CHAPITRE 4 : la solution !


« Si tu ne voulais pas que j'entre, tu aurais changé ton mot de passe. » Grinça Hermione, le cœur battant son appréhension. Il referma la porte, prenant soin de formuler à voix claire un sort de verrouillage.

« Tu as peur, Granger ? »

Il s'était retourné vers elle, un sourire aux lèvres.

« Non. » Il parut s'agacer de cet aveu, et s'approcha lentement de la jeune fille.

« Je t'avais prévenue, pourtant, Granger. Tu sais ce que je vais devoir te faire maintenant ? »

D'un hochement de tête, elle se laisser glisser au sol.

« Tu vas me tuer ? » Demanda-t-elle d'une voix ambiguë, entre la raillerie et le désespoir.

« C'est le bon moment, tu ne trouves pas ? » Malgré son timbre menaçant, il semblait indécis, se tortillant nerveusement un pan de la cape.

Mais les yeux de la Gryffondor s'emplirent de larmes, non pas parce qu'elle était terrifiée, mais parce que ce Malefoy, baguette en main, qui se voulait dangereux, avait peur. Certainement autant qu'elle, et la situation était proche du grotesque, au vu de ce Serpentard qui dansait d'un pied sur l'autre, parlant pour ne pas se résoudre à la tuer. C'était donc lui, l'élu parmi les meilleurs, qui devait mettre fin à la menace qu'elle représentait pour le Lord ? Lui qui était tout aussi incapable de la tuer, qu'elle l'était de séparer Lily de James. Quels tristes ennemis ils faisaient. C'était risible.

« Pleures pas, putain Granger, je risque de me laisser attendrir. » Railla-t-il, mais dans sa voix venait de naître un trouble nouveau. Sourde à l'autorité de Malefoy, elle sanglota de plus belle.

« Tu ne sortiras pas d'ici tant que tu ne cesseras pas de pleurer.

― Tu comptes me laisser partir ? » Elle releva la tête, les joues baignées de larmes, avec un indicible espoir dans ses prunelles ambrées. Sans répondre, il s'assit face à elle, le visage étonnement grave, ses lèvres fines serrées.

« Nous sommes plus ennemis que jamais, Granger.

― Nous avons aussi vécu les mêmes choses, et nous appartenons à une autre époque que seuls nous deux connaissons. Tu n'as pas la nostalgie du futur ?

― Pourquoi l'aurais-je ? J'ai mon billet de retour, moi. Alors que toi, tu es coincée ici, sans espoir de revoir les personnes que tu as chéri en ton temps. C'est injuste hein, Granger ? Si un jour tu dois revoir la fouine, tu auras une cinquantaine d'année alors lui, sera tout juste adolescent. »

Il a raison. C'est injuste. Je me dis que dans la vie ce qui compte, ce n'est pas l'issue, mais c'est le combat. Dumbledore m'a sacrifié, il m'a envoyé au feu. Et moi, quoi qu'il arrive, je ne reviendrais jamais au temps de ma jeunesse. Je me plonge dans le gris clair des yeux de Malefoy, émue du mépris que je n'y trouve pas.

« Je t'envie presque. » Et je suis partagée entre le désir de sa mort, et celui de m'effondrer contre lui, puisqu'il est le seul lien me rattachant à mon époque.

Il ne semble pas disposé à me laisser quitter la chambre. Je me demande si j'ai réellement envie d'en sortir. J'en sais rien.

« Allez, sèches tes larmes, Granger. Ca n'a jamais réalisé les vœux de pleurer. » Malgré son timbre narquois, il me donne l'impression de me consoler. Ca me calme.

« Tu ne pleures jamais, toi ?

Ca m'arrive… Mais en général j'évite. » Je suis surprise qu'il m'ait répondu sans être agressif. Il pose un regard un peu amer sur moi, et poursuit, sombrement :

« Toi, tu as eu le choix de venir te coincer à cette époque. Moi je n'ai jamais eu le choix de rien, et certainement pas de mon camp.

Il n'est jamais trop tard pour changer ! » Je m'exclame un peu trop vite. D'ailleurs il me dévisage, goguenard.

« Tu es complètement fondue, Granger. Mais laisse-moi croire un peu à ce que tu viens de dire, rien qu'un peu. »

J'ai envie d'y croire, moi aussi, rien qu'un peu. Rien qu'un peu plus que lui… Mais déjà, il se reprend, et avec dureté, il siffle :

« Sors, Granger. Je ferme les yeux pour cette fois, mais ne t'attends pas à une telle indulgence de ma part si nous devions nous recroiser. » Et, d'un regard de menace, il ajoute : « Surtout si c'est dans ma chambre. »


Suite à cette altercation, Hermione évoqua avec Lily le sujet des livres de Magie noire. La jeune sorcière s'emballa aussitôt, et confia un soir, alors qu'elle s'étaient installées sur son lit, à l'abri des regards indiscrets : « Je m'y intéresse déjà depuis quelques temps… » Face à la suspicion d'Hermione, elle s'empressa de souligner :

« Tu sais, par les temps qui courent… Avec toutes les menaces extérieures, j'ai pensé qu'il était avantageux de connaître un peu cette forme de magie.

― Nos avis se rejoignent. »

Et avec une résolution un peu naïve, elle ne voulut plus douter de Lily ; les raisons pour lesquelles elle se renseignait sur la magie noire étaient les mêmes que les siennes, ce qui ne faisait pas d'Hermione une partisane de Voldemort.


Mais alors, le club de Slug entra dans la vie de la Gryffondor aux cheveux écarlates, ou plutôt, elle entra dans le club de Slug, et Hermione se retrouva seule plusieurs soirs par semaine. Les premières fois, elle fit ses devoirs et attendit son amie pour leur quotidienne lecture maléfique, mais elle eut la désagréable surprise d'une Lily éméchée qui lui balbutia qu'elle avait sommeil avant de s'effondrer sur son lit, ronflant déjà.

Cependant, un soir, cette dernière se montra particulièrement loquace, au grand bonheur d'Hermione qui n'avait pas envisagé de profiter de l'ébriété de son amie. D'elle-même, Lily s'avança jusqu'au lit de la Gryffondor, d'une démarche peu assurée, et chuchota : « Hermione ?

― Viens, installes-toi. »

L'odeur de l'alcool, forte, se répandit autour des deux jeunes filles.

« Je me demande pourquoi Slughorn… n'invite pas Pot…ter… Potter, à ses soirées… » Vacillante, elle poursuivit, soucieuse :

« Pourtant, je sais qu'il convie toujours… Black.

― Black ? Et il s'y rend ? » Ne put s'empêcher de demander Hermione, curieuse malgré elle. Mais devant le silence prolongé de Lily, elle se demanda si l'esprit de l'adolescente était parti à des kilomètres de la question, ou si elle ne se souvenait pas l'avoir vu.

« Il est venu une fois, bougon, dédaigneux… Je crois qu'il… N'avait pas trouvé d'excuse pour… Esquiver la soirée… »

Voyant le regard de la Gryffondor s'éloigner, elle s'empressa de recentrer la conversation sur le sujet initial :

« Tu voudrais que Potter y vienne, lui ?

― Oh… Il m'horripilait... Mais il m'harcèle moins que les années précédentes… » Elle émit soudain un rot bruyant, et d'abord surprise elle se plaqua la main sur la bouche, les yeux écarquillés, puis prit le parti d'en glousser joyeusement.

« Il est beau, Potter, non ?

― Je ne trouve pas. » Elle commençait à comprendre qu'il était temps pour elle de trouver une solution rapide au futur couple que James et Lily formeraient. Mais la jeune fille, ivre, comptait bien connaître les goûts de son amie, en matière de garçon.

« Tu préfères Black ?

― Euh… Oui… » Mentit Hermione en se disant qu'après tout Sirius était très beau et plaisait à beaucoup de filles ; seulement, c'était de notoriété publique, elle-même ne se sentait pas attiré par le garçon. Elle tenta de matérialiser ses traits d'une désinvolture élégante, mais seule l'image de Malefoy s'imposa à elle, avec ses lèvres fines et son regard gris clair.


Au terme de plusieurs soirées à étudier longuement seule, puis à attendre, Hermione décida de prendre de nouvelles mesures. Et ces nouvelles mesures, dans sa tête, portaient pompeusement le nom de Maraudeurs. Elle pensait avec un pessimisme plein d'espoir que la Salle sur Demande serait vide, toutefois, lorsqu'elle s'y introduisit, quatre jeunes hommes se figèrent et la dévisagèrent, interdits. Sirius se reprit le premier, et s'avança vers elle, à nouveau décontracté :

« Hermione ! Je pensais ne jamais te recevoir ici ! » Et les autres de la féliciter de sa décision, comme s'ils étaient de vieux amis. Cet accueil la stupéfia, sauf bien entendu celui de Peter qui gémit :

« Et si elle nous a amené Rusard, pour dénoncer nos réunions ? » Mais James s'exclama, dédaigneux :

« Eh bien, je le ferais grimper au plafond, avec ce bon vieux levicorpus. Pas toi, Patmol ?

― Non, je me contenterai de lui aboyer l'ordre de déguerpir. Lunard ?

― Je lui proposerai un livre intéressant, pour qu'il se distrait. » Répondit Rémus Lupin dans un sourire bienveillant. Et Hermione retrouva en cet instant la sérénité propre à Lupin, qu'elle avait tant estimé chez lui quand elle l'avait pour professeur.

Et tandis qu'ils lui apprenaient le levicorpus informulé, elle surprit à plusieurs reprises les œillades de Sirius. Son sérieux à toute épreuve, ainsi que ses facilités à assimiler les sorts paraissaient l'impressionner réellement, mais il s'abstint de commentaires, laissant ses yeux sombres lui tenir le discours, ce qui mis mal à l'aise la jeune fille.

Pourtant, lorsqu'elle bailla, exténuée, elle fut contente qu'il lui propose en gentleman de la raccompagner au dortoir.

« Je t'ai invité à nous rejoindre, il serait malséant de te laisser repartir seule. Exposée au yeux de Rusard qui plus est. » Lui murmura-t-il tandis qu'ils traversaient le couloir à pas de loup, dissimulés par la cape d'invisibilité de James, et dans une proximité qu'Hermione n'était pas certaine d'apprécier entièrement. Elle tressauta au frôlement de leurs bras, parfaitement étudié par le jeune homme, et s'empressa de le questionner, par peur qu'il ne tente de lui dire des choses qu'elle ne voulait entendre.

« Et… Euh… Ca dure encore longtemps, vos réunions ?

― Encore une bonne heure, voire deux, je pense. A ce propos, reviens aussi souvent que bon te semble. Nous nous entraînons à chaque fois que le Club de Slug se rassemble… Et… » Il parut se raviser, puis finalement lâcha, avec amabilité :

« Si tu t'inquiète pour tes départs en avance, ne t'en soucis pas. Ca ne m'embête pas du tout de te raccompagner…Bézoard ! » Ajouta-t-il à l'adresse de la Grosse Dame qui obtempéra en grommelant. Et, avec un sourire pour Hermione, il s'enveloppa dans la cape avant de disparaître.


Ce n'était qu'un rêve, un stupide rêve. Pourtant… Sa peau opaline, nue, sur laquelle un rayon de lune tombait directement à travers une déchirure de rideau, lui conférait un éclat argenté, à la limite de l'irréel. Ses lèvres marmoréennes qui enrobaient les miennes d'un baiser… Ses caresses…

Ce n'était qu'un rêve. Mais, si poignant… A mon réveil, je suis changée. Mon rêve a éveillé quelque chose en moi ; peut-on décrire cette impression désespérante de me lever un matin, d'a


voir vécu un moment qui m'a emporté très haut, et de savoir qu'il ne m'appartient qu'à moi. L'avoir tant aimé durant la nuit, que j'en ai les côtes meurtries au réveil.

Et déjà, je cherche une solution. Une solution à quel mal, me dira-t-on ? J'en sais rien. Tout ce que je veux, c'est une solution. Je ne la cherche pas longtemps, elle me vient d'elle-même. Ou plutôt, elle me vient de James. D'ailleurs, sur le coup, il ne sait même pas que ses paroles, pourtant anodines, feront leur petit bonhomme de chemin dans ma tête.

Avec fierté, au cours d'une nouvelle séance d'entraînement nocturne, il m'explique la tactique des poursuiveurs au quidditch, sujet dont je me fiche éperdument.

« C'est ça la technique : priver l'ennemi de son avantage, et le forcer à inverser les rôles. »



Quelques jours passèrent, elle ruminait toujours cette phrase, qui, elle le sentait, pouvait lui ouvrir des portes.

« Eh ! Je vous tiens ! » Gloussa Horace Slughorn, retirant par surprise, d'un mouvement sec, la cape d'invisibilité qui recouvrait Hermione et Sirius.

« Alors, on s'autorise de petites promenades en amoureux dans les couloirs, bien après le couvre feu ?

― Ce n'est pas du tout ce que vous croyez professeur ! » Glapit la jeune fille, horrifiée, faisant un léger bond qui l'éloigna aussitôt de Sirius.

« Vous êtes une élève studieuse et consciencieuse, miss Granger. Je suis déçu de vous savoir enfreindre le règlement.

― Profess… » Gémit-elle, mais il poursuivit en riant allégrement :

« Toutefois, je ne suis pas déçu de votre compagnon ! Très bon choix, mon enfant, Black est un garçon dont la popularité n'est plus à faire ! » Il avait glissé ces derniers mots sur le ton de la confidence, une main au coin de la bouche, feignant de n'être pas entendu de Sirius.

« Vous me flattez, professeur, mais restons modestes : je ne suis qu'un parmi tant d'autres, et de plus, je ne suis pas dans l'équipe de Quidditch !

― La modestie vous sied terriblement mal, mon garçon ! Il n'empêche que je dois vous donner une sanction.

― Professeur ! On ne le refera plus, c'est promis, mais s'il vous plait… »

Il secoua la tête négativement.

« Non, non, non, c'est trop tard. A moins que… ? » Laissant sa phrase en suspend, il attendait visiblement la réaction de l'un ou l'autre.

« Que quoi ?

― Je me disais simplement que je pourrais fermer les yeux… A une condition : je veux vous voir à la soirée que je donne pour Halloween. »


« C'est ça la technique : priver l'ennemi de son avantage, et le forcer à inverser les rôles. »

Que c'était enfantin ! Comment n'y avait-elle pas pensé plus tôt ! L'avantage de Malefoy : son fichu retourneur de temps, sa promesse de retour. Il suffisait à Hermione de s'en emparer, ainsi il ne pourrait plus se permettre de l'éliminer ou de la faire éliminer.

Ne restait qu'à trouver un plan. Et à se rendre à ce club de Slug avec Sirius.


Voila ! Bientôt la suite ! Allez, n'oublions pas les sempiternelles reviews, oui, oui : j'insiste.

Bon, okay, je spoil le chapitre 5 : encore un peu de rapprochement avec Malefoy, Sirius et l'amorce d'une idée pour éloigner James de Lily.

Maintenant, un grand merci à : Valalyeste : Et que penses-tu de celle de mise en boîte, avec les maraudeurs ! Si t'adore Drago mauvais, il va de moins en moins de plaire… Mais tu l'aimeras quand même, hein, dis hein ? Bonne lecture, ma fidèle !

A Nandouilettemalfoy : Mais vouiii, de toutes les façons, quel que soit le nombre de garçon avec qui Hermione a une p'tite histoire, le plus gros de cette fic est la love Drago/Hermione. Une petite phrase dans ce chapitre le fait très bien comprendre, d'ailleurs !!!

A Langesdesenfers : Heureuse de voir que tu suis ma fic ! Et heureuse de pouvoir te contenter avec ce nouveau chapitre !!! Pour te répondre, j'ai très bien compris ce que tu veux dire : même si on a quelques aventures à droite, à gauche, on ne perd pas le nord. Le nord, qui est ici le couple Drago/Hermione !!! Donc, maintenant, je suis toute disposée à la faire vivre quelques péripéties avec ce bon vieux Patmol !

A Goodbooks'sky : Merci du compliment ! La voila la suite !

A Drago-Hermione : Moi aussi je l'aime !!! Hum… Envie d'être un peu Hermione des fois, dans certaines fics surtout !!!

A Santera : Si t'aimes bien l'idée, je pense que tu aimeras la fin. Complètement inattendue à mes yeux, un retour de situation, je peux même dire. Et, non, je ne compte pas abandonner ! Yeaaah motivéeee ! Merci pour ta review…

A Maigane : Hop, j'espère que tu auras le plaisir de tomber sur la suite, et que tu l'aimeras ! N'hésite pas à critiquer, hein ! Bizz bonne lecture !

A JadeMalefoyRogue : Yeeeeaaah une fidèle revieweuse !!! Je me suis dépêchée de l'écrire cette suite, j'espère que tu ne la trouveras pas baclée pour autant hihihi !!!

A Oliviia : Eh bien, je vais t'avouer que moi-même n'ayant pas beaucoup d'imagination pour des discours enflammés, et des réparties cinglantes, j'ai un peu du mal à donner à Hermione une personnalité moins docile… Mais je vais essayer quand même ! Merci de la review ! Bizz-bizz !