CHAPITRE 10
« Hermione ? »
Jéromine et Lily s'étaient plantées devant elle, complices dans la nouvelle qu'elles semblaient vouloir annoncer à la jeune fille. Mais aucun sourire de connivence enjoué n'agitait leurs bouches, seul un froncement de sourcil leur barrait le front.
« Oui ?
― J'ai quelque chose à te demander. » Jéromine, de sa petite voix timide avait éveillé la curiosité d'Hermione qui hocha la tête en signe d'assentiment.
« Sirius m'a invité au bal. Je me posais la question si cela pouvait d'une manière ou une autre t'embêter…
― Aucunement, pourquoi ?
― Je pensais que tu serais peut-être jalouse, puisque tu passes beaucoup de temps avec lui… Et Lily m'a dit que tu le trouvais beau… » La concernée lui jeta un regard noir, puis éclata de rire.
« On ne peut vraiment rien te confier, Jerrie ! » Plaisanta-t-elle, avec un sourire d'excuse à Hermione, laquelle ne comprenait pas exactement pourquoi elle aurait dû en vouloir à l'une ou l'autre.
« Au contraire, Sirius est peut-être beau mais il ne m'a jamais attiré, quoi qu'en disent les gens. » Elle eut un bref rire las. « Et puis, il m'avait invité, et j'ai refusé.
― Ah ! C'est pour ça que vous ne vous parlez pratiquement plus ? » S'écria Lily. Et Hermione de leur raconter son erreur. Mais à sa grande surprise, elles éclatèrent de rire à un moment donné, après avoir échangé un regard entre elles ; agacée par leur hilarité, la jeune fille croisa les bras. Elles expliquèrent, encore secouées par quelques éclats de rire :
« Quand il m'a proposé, dans le doute de te froisser, je lui ai répondu d'attendre un peu, le temps que je réfléchisse…
― Et il a bougonné « Toi aussi tu t'y mets ? » de très mauvaise humeur d'un coup, et il est parti en claquant la porte ! »
Le mois de novembre était déjà bien plus qu'à demi écoulé, et Hermione maudissait le temps de défiler si vite. Elle n'avait pas le temps ! Elle n'avait pas de temps ! Seulement, le temps était comme le droit, quand il ne se possédait pas, il se prenait. Et elle n'oubliait jamais de prendre du temps pour Malefoy. Bien qu'ils ne s'affichassent pas ensembles, on put les surprendre fréquemment l'un avec l'autre.
Un certain jour demeurait mémorable ; ils étaient dans la chambre du préfet, elle, assise sur un coin de la table de chevet, lui, allongé sur le lit lascivement. Elle lui contait une histoire, pour « l'aider à s'endormir » comme il le lui avait demandé, et tous deux échangeaient déjà nombre de sourires amusés lorsqu'elle le bordait, puis arrangeait ses couvertures, feintant l'expression soucieuse et maternelle, tandis que lui réclamait encore une histoire parce qu'il ne voulait pas qu'elle le laisse seul aussitôt. Une grande complicité s'était instaurée, faite de tendresse et de taquinerie, parfois mélancolique aux souvenirs qu'ils partageaient, parfois triste lorsqu'ils évoquaient à demi mots le départ inéluctable du garçon, et parfois douloureuse quand ils se heurtaient de plein fouet à cette lucidité mordante qu'ils étaient malgré tout dans deux camps opposé, et qu'ils savaient inexorable. Mais cela, ils faisaient généralement semblant de l'ignorer.
Ce soir là, on frappa à la porte.
« Qui c'est ? » Râla Malefoy, agacé qu'on interrompe l'histoire d'Hermione.
« C'est euh… Rhonda Brands. Je suis de Serpentard. »
Il se leva, de mauvaise grâce, et souffla à la Gryffondor :
« Je vais voir ce qu'il en retourne. »
Il ouvrit la porte ; une jeune fille lui sourit. Hermione eut envie de rire ; l'intruse, malgré qu'elle pu être très intelligente, était pourvue d'un physique plutôt ingrat. Elle lui rappelait d'une certaine manière Pansy Parkinson, dont la laideur serait plus prononcée.
« Je m'appelle Rhonda Brands, je suis de Serpentard.
― Ah.
― Je suis en fait la descendante non reconnue de Salazar Serpentard, et ma mère est une puissante mage noire. Mais bientôt je porterais le nom de mon ancêtre, et hériterai de sa fortune. Disons une date pour se préparer pour le bal auquel on ira ensemble. » Très sérieuse, elle parlait rapidement. Elle ajouta :
« Ah, et j'ai une paire de menotte et des portes jarretelles pour finir la nuit, après le bal. »
Manifestement, Malefoy se retenait de rire, et avait toutes les peines du monde à ne pas se retourner vers Hermione, hilare. Il se contenta de répondre, reprenant son ton froid :
« S'il s'agit d'une blague, elle a eut le mérite de me tirer un sourire. »
Et Hermione s'avança à son tour, lisant la surprise décontenancée dans le regard de Rhonda, et lança, imitant les assonances moqueuses du Serpentard :
« Poudlard n'est pas l'école du rire tous les jours, mais des fois on se marre bien. Circulez, gamins. » Et claqua la porte au nez de la demoiselle Brands sidérée.
Ils rirent beaucoup de cette proposition grotesque, qui revenait par moment dans leurs conversations sous la forme de clin d'œil tels que : « C'est pas comme une invitation de Rhonda Brands » qui était devenu entre eux un code, une référence de ridicule, une mesure.
Les entraînements à la salle sur demande s'espaçaient, James étant trop occupé à roucouler avec Lily ; Sirius n'adressait toujours pas la parole à Hermione, qui s'en trouvait meurtrie. Néanmoins, leurs veillées dans la salle commune demeuraient pour elle de doux moments de complicité où son froid avec Sirius s'estompait quelque peu ; il l'écoutait lorsqu'elle parlait à tous, et renchérissait la plupart du temps, sans pour autant s'adresser à elle en particulier. Mais la tension qui régnait entre eux n'existait plus en ces moments là. Toutefois, si l'attitude de Sirius la réjouissait, celle de James beaucoup moins. La bulle qui s'était formée autour de Lily et lui ne rappelait que trop bien à Hermione son échec, et, la conscience alourdie, elle se vautrait dans ses sombres pensées.
Le sujet du bal revenait souvent, les filles commentant leurs robes, tandis que Sirius et James énuméraient le nombre de propositions qu'ils refusaient chaque jour. Quand Peter annonça qu'il avait une cavalière, on en parla durant trois soirs consécutifs, on le félicita amplement, on lui demanda des renseignements sur la fille, on s'étonna qu'il s'agisse d'une Serpentard.
Parfois, cependant, Hermione manquait à ces veillées et retrouvait Malefoy dans le parc. Généralement, ils se montraient de bonne humeur, dans un mélange de taquinerie et de tendresse ; les nuits se rafraîchissaient considérablement, ce qui n'avait pas empêché la jeune fille d'ôter l'écharpe verte et noire du garçon, faisant de même avec la sienne, décrétant simplement :
« Quand on est tous les deux, il n'y a ni Gryffondor, ni Serpentard. »
Il s'était vengé peu après, lui prenant sa baguette des mains tandis qu'elle s'éclairait avec le sortilège de « lumos », et avait annoncé avec une note de triomphe :
« Quand on est tous les deux, il n'y a nulle autre magie que celle d'être réunis. » Mais loin de s'offusquer, son cœur avait bondit dans sa poitrine, libérant de douces chaleurs enivrantes.
« Réunis sous la même bannière ?
― Mieux encore. Sans aucune bannière. Pas de camps, pas d'alliés, pas d'ennemis. Juste toi et moi, Granger, toi et moi, deux êtres simples qui savourent la présence l'un de l'autre. » Et il avait enroulé son bras autours des épaules de la jeune fille, posant sur elle un regard dénué de toute malveillance.
« Que sommes-nous alors, si ce n'est pas ennemis ou alliés ?
― On est en trêve de guerre. Elle a comme motif l'amour. »
Elle se blottit contre lui, assise à même le sol où le gel de la nuit s'était déjà déposé, et grelottante, elle puisait le réconfort dans la chaleur qui émanait de son corps pelotonné à celui de Malefoy, de leurs deux corps si serrés que l'air glacé ne se faufilait plus entre eux. Les étoiles, qu'on distinguait parfaitement, les éclairaient de leur lueur pâle, elles veillaient sur eux, couvaient cet embryon d'amour que le froid, le noir et la glace ne parvenait à contraindre ; la lune blême déposait comme un diadème sur les cheveux bruns d'Hermione, et sur le visage du jeune homme, les reflets argentés s'étalaient en quelques endroits, intensifiant le contraste mélodieux.
Dans les bras de Malefoy, elle se sentait partir, comme dans un rêve.
« Le brouillard est dense, ce soir. » Plaisanta-t-elle, pourtant l'expression très sérieuse.
« Pas assez. Lorsque la brume nous enveloppera, je te dirai…
― La clarté des étoiles nous enveloppe tout autant.
― Elle m'inspire à te le dire en silence. Essaie d'entendre ce que je tais. »
Le temps osera-t-il se montrer assez cruel pour nous séparer ? Ca me parait impossible. Et si ça l'est, c'est intolérable. Je croyais qu'il n'existait pas de plus grand fossé que celui qui sépare les partisans de Voldemort à ses ennemis, je me trompais, puisqu'il ne suffit que d'un pas à l'amour pour le franchir. Mais le temps ? Le temps ! Qu'il regarde Drago, qu'il sache aimer son visage encore candide, à la courbure du front au nez prononcée, innocente, qu'il note son caractère jouant le contraste. Qu'il me jalouse. Mais qu'il me laisse éterniser cet instant. Je ne veux pas être séparée de Drago, ni demain, ni dans quatre mois ; je n'y survivrai pas. Je ne veux pas non plus mourir maintenant, et dieu sait que cet instant est pourtant parfait. Mais je veux être encore contre lui tout à l'heure, demain et dans quatre mois. Plénitude…
Mon cœur bat tellement fort, je me demande s'il n'a jamais battu jusqu'à maintenant. Je glisse dans les mains du bonheur, les doigts en sont légèrement écartés, je me sais condamnée. Je glisse, je m'y glisse. Je respire, j'ai trouvé mon air ; il est iodé. Quelque chose brûle en moi, je n'en doute pas, quelque chose qui me consumera sans aucun doute. Je m'y laisse brûler, heureuse de ce feu ardent.
Je me sens légère, insouciante ; de quoi devrai-je me soucier puisqu'il est là, près de moi, et qu'il y sera encore demain ?
J'essaie d'entendre ce qu'il tait ; tout ce que j'entends, c'est mon propre amour lui hurler. Il hurle au feu, il hurle au bonheur, au désespoir, à inévitable, à l'impitoyable sort qu'il m'est réservé.
Au fur et à mesure qu'elle rayonnait, Hermione devenait également à fleur de peau, à la fois transcendée par sa relation privilégié avec Malefoy, à la fois mortifiée par cette lucidité que ce n'était qu'une passade que rien ne pourrait rallonger. Lily parfois s'inquiétait des brutaux virements d'humeur, et il n'était pas rare que les trois jeunes filles se réunissent, dans le dortoir, et parlent. Chacune leur tour, elles racontaient leur histoire d'amour respective. Bien sûr, Hermione ne pouvait leur expliquer que elle et Malefoy ne menaient à rien, puisque ses amies ne pouvaient pas deviner qu'il venait du futur, et y serait renvoyé sous peu. Cependant, elle écoutait les confessions prudes de l'une comme de l'autre.
« Je pense que je vais sortir avec James, le soir du bal. Il me plait vraiment, et se conduit très bien avec moi.
― Vous vous êtes embrassés ?
― A peine une fois, et encore, il était très gêné. »
La douce Jéromine aussi, fomentait quelque complots amoureux vis-à-vis de Sirius, ce qui dérangeait beaucoup moins Hermione. Elle prenait plaisir à écouter la voix naïve qui rêvait à mi-mots, à la fois un peu effrayée.
« Sirius Black, c'est le rêve de beaucoup de filles de l'école… Et il le sait. Mais moi, ça je m'en fiche.
― Il te plait ?
― Il est très gentil, avec moi. » Elle détourna imperceptiblement la tête, les joues rosissant.
« Mais j'ai très peur aussi. Il a sans doute couché avec beaucoup de filles, et attend peut-être de moi des choses que je ne veux pas lui donner. Pas de suite. »
Hermione se retint de sourire ; l'expérience sexuelle du concerné était à peu près aussi vaste que celle de Jéromine ! C'étaient deux enfants. Ils étaient tous des enfants. Excepté Malefoy, elle en était certaine, et comprenait les appréhensions de son amie puisqu'elle ressentait les mêmes.
« Dommage que tu n'y ailles pas avec Remus ou Peter, Hermione, on se serait bien amusée avec eux trois.
― J'y vais avec Malefoy, et rien ne me rend aussi heureuse. » Rétorqua-t-elle un peu sèchement, froissée qu'on puisse émettre l'idée de lui arracher son Serpentard alors qu'il ne restait que peu de temps à cet époque.
« C'est le principal, si tu es heureuse. Je disais ça comme ça, hein… »
Mais dans le courant des jours qui suivaient, beaucoup de détails qu'Hermione aurait étudié, pointilleuse, prirent beaucoup moins d'importance pour elle. Et pour cause ! Novembre se terminait, et le bal arrivait à grands pas, d'autant plus que les soirées se faisaient brumeuses !
Une semaine entière pour rédiger ça ! Ahlalah on sent le manque de temps… En tous cas je remercie ceux qui ont daigné me laisser une review. Le prochain chapitre sera le dernier un peu rose, joli et doux, les suivants ne seront plus aussi nounours !
Chapitre prochain arrive jeudi sans fautes, jeudi soir. Soyez au rendez-vous hého !
Je remercie énormément Calim : J'ai vraiment adoré ta review, j'en avais les joues toutes rouges haha ! Ce petit chapitre était moins porté sur la tristesse, mais j'espère qu'il en reste potable !!! Je prévois le prochain plein d'allégresse, le dernier de ce genre, alors je vais essayer de bombarder !!! En tous cas ne t'arrêtes jamais de m'écrire ces reviews qui m'encouragent tellement ! Quand j'ai pas la motivation d'écrire, je les relis et je me lance parce que j'ai pas envie de te décevoir !!! Allez, bisous ma revieweuse.
A Oliviia : Moi c'est toi que j'aime ! (L) (L) (L) ! Houuuhouuu la déclaration !!! Bref, un peu de sérieux, merci de ta review !! J'espère que celui-ci t'a plu comme il faut !
A Drago-Hermione : Namého ! Tu crois vraiment que Drago il a son mot à dire ?! Ca va pas hého, tu vas pas m'enlever mon personnage principal de ma fic, je fais quoi moi après ? Je le remplace incognito par Fred et Georges ?!! Non mais t'imagines un peu le bordel ! Hermione qui se rend dans la chambre du préfet et qui tombe sur fred et Georges en train de défaire leurs valises :
Mione : « ben qu'est ce que vous faites là ? »
Fred :: « On a été envoyé par la direction, malefoy s'est barré, on doit le remplacer. »
Georges : « Vous en étiez où ? La scène du bisous, elle est passée ou pas encore ?! »
Mione : « Mais c'est pas possible, on peut pas changer de héro comme ça, en court de route ! Et demain ça sera qui, Percy ? Pas question, hopopop on remballe ses affaires, et du balais ! »
Un peu de sérieux, hein ! Alors tu vas dire à Malefoy qu'il n'a pas intérêt à filer avant la fin de la fic ! Et tu vas arrêter de râler, parce que le supplice de le voir avec une autre est bientôt fini ! Bisous !
A NinaBlack : Bah écoute, les fins joyeuses, c'est trop joli. Je peux pas capituler comme ça, il faut que je touche les cordes sensibles un peu, hého ! Merci de la review ! Et profite du chapitre qui arrive, c'est le dernier joyeux gniiiiahahaha !
A LangeDesEnfers : Merci pour tes réponses dans la review ! Je vais essayer alors de pas changer grand-chose ! Mais bon là c'est les choses qui vont changer, inexorablement… Y'aura une suite avec Sirius, enfin leur amitié va pas s'arrêter ici, ou plutôt leur embrouille !!! Et le bal bin… Ca va être surprise ! Je suis très contente d'avoir eu une de tes reviews, j'espère que ça t'a plu ! Bisous !!!
