CHAPITRE 16

Il est là, près de moi… Il est moi ? Je me blottis contre lui, son odeur marine qui m'enveloppe, me rassure. Il m'apaise, il me soigne, me guérit de mes angoisses. Sa main m'effleure, puis me tient fermement, je n'ai plus peur de la suite. Puisqu'il est là, puisque c'est lui, et que rien n'a plus d'importance que cet instant nimbé d'amour. Son beau visage a de nouveau laissé tomber ce masque froid et arrogant, ses mèches blondes chatouillent mon front, je ris.

Je m'éveille. Je suis seule, il n'est pas là, il ne l'a pas été. La chaleur de mon lit me glace, ma solitude est une prison. Son absence est un chemin qui me conduit droit vers la fatalité, sans autre alternative.

Les heures qui filent me rapprochent de la date fatidique, toutefois… Je me permets de les vivre. A chaque seconde, Drago peut revenir.

Je le regarde. Son front plissé penché sur son parchemin. La voix ronronnante du professeur qui semble le bercer, dans cette salle de cours lumineuse. Ses cheveux délicatement lissés en arrière ; une unique mèche qui retombe devant ses yeux. Je sens pratiquement leur odeur iodée.

Des hauts et des bas… Qu'il ne veuille plus de moi me brise, et pourtant… En cet instant, je le regarde, et je vis. Je le regarde vivre, et ça me donne un souffle de vie. Parfois il me semble qu'il est toujours le Drago qui s'est montré à moi. Dans ces moments là, j'attends à chaque seconde un rebondissement, un changement, une lueur d'espoir ?

Il se tourne vers moi. Ses yeux me frôlent à peine, telle une quantité négligeable. Je le vois profiter d'un moment d'inattention du professeur pour se rapprocher de Gélissa, sa binôme, et enfouir son visage dans le cou gracile de la jeune fille, déposer quelques baisers et peut-être la mordiller ?

Les rêves se dissipent, si personne n'est là, qui va croire en eux ?

Heureusement qu'il me reste la mission. Un but vers lequel m'élancer, quelque chose qui m'occupe l'esprit, et me retienne de trop aimer Malefoy. Je ferai n'importe quoi, pourvu que ça me donne l'illusion de réussir quelque chose. Pourvu que ça accapare mon attention.


Hermione pénétra dans la Salle sur Demande. A nouveau, elle se sentait maladroite, perchée sur les longues jambes de Lily, chatouillée désagréablement par la formidable crinière rousse qui lui tombait sur les épaules. James se leva d'un bond du lit sur lequel il était assis, et posa sur elle un regard proche de l'émerveillement.

« Merci, merci de ce que tu m'offres… » Lui dit-il, l'enlaçant sans l'ombre d'une hésitation. Elle se laissa embrasser passionnément, répondant légèrement aux baisers, s'allongeant d'elle-même sur le lit rouge et or. Elle ne ressentait ni plaisir, ni désir, seulement l'impression de mener à bien un travail. Peut-être était-ce ce qu'éprouvaient les prostituées. Elle le faisaient parce qu'il le fallait, et non pas par envie ; James n'était ni stupide, ni repoussant, pourtant elle n'était pas attiré par sa personne.

Et tandis que leurs corps prenaient possession l'un de l'autre, les yeux bruns du jeune homme la couvaient avec une étincelle d'amour, d'épanouissement. Jusqu'à ce qu'il les ferme, comme en transe, relevant la tête brutalement à la manière d'un loup garou qui va hurler.

Elle finit par s'assoupir, dans la moiteur lascive de sa peau collée à la sienne. Ce fut les caresses attentionnées de James qui l'éveillèrent ; il était penché sur elle, le visage étrangement sérieux.

« Je dors depuis longtemps ?

― Tu peux dormir encore. » Répondit-il, le regard un peu égaré.

« Je vais y aller…

― Reste, Lily.

― Je suis Herm…

― Je sais, mais reste quand même… » Lui enjoint-il, lui saisissant la main sans douceur. Elle se dégagea d'un geste sec, le repoussant. Il dit :

« Reviens demain soir.

― Mais…

― Reviens. » Il l'attira à nouveau contre lui, et posa un baiser dans ses cheveux, farouchement, sans prêter attention aux petites mains qui cherchaient à le repousser.


Elle revint le lendemain soir, à regrets, mais d'un pas assuré. Elle avait un but, une direction, qui l'empêchait de se lamenter. Mais le comportement de James lui déplaisait. Il pensait qu'elle lui était due. Pire, il ne voulait pas s'en passer.

Bien des mois plus tôt, Rogue avait affirmé que l'amour de Potter consumait. Il n'avait pas totalement tort. Au cours des soirs suivants elle en prit pleinement conscience, alors que le jeune homme avait insisté, nuit après nuit, pour qu'elle revienne le lendemain. Pas une seule fois elle ne s'était défilée, empruntant l'apparence de Lily, maintenant familiarisée avec ce corps qui ne lui appartenait pas.

C'était pour l'avenir du monde, pour le triomphe du bien, se répétait-elle parce qu'il ne lui restait rien d'autre. Et elle se mettait à y croire presque religieusement. Parce qu'elle n'avait rien d'autre encore une fois.

Hermione se rendait compte qu'elle s'était toujours, d'une manière ou d'une autre, préoccupée du futur de façon maladive. Auparavant, elle écumait la bibliothèque, avide de savoir, désireuse d'être la meilleure. A présent, elle faisait tout ce qui était en son pouvoir pour distraire James de Lily.

Combien de temps allait encore durer ce manège ? Hermione ne s'en souciait peu. Dans sa tête, il lui fallait tenir jusqu'au quinze février, et ce serait le dénouement. Que pourrait-il bien arriver ce jour là, capable de tout changer ?

D'ici là, il ne restait même plus un mois. Tout juste trois petites semaines. Alors Hermione, pour tromper l'angoisse, se rendait le soir dans la Salle sur Demande, rejoignait James, et chaque soir, ils faisaient l'amour.

« Tu finiras par y prendre goût. » Lui avait prédit Rogue, supérieur, lorsqu'elle était revenue chercher du Polynectar. Mais il s'était trompé, elle n'aimait pas plus coucher avec Potter que le jour de sa première fois. Elle avait moins de difficultés, elle connaissait les gestes, le corps de son partenaire, néanmoins elle n'y prenait pas de plaisir particulier.

Parfois, mais rarement, son bas-ventre qui lui envoyait des ondes agréables, et dans ces cas là, elle enroulait un peu plus fermement ses bras autour du cou de James.

« Lily… LILY… » S'écriait-il d'une voix rauque, alors qu'au comble de l'excitation, il lui saisissait les hanches avec sauvagerie.

Au fil des soirs, sa manière de faire l'amour s'était modifiée ; chaque fois, il était plus impatient, plus pressant que la précédente. Ses gestes s'étaient empreints de bestialité ; il ne caressait plus, il agrippait de ses mains fermes, enfonçait ses ongles courts dans la peau d'Hermione, griffait sans vergogne. Et si il commençait par l'embrasser, la fougue de leur étreinte finissait par transformer ses baisers en morsures ardentes qui laissaient de petites marques roses foncées dans la chair pâle de la jeune fille.


« Lily ?

― Oui ? » Elle renonça à le corriger sur sa véritable identité.

Elle était allongée contre lui, le rythme de leurs respirations encore rapides calqué l'un sur l'autre, berçant. Habituellement, James était déjà assoupi à cette étape de leur rendez-vous, mais cette fois il regardait fixement le plafond.

« J'aimerai qu'on s'affiche ensemble, dans la journée.

― C'est impossible. »

Il tourna la tête brutalement, et planta son regard un peu dément dans le sien.

« Et pourquoi ?

― Parce que je suis Hermione, pas Lily… »

Ses sourcils se froncèrent, une légère incompréhension se lisant sur ses traits. Les yeux dans le vague, il paraissait perdu dans ses pensées. Puis à nouveau il la regarda, et dans ses prunelles s'alluma une étincelle de désir qui n'avait plus rien de tendre.

« Ah oui, c'est vrai… Mais tu reviendras encore, demain, après demain…

― Oui, oui. »

Pourtant, devant son expression devenue animale, avide, elle commença à avoir la désagréable impression que la situation lui échappait. James, sans aucune forme de politesse, posa vivement sa main sur l'intérieur de sa cuisse, et la remonta, ses doigts tendus en avant, tremblants de désir.


Du reste, il ne restait que très peu de soirées libres à Hermione. James se faisait de plus en plus insistant, cependant, elle parvint à se libérer un soir de début février. Après un bref coup d'œil à la fenêtre par laquelle une lune pleine et lumineuse éclairait la salle Commune, Hermione comprit les raisons qui avaient poussé James à ne pas insister. Le « petit problème de fourrure » de Lupin devait requérir toute son attention. Ce soir, les Maraudeurs étaient de sortie, conclut-elle.

Elle s'installa aux côtés de Lily et de Jéromine, à leur place habituelle, auprès de la cheminée. Les deux filles, attablées autour d'un devoir de métamorphose, parlaient avec agitation des ASPIC, mais la conversation finit par dériver complètement.

« Tout est terminé avec James… » Annonça Lily, la mine sombre. « Il ne cherche même plus à me séduire. Il ne vient plus me demander de sortir avec lui… Il ne me regarde plus vraiment.

― C'est le moment de passer à autre chose.

― Tu l'as repoussé pendant six ans, maintenant il est tant que tu acceptes qu'il a compris. » Conseillait Hermione, mal à l'aise.

« Une fois, j'ai failli coucher avec lui. Heureusement que je n'ai pas voulu, ce soir là. »

Lily parlait, et ses deux amies l'écoutaient, immobiles.

« Il n'en valait pas la peine, je commence à m'en rendre compte. Ma virginité est trop importante pour l'offrir à n'importe qui. Ni n'importe quand.

― A qui alors ? Quand ? »

Lily la regarda avec de la désillusion dans les yeux.

« Avec celui qui m'aimera réellement, et qui le prouvera autrement que par des disputes. Et je peux vous assurer que ce n'est pas demain la veille de ma défloration.

― Tu abandonnes, pour James, alors ? »

La jeune fille esquissa un geste de la main, comme si elle chassait une mouche, et ses yeux s'humidifièrent.

« N'en parlons plus, il ne me mérite pas. Je me suis trompée sur son compte, et je ne le laisserai plus me donner des espoirs.

― Tu as tort de te braquer ainsi, Lily. » Articula Jéromine d'une voix apaisante. Ses grands yeux d'une douceur sans fin se fermèrent un instant.

« Tous les garçons ne sont pas mauvais. Il suffit d'un bon pour rehausser les autres dans mon estime. »

Elle eut un sourire épanoui.

« J'avais peur des garçons, et Gary a été là pour me mettre en confiance. »


Alors qu'Hermione s'avançait vers les cachots pour le cours de potion, une main la saisit avec brutalité. Elle sursauta, et la poigne de fer la fit pivoter sans douceur aucune. Le visage de Malefoy, proche du sien. Son visage furieux.

« Regardes-moi Granger.

― Quoi ?

― Regardes-moi avec tes yeux de traînée. »

Elle chercha à se dégager, ne comprenant pas cet accès de colère qui l'effrayait, mais il resserra sa prise violemment.

« Tu t'envoies bien, alors, d'après les on-dit ! J'imagine que tu t'éclates bien au lit avec Potter… Et sans doute ses trois acolytes.

― Mais qu'est ce que tu racontes ? »

Il rapprocha encore son visage, grimaçant de rage, et grinça :

« Oh ! Tu pensais que Rogue garderait pour lui ton secret ? Tous les jours où tu viens lui réclamer une nouvelle potion de Polynectar ? Mais je me pose une question… Tu fais ça parce que tu crois que c'est dans l'intérêt de ta mission ? »

Elle demeura muette, tentant toujours de s'écarter, sursautant à chaque mot de Malefoy.

« J'imagine que tu le penses… Laisses-moi te dire que c'est, d'une part, inutile, et d'autre part, navrant. Mais si ça te plait tellement de te faire sauter, ne t'arrêtes surtout pas. »

Il la lâcha aussi abruptement qu'il l'avait agrippée, et souffla :

« Granger la traînée… »

Puis il s'éloigna, éclatant d'un rire provoquant, méprisant.


Haaa ! Enfin fini ce chapitre ! je l'ai écourté d'un passage que je mets dans le prochain chapitre. Il s'agit d'un moment partagé avec Sirius. D'ailleurs le prochain chapitre se rapproche du dénouement final ! Erf, ça me fait un petit quelque chose de savoir ça ! Bref, j'espère que celui-ci vous a plu ! Et le prochain arrive d'ici mercredi je dirai. (et ouiii la rentrée aie aie aie) les chapitres qui arrivent vont bouger davantage !

Goodbook'sky : Pour t'avouer quelque chose, je me demande encore si je veux faire tomber Hermione enceinte. J'hésite entre plusieurs solutions ! Mais je pense qu'elle ne le sera pas. Ce qui ne veut pas dire que personne ne sera enceinte de James! C'est la guerre, comme tu dis ! N'empêche que tu ne m'as pas répondu précisément : ça veut dire quelque chose de concret ton pseudo ? Parce que c'est joli !
Ninia Black : Quelle perspicacité ! Malefoy c'est tout cuit, hein, ça se sent ! Mais pour Sirius je laisse le mystère complet, au moins jusqu'au chapitre suivant ! En fait, c'est surtout que je veux pas te dire de bêtise, j'ai encore pas vraiment décidé ce qui allait se passer entre Sirius et Mione... En tous cas merci de ta review ! Ca fait du bien de savoir qu'il y a des gens qui sont là pour moi ! Bisous qui coule !
Nandouillettemalfoy : Quelle chance de se faire James quand même ! Moi j'l'aurais pris beaucoup plus cool qu'elle il faut dire ! Puis rien ne dit que Malfoy ne saura pas ce qu'il a perdu, et comme tu dis, elle sera prête maintenant, et elle aura bien l'expérience ! Et si James change comme ça, c'est qu'il en peut plus, il sent que c'est une cause perdu avec Lily, mais il l'aime quand même comme un fou, il la veut, donc il cède, et il saisit l'occasion de l'avoir un petit peu. Bisous !
Klo : Oulalah oui j'vais prendre la grosse tête ! Mais c'est pas grave, tant que ça te plait, ce que j'écris, continue à me le dire, c'est trop bon ! La pauvre Mione ça s'arrange pas pour elle ces temps ci ! Quoique bon, d'un côté ça va, elle risque pas d'être en état de manque dans un certain domaine ! Puis James c'est pas non plus le dernier des crétins boutonneux !!! Gros bisous !
Jouzetsuka : Alors, pour te répondre, je ne prévois pas de happy end... D'ailleurs, du jour où j'ai tapé le premier mot de cette fic, je savais que quelle que soit la fin, elle serait loin d'être chouette. C'est pourquoi ma fic est classée en romance/ drama ... Bon maintenant que je sais exactement comment ça finira, je peux te dire qu'il y aura pas besoin d'une usine à mouchoirs non plus, mais loin de cette fic le happy end ! Et pour Sirius, t'inquiète, il va réapparaître au chapitre suivant... Je devais le mettre dans celui là, mais j'étais trop pressée de poster ! Donc voila ! Je te fais des bisous !
EtoileDeNeige : Super de te savoir là, à me lire régulièrement ! Ca m'encourage ! Et noooon rien ne s'arrange pour la pauvre chérinette ! Bisous !
Jonath : Merci ! kiss kiss et kiss !
Calim : Crois-moi, ta review m'a plié en deux, surtout le passage à propos des mangas : "Que lire et quand, quoi faire et dans quel sens ?" Muahaha c'est tout à fait ce que je me demande quand j'en ai un entre les mains ! Mais je suis pas sûre de comprendre un jour vraiment comment ça se lit. Par contre, tu m'as pas répondu clairement : Yawaza, c'est quelqu'un qui écrit sur fanfic ? (je sais, je suis pas fut-fut)... Oh faut pas se révulser comme ça pour James ! C'est vrai que Hermione le fait, mais dans le fond, si on se voile pas la face, il est pas repoussant le petit Cornedrue ! Hihihih ! Enfin bon, là on s'approche à grand pas de la fin... Déjà la date du dénouement, le quinze février, et puis tout qui se barre en "..." hem ! Les prochains chapitres vont s'agiter un peu en tous cas ! Et comme tu dis, ça sera pas une fin de disney ! Bon pas la peine de prédire des torrents de larmes non plus, ça va pas déchirer le coeur en mille hein ! J'ai pas ce talent ! Allez gros bisous ! J'en veux encore des reviews comme les tiennes !
Drago-Hermione : Pas un porc quand même ! Mais pas une biche non plus ! Moi je le trouve très bien James ! Des fois je me mettrai bien dans la peau de Mione quand même ! Puis Malefoy, jaloux, pas jaloux ? T'en penses quoi ?
Luna07 : Roooh merci pour toutes ces petites reviews ! Mais dis-moi, si tu t'es arrêté au chapitre 8, c'est parce que tu n'as pas lu ensuite, ou parce que ce n'était plus la peine d'en rajouter ? En tous les cas, merci tout plein !