Scène 21 : Merlin et les excuses
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Merlin se déplaçait lentement dans les couloirs de Camelot mais heureusement pour lui, personne ne se trouvait dans les couloirs du château pour le moment. Si jamais on le voyait en train de porter Viviane jusqu'à sa chambre…
Merlin ?
Pas maintenant El.
La Barde était inquiète. En comprenant pour quelle raison, Merlin faillit lâcher Viviane. Non. Non. Ce n'était pas vrai !
« Qu'est-ce que tu as fait à ma fille ?! »
Merlin étouffa un juron. Bien sûr que c'était vrai. Il avait eu peur qu'on le voit transporter la fille d'Olaf jusqu'à sa chambre mais des dizaines de serviteurs en train de déambuler dans les couloirs du château aurait été préférable à... A ça !
Le jeune homme se retourna lentement. Sans surprise, il vit le Roi Olaf. Sa sœur, Caelia, se tenait quelques pas derrière lui et derrière eux, il y avait bien sûr Eolhsand.
Tu n'aurais pas pu les retenir cinq minutes de plus ?
Tu connais mon frère Merlin. Dès qu'il est question de sa fille…
Oui, il savait. Merci bien. Arthur avait bien failli mourir à cause de ça la dernière fois.
« Merlin ? »
Bon sang, il ne manquait plus que ça. Arthur maintenant. Tout le monde s'était donc donné rendez-vous dans ce fichu couloir ou quoi ? Pourquoi ne pouvait-il pas sauver Arthur, comme d'habitude, sans que personne ne se rende compte de quoi que ce soit ?
« Merlin ? »
Arthur s'approcha de son serviteur tandis que ce dernier jetait un petit coup d'œil en arrière. Arthur n'était pas seul évidemment. Guenièvre aussi était là.
« Je peux tout expliquer, dit Merlin.
-J'espère bien ! » s'exclama Olaf en faisait un pas vers lui.
Merlin recula. Arthur leva le bras pour arrêter le Roi.
« Pourriez-vous laisser mon serviteur s'expliquer avant de faire quoi que ce soit ? »
Olaf fusilla Merlin du regard mais il ne fit pas un pas de plus. Le jeune homme jeta un coup d'œil à Eolhsand qui haussa les épaules. Il leva les yeux au ciel. Il ne devait pas attendre une quelconque aide de ce côté bien sûr.
« Merlin ? dit Arthur.
-Et bien… »
Bon, il ne lui restait donc plus qu'à trouver une bonne excuse mais avant ça…
« Euh… Peut-être que je pourrais… Vous voulez sans doute récupérer votre fille ?
-Oui, je voudrais bien. »
Viviane passa donc des bras du serviteur à ceux de son père. Cette opération terminée, le silence s'installa.
« Merlin… »
Et il ne savait toujours pas quelle excuse il allait bien pouvoir donner. Un rire éclata alors dans son esprit. Merlin ne put s'empêcher de regardait la personne qui était en train de rire intérieurement tout en présentant un air impassible au reste du monde.
Ne me regarde pas.
Arrête de rire.
Et il ne savait toujours pas quoi dire et dans sa tête, le rire ne cessait pas.
Aide-moi au lieu de rire !
« Merlin… »
Arthur commençait à s'impatienter. Olaf aussi. Guenièvre posa la main sur le bras d'Arthur tandis que Caelia faisait de même avec son frère. Merlin laissa échapper un soupir de soulagement.
« Parle. » ordonna Caelia.
Il sursauta.
« Ma Dame ?
-Parle, répéta-t-elle.
-Bien sûr. Tout de suite. »
Dans sa tête, le rire avait cessé. Si jamais Caelia...
L'inquiétude que ressentait Eolhsand commençait à l'affecter. Il repoussa donc les émotions de la Barde. Se rendant compte que ce qu'elle était en train de lui transmettre ne l'aidait en rien, elle se coupa de lui et ne laissa qu'une seule émotion passer par l'intermédiaire du lien. Elle était là, avec lui.
« Parle. » répéta une troisième fois la sœur d'Olaf.
Caelia leva les yeux au ciel en voyant que le serviteur d'Arthur continuait de garder le silence. Ce serviteur était-il un idiot ? Pourquoi ne parlait-il pas ? Et… Il ne les regardait même pas. Il regardait au loin. Derrière eux non ? Avant qu'elle ne puisse se retourner pour voir ce qu'il pouvait fixer avant tant de soin, les yeux bleus du serviteur du Prince s'étaient posés sur son frère et elle.
« Elle est tombée dans le couloir ! » révéla enfin Merlin.
Tout le monde avait les yeux posés sur lui maintenant. Sauf Eolhsand. Ils avaient l'air d'attendre de plus amples explications. Merlin poussa un discret soupir. Que pouvait-il bien dire de plus ?
« J'étais dans votre chambre, Sire, ainsi que vous l'aviez ordonné quand j'ai entendu du bruit dans le couloir. Quelqu'un qui tombait. Je suis sorti et je l'ai vu allongée sur le sol. »
Une rapide pause. On l'écoutait attentivement. On avait l'air de le croire. Il résista à l'envie de regarder Eolhsand pour avoir une confirmation à ce propos.
Ils te croient Merlin.
« Je l'ai bien sûr examinée pour voir si elle allait bien, ajouta-t-il.
-Comment ça examiner ? demanda Olaf.
-Mon serviteur est aussi l'apprenti du médecin de la cours, le renseigna Arthur.
-Cet imbécile ? » dit Caelia.
La sœur d'Olaf était pour le moins sceptique. Ce serviteur avait l'air d'être un parfait idiot.
« Merlin a ses bons et ses mauvais moments, ma Dame. » expliqua Arthur.
La phrase fit sourire Guenièvre. Caelia jeta un regard méprisant au serviteur du Prince.
Je crois que ta sœur ne m'aime pas El.
Au moins, ce n'est pas parce qu'elle a découvert que tu étais un Dragonnier.
« Et comment va-t-elle ? demanda Olaf.
-Pardon ?
-Tu as examiné ma fille. Comment va-t-elle ?
-Bien. Très bien. Il faut juste qu'elle se repose. » répondit Merlin.
Caelia intervint :
« J'aimerai tout de même qu'un vrai médecin l'examine.
-Merlin, va chercher Gaïus, ordonna Arthur.
-Tout de suite Sire. »
Mais avant de partir, le serviteur s'adressa à Olaf :
« Je vous conseille de l'allonger pendant que je vais chercher Gaïus, Votre Majesté.
-Je vais le faire de ce pas. »
Merlin s'éloigna. Olaf jeta un coup d'œil à Eolhsand.
« Viens avec nous, El.
-Olaf, je… »
Elle se tut très vite. Ils n'étaient pas seuls. Elle plongea donc en une profonde révérence.
« Je vous remercie de cette invitation Votre Altesse mais ce n'est pas ma place. »
Elle se redressa puis s'approcha de Guenièvre qui affichait un air surpris. Quelque chose lui échappait. Le regard triste que lança le Roi Olaf à sa maîtresse tandis qu'il se dirigeait dans ses appartements ne fit que susciter des questions supplémentaires à ce propos.
« As-tu examiné la robe ainsi que je te l'ai demandé ? lui demanda Eolhsand.
-J'étais en train de le faire quand… »
Elle lui fit signe qu'elle avait compris. La Barde s'adressa ensuite à Arthur.
« Ai-je la permission de me retirer Sire ?
-Faites comme il vous plaira ma Dame. »
Eolhsand s'éloigna. Guenièvre savait qu'elle devait la suivre mais elle avait tellement de questions à l'esprit. La servante regarda Arthur, une de ses questions au bord des lèvres, mais avant qu'elle ne puisse la poser, le Prince lui dit à voix basse :
« Je ne peux pas t'expliquer. »
…
A : Je fuis ! Je fuuuuiiiiiis ! Je fuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis !
PvC : Tu fuis quoi ?
A : L'écriture de la scène du banquet.
PvC : Je peux l'écrire à ta place tu sais ?
A : T'as d'autres trucs à écrire.
PvC : Je sais.
Scène 22 : Le Bouffon et son Roi
