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Au FBI, Booth se massait les tempes dans son bureau. Il tenait très bien l'alcool mais il se rendait compte avec l'âge, que les lendemains étaient de plus en plus durs. Malgré le mal de tête, il souriait. La soirée d'hier lui a fait vraiment beaucoup de bien. Il pensait au départ se souler jusqu'à ne plus tenir sur ses jambes mais il fallait croire que le destin en avait décidé autrement. Après avoir quitté Jack et Margaret, il avait insisté pour raccompagner Angela puisqu'elle qu'elle était à pied. Quand il s'arrêta devant sa porte, il se sentit nerveux. Il ne savait pas trop quoi faire. Dans un sens, il ne voulait pas passer la nuit seul et il est vrai que de s'endormir avec une femme aussi séduisante qu'Angela lui plaisait. Après tout quel homme se serait pas tenté ? Mais dans un autre sens, il ne savait pas s'il le voulait parce qu'il était en manque d'amour ou simplement pour faire du mal à Brennan en couchant avec sa meilleure amie, sûrement celle qu'elle n'a jamais eu. Il n'avait pas le droit de mêler Angela à leur histoire. Après tout, il se doutait que l'artiste ne serait pas d'accord pour ce genre d'aventure et avait dû en parler, déjà, avec sa meilleure amie. Il se résigna et embrassa doucement l'artiste sur la joue avant de partir. Elle en parue même soulagée car elle savait qu'elle n'aurait pas eu la force mentale pour le repousser.
Il rentra donc chez lui, seul. Une fois dans son appartement, il alla directement dans sa chambre et sortit le carton qu'il avait placé sur les étagères et s'assit sur son lit pour en faire l'inventaire. Il retira Grizzy et le prit dans ses mains en souriant. Exactement le même sourire qu'il avait eu trente ans plus tôt lorsque Jack le lui a donner. Il garda l'objet dans main droite et prit de la gauche une photo qu'il n'avait pas vue depuis un bon moment. Elle avait été prise pendant cette fameuse semaine de pêche. Lui, se tenant entre son grand-père et Jack avec dans ses mains, son trophée de guerre. La plus grosse perche que son grand-père avait vu et qu'il avait réussi à attraper seul avec les encouragements des autres. Il s'allongea sur le lit en gardant son nounours et la photo sur lui, pour s'endormir le sourire aux lèvres quelques minutes plus tard tel un petit garçon de trente-sept ans.
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En milieu de matinée, son patron entra dans son bureau le sourire aux lèvres.
« Bonjour ! » Il ouvrit la bouche mais s'arrêta net en voyant la mine son agent. « Vous faites une drôle de tête ce matin. »
« Oh, j'ai fait une soirée téquila avec une amie hier soir. »
« J'ai de l'aspirine dans mon bureau si vous voulez. »
« Non, c'est bon j'en ai mais merci quand même. »
Ils échangèrent un sourire puis le directeur se lança.
« Il n'y a pas de malentendu entre nous ? »
« Non. »
« Je vous ai trouvé plutôt évasif hier. Je vous avais demandé s'il se passait quelque chose entre vous deux et vous m'avez répondu que non. »
Il est vrai qu'Hacker avait été quelqu'un de droit en lui demandant s'il se passait quelque chose entre eux. Qu'il ne voulait pas s'immiscer entre Brennan et lui. N'importe quel homme de pouvoir au FBI se serait servi de son statut pour passer devant lui mais pas Hacker. Cette question lui parue pourtant étrange venant de son supérieur dans la mesure où les relations entre agents et consultants sont interdites.
« Notre relation est strictement professionnelle. »
« Si je m'étais douté de votre venue, je serais parti plus tôt. »
« Elle me l'aurait dit de toute façon. Tant que vous compartimentez, ça ne me pose pas de problème. »
Hacker hocha la tête avec un sourire.
« Content d'avoir régler ce détail. Tous les dossiers seront prêts ce soir ? »
« Vous les aurez en fin d'après-midi comme convenu. »
« Je vous laisse travailler. »
Il ne lui en voulait pas de cette relation, il en voulait à Brennan. Après tout, comment pouvait-il lui en vouloir de sortir avec sa partenaire ? Une femme avec un corps de rêve et une intelligence incroyable. Quel homme sur terre ne voudrait pas d'elle comme amante ? Il en était bien tombé amoureux alors il pouvait très bien comprendre Hacker.
Il essayait de saisir ce qui le dérangeait tant dans cette relation, autre le fait qu'il avait des sentiments pour elle. Il serait tombé sur un de ses amants d'un soir, ça ne l'aurait pas réellement gêné plus que cela. Alors qu'elle était vraiment la différence entre lui et un autre homme? Peut-être le fait de le croiser dans les couloirs chaque jour et de voir sa mine rayonnante. S'imaginer ce qu'avait bien pu lui faire sa partenaire pour le rendre aussi joyeux ou bien voir la femme qu'il aimait lui faire des faveurs sexuelles en l'échange de choses qui concernaient le travail.
C'était peut-être tout simplement une histoire de fierté. Chez un homme, ça suffisait pour faire des ravages.
Elle doit sûrement hurler son nom en s'envoyant en l'air alors que je passe mes soirées seul.
Il ne savait pas ce qui était le pire ? Que leur relation soit charnelle ou émotionnelle. Si c'était que pour le sexe, cela voulait dire en quelque sorte qu'elle se servait de son patron comme un objet et que s'il l'apprenait, ça pourrait lui porter préjudice plus tard. Elle disait que lorsqu'elle elle avait besoin d'un rapport sexuel, elle préférait contacter d'anciens partenaires. Alors pourquoi ferait-elle ça si c'était pour le sexe ?
Et si elle voulait quelque chose plus de sérieux ?
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Il était finalement assez content que tous les dossiers soient bouclés. Les affaires concernant les enfants étaient une véritable torture pour lui. Il n'avait plus qu'à les donner à son patron et il pourrait enfin commencer son week-end et essayer de sortir toutes ces horreurs de sa tête. Mais pas de chance pour lui, il y avait une chose qu'il avait oubliée.
« Booth ? »
Il reconnut la voix de sa coéquipière mais ne se retourna pas pour autant.
« Que faites-vous ici ? »
L'anthropologue fut surprise du ton légèrement agressif de son partenaire.
« Sweets ne vous a pas prévenu que le rendez-vous a encore une fois été déplacé?»
Il soupira en s'adossant contre son fauteuil.
« Si mais j'ai oublié. »
Il prit tous ses dossiers pour les donner à Hacker et sortit de la pièce. A son grand étonnement, il ne la laissa pas passer la première comme il le faisait la plupart du temps. Bien qu'elle ait horreur de la galanterie qui, pour elle, était une sorte de domination du mâle sur la femelle mais elle avait pris l'habitude de ce genre de geste venant de lui.
Dans la salle d'attente régnait un silence très pesant pour l'un, relaxant pour l'autre.
« Vous êtes nerveux ? »
« Pourquoi je le serai ? »
« Je ne sais pas mais vous semblez nerveux. »
« Depuis quand êtes- vous une spécialiste du comportement ? »
« Pas du comportement en général mais quand il s'agit de vous, je sais. »
« Vous en avez de la chance. Même après 5 ans de partenariat avec vous, vous arrivez encore à me surprendre. »
Elle fronça les sourcils.
« C'est un compliment ? »
« Non. »
La jeune femme haussa les épaules et chercha de quoi lire sur la table basse devant eux. Elle s'arrêta sur un bouquin que Booth lisait pratiquement chaque fois.
« C'est étrange que vous n'ayez pas pris cette revue. C'est une nouvelle édition. »
« Il n'y a rien d'étrange. »
« Vous vous jetez dessus à chaque fois que nous venons ici bien que je ne comprenne pas pourquoi. »
« De quoi vous voulez parler ? »
« Bien je me dis que cela doit être frustrant pour vous de regarder des voitures que vous n'avez pas les moyens de payer. Moi, je pourrai. »
Merci, ça fait plaisir...
« Vu comment vous les conduisez, ça ne servirait à rien. »
« Je suis une excellente conductrice. »
« Apprenez à passer la deuxième et on en reparle. »
Elle se pinça les lèvres à ce souvenir alors que lui avait le sourire.
« Vous voyez ! Vous êtes nerveux. »
Elle posa la revue sur la table.
« Je suis nerveux parce que je ne lis pas un magazine ? »
« Non vous êtes nerveux parce que vous respirez fort, vous êtes désagréable, vous tripotez votre balle dans votre poche et vous serrez... »
« Bon et si on passait en mode silence ? »
« Vous voyez ! Vous détestez le silence. »
L'ouverture de la porte du bureau de Sweets était une bénédiction pour lui. Il commençait à perdre patience mais elle n'avait pas totalement tort sur son état. Il était même très nerveux. Bien qu'il répète constamment que Sweets n'était qu'un gamin mais il savait aussi qu'il était tout sauf idiot. Il allait assez vite comprendre ce qui se passait entre eux.
« Je suis désolé pour ce chamboulement dans l'emploi du temps mais j'ai eu un imprévu. »
« A vrai dire, cela m'a plutôt arrangé. »
l'opéra...
« Il y a un problème, agent Booth ? »
« Oui, vous pensez que nous sommes à votre disposition et je n'aime pas beaucoup ça. »
Attaquer Sweets dès le début de la séance n'était peut-être pas la meilleure façon de cacher son angoisse.
« Non, ce n'est pas la bonne raison. Vous semblez préoccupé. »
Et merde...
« Ah vous voyez ! C'est ce que je lui ai dit mais il ment en disant que tout va bien. »
« Peut-être parce que tout va très bien. Je suis encore le mieux placé pour savoir. »
Elle était vraiment frustrée qu'il ne veuille pas se confier à elle. Lui qui répétait sans arrêt que les coéquipiers devaient souvent se parler. Que cela renforçait les liens.
« J'ai été surpris de ne pas vous voir à la soirée en l'honneur de la découverte du docteur Brennan. »
« J'étais occupé.»
Le jeune psychologue avait tout de suite compris la raison de son absence lorsqu'il avait aperçu la belle anthropologue accompagnée de son supérieur.
« Ça devait être quelque chose de très important. »
« Il faisait de la paperasse. »
Sa partenaire répondit avec rage en tournant la tête de l'autre côté de son coéquipier.
« Son absence vous a agacé plus que je ne le pensais. »
« C'est une réaction tout à fait normale. J'ai découvert une chose exceptionnelle. L'histoire égyptienne est ma plus grande passion dans l'histoire. Toute l'équipe était présente, c'est normal que je veuille la présence de mon partenaire pour venir me féliciter. Même le gouverneur a fait le déplacement mais non, monsieur préfère classer des dossiers alors que je sais qu'il a horreur de ça. »
« Cela fait partie de mon travail. »
Brennan lui jeta un regard assassin alors que lui gardait le sien sur le psychologue.
Mais il se fout de moi ?
Elle se leva, complètement énervée du peu de considération qu'il avait pour ses travaux.
« Ces dossiers sont plus importants que ce que j'ai fait ? »
S'en était trop pour lui. Il fallait la remettre à sa place. Il se leva et ouvrit ces chemises cartonnées pour en sortir plusieurs photos qu'il posa sur la table une par une.
« Je vais vous le dire de quoi parlent ces dossiers. Regardez le tableau de chasse de ce pédophile, treize enfants violés et étranglés en l'espace de huit mois. Des braqueurs de banque à la gâchette facile ont fait sept cambriolages et tués dix-huit personnes. Oh celui-là est mon préféré. Un petit garçon de l'âge de mon fils a été battu à mort avec une bouteille de Scotch parce que sa chambre n'était pas rangée. Allez voir les gens qui les aiment pour raconter votre découverte sur ce fils de pute d'Anok. Je suis sûr que vous les aurez vos félicitations. J'ai passé une sale semaine alors ARRÊTEZ TOUT DE SUITE DE M'EMMERDER AVEC VOS CONNERIES ! »
Elle fit un pas en arrière devant l'excès de colère de Booth. Elle ne le reconnaissait plus. Elle savait qu'il était capable d'une grande violence mais il n'avait jamais été comme cela avec elle. Au moment où elle sentit une larme couler, elle quitta rapidement la pièce.
Sweets restait assis sans sortir le moindre mot. Il se sentait comme un enfant pris dans une dispute entre ses parents. Il faisait profil bas pour éviter d'être le prochain sur la liste de l'agent. Le claquement de porte le fit légèrement sursauter.
« J'ai bien cru que j'allais y passer. »
Il était passé au bar et fut déçu de ne pas voir Jack. Il voulait l'appeler mais se résigna, ne voulant pas le déranger un vendredi soir pour ça. Il ne savait pas quoi penser de cette dispute. Il n'avait pas aimé être pris en grippe dès le début de la séance et il avait explosé. Il se souvint de ce que lui a dit sa partenaire sur Jared. Qu'à force de le protéger, il ne pourrait pas se protéger lui-même.
Si je suis toujours gentil avec elle, comment se rendra-t-elle compte qu'elle va parfois trop loin ? Elle sait très bien que je passe mes journées en enquêtant sur des meurtres horribles. Comment ose-t-elle faire passer sa découverte avant le reste ?
Il ne savait pas s'il avait eu tort ou raison de faire ce qu'il a fait. Il avait un combat intérieur à mener contre un ange et démon.
Repense à ce que tu lui as dit, crétin. Tu as fait pleurer la femme que tu aimes. Tu es content ? C'est ça pour toi l'amour ? Elle avait raison de s'énerver contre toi. Faut la comprendre aussi, elle est extrêmement fière de sa découverte et en plus sur un sujet qui a l'air de beaucoup la passionner et tu n'as même la décence de venir l'applaudir à son moment de gloire. Cette pauvre fille est restée toute sa jeunesse dans l'ombre et au moment où elle a les projecteurs braqués sur elle, tu n'es pas là ? Elle voulait juste la présence de ses amis et surtout celle de son partenaire.
Le remord commençait à s'emparer de lui quand il en entendit une autre.
Tu as eu raison de t'énerver. Pour qui elle se prend de te clouer au pilori après tout ce qu'elle t'a fait ? Je le dis depuis le début que tu es trop gentil avec cette fille. D'accord, elle a eu une enfance difficile mais ce n'est pas une raison pour être aussi blessante avec toi après tout ce que tu as fait pour elle. Toi aussi tu as souffert. Tu as subi la fureur de ton père pour protéger un frère qui n'est même pas reconnaissant. Il lui a fallu une soirée pour faire croire à ta partenaire que tu es un loser. Après quatre ans passées à tes côtés, elle ose penser ça de toi. Déjà que se pavaner à la soirée avec ton patron est très limite mais ce n'est pas le pire. Elle a Osé parler du meatloaf pendant son rendez-vous alors qu'elle avait promis de ne pas parler de toi et tu sais très bien que cette histoire est beaucoup plus importante qu'elle n'y paraît. Et puis, si elle tenait tant que ça à ce que tu viennes, elle ne t'aurait pas invité à l'accompagner ? Régler ses dossiers est beaucoup plus important que de la regarder se parader avec ton patron. Pourquoi à ton avis est-elle toujours aussi blessante avec toi ? Sûrement parce qu'elle a trouvé un pigeon assez con pour lui pardonner tout ce qu'elle fait. Tu n'es qu'un petit cleps pour elle. Un petit toutou qui arrive au pas de course quand sa maitresse l'appelle. Tu as toujours su te faire respecter des autres depuis que tu es tout petit et tu n'es même pas foutu de dompter une fouine. Regarde-toi ! Après tout ce qu'elle te fait subir, tu restes là à te lamenter sur ton sort. Pourquoi au fait ? Lui avoir crié dessus ? Tu es vraiment pathétique. Conduis- toi comme un homme et arrête de te faire du souci pour des histoires de bonne femme.
Sans qu'il s'en rende compte, ses lèvres formèrent un sourire machiavélique.
Chose plutôt rare, ce soir le démon avait mis une raclée à l'ange.
