CHAPITRE 8
Hermione s'abstint de rejoindre Malefoy dans sa chambre, les soirs suivants. Ce n'était pâs le désir qui lui manquait, toutefois, selon son raisonnement, cela serait revenu à se cacher la tête dans les bras de l'allié de son ennemi. Rester passive, fermer les yeux et croire que tout irait mieux. Elle s'y refusait farouchement.
Au contraire, elle décréta intérieurement qu'il était grand temps qu'elle reprenne ses cours personnels de magie noire, abandonnés depuis sa dispute avec Lily, mais sujet qu'elles n'avaient pas abordé à leur réconciliation. Peut-être la présence enfantine de Jéromine les en retenait ? Néanmoins, Hermione se garda bien d'en reparler, et préféra proposer aux Maraudeurs.
« Nous y avons déjà réfléchis. » Réagit Sirius le premier, tandis que ses compagnons opinaient du chef. « Mais nous avons jugé que ça se rapprochait trop d'une corruption malgré nous.
― Au contraire ! Connaître les armes de l'ennemi est indéniablement un plus, dans l'optique de l'affronter un jour. » Bondit la jeune fille. Mais apparemment pas encore convaincu, ils attendaient la suite.
« D'ailleurs, remarquez que vous agissez ainsi avec vos entraînements de DCFM. Cette comparaison peut paraître démesurée, mais le principe est le même : approfondir des notions par ses propres moyens. » Les autres dodelinaient de la tête mollement.
« J'ai quelques ouvrages intéressants… » Guère plus de réaction.
« J'ajoute que ce sont des pratiques rigoureusement interdites au sein de Poudlard. Ca doit être excitant de braver le règlement à ce point ! Et nous serons enfin à un pied d'égalité avec les Serpentards…
― Dans le fond, c'est vrai que là, si on agit pas à l'encontre du règlement de Poudlard, on agit plus ! » Commenta Sirius.
« Et les Serpentards ne nous surpasseront plus, avec leurs sortilèges qu'on ne connaît pas. » Ajouta James, avec intérêt.
Ainsi, Hermione déposa tous ses livres de magie noire dans la salle sur demande, et ils prirent l'habitude de s'y retrouver désormais davantage qu'au temps où ils se contentaient de leur entraînement. Les première fois furent hasardeuses ; si Hermione et Lily ne s'attardaient que sur la théorie, les Maraudeurs brûlaient de pratiquer les sorts, mais n'osaient que trop peu les lancer au petit bonheur la chance.
Ils durent cependant se passer de James les premières semaines, le match de Quidditch étant prévu pour le samedi, le jeune homme assistait en priorité à ses entraînements. Hermione apprit d'ailleurs que l'attrapeur de Serpentard contre qui il jouerait n'était autre que Malefoy. Malefoy qui lui manquait, qui lui souriait lorsqu'ils se croisaient, dont la main effleurait parfois celle de la jeune fille durant l'entrée en classe, dans la cohue, dont le parfum semblait flotter dans l'air, cruel et enivrant, comme un appel à la tentation. Elle avait du se retenir, les premiers soirs, de ne pas s rendre dans sa chambre, mais au fur et à mesure que les jours glissaient, elle perdait de cette assurance qu'il l'accueillerait à bras ouverts.
Pourtant, le jour du Match, qu'elle suivit consciencieusement aux côtés de Lily et de Jéromine, elle assista à la chute voltigeuse du jeune homme, un cognard l'ayant heurté violemment. Gryffondor venait de gagner, l'ensemble des élèves de la maison s'était redressé sur les tribunes, hurlant leur triomphe, acclamant les joueurs, agitant des drapeaux rouges et or, cependant Hermione fouillait du regard le stade, inquiète.
« Tu es déçue ? » Lui demanda Lily, rose de ravissement, remarquant le trouble de son amie.
« C'est Malefoy, il est tombé, et… » Elle pesta grossièrement contre le tumulte régnant sur le terrain, mais Lily la poussa fermement :
« Va le voir, si ça peut te rassurer, n'hésite pas ! »
Et Hermione courut, traversa la mêlée, se fraya un chemin jusqu'aux Serpentards regroupés autours de Malefoy. Elle l'entendit déclarer, avant de le voir :
« Non, non ! Je n'ai pas besoin d'aller à l'infirmerie.
― Lucius, voyons ! » La voix de Slughorn, mielleuse, ne semblait pas convaincue de ce qu'elle enjoignait. Mais alors que le jeune homme, pâle, croisa le regard d'Hermione, il sembla se raffermir et annonça sèchement :
« Granger va me reconduire à ma chambre, et ce sera tout. »
Il s'avança vers elle, la démarche moins souple qu'habituellement, et s'appuya sur elle, un bras passé autour de ses épaules ; tout deux s'éloignèrent à petits pas, les pans de l'écharpe verte s'entremêlant à ceux de l'écharpe rouge et or, tandis que derrière, des Serpentards s'exclamaient, presque meurtris dans l'amour-propre de leur maison :
« Mais ?! C'est une Gryffondor, Malefoy ! »
Nous n'avons pas encore échangé de mot. Je me contente d'être bien, tout contre lui. J'ai l'impression de le retrouver après de longs mois d'absence, mais de manière paradoxale, il me semble que nous n'avons jamais cessé de nous voir. Et pourtant, je découvre des sensations nouvelles à chacun de nos échanges.
A la porte de sa chambre, il se détache de moi, comme à regret. Quel effet de vide soudain, d'amputation. Je ne suis plus entière.
« Granger, aujourd'hui j'ai besoin de douceur et de compagnie. »
Cette affirmation tient plutôt de la question implicite, qui me propose de lui offrir ce qu'il demande. J'ai comme l'envie de chanter devant tout Poudlard que ma compagnie sera la plus douce possible. Au lieu de cela, pour toute réponse je glisse ma main apaisante dans la sienne, et prononce « endoloris », le mot de passe.
Etonnement galant, il me laisse passer, un sourire qui n'a plus rien de moqueur, aux lèvres. Sa main me caresse le dos, remontant vers ma nuque, m'octroyant un délicieux frisson de plaisir, puis elle redescend sur ma taille, et m'entraîne avec lui sur son lit défait. Ses deux bras m'enlacent possessivement, et me blottissent contre lui ; il plonge son visage dans mes cheveux qui retombent en panache le long du mien, me chatouillent l'épaule et s'étalent sur l'oreiller. J'enfoui ma figure au creux de son épaule, savourant la douceur presque enfantine de sa peau laiteuse, de son odeur qui ne cesse de me hanter, une odeur aussi fraîche qu'elle m'est symbole de passion brûlante. Et malgré l'inconfort de notre position, des jambes mêlées dans la dureté osseuse, de sa respiration difficile à cause de mon poids pesant sur son torse, et de mes cheveux formant une bulle opaque dans laquelle l'air est ardent d'avoir été trop respiré, malgré cela, il me semble qu'aucun instant de mon existence n'a été aussi heureux.
« Je n'en peux plus, tu me manquais trop… » Me souffle-t-il à l'oreille, et sa respiration chaude me soulève les reins devenus embrasés, violemment. Sous la caresse tendre de mes doigts encore innocents, il se calme, s'apaise et s'endort petit à petit.
Elle se dégagea à regret de son étreinte molle, il bougea lascivement, s'étira, ouvrit les yeux et braqua son regard sur elle, indigné.
« N'y penses pas, Granger, tu restes avec moi cet après-midi.
― J'ai un long devoir à faire… » Sa réplique, pleine de sérieux, le fit sourire. Il remarqua, un sourcil levé, lui conférant une expression taquine :
« Ta détermination à demeurer la meilleure élève, quelle que soit l'époque et les enjeux de la situation, parviendra toujours à me surprendre, même lorsque je pense ne plus pouvoir m'étonner de rien !
― C'est la seule chose ordinaire et rassurante qu'il me reste à cette époque, les cours. » Puis elle ajouta, sa tête s'affaissant imperceptiblement :
« De plus, je suis condamnée à rester en ce temps, alors autant mettre toutes les chances de mon côté, dans l'hypothèse où je survivrai à ma Septième année, si je veux mener une vie après Poudlard. Ce qui n'est pas ton cas.
― Si, en quelques sortes, tant que tu détiendras mon retourneur de temps. » Aucune rancœur, aucune amertume ne perçait dans sa voix. Seul le ton de la plaisanterie espiègle, la plaisanterie qui dit la vérité, mais laquelle n'a que peu d'importance, celle qu'on tourne en dérision sans arrière pensée.
Mais la jeune fille fut réellement stupéfaite qu'il parle du retourneur de temps ; il était tellement évident, pour elle, qu'elle le lui rendrait tôt ou tard ! Elle n'avait même pas pensé qu'il puisse croire sérieusement qu'elle comptait l'en priver. Néanmoins, elle s'amusa :
« Je pourrais très bien te faire vivre à cette époque, si je refuse de te le rendre…
― J'y resterai volontiers, mais… C'est impossible. C'est un simple retourneur de temps, à durée limitée. Je ne suis pas implanté dans l'époque en tant qu'individu, je ne suis que touriste. En juillet, le retourneur de temps sera consumé.
― Et que se passerait-il si tu dépassais cette date limite ? » Questionna Hermione, sentant des espoirs s'évanouir avant même qu'elle n'ait eu l'audace d'y songer.
« Je disparaîtrai. C'est tout… Je n'existerai plus pour le commun des mortels. D'une seconde à l'autre, POP ! Plus de Malefoy. Ni dans le passé, ni dans le présent, ni dans le futur !
― Alors que moi je suis réellement implantée dans l'époque ?
― Oui. Comme un arbre qu'on déracine pour replanter ailleurs, maintenant tu y es fermement. Alors que moi, c'est comme si on avait cueilli une feuille sur l'arbre : elle vivote quelques heures puis fane, puis meurt. Mais l'arbre vit toujours à côté. »
Découragée, elle poussa un long soupir déçu, que le jeune homme ne manqua de remarquer, d'un ton dramatiquement caricatural :
« C'est ainsi, Baby, rien ne sera jamais possible entre nous deux… Mais séchez vos larmes, voyons, nous pouvons toujours nous contenter de l'activité conjugale. »
Et lui arracha un sourire amusé, avant qu'elle ne se jette sur lui, feignant la fureur, pour le marteler à l'aide de l'oreiller. A demi assommé et riant à gorge déployé, il finit par prendre le dessus, littéralement, puisque se callant à califourchon sur le corps chétif d'Hermione, lui clouant les poignets sur le traversin, parmi ses cheveux étalés en auréole autour de sa tête. Elle gesticulait encore, de plus en plus faiblement, les joues rouges d'avoir tant ris, et les yeux pétillants, puis s'immobilisa, sous le regard devenu d'un sérieux intense, de Malefoy.
« Tu as peur, Granger ?
― Non. » Elle le brava de ses yeux ambrés, empli d'espoir, mais ne fit face qu'à une expression de gravité déconcertante. Il se pencha vers elle, lentement, et bientôt, leurs visages ne furent plus qu'à quelques centimètres d'écart. Nulle malveillance sur le sien, nulle cruauté vicieuse, ou perverse, seulement une austérité un brin inquiétante. Leurs bouches se touchaient quasiment, leurs souffles encore haletants se joignaient, il répéta :
« Alors, tu as peur, Granger ?
― Non… » En réalité, son cœur n'avait jamais battu aussi fort de sa vie, mais ce n'était pas de la peur.
« C'est dommage, j'aurais aimé t'aider à vaincre cette peur. » Et il se redressa quelque peu, lui adressant un sourire d'une insolence involontaire, mais également taquin. Elle relâcha alors sa respiration, à la fois indignée et attendrie devant les facéties provoquantes du jeune homme, facéties qu'elle devinait non sans une pointe de sincérité.
Et une nouvelle fois, sous les doigts enchanteurs et apaisants d'Hermione, il succomba au sommeil, celui-ci profond, et à contrecoeur elle se sauva sur la pointe des pieds jusqu'à la salle commune des Gryffondors. Epanouie comme elle l'était, elle se laissa bercer par l'ambiance festive qui y régnait, en l'honneur des joueurs de Quidditch. Lily, la voyant revenir les joues roses, et les cheveux en bataille, lui fit un sourire de connivence, qu'Hermione feignit d'ignorer. Elle feignit aussi d'ignorer son comportement familier à l'égard de James, qui au fond la mortifia ; Malefoy avait beau lui faire perdre le sens des priorités, elle n'était pas moins résolue à accomplir sa mission. Cependant, elle ne pouvait aborder le garçon, tel un cheveu sur la soupe, et lui étaler sa proposition de but en blanc ; elle ne pouvait pas non plus attendre qu'ils se mettent en couple pour réagir. Un autre soir, pensa-t-elle avec une pointe d'insouciance. Ce soir, Malefoy occupait bien trop ses pensées pour qu'elle se souciât d'autre chose.
On parla du bal de Noël, prévu et déjà sujet d'actualité. On s'y préparait, on se demandait qui inviter, on tentait de savoir si l'avis de la personne désirée serait favorable, on discutait des tenues.
Et Sirius ne tarda pas à fondre sur Hermione, lui proposant sans ambages d'être sa cavalière, avec son sourire le plus charmeur. Elle accusa le coup, inspira, expira et finalement répondit, incertaine :
« C'est un peu tôt pour prévoir…
― Au contraire, c'est la période idéale : tout le monde est encore libre !
― Laisses-moi le temps d'y réfléchir, Sirius. Pour moi, c'est trop tôt. »
Mais ce n'était pas d'y réfléchir dont elle avait besoin. Elle désirait simplement que le conseil de Sirius lui réussisse, lorsqu'elle ferait sa proposition à Malefoy. Puis, s'il refusait, le Gryffondor serait heureux de jouer le rôle du cavalier gentleman.
Allez, zou ! Tout est beau, tout est rose, Malefoy et Hermione font copain-copine, c'est chouuuu ! Et ça va pas s'arrêter au prochain chapitre, que j'envoie jeudi soir, certainement assez tard (vers minuit et des oignons ) sinon, il sera en ligne dès samedi.
Et maintenant dîtes-moi : vos pronostiques pour les couples du bal !!!
Un grand merci à Maigane : V'la la suite, m'dame ! Bonne lecture !
A JadeMalfoyRogue : Merci de la review. Pour te dire, Jade c'est un prénom que je trouve très beau aussi, surtout si celle qui le porte a les yeux verts !!!
Moi aussi, Malefoy me plait ! Mais plus dans les fics que dans le livre.
Par contre, Rogue, gné ? Je sais pas ce qu'on peut lui trouver… Hehe…
Mais dans les films, l'acteur de Cedric Diggory est superbe !!! Mieux que Tom Felton même !
A Goodbooks'sky : Entièrement raison. D'ailleurs je crains que cette Hermione un brin timide et tout autant calculatrice tienne de moi… Ca la personnalisera, dira-t-on. En tout cas, j'ai trouvé ta constatation très lucide, le genre de chose dont on se rend pas compte jusqu'à ce que quelqu'un nous ouvre les yeux. Et au final, on se dit qu'on l'a toujours su d'une manière ou d'une autre, mais qu'on a jamais pris le temps d'y réfléchir. C'était joliment dit, aussi.
A Calim : Un régal de rigolade à lire, ta review (le filet de bave !!!) ! Je prie pour que ce chapitre ta convienne !
Tiens, au fait, j'ai lu ta bio… J'ai pas pu m'empêcher de noter quelques points communs : Zola, j'adore ! (J'ai lu que la bête humaine, mais je l'ai trouvé fantastique.)
Tu mentionnes aussi Dave la Marrade, issu des Georgia Nicolson que j'ai adoré !
Les sims 2, j'y ai passé un bon moment.
Pour en revenir à ma fic, j'espère que ce n'est pas un Drago-Hermione trop guimauveux… Enfin que ça n'en a pas l'air, parce que dans le fond, un rôle est joué, faut le dire. Voila, j'ai tout dit ! Ah et non, j'ai fais un tour sur le site de l'histoire sur es sims, c'est bien rigolo, et les photos sont jolies.
A Oliviia : Et plouf, t'es pas première cette fois ! Fallait poster la première review du chapitre hein ! Enfin, je suis contente que tu m'en mettes, donc je vais pas chipoter, et toi non plus ! Je suis contente que cette fic te plaise ! Allez, bisous, bonne lecture !
A Elana : Joli pseudo ! Voila la suite, et la prochaine va arriver. Pour ce qui est du courage, j'ai surtout hate chaque fois de poster le chapitre en cours, ça donne des ailes ! J'espère que ce chapitre va te plaire !
A LangedesEnfers : Oui, Voldy se faisait un peu oublier dans mes chapitre précédents, et si je me trompe pas, à cette époque il avait déjà une petite troupe de Mangemorts avec laquelle il sème la terreur, mais rien à voir avec le Voldemort du temps d'Harry, ni plus rien avec Tom Jedusor.
Pis t'inquiète que Lily elle l'aura sa première fois avec James, mais peut-être pas comme elle l'imaginait ! Je te donne pas plus d'indices !!!
En tous les cas, tes reviews me font plaisir !
A Liliepotter : Oui, manipulatrice ! Tout comme ma Hermione se révèle l'être à la fin de ce chapitre, pour cette histoire de bal ! Et c'est fort possible que Malefoy ait un plan… Gniiihihi voila ! Merci de la review ! Bisous !
A Draco-Hermione : En voila la suite ! Merci de la review ! Bonne lecture, bisous !
