CHAPITRE 7
Toussaint était arrivé si vite qu'Hermione fut surprise au calcul des jours déjà avalés par cette époque. Elle se rendait compte que, le bouleversement des premiers jours passés, elle avait ici aussi ses petits ennuis d'ordre quotidiens qui lui permettaient d'oublier son chamboulement de changement d'époque.
Irrémédiablement, la Toussaint signifiait le week-end à Pré-au-Lard. Elle s'était éveillée très tôt, encore toute euphorique de sa soirée avec Malefoy, et déjà bien trop mélancolique que celle-ci n'ait pas duré quelques siècles de plus. Les matinées devenaient cruellement froides, désormais, aussi elle hésita à se rendre auprès du lac, mais avisant le groupe de première année qui s'agitait et piaillaient à qui mieux mieux dans la Salle commune, elle se dit qu'après tout, l'air vivifiant et silencieux de l'extérieur ne lui serait pas si désagréable.
Sirius semblait l'attendre, assis sur la rive face à l'eau, exposé au vent frais qui faisait s'agiter les mèches de geais du garçon. Il eut comme un sourire de ravissement, lorsqu'elle s'installa à ses côtés. Au fil d'une conversation quelque peu laconique, il finit par lui proposer d'accompagner les Maraudeurs ce jour-là, à Pré-au-Lard, ce qu'elle accepta sans grand enthousiasme.
C'était bien la première fois qu'elle s'exhibait aussi ouvertement avec les quatre Gryffondors, et force lui était de reconnaître que leur compagnie n'en était que plus agréable de plein jour. Si Sirius continuait à chercher un comportement ambigu avec elle, James, après une rapide mise au point quant aux prétendues préférences d'Hermione pour lui, avait adopté une attitude de confident avec elle. Plus précisément, il lui confiait ses passions dévorantes pour Lily, qu'elle écoutait, lui faisant grâce de commentaire.
Le fait qu'elle pensât tant à Malefoy, cet après-midi là, lui gâcha quelque peu l'allégresse communicative des Maraudeurs. Etant partis fort peu couverts, ils s'étaient réfugiés sitôt atteint, aux Trois Balais.
James, qui semblait impatient de parler, se pencha au dessus de la table, et s'exclama d'une voix qu'il voulait auto dérisoire : « Ce matin, je me suis jeté à l'eau.
― Celle du lac ? J'y étais avec Hermione, et on t'as pas vu. » Réagit Sirius en premier, moqueur.
« Il parle de Lily. » Commenta Lupin, sagement. Et James d'acquiescer, non sans un regard exaspéré à l'adresse de Sirius.
« Si tu lui as demandé de sortir avec toi, je te rappelle que ce n'est pas exactement la première fois que tu jettes à l'eau. J'en compte une bonne centaine de fois.
― Et elle t'as encore dit non ? » Glapit Peter, s'attirant un soupir agacé de l'intéressé, qui finalement se tourna vers Hermione, haussant les épaules. « Toi, au moins tu m'écouteras sans faire de remarques absurdes.
― Et attends, Cornedrue, je veux savoir moi. Elle a dit oui, cette fois ?
― Elle n'a pas dit non.
― C'est déjà un grand pas vers la victoire, ça ! » Nota la jeune fille, dissimulant son amertume. Toutefois, il ajouta, sans parvenir cette fois à effacer toute trace de dépit de sa voix : « Mais elle m'a repoussé violemment, en me traitant d'ignoble prétentieux trop égocentrique pour…
― Pour se soucier de ce que les autres ressentent ? » Proposa Lupin, d'un demi sourire bienveillant.
« Quelque chose dans ce goût là, oui.
― Mais qu'est ce que tu lui as fait ?
― J'ai essayé de l'embrasser. » Confia James, en se passant la main dans les cheveux sans qu'Hermione ne sache si c'était par embarras ou pour se rassurer de leur apparence. Quelques minutes de silence leur permit à tous d'imaginer la scène, ou bien de pousser un « ouf » de soulagement, très intérieur, dans le cas d'Hermione. Sirius finit par lâcher, avec mépris : « Avec l'expérience que tu as en la matière, je ne suis pas étonné qu'elle n'ait pas spécialement envie d'embrasser un débutant.
― C'est quand même très irrespectueux envers elle de la harceler ainsi. » Dit Lupin, et Peter renchérit aussitôt, de sa voix glapissante qui semblait constamment attendre un signe d'approbation : « Et encore plus d'essayer de l'embrasser sans lui demander son avis.
― Ca, Queudver, tu nous en reparleras quand tu t'intéresseras un peu aux filles.
― Mais ce sont elles qui ne font pas attention à moi ! » se défendit, l'expression plaintive. Puis il ajouta, l'air encore plus désolé : « Et… Je n'oserais jamais en aborder une.
― Celle qui t'aimera viendra d'elle-même. » L'assura tranquillement Lupin, ce à quoi Hermione objecta, prenant part à la conversation : « Ce n'est pas dit que lui, veuille de la demoiselle. »
Ils ricanèrent, Sirius en profitant pour lâcher : « Il a tout intérêt à ne pas trop faire le difficile. » mais aucun ne semblait avoir une réelle expérience au-delà de quelques baisers. Encore de petits garçons dans ce terrain de jeu, songea Hermione, notant que cette époque n'était pas plus délurée que dix-neuf ans plus tard, sans doute même moins. Elle jugea attendrissant, leur douce folie innocente, pareille à celle de chiots encore innocents et déjà tentés par ce fruit tabou, autant qu'intimidés.
Mais elle, derrière son casque de cheveux bruns, se savait tout aussi novice dans cet art bien à part. Oui, elle y pensait. Non, elle n'osait pas y réfléchir posément. Avec qui, quand, où, comment ? Malefoy… Malefoy ? Hausser intérieurement les épaules à l'évocation de cette idée, serait se voiler la face : bien sûr qu'elle avait envie de Malefoy.
Et plongée dans ses pensées, elle sentit avec effroi le bras de Sirius effleurer son dos, telle une réaction à la conversation. Régit par une impulsion qu'elle ne maîtrisait pas, Hermione se redressa d'un bond, à l'image d'un fauve tétanisé. « Je sors prendre l'air un moment, je vous retrouve ici. » Et elle se précipita vers la sortie, étouffant dans l'air pesant d'une salle bondée.
Le frisson que me procure le vent cinglant de l'extérieur me fait presque du bien. Je ne sais pas ce qui m'a fait partir ainsi. Sûrement de penser aussi fort à Malefoy et de sentir le contact de Sirius… Sirius : je l'apprécie, mais il ne m'attire pas avec ses yeux sombres. Et James… Je me suis lancée dans cette entreprise sans considération pour l'imprévu. Je n'ai nulle envie de lui offrir mon corps, même s'il s'agit de celui de Lily.
Je m'assois contre un rocher, non loin de la cabane hurlante. Je commence à grelotter. Malefoy s'installe à côté de moi, je n'en crois pas mes yeux. Il est pâle, plus que d'habitude. Je lui demande comment il se porte, il me jette un regard surpris, à la limite de l'indignation. Puis, il semble s'affaisser moralement, et me parle. Le temps même semble se liquéfier au fil de ses mots, ses mots désespérés, impuissants contre la voie dans laquelle on l'a poussé. Il me fait des confidences sur sa vie, désemparé et seul. J'ai envie de lui dire que tout va bien, mais je me sens stupide. A quoi bon s'escrimer à assurer que la vie est belle, lorsque c'est l'inverse ? Pourquoi croire en le Bon, quand on voit le Mal ? Pourquoi me voiler la face… J'ignore pourquoi il me parle soudainement de ces choses qui l'accablent davantage que je ne l'aurais cru.
Un long silence s'étendit sur quelques minutes. Jusqu'à ce que Malefoy, murmure, comme pour ne pas l'entendre lui-même : « J'avais envie de te voir aujourd'hui, Granger. J'avais envie d'être avec toi.
― C'est inquiétant, ça, n'est ce pas ! »
Il approuva, entre le soupir et le rire, avant de demander, avec une intensité étrange : « Tu as peur, Granger ?
― Encore plus qu'auparavant. Ton manque de méchanceté est effrayant.
― Je peux toujours rendosser mon masque de Serpentard par excellence.
― Essaie voir, je ne te le permettrai pas ! » Se moqua-t-elle sans un soupçon de malveillance.
Ils se turent, laissant leurs regards l'un dans l'autre, et les sourires se figer puis s'évanouir sur leur visage. Une chaleur bondissante monta dans le ventre d'Hermione, lui diffusant d'agréables ondes de bien-être, tandis que l'océan gris des yeux de Malefoy perdait de son ironie peu à peu. D'un accord silencieux, ils se rapprochèrent et se blottirent l'un contre l'autre, les boucles brunes se mêlant aux mèches blondes, leurs odeurs se confondant ; la jeune fille se perdait contre le garçon, savourant chaque seconde comme si elle était la dernière.
« J'espérais que le temps serait brumeux, aujourd'hui. » Lança-t-il avec un regard pour l'horizon parfaitement dégagé qui leur faisait face. Il poursuivit, le regard toujours perdu au loin, comme rêveur : « Ce jour là, quand la brume sera tombée et nous enveloppera, nous éloignera du monde comme si rien autour n'existait, ce jour là, je te dirais…
― Tu me diras quoi ?
― Je te le dirai, c'est tout. » Et touchant la joue d'Hermione avec douceur, il se leva et s'éloigna, la laissant seule avec ses pensées pour lui.
Elle ne rejoint pas les Maraudeurs, n'en n'ayant pas le cœur. A l'inverse, elle rentra au château à pas lents, obnubilé par cet étrange garçon, à la fois odieux et fragile, qui lui retournait tant les pensées.
Chaque soir, elle brûlait d'envie de le rejoindre dans sa chambre, mais n'osait pas. Par peur qu'une mauvaise parole de la part de Malefoy gâche toutes les belles choses qu'elle se tissait de lui. Cependant, à quelque chose, malheur fut bon, puisque Lily revint vers elle, bien moins penaude qu'Hermione l'aurait espéré, mais retrouver sa présence lui démontra à quel point son amie lui avait manqué. Et à quel point elle se l'était caché.
Elles ne s'excusèrent pas de manière explicite, mais Lily lui fit comprendre qu'elle n'accordait aucunement foi aux rumeurs concernant Hermione et Sirius, et les démentit avec véhémence, tandis qu'Hermione redoubla d'effort pour se rendre sympathique aux yeux de Jéromine Habbot, l'amie de Lily. La jeune fille, sous des abords introvertis et impassibles, finit par répondre aux marques de gentillesse de manière timide. C'était une fille au visage resté candide par ses grands yeux bleus qui semblaient s'étonner de tout, du bon comme du mauvais, et de ses joues encore rondes et roses. Mais rien ne les rapprocha davantage qu'une longue conversation faîte d'aveux et de confidences qui scella entre elles le lien de l'amitié embryonnaire.
Ce fut Hermione qui entama le sujet, penchée sur un devoir de métamorphose en compagnie des deux gryffondors ; elle sentait son cœur alourdi par les questions qu'elle ne cessait de se poser à propos de Malefoy. Parler de lui la soulagea d'une part, mais aussi raviva cet espoir fou qui patientait en elle, comme si les mots prononcés donnaient vie à ces moments qu'elle considérait déjà dans le domaine du rêve.
La conversation dériva peu à peu, les filles se laissant emporter par leurs paroles, leurs révélations. « Non, je n'ai jamais couché avec personne. » Avoua Hermione, et poursuivit : « J'ai déjà embrassé un garçon, en quatrième année, puis j'ai vécu un amour platonique. Rien de très exaltant…
― Ne t'en fais pas, ma vie amoureuse n'est pas passionnante non plus. Je suis sortie avec un Serdaigle l'an dernier, très peu de temps, et maintenant il y a quelque chose de tumultueux entre Potter et moi. » Lui apprit Lily.
« Il y a quelque chose entre vous ?
― J'attends qu'il se soit quelque peu calmé avant d'envisager quelque chose de sérieux avec lui. Mais je sais déjà qu'il sera le premier à qui je m'offrirai… » Susurra-t-elle, rêveuse, les yeux mi-clos. Et Hermione se sentit mal à l'aise de penser, machiavélique, qu'il était grand temps qu'elle tente de détourner James grâce au Polynectar.
« Moi ce qui est certain, c'est qu'il faudra que ma première fois soit magnifique. » Jéromine souriait, son regard enfantin ne reflétant que l'espoir et le rêve d'une nuit idéalisée. « J'ai tellement peur, peur des hommes, peur de leur appétit sexuel. »
Hermione, régie par ces impulsions qui la prenaient parfois, et qu'elle ne cherchait pas à contenir parce qu'elles étaient instinctives, posa sa main sur le bras de Jéromine, envahie par un sentiment semblable à l'amour maternel.
Les jours passent, peu à peu. Je me sens si seule avec mes pensées, mes envies inabouties. Pour ne pas dire inespérées. C'est Halloween, tout à fait mon humeur. Lily et Jéromine m'emmènent de force à la soirée de Slughorn. Elles se sentent certainement coupable à l'idée de s'amuser si elles me savent dans la salle commune, le nez dans un bouquin. Je me laisse faire, je m'ennuie. Je me dis que j'aurais été mieux avec les maraudeurs, dans la salle sur demande, je m'assois sur un canapé désert, réfléchissant déjà à les rejoindre. Soudain, son odeur, le iodé qui le caractérise, sa chaleur tout près de moi. Malefoy est là, à côté de moi. Mon cœur s'emballe sans considération pour mon pessimisme qui me dicte qu'il a retrouvé son masque hautain. Mais au contraire, Malefoy m'agrippe la main sans douceur, mais sans violence. Il semble confus.
« Je dois te dire quelque chose Granger. La semaine dernière, à Pré-au-Lard, j'ai vu Tu-Sais-Qui dans la cabane Hurlante. Un Tu-Sais-Qui rajeuni de vingt-ans, mais un Tu-Sais-Qui intransigeant. »
Je tremble maintenant. J'ai peur de ce qu'il peut me dire. Il le voit, et passe un bras autour de mes épaules ; j'apprécie le contact, malgré tout. Il se penche vers moi, et souffle : « Il a tout lu en moi… Tout. Rien n'a pu lui être caché. Rien.
― C'est tout à ton avantage, maintenant. » Je commente, résignée sombrement. Si le Lord sait que je mets des bâtons dans les roues de Malefoy, je ne donne pas cher de ma peau. Mais le jeune homme resserre son étreinte, comme protecteur, et j'en frémis : « Tu sais, cette histoire de retourneur de temps, c'est une affaire entre toi et moi. Je ne voulais pas qu'il l'apprenne… Je t'avoue, Granger, que maintenant je crains pour ta vie.
― Crois-moi, je suis dans le même état d'âme. » Je lui fais remarquer avec mordant. Mais étrangement, il semble réellement préoccupé. « Fais attention à toi. N'hésite pas à venir dans ma chambre. »
Avec un espère de rire amer il ajoute : « Et si je n'y suis pas, je serais certainement à la Cabane Hurlante en train de dissuader en vain le Seigneur des Ténèbre de s'occuper de toi ! »
Ca arrive un peu tard, je sais, mais j'ai respecté la date !!! Je me dis que pour ce chapitre, j'ai un peu brodé, mais il est plein de détails capitaux ! La dernière phrase de Malefoy en particulier ! J'en dis pas plus, et je vous laisse, moi la tête pleine d'histoire d'amour éperdue que j'étale peu à peu dans cette fic… Allez, zou, OdOdO !!! Prochain chapitre mardiiiii ouiiiiiiiiii !!! Je vais y arriver !!!
Puis, merci à Oliviia : Bah moi, je trouve pas que Rogue soit spécialement beau. Méchant, oui mais pas beau ! Et il ne touchera pas à Hermione NAAAAN !!! Son plan c'est justement l'arranger avec James ! Ca va pas partir en « niknik général » hein … Pour rester polie, et ne pas employer le terme technique !
A Liliepotter : Bien sûr que mon Malefoy est un sale agneau ! Mais un tout loup, tout serpent et tout agneau apprend tôt ou tard ce qu'est l'amouuuuuuur ! Sauf Malefoy ! Tu vas voir comme il va se faire retourner le cerveau ! Et comme il va retourner celui d'hermione ! Bizz-bizz !!!
A Chtite rêveuse : Une semaine est passée !!! Youpla ! T'as vu, pour le prochain chapitre, je vais faire plus vite ! Sans bâcler bien sûr ! Ta review m'a fait plaisir ! Bisous !
A goodbooks'sky : Elle a même plus qu'une conscience ! (Non elle n'en a pas deux pour autant !!!) Elle a l'amour !!! Et le charme ! Et surtout… La douceur. Bon d'accord, cette Hermione n'est pas très ressemblante de la Hermione de JK Rowling… Mais je l'aime bien comme ça.
A Blondeu : Mais ouiiiii c'est trop meugnon ! Il est de plus en plus chou, c'est moi qui te le dit !!! Bisous !
A caro : La voila cette suite, et pour l'originalité j'aimerais faire plus attractif ! Mais bon, on fait avec les moyens du bord ! Bisous !
A Calim : Ta review m'a fait tellement plaisir que en la relisant, j'ai presque honte d'avoir posté la suite aussi tard… C'est pas gentil de me faire culpabiliser comme ça ! Mais tes compliments me sont allé droit au cœur, et je me sens ridicule avec ce chapitre un peu fade…Pardon, pardon, pardon, si il te déçoit… Gros bisous, j'espère avoir une nouvelle review de toi !
A Langedesenfers : Alors, toi, j'espère que ma fic te plait toujours après ce chapitre fade… Oui, Malefoy est un agneau, et non, on ne saura pas encore entre James et Mione ce qui va découler… Désolée hihihi… Cela dit, c'était quand même chou le comportement de drago ? Bisous !
A Drago-Hermione : Oulalalah, tu fais censurer ma fic et je bazarde Hermione avec sirius, Drago, harry et James pour une formidable aventure amoureuse !!! Et toi t'en auras aucuuuuuuuun !!! Namého ! J'spère que ce chapitre t'a plu autant ques les autres ! Bisous fidèle revieweuse !
