« … Qu'est ce qu'il y a Kougyoku ? Il s'est passé quelque chose ? »

Mais la petite se contenta de secouer vivement la tête. Elle ne pouvait pas lui expliquer, il ne la croirait pas. Mais il ne ferait rien si elle ne lui disait rien. Pourtant, il était bien la seule chance qui lui restait.

« Kougyoku, commences par te calmer...

_Non ! Il faut rentrer maintenant et vite !

_On ne peut pas rentrer et laisser les autres derrière. »

La petite n'en pouvait plus et éclata en sanglots sous le regard stupéfait de son frère.

« Mais Hakuyuu et Hakuren vont mourir !

_Que... de quoi parles tu ?

_Ils vont mourir si on ne les rattrape pas !

_Mais comment peux tu en être aussi sûre ? »

Kougyoku ne savait plus quoi dire. Elle ne tenait plus en place, voulait partir en courant dans l'espoir que ça lui permettrait de les rejoindre. Elle ne pouvait pas reprocher à son frère de ne pas la croire mais il fallait qu'il lui fasse confiance ! Elle sanglota de plus belle en ne pouvant pas lui en donner la raison.

« Je... Je ne peux pas le dire ! »

Kouen pinça les lèvres en la regardant. Que lui arrivait-il tout d'un coup ? Elle qui était ravie de cette sortie du jour, la voilà qui était en pleurs et visiblement en proie à une panique totale. Et cette histoire concernant ses cousins... Qu'est ce que ça voulait dire ? Ça n'avait pas le moindre sens... Mais... se mettrait-elle dans un état pareil sans raisons ? Il ne savait quoi penser... S'avançant, il attrapa la petite et la hissa sur la selle de son cheval avant de monter derrière elle et attrapa les rennes. Peut-être que ce n'était rien mais...

« Accroches toi bien... »

D'un coup de talon, il lança sa monture au galop tandis que la princesse s'accrochait fermement à lui. Il... la croyait ? Vraiment ? Puis elle chassa rapidement cette question de son esprit, bien vite remplacée par la peur à l'idée qu'il ne soit déjà trop tard. Elle ferma les yeux de toutes ses forces. Pitié, qu'il ne leur soit rien arrivé ! Elle répétait en boucle cette prière dans son esprit à mesure que leur monture approchait du palais. Et elle sentit son cœur se figer. Un large nuage de fumée noire s'élevait dans le ciel. Il n'y avait qu'une chose qui pouvait provoquer pareille chose. Un incendie. Non... Non non non !

« Kougyoku...

_O-Oui ?

_Nous ne sommes plus très loin, rentre et attends moi aux écuries... Et je compte sur toi pour tout m'expliquer ensuite...

_M-Mais... où vas tu ?

_Je pars devant. »

Le regardant descendre de selle, elle le vit s'emparer de son épée, récitant quelque chose alors qu'une étoile se mit à briller sur sa garde. Fermant les yeux devant le vent qui s'élevait, elle vit son frère dont l'apparence avait drastiquement changé. Ses cheveux bien plus longs ressemblaient à des serpents, des tatouages apparaissant sur sa peau... Elle n'eut pas le temps de l'observer davantage que celui-ci s'envola à une vitesse phénoménale en direction du palais. Comment avait-il fait ça ?


Kouen volait aussi vite qu'il le pouvait, franchissant la distance qui le séparait du palais en un éclair. Et la situation était encore pire que ce qu'il imaginait. C'était toute une aile du palais qui était ravagée par les flammes. Comment une telle chose avait pu arriver ? Pestant, il se posa rapidement, ôtant son équipement avant de se ruer en avant, attrapant par le bras la première personne qu'il croisa.

« Où sont les princes ?

_Ils... Ils sont dans le brasier monseigneur ! »

Le prince se figea aussitôt avant de regarder les hautes flammes danser devant eux. Dedans ? Bon sang ! Sans perdre de temps, il se rua en avant, ignorant les voix qui tentaient de le retenir, défonçant une porte dont la résistance était déjà bien entamée par le brasier. Ignorant la douleur irradiant de son épaule, il se mit à avancer à pas vifs.

« Hakuyuu ! Hakuren ! Répondez moi ! »

Puis les paroles de sa jeune sœur lui revinrent aussitôt en mémoire. Ils allaient mourir... Se mordant la lèvre, il reprit sa progression, évitant les débris en feu qui tombaient devant lui. Non, il ne laisserait jamais pareille chose arriver ! Grognant, il rugit de toutes ses forces pour couvrir le vacarme du bois qui craquait sous les flammes, espérant que ses cousins l'entendait. Bon sang ! Mais où étaient-ils ?

« Kou... en ? »

Il se figea immédiatement en entendant cette voix et pivota sur sa gauche, courant presque pour voir Hakuyuu qui était agenouillé, de nombreuses plaies et brûlures couvrant sa peau. A ses côtés, Hakuren était étendu au sol, guère dans un meilleur état que lui. La voix de son cousin lui parvenait à peine.

« Que... fais tu là ?

_Plus tard, il faut partir d'ici ! »

Attrapant Hakuren, il lui fit passer le bras autour de ses épaules pour qu'il prenne appui sur lui, surveillant du coin de l'œil que son autre cousin pouvait le suivre sans peine. Avançant aussi vite qu'il le pouvait, Kouen remarqua les nombreux corps qui jonchaient le sol, des poupées brisées crissant sous leurs pieds. Mais que s'était-il passé ?

« Qu'est ce que...

_Je t'expliquerais plus tard Kouen... »

Hakuyuu avançait tant bien que mal, tentant d'ignorer ses blessures qui faisaient irradier une douleur sourde dans tout son corps. Puis son regard se posa sur des silhouettes masquées qui les attendaient non loin de la sortie qui leur garantissait le salut.

« Il en reste encore... combien sont-ils bon sang...

_Cessez de vous débattre, la mort n'en sera que plus douloureuse... »

Kouen regardait les hommes en noir. Il savait que ces personnes étaient suspectes, comment pouvait-on placer sa confiance en des gens qui masquaient leurs visages ? Mais ces personnes s'attaquaient à des princes, à ses cousins, à sa famille ! Il sentit une vive fureur le gagner aussi posa t-il son cousin avant de s'emparer de son épée, son regard empli de colère posé sur ses adversaires.

« Viens Astaroth ! »

Laissant son équipement recouvrir sa peau, il se mit en garde avant de se ruer sur ses adversaires, les faisant brûler dès l'instant ou son arme entrait en contact avec leurs corps. Corps qui se transformaient en poupées sitôt tués... Mais qu'étaient donc ces personnes !? Profitant d'une ouverture, il attrapa ses cousins avant de se jeter en avant pour se précipiter hors du brasier, tombant lourdement et roulant sur le sol avant de se redresser lorsqu'un craquement sonore retentit. Il leva les yeux et vit la haute bâtisse s'écrouler, ses fondations ravagées par les flammes. Dire qu'à quelques secondes près, ils auraient pu se retrouver là dessous. Leurs ennemis eux étaient sous les décombres. Ainsi, ils ne leur poseraient plus de problèmes... Se débarrassant de son équipement, le prince poussa un soupir avant de rejoindre rapidement ses cousins étendus au sol. Ils étaient gravement blessés.

« Faîtes venir les médecins immédiatement ! »