Chapitre 16

Trembler ensemble


My love, leave yourself behind

Beat inside me, leave you blind

My love, you have found peace

You were searching for relief

You gave it all

Gave into the call

I know in peace you'll go

I hope relief is yours

My love, leave yourself behind

Beat inside me, leave you blind

"My love"


Les jours s'étaient succédé et s'étaient ressemblés. Des jours durant lesquels Lexa et Clarke s'étaient à peine croisées. La commandante quittait le manoir à l'aube, et revenait tard le soir, reprenant son règne sur la capitale, reprenant ses charges et ses responsabilités. Aidée du conseil, la cérémonie pour commémorer les morts aux Mont Weather avait été organisée. Suite à cela, des émissaires avaient été envoyés aux autres clans et dans le leur, conviant chef et représentants aux jeux consacrant leur nouvelle alliance, une toute autre célébration bien plus violente, mais également bien plus prisée. La veille, Lexa avait prévenu Clarke qu'il s'agissait de la dernière journée où elle la laisserait ainsi seule à elle-même. Elle avait repris ce qui se devait d'être revu en son absence et les faits saillants des fêtes à venir étaient majoritairement couverts. Lexa devrait encore rencontrer son conseil fréquemment, mais plus pour des jours entiers.

Pour une dernière aube, la commandante avait quitté la maison pour accomplir son devoir, pour un dernier matin Clarke s'apprêtait à passer sa journée seule. Mais ce soir, ce serait la cérémonie des vaincus, ce soir, elle reverrait Lexa, enfin.

La blonde s'éveilla de la même manière que les jours qui avaient précédé, au son de Trikova grattant sur la vitre du balcon. Cet animal était loin d'être bête, il ne s'était pas risqué à nouveau dans la chambre de la commandante, il s'était souvenu de l'affection que lui avait prodiguée Clarke. Il arrivait après le départ de Lexa, et repartait dans la nuit avant son arrivée, passant sa journée sur les talons de blonde.

Elle s'extirpa du lit et alla ouvrir la porte, laissant entrer le petit raton dans la chambre de Dria.

- Bon matin, Trikova, dit-elle la voix endormie en se frottant les yeux.

Comme seule réponse il se pressa sur ses chevilles. Clarke reprit sa routine, s'habilla chaudement, descendit aux cuisines prendre un petit paquet de nourriture que lui préparait Briseïs, et quittait pour la journée. Elle commençait toujours par passer près d'une heure à la plage, ne se lassant jamais de cette vue imprenable. À cet endroit elle avait l'impression de respirer comme jamais, l'air salin la revigorant au plus haut point. Le froid humide, ses doigts enfoncés dans le sable, le son des vagues, tout de cette plage lui faisait entamer ses journées avec apaisement et sérénité. Puis, elle remontait les allées et se rendait à la maison à la porte rouge, le repère des sœurs qui était sien maintenant, du moins en l'absence de celles-ci. Aidé de Ryder elle y avait amené tout ce dont elle avait besoin pour peindre, pour s'évader plus loin que même l'apaisement de la mer pouvait la porter. Car rien n'égalait cette liberté et cette paix d'esprit que lui procurait cette transe créative.

Elle avait décidé de s'attaquer à la plus grande toile qu'elle n'ait jamais faite, la plus grande surface possible à emplir de sa liberté colorée. Clarke avait choisi de peindre le seul mur qui n'était pas composé de grandes fenêtres. Mais sachant ce que représentait cet endroit pour Lexa et Dria, elle ne pouvait y peindre n'importe quoi. Toutefois, cette contrainte n'en fut pas une pour elle. Car si elle ressentait le besoin de tout laisser aller à l'aide de ses coups de pinceau, il n'y avait rien de ses expériences personnelles qu'elle désirait mettre en image. Que la mort et la souffrance, rien qui ne devait s'imager dans un pareil lieu apaisant. Ces visons qui la hantaient ne méritaient pas d'être illustrées ici, ne méritaient pas d'être ici. De plus, elle arrivait à les laisser aller par la simple action de créer, et ce, peu importe ce que cela serait.

Mais Clarke ne voulait pas peindre au hasard. Si elle avait plusieurs jours devant elle pour réaliser une œuvre sur ce mur, elle y laisserait quelque chose de particulier. Cela lui prit quelques heures pour mettre ses idées en place. Elle se laissa inspirer par ce lieu, par ce qu'il représentait pour les sœurs venues ici à la suite d'une enfance trop vite achevée. Elle entendait toutes les confessions que lui avait faites Lexa, ce lourd passé des fillettes d'abord privé de leur mère, puis séparées l'une de l'autre. Puis, comme une révélation cela lui était venu.

Alors qu'elle peignait sans relâche, Trikova s'activait dans la serre. Elle l'entendait courir entre les tables, grimper l'escalier en colimaçon, ses petites griffes marteler la passerelle de fer forgé à l'étage supérieur. Hormis Java, Clarke n'avait réellement eu la chance de côtoyer des animaux, du moins de si près, et apprivoisés. Elle appréciait donc ces bruits ambiants que produisait la petite bête. Ils ne la dérangeaient pas, ne l'empêchaient pas de créer durant les heures qu'elle passait dans la serre. Il lui tenait compagnie dans cette semi-solitude où elle se libérait de ses fantômes, un trait de couleur à la fois.

À la fin de cette dernière journée, alors que le soleil avait passé par-delà les plus hauts bâtiments de la ville, elle se recula pour toiser son œuvre enfin achevée. Les points sur ses hanches, Trikova se frottant aux bas de ses jambes, elle admira le travail de plusieurs jours, la fin de ses tourments laissés allés en couleur et en offrande de vulnérabilité pour Lexa. Car si celle-ci lui avait confié bien plus de choses que Clarke, lorsqu'elle lui montrerait ceci, elles reviendraient définitivement à égalité. Il y avait là sur ce mur tout ce qu'elle avait retenu pendant si longtemps, trop longtemps. Il y avait là ses remerciements à Lexa, une ouverture sur elle-même telle qu'elle lui avait demandé.

Quand Clarke retourna au manoir elle fut accueillie par Rhen qui se tenait posté au bas des escaliers alors que les employés de la maison, le sourire aux lèvres, se pressaient de sortir par les portes des jardins.

- Clarke, dit-il simplement en s'inclinant légèrement.

Elle le salua d'un hochement de tête et alla passer devant lui lorsqu'il leva la main pour l'arrêter.

- Heda me fait vous informer que dès que Briseïs en aura terminé avec elle, celle-ci passera à votre chambre pour vous préparer à la cérémonie des vaincus.

Il fit une pause et lui sourit avec retenue.

- Avez-vous besoin de quoi que ce soit avant que je quitte également?

- Non, merci, Rhen, vous pouvez disposer.

Il la remercia d'un bref signe de tête et, tout comme le reste du personnel de maison, il sortit dans la cour. Clarke remonta les escaliers et se dirigea au fond du couloir où se trouvait sa chambre et celle de Lexa. Arrivée au bout de celui-ci, elle y trouva Briseïs qui refermait la porte de la pièce qu'elle quittait.

- Clarke! dit-elle en lui souriant.

- Wow, dit Clarke en voyant la jeune servante accoutrée de la sorte.

Elle était habituée de la voir en vêtement ample et simple aux couleurs qui ne sauraient retenir le regard. Mais ce soir, elle était vêtue d'une longue robe au tissu épais et chaud, rien de complexe, mais épousant d'avantage sa silhouette. Les cheveux ramenés à l'arrière de son cou et le visage peint de traits orangés terminaient de l'embellir, la faisant rayonner tout comme le sourire qu'elle affichait.

- Je viens tout juste de terminer avec la commandante, c'est donc à ton tour maintenant!

Elles entrèrent dans la chambre de Clarke où des vêtements l'attendaient déjà, posés sur le lit. À l'aide de Briseïs, elle enfila le tout. De hautes bottes de cuirs souples, de fins pantalons gris moulants furent ce qu'elle revêtit d'abord. Puis la servante l'aida à passer une longue tunique dont plusieurs bandes de tissus différents venaient s'enrouler autour de sa taille, sa poitrine et enfin remonter à son cou. De longues manches lousses enveloppaient chaudement ses bras jusqu'au bout de ses doigts. Il resta un manteau long d'étoffe d'un brun foncé rappelant les bottes de cuir. Mais pour ce dernier morceau, Briseïs lui suggéra d'attendre qu'elle en ait terminé avec ses cheveux et son maquillage.

La jeune femme lui brossa les cheveux, prenant soin de défaire les nœuds avec délicatesse. Clarke referma les yeux alors qu'elle sentait les quelques frissons provoqués par cette sensation si agréable. Mais rapidement, ces mouvements délicats firent place à de méticuleuses manœuvres pour tresser ceux-ci, rendant le moment bien moins apaisant. Heureusement, elle s'affairait avec dextérité et rapidité, ce qui fit qu'en quelques minutes à peine, le supplice se termina. Puis, la servante fit installer la blonde sur le lit et elles s'assirent l'une en face de l'autre.

- Quelle couleur désires-tu? lui demanda-t-elle en lui présentant plusieurs petits pots de mixtures colorées.

Clarke haussa les sourcils en se penchant en avant pour mieux regarder.

- Honnêtement… aucune idée.

- Tu me laisses choisir alors? demanda la jeune femme, toujours aussi souriante.

- Fais-toi plaisir, dit Clarke en refermant les yeux.

Briseïs rit légèrement en se décidant rapidement. Clarke entrouvrit un œil un bref moment avant de le refermer, satisfaite de la première couleur qu'elle l'avait vu choisir. À l'aide d'un pinceau à poil fin, elle peint le visage de la blonde. Elle usa de quelques nuances de bleu et de blanc, formant un dégradé traversant d'une tempe à l'autre, sillonnant sur les paupières et glissant ici et là au sommet des pommettes du visage de la blonde.

Enfin prête, Clarke enfila le manteau ajusté, le refermant à sa taille comme un corset. Elle se rendit ensuite au miroir où elle put enfin se regarder. Briseïs alla se mettre à côté d'elle pour admirer son travail. Elle sourit en voyant comment la blonde semblait ébahie devant son propre reflet, comme si elle n'avait jamais remarqué sa propre beauté.

- Tu es belle Clarke, dit la jeune femme avant de s'éloigner.

Celle-ci ne répondit rien, toujours rivée vers la glace, réalisant combien Briseïs avait raison, étrangement. Quoique ce qui lui parut le plus étrange fut ce sentiment enivrant, cette envie de plaire rehaussée par ses vêtements, sa peignure et ce maquillage soulignant parfaitement ses yeux. Ses joues devinrent roses quand elle se gêna elle-même à souhaiter vivement que Lexa la trouve belle également. Elle entendit la porte se refermer puis s'ouvrir à nouveau. Clarke se retourna pour vérifier pourquoi la servante revenait si prestement. Quelle ne fut pas sa surprise de constater que ce n'était pas Briseïs, mais bien Lexa qui venait tout juste d'entrer.

- Oh! fit seulement Clarke à la vue de la commandante.

Si elle s'était admirée devant le miroir, elle était maintenant consternée devant la beauté de Lexa. Toute vêtu de noir, bottes hautes, manteau long serré à la taille, couleur de jais des pieds à la tête, hormis le col de fourrure grisâtre et le maquillage. Celui-ci, en tout point similaire à celui qu'elle arborait en général en temps de guerre, était néanmoins coloré ce soir. Tout comme pour Clarke, Briseïs avait choisi de rehausser le regard de Lexa, usant de dégradés de vert et même de gris pâle. Sa chevelure avait été tressée à nouveau et des mèches ondulées retombaient à l'avant de ses épaules. Comme toujours, il émanait d'elle une prestance et une grandeur contagieuse, mais cette nuit, il y avait surtout cette beauté qui clouait la blonde sur place.

Lexa aurait peut-être rougi à voir la réaction qu'elle avait provoquée chez Clarke. Mais en ce moment, elle-même était éblouie par ce qui lui était donné de voir. Habillée et maquillé comme l'une des leurs, que la blondeur de ses cheveux pour trahir ses origines. Elle n'avait qu'une seule envie, traverser la pièce et aller renouer le baiser qu'elles avaient échangé plusieurs jours auparavant. Entre maintenant et alors, trop de temps c'était écoulé, trop de temps où elles ne s'étaient qu'à peine croisées. À son plus grand regret, elle rabroua son désir, car l'heure du début de la cérémonie était arrivée.

- Tu es magnifique, Clarke, dit finalement Lexa pour briser ce long silence s'alourdissant de plus en plus.

- Et toi donc… laissa échapper Clarke dans un soupir d'admiration, la toisant de haut en bas.

Lexa sourit légèrement et lui tendit la main.

- Viens, il est temps.


Le conseil les avait attendus aux portes de la demeure de la commandante. Bien que cela fût une soirée de commémoration des morts aux combats, tous affichaient un sourire et semblaient heureux de pareille célébration. On les complimenta toutes deux, mais particulièrement Clarke qui leur était présentée pour la première fois accoutrée de la sorte. Lexa prit la tête et guida le petit contingent. Clarke se plaça à la fin et Nama vint prendre son bras pour qu'elle ferme la marche ensemble.

- Dria avait l'habitude de m'accompagner dans de telles occasions, tu veux bien que je prenne appui sur toi mon enfant? demanda la vieille dame, un sourire radieux aux coins des lèvres.

Clarke accepta avec joie et ensemble, elles marchèrent lentement derrière le reste du conseil. Tout au long du chemin qu'empruntait Lexa, d'innombrables flambeaux avaient été allumés, créant un long corridor lumineux vers leur destination. Néanmoins, ils y sillonnaient seuls, sans croiser le moindre habitant de la capitale.

- Où est tout le monde, demanda Clarke en se penchant pour chuchoter près de la vieille dame.

Celle-ci vint tapoter son bras avec sa main, comme pour la rassurer.

- Il est de coutume que le conseil et Heda arrivent les derniers, tout débute avec notre présence. Le reste des participants est déjà à la plage, ma chère.

- La plage?

Nama hocha la tête en serrant doucement ses doigts sur la manche du manteau de la blonde, ce seul geste comme réponse. Elles continuèrent à avancer en silence jusqu'à ce que Clarke sache qu'ils approchaient. Le vent était plus ardent et plus mordant, répandait aussi sa brise saline. Et au loin, s'entremêlant aux voix, le bruissement des vagues se brisant sur le sable. Ils ralentirent la cadence alors que le chemin de flambeaux s'élargissait, pour finalement s'éteindre dans l'immensité de cette plage.

Lexa les mena jusqu'à un palier aménagé pour l'événement. Ils gravirent les quelques marches et la commandante se plaça au centre, plus avant. Le conseil prit place en ligne, en ordre de leur entrée dans cette assemblée restreinte. Alors que Clarke allait se mettre aux côtés de Wost, Lexa lui fit signe de venir près d'elle. Elle ravala difficilement et se résigna à aller la rejoindre. De là où elle se tenait, elle avait une vue imprenable sur la foule.

Tous avaient le visage peint tel des guerriers s'apprêtant à partir au combat, toutefois, il n'y avait pas trace de noir, que d'innombrables couleurs. Ils étaient pressés les uns contre les autres, tant pour se réchauffer que pour être le plus près possible de là où se tenait leur commandante. Ils avaient les yeux rivés sur elle, attendant qu'elle prenne la parole.

- Mon peuple, ce soir, nous célébrons les morts victorieux. Ils étaient nos pères, nos mères, nos frères et nos sœurs. Tous passés dans l'ombre, mais jamais dans l'oubli. Cette nuit, nous illuminerons leur dernier voyage, nous les guiderons vers l'autre monde. Là où ils retrouveront les anciens, et attendront notre venue.

La foule entonna trois hurlements profonds à l'unisson. Clarke se souvint d'avoir observé pareil acclamation la nuit où Lexa avant annoncé l'échange devant les bûchers. Encore aujourd'hui, elle n'avait aucune idée de ce que cela voulait dire. Néanmoins, elle n'avait aucun doute qu'il s'agissait d'une profonde marque de respect.

- Polis, ce soir, nous tournons les yeux vers le ciel, nous rendons à nos morts un dernier hommage, un dernier au revoir. Que de nos lueurs libérées ils se rendent aux étoiles. Qu'ils brillent à jamais dans le lointain, qu'ils veillent sur nous de par delà le voile qui nous sépare…

Lexa marqua une pause de quelques secondes. Un bref moment où sa main alla chercher celle de Clarke. Elle resserra ses doigts autour des siens.

- … et puissions-nous les revoir un jour.

La foule referma les yeux et inclina la tête, puis, ils s'écartèrent, laissant un passage de la scène jusqu'à la mer. Lexa, suivit de Clarke et du conseil, marcha dans l'allée libre de gens. Clarke remarqua que plusieurs feux avaient été allumés à la limite de l'eau. Entre eux, il y avait une quantité incalculable de petits paquets faits de papier fin. Clarke n'aurait pu dire si c'était du tissu, des feuilles ou de l'écorce.

Lexa alla chercher l'une des branches dont l'extrémité était plongée dans les flammes. Elle revint auprès d'eux et leur fit un hochement de tête. Tous, à l'exception de la blonde, surent ce qui se devait d'être fait. Le conseil alla prendre avec délicatesse une petite lanterne et revint près de leur commandante. Bolfir et Irsil en prirent une de plus et les tendirent à Clarke et Lexa, qui ne les avaient pas imités.

La commandante alluma chacune des lanternes à l'aide de sa torche improvisée puis la planta dans le sable pour l'éteindre. Tous se mirent en ligne et Lexa fit quelques pas en avant. Clarke la regarda de dos, la regarda baisser la tête et l'entendit murmurer sans toutefois arriver à percevoir ses paroles. Puis, elle leva les mains dans les airs et relâcha son emprise. Lentement, la lumière s'éleva au-dessus d'elle, puis, portée par le vent marin, elle s'éloigna vers la lune. Elle se retourna et revint se placer aux côtés de Clarke. Les membres du conseil reprirent le rituel de la commandante, relâchant à leur tour quatre lueurs dans la nuit.

Bientôt, le ciel fut enflammé par les innombrables lanternes que la foule avait laissées voler au loin. Clarke n'avait toutefois pas relâché la sienne, ses doigts toujours serrés sur le papier fin. Elle avait les yeux rivés sur ce spectacle, l'admirant sans pourtant y participer.

- Clarke, Lexa vint se placer devant elle.

- Il y a une lumière pour chacun des miens morts au combat…

Elle approcha sa main du menton de la blonde et releva sa tête pour qu'elles se regardent droit dans les yeux.

- … tout comme les défunts de la montagne.

Elle fit une pause, plongeant complètement dans ses yeux bleus d'où reflétait la lueur de la flamme captive entre ses mains.

- Laisse-les partir, Clarke, laisse-les trouver la paix, laisse-les te la rendre à leur tour.

En disant ces derniers mots, elle avait pressé ses mains sur celle de la blonde, en caressant le revers de son pouce.

Clarke ferma les yeux. Elle inspira difficilement alors que l'émotion montait en elle, tout comme les images de ses éternels fantômes. Puis, dans un soupir, elle rouvrit les paupières. D'un même mouvement, elles élevèrent leurs bras et sans un mot, elles laissèrent s'envoler une lanterne légère et un lourd fardeau porté trop longtemps.


Suite à ce rituel qui avait embrasé le ciel, le silence qui baignait la plage avait fait place au tumulte des célébrations. Le bruit des tambours et des chants s'élevait tout autour, faisant vibrer et danser les corps. Une fête aussi animée que la cérémonie avait été protocolaire. La foule était dense et tous se pressaient les uns contre les autres.

Bien que Clarke ait apprécié de pouvoir observer le peuple de Polis lors d'une telle occasion, elle n'était pas moins inaccoutumée à tout ce qui se présentait à elle. Pendant que tous tentaient de pouvoir s'adresser à la commandante, Wost alla prendre la blonde sous son aile.

- Laissons Heda au peuple, Clarke, dit-il alors qu'il l'entrainait dans l'assemblée.

Il la conduit auprès d'un immense feu de joie qui venait d'être allumé. Des natifs y dansaient autour, sautant, se martelant la poitrine et criant ce qui semblait être des champs de leur nation. Wost fut un agréable compagnon durant les heures qu'elle passa en sa compagnie. Ensemble ils mangèrent, burent nombre de boissons toutes plus brulantes au goût que fortes sur l'esprit. Puis quand les inhibitions de Clarke tombèrent, il réussit même à l'entrainer à se joindre à lui pour l'une des danses rythmées au son des tambours.

- Polis n'est-elle pas la plus belle ville qu'il t'ait été donné de voir, fille du ciel, demanda Wost, les yeux pétillants d'ivresse et de plaisir.

- Ah! Sans… aucun… doute, répondit Clarke qui tentait de reprendre son souffle alors qu'ils s'éloignaient des danseurs.

Wost sourit en constatant qu'elle peinait à suivre sa cadence. Il alla prendre sa main pour la guider une fois de plus vers ces valses endiablées lorsqu'il s'arrêta. Clarke remarqua qu'il regardait derrière elle et comment son visage avait changé.

- Heda…

- Wost.

- Je fais découvrir les festivités à notre invité, dit-il en se reculant d'un pas, remettant de la distance entre la blonde et lui.

- Comme c'est aimable à toi, dit-elle en lui souriant de la manière la moins convaincante que Clarke n'ait jamais vu.

- Je vais aller rejoindre Bolfir, il doit être par là…

Il tourna la tête à droit et à gauche, cherchant dans la foule, se prétextant une fuite. Car il se doutait bien des intentions de Lexa envers cette nouvelle venue. Néanmoins, et comme toujours, il n'avait pu s'empêcher de laisser aller ses charmes, de tenter de s'approprier cette petite parcelle de ciel tombé sur leur terre. Mais en voyant ses yeux verts, il sut que ce petit jeu devait malheureusement prendre fin, et vite.

Il s'éloigna, non sans faire un dernier clin d'œil à la blonde. Lexa alla prendre sa place aux côtés de Clarke, laissant la chaleur des flammes l'enlacer complètement.

- Cette cérémonie est vraiment…

Clarke ne termina pas sa phrase, les mots ne lui venaient pas pour décrire cette soirée. Elle se contenta de regarder autour d'elles et de sourire devant tout ce spectacle de festivité.

- Il faut commémorer les morts, mais célébrer avec les vivants, dit Lexa, le regard tourné vers le feu encerclé de natifs animés au son de la musique.

Tous étaient encore à la plage lorsque Lexa escorta Clarke à la demeure de la commandante. Celle-ci avait beau apprécier cette soirée, elle n'était pas moins épuisée des jours entiers qu'elle avait passés à peindre, à occuper son temps en l'absence de Lexa. Ainsi, elles remontèrent le chemin de flambeaux ensemble, main dans la main. Lexa la reconduit jusqu'à la porte de sa chambre où elle resta là, à vouloir retenir les dernières secondes qui filaient avant que Clarke n'aille se mettre au lit. Elles se regardèrent sans rien dire.

Car depuis ce baiser qu'elles avaient échangé au plus tard de la nuit, quand enfin Clarke avait émergé de ce cauchemar, elles ne s'étaient pour ainsi dire pas revues ni reparlé. Ce moment n'avait pas été remémoré, du moins pas ensemble. Et maintenant elles se trouvaient face à face, figées, à inspirer avec peine cet air qui semblait s'être dissipé. Lexa ravala difficilement puis referma les yeux un bref moment tout en se mordant la lèvre inférieure. Elle ne brusquerait rien, elle attendrait à nouveau que Clarke aille vers elle. Mais en ce moment, devant la beauté qu'elle était ce soir, cette retenue devenait de plus en plus pénible. Elle rouvrit les yeux en soupirant.

- Bonne nuit Clarke, dit-elle en lui jetant un bref coup d'œil.

Elle tourna les talons en entra dans sa chambre. Elle referma derrière elle et alla appuyer son front contre le mur, y donnant quelques coups pour tenter de reprendre ses esprits. Puis elle fit les cent pas, n'arrivant toujours pas à sortir ce maquillage bleu de sa tête, à oublier comment il soulignait à la perfection ce regard envoutant. Ce regard qui lui rendait la tâche de se retenir presque impossible. Elle allait de grandes enjambées tout en inspirant profondément, luttant contre elle-même. Puis, elle s'immobilisa nette. Elle tourna les yeux vers l'entrée de la pièce, tout cela avait assez duré. Lexa traversa la courte distance qui l'en séparait et ouvrit la porte à la volée. Elle manqua percuter Clarke de plein fouet. Au lieu de cela elle s'arrêta à quelques centimètres d'elle, brusquement stoppée dans son élan.

Clarke s'était inclinée vers l'arrière à cette approche inattendue. Elle avait même encore la main dans les airs, celle qu'elle tenait pressée contre la porte, n'arrivant pas à se résoudre à y cogner. Les sourcils toujours haussés de surprise entremêlée de stupeur, elle dévisageait la commandante. Ce regard vert, ce magnifique regard vert. Ce fut la dernière pensée qui lui traversa l'esprit avant que Lexa ne la tire vers elle. Sa main vint passer à l'arrière de son cou pour l'amener au plus près d'elle.

Lexa l'embrassa avec toute cette passion qu'elle n'arrivait plus à contenir maintenant. Elle tira Clarke dans la chambre d'une main et referma la porte de l'autre. Elle la pressa contre le mur, réitérant de plus belle ce baiser tant espéré depuis que Briseïs avait terminé de la préparer. Clarke le sentit l'envahir totalement. Elle passa sa main au visage de Lexa, puis glissa dans sa chevelure, entrant avec plaisir dans cette danse où elle l'avait conduite.

Lexa la tenait contre elle, ne cessait de la rapprocher, comme si la proximité n'était jamais suffisante. Elle sentait la chaleur déferler en elle, rendant son manteau qu'elle revêtait presque suffoquant. Elle se recula pour prendre une profonde inspiration. Elle appuya son front contre celui de la blonde tout en caressant sa bouche de la pointe de son pouce. De son autre main, elle dénoua son manteau à la taille.

Clarke sourit dans une expiration tout aussi haletante. Quand Lexa eut finalement ouvert ce vêtement chaud, la blonde passa ses mains sous le collet, glissant le long de ses épaules et ses bras pour le faire tomber par terre. Lexa alourdit son front sur celui de Clarke alors qu'elle entreprit de lui retirer son manteau à son tour.

Les étoffes à leurs pieds, elles s'enlacèrent à nouveau, renouvelant ce baiser trop longtemps interrompu. Clarke déposa ses mains au bas du dos de Lexa, enfonçant légèrement ses doigts sur ses vêtements. Elle voulait l'avoir au plus près d'elle, plus que jamais elle voulait la sentir sur elle. Car ces baisers incessants avaient réveillé un désir enfoui, une fougue qui se sentait enfermée dans cette tenue ajustée. Lexa rehaussa la torture, caressant ses lèvres du bout de sa langue, attendant une entrée que lui alloua Clarke. La blonde relâcha un gémissement à ce nouveau contact. Elle imita le geste et pressa sa langue sur celle de Lexa, la rapprochant encore, l'embrassant avec plus de vigueur. Lexa lui empoigna les cheveux, ne sachant comment relâcher tout ce qui bouillait en elle. En cet instant, tout était si parfait et si enivrant.

Bien que leurs manteaux ne les étouffaient plus, il y avait encore bien trop de tissus les séparant, trop de chaleurs, trop de barrières. Clarke finit par se reculer, nécessitant un peu d'air frais, car enlacée à Lexa de la sorte, il n'y en avait plus du tout. Elle la regarda de haut en bas, admirant cette beauté qui lui faisait mal tant le désir était fort, tant il déferlait en elle, des ondes partant d'entre ses cuisses jusqu'à la base de sa nuque.

Lexa la regardait tout autant, se mordant la lèvre inférieure dans l'attente de la serrer à nouveau. Mais elle inspira profondément, reprenant quelque peu ses esprits après s'être jetée sur elle. Elle la rejoint et caressa sa joue du revers de sa main, puis laissa ses doigts tracer la ligne de sa mâchoire jusqu'au bout de son menton. Ils poursuivirent leur course vers son cou pour s'arrêter au col de sa tunique.

- Je peux, demanda Lexa alors qu'elle caressa la peau sous le col du long gilet.

- Fais-moi ce plaisir… soupira Clarke dont ce simple geste lui avait donné la chair de poule.

La blonde alla déposer ses lèvres sur celles de Lexa, mais en prenant davantage son temps, en savourant plus qu'en se dépêchant. Car ni l'une ni l'autre n'allait s'enfuir, n'allait se dérober ce soir. Elles valsèrent dans cette embrassade enivrante, laissant tomber les vêtements les uns après les autres, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que leurs fins dessous.

Clarke sentit le pied du lit derrière ses jambes, sans même qu'elle ne se rende compte que Lexa l'y avait conduite. Elle se laissa tomber vers l'arrière et se recula pour s'y étendre complètement. La brune vint mettre un premier genou sur le matelas, entre ceux de Clarke. Puis une main à côté d'elle, puis l'autre, et elle alla se placer totalement au-dessus, sans jamais détourner son regard envoutant. Clarke alla chercher l'arrière de son cou, la ramena vers elle pour reprendre encore une fois cette embrassade. De son autre main, elle pressa au bas du dos de la commandante, ne pouvant encore se satisfaire d'être si loin. Lexa laissa le poids du bas de son corps se presser sur elle, quoi qu'en gardant appuis sur ses avant-bras pour que toutes deux puissent respirer cet air qui semblait presque absent. Elle appuya le haut de sa cuisse entre les jambes de Clarke, remontant de haut en bas, ajoutant plus de pression avec chaque mouvement renouvelé.

La blonde laissa échapper un gémissement étouffé tout en resserrant ses doigts dans les cheveux de celle qui lui faisait sentir toute cette torture de plaisir qui ne demandait qu'à être assouvi.

Clarke glissa ses doigts sous le tissu qui entourait la poitrine de Lexa. Elle atteint un nœud plus au centre et s'y attarda, encore et encore, sans jamais réussi à le défaire. Lexa recula son visage et sourit avec amusement. Elle frotta le bout de son nez sur le sien avant de se redresser sur ses genoux. Elle passa ses mains à l'arrière de son dos et défit ce qui le retenait en place. Clarke s'assied et caressa sa taille, remontant jusqu'à ce vêtement qu'elle pourrait enfin enlever. Elle retira le long, très long morceau d'étoffe qui enroulait son torse, chaque tour accélérant les battements de son cœur, anticipant ce qu'elle découvrirait bientôt. Lexa caressait ses cheveux blonds alors qu'elle s'exécutait. Clarke marqua une pause, puis elle lança le linge au côté du lit. Elle caressa la taille de la brune, remontant vers le haut puis elle traça du bout de ses pouces la courbe sous les seins de Lexa. Clarke releva la tête pour croiser ces yeux verts qui l'observaient. Lexa prit les mains de Clarke dans les siennes et les leva haut dans les airs. Elle laissa ensuite glisser ses doigts le long de ceux-ci, atteignant la camisole ajustée qu'elle portait. Elle la fit passer par-dessus sa tête et en un instant, elles furent toutes deux à nouveau étendues sur le lit.

Lexa entreprit à nouveau de se presser contre le corps de la blonde, de faire durer cette anticipation. Mais Clarke n'en pouvait plus d'attendre, ne pouvait plus se contenter de ce simple contact, aussi aguichant soit-il. Elle lui fit savoir en l'embrassant avec encore plus de vigueur, en resserrant ses doigts dans la peau de son dos nu. Lexa laissa aller un soupir de plaisir à cette accélération de leur cadence. Elle n'eut pas besoin de davantage d'incitation pour poursuivre plus encore. Ses lèvres quittèrent celles de Clarke, passant à son cou, descendant et s'attardant sur sa poitrine. Elle prit un de ses seins et le caressa du bout de sa langue, le faisant se dresser dans un frisson d'excitation. Puis elle passa à l'autre et continua sa descente. Elle glissa ses doigts à la pointe des hanches de la blonde, la regardant droit dans les yeux. Celle-ci lui rendit son regard, lui suppliant dans un soupir de poursuivre ce qu'elle avait si bien commencé.

Lexa se mordit la lèvre en constatant à quel point Clarke bouillait tout comme elle, captive de cette tentation qui devenait enfin réalité. Elle retira ce dernier vêtement en soulevant le bassin de la blonde et en grafignant doucement ses jambes du bout des ongles. Il alla rejoindre le reste de leurs tenues au pied du lit, laissant Clarke complètement dénudée, complètement livrée à la vue de Lexa.

Clarke se cambra lorsque Lexa passa sa langue pour la première fois, satisfaisant enfin cette attente insupportable faisant presque mal tellement elle n'en pouvait plus d'attendre. Lexa s'affairait sans retenue aucune, suivant le rythme que suggéraient les vives réactions de la blonde. Elle laissa glisser sa langue de haut en bas, pressant pour susciter encore plus de sensation, plus de plaisir et de gémissement. D'une main elle alla agripper et relever l'une des jambes de Clarke. De l'autre, elle descendit vers ce qu'elle s'afférait dans ce tout autre genre de baiser langoureux. Elle introduisit un doigt, faisant immédiatement arquer le dos de Clarke qui ne pouvait qu'apprécier cet ajout à son plaisir. Lexa y alla de va-et-vient, puis en ajouta un deuxième, l'évidence de l'excitation de la blonde enveloppant son mouvement répété.

L'orgasme déferla sur Clarke, la noyant dans cette apothéose où l'avait conduite Lexa. En se cambrant violemment elle avait empoigné la chevelure de la brune. Des spasmes et des frissons la parcouraient, ondulant de la surface de sa peau jusqu'au plus profond d'elle-même. Tout en peinant à respirer, elle avait laissé échapper ce simple mot libérateur.

- Lexa…

Clarke s'était laissé retomber sur le dos, épuisée et l'air béat. Lexa avait tranquillement retiré ses doigts et embrassée une dernière fois cette zone si érogène. Puis, elle était allée se coucher à ses côtés, un sourire au coin des lèvres.

- Respire Clarke, lui dit-elle en dégageant les mèches de cheveux blonds qui collaient sur sa peau humide.

La blonde ne répondit rien, elle referma plutôt les yeux et tenta de reprendre son souffle. Mais quand elle rouvrit les paupières, Lexa put constater tout ce feu qui y brulait encore. Toutefois, ce n'était plus pour son propre plaisir, mais plutôt dans la frénésie de vouloir prendre Lexa à son tour. Un désir de la posséder toute entière.

Clarke agrippa l'arrière de la nuque de la brune pour la ramener vers elle. Elle réunit leurs lèvres qui avaient été trop longtemps séparées. Puis, elle enjamba le corps de Lexa, se plaça au-dessus d'elle, ses cheveux blonds ondulant le long de ses joues. Elle laissa descendre sa main jusqu'entre les jambes de Lexa, insérant ses doigts sous ses dessous qu'elle portait encore.

- Maintenant… c'est à mon tour, lui murmura-t-elle à l'oreille avant d'en mordiller langoureusement le lobe.

En un instant, Lexa se retrouva à son tour totalement nue, livrée à celle devant qui elle ne désirait plus rien cacher. Clarke, se remis sur elle, une main tenant fermement le côté de son visage et l'autre afférée plus bas. Ses doigts décrivirent des cercles entre ses cuisses, glissant aisément suite à l'anticipation. Lexa pressait Clarke contre elle, enfonçant ses doigts dans son dos, la voulant infiniment plus près encore. La blonde poursuivit la cadence, puis plongea deux doigts en elle, lui extorquant au passage un gémissement étouffé entre leurs baisers passionnés. Alors que Clarke continuait ce va-et-vient enivrant, Lexa se défit de leur baiser, cherchant péniblement son air. La blonde embrassa son cou puis descendit à ses seins, lui laissant chercher seule cet air qui les abandonnait en cet instant intime. Elle sentit la pression autour de ses doigts lorsque Lexa gémit le sommet de son plaisir, elle sentit ses ongles dans son dos, son souffle dans son cou entendit son nom imploré en un murmure exténué.

Elles restèrent allongées et enlacées ainsi, à laisser filer le temps sans tenter de le retenir, à oublier tout ce qui les entourait. Avec chaque baiser elles laissèrent s'envoler ce qui les rongeait de l'intérieur, ce qui les avait tenus éloignés, les doutes, les peurs et les remords. La passion avait passé à la tendresse, puis au réconfort d'être simplement enfin l'une avec l'autre. Car le désir de posséder n'était tel que l'ultime satisfaction de ce rapprochement allant bien au-delà du contact physique.

Elles avaient le temps, elles prendraient le temps. Il y avait encore tant à découvrir, tant à apprendre, tant d'autres nuits. Elles restèrent couchées l'une en face de l'autre, à se contempler en silence, à admirer ce qui leur était dévoilé. La main de Lexa glissa le long du bras de Clarke, puis son regard changea, se durcit alors que son pouce traça la large cicatrice qu'elle y trouva.

La blonde se rassied dans le lit et Lexa l'imita. Elle se rapprocha, caressant à nouveau cette ancienne blessure.

- Chaque cicatrice est une histoire, qu'elle est celle-ci? Demanda-t-elle tout en allant embrasser la base de son cou.

- C'est en sortant de la pièce où on m'avait enfermé au Mt Weather que je me la suis faite… moi-même.

Clarke passa son pouce sur sa peau rosée et plus épaisse à cet endroit.

- C'est certain que de rouvrir la plaie une fois suturée n'aura pas aidé à rendre une belle cicatrice…

- Pourquoi te faire ça, Clarke?

Elle se retourna pour la regarder dans les yeux.

- Car je sentais que quelque chose n'allait pas là-bas. Et c'est en retournant me faire soigner cette blessure renouvelée que j'ai trouvé Anya. C'est là que j'ai compris ce qu'ils leur faisaient, c'est là que nous nous sommes échappées ensemble.

Lexa hocha la tête comme seule réponse. Elle continua à caresser le bras de la blonde, jusqu'à ce qu'elle arrive à une seconde marque. Clarke sourit en se rappelant l'ironie de la situation.

- Ça, c'est Anya qui m'a fait ça…

Elle se recula et se regarda, cherchant ses autres souvenirs de plaies que lui avait infligées sa complice d'évasion.

- Ainsi que celle-ci … ah et aussi celle-là.

Lexa fronça les sourcils, ne comprenant pas. Clarke sourit plus encore en voyant l'air déconcerté de la brune.

- Disons simplement que nous avons échangé nos différents points de vue avec … ferveur.

- Je vois, répondit Lexa qui imaginait non sans peine Anya refusant de négocier avec Clarke.

La blonde reprit ce qu'avait abandonné Lexa, caressant les bras de celle-ci à la recherche d'histoire ayant laissé sa marque sur sa peau. Dans son cas, il y avait le choix. Néanmoins, ce fut deux cicatrices similaires en tout point qui retinrent son attention. À ses poignets, traversant de part et d'autre, une ligne blanchâtre, droite et nette. Clarke ravala difficilement, sachant ce que pareille blessure signifiait. S'il y avait un moyen simple d'abandonne la vie, c'était bien en s'ouvrant les veines. Combien de gens démunis sur l'Arche avaient eu recours à cela. Combien avaient vu là la manière de fuir leur emprisonnement, préférant cette mort à celle d'être expédié dans l'espace, tôt ou tard.

Clarke les caressa du bout de ses pouces, hésitant à demander à Lexa ce qui l'avait poussé à attenter à sa vie, elle n'arrivait pas à l'imaginer envisager pareille fuite. La brune ramena ses mains sur celles qui couvraient ses poignets, plongeant son regard dans celui de la blonde.

- Je te montre si tu veux…