CHAPITRE 17

« Alors comme ça, Queudver, tu as une chérie ? » Railla James, mimant grossièrement des bruits de bisous.

Le regard de Peter fit le tour de la Salle sur demande, certainement en quête d'inspiration pour se sortir de cette conversation gênante, mais finalement hocha la tête, penaud.

« C'est la Serpentard qui t'accompagnait au bal ? » Questionna Lupin, sans moquerie apparente.

A nouveau, le jeune garçon grassouillet acquiesça, les joues empourprées.

« Elle s'appelle Rhonda Brands. » Ajouta-t-il, subissant les rires persifleurs de ses amis. Il ajouta, redressant la tête avec affront : « Je lui ai parlé de nos entraînements de magie noire et…

― Tu lui as parlé de ÇA ? » S'étrangla Hermione, n'en croyant pas ses oreilles.

« Oui, oui, et elle s'est enthousiasmée aussitôt ! Elle voudrait même y participer…

― Tu es complètement stupide, Pettigrow ? S'exercer aux forces obscures, c'est une chose, y joindre de vrais pratiquants, ç'en est une autre ! » Aboya la jeune fille, indignée.

Peter baissa les yeux, mais Sirius passa un bras solidaire sur les épaules du garçon, et affirma avec assurance :

« Au contraire, je trouve que c'est une bonne idée. Apprendre quelques sortilèges à partir de manuels c'est bien, mais se faire entraîner par des personnes véritablement versées dans les pouvoirs obscurs, c'est mieux.

― Elle nous aidera bien mieux que tes bouquins, Hermione, admets-le. » Renchérit James, hautain.

Hermione se tourna vers Lupin, recherchant un quelconque soutient de la part de celui qu'elle considérait comme le plus sage.

« Remus ! »

Mais ce dernier secoua lentement la tête, le visage grave.

« On a pratiquement fait le tour des ouvrages les plus glauques, ils n'ont plus grand-chose à nous enseigner. La théorie, on la connaît maintenant, et que demander de mieux qu'un Serpentard pour nous permettre de peaufiner la pratique ? »

Hermione eut une nouvelle fois ce sentiment que la situation lui échappait. Elle avait perdu contrôle de ce qu'elle avait déclenché. Indignée, seule face aux quatre Maraudeurs, elle s'écria, la voix plus aiguë qu'à l'ordinaire :

« Mais qu'est ce que vous cherchez ? A rejoindre les rangs de Voldemort ? Il était juste question de connaître les bases de la magie noire afin de pouvoir se défendre… Pas de s'immerger entièrement dans le côté sombre de la force…

― Hermione il n'est pas question de…

― Vous êtes devenus fou ? Complètement corrompus ? » Gémit-elle, impuissante, face à la lueur un peu démente qui brillait dans leurs yeux.


Tout semblait aller de travers. Elle assista une seule et unique fois à une séance d'entraînement à laquelle s'était joint Rhonda Brands. Cette dernière, outre le regard terriblement mauvais qu'elle lança à Hermione, probablement une vieille rancœur datant de l'époque où la Serpentard avait proposé à Malefoy d'être sa cavalière, elle possédait une connaissance en matière de sciences obscures qui les dépassait tous.

Et de ce jour, le sentiment de malaise ne quitta plus la Gryffondor. Elle avait vu les Maraudeurs s'enthousiasmer devant le savoir maléfique de Rhonda, elle avait assisté à leurs sortilèges plus sombres les uns que les autres, qu'ils lançaient avec une réelle excitation malsaine.

L'étincelle de folie qui illuminait leur regard, à l'annonce d'un nouveau sort, inquiétait Hermione. Etait-il possible que Malefoy ait dit vrai ? Elle avait tendu la perche aux Maraudeurs pour les guider dans une voie glauque.

Elle cessa de se rendre aux entraînements, tout en sachant qu'ils se poursuivaient sans elle. Tout avait tellement déraillé. Ce n'était à la base que de simples exercices de Défense contre les Forces du Mal, qui avaient tourné en cours de magie noire. A cause d'elle.

De ce fait, ses rencontres avec les Maraudeurs s'espacèrent. Excepté avec James, dont l'avidité ne cessait de s'accroître. Elle aurait voulu cesser de le voir, cesser cette folie, mais la sensation d'avoir déjà tout gâché avec la magie noire, et de surcroît de ne plus avoir le courage d'assister à ces véritables cours de Force du Mal lui était intolérable. Elle se sentait obligée de continuer quelque chose dans sa mission, bien que nuit après nuit, le comportement du Gryffondor empirait.

Il était comme en transe, avec une lueur de folie menaçante aux tréfonds des prunelles. Dans ces moments, il en oubliait complètement qu'Hermione était sous l'influence du Polynectar, et la prenait pour Lily.

« Quand on aura passé nos ASPIC, Lily, on partira ensemble de Poudlard…

― James ? Je ne suis... » Tenta de le corriger la jeune fille, mais il n'accorda aucune attention à ses paroles, et les yeux agrandis par un délire dans lequel il se plongeait davantage chaque fois, il poursuivit :

« On ira s'installer ensemble dans une maison. Dans un village éloigné. Tu viendras, hein ? Tu viendras ! » Il braqua sur elle ses pupilles dilatées, le visage halluciné.

« James ! » Cria-t-elle, le cœur battant la chamade.

Il secoua légèrement la tête, semblant reprendre ses esprits, et agrippa ses hanches d'une poigne impérieuse et sans équivoque.


La date fatidique se rapprochait dangereusement. Février était déjà bien avancé, et l'angoisse d'Hermione ne faisait que s'accroître. Elle ne parvenait pas à envisager quelque chose suite à ce quinze février, c'était comme un chemin sans issue, qui débouchait sur un mur. Et si l'appréhension lui enserrait le ventre, elle n'imaginait pas que ce quotidien se poursuive après, elle ne le voulait pas. Elle se permettait de franchir certaines limites parce qu'il lui semblait clair que le quinze, ce serait terminé. Pas forcément sa vie, ou du moins elle ne le souhaitait pas, mais cette vie qu'elle menait.

Un soir, dans la salle commune des Gryffondors, son mauvais pressentiment poussé à l'extrême, elle décida de s'en ouvrir à ses amies. Elle s'assit à leur côté, le visage on ne peut plus grave, et commença à parler, les regardant tour à tour dans les yeux.

« Lily, Jéromine, vous devez être avertie. Le Quinze… Après demain… Il va se dérouler quelque chose à Poudlard. Ecoutez-moi bien, ce ne sont pas des paroles en l'air… » Alors que les mots franchissaient ses lèvres, elle se rendait compte de l'absurdité de la situation. Elle n'en avait aucune preuve… Et si les menaces de Malefoy étaient un tissu de mensonge ? Elle se sentait à l'orée de la folie. Peut-être qu'à partir de quelques mots, elle s'était imaginée des milliers de choses qui ne vivaient que dans sa tête ?

« Hermione ? »

Elle décida néanmoins de leur faire part de ses angoisses.

« Une grande partie des Serpentards sont des partisans de Voldemort… »

Jéromine poussa un léger cri au nom du Lord.

« Des futurs Mangemorts, en fait. Pour mieux expliquer, Voldemort possède déjà son armée à l'intérieur même de Poudlard… Et le quinze, il compte agir.

― Agir ? Comment ça ? » Demanda Jéromine, ses yeux pervenches obscurcis par la peur.

« Je ne sais pas… Certainement prendre possession du château…

― Mais pourquoi ? » S'exclama Lily, une main plaquée devant sa bouche.

« Au début il devait simplement prendre le serment de loyauté des Maraudeurs à cette date, mais apparemment il compte faire davantage… Qu'est ce qui l'a fait changer d'avis ? Excepté le fait qu'Harry… Oh ! »

Une pensée affreuse venait de frapper Hermione. Elle en fut parcourue de frissons. Et si Voldemort, apprenant son futur de la bouche de Drago, s'était particulièrement attardé sur le cas de Harry Potter. Harry Potter à cause de qui il avait perdu son corps durant treize ans, à cause de qui il avait failli tomber dans l'oubli, même auprès de ses fidèles mangemort ? Et si il avait estimé que le final soutient de Harry ne valait pas les treize années perdues ?

Et si elle s'était trompée depuis le début de cette aventure ? Peut-être que Voldemort ne s'intéressait plus au descendant de James et Lily, mais davantage de prendre possession de Poudlard directement ?

Hermione se prit la tête entre les mains, anéantie. Elle avait encore eu tout faux… Depuis le début. Un bras rassurant se posa sur ses épaules, puis un second, de l'autre côté. Lily et Jéromine s'étaient rapprochées de la jeune fille, elles chuchotèrent :

« On sera là, Hermione. On sera toutes les trois, et nous veillerons les unes sur les autres, ce soir là.

― Nous rassembleront tous les Gryffondors, et nous nous cloîtrerons dans notre salle commune, avec toute la solidarité de notre maison… » Renchérit Jéromine, cherchant à se montrer apaisante, malgré le léger pli effrayé que prenait sa bouche fine.

« N'y pensons plus, demain c'est la Saint Valentin. » Ajouta-t-elle dans un sourire un peu forcé. « Je passe la journée avec Gary. On va bientôt… le faire… »

Mais ses tentatives pour changer de sujet demeurèrent vaines. Hermione, rassurée que ses amies l'aient prise au sérieux, argumenta :

« Ce ne sont pas des menaces en l'air. Elles me viennent d'un… Partisan de Voldemort…

― Alors ce ne serait pas pour t'effrayer inutilement, et te faire passer pour une illuminée paranoïaque auprès de ceux à qui tu soutiens cette version de l'attaque de Tu-Sais-Qui ?

― Non, non… Je pense que celui qui m'a avertie essaie de me protéger… Mine de rien… Tout en s'affichant tel mon ennemi… »

Lily la regarda longuement, et articula silencieusement le nom de « Malefoy », ce à quoi Hermione acquiesça.


Plus tard dans la soirée, bien après que Lily et Jéromine soient allées dormir, Hermione continuait à ressasser son hypothétique erreur à propos de l'intérêt que Voldemort portait à la naissance d'Harry. La porte de la salle commune s'ouvrit, et en plusieurs foulées, Sirius se laissa tomber auprès d'elle avec désinvolture. Il eut un léger ricanement.

« Tu n'aurais pas du nous abandonner aux séances d'entraînement. On s'amuse beaucoup plus.

― Tant mieux si je ne vous manque pas. » Répliqua la jeune fille froidement.

« Ce n'est pas ce que je voulais dire. La pratique, enseignée par Rhonda, est plus palpitante que la théorie…

― Votre dégénérescence me dégoûte.

― Tu as trop de principes stupides, Hermione. » Lâcha-t-il, soudainement hautain.

Ils se toisèrent un moment, le regard noir.

« C'est le fait de ne pas me laisser corrompre par les forces du mal que tu appelles principes stupides ? Parce que je ne me laisse pas posséder par la magie noire ? Tu es sur une pente glissante, Sirius, et si tu ne fais rien pour…

― Je sais très bien ce que je fais. » La coupa-t-il, glacial.

« Jolis prétextes que ceux d'étudier les forces obscures pour être de taille à se défendre contre Voldemort, mais quand il viendra quérir le loyauté des Maraudeurs, oses me dire que tu voudras encore t'y opposer.

― Il désire nous faire entrer dans ses rangs ? »

Sirius avait parlé de manière trop empressée, trop subite, pour dissimuler l'étincelle d'intérêt qui s'était allumée dans ses prunelles. Il tenta de reprendre son expression dégagée, mais sans succès. Hermione en eut un mauvais pressentiment.

« Ce n'est pas vrai… Vous êtes irrécupérables. »


C'était une douce après midi de février. Un quatorze février précisément. Dans les rues de Pré-au-Lard, une pellicule de neige très fine fondait lentement sous les rayons d'un soleil d'hiver. L'air était frais, vif, et pur. C'était l'air qu'Hermione aimait inspirer habituellement, cependant, ce jour là, il refusait d'entrer entièrement dans ses poumons. Elle avait une boule dans le ventre, que l'angoisse nouait.

Autour d'elle, les élèves riaient, piétinant la neige joyeusement, la teintant d'une couleur de terre, la mêlant à la boue et à l'herbe rase.

Hermione n'avait personne avec qui se promener main dans la main, ce jour de Saint Valentin. Lily non plus. Elles étaient parties ensembles à Pré-au-Lard, et avaient commencé à parler à quelques Gryffondors de l'attaque imminente du Lord. Leurs camarades avaient ri.

Elle regarda la crinière rousse de Lily disparaître derrière une foule de couples, tous réunis devant la vitrine du magasin de balais. Lily était résolue à ne pas laisser le scepticisme des autres Gryffondors l'empêcher de faire circuler la nouvelle ; elle venait certainement d'apercevoir l'un ou l'une de leur camarade.

Mais brusquement, rapidement, une main large venue de derrière se plaqua contre la bouche d'Hermione, la bâillonnant fermement. Une autre main l'attrapa par la taille et elle fut entraînée contre son gré dans une ruelle plus sombre où elle fut jetée à terre avec brutalité. Une baguette pointée sur elle, et elle vit le regard mauvais de Rogues tandis qu'il prononçait un sort qu'elle n'entendit pas. Sa vue se troubla, elle sombra dans l'inconscience.


On s'approche de la fin, c'est irrémédiable. Encore trois chapitres je pense... Mais pas trois chapitres de romance mielleuse, non, hélas !

Drago-Hermione : Oui, vivement la jalousie de Malefoy ! Ca vient, ça vient, ne t'en fais pas !

Ninia Black : Ton expression me fera toujours rire : tocard ! Mouhahaha ! Tocard de Potter, qu'est ce que ça lui va bien ! Gros bisous !

Nandouillettemalfoy : Je ne répondrai pas à ton hypothèse, tu verras bien. D'ailleurs Malefoy revient en même temps que le chapitre suivant !

SinkShadow : Merci pour tous tes compliments ! J'espère que ça t'a plu... Bisous

Calim : Uhuh je pense t'avoir répondu de manière plus directe que cette petite dédicace. Et je ne voudrais pas te rendre folle avec ma réponse à ta réponse à ma réponse !!! Hihihi ! Bisous !