CHAPITRE 3 : ennemis.
Je n'arrive pas à dormir. Je me sens si mal… Dès que je ferme les yeux et commence à sombrer dans le sommeil, j'ai l'impression de chuter longuement, tête en bas, de dégringoler la pente à reculons… Et ces images qui s'imposent à moi. Mon cœur s'emballe frénétiquement, je me demande si je ne vais pas mourir. J'angoisse. Je revois Malefoy qui me menaçe subtilement, je ne suis pas certaine qu'il aille jusque là. Je me posais la question de sa présence ici, j'ai maintenant la réponse : il vient me tuer. J'ai peur, et je suis impuissante. Je me sens seule, je n'ai personne à qui parler de tout ça.
En quittant ma chambre, il a lâché
« Si tu n'avais pas voulu que je vienne, tu aurais pris la peine de changer le mot de passe. » Je suis tentée de le changer, ce qui me passera le temps alors que je n'ai pas sommeil. Et puis, je le sens capable d'entrer dans la nuit, m'assassiner ! Pourquoi n'ai-je pas envie alors de modifier le mot de passe, d'en sceller la porte à Malefoy ? Je n'arrive à m'y résoudre. Au final c'est la seule personne ici qui est dans le même bain que moi, au détail que nous sommes opposés ; j'aimerais lui parler. Faut-il que je me sente si mal pour avoir envie d'un dialogue avec Malefoy ?
Le lendemain, sur ces réflexions, elle prit quand même la décision de libérer la chambre du préfet. Elle envoya un mot bref pour avertir Dumbledore, et tira sa valise jusqu'au dortoir de Gryffondor ; c'était un samedi matin, si tôt que tout était désert. Hermione savoura un instant la lumière naissante que l'aube gris/rose projetait dans la salle commune, le calme paisible, silencieux, parfois interrompu par une respiration ou un ronflement ; bientôt le froid sévirait, elle avait envie de profiter de la matinée. Les affaires posées sur un lit au hasard, elle quitta la chambre commune sur la pointe des pieds, soucieuse de ne pas déranger le sommeil d'autrui. Puis elle gagna le bord du lac, où elle s'installa, tranquille afin de se délasser de ses tourments ; un rayon de soleil tardif se posait directement sur elle, la réchauffant, la plongeant dans une torpeur somnolente. Ce fut des éclats de voix qui l'éveillèrent.
« Allez Servilus, ne sois pas stupide. Dégage de là.
― Poudlard ne t'appartient pas, Black. » Gronda une voix lente et mal assurée qu'Hermione connaissait.
« Poudlard ne t'appartient pas, Black… » Imita l'autre, minaudant. Il ajouta, méprisant :
« Il faut que j'aille chercher Evans pour qu'elle te le demande gentiment ? Là, tu consentirais peut-être à te traîner ailleurs.
― Laisse la sang-de-bourbe où elle est, Black. Et fous moi la paix. » Mais sa voix trahissait la meurtrissure que l'évocation de la sorcière lui avait causé. »
Hermione, avec curiosité, se redressa légèrement mais un bosquet lui dissimulait les protagonistes de la joute verbale. Toutefois, l'un d'eux s'éloigna à grands pas, et elle put observer ses épaules larges, voûtées, son corps anguleux qui paraissait gauche et mal à l'aise ; il ne pouvait qu'être propriétaire de l'accent blessé, méfiant. Et bien qu'elle n'étais pas le moins du monde dépourvue d'ennuis, un vif pincement au cœur la surprit, laissant un instant ses propres soucis s'évaporer, elle éprouva une compassion infinie pour ce garçon raillé, et touché dans son amour pour Lily, ignorant pourtant qui il était.
« Tiens, tiens… M'épieriez-vous, jeune fille ? »
Et Hermione s'aperçut horrifiée qu'elle s'était levée entièrement, dans une posture qui ne laissait pas de doute sur son espionnage ; et Sirius Black, qui n'avait pas bougé, l'avait remarquée.
« J'étais intriguée de savoir qui se disputait ainsi… » Elle se redressa entièrement puisqu'elle était découverte, et adressa une moue confuse au jeune homme. Il lui était étrange de parler à Sirius, à celui qui serait le parrain d'Harry. Peut-être le traître.
« Ce n'était que moi… Et Rogue. » Il émit un petit rire de dérision, et d'un geste de la main, il fit comprendre à Hermione que sa justification lui suffisait. Puis il ajouta, avant qu'elle ne pense à se rasseoir :
« Rejoins-moi si tu veux. Je ne te prierai pas de partir avec la délicatesse dont tu m'as entendu capable… Allez, viens, c'est idiot de se parler à travers un buisson. »
Un peu gênée, elle s'exécuta, une moue troublée sur son visage rosi légèrement, et prit soin de s'installer face au lac. Elle sentait le regard attentif de Sirius s'attarder sur elle, l'embarrassant affreusement.
« Tu es Hermione de Beauxbâtons, non ?
― Oui. Et toi ?
― Sirius Black, Gryffondor également. »
Un court silence s'installa, interrompu par le maraudeur :
« C'est rare de croiser quelqu'un, si tôt le matin.
― Je n'arrive pas à me lever tard. » Avoua-t-elle.
« Et puis, il vaut mieux profiter du beau temps tant qu'il nous honore encore. » Mais Sirius semblait penser à autre chose.
« C'est incroyable ce savoir que tu accumules. Tu connais les réponses exactes à toutes les questions des professeurs ! Même Evans a du mal à te tenir tête ! » Dit-il enfin, le ton appréciateur. Elle rosit, de fierté, et de gêne un peu face à compliment, puis répondit sans bien savoir si c'était par modestie ou par irritation :
« Je ne vaux rien en Potions face à elle, d'ailleurs Slughorn ne cesse de chanter ses louanges. »
Il rit, lança, taquin : « Serais-tu jalouse, Hermione ? » Avant d'ajouter sur le ton de la conversation :
« Pour ce qui est du côté pratique des Défenses contre les Forces du Mal, tu ne nous dépasseras jamais, James et moi. »
Elle ressentit un vif agacement à l'écoute de ses prétentions, mais préféra ne pas le montrer, optant pour un sourire timide ; seulement le jeune homme ne fut pas dupe, et lui posa familièrement une main sur l'épaule, l'expression nonchalante :
« Je t'ai vexé ? Effectivement, je devrais te laisser une chance. Je pourrais toujours te donner des cours…
― S'il est quelque chose dont je n'ai aucunement besoin, c'est bien de recevoir des cours d'autrui ! » S'indigna Hermione, offensée qu'un élève de sa classe puisse lui proposer son aide pour les cours. Ses sourcils froncés et sa bouche pincée, elle fixait le maraudeur d'un œil furieux, tel les traits figés d'une poupée de porcelaine au visage délicatement froissé.
« Je me suis mal exprimé. Ce ne sont pas réellement des cours. Remus, James, Peter et moi, nous nous entraînons fréquemment à la Défense contre les Forces du Mal, rien que tous les quatre, la nuit venue. »
Une espèce d'AD, pensa-t-elle avec un pincement au cœur. Etait-il possible que chaque génération ait connu son regroupement d'élèves que les cours de Défense contre les Forces du Mal ne satisfaisaient pas entièrement, au point de mettre au point des réunions récapitulatives, et des entraînements ? Ils possédaient la Carte des Maraudeurs, ainsi que la Cape d'Invisibilité, tout comme Harry, peut-être allaient-ils également au même endroit ? Sur cette réflexion, elle demanda bêtement : « Dans la Salle sur Demande ? » Et un regard de Sirius suffit pour lui faire comprendre l'énormité de sa maladresse.
« Etonnant ! Comment as-tu appris son existence ?
― Il est préférable de me taire, que de ne trop mentir. » S'écria-t-elle, la voix plus aiguë que d'ordinaire, couvée par les yeux circonspects de Sirius.
Plus tard dans la journée, elle apostropha Malefoy dans un couloir, l'angoisse faisant battre son cœur. Il vissa son regard dans celui de la sorcière, et sourit, mauvais.
« J'espère que c'est pour une bonne nouvelle, Granger. Je suis de terriblement mauvaise humeur aujourd'hui, tu aurais tôt fait de me contrarier. Au point de faire quelque chose de regrettable.
― Ta chambre est libre, Malefoy. » Répondit-elle, ignorant l'intimidation menaçante qu'il exerçait sur elle. Mais elle baissa les yeux, consciente qu'il ne craignait rien à cette époque.
« T'as été longue Granger. C'est parce que c'est la mienne que tu y es tant restée ? Tu aimes à ce point ? » Elle releva la tête, irritée ; qu'il la menace puisqu'il avait toutes les chances de son côté, mais elle ne pouvait rester de marbre face à sa provocation délibérée.
« C'est bien parce que c'est la tienne que je n'y mettrais pas un pied de plus.
― Dois-je… Dois-je te rappeler, Granger, qu'il me serait si facile de t'éliminer. Caché, ou aux yeux de tous ? Peu importe puisqu'il me suffit ensuite d'agiter mon retourneur de temps. Et retrouver mon époque, ainsi que le triomphe entier de Voldemort. Je ne cours aucun risque, Granger, il faudrait que ça rentre dans ta tête ébouriffée. » Gronda-t-il, frémissant de jubilation. Ou peut-être était-ce de la rage ? Elle ne put s'empêcher de demander :
« Alors pourquoi ne m'élimines-tu pas dès maintenant ? » Et Malefoy de la regarder, un sourire narquois aux lèvres.
« J'ai envie de m'amuser un peu. De voir où sont tes limites. Rien de moins exaltant qu'une victoire trop facile.
― Je crois que tu n'oses pas, surtout. » Le provoqua-t-elle. « Ta lâcheté est de notoriéré publique, Malefoy.
― Ma lâcheté ? Mais je n'ai aucune raison d'être lâche, ici ! » Glissa-t-il, les yeux plissés de colère.
J'ai peur. Et pourtant je sais, ou j'espère que Malefoy est incapable de mettre ses sombres plans à exécution. Me mettre des bâtons dans les roues, je n'en doute pas, mais me tuer… Je me demande aussi comment écarter James Potter de Lily ; apparemment elle ne meurt pas d'envie de lui, mais je dois agir quand même. Pourtant, je me sens impuissante. Dumbledore m'a conseillé d'étudier la magie noire, pour « me mettre au niveau de l'ennemi ». Je commencerais par me rendre dans la chambre de Malefoy emporter ses livres, en espérant qu'il n'ait pas changé de mot de passe. Mes chances sont quasi nulles. Et je n'irais pas avant d'être certaine que lui, ne s'y rendra pas à ce moment.
Hermione, depuis qu'elle avait « emménagé » au dortoir, révisait dans la salle commune avec Lily. Au début elle avait craint que la notoriété de son amie ne l'empêche de travailler correctement, pourtant, personne ne les dérangeât ; seule Jéromine Habbot, la Gryffondor avec qui Lily paraissait très liée, restait parfois avec elles.
Mais ce soir là, les devoirs étaient à des millénaires des préoccupations d'Hermione. Elle cherchait inlassablement, à la bibliothèque, les ouvrages conseillés par le directeur, tant concentrée que les bruits extérieurs ne l'atteignaient plus ; raison pour laquelle, le claquement de la porte, les pas féminins qui se rapprochaient d'elle ne la troublèrent pas le moins du monde, alors qu'elle venait de mettre la main sur un épais livre qui figurait parmi la liste des recherchés.
« J'en étais sûre. Tu m'as oubliée ! »
Lily, campée devant elle, le regard furibond et les mains sur les hanches, s'intéressa alors à l'ouvrage, et observa Hermione curieusement.
« Si tu cherches les autres, c'est moi qui les ai emporté dans ma chambre. »
Et Hermione, assommée, de la regarder sans qu'un son ne sortît de sa bouche.
Ce fut au cours de la semaine suivante, qu'elle prit le courage de manquer un cours en commun avec les Serpentards, pour fouiller la chambre de Malefoy. Littéralement terrorisée, elle prononça le mot de passe, et la porte s'ouvrit. Attendait-il qu'elle y entre pour avoir un prétexte de la tuer ? Elle s'assura avec un soulagement sans nom qu'il n'était pas dans la chambre, et entama son travail de recherche, fébrilement.
La porte claqua. Hermione se raidit, en catastrophe : pas le temps de se cacher. Elle était finie.
« Alors Granger, on s'est trompé de chambre, j'imagine ? » Il avait sur son visage une expression de triomphe à l'avance, et s'approcha de la jeune fille, se plongeant dans l'ambre effarouché de ses yeux.
« Si j'avais su que venir chercher mon livre de Potions m'occasionnerait une si délicieuse surprise ! »
Et voilaaaaalalalalalalaaaa ! Si quelqu'un s'intéresse à la suite, il serait gentil de poster une petite review d'encouragement. Pasque sinon, je vais pas être motivée à écrire. Na !
Dans le chapitre qui arrive, va y avoir un léger rapprochement entre Drago et Hermione ! Ainsi qu'avec les maraudeurs.
Bon maintenant, dîtes-moi : je sais pas trop quoi faire de Sirius/Hermione, vos avis ? Je me demande si c'est pas un couple qu'il vaudrait mieux que je laisse aux autres fanfic… Vos avis ? Hihihi
Aussi, dîtes-moi un peu ce que vous pensez du chapitre. C'est très important pour moi de prendre en compte les critiques, bonnes ou mauvaises, car même si elles n'influenceraient pas mon scénario, je peux modifier ma manière d'écrire selon vos attentes.
Je m'éloigne trop du sujet ? Je parle pas assez de tel ou tel perso ? C'est pas assez porté sur l'amour ?
Et un grand merci à Valalyeste : ma fidèle revieweuse ! J'espère que ta curiosité sera assouvie avec ce chapitre, et à la fois davantage piquée Bonne lecture !
A Drago-Hermione : Merci, merci… Je vais avoir des sacrés chevilles si les compliments continuent Bonne lecture !
A Langedesenfers : T'inquiète, le rôle de Drago va bientôt s'inverser ) Il peut pas être méchant tout le long, sinon y pourrait pas y avoir de romance entre lui et Hermione ! Je suis contente si ça te plait ! Donne moi ton avis, si le chapitre est pas tip-top, hein !
A JadeMalefoyRogue : Ouiiiiiii je continueeeeeee encoreuuuuuh ! Pour toi !!!
Liliepotter : Huhuu oui, Drago est là pour emmerder Hermione. Mais ses piques vont devenir de plus en plus symboliques, et … Ben oui, il va changer, mais chut ! Et pour James et Lily, je me demande encore à moitié comment m'y prendre ) J'ai quand même ma petite idée… Mais je sais qu'il est scientifiquement prouvé que James est tellement amoureux de Lily qu'on pourra pas le faire changer, c'est pourquoi j'ai l'idée d'une manière détournée qu'il puisse aimer Lily à travers une autre fille, et du coup se détourner d'elle… Mais stop, j'en dis pas plus maintenant !
