Bonsoir ! Désolée pour ce retard accablant. Des problèmes avec internet, toussah... Les trois prochains chapitres sont déjà écrits, donc ils arriveront dans la foulée !
CHAPITRE 12
Hermione prononça à voix basse « endoloris », la porte s'ouvrit. Elle entendit le bruit de l'eau, dans la salle de bain.
« Granger, j'en ai pour trois minutes, je finis ma douche. »
Elle s'assit sur le lit, maintenant habituée aux lieux, et ôta sa veste. Peu après, Drago, paraissant encore légèrement humide, la rejoint.
« Quelle ponctualité, ma jolie cavalière ! »
Elle lui sourit, un peu étourdie par son torse nu, pâle, et ses cheveux mouillés qui lui retombaient dans le visage. Il se pencha vers elle, par provocation, et l'odeur iodée, fraîche, la frappa de plein fouet.
« Laisses-moi t'avouer que tu es aussi belle qu'une Vélane aujourd'hui !
― Tu me compares à Fleur Delacour maintenant ?
― Te comparer à elle ? Jamais ! Elle ne fait pas le poids. »
Il se laissa tomber à ses côtés, sur le lit, avec un large sourire qui lui fendait le visage.
« Quel mauvais flatteur tu fais ! » Lança Hermione, ne réprimant qu'à moitié un éclat de rire. Mais Malefoy, sérieux comme un pape, lui prit doucement le menton au creux de la main, tandis que son regard s'était figé dans le sien.
« C'est toi qui es trop modeste, Granger, tu es très belle et si tu ne t'en rends pas compte, moi je vois qu'il y a trop d'autres garçons à qui ça n'échappe pas. Ca ne me plait pas. »
Ne résistant pas à un élan de taquinerie, elle se jeta sur lui farouchement, rieuse, et s'exclama :
« Malefoy, jaloux ?!!! »
Il enroula ses bras autour d'elle, enfouissant son visage dans le cou de la Gryffondor. Plusieurs minutes s'écoulèrent, dans une étreinte muette autant qu'empreinte de douceur, jusqu'à ce qu'il brise le silence. A peine un murmure, hésitant, presque timide.
« Il faut que tu saches quelque chose…
― Je t'écoute.
― A propos de vos… Réunions tenues secrètes, avec les Maraudeurs… »
Surprise, elle se redressa un peu, et le regarda.
« Tu es au courant ?
― Naturellement. »
Un brin d'arrogance, propre au Malefoy qu'elle avait tant détesté, avait point dans sa voix. Elle attendit qu'il poursuive, mais il se tint coi ; seules leurs respirations venaient troubler la sérénité de la chambre.
« Et ? » Finit-elle par interroger, alors que les yeux du jeune homme s'étaient perdus dans le vague. Il la regarda, comme étonné de sa présence sur son corps.
« Non, rien d'important…
― Tu es en sûr ?
― Oui, oui. »
Elle préféra ne pas insister, mais à ses yeux, la répétition du « oui » équivalait à son inverse. Un nouveau silence s'était installé, nimbé de caresses un peu distraites, légères comme un rayon de soleil d'hiver qui effleure la peau.
« Malefoy ?
― Hum ?
― Je ne crains rien avec toi ? » Le ton de sa question n'entendait pas de négation. Il plissa imperceptiblement le front, attendri.
« Non, bien sûr que non.
― Et quand je suis avec toi, je ne crains rien de quiconque ? »
Cette fois, ses lèvres fines s'étirèrent franchement, et il resserra l'emprise de ses bras autour du corps frêle d'Hermione, en une étreinte rassurante.
« Personne ne peut t'atteindre quand je suis là. » Assura-t-il tranquillement. Elle roula contre lui, et approcha son visage de celui du garçon, si bien que quelques unes de ses boucles châtaines venaient se perdre parmi les mèches blondes argentées, et lui chatouillaient le cou.
« Alors, nous pouvons aller à Pré-au-Lard en toute sécurité, tous les deux ! »
Et devant son manque de réponse, elle émit un petit rire ravi, promettant :
« On passera par un chemin souterrain de ma connaissance, et là-bas on sera aussi discrets que deux petites souris ! Personne ne nous remarquera si on ne porte pas les couleurs de nos maisons… ! Et puis, j'ai tellement envie de voir le village avec les décorations de Noël ! Pas toi ? »
Il hésita à parler, alors elle rappela : « Tu as dit toi-même que personne ne peut m'atteindre si tu es avec moi !
― Tu es folle, Granger ! Tu te jettes dans la gueule du loup. » Mais sur son visage se peignait une expression de tentation qui démentait ses paroles. « Dans ce cas, tu ne me laisses pas le choix : on va s'y jeter à deux ! »
Alors, sans plus de négociations, ils traversèrent Poudlard en trottinant, main dans la main, sursautant dès qu'une ombre apparaissait au coin d'un mur. Hermione émettait parfois un léger rire, son cœur battant l'appréhension, l'excitation, et Drago, se prenant au jeu, lui murmurait :
« Chut ! Chut ! On va nous entendre ! »
Et leurs mains se resserraient l'une dans l'autre, synonyme d'une complicité toute nouvelle, faite de la sensation de braver les interdits à deux.
A la sortie du passage secret, menant chez Honeyduke, la Gryffondor hésita un court instant, sa main tremblante sur la poignée.
« Tu as peur, Granger ? » Mais pour toute réponse, elle se faufila dans la boutique, ses doigts toujours entremêlés à ceux de Malefoy.
Ce ne fut qu'une fois tous deux confortablement installés dans la chaleur des Trois Balais, qu'elle lui fit part de son angoisse.
« Malefoy… Je crains à chaque seconde que Tu-Sais-Qui soit là… A côté de moi. Pas seulement aujourd'hui parce qu'on est finalement sorti à Pré-au-Lard, mais tous les jours… »
Il l'écoutait, ses yeux rivés aux siens, sa mâchoire se contractant au rythme de ses mots.
« Je mentirai en te promettant pouvoir être toujours là pour te protéger. » Finit-il par lâcher, mal à l'aise. « D'ailleurs, je ne fais pas le poids contre lui. Mais aujourd'hui ne te fais pas de soucis. »
Hermione haussa un sourcil interrogateur.
« Je t'avais prévenue que j'avais un rendez-vous avec le Seigneur des Ténèbres ? C'est Rogue qui y va à ma place.
― Rogue ? Qu'est ce qu'il fait dans cette histoire ? » S'exclama-t-elle un peu trop vite, par surprise. Drago croisa ses mains sur la table, et inspira longuement.
« C'est un bon ami à moi. » Il hésita un instant, puis poursuivit, la voix plus basse : « C'est surtout, après moi, le plus proche disciple de Tu-Sais-Qui, à Pourdlard. »
Hermione jeta nerveusement un coup d'œil circulaire dans la salle des Trois Balais. Il y avait non loin d'eux plusieurs tables occupées par des Serpentards qui parlaient fort et riaient sans retenue.
« Mais pourquoi te remplace-t-il auprès du Seigneur des Ténèbres ?
― Parce que Tu-Sais-Qui s'intéresse de très près à ton cas, et il a besoin de renseignements réguliers. N'oublies pas, tu es à cette époque pour empêcher sa victoire prochaine. »
Elle hocha la tête sinistrement, ne sachant que trop bien ce qu'il lui rappelait.
« Et Rogue va le tenir au fait de la relation entre Evans et Potter. D'ailleurs, il va être réjoui. »
Il sembla à Hermione que les Serpentards des tables voisines se faisaient plus silencieux. Anxieuse, elle se rapprocha du jeune homme, sur la banquette ; il ne souriait pas.
« Granger, tu me mets dans une situation extrêmement délicate… » Il lui prit la main doucement, et lui caressa les doigts. « Je ne sais plus quoi faire. Je ne peux pas rester éternellement à cette époque, alors que toi, tu ne peux plus en bouger… Et… »
Par des gestes qui sonnaient autant l'espoir que la résignation, ses bras enveloppèrent la jeune fille, et l'étreignirent avec une tendresse un peu triste. Elle entendit son souffle, sa voix, lui murmurer doucement au creux de l'oreille :
« L'ennui, c'est que je n'ai aucune envie d'être séparé de toi aussi vite…
― Il y a forcément un moyen pour modifier ton retourneur… ! »
Comme régi par une impulsion qu'il ne maîtrisait pas, il la relâcha brutalement et prit son menton entre ses mains placées en coupe.
« Granger, demain on ira voir Dumbledore pour lui poser la question. S'il a su t'en créer un, il peut très bien corriger le mien. Et dans ce cas, je ne serai plus contraint de retourner à notre époque !
― C'est de la folie ! » S'exclama-t-elle, et le jeune homme de renchérir, les yeux pétillants d'excitation :
« C'est insensé, oui, et c'est pour ça que j'y crois. »
L'embrasement retombé, leurs regards se perdirent l'un dans l'autre, redevenus sérieux. Ces paroles venaient comme de sceller quelque chose entre eux, quelque chose qu'ils ne s'étaient jamais avoués qu'à demi mots.
Dans ses yeux gris, je ne vois plus que la promesse d'un bonheur qui n'est plus aussi éphémère que je le pensais. Je suis à la fois exaltée à cette idée, mais l'air est chargé d'électricité, et le beau visage tellement grave de Drago me pétrifie.
Il a cette beauté particulière, rare, invincible, dont il est conscient, et cette conscience même joue dans son intérêt. C'est une beauté qui ne se transmet pas de père en fils, mais apparaît ici et là, à différentes époques et distances, au sein des familles de l'humanité. Il s'agit de la vraie beauté : insolente, joyeuse, impériale, fière, souveraine, celle qui balaye les faibles cœurs sur son passage, et parvient à conquérir les endurcis ; elle séduit les hommes et les femmes.
Et ici particulièrement, je me sens happée par le pouvoir de son regard. Les secondes s'éternisent au rythme de nos deux visages qui se rapprochent l'un de l'autre, comme captivés. Même si je voulais, je ne pourrai lutter contre. Je ressens sans retenue cet instant magique entre le doute et la certitude sur ce qu'il va se dérouler, mon corps entier vibre et bat. Ce sont nos deux bouches qui se rejoignent, se touchent, s'embrassent. C'est mon cœur qui s'embrase ! Ses lèvres chaudes, fines qui capturent les miennes, qui me capturent toute entière ! Je m'agrippe à lui, il me tient fermement. Je voudrai ne plus m'en séparer.
Comme à regret, il s'éloigne. Le froid soudain, la solitude, le brusque retour à mon individualité.
Ses gestes dictés par une force supérieure, Hermione glissa sa main dans la poche, et en sortit le retourneur de temps qu'elle tendit à Malefoy.
« Tiens, reprends-le. »
Il ne fit d'abord pas un mouvement, ses yeux agrandis où tournoyait une lueur qui ressemblait à de l'effroi, puis il lança une œillade inquiète aux tablées de Serpentards autour d'eux. Elle suivit son regard nerveusement tandis qu'il s'emparait d'un geste vif du retourneur. Bien qu'aucun des Serpentards ne les observait fixement, elle aurait juré qu'ils avaient été attentifs à chaque élément de la scène entre eux deux.
« Pourquoi me le rends-tu ? »
Le ton de sa question était loin des remerciements auxquels elle s'attendait, il paraissait même tendu.
« Je ne veux plus avoir un moyen de pression sur toi, Malefoy. Je me fiche bien de cette mission maintenant… C'est une cause perdue…
― Tu me places encore davantage en mauvaise posture. » Lui dit-il, mais il enroula son bras affectueusement autour des épaules frêles de la jeune fille. Néanmoins, son visage n'exprimait plus que l'anxiété.
« Il faut que tu saches quelque chose. J'ai voulu te le dire tout à l'heure, mais tu dois le savoir maintenant plus que jamais.
― Pourquoi je devrai le savoir maintenant, encore plus que tout à l'heure ? »
Il secoua la tête négativement, et haussa les épaules, comme s'il ne pouvait se résoudre à répondre à cette question. Alors elle attendit qu'il poursuive, le cœur battant.
« Granger, retiens cette date : le quinze février.
― Quelque chose de grave ? »
Incapable d'articuler, il se contenta d'hocher la tête. Elle lui saisit la main, et entremêla ses doigts aux siens, mais il ne le remarqua pas, absorbé par ce qu'il comptait révéler.
« Tu-Sais-Qui m'en avait déjà parlé… Enfin, le Tu-Sais-Qui de notre époque, celui qui avait déjà vécu tout ça. Et le quinze février 1978, autrement dit dans un mois et demi, il s'est introduit dans Poudlard, et est parvenu à obtenir la loyauté des Maraudeurs.
― Les Maraudeurs ?!
― En tous cas, la loyauté de l'un d'eux au moins, puisqu'il a été aidé par la suite pour faire de Harry Potter son atout final. L'enfant de Potter et Evans. »
Hermione se saisit la tête entre les mains.
« C'était donc vrai, parmi les Maraudeurs, il y avait un traître…
― Attends. Peut-être n'était-ce que Queudver, et ça, ce n'est pas une surprise. Tu-Sais-Qui ne m'a pas dit s'il y en avait d'autres. » Il baissa les yeux, la voix plus hésitante. « Toutefois, tu dois savoir que parfois il suffit de modifier quelques éléments du passé pour chambouler le cours des évènements. Méfies-toi, cette fois-ci le Seigneur des Ténèbres pourrait parvenir à corrompre les quatre Maraudeurs. Surtout que… Tu les as peut-être alléché avec vos entraînements de magie noire…
― C'est impossible ! »
Cette fois, il lui offrit un triste sourire.
« N'en sois pas convaincue. J'ai dans l'idée que si tout s'était déroulé dans l'ombre ce quinze février là, il est possible que cette fois-ci, les choses soient plus violentes. Parce que tu es là, et que je suis là également. »
Elle se sentit brusquement impuissante, face à une situation à laquelle elle était loin de pouvoir maîtriser. La menace la rattrapait.
« Et toi, Malefoy, de quel côté seras-tu ? »
Il lui passa un doigt sur le poignet, émettant un petit rire moqueur.
« Drôle de question, tu devrais le savoir pourtant. » Il la fixa brièvement, et reprit : « Honeyducke va bientôt fermer, il serait temps de s'éclipser avant d'être bloqué à Pré-au-Lard. »
Mais quand elle chercha à lui prendre la main, en partant, il secoua la tête négativement.
« Non, non, pars seule. Ce n'est pas la peine de mettre la puce à l'oreille des gens. Je te suis de loin, rejoins moi dans une heure à ma chambre. »
Et leurs lèvres s'effleurèrent rapidement, encore peu habituées au contact.
