CHAPITRE 12
Malgré le climat qui s'était réchauffé entre Hermione et Sirius, il cessa de se présenter régulièrement aux séances d'entraînement dans la salle sur demande, réunions qui étaient de moins en moins fréquentes. Les flèches de cupidon semblaient se décuplaient, en nombre et en intensité, à cette période ; Sirius et Jéromine s'ils ne sortaient pas ensemble, étaient inséparables ; James et Lily, eux, roucoulaient la plupart du temps dans leur coin ; Peter avaient des rendez-vous fréquents avec la Serpentard qui serait sa cavalière, et quand il ne s'affichait pas avec elle, la couvait des yeux, pendant les cours ou aux repas. Même Hermione consacrait la plus grande partie de son temps précieux à Malefoy ; et seul Lupin paraissait indifférent à cette atmosphère chargée de romantisme.
Néanmoins, seul Sirius s'octroyait le droit de manquer à leurs réunions, ce que James contestait furieusement. Les séances prenaient de plus en plus le profil de cours obligatoire, auxquels on voudrait échapper, mais auxquels on allait par devoir, et James qualifiait d'intolérable que son ami « sèche » alors que lui-même s'en empêchait, malgré son désir de rester auprès de Lily.
« Peut-être que Sirius essaie d'éviter Hermione. » Emit Lupin, tranquillement.
« Tu crois que notre dispute serait à l'origine de ses manquements ?
― N'importe quoi, il préfère Jéromine à ses amis. » Affirma James, avec mauvaise humeur. « Sinon, c'est encore pire : c'est qu'il préfère ne pas nous voir du tout que de subir Hermione.
― Je suis si contrariante que ça ?! » Plaisanta-t-elle, mais personne ne réagit.
« Il tient énormément à nos entraînements. » Rappela le Loup-Garou.
« Mais c'est insensé ! On ne peut pas demander à Hermione de ne plus venir parce que ça gêne Monsieur Black !
― Bien sûr que non. » Soutint fermement Potter, et elle leur fut reconnaissante de cela. Après tout ils étaient amis de longue date, elle n'était qu'une intruse, pourtant, ils ne cherchaient nullement à l'écarter.
« Je crois qu'il vaudrait mieux arrêter les séances.
― Définitivement ?
― Non, quelques temps seulement. Histoire que les choses du moment se tassent, les disputes comme les… Nouvelles relations. » James leur lança un regard noir, défiant celui ou celle qui oserait rire de sa phrase. Mais personne ne rit. Il fut décidé à l'unanimité que les séances étaient levées. Mais en partant, Lupin et James retinrent Hermione.
« On va essayer d'arranger au mieux ce qu'il se passe entre Sirius et toi.
― Je ne suis pas certaine que ça s'arrangera un jour.
― Laisse lui le temps de digérer ça. Il avait placé beaucoup, beaucoup d'espoirs dans cette proposition. »
Elle baissa la tête, honteuse d'avoir déçu, mais la main de James la lui releva. Il souriait :
« C'est idiot ce qu'il fait ! Ne pense pas que tout est de ta faute. Il a cru trop vite. »
« Regarde-moi Granger.
― Hm ? » Elle leva les yeux vers lui, étonnée, stoppant la lecture du devoir de métamorphose qu'il devait rendre le lendemain. Il lui souriait.
« C'est bien ce que je croyais.
― Quoi donc ? » Elle replaça une mèche derrière son oreille, le visage encore très sérieux. Les lèvres fines du garçons s'étirèrent encore davantage, malicieux.
« Tu es encore plus jolie quand tu es concentrée que quand tu es en colère.
― Et c'est pour me dire ça que tu me déconcentres ? » Elle lui adressa un sourire malgré elle, flattée par le compliment, et par le regard attentif qui s'attardait sur elle. Il lui prit la feuille des mains, et la posa par terre, à côté de son lit.
« Mais ? Tu ne voulais pas que…
― Tu travailles trop, ma jolie. Il est de mon devoir de garder ma cavalière en bonne santé, pour aller au bal. »
Elle secoua la tête négativement, faisait voleter ses cheveux autour de sa tête.
« Je ne travaille pas « trop », je fais ce qu'il faut. »
Il glissa lui-même la mèche quelque peu rebelle à nouveau derrière son oreille, effleurant son cou volontairement.
« Non, non, je persiste. Tu travailles trop, et par conséquent, tu ne passes pas assez de temps avec moi. » Il faisait courir ses doigts sur les épaules de la Gryffondor, dénudées à l'occasion de la chaleur de la chambre du préfet.
« D'ailleurs, tu pourrais aussi abandonner parfois tes « amis ». » Il mit un accent moqueur à ce mot. « Et venir me voir plus souvent, en soirée. »
Elle le fixa, mi-radoucie, mi-agacée.
« Tu ne veux pas, dans la foulée, que je vienne emménager dans ta chambre ?
― Vivre avec une Gryffondor ? Plutôt mourir ! » Lança-t-il avec un large sourire insolent qui démentait ses paroles. Elle se prit au jeu, et fit mine de se lever.
« Alors va t'faire frire, moi je retourne avec « mes » Gryffondors ! »
Il la retint par la main, fermement, l'expression coquine :
« Par contre… Je peux bien te proposer de rester ici pour la nuit.
― Dormir avec un Serpentard ? Plutôt mourir ! »
Il lui frôla dangereusement l'intérieur de la cuisse, d'un geste qui se voulait involontaire.
« Qui t'as parlé de dormir ?
― Moi. » Répondit-elle en saisissant la main baladeuse, feignant l'innocence. Son cœur battait à la fois l'appréhension et l'amour. Deux semaines s'étaient écoulées depuis leur dernière sortie en fraude, à la clarté des étoiles ; deux semaines où il ne cessait de l'asticoter sur une éventuelle relation physique, maintenant qu'il avait perçu qu'elle était mal à l'aise à ce sujet. A chaque fois qu'il la cherchait, elle hésitait entre l'envie de l'assommer, et celle de le couvrir de baisers, attendrie par sa trombine d'enfant effronté.
« Ca avance avec Malefoy ?
― C'est fantastique ! »
Les yeux de de Jéromine et Lily étaient braqués sur Hermione, rayonnante. Elle se pencha vers elles, au dessus du lit sur lequel toutes trois étaient installées, et souffla sur le ton de la confidence :
« Samedi prochain je passe la journée avec lui !
― A Pré-au-Lard ?
― Non. On n'y va pas. »
Les deux Gryffondors arquèrent leurs sourcils de concert, incrédules.
« Mais ? C'est une des rares fois où l'on peut sortir de l'enceinte de Poudlard !
― Elle n'aime peut-être pas s'exhiber avec un Serpentard ! » Supposa Jéromine, ouvrant de grands yeux candides.
« C'est un peu plus complexe, mais bref, passons… » Elle ne pouvait pas leur expliquer que Voldemort la recherchait, non, ç'aurait pu paraître complètement paranoïaque, ou même un peu fou. Mais c'était fou, seulement, c'était son secret.
« Stop ! Stop ! Par pitié !
― Pas de pitié, pas de quartier, Granger ! » Et il continuait à la faire agoniser sous ses doigts agiles qui parcouraient son ventre, ses côtes, et son cou, tandis qu'elle riait aux larmes.
« Si j'avais su plus tôt que tu crains tant les chatouilles, crois-moi que tu serais rodée à l'heure qu'il est !
― Malefoy, j'en peux plus… » Haleta-t-elle entre deux éclats de rire. Et il la regardait se tortiller pour échapper à la torture, un air de triomphe sur son visage insolent.
« J'ai gagné ?
― Oui, oui, tu as… tu as gagné !
― Bonne nouvelle ! Ce qui ne m'empêche pas de continuer ! »
Elle poussa un léger cri d'indignation rieuse et tenta de libérer ses bras de l'emprise du garçon, mais celui-ci les tenait fermement sous ses genoux, nonchalamment assis sur elle. Elle essaya encore un peu de le renverser, mais si il n'était pas lourd, il était impossible à désarçonner.
« Bon. Je suis magnanime : je déclare une trêve de guerre. » Et, en gage de bonne intention, il haussa les genoux, libérant les bras d'Hermione qui les leva au dessus de sa tête, mimant la paix.
« Au fait Granger ?
― Oui ? » Elle leva les yeux vers lui, surprise par ce brusque retour au sérieux. Mais malgré son front qui s'était plissé, il conservait dans le regard une lueur d'amusement qui rassura la jeune fille.
« Tu ne m'as pas répondu, l'autre jour.
― Encore faudrait-il que je me souvienne de la question ! »
Il haussa un sourcil mutin, et elle sut aussitôt où il désirait en venir.
« Je croyais pourtant que tu mourrais d'envie de passer une nuit avec moi !
« En mourir d'envie ? Tu extrapoles ! » Elle ajouta, avec un sourire :
« Et je te fais remarquer que c'est toi qui lance le sujet, et qui le remet sur le tapis !
― Ah oui ? Eh bien, peu importe, j'inviterai plutôt Rhonda Brands ! »
Hermione bondit, renversant à cette occasion le Serpentard sur le côté, et lui enfonça un doigt accusateur dans le ventre, s'évertuant à froncer les sourcils, en dépit de son envie d'éclater de rire.
« Toi ! Que je t'y reprenne à dire des choses pareilles ! Pour la peine, je te mets au piquet !
― Au piquet ? » S'exclama-t-il, incrédule.
« Parfaitement. » Et elle lui indiqua un coin de la chambre, le poussant hors du lit. Il eut comme un rire, encore un peu surpris, mais n'opposa pas de résistance, et docilement se rangea face au mur.
« J'adorerai que l'ensemble des Serpentards entrent dans la chambre maintenant ! Ils verraient qui d'entre nous a l'autorité sur l'autre ! »
Le voir se contorsionner, pour la regarder sans quitter sa position raide et droite, était hilarant du point de vue d'Hermione ; il lui sourit, non sans une pointe d'autodérision, semblant comprendre l'amusement qu'elle pouvait tirer de la situation, et assura, avec comme une touche de faux regret dans la voix :
« La prochaine fois que tu m'imposes ça, il risque de t'arriver des bricoles. »
« Ca avance avec Malefoy ! »
Lily et Jéromine levèrent instantanément la tête d'un livre de Potions, et fixèrent Hermione.
« Vous sortez ensemble ?
― Il t'a embrassé ? »
La jeune fille sourit et repoussa l'assaut de questions de ses mains.
« Non, mais… Samedi prochain, après notre journée ensemble, je dors avec lui !
― Vous allez réellement dormir ? » Souligna Lily, pleine de malice.
« Ah non ! Tu ne vas pas t'y mettre ! »
Elles éclatèrent de rire, malgré la teinte légèrement rosie qu'avaient prise les joues d'Hermione. Mais Jéromine demanda, très sérieuse :
« Tu vas… ?
― Je n'en sais rien… »
C'était la vérité. Une voix, son côté angélique représenté sous les traits de Jéromine, lui soufflait qu'elle ferait mieux d'attendre, et que s'il l'aimait, il saurait être patient ; tandis que la seconde voix, le côté un peu plus démoniaque, auquel le visage de Lily seyait à merveille, lui reprochait de mettre sur le compte de la patience quelque chose qui lui faisait peur en vérité. Mais hormis ces voix, elle s'écoutait elle-même. Et Hermione se disait qu'il allait bientôt partir, et qu'elle était bête de vouloir retarder le moment où leurs corps s'affronteraient, puisqu'elle en avait tant envie…
Connaître au moins une fois son souffle sur sa peau, leurs peaux l'une contre l'autre, leurs corps se mêlant…
« Tu ferais quoi à ma place, si tu dormais avec Sirius ?
― Je ne suis pas amoureuse de lui. Et quand bien même je le serais, j'attendrai le bon moment. »
« Hermione ? »
La Gryffondor émergea de ses pensées encore ensommeillées dans lesquelles elle s'était plongée. Elle se tourna vers Lupin qui l'avait interpellé ; ils étaient assis dans la Grand'Salle, et prenaient leur petit déjeuner.
« Oui ? »
Il désigna du menton une présence qu'elle n'avait pas remarquée, dans son dos. Malefoy. Ce dernier lui tendit la main, étonnamment galant.
« Allez, ma cavalière, ce matin on va déjeuner tous les deux.
― Mais, on a c… »
Il lui clôt la bouche d'un doigt, et pressa doucement sa main. Elle se redressa, lança à voix basse à ses amies qu'elle les rejoindrait plus tard, et s'éloigna main dans la main du Serpentard, sous la centaine de pairs d'yeux qui occupait la Grand'Salle.
« Où va-t-on ?
― Dans l'avant brume. »
Et sur cette réponse étrange, il l'entraîna au dehors du château, jusqu'à la rive du lac où effectivement, des lambeaux brouillardeux voletaient à la surface de l'eau. Il faisait froid, et le ciel matinal gris encourageait cette fraîcheur, que seuls quelques rayons de soleil perçaient.
« Tu peux me le dire maintenant ! » Triompha Hermione. Mais il se rapprocha d'elle et l'enveloppa de ses bras, tandis qu'ils s'asseyaient, cherchant à calmer les frissons qui agitaient la jeune fille.
« Remarque tout de même que la brume ne nous enveloppe pas.
― Tu joues atrocement sur les mots, Malefoy !
― Et tu n'aimes pas ça ? » Il lui adressa un léger haussement de sourcils, qu'elle ne savait comment interpréter. Mais elle se sentait bien dans ses bras, et se tut.
« Tu as déjà ta robe pour le bal ? »
Elle sourit, surprise qu'il s'intéresse à elle.
« Je te rappelle que le bal est dans quelques jours. Donc, oui, j'ai déjà ma robe.
― Alors, dans ce cas. D'une, je t'interdit qu'elle soit aux couleurs de Gryffondor. De deux, je t'interdits également qu'on y aperçoive un Gryphon, aussi petit soit-il.
― Et si c'était le cas ? » Elle s'amusa à enfoncer légèrement ses ongles dans la paume du garçon.
« Eh bien, dans ce cas, ce serait fort dommage. Tu serais au piquet toute la soirée, contre le mur de la Grand'Salle, devant tout Poudlard. Et là, ils verraient qui de nous deux a réellement l'autorité !
― N'empêche, ce n'est pas moi qui suis restée à fixer le mur de ta chambre pendant un long moment. » Rétorqua-t-elle en riant.
Mais sous leurs rires d'enfants, elle l'observait à la dérobée. « Attendre le bon moment » selon les termes de Jéromine, était le mieux. Mais le bon moment, quand s'en rendait-on compte ? Avec Malefoy chaque moment était le bon, et surtout peut-être le dernier, alors pourquoi vouloir à tout prix retarder ce qu'il ne se passerait certainement pas dans quelques mois ?
Evidemment, Jéromine et Lily avaient tout leur temps, mais pas Hermione. Elle décida pour elle-même que la première occasion, où elle en aurait envie, serait la bonne. Et pourquoi pas le lendemain, après leur non-sortie à Pré-au-Lard ?
Voili-voilou !!! Bon en fait, encore le chapitre suivant qui sera tout tendre. Je suis en train de réécrire les premiers chapitres, au fait, mais je m'arrange pour que ça ne change rien au déroulement de la fic !
Merci à Calim : Merci, merci, merci !!! De si jolies phrases, de si jolis mots juste pour ma fanfic… Bouhouuu j'en suis toute retournée ! Dis-moi ce que tu penses de ce chapitre, de la manière de le rédiger surtout ! Et encore un grand merci ! Et tiens, qu'est ce que tu penses du couple Tom Jedusor / Hermione ?
A Drago-Hermione : Oui bah écoute, je crois que y'a un truc que tu n'as pas compris … Après cette fic, c'est AVEC MOI QU IL VA ALLER notre joli Drago ! Hahahaha ! Bon en tous cas, Fred et Georges sont repartis, et Dray reprend son rôle. Merci de ta magnanimité !
A EtoileDeNeige : Merci pour ce Ô combien magnifique compliment ! J'espère continuer à te plaire ! (enfin ma fic plutôt, même si je sais que je te plaaaaaaais oh ouiiii !) Hihihi !
A Langedesenfers : Bah oui, Dray et Mione sont super romantiques hein ! Mais… C'est bientôt fini cette période ! Muahahaha sadique, moi ? Pfff rien à côté des autres auteurs ! Bisous !
A Ninia Black : Bon euh… Je dois te rappeler un truc : on dirait peut-être pas, mais JE NE SUIS PAS UN BAVOIR héhooo ! Hihihi est-ce que je te bave dessus moi ? Hein !!! Voila, là je crois qu'on s'est comprises ! Et merci pour ta review !!!
A Oliviia : Tu m'aime, je t'aime, on s'aime… La vie est belle ! Tu aimes mon bébé (ma fic :p ) tout est beau ! Et si en plus tu aimes le couple Draco/mione, là c'est l'osmose hihihihi ! Et pour te répondre, j'ai aucune idée du nombre de chapitre. Je dirais qu'il en reste bien cinq ou six. Sans compter que je réecris les premiers !!! Allez, bisous !
