Scène 5 : Frère et Sœurs
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« Je n'arrive pas à croire que tu sois la sœur d'Olaf. »
Ils étaient assis par terre, devant la cheminée, comme à leur habitude. Merlin picorait régulièrement la nourriture qui se trouvait dans l'assiette posée devant lui. Des restes du banquet qui avait eu lieu plus tôt. Entre l'habillage d'Arthur et son service au fameux banquet, il n'avait pas eu le temps de manger.
« Je vois ça. »
Je sens ça.
Merlin sourit et ses pensées allèrent au Lien. Effrayant mais fascinant, se dit-il pour la millième fois depuis son retour à Camelot. De moins en moins et de plus en plus. L'union de leur esprit et le Dragon du Jugement avait stabilisé beaucoup de choses tout en les compliquant. Sa maîtrise de la magie de l'esprit était meilleure déjà. Son esprit avait arrêté d'aller et venir sans raison entre son corps et celui de la Barde mais il partageait de plus en plus les rêves d'Eolhsand. Il ne se rappelait pas souvent de leur contenu mais chaque matin ou presque, il avait cette étrange impression. Il avait rêvé mais ne se souvenait pas de son rêve. Sans doute parce que ce n'était pas important. Eolhsand le lui avait confirmé quand il lui avait posé la question.
« Comment as-tu pu me cacher ça El ? »
Elle haussa les épaules. La question semblait la laisser indifférente mais le lien donnait de toutes autres informations à Merlin. C'était sans doute l'une des choses qui le fascinait le plus, fascination qui lui avait d'ailleurs attiré énormément d'ennuis depuis son retour, surtout lorsqu'ils se trouvaient tous deux dans la même pièce. Mais comment aurait-il pu ne pas l'être en voyant comment fonctionnaient les rouages de l'esprit ? En voyant comment une pensée naissait, vivait et mourrait. Il se passait toujours quelque chose alors oui, c'est vrai, il n'avait pas été très attentif ces derniers temps alors qu'Eolhsand se trouvait dans la même pièce que lui et non, ce n'était pas parce qu'il était amoureux d'elle. Merci bien Arthur !
Le rire d'Eolhsand le tira de ses pensées. Merlin se passa la main dans les cheveux.
« Il m'a interdit de te voir tu sais.
-Je sais. »
Bien sûr qu'elle savait.
« Il ne comprend rien.
-Il ne sait rien Merlin.
-Je sais El ! »
Il prit un air résigné.
« Je le sais très bien. »
Il se passa de nouveau la main dans les cheveux. Arthur se plongeait de plus en plus dans l'étude de la Vallée des Dragons. Il avait de plus en plus de questions sur les Dragonniers, notamment sur le Lien, et pratiquement aucune réponse alors que lui, avait, ses réponses. Si seulement…
« Je lui ai dit que je serais discret. Qu'il n'y avait aucune chance qu'Olaf nous surprenne ensemble.
-Ce n'est pas mon frère qui est le plus dangereux pour toi.
-C'est ce que je sens à travers toi mais je ne comprends pas pourquoi. »
Silence.
« Mon frère est le plus à même de comprendre ce que tu es…
-Comment… Il est venu dans la Vallée ! »
Eolhsand acquiesça.
« Les familles des Hwïtãnhlytas nées à l'extérieur sont toujours invitées à venir dans la Vallée…
-Pour toujours ou pour un temps. » finit-il à sa place.
Autre chose d'étrange. Depuis son retour à Camelot, chaque information qu'elle lui donnait sur la Vallée ne le surprenait plus. Quelque part, il savait déjà tout ça. C'était juste là, quelque part dans son esprit. Il suffisait qu'elle lui en parle pour qu'il s'en souvienne.
« Olaf est le seul à être venu. »
Sans doute parce que père le lui a ordonné. Pour nous espionner. Pour que je revienne…
La pensée étonna Merlin et il voulut en savoir plus à ce sujet mais il sentit clairement Eolhsand diriger son esprit ailleurs. Vers d'autres souvenirs. Il vit Olaf, jeune mais aussi son grand-père et son père, qui n'était encore qu'un enfant. Dans la Vallée. Olaf était en train de parler avec son grand-père et Balinor et lui écoutaient attentivement la conversation. Dans un autre souvenir, Olaf était plus vieux. Son père aussi. Balinor n'était plus un enfant. Il y avait un autre homme avec eux. Un druide à la peau noire avec une triskèle tatouée sur la tempe. Il entendit la voix d'Olaf.
« Tu restes ici ! »
Il refusa.
D'autres souvenirs. Une petite fille blonde. Sa sœur. Caelia. La plus proche de lui en âge. Celle qu'il aimait le plus. Ils étaient inséparables. Jusqu'à la Vallée. Dans le souvenir suivant, l'affection se teintait de ressentiment.
« Tu ne sais rien Lia.
-Ils ne sont pas ta famille ! C'est nous ! Nous sommes de ton sang ! Comment peux-tu nous rayer de ta vie comme ça ! »
Merlin écarquilla les yeux.
« Ils savent. »
Réflexion idiote. Bien sûr qu'ils savaient. Difficile de cacher ce qu'ils étaient à leur propre famille…
« Et ils peuvent comprendre ce que je suis… »
Eolhsand acquiesça.
« C'est Olaf qui a le plus de chance de comprendre cependant. Il m'a vu avec Hafoc et Balinor…
-Mais tu ne le penses pas capable de me dénoncer.
-Seulement s'il n'agit pas impulsivement…
-C'est censé me rassurer ?
-S'il prend le temps de réfléchir, il comprendra aussi ce que tu es pour moi. Il sait que j'ai besoin d'un Dragonnier. Il ne te dénoncera pas pour cette raison.
-Contrairement à ta sœur.
-Tu es un Dragonnier Merlin. »
Mais l'esprit d'Eolhsand disait : ''Tu es l'un de ceux qui m'ont enlevé''.
« Je n'étais même pas né !
-Je sais. »
Mais pour Caelia, ça n'avait aucune importance.
…
PvC : OMEAS ! Elle publie deux jour de suite !
A : OMEAS ?
PvC : Oh mon être abstrait supérieur.
A : Tu peux pas dire "OMG" comme tout le monde ?
PvC : Pourquoi je ferais comme tout le monde ? Je suis PvC, la seule l'unique !
A : Qu'est-ce que vous voulez que je réponde à ça ?
Scène 6 : Olaf et Caelia
