CHAPITRE 19

Une étrange atmosphère régnait dans le château. Hermione ne s'y était jamais sentie aussi mal-à-l'aise, comme oppressée par le murmure continuel qui semblait s'élever des recoins sombres, des murs, des portes. Peut-être devenait-elle paranoïaque, ou était-ce ces petits groupes d'élèves, Serpentards à n'en pas douter, rassemblés par quatre ou cinq au tournant de chaque couloir qui l'inquiétaient. Ils préparaient quelque chose, et elle ne pouvait feindre l'ignorance.

Drago était parti de son côté, et elle du sien. Elle en avait le cœur noué d'angoisse. Heureusement, il y avait la salle commune de la tour Gryffondor, dans laquelle Lily et Jéromine tournaient en rond telles des lionnes en cage. Lorsqu'elle entra, les visages des deux jeunes filles s'illuminèrent brutalement, passant de la surprise à la réjouissance.

« Hermione ! »

Et elles se tombèrent dans les bras, toutes trois, avec le soulagement de se savoir de nouveau réunies.

« On s'est fait tellement de soucis pour toi ! Que t'est-il arrivé ? »

Le visage mi-grave, mi- radieux, elle les fit asseoir et s'empressa de leur relater sa capture et son sauvetage, la voix tremblante. Mais ne leur laissant pas le temps de s'exprimer, elle en vint directement aux évènements qui se profilaient.

« Hermione, on te croit ! Même les autres Gryffondors sentent qu'il y a un drôle de climat dans le château, ce soir. Tout d'abord, il a eut Rogue, quand il est arrivé dans la Grand'Salle à l'heure du dîner… Tous les Serpentards se sont levé de leur table comme un seul homme… Et l'ont suivi. Tu ne t'imagines pas à quel point c'était impressionnant. Et effrayant. »

Hermione ne visualisait que trop bien la scène. Et imaginait exactement le discours que Rogue leur avait tenu.

« Sirius, James, ils l'ont suivi aussi ? »

Jéromine la regarda avec des yeux ronds.

« Non ! Quelle idée… Mais il y a plusieurs Poufsouffles et des Serdaigles qui se sont levés et ont rejoint le groupe.

― Gary n'en faisait pas partie ?

― Non ! »

Leurs éclats de voix retinrent l'attention des élèves présents dans la salle commune. Ils réagirent aussitôt qu'ils l'eurent reconnue.

« Hermione Granger ! Tout le monde te croyait disparue !

― C'est vrai ce que tu nous avais dit ? Que Tu-Sais-Qui va attaquer Poudlard ce soir ? »

Un grand blond qu'elle reconnut comme le capitaine de l'équipe de Quidditch s'avança vers elle, et de sa voix autoritaire, affirma :

« Moi, maintenant, je te crois. Et je sais que je ne suis pas le seul ! Poudlard est comme déjà possédé par les forces du mal. Il y a des Serpentards menaçants qui rôdent de partout dans le château, et la plupart des professeurs sont encore dans la Grand'Salle avec un air d'incompréhension passive…

― D'incompréhension passive ? » S'exclama Hermione brutalement. Il la fixa, et répondit, la voix trahissant une légère inquiétude :

« Ils sont assis, à leur table, comme si de rien n'était alors que tous les Serpentards ont pris possession des couloirs, et que les autres maisons se terrent dans leurs dortoirs. Ca fait près d'une heure que les professeurs sont assis, inexpressifs, sans toucher à leur assiette.

― Inutile de compter sur eux alors. » Annonça Hermione, lugubre.

A présent, tous les Gryffondors s'étaient regroupés autour d'elle, et la dévisageaient comme si la solution allait surgir d'elle. Irritée par leurs regards débordants d'espoir, elle ne put néanmoins refouler le sentiment de fierté qui la submergea, vis-à-vis de la cohésion de sa maison.

« Restons ici alors, jusqu'à ce que… »

La phrase d'Hermione fut interrompue par un véritable tonnerre d'éclats de voix, et de tambourinements à la porte de la salle commune. Tous les élèves se redressèrent, en proie à une vive épouvante, craignant que l'attaque des Serpentards ne commence ici. Mais quand deux silhouettes firent irruption dans la pièce, Hermione sentit son cœur bondir.

« Je vous déconseille d'accorder votre confiance à ce petit gars là, lança Malefoy de sa voix arrogante à l'adresse de l'ensemble des Gryffondors rassemblés, il m'a suffi de le menacer quelques minutes pour qu'il me livre le mot de passe. Avec ça, vous pouvez compter sur l'intrusion de tous les Serpentards de cette école. »

Il tenait sévèrement un jeune garçon par le bout de l'oreille, sa baguette toujours pointée sur la tempe du Gryffondor, menaçant, et jeta un regard un peu insolent à Hermione. Elle s'élança vers lui, en courant, et se jeta dans ses bras, tandis que les Gryffondors présents ne savaient comment interpréter la chose.

Après tout, un Serpentard venait de faire intrusion dans leur salle commune, menaçant un deuxième année pour obtenir le mot de passe, et celle qu'ils considéraient comme la plus au fait des évènements l'étreignait tendrement.

« Il se passe quelque chose ? » S'inquiéta Hermione, à voix basse, une fois l'euphorie de la surprise passée.

« Il se passe que les partisans de Tu-Sais-Qui prennent Poudlard de l'intérieur, et que les profs sont indolents dans la Grand'Salle…

― Je sais…

― Il se passe aussi que vous n'êtes pas assez à Gryffondor pour résister. »

Ils échangèrent un regard mêlé d'appréhension.

« Mais sache que Gryffondor est la tour la plus sûre, puisque apparemment aucun de vous n'a rejoint les rangs des Serpentards ce soir. De ce fait, seuls les Gryffondors connaissent leur mot de passe, et sont en lieu sûr ici. Du moins pour quelques heures. Ce qui n'est pas le cas chez les Serdaigles et les Poufsouffles.

― Tu veux dire qu'ils vont envahir les salles communes des Serdaigles et des Poufsouffles ? »

Drago posa un regard tourmenté sur la jeune fille.

« Ils ont déjà commencé chez les Poufsouffles… »

Il se détourna d'elle légèrement, et cette fois s'adressa d'une voix claire à l'ensemble des élèves présents dans la pièce.

« Gryffondors ! Votre Salle commune est la plus en sécurité des quatre maisons, seulement, quand les Serpentards auront forcé la Grosse Dame, vous ne serez pas en nombre suffisant pour vous défendre… »

Il pressa la main d'Hermione dans la sienne ; tous les élèves, face à eux, les observaient avec anxiété. Elle fut surprise qu'ils écoutent Malefoy avec autant d'attention, autant de confiance.

« Et en ce moment même, ils tentent de pénétrer de force dans celle des Poufsouffles. Ils ne tarderont pas à envahir la salle commune des Serdaigles également, avant d'en venir à la votre. »

Il y eut des cris d'indignation. Et de détresse. Le jeune garçon poursuivit, imperturbable, passant un bras protecteur autour des épaules d'Hermione.

« Si vous désirez résister, il va falloir aller chercher les élèves des autres maisons ! Leur offrir refuge dans votre tour, vous serrer les coudes, afin d'être UNIS pour opposer une résistance aux partisans de Vous-Savez-Qui. »

Certains hurlèrent en signe d'approbations. Les voix de James, Sirius, Lupin et Pettigrow s'y mêlèrent avec enthousiasme. Ils descendaient les escaliers de leur dortoir, et affichaient des sourires confiants ; leur présence rassura Hermione, elle en oublia instantanément toutes ses craintes vis-à-vis d'eux. D'une démarche assurée, James vint la rejoindre, se plaçant avec un aplomb évident au centre de tous les regards.

« Mes amis et moi, avons décidé de nous lancer. Nous partons, de ce pas, chercher les autres élèves ! »

C'était James Potter qui reprenait sa place en tête des agitateurs, sa place de trublion, d'idole de Gryffondor. Sa déclaration engendra un tumulte de sifflements approbateurs, de cris, d'encouragements, d'applaudissements.

Hermione l'attrapa par le bras, il se tourna vers elle, le regard triomphant.

« Fais attention, ce ne sera pas une partie de plaisir… » Le prévint-elle, mais Drago ajouta, toisant James dédaigneusement.

« Et ne donnez le mot de passe à personne.

― J'imagine, par contre, que le fait qu'un Serpentard douteux possède ce mot de passe ne te semble pas dérangeant. » Sirius s'était rangé aux côté de son ami, et dévisageait Malefoy, plus hostile que jamais. La tension était palpable, et Hermione aperçut du coin de l'œil le jeune homme blond esquisser un geste vers sa baguette, dans sa poche. Elle enfonça ses ongles dans la paume du garçon, et avec soulagement, elle le vit se détourner des deux Maraudeurs, mettant un terme à l'altercation. Il avait encore les mâchoires contractées lorsqu'ils s'éloignèrent légèrement, laissant à James et Sirius le soin de s'adresser à l'ensemble des Gryffondors.

« J'ai une plus grande confiance en toi qu'en eux. » Lui avoua-t-elle pour le réconforter de leur affront.

« Alors pourquoi laisser le sort de Poudlard entre leurs mains ?

― Qui les en empêchera ? Et puis, je n'ai pas dit que je n'ai pas du tout confiance en eux, non plus. »

Il jeta un coup d'œil méfiant par-dessus son épaule, en direction des Maraudeurs et fronça les sourcils.

« Ils parlent d'aller sauver les Serdaigles…

― Et les Poufsouffles alors ? »

Elle tentait d'imaginer une nuée de futurs Mangemorts pénétrants de force la salle commune des Poufsouffles, lançant des sortilèges au hasard, terrifiant les élèves ; les filles qui pleuraient, les garçons qui hurlaient… Mais elle s'étonna de constater que Drago avait baissé les yeux, se mordant la lèvre.

« Tu ne comptes quand même pas les laisser aux prises des Serpentards ?

― Granger, je ne suis pas un héro dans l'âme… J'ai déjà pris des risques inconsidérés pour venir t'avertir du danger qui vous menace. »

Elle se redressa, s'écartant de lui avec un regard déçu, et annonça, plus par provocation que par réelle témérité :

« Alors j'irai sans toi, puisque tu oscilles encore entre les deux camps.

― Non, non ! Tu es folle ! Je ne te laisse pas y aller seule. » Rétorqua-t-il sèchement, la rattrapant avec brutalité. « Tu ne sais pas dans quoi tu t'engages, Granger. Tu ne sais pas dans quoi tu NOUS engages. »

Les Maraudeurs passèrent à côté d'eux, solennels, le port altier, encouragés par des refrains exhortant, que les Gryffondors chantaient en chœur. Ils donnaient plus l'impression d'une équipe de Quidditch qui se préparait à entrer sur le terrain qu'à quatre jeunes hommes qui partaient libérer leurs camarades.

« Tu n'auras qu'à faire diversion devant tes amis les Serpentards, pendant que moi, j'emmènerai les Poufsouffles jusqu'à la tour Gryffondor. » Reprit Hermione, livide, à l'exception de ses joues légèrement rosies par l'excitation d'une telle entreprise. Drago posa sur elle un regard dédaigneux, mais avant qu'il n'ait pu lui exposer son avis, Lily et Jéromine avaient fondu sur la jeune fille.

« Ils sont partis ! Ils y sont allés… Ils n'en reviendront jamais… » Les grands yeux pervenches étaient embués de larmes.

« Hermione, tu te souviens de ce qu'on s'est dit ? C'est toute les trois, ensembles, pour veiller les unes sur les autres ce soir. On ne se sépare pas… » Rappela Lily, avec sang-froid.

Mais Hermione, la mort dans l'âme, secoua lentement la tête.

« Je vais chercher les Poufsouffles… »

Il lui semblait trahir ses amies, trahir sa promesse de cohésion. Mais elle devait le faire. Jéromine laissa échapper un léger sanglot, qu'elle tenta de transformer en toux par la suite, mais les larmes qui s'échappaient de ses yeux écarquillés d'horreur en disaient long.

« Tu nous abandonnes ? » Demanda-t-elle d'une toute petite voix.

« Ecoutez, les Maraudeurs reviendront très rapidement. Ils ont trop de fierté de pour se permettre le luxe d'échouer, et seront là bien avant les Serpentards… » Elle hésita imperceptiblement. « Je vous conseille de rester avec eux, lorsqu'ils seront de retour. Vous comprenez ? Ne les lâchez plus, ils sont certainement les plus à même de vous protéger. »

Lily hocha la tête, son bras enroulé autour des épaules de Jéromine, à l'image d'une grande sœur. Elles échangèrent un long regard, mêlé d'angoisse, de reproches, et de… Confiance ? Mais déjà, Malefoy pressait la main d'Hermione avec empressement.

« Granger ? Ils n'attendront pas que tu aies fini de discuter. »

Elle adressa un hochement de tête à ses amies, s'éloigna de quelques pas, mais la voix plaintive de Jéromine s'éleva, comme un murmure douloureux :

« Hermione… Fais attention à toi… »

Et mues par une impulsion commune, les trois filles se tombèrent dans les bras, s'étreignirent avec la force de l'effroi, mêlant épouvante, tendresse, et amitié. Puis elle partit pour de bon, et franchit le portrait de la Grosse Dame, emportant avec elle la vision de ses amies aux yeux emplis de confiance. Elles croyaient en elle.


Et voila, encore un chapitre de bouclé. Il en reste deux, avant l'épilogue... Ca me remplit de joie, et me mine le moral à la fois. Je suis ouverte à toute critique sur ce chapitre, car il n'est pas vraiment dans le même genre que les précédents, et vu que je suis plus douée en romance qu'en action, dîtes-moi un peu ce que ça donne !

En tous cas, je vous remercie infiniment pour vos encouragement, vous n'imaginez pas le prix d'une review à mes yeux ! C'est exaltant de se sentir lue, appréciée, soutenue...


Nomuteriru Doragon : J'espère bien que tu continues de me lire ! Alors ce chapitre, t'en penses quoi xD


EtoileDeNeige : Je ne peux te dire qu'une chose : la vache, t'as raison de pas la sentir la fin !!! Je pense que ça surprendra quand même, même si on peut s'attendre plus ou moins à certaines choses. Pour répondre à ta question, oui j'ai un vague projet d'une prochaine fic, d'ailleurs, dis-moi ce que tu en penserais : un McGonagall / Jedusor, à leur époque d'élèves à Poudlard... Assez peu commun oui, mais qui nous dit qu'il ne peut rien s'être passé entre eux deux ! Gros bisous !


Kaomisha : Pardonnes-moi si j'écorche ton si joli pseudo ! Merci du compliment, ça fait plaisir une review de quelqu'un qui ne m'en avait pas encore laissé ! J'espère que ce chapitre et les suivants te satisferont tout autant ! Gros bisous !


Ninia Black : Tssss tu croyais vraiment que j'allais séparer ce couple magnifique ? Mouhahaha !!! Quoi ? C'est ce que je compte faire ?!! Ah oui, c'est vrai... Bon bin euuuh... Bonne lecture ! Bisous affectueux et fort en bave ! Hihihi


Nandouillettemalfoy : Eh bin, je vois avec plaisir que tu décroches pas de ma fic xD Pas que tu l'aimes, mais y'a trop de suspens hein !!! Et là, dans ce chapitre, y'en avait ? J''espère que ça t'a plus ! Gros bisous !


Drago-Hermione: La voila ta suite ! Merci de cette review ! T'en penserais quoi, toi, d'une prochaine fic sur le couple McGonagall / Jedusor à leur époque élèves à Poudlard ? Oui, je sais, c'est pas Drago/mione, mais si tu regardes, c'est un peu les mêmes en extrêmes ! Bisous !


Laura : Voila la suite ! Un grand merci à toi ! Bizz


Jouzetsuka : Oui, en effet, j'ai posé toutes les pièces pour une fin tragiiiiiiiique et dramaaaaatiiiiiique bouhouuuuuuuu... Surtout qu'on approche d'un pied on ne peut plus ferme vers la fin de la fin de la fin... Pour le changement brusque entre Drago et Mione, on verra bien. Il peut faire quelques surprises... Le mystère restera entier jusqu'au chapitre concerné ! Hihihi ! Et pour ta question concernant "pourquoi dray n'a pas tué cash Voldy au lieu de lui lancer un vieux stupéfix ?" Bin écoute... je pourrais te sortir que c'est le Syndrôme Potter qui fait surface, d'envoyer des sorts ridicules à ceux qui nous tueraient sans vergogne hehe ! Mais en fait... Parce que ça m'arrangeait pas que Voldy meurt de suite... Je sais, c'est lamentable... Mais c'est inexplicable... Peut-être qu'il était trop tourneboulé par les évènements hein, sait-on jamais.


Langedesenfers : Enfin ça prend la tournure tant redouté où Hermione et Drago se retrouve seuls contre les Serpentards. Ou presque ! Bisous !


Calim : Allez, je me lance pour répondre à une nouvelle review de toi toujours aussi fantastique ! Tu sais, plus j'approche de la fin de ma fic, plus je me dis que tes reviews vont me manquer cruellement xD Raison de plus pour entamer l'écriture d'une nouvelle fic ! Mais comme je vais partir en collocation, je risque de n'avoir plus l'accès à internet et donc de ne plus pouvoir écrire et poster régulièrement. C'est pourquoi j'hésite, même si je brûle d'entamer quelque chose de nouveau, et de continuer à me donner corps et âmes pour obtenir une de si belles reviews de toi hihihi ! J'attends ton avis (important pour moi) à propos de ce chapitre plus action que romance, chose qui ne me réussit pas tant que ça arf !

J'espère que tu n'as pas raté ton train, soit dit en passant, et que les exams se sont bien passés ; ) Gros bisous !